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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 11 juin 2026 21 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeImmigration & asileSolidarités & famille

JEAN-PHILIPPE TANGUY : « Le mensonge, ça commence à bien faire ! » (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'au RN vous allez pouvoir proposer de plus pour vous démarquer ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous estimez que l'État doit être condamné ?

  • 4:16OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous dites à la maman de Rosa aujourd'hui ?

  • 6:21RelanceRéponse partielle

    Pour ce fiasco, qui est responsable ? Problème de moyens ou responsabilité individuelle ?

  • 9:06RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous auriez enlevé de cette circulaire ?

  • 11:45OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui changerait avec vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03Invité politiqueChiffre
    « quand M. Darmanin nous annonce qu'il y a 70 000 plaintes à revoir d'ici le 14 juillet »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen avait désigné pendant sa campagne l'enfance comme une priorité nationale »
  • 2:59Invité politiqueFait
    « Comment ces personnes peuvent se retrouver dans cette situation ? »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « c'est M. Macron qui avait dit que pour les cinq prochaines années, l'enfance serait sa priorité »
  • 6:04Invité politiqueChiffre
    « nous avons cette année 5% de déficit »
  • 8:55Invité politiqueFait
    « Cinq pages, deux lignes sur la protection de l'enfance »
  • 12:57Invité politiqueChiffre
    « les prisons sont pleines à 140% »
  • 19:28Invité politiqueChiffre
    « il y a 140% de suroccupation des prisons »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy73 %
  • Présentateur13 %
  • Invité12 %
  • Auditeur2 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

plateau. Jean-Philippe Tanguy nous rejoint, député Rassemblement National de l'Essonne, en direct avec nous ce soir. Bonsoir et bienvenue sur ce plateau. Jean-Philippe Tanguy, il y a une chose qui nous interpelle ce soir, c'est qu'on voit un certain nombre de, notamment de candidats à la présidentielle, on avait Bruno Rotaille au début de cette émission, qui reprennent des mesures extrêmement fermes, perpétuité réelle, imprescriptibilité pour un certain nombre de crimes, etc. envers les enfants, de crimes sexuels notamment envers les enfants. Qu'est-ce qu'au Rassemblement National, vous allez pouvoir proposer de plus, de différent, pour vous démarquer par rapport à ces candidats-là ?

0:37
Jean-Philippe Tanguy

Mais monsieur, le but n'est pas de faire des propositions, le but est de protéger nos enfants, c'est de protéger ce que nous avons de plus fragile, de plus précieux, c'est faire en sorte que les lois qui sont déjà votées soient appliquées. C'est que quand les lois sont appliquées, quand des magistrats sont désignés, quand des policiers, des gendarmes travaillent sur le terrain, ils aient les moyens d'appliquer ces lois, ils aient les moyens d'appliquer les circulaires, que les ministres, quels qu'ils soient, envoient à leur administration et que ces moyens y suivent. Or, aujourd'hui, quand M.

Darmanin nous annonce qu'il y a 70 000 plaintes à revoir d'ici le 14 juillet, c'est 70 000 plaintes qui étaient donc en souffrance. Et personne ne peut croire que les moyens qui n'ont pas permis avant de traiter avec dignité, célérité et gravité ces 70 000 dossiers seront observés malheureusement dans des meilleures conditions avant le 14 juillet. Donc un pays doit faire des choix. Et malheureusement, et je le regrette, parce que c'est un sujet tragique. Et effectivement, M. Attal l'a dit, on aurait tous dû se retrouver. Mais pour se retrouver, il faut faire des choix, il faut proposer des choix à la représentation nationale.

Et personne n'a proposé au parti d'opposition quelle rassemble nationale, malgré sa demande, malgré le fait que Marine Le Pen avait désigné pendant sa campagne l'enfance comme une priorité nationale. Une personne a proposé de donner les moyens aux magistrats, aux policiers, aux gendarmes, aux assistantes sociales, à tous ceux, à l'ASE, à l'aide sociale, à l'enfance, à toutes les personnes sur le terrain. Et je pense aussi à eux.

