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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 juillet 2026 23 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSécuritéÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Incendies : situations en Gironde, conséquences économiques, Canadair... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Y a-t-il matière ce matin à être rassurée ?

  • 1:11OuverteRéponse directe

    Pas de nouvelles évacuations ce matin, Maude Bréjean ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça, c'est du jamais vu, d'ailleurs, depuis la Seconde Guerre mondiale ?

  • 2:17OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous êtes en mesure, ce matin, de rassurer les Bordelais, notamment ?

  • 2:33RelanceÉludée

    Mais ça veut dire qu'elle est éventuellement prévue ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que, pour autant, à ce stade, vous avez une idée des destructions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueChiffre
    « 115 000 hectares partis en fumée depuis le début de l'année. »
  • 0:40Invité politiqueChiffre
    « 42 000 hectares en Gironde, 13 500 départs de feu depuis le début de l'année. »
  • 1:31Invité politiqueChiffre
    « Il y a plus de 200 000 Françaises et Français qui ont été déplacés. »
  • 1:47Invité politiqueChiffre
    « Plus de 200 foyers qui ont brûlé jusqu'à présent. »
  • 10:09Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle, de 1 500 sapeurs-pompiers mobilisés en Gironde, 1 500 militaires, 1 200 policiers et gendarmes. »
  • 13:18Invité politiqueChiffre
    « Le budget de la sécurité civile, lorsque le président de la République a été élu en 2017, c'était 450 millions d'euros. Le budget de la sécurité civile, à l'heure où on se parle, c'est 800 millions d'euros. »
  • 13:38Invité politiqueChiffre
    « Lorsque Gérard Colombre est arrivé au ministère de l'Intérieur en 2017, nous avions deux dashes, des avions qui permettent d'intervenir, là encore, face aux incendies. Nous avons désormais huit dashes parce qu'il en a commandé six dans la première année de son exercice au ministère de l'Intérieur. »
  • 14:22Invité politiqueFait
    « Ensuite, il y a cette question des deux Canadaires sur l'année 2024 qui ne sont pas dues à une volonté de ne pas en acquérir davantage, qui sont dues à un engorgement de la chaîne de production. »
  • 14:46Invité politiqueFait
    « À très court terme, on doit se concentrer sur ce qu'est la priorité absolue, à savoir protéger les habitants, faire reculer ce feu. »
  • 15:46PrésentateurFait
    « Ce n'est pas un mensonge de dire, Maude Bréjean, que ces Canadaires, ils sont vieillissants, d'où aussi peut-être ces opérations de maintenance qui reviennent régulièrement, qui sont évidemment essentielles, mais on ne découvre pas que les Canadaires sont trop vieux. »
  • 19:14Invité politiqueChiffre
    « De toute évidence, les températures vont grimper de manière exceptionnelle ou en tout cas bien au-dessus des normales de saison. Ça fera la quatrième vague depuis le début de l'année. »
  • 20:25Invité politiqueChiffre
    « 6 500 emprises scolaires, donc établissements, primaires, collèges, lycées, sont en voie de rénovation où ces rénovations ont été terminées. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon84 %
  • Présentateur7 %
  • Invité6 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Maud Bréjean. Bonjour à tous. C'est un monstre de feu qu'affrontent les pompiers depuis mercredi dernier en Gironde. Y a-t-il matière ce matin à être rassurée ?

0:09
Maud Bregeon

Écoutez, la situation est exceptionnelle et à bien des égards dramatiques. Heureusement, on ne déplore aujourd'hui pas de victimes humaines, civiles. J'ai évidemment une pensée pour les trois pompiers, décédés dans le cadre de leur mission depuis le début de la saison. Et puis, des conséquences pour l'environnement, des conséquences pour les territoires concernés, 115 000 hectares partis en fumée depuis le début de l'année. On a du mal à se rendre compte. C'est absolument colossal. C'est bien supérieur à toutes les années que nous venons de passer. 42 000 hectares en Gironde, 13 500 départs de feu depuis le début de l'année.

Et donc, des pompiers qui sont surmobilisés, sursollicités, à pied d'œuvre. Et nous, en tant que gouvernement, on est là pour appuyer les dispositifs locaux. C'est notre rôle, anticiper la protection des populations. Et c'est ce que je voudrais dire ce matin. Le premier objectif du gouvernement, le premier objectif des forces localement, le premier objectif des sapeurs-pompiers, c'est de protéger les Français, c'est de protéger les habitants.

