Le premier thriller d'Yvan Attal - C à Vous - 18/01/2024
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Tout se joue sur un coup de dé, c'est le titre du film qui aurait pu être plus long ?
Absolument, mais c'était trop long.
Mais c'était quoi ? C'était ?
Un coup de dé, jamais n'abolira le hasard. C'était mon titre de travail comme ça, mais pour le distributeur, c'est déjà trop long. Et alors, on me dit que pour le spectateur, alors là...
Oui, mais ça lui aurait rappelé que c'était un poème de Stéphane Mallarmé.
On s'est même demandé si ça n'allait pas être un coup, quoi. Ça aurait été dommage parce que l'affiche est magnifique. Oui, je suis d'accord. Absolument, absolument. Merci.
Quel est votre rapport au hasard ?
Je n'y crois pas beaucoup, en fait.
Vous ne devez rien, vous, au hasard ?
En fait, j'ai envie de me dire que non. J'ai envie de me dire que non, parce qu'on peut alors se sortir de tout, s'excuser de tout. Il y a des...
Il n'y a rien, là, vous vous inventez, là.
Non, non, il y avait un petit plume. Il y avait un petit boucheron, c'est nous qui l'avons.
Vous devez rien au hasard, pourtant, quand vous avez été recalé du concours de conservatoire, vous sortez du cours de théâtre et vous tombez sur Eric Rochand, qui vous offre quand même votre premier grand rôle au cinéma.
Oui, mais j'avais quand même fait des essais pour lui quelques jours avant. Non, il y a des coïncidences, il y a des coups de chance, des machins, etc. Évidemment, on ne peut pas nier ça. Mais j'ai quand même l'impression qu'on fabrique beaucoup de choses. On est son propre libre arbitre, on fait des choses, ça a des conséquences. Au milieu de ces conséquences, il y a quelques peut-être coïncidences, etc. Mais on ne peut pas tout expliquer, tout mettre sur le coup du hasard ou un coup de dé.
C'est le huitième film que vous réalisez. Vous jouez dedans. Pourquoi ? Parce que vous aimez trop ça, en fait. Quand vous vous êtes devant, vous voulez être derrière. Quand vous êtes devant, vous voulez être devant.
Oui, ok, bon, c'est pas grave. Mais ce n'est pas tout à fait comme ça, comme ça. Mais bon. En même temps, oui, c'est un peu ça. Voilà. J'aime bien être devant, j'aime bien être derrière.
Et de plus en plus passionné par votre métier, ça fait 35 ans que vous faites du cinéma ?
Oui, mais de plus en plus. En fait, je réalise que quand j'ai commencé, j'étais vraiment glandeur, en fait. Et plus ça va, plus j'aime ça. J'adore me retrouver sur un plateau, mais comme tout le monde, d'ailleurs. Comme tous mes collègues acteurs. Mais j'ai l'impression que moi, j'avais du mal au début. J'avais du mal.
Avec quoi ?
Je ne sais pas. J'avais le trac, je n'étais pas à l'aise avec moi-même. Enfin, je ne suis toujours pas à l'aise avec moi-même, mais j'ai abandonné. Je pense que d'ailleurs, c'est ça, faire des progrès comme acteur. C'est de se délester d'un tas de...
D'un peu d'égo, quoi. Ou de narcissisme mal placé.
Exactement.
C'est un nouveau film qui sort. Et ça fait plaisir, c'est vrai, à beaucoup de monde. Mais ça fait surtout plaisir à Yvette. 94 ans, c'est votre maman. Votre plus grande fan. Elle a vu le film ?
Non, pas encore.
Elle conserve en tout cas toutes les photos, tous les articles, les récompenses qu'elle récupère au fil des années. Et elle a même votre César que vous avez remporté en 1990, du meilleur espoir masculin pour un monde sans pitié. Est-ce que c'est vrai qu'elle l'a fait plastifié ?