Parce que quand vous faites ce métier avec dévouement, que vous êtes une honnête femme ou un honnête homme qui s'engage pour le soin apporté aux enfants, la protection, que vous n'ayez pas les moyens pour faire votre métier, ou qu'un certain nombre de personnes, d'individus, d'ordures, salisent votre métier. Moi, je pense aussi à ces personnes qui se sont dévouées pour l'enfance et qui se sentent trahies, salies aujourd'hui.

2:18
Invité

Est-ce que vous estimez que l'État doit être condamné ? On sait que la maman de Rosa, avec son avocat, a cette semaine porté plainte contre l'État pour faute lourde.

2:30
Jean-Philippe Tanguy

Le tribunal décidera si l'État doit être condamné ou pas. La réalité, c'est surtout qu'on a une maman, une famille, une enfant, qui a vécu l'indicible, et une autre famille, la famille de Liana, qui a vécu l'horreur. Le fait que l'État soit condamné, écoutez, les magistrats se prononceront. Ce qui compte, parce que j'ai écouté la famille, c'est qu'elle ne veut pas que ça se reproduise. D'ailleurs, c'était poignant. Toutes ces familles d'enfants victimes, qui eux-mêmes ont l'impression de ne pas avoir parfois fait assez. Comment ces personnes peuvent se retrouver dans cette situation ? Ils sont totalement innocents de ce qui est arrivé.

Mais comme ce sont des honnêtes gens, ils ressentent la douleur aussi des autres familles et des enfants victimes.

3:10
Présentateur

On va l'écouter, justement, la mère de Rosa. On se souvient de l'histoire de Rosa. C'est cette petite fille qui a dénoncé Jérôme Barrella, qui a expliqué qu'il l'avait violée. Il y a eu des examens médicaux, des examens psychologiques, qui ont confirmé, qui ont corroboré, en tout cas, les dires de l'enfant. Et pourtant, il ne s'est rien passé. En tout cas, Jérôme Barrella n'a pas été placée en garde à vue. On va écouter la mère. Le sentiment de culpabilité de la mère, c'est elle-même qui emploie cette expression. On l'écoute.

3:34
Auditeur

J'ai la culpabilité que je n'ai pas assez faite, que je n'étais pas à la hauteur en tant que maman. J'ai essayé de faire tout mon possible, mais aujourd'hui, je vois que la justice ne m'a pas suivie. La justice n'a pas fait son travail. Et je ne comprends pas comment on peut attendre un an pour quelqu'un qui est mort. Je ne comprends pas. Pourquoi il faut attendre autant longtemps ?

4:02
Invité

Elle parle de son sentiment de culpabilité. Vous l'entendez, elle n'est pas née en France, la maman de Rosa. Elle a choisi la France. Et elle dit cette expression, elle dit « la France m'a déçue ». Qu'est-ce que vous dites à la maman de Rosa aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on doit lui dire ? Qu'est-ce que nous, j'allais dire nous, la France, les Français, qu'est-ce que vous, responsable politique, vous devez dire à Rosa ?

4:27
Jean-Philippe Tanguy

Que je comprends qu'elle soit déçue, que je comprends que les 70 000 familles qui attendent le traitement de leur plainte soient déçues, que toutes les familles dont leur plainte a été classée, qui ne sont pas dans ces 70 000, ou qui peut-être ont eu le courage, avec leur enfant, encore plus courageux, de franchir une porte et de sentir peut-être qu'ils n'étaient pas reçus ou accompagnés ou qu'ils n'avaient pas de suivi. Vous savez, et la nation est avec eux. Elle n'a pas, elle n'a pas évidemment de conseil à donner à ces personnes, mais la nation est avec elle, parce que c'est la nation qui a été déçue.