1:11
Invité

Pas de nouvelles évacuations ce matin, Maude Bréjean ?

1:13
Maud Bregeon

Pas de nouvelles évacuations, mais on s'adapte en permanence avec, en première ligne, bien sûr, encore une fois, les sapeurs-pompiers, les préfets, l'ensemble des services déconcentrés de l'État. Et c'est eux qui, naturellement, sont les mieux à même de dire les décisions qu'il y a à prendre. Il y a plus de 200 000 Françaises et Français qui ont été déplacés. Est-ce que ça, c'est du jamais vu, d'ailleurs, depuis la Seconde Guerre mondiale ? C'est inédit. Certains l'ont été de manière préventive, on le comprend bien. Pour d'autres, il y a des conséquences sur leur habitation. Plus de 200 foyers qui ont brûlé jusqu'à présent. Il faut se rendre compte de ce que c'est pour les familles.

Vous êtes sur le terrain, vous l'entendez, vos reporters l'entendent, vous le diffusez sur vos antennes. C'est un drame et c'est un choc absolument terrible. Perdre sa maison, perdre sa résidence principale, perdre l'ensemble de ses souvenirs, de ses racines. Et donc, nous, nous serons évidemment autant que nécessaire pour la reconstruction et pour l'accompagnement aux côtés des Français touchés. Est-ce que vous êtes en mesure, ce matin, de rassurer les Bordelais, notamment ? Ce que je peux vous dire, encore une fois, avec la plus grande prudence dont on doit tous faire preuve, c'est que l'évacuation de Bordeaux n'est pas à l'ordre du jour, à l'heure où on se parle.

2:33
Invité

Mais ça veut dire qu'elle est éventuellement prévue ?

2:36
Maud Bregeon

Je suis forcément extrêmement prudente. Pourquoi ? Parce qu'on est face à un feu qui est extraordinaire à bien des égards. Extraordinaire de par son ampleur et extraordinaire de par son phénomène. Je ne suis pas spécialiste des questions météorologiques, mais on est face à un pyrocumulonimbus, c'est-à-dire qu'on a, encore une fois, un phénomène météorologique qui, par convection, crée des vents qui permettent à ce feu de générer sa propre météorologie, ses propres vents, ses propres conditions, le rendant complètement très difficile, pardonnez-moi, à anticiper pour les pompiers. Et on le voit depuis le début sur le terrain, c'est ce qui en fait, là encore, une situation très exceptionnelle.

Le fait que ce feu puisse générer ses propres conditions météorologiques, ses propres vents, ça rend impossible d'anticiper un certain nombre de phénomènes.

3:29
Présentateur

Très difficile à anticiper. Est-ce que, pour autant, à ce stade, vous avez une idée des destructions ?

3:34
Maud Bregeon

Encore une fois, je vous l'ai dit, plus de 200 maisons, plus de 200 habitations, ce sont les chiffres en date d'hier soir. Et je laisserai, bien sûr, la préfète de Gironde, notamment, faire un nouveau point, probablement, dans la journée. Se posera, bien sûr, la question de la reconstruction, se posera, bien sûr, la question de l'accompagnement. Aujourd'hui, nous sommes au cœur de la tempête. La priorité, c'est bien sûr de faire reculer ce feu, de protéger les personnes. On en parlera peut-être, mais aussi de protéger les sites sensibles. Il y a des sites sensibles aux alentours de l'agglomération bordelaise.

Ce qu'on appelle des sites Cveso, seuil haut, c'est-à-dire des sites avec des risques industriels majeurs, particuliers du fait des procédés industriels de ces sites, du fait des matières contenues dans l'enceinte de ces sites qui sont parfois difficiles à évacuer. C'est notamment pour ça qu'on a mobilisé l'armée, pour permettre la protection de ces sites. Ça passe par des méthodes très précises, par exemple, par du terrassement, en tout cas, par une protection particulière, parce que derrière, ce sont des risques, encore une fois, des risques chimiques, des risques d'explosion, des risques industriels. Vous êtes inquiète ce matin, autour de ces sites ? Il y a une grande vigilance.