J'ai enlevé. Ça m'a agacé. Elle l'a mis sous vide. Pour bien le conserver, pour pas l'adimer. Exactement. Parce qu'elle, elle nettoyait le César tous les jours, quoi. Et au bout d'un moment, au bout d'un moment, elle en a eu marre. Donc, elle l'a mis sous vide. Et un jour, j'étais chez mes parents, comme ça, et je regarde sur César. Je sais pas, il a une drôle de... Je m'approche, il était sous vide.
Donc là, maintenant, elle doit l'époucester à nouveau tous les jours.
J'ai enlevé le truc et maintenant, elle s'en fout.
Elle s'en fout.
Je l'embrasse, je t'embrasse, maman. Voilà.
Parce qu'elle vous regarde, là, c'est sûr.
Sûrement.
La prochaine fois, il faut venir avec elle.
J'aimerais bien, j'adorerais qu'elle puisse. Elle a 94 ans, quand même. Elle ne veut plus sortir de chez elle.
Est-ce qu'elle attend de découvrir les six derniers épisodes d'Argent et de Sang ?
Autant que Patrick Cohen.
Je suis pas dans... Moi, parce que je ne l'ai pas vu encore. Non, elle sait que je ne suis pas dans les six prochains, donc elle se fout complètement. Oui, oui. Voilà. On va raconter, on va expliquer que c'est l'arnaque à la taxe carbone, que dans les six premiers, évidemment, vous êtes, et les six derniers qui seront mis en ligne samedi, c'est plutôt le face-à-face entre le juge, le magistrat Vincent Lindon et Neil Schneider, qui est l'un des truands. Vous, vous êtes dans la vraie histoire telle qu'elle a été racontée par Fabrice Arfi de Mediapart. Le film est... La série est adaptée du livre. Vous êtes un truand installé en Israël, qui est astruc au départ, à Lohan Zaguri dans le film.
On va voir un extrait d'eux des premiers épisodes déjà diffusés par Canal. C'est une visite émicale, en souvenir du bon temps.
J'ai appris que j'étais devenu une sorte de business angel dans la région. Fait des investissements tous azimuts, je me trompe. Angel, sûrement pas. Business, on essaye. J'essaye de survivre. Je m'amuse. Faudra. Et la France, ça vous manque pas ? Ah bah bien sûr que la France me manque. Ces impôts écrasants, sont passés coloniales, ces politiques impuissantes. Et ces flics qui me courent après surtout. C'est-à-dire rester planté combien de temps ici ? Vous voulez quoi, Vénagter ? J'ai une proposition à vous faire.
Séries réalisées par Xavier Giannoli, qui est absolument époustouflante. Voilà, même quand vous n'êtes pas là, c'est quand même très bien. Vous êtes d'accord quand même ? Absolument, mais là, c'est encore mieux.
Cette scène, elle est géniale.
Angel, non, business, oui, ça résume bien le personnage. Ah oui, oui, mais c'est un personnage. D'ailleurs, quand Xavier m'a proposé ça, ça m'a amusé tout de suite. Il est marlou au possible. C'est des types hallucinants, quoi. Et d'ailleurs, pendant que vous aviez tourné la série, un jour, je descends de chez moi et je suis sur le trottoir. Et puis, il y a un type qui me regarde. Et je me dis, bon, c'est bizarre que je connais cette tête. Et puis, le gars, il arrive vers moi, il me fait, c'est toi qui me joue ?
C'est génial.
C'est toi qui me joue ? Et je ne percute pas, quoi, du tout. C'était pas si truc, mais c'était un dégât de la taxe carbone. Et je n'ai pas pu m'empêcher d'aller boire un café avec lui. Il m'a raconté des histoires, mais hallucinantes. Hallucinantes. Il m'a raconté, par exemple, je peux le raconter, je pense. Il m'a raconté qu'il était en cavale parce qu'il ne voulait pas aller faire de la prison, parce que la prison de la santé était en travaux.
Ah bah oui, oui.
Véridique. Si elle avait été refaite et tout ça, il s'est barré, il était en cavale, il a attendu la fin des travaux. Et il s'est présenté en prison avec sa valise le jour où les travaux étaient terminés.
C'est extraordinaire.