Puisque si aujourd'hui on demandait aux Français par référendum ou dans n'importe quelle décision, est-ce que vous souhaitez que vos impôts, qui sont élevés, aillent en priorité à la protection de l'enfance, au traitement des violences sexuelles, des viols contre les enfants, les Français et les Français, ils seront d'accord. Ils seraient d'accord, évidemment, à une très large majorité pour que leurs impôts aient cette priorité. Donc le système démocratique n'a pas fonctionné.

Nos institutions représentatives n'ont elles-mêmes pas fonctionné, puisque nous discutons, et je suis bien placé pour le savoir, de beaucoup de choses à l'Assemblée nationale, parfois bien dérisoire, et à aucun moment on nous a proposé, comme parti d'opposition, nous le faisons évidemment, mais nous ne sommes pas en responsabilité. Que ça l'agisse de la gauche aujourd'hui, du Rassemblement national et d'autres, nous ne sommes pas en responsabilité. Donc on ne peut pas toujours aussi dire que tout le monde est responsable de tout. Il y a des gens qui sont en responsabilité, qui ont voulu être en responsabilité.

Personne n'a obligé les ministres à être ministres, personne n'a obligé les premiers ministres à être premiers ministres, personne n'a obligé M. Macron à être président de la République. Et je vous le rappelle, dans sa conclusion du débat contre Marine Le Pen, c'est M. Macron qui avait dit que pour les cinq prochaines années, l'enfance serait sa priorité. C'est lui qui a choisi d'être président de la République, c'est les Français qui l'ont élu, et c'est eux qui sont responsables.

Ils n'ont pas fait ces choix-là, et nous avons cette année 5% de déficit, nous avons des déficits monstrueux, ils ont payé beaucoup de choses, ils n'ont pas payé la protection de l'enfance, alors que paradoxalement, tout le monde aurait été d'accord.

6:15
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, pour revenir à ce fiasco-là, on parlera évidemment des mesures que vous voudriez voir mises en œuvre. Pour parler de ce cas-là et de ce fiasco-là, qui est responsable ?

Est-ce que vous dites, parce qu'on a entendu notamment des avocats ne pas être d'accord sur ce point-là, est-ce que vous dites, c'est une question de moyens, c'est d'abord une question de moyens, et avec plus de moyens, Rosa aurait été mieux protégée, Liana aurait été protégée, ou est-ce que vous dites, il y a une responsabilité individuelle, que ce soit chez les magistrats, des magistrats qui bossent quatre fois moins que les autres, c'est ce que disait l'avocat de la mère de Rosa, des gendarmes fainéants, c'est lui aussi qui dénonçait ça. Où est-ce que vous êtes là-dessus dans ce débat-là ?

6:50
Jean-Philippe Tanguy

Et c'est avant tout, ça ne l'oppose pas à la responsabilité individuelle, un problème de moyens, parce que fois plus, je l'ai dit, s'il y a 70 000 plaintes en souffrance, c'est bien qu'il y ait un problème de moyens, et ça commence très tôt. Les infirmières scolaires, pourquoi je parle des infirmières scolaires ? Moi j'ai connu un temps passé ancien, où j'avais été examiné plusieurs fois par une infirmière scolaire. Et bien si je n'avais pas eu la chance et le privilège d'avoir une famille aimante, peut-être que j'aurais été heureux que cette infirmière scolaire puisse repérer un problème. Pourquoi elles ont été supprimées ? C'est bien un problème de moyens.

Donc il n'y a plus personne, ce n'est pas aux enseignants, d'aller surveiller, ausculter les enfants pour voir s'il y a un problème. Ils essaient de le faire, beaucoup d'enseignants essaient de le faire, mais ils sont désemparés évidemment. Donc suppression des infirmières scolaires, ça a bien été un choix. Pour vous tout se tient ? Bien sûr que tout se tient. Dire que c'est la faute de tel procureur, sans doute qu'il y a une procédure, et s'il y a une erreur, il faut qu'elle soit séparément condamnée.