Il y a une grande vigilance. Et ce, dès les premiers jours de l'incendie, vous savez, moi, j'assiste au centre interministériel de crise, qui a été jusqu'alors présidé par le Premier ministre. Le Président de la République en présidera un à son niveau aujourd'hui à 10 heures au ministère de l'Intérieur. Dès le début, ça a fait partie des sujets mis sur la table, anticipés, au même titre, encore une fois, que la protection des personnes. Je ne le mets pas exactement sur le même plan, mais ça peut avoir des conséquences très importantes. Et donc, voilà, c'est aussi pour ça qu'on a mis des moyens particuliers.

5:20
Invité

Il y aura des conséquences économiques, forcément. La préfète de Gironde disait hier que le retour au travail n'était pas envisageable ce matin en Gironde. Écoutez, le Président de l'UMIH de Gironde, c'est l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, il était sur France Info ce matin et il est très en colère. Ce qu'on demande, c'est la simplification. Faisons un document unique avec tous les logos de chaque partenaire. Que les sinistrés n'aillent pas sur un document unique quand ils sont restaurateurs, qui n'est pas les mêmes choses que quand on est dans le BTP ou quand on est dans l'industrie. Ils n'en connaissent pas nos mutuelles. Alors, ça pose le problème de la simplification.

Le document unique, est-ce qu'il est envisagé dans ce genre de circonstances ?

5:58
Maud Bregeon

Écoutez, je l'ai écouté ce matin sur votre antenne. Je comprends son désarroi et je comprends à certains égards sa colère. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, ainsi que Serge Papin, moi-même, l'ensemble des ministres concernés réuniront en début d'après-midi les filières touchées. Je pense bien sûr au tourisme, je pense notamment à la filière bois, forêt et d'autres. Pour faire le point avec elles, définir précisément les besoins et trouver les voies et moyens les plus efficaces et les plus simples, là encore, pour protéger les entreprises et pour protéger les Français.

J'ajoute par ailleurs que les dispositifs d'activité partielle ont été activés par mon collègue Jean-Pierre Farandou. Pourquoi ? Parce que lorsque vous êtes dans des zones aujourd'hui évacuées, ou lorsque votre lieu de travail plus précisément est dans une zone évacuée, vous ne pouvez pas vous rendre au travail. Comme le Covid, finalement ? De manière similaire au Covid, tout à fait. Et donc, on active, encore une fois, des outils similaires, cet outil d'activité partielle qui permet la sauvegarde des emplois et des activités. Encore une fois, le gouvernement est aux côtés des Français.

7:03
Présentateur

Parce que c'est énorme. Ça fait près de 15 000 entreprises qui sont situées dans les zones évacuées qui ne peuvent plus fonctionner normalement.

7:10
Maud Bregeon

Oui, les conséquences de ces évacuations sont très importantes. Elles sont importantes pour les entreprises. Elles sont importantes pour les Français qui y vivent. Elles sont importantes pour le fonctionnement des services publics dans le territoire.

7:24
Invité

Vous avez estimé les pertes occasionnées par ce...

7:26
Maud Bregeon

Et puis, pardonnez-moi, je termine sur un point. Il faut reloger l'ensemble de ces personnes déplacées. Et moi, je salue l'action du maire de Bordeaux, Thomas Cazenaf, qui fait un travail absolument remarquable ce matin, qui, très tôt, a anticipé, a ouvert des centres d'accueil. Ou même que l'ensemble des autres maires... Combien ça va coûter cet épisode de l'incendie ? Il est trop tôt pour le dire. Il est trop tôt pour le dire, parce que cet épisode n'est malheureusement pas derrière nous. J'aimerais pouvoir, encore une fois, vous répondre. Ce que je peux dire, en revanche, si vous me permettez de faire un pas de côté, c'est que chacun doit faire preuve de la plus grande vigilance.

La meilleure manière, la manière la plus efficace de faire en sorte que cet incendie soit contenu le plus rapidement possible, c'est de respecter les consignes de sécurité. Pourquoi je le dis ? Parce qu'on sait que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine. Pas d'origine volontaire, je précise, mais d'origine humaine. Mais leur violence est accentuée par le réchauffement climatique. Et pourtant, indéniablement. Mais pardonnez-moi, je le dis pourquoi ?