C'est vous dire les personnages. Le faire vivre. Ça, pour un film, c'est fort. Non, mais quand on a des personnages à jouer comme ça, c'est extraordinaire, quoi. Et quand on voit effectivement le trio aussi que forme... Le personnage de Vincent, c'est vraiment autre chose. Mais le trio que forment ces trois, là, Eric...
Non, Ramzy Bédia, Neil Schneider et...
Le troisième... Ils sont un peu comme Citrus, c'est des personnages très hauts en couleur. On m'échappe, on le voit.
Bouboule, non. Bouly. Bouly.
Bouly, pardon. C'était presque ça. Ça ressemble un peu.
C'est ça. Là, c'est un thriller complètement déconnecté de l'actualité. L'actualité, elle pourrait vous inspirer à un film, Yvan Attal ?
Oui.
Vous l'aviez déjà fait. On se souvient de... Ils sont partout, un film gonflé, culotté.
Ah, vous parlez de ça.
Oui.
Non, je me demandais si je n'allais pas faire une série sur la pétition. Je serais l'histoire d'un acteur qui signe une pétition. Ah, tiens, c'est bon.
Pour soutenir à notre acteur.
Et puis, à chaque fois, on lui repose des questions sur la pétition. C'est une série. C'est une série sans frein. Il y a la saison 1, la saison 2, la saison 3. Je m'attendais à ça, pardon.
Ah, une question sur la pétition que vous avez signée en faveur de Gérard Depardieu.
Voilà, mais je préfère qu'on revienne à Ils sont partout. Pardon, je vous ai interrompu. Ils sont partout, c'était l'antisémitisme. Oui, voilà.
C'est un film culotté.
Oui, qui a quoi, une petite dizaine d'années ? Oui. Et aujourd'hui, on est, je ne sais pas, bien, bien, bien, bien au-delà. Ça s'est aggravé. C'est une orgie d'antisémitisme. On s'en donne à cœur joie, tout le monde se gaffe. Que vous subissez, vous ? Que je subis, moi, bien sûr. Que tout le monde subit. Même les non-juifs, ça doit être épuisant pour eux d'entendre parler que de ça toute la journée. Non, non, évidemment que ça devient très, très, très pénible, inquiétant. Enfin, je ne sais pas. Mais en même temps, je me doutais bien que c'était là. J'en ai fait un film il y a 10 ans. Moi, ça me fait rigoler quand on dit...
Un film à sketch, à l'époque.
Oui, c'était un film à sketch. J'avais envie d'en rire. Effectivement, si... Enfin, peut-être que... Non, mais je n'y reviendrai pas. Parce que c'est trop compliqué.
Et puis, trop compliqué même pour vous d'aborder ce sujet-là ?
Mais à l'époque, ça l'était déjà. À l'époque, on avait... D'ailleurs, le film est passé sur aucune chaîne de télé. Heureusement que Netflix l'a acheté. Ça nous a sauvé la vie. Enfin, ça a sauvé la vie du producteur. Parce que, à part Canal, il n'y a pas une chaîne qui voulait parler de ça. C'est un sujet trop, trop compliqué.
Parce qu'il suscite trop d'antagonisme.
Je ne sais pas. Pourtant, l'antisémitisme, c'est une chose qui devrait quand même... De lutter contre l'antisémitisme.
Ça devrait réunir tout le monde.
Ça devrait réunir tout le monde. Mais quand même le président de la République ne veut pas y assister... Je ne vais pas le citer, mais il dit « parce que ça pourrait heurter d'autres communautés ». Ça veut dire quoi ? Non, ça devient très, très fort quand même. Mais j'ai l'impression qu'en France, même si c'est très, très grave, on est un peu mieux qu'ailleurs en Europe. Quand je vois l'Angleterre, où vraiment, j'ai vu des images ultra, ultra, ultra violentes. De manifestations. De manifestations de gens qui chassent du juif dans la rue en disant « on veut du sang juif ». L'image du Hamas là-bas. D'ailleurs, on dit toujours qu'on importe le conflit. En France, on n'importe rien du tout.
C'est le même conflit. Ici et là-bas, c'est l'antisémitisme. Voilà.
Gabriel Attal