7:42
Invité

Mais les juges doivent-ils rendre des comptes ? Doivent-ils rendre davantage de comptes ? Bruno Retailleau parle d'un corporatisme. Il dit au fond qu'il y a une forme de corporatisme des juges qui fait qu'en réalité, ils ne sanctionnent que très très rarement leurs pères.

7:55
Jean-Philippe Tanguy

Non mais il y a très peu de sanctions, ce n'est pas un avis politique. Vous prenez les sanctions du Conseil supérieur de la magistrature, elles sont faibles. Est-ce que c'est du corporatisme ? Il y a sans doute du corporatisme, mais il y a des hommes politiques, il y a un garde des sceaux. Et si le garde des sceaux, parce que tout le monde dit, personne ne semble comprendre comment ça fonctionne. Le garde des sceaux peut demander au Conseil supérieur de la magistrature de statuer sur des sanctions disciplinaires. Et il est proposé au garde des sceaux un certain nombre de sanctions. Donc il y a un moment, moi je veux bien qu'on jette en pâture les magistrats.

Vous savez que le Rassemblement National a la dent très dure contre le corps des magistrats. Mais là, compte tenu de ce qui s'est passé, c'est facile de dire que c'est que la faute de cette procureure.

8:31
Invité

Là vous voulez dire que Gérald Darmanin rejette un peu facilement la faute sur...

8:35
Jean-Philippe Tanguy

Évidemment. Quand il dit... Moi, je veux dire, au début, j'ai gardé un esprit totalement ouvert sur ce qu'allait dire M. Darmanin, puisque j'ai noté, comme toutes les Françaises et les Français, que tout de suite, il est rentré dans le débat, voire dans la polémique, pour se défendre. Soit, tout le monde a le droit de s'exprimer et de défendre sa position. Et il dit, j'ai donné des instructions dans la circulaire. Je suis allé voir la circulaire. Cinq pages, deux lignes sur la protection de l'enfance. Et en fait, dans cette circulaire, tout est prioritaire. Donc si vous dites à vos procureurs, à vos magistrats, que tout est prioritaire, je suis désolé, rien n'est prioritaire. Il a donc...

9:06
Présentateur

Mais pardon, qu'est-ce que vous auriez enlevé de cette circulaire ?

9:08
Jean-Philippe Tanguy

Mais moi, je vous l'ai dit, c'est pour ça. J'ai dit, c'est un problème de moyens. C'est ça le problème, Jean-Pierre Tanguy.

9:13
Présentateur

Dans cette circulaire, il y a par exemple le narcotrafic. Elle est dans ce fait aux femmes, c'est aux enfants, etc. Qu'est-ce que vous enlevez ? Rien en réalité.

9:19
Jean-Philippe Tanguy

M. Suitek, vous avez raison. C'est pour ça que je n'ai pas dit, c'est la faute de tel magistrat qui n'a pas pu appliquer une circulaire, qu'elle ne pouvait pas appliquer même s'il avait voulu l'appliquer, et sans doute y a-t-il des fautes par ailleurs. Je dis que dire que ce n'est pas un problème de moyens, ce n'est pas moi qui l'ai dit. C'est le président de la République qui... Il n'a rien trouvé à faire.

9:35
Présentateur

C'est l'argument d'Emmanuel Macron qui dit que dans cette affaire, c'est sûr que c'est pas un problème de moyens.

9:37
Jean-Philippe Tanguy

Moi, j'aurais préféré que le président de la République, compte tenu de ce que je vous ai dit, à savoir qu'il avait promis que l'enfance serait la priorité, soit un peu modeste sur cette situation. Il a choisi de dire que ce n'était pas un problème de moyens. Il y a 70 000 plaintes en souffrance. C'est donc un problème de moyens. Et de toute façon, même si on avait repéré un certain nombre de criminels ou de prévenus, il n'y a pas les places de prison pour les mettre en prison. Qu'est-ce que vous dites ? Si vous voulez que les politiciens, quels qu'ils soient, disent tous les jours « Oui, c'est la faute de tel ou tel », ils ont...