Parce que hier, on entendait encore la préfète de Gironde expliquer qu'il y avait eu des interpellations et des arrestations parce que des habitants ou en tout cas des citoyens avaient été arrêtés en train de fumer une cigarette dans la forêt ou de faire un barbecue dans la zone à risque. C'est absolument incompréhensible. Et donc, la meilleure façon pour aider les sapeurs-pompiers, encore une fois, extrêmement mobilisés, c'est de respecter ces règles de vigilance. Et dernier point, je relaie le message, là encore, de la préfète de Gironde. Nous invitons vivement les Françaises et les Français à ne pas se rendre dans le département tant que le feu n'est pas fixé pour laisser...

Dans tout le département ? Pour laisser l'accès au service de secours pour ne pas engorger les voies de transport et les voies de déplacement le temps que ce feu soit contenu.

9:16
Présentateur

Contenu, ça peut prendre plusieurs jours, plusieurs semaines ?

9:19
Maud Bregeon

Ça peut prendre plusieurs jours. Je salue, là encore, l'action de la SNCF. La SNCF qui permet de reporter gratuitement les voyages en train à destination de cette zone dans les jours à venir jusqu'à vendredi inclus, à date, pour le moment. Il faudra repousser, ça ?

9:36
Présentateur

Il faudra repousser quoi ? Ce 31 juillet, cette disposition de la SNCF.

9:39
Maud Bregeon

Là encore, on s'adapte jour après jour. Je ne sais pas vous dire quel sera l'état du feu d'ici à 3-4 jours.

9:47
Présentateur

Mais est-ce que vous imaginez le tourisme revenir en Gironde samedi, par exemple ?

9:50
Maud Bregeon

En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que tant que la situation n'est pas fixée, stabilisée, tant que la zone n'est pas en sécurité, il n'est pas envisageable d'avoir de nouveau des voyageurs qui se rendent dans la région parce que la circulation est très difficile, parce que les forces de secours, parce que les forces de l'ordre sont très mobilisées. Je rappelle, de 1 500 sapeurs-pompiers mobilisés en Gironde, 1 500 militaires, 1 200 policiers et gendarmes. On peut faire appel à plus de militaires, d'ailleurs ? C'est envisagé ? C'est envisageable ? Alors, tous les scénarios sont sur la table, et ce, depuis le départ.

Vous savez, moi j'étais encore une fois, je le disais ce week-end, au Centre Interministériel de crise avec le Premier ministre. Il a, dès la fin de semaine dernière, anticipé des évacuations d'ampleur et demandé à ce qu'on augmente le nombre de militaires mobilisés, au-delà de ce qui avait été initialement envisagé. C'est, là encore, le rôle de l'État d'être dans ce travail d'anticipation et d'appui aux forces de secours.

10:51
Invité

Comment est-ce que la répartition des forces de secours est décidée ? Il y a des feux dans le Var, en Corse, dans les Hautes-Alpes également. Comment est-ce que ça se fait au quotidien ?

10:57
Maud Bregeon

Alors, comment est-ce que ça se fait ? Ça se fait sur les préconisations, si je puis dire, de ceux qui savent le mieux, c'est-à-dire ceux qui sont au contact du terrain, essentiellement, bien sûr, les préfets, ceux qui dirigent les interventions de secours, qui font remonter leurs besoins. Et puis, en fonction de ces remontées, il y a un dispatching, si je puis dire, qui est réalisé.

11:22
Invité

Le 8.30 France Info, Pierrick Bonneau, Marie Bernardo. Maude Bréjean, porte-parole du gouvernement, est notre invité. Ce matin, évoquons la question des Canadaires. Maude Bréjean, la France en a actuellement 12. Combien sont réellement en service ce matin ?

11:36
Maud Bregeon

Alors, le ministre de l'Intérieur a évoqué le chiffre de 7 hier. Il faut bien comprendre ce qu'il y a derrière cette notion de taux de disponibilité. L'ensemble des Canadaires que possède la France sont évidemment mobilisés. Mais ils sont extrêmement sollicités, extrêmement utilisés, extrêmement éprouvés. Dans une période, on l'a dit, qui est exceptionnelle. Et donc, de manière régulière, ces Canadaires sont mis à l'arrêt pour des périodes extrêmement courtes. Quelques heures au maximum, de telle sorte de pouvoir réaliser des maintenances. Et pourquoi est-ce qu'on réalise ces maintenances ? On réalise ces maintenances parce que c'est ce qui permet ensuite de les utiliser en toute sécurité.