Une fois plus, je le dis, mais ça a du sens, ce que j'essaie de vous dire, madame, à savoir que quand on fait de la politique, on choisit de faire de la politique. Il y a des gens dans la vie, ils n'ont pas choisi leur métier. Ils n'ont pas eu ce privilège. Parfois, il y a des gens qui font ce qu'ils peuvent. Nous, on a choisi de se présenter devant les gens. On a dit « Je me crois plus malin que les autres, donc je peux exercer un mandat ». Donc, on a choisi cela. On s'est présenté au suffrage. On a demandé à la confiance des Français. On a voulu avoir des responsabilités à divers degrés.

Donc, quand on veut avoir des responsabilités, si le premier réflexe, c'est dire « Ce n'est pas moi, j'ai fait une circulaire, vous lisez la circulaire, ce n'est pas vrai ». Il a dit « On ne m'a pas donné les informations ». Mediapart a révélé un rapport publié en juillet 2022, qui implique malheureusement aussi M. Dupond-Moretti, précédent garde des Sceaux, où tout est décrit par le menu. Ce n'est pas, comment dire, des gauchistes ou des hystériques. C'est la civise, à savoir la comité ou la commission, je ne sais plus, je suis désolé, qui est en charge de la lutte contre les violences sexuelles et contre l'inceste. Ils ont fait une expertise. Ils ont rendu un rapport.

Ce rapport explique exactement les causes matérielles, morales et organisationnelles qui ont créé les conditions, malheureusement, de la tragédie de Liana et de sa famille. Gérald Darmanin peut rester. Pourquoi il l'a caché ? C'est ça la question. Est-ce qu'il peut rester ? Je pense qu'il a beaucoup trop menti. Il a beaucoup trop menti.

11:15
Présentateur

Marine Le Pen s'est abstenue de demander sa démission, disons.

11:18
Jean-Philippe Tanguy

Marine Le Pen a raison, puisque la démission seule de M. Darmanin ne va pas ramener malheureusement notre petite fille et ne va pas protéger les enfants. Mais entre les déclarations de Marine Le Pen, il a encore menti. Je le regrette. Je le regrette. Et il avait menti avant. Et il y a un moment aussi, la confiance. Ce n'est pas moi qui vais me prononcer à la place des Françaises et des Français. Mais je connais un peu mon peuple. Mon peuple est capable d'entendre qu'on fisse des erreurs. Par contre, le mensonge, ça commence à bien faire.

11:45
Invité

Qu'est-ce qui changerait avec vous ? On a entendu depuis le début de cette émission un certain nombre de propositions. On le disait à l'instant. La perpétuité réelle, la castration chimique pour certains, un fichier public des pédos criminels, l'imprescriptibilité pour les crimes sur les enfants, pour les sanctions. Et puis, de l'autre côté, du côté de la prévention, effectivement, une éducation sur la question du corps dès la maternelle. C'est ce que proposent, par exemple, Marine Tondelier ou Mathilde Panot. Est-ce que parmi toutes ces mesures qui sont proposées par les uns et les autres, vous en retenez et lesquelles ?

12:19
Jean-Philippe Tanguy

Ce sont deux sujets complètement différents. Si on s'attaque, effectivement, à la peine.

12:22
Invité

En fait, on a posé la même question à tous. Et certains nous ont répondu plutôt prévention, d'autres nous ont répondu plutôt sanction.

12:27
Jean-Philippe Tanguy

Je ne comprends pas pourquoi, pour moi, elles n'ont pas à être opposées. Bon, l'urgence, c'est donner les moyens pour que les cas soient traités avec diligence et qu'il y ait de la prévention. Ça va ensemble. Je suis désolé. Vous l'avez dit tout à l'heure, Mme de Malherbe, c'est une continuité. Aujourd'hui, j'entends des gens qui font beaucoup de propositions de nouvelles peines. Il y a des lois aujourd'hui, elles ne sont pas appliquées. Aujourd'hui, il y a des lois sur des peines de prison, ce n'est pas appliqué. Et de toute façon, il n'y a pas les places de prison pour appliquer les peines.

Donc, écoutez, moi, je veux bien qu'on aille sur tous les plateaux à faire des promesses, tout en sachant qu'aujourd'hui, les prisons sont pleines à 140%, 140%, que sur moi, à Amiens, ma prison, elle est bourrée à craquer. Comment dire ? Les agents pénitentiaires n'en peuvent plus. Ils ont tous dépassé leur quota de leurs supplémentaires. Personne ici, sur ce plateau, autour de la table, pourrait faire le métier que font les agents pénitentiaires. Donc, moi, je veux bien qu'on dise, oui, on va faire plein de choses. Aujourd'hui, on vote des lois, on vient voir les Français. On leur dit, on a voté une loi, elle n'est pas appliquée. C'est ça que les gens ne supportent plus.

Donc, on a des lois. Donc, ils avaient promis, la Macronie avait promis 15 000 places de prison. Ils en ont créé 4 000. Ce n'est pas la faute du Rassemblement National. On a voté tous les crédits sur la justice. On a créé toutes les rallongues sur la justice. On est les premiers à dire qu'il faut accélérer les procédures pour construire des prisons. Ils en avaient promis 15 000, 4 000. Comment voulez-vous ? Il y a donc 11 000 places nécessaires qui n'ont pas été faites. Donc, oui, c'est peut-être la faute de cette magistrate. Une fois de plus, il y a une procédure, j'espère qu'elle ira à son terme.

Mais même s'il y a eu cette magistrate, si elle avait dit, bon, j'ai arrêté le prévenu, le criminel, elle appelle la prison, il n'y a pas de place. Bon, eh bien, il serait dans la nature.

14:01
Présentateur

On parle aussi d'autorité ce soir. Et on vous confronte, toutes et tous, qui est passé sur ce plateau, aux images des violences qui ont suivi, il y a quelques semaines maintenant, la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions. Dans les heures, j'allais dire quasiment les minutes qui ont suivi, au RN, vous avez tout de suite crié « Immigration ». Est-ce que c'était la priorité, face aux images que nous avons vues, de pointer du doigt l'immigration ?

14:22
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, je n'ai pas eu l'impression qu'on a spécialement crié « Immigration ». On a crié « Laxisme », on a crié « Désorganisation », on a crié « Mauvaise organisation de la sécurité », on a crié…

14:31
Présentateur

J'ai souvenir de Jordan Bardet l'a interrogé dès le lundi matin,

14:33
Jean-Philippe Tanguy

face à le parapoli de Malherbe, et qui tout de suite a dit « Immigration ». Oui, non, mais il n'y a pas eu que cette prise de position. Et il y a aussi la responsabilité d'une immigration qui n'a pas été contrôlée, d'enfants de l'immigration qui n'ont pas été assimilés, qui n'ont pas été intégrés, à qui un certain nombre de valeurs n'ont pas été apprises. De toute façon, la solution est simple. Si la République avait fonctionné, si l'école avait le moyen de faire son job, si ses gamins avaient un boulot, une perspective, et s'il y avait une politique pénale, eh bien on n'irait pas agresser des policiers, les menacer, détruire des lieux libriques. Donc ça, c'est pas l'immigration ?

L'immigration a une cause là-dedans, puisqu'évidemment, dans ces quartiers difficiles dont on s'est issus un nombre considérable, des personnes qui ont attaqué et qui sont prévenues, c'est que c'est des enfants d'immigration, parfois sur deux, trois générations, qui n'ont pas été assimilés, qui n'ont pas été intégrés.

15:19
Invité

Mais ça veut dire qu'ils sont victimes avant d'être coupables ?

15:22
Jean-Philippe Tanguy

Mais la situation, ça revient au même.