Et notamment, évidemment, pour les pilotes. Donc, il faut prendre un peu de recul avec ces chiffres de disponibilité qui d'abord évoluent de jour en jour. Parce que les Canadaires qui étaient hier en maintenance, le dimanche hier en maintenance, ne sont pas les mêmes que ceux qui pourraient l'être aujourd'hui. Et puis ensuite, il faut là encore prendre un peu de recul. Nous n'avons pas que des Canadaires. Nous avons des Canadaires, c'est important. Nous avons 8 DASH. Nous avons des avions d'intervention en location. Nous avons des hélicoptères bombardiers d'eau. Nous avons désormais un A400M mobilisé et des moyens européens qui viennent en renfort.

Deuxièmement, 95% des interventions sont des interventions terrestres. Et les lignes de front face au feu sont essentiellement tenues par des interventions terrestres. Donc, se focaliser sur l'unique disponibilité des Canadaires, c'est extrêmement réducteur. Et pardonnez-moi, inutilement un peu polémique.

13:15
Invité

Est-ce que la France a mis assez de moyens sur ces Canadaires ces dernières années ?

13:18
Maud Bregeon

Le budget de la sécurité civile, lorsque le président de la République a été élu en 2017, c'était 450 millions d'euros. Le budget de la sécurité civile, à l'heure où on se parle, c'est 800 millions d'euros. Il a donc quasiment doublé. Lorsque Gérard Colombre est arrivé au ministère de l'Intérieur en 2017, nous avions deux dashes, des avions qui permettent d'intervenir, là encore, face aux incendies. Nous avons désormais huit dashes parce qu'il en a commandé six dans la première année de son exercice au ministère de l'Intérieur. Donc, nous avons augmenté les moyens financiers, pardonnez-moi, et nous avons augmenté les moyens aériens.

13:58
Invité

Une baisse de 53 millions d'euros en 2024 qui a causé l'annulation de la commande de deux Canadaires. Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

14:04
Maud Bregeon

Si vous regardez l'ensemble des décisions prises ces neuf dernières années, les moyens alloués à la sécurité civile, le budget alloué à la sécurité civile a quasiment doublé. Ensuite, il y a cette question des deux Canadaires sur l'année 2024 qui ne sont pas dues à une volonté de ne pas en acquérir davantage, qui sont dues à un engorgement de la chaîne de production. On ne pouvait pas en avoir davantage à l'instant T parce que ça prend 3, 4, 5 ans à construire. Donc, là encore, je veux bien qu'on relaie des polémiques qui ont été savamment utilisées par la France insoumise d'une part, par le Rassemblement national d'autre part. Je crois qu'à très court terme, on doit se concentrer sur...

14:46
Invité

Il y a une promesse d'Emmanuel Macron en octobre 2022 qui promettait 16 Canadaires. Oui, à très court terme. Il y en a 4 aujourd'hui qui sont commandés.

14:53
Maud Bregeon

Je termine. À très court terme, on doit se concentrer sur ce qu'est la priorité absolue, à savoir protéger les habitants, faire reculer ce feu. Ensuite, la question des moyens se pose-t-elle ? Oui, ces moyens ont été massivement augmentés. Je le redis, les moyens aériens ont été augmentés. Et pas uniquement les Canadaires. Les moyens terrestres ont été augmentés lors des conventions passées avec le SDIS. Nous avons fait en sorte que ces moyens qui sont extrêmement mobilisés soient en augmentation constante. Et nous continuons à former des personnels, des sapeurs-pompiers, sapeurs-pompiers volontaires et également des militaires qui aujourd'hui peuvent intervenir.

On le voit encore à l'heure où on se parle. Donc dire aujourd'hui que les moyens ont baissé depuis 2017 ou que l'importance de l'augmentation de ces moyens n'a pas été prise en compte, c'est un mensonge éhonté et c'est une polémique, pardonnez-moi, grossière dans un moment qui devrait appeler à chacun un peu de gravité.

15:46
Présentateur

Ce n'est pas un mensonge de dire, Maude Bréjean, que ces Canadaires, ils sont vieillissants, d'où aussi peut-être ces opérations de maintenance qui reviennent régulièrement, qui sont évidemment essentielles, mais on ne découvre pas que les Canadaires sont trop vieux.

15:57
Maud Bregeon

Alors qu'il, pardonnez-moi, qu'il faille modifier ou en tout cas acquérir de nouveaux moyens aériens, c'est une évidence et nous l'avons fait. Nous l'avons fait. Et pourquoi est-ce que la promesse d'Emmanuel Macron n'a pas été respectée ? Quand nous avons acquis 6 dash qui ont été livrés entre 2019 et 2022, nous avons augmenté nos moyens aériens. Ensuite, il y a une réalité sur les Canadaires qui est celle de la disponibilité de la chaîne de production, plus exactement de la capacité de la chaîne de production et des entreprises, de l'entreprise concernée, à délivrer ces Canadaires.

16:35
Invité

Donc il s'est engagé un peu trop vite le Président de la République, c'est ce que vous nous dites.

16:38
Maud Bregeon

Non, dans un moment où le risque augmente et pas uniquement en France, et où donc la demande augmente. Mais il n'y a pas que les Canadaires qui permettent d'avoir une réponse aérienne. Il y a d'autres types de moyens. La 400M en est un exemple. Les hélicoptères bombardiers d'eau en sont aussi. Et donc il faut regarder la flotte française dans sa globalité. Elle est similaire par exemple à ce qu'ont nos amis espagnols.

17:05
Présentateur

Arrêtons justement sur cet avion, la 400M, un avion militaire qui a été transformé en bombardier d'eau pour larguer notamment de l'eau et du liquide retardant sur les zones menacées par les femmes. Les flammes, écoutez ce qu'en disait un commandant de bord de Canadair en exercice samedi. C'était sur France Info, il s'appelle Grégory Prats.

17:23
Invité

C'est un pansement sur une jambe de bois. Au niveau des annonces politiques, c'est exceptionnel. Vous avez un avion qui emporte 20 tonnes d'eau ou de retardant. Et ce n'est pas comme ça qu'il faut raisonner. Il faut raisonner au nombre de tonnes délivrées sur un sinistre à l'heure. Il va délivrer 20 tonnes sur un chantier toutes les heures ou toutes les heures et demie. Alors qu'avec 4 Canadaires, on est capable de délivrer 120 tonnes à l'heure.

17:46
Présentateur

Est-ce que c'est un pansement sur une jambe de bois ?

17:48
Maud Bregeon

J'ai écouté ce reportage et on aurait pu le passer dans sa globalité puisque je crois que plus tard, il est dit que c'est un moyen supplémentaire qui est somme toute nécessaire. Et donc s'attarder à cette expression pansement sur une jambe de bois ne reflète pas l'intégralité de ce reportage. Mais le gouvernement a beaucoup communiqué là-dessus. C'est un moyen supplémentaire. C'est un moyen supplémentaire nécessaire. Ce n'est pas un moyen pour solde de tout compte. Ce n'est pas un moyen qui permet à lui seul de régler l'ensemble de la situation. Et ce n'est pas un coup de commun. Et on le voit pour autant.

Non, pour autant, c'est un moyen qui permet là encore de projeter davantage d'eau, davantage de produits retardants. Et donc qui concourt à l'ensemble des moyens qui sont utilisés, qui concourt à l'ensemble des forces qui sont disponibles sur le terrain. Donc c'est en faisant l'addition de ces forces qu'on arrivera à faire reculer ce feu. Est-ce qu'un nouveau départ d'ailleurs de la 400M est prévu aujourd'hui ? Ce n'est pas à moi de le dire. Ça dépend des conditions de sécurité. Il y en a eu un ou deux ce week-end. Ce n'est pas très clair. Des conditions météorologiques. Il y en a eu deux ce week-end. Deux ce week-end. Et donc je laisserai évidemment les forces communiquer là-dessus.

18:55
Invité

Des incendies, Maud Bréjon, alors qu'un nouvel épisode de chaleur menace le pays à partir de mercredi. À quoi faut-il s'attendre ?