15:24
Invité

Non mais quand je vous écoute, vous dites au fond, et c'est d'ailleurs des questionnements qui étaient ceux d'Emmanuel Macron au moment de sa campagne, la question de l'excuse, la question de la compréhension, faut-il comprendre, faut-il excuser ? Au fond, lorsque l'on vous écoute, c'est très intéressant, vous dites, le problème c'est pas l'immigration, le problème c'est ce qu'on en fait. C'est-à-dire que nous n'avons pas su les intégrer comme il aurait fallu. Donc ils sont victimes. Donc en fait, en quelque sorte, vous comprenez qu'à un moment, ils disent, non mais ras-le-bol.

15:56
Jean-Philippe Tanguy

Non mais on n'est pas dans la caricature, madame.

15:58
Invité

Non mais je l'ai entendu comme ça.

15:59
Jean-Philippe Tanguy

Non mais je veux dire par ça que quand le Rassemblement National désigne la submersion migratoire a eu des conséquences, nous on a toujours fait la différence entre des personnes, des phénomènes. On combat des phénomènes, on combat des politiques, on ne combat pas des personnes. Comprendre une situation, c'est-à-dire qu'une part considérable de la jeunesse, dont une part au sein de cette jeunesse considérable est issue de l'immigration, n'est pas intégrée, n'est pas assimilée, c'est la faute des gouvernements, c'est la réalité. Est-ce que c'est une excuse pour aller attaquer des gens ? Non, ça n'a rien à voir.

On peut comprendre une situation, on peut la constater, on peut établir des responsabilités politiques, ça n'est pas une excuse pour aller attaquer des policiers, des gendarmes, détruire des biens publics, aller s'attaquer dans d'autres émeutes à l'école, c'est-à-dire au moyen de l'intégration.

Donc on voit bien, ce sont deux choses différentes, mais évidemment qu'on ne peut pas intégrer notre jeunesse, une partie de cette jeunesse, donner des moyens pour lutter contre la criminalité et continuer à accueillir chaque année 200, 300, 400, aujourd'hui 500 000 personnes par an, alors qu'on a un chômage galopant, qu'on a le logement qui explose, qu'on a nos services publics qui ne s'en sortent plus, l'école qui n'arrive plus à suivre. Donc oui, aujourd'hui, attirer l'immigration, quand on n'a pas les conditions pour l'accueillir, c'est prendre le risque évidemment que ces pauvres gens finissent comme délinquants. Jean-Philippe Tanguy, jusqu'à quand ?

Ce n'est pas un lien nécessaire évidemment.

17:12
Présentateur

Jusqu'à quand et jusqu'à où vous renverrez ces jeunes-là à l'immigration ? Vous le dites vous-même, ils sont français depuis 2, 3, parfois il faut remonter jusqu'aux arrières grands-parents pour avoir une population qui est venue d'ailleurs. Jusqu'à quand vous allez les renvoyer à ce statut-là d'immigrés ?

17:30
Jean-Philippe Tanguy

Mais déjà, dans les prévenus, il y avait des personnes qui étaient immigrées elles-mêmes ou étrangères. Il n'y avait pas que des Français descendants de l'immigration. Donc déjà, vous avez aussi une part considérable de la délinquance, de la criminalité.

17:41
Présentateur

Ce n'était pas une part considérable, c'était une part extrêmement minoritaire ce jour-là.

17:43
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais parce que vous considérez que minoritaire pour vous, vous considérez que quand c'est déjà le double de ce que ça doit représenter à la population, c'est minoritaire. Aujourd'hui, dans les prisons, j'ai dit tout à l'heure qu'il y avait entre 80 et 90 000 prisonniers, il y en a 22 000 qui sont étrangers. Donc non, M. Switek, la part, malheureusement, et je le regrette, des étrangers dans la criminalité en France, elle n'est pas exclusive, évidemment. Et ce n'est pas parce que vous êtes étrangers que vous êtes délinquants, mais il y a une surreprésentation des étrangers.

Dans la délinquance, ne pas vouloir le voir, ça me paraît un aveuglement qui ne résout aucun problème et qui énerve beaucoup de gens. Après, on ne renvoie pas les gens à l'immigration. C'est eux qui parfois se désignent comme tels. Quand on sort avec des drapeaux qui ne sont pas ceux de votre propre pays, de votre propre nationalité, ce n'est pas nous qui l'inventons. Personne ne les a obligés à prendre un drapeau qui n'est pas le drapeau français. Mais on peut avoir deux drapeaux. En l'occurrence, ils n'ont pas deux drapeaux dans ces cas-là, malheureusement. Donc c'est bien qu'il y a eu un échec. Bon, alors on peut dire, on ne veut rien voir.

Vous savez, quand j'étais petit, il y avait cette fable, on ne veut pas voir, on ne veut pas entendre, et puis il ne faut pas dire. Ce n'est pas la politique du Rassemblement National. Nous, on voit, on entend et on dit. Mais ce n'est pas pour ça qu'on est dans la caricature, mais nous ne sommes pas des lâches.

18:50
Invité

Les violences du PSG 890 interpellées et deux semaines après, six peines de prison vraiment prononcées, que faire ?

19:01
Jean-Philippe Tanguy

Il se trouve que, j'ai déjà répondu à cette question, il faut appliquer la loi. Donc la loi n'est pas appliquée aujourd'hui. Je le regrette. La loi ne dit pas que quand vous avez envoyé un mortier sur un policier, vous devez sortir et rentrer chez vous tranquillement. Ça se dit que vous devez dormir en prison, en fait. Pourquoi ce n'est pas appliqué ? Aujourd'hui, je ne peux que constater cet échec et cette idéologie laxiste qui, malheureusement, imprègne une partie de la magistrature. Mais la réponse aussi, elle est là, madame de Malherbe. Je vous l'ai dit, il y a 140% de suroccupation des prisons. Donc vous constatez qu'il y a une surdélinquance un soir.

Vous dites, qu'est-ce que vous faites de ces gens qui ont commis des crimes et des délits ? Vous ne pouvez pas les envoyer en prison. Elles sont pleines. Et vous savez très bien comment ça se passe, parce que j'écoute régulièrement vos antennes. Vous avez reçu des magistrats qui vous ont expliqué. Ils reçoivent, je ne sais plus si c'est le matin ou le début de la semaine, le nombre de places de prison libres. Et puis ils adaptent dans la journée les peines, non pas à ce qui a été fait ou ce qui a été subi par des victimes, mais aux places de prison qui sont libres. Donc une fois de plus, ce n'est pas la responsabilité du magistrat, c'est ceux qui n'ont pas créé les places de prison.

J'ajoute qu'il ne s'agit pas de faire des prisons de haute sécurité pour des délits ou des crimes qui ne nécessitent pas de tels investissements. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont toujours proposé des prisons, on va dire, simples, pas chères à fabriquer, pour des courtes peines. Vous n'avez pas besoin, quand vous deviez punir quelqu'un qui a foutu le feu à un abribus, ce n'est pas la même chose que de devoir isoler un meurtrier ou un pédocris minel.

Donc aujourd'hui, qu'on ne soit même pas capable de dire, il y a une prison qui ne coûte pas très cher pour des peines de une semaine à un mois, des prisons pour des gens dangereux, et des prisons pour des gens pas dangereux mais de longues peines, c'est surréaliste. Il y a un manque de pragmatisme et un manque de bon sens qui est incroyable. On a l'impression que si on a foutu le feu à un abribus, ou si on a un serial killer, on doit avoir la même peine de prison. C'est complètement dingue.

20:49
Invité

Vous avez précisé d'ailleurs que les peines étaient parfois prises en fonction des places de prison disponibles. Je poserai la question demain matin, je signale que dans le face-à-face, mon invité, ce sera la procureure générale près de la Cour d'appel de Paris.

21:02
Présentateur

Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir été avec nous ce soir dans une seconde.