19:01
Maud Bregeon

Là encore, on fera le point dans les heures à venir. De toute évidence, les températures vont grimper de manière exceptionnelle ou en tout cas bien au-dessus des normales de saison. Ça fera la quatrième vague depuis le début de l'année. On est face à une situation exceptionnelle mais qui devient peu à peu l'ordinaire. Et donc la question que l'on devra se poser dans les semaines et dans les mois à venir, c'est celle de l'adaptation pour les années à venir, de l'adaptation en matière de feux de forêt. On en a beaucoup parlé ce matin. Mais aussi l'adaptation des bâtiments publics, des services publics.

19:43
Invité

La climatisation est devenue indispensable en 2016 ? Vous êtes également chargé de l'énergie au sens du gouvernement.

19:48
Maud Bregeon

La climatisation devient indispensable dans un certain nombre de lieux essentiels. Je ne sais pas si le terme correspond, mais en tout cas, la climatisation devient indispensable dans les hôpitaux, des lieux de rafraîchissement, dans les écoles. Et donc on voit qu'on va évidemment devoir s'adapter. Un certain nombre d'écoles, un certain nombre de crèches ont été fermées fin juin du fait de l'augmentation significative des températures. Chacun comprend bien qu'on ne peut pas continuer comme cela des années durant. Et donc il va falloir accélérer cette adaptation. Pour autant, je me permets de le dire, là encore le travail est engagé.

6 500 emprises scolaires, donc établissements, primaires, collèges, lycées, sont en voie de rénovation où ces rénovations ont été terminées. Là encore, parce que nous avons mis en place des dispositifs comme le fonds vert sur lequel les collectivités territoriales peuvent s'appuyer.

20:41
Présentateur

Je reviens à la canicule. Est-ce que les pompiers vont souffrir de cette canicule ? Ça va nourrir les incendies qui sont en cours ? Est-ce que les pompiers vont aussi pouvoir porter secours, porter assistance à tous ceux qui vont souffrir de la chaleur dans les jours qui viennent ?

20:54
Maud Bregeon

Ils interviennent dans des conditions qui sont extrêmement difficiles.

20:59
Présentateur

Et qui seront amenées à intervenir derrière.

21:01
Maud Bregeon

De par leur ampleur et qui pourraient devenir encore plus difficiles si cette hausse des températures se confirme. plus difficile le jour, plus difficile la nuit aussi, parce que ça rend cette récupération forcément plus compliquée. Je le redis, le message a passé à la population. C'est un message de solidarité envers ces sapeurs-pompiers. Donc, un message de vigilance dans les activités que l'on mène. Il n'est pas, je l'ai déjà dit, mais envisageable, compréhensible d'avoir encore aujourd'hui des arrestations parce que des Françaises ou des Françaises se retrouvent à faire des barbecues ou fumer des cigarettes dans les bois en Gironde. Personne ne comprend ça. Personne ne comprend ça.

Et ça a de quoi, pardonnez-moi, mettre un peu en colère. Et puis ensuite, il faut libérer les zones concernées. On sait que c'est difficile pour les vacanciers qui ont prévu ces séjours de longue date, qui souvent viennent en famille, qui n'ont pas de plan B à organiser. Mais c'est la seule solution si on veut les aider.

21:54
Invité

Maude Bréjou, dernier conseiller des ministres ce matin avant la pause estivale. Est-ce que vous, les ministres, pouvez clairement partir en vacances dans ces conditions ?

22:01
Maud Bregeon

La notion de vacances quand vous êtes ministre, en tout cas quand vous êtes porte-parole du gouvernement, je vais prendre mon cas précis, elle est nécessairement toute relative puisque l'actualité, malheureusement, ne s'arrête pas l'été, le monde ne s'arrête pas de tourner l'été. Et donc, que vous soyez à Paris ou à proximité de Paris, vous devez, en tout état de cause, faire preuve de la plus grande attention, de la plus grande vigilance et de la plus grande disponibilité. Des consignes ont été données comme elles le sont chaque année. Vous devez être à tout moment à moins de deux heures de trajet de Paris ou en tout cas de votre ministère. Évidemment disponible, évidemment joignable.

22:43
Présentateur

Et en Gironde, donc, en ce moment, l'incendie est globalement stable à ce stade, en tout cas. Vigilance, évidemment. Merci à vous d'avoir été avec nos portes-paroles du gouvernement, ministre délégué à l'énergie.

Incendies : situations en Gironde, conséquences économiques, Canadair... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon — Maud Bregeon · Pourquijevote