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InterviewOutremers 360· 24 mars 2024 52 minComplaisantPortrait personnelOutre-merInstitutions & électionsEnvironnement & énergieLogement

Regards d’Actu- Audrey Bélim, Sénatrice de La Réunion

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 9 %Défensif 6 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous présenter votre parcours ? Qu'est-ce qui vous a menée à vous engager en politique ?

  • 9:45ComplaisanteRéponse directe

    Cette fameuse rencontre avec le maire Gilbert Annette qui vous met à pied à l'étrier.

  • 10:10OuverteRéponse directe

    Vous avez été conseillère départementale et travaillé au sein d'une intercommunalité. Ensuite, vous arrivez à vous positionner sur l'hélice sénatoriale.

  • 13:20OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par hyper-proximité ?

  • 23:30OuverteRéponse directe

    Sur l'octroi de mer, pour vous, il manque de l'explication à la population ou c'est les politiques qui...

  • 29:37OuverteRéponse directe

    Vous avez interpellé le gouvernement sur le leasing pour les voitures électriques à La Réunion. Avez-vous eu des retours ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:25Invité politiqueChiffre
    « J'ai eu trois ans de chômage. »
  • 35:11Invité politiqueFait
    « On est terre de cyclones. Les cyclones à La Réunion, on ne les découvre pas. »
  • 36:59Invité politiqueFait
    « Le GIEC fait des rapports, fait des alertes. Il nous dit que, oui, qu'on n'aura pas peut-être plus de cyclones, mais on aura des cyclones d'intensité de plus en plus forts. »
  • 42:59Invité politiqueChiffre
    « en Allemagne, je crois qu'ils sont à 70-75 % d'enfouissement de leur réseau. »
  • 45:14Invité politiqueChiffre
    « Nous, à La Réunion, c'est 40 000 demandes en souffrance. 40 000 demandes de logement social. »
  • 47:16Invité politiqueFait
    « Il coûte cher parce que j'ai de la loi Zane, j'ai de la loi littoral, j'ai de la loi montagne. »
  • 47:51Invité politiqueFait
    « Il y a des normes, on nous parle des normes RUP. »
  • 48:26Invité politiqueChiffre
    « Nous, à La Réunion, c'est pas comique, mais je veux dire, on est au tiers tiers tiers. Donc, un tiers de jeunes, un tiers, on va dire, d'âge intermédiaire et un tiers de personnes âgées. »

Temps de parole

  • Audrey Bélim92 %
  • Présentateur8 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

4:00
Présentateur

Bonjour Madame la sénatrice Audrey Belly. Bonjour. Merci de nous recevoir à Paris dans vos bureaux. Merci de nous recevoir pour ce nouveau numéro Regarde Actu, qui est une émission qui donne la parole aux élus sur les différents thèmes d'actualité qui les tiennent à cœur. Pour entrer dans le vif du sujet, vous avez été élue le 26 septembre dernier, il y a six mois, et vous êtes la plus jeune sénatrice de la Réunion. Alors tout d'abord, pouvez-vous nous présenter votre parcours ? Qu'est-ce qui vous a emmené à vous engager en politique ?

4:33
Audrey Bélim

Alors j'ai fait des études de droit. Je suis allée à l'université de la Réunion jusqu'à la licence. Et malheureusement, passée la licence, il n'y avait pas assez de spécialité en droit, donc j'ai dû venir m'installer à Lyon, parce qu'à l'époque, je me destinais à être notaire. Donc il n'y avait pas encore le notariat à Lyon, donc j'ai dû venir, quitter mon petit pays, comme on dit chez nous, pour faire mes cinq années d'études ici. Et je suis rentrée avec mes diplômes. Malheureusement, à mon arrivée, alors en plus, en plus, je suis rentrée et j'avais un beau cadeau de fin de diplôme, j'étais enceinte également.

Et donc je me suis dit, bon, je vais rentrer à la Réunion, j'accoucherai à la Réunion, et je trouverai du travail à la Réunion. J'ai eu mon master, mon master 1, et ma gamine va grandir à la Réunion, comme moi, etc. Et puis j'ai eu trois ans de chômage. Trois ans de chômage où j'ai fait plein de choses. Moi, j'ai préparé un diplôme de notariat, mais je me suis ouverte aux voies d'exécution. Je me suis ouverte également aux droits du travail. J'étais sur de la fiscalité directe aussi, pour pouvoir être juriste au sein des entreprises, parce que les années fastes du notariat avec la crise économique, c'était terminé également. Donc j'avais beaucoup d'amis qui se faisaient débaucher.

Et puis, ben, donc voilà, j'avais ouvert mon diplôme pour pouvoir travailler en entreprise, en collectivité, etc. Malheureusement, j'ai fait trois ans de chômage, avec une bouche à nourrir, ma fille. Et je me suis dit, ben non, c'est pas possible que les choses se passent comme ça, etc. Puis je commençais à regarder un peu plus les actualités, à regarder beaucoup la presse, etc. Ce qui pouvait se dire. En plus, j'étais à l'époque de François Hollande, où on sortait plein de choses pour la garantie jeune, etc. Et je me rappelle, je m'appellerai toujours de ce jour-là, c'était, on faisait des réunions publiques à La Réunion. C'était la période des municipales à l'époque.

Et Gilbert Anette a fait le déplacement dans mon quartier, pour écouter un peu ce que les habitants avaient à dire. Et présenter aussi, ben, les mesures de François Hollande. Et puis, moi, je lui ai dit, je l'ai interpellé, en fait, je l'ai un peu coupé dans ce qu'il disait. Je disais, ben, monsieur Anette, enfin, monsieur le maire, à l'époque, j'étais très impressionnée aussi. Et je lui ai dit, moi, j'adore tout ce que vous dites pour les jeunes, etc. Je dis, mais moi, voilà, j'ai plus qu'un bac plus trois. Je ne suis pas nette, ni en formation, etc. Enfin, il y avait cette espèce de critère très bizarre pour nous, les jeunes. Donc, en fait, je ne rentre dans aucun dispositif.

Je ne rentre dans rien. Et j'ai trois ans de chômage. Et j'ai une bouche à nourrir. Et j'ai envie de travailler. J'ai envie de faire des choses. Mais j'ai envie de faire des choses ici, à La Réunion. Je n'ai pas envie d'être en Hexagone. J'ai fait cinq ans d'études. C'est bon, quoi. J'ai envie de tout ce que j'ai appris. Je veux le ramener pour mon territoire. Et puis, bon, il a passé outre ma question. Il m'a redéfini ce que disait François Hollande. Puis, à la fin, il vient me voir et il me dit, tu devrais t'engager en politique parce que ce que tu dis, c'est vrai. Je ne l'ai pas dit là parce que, voilà, j'étais dans le cadre d'une réunion publique, etc.

Et je ne pouvais pas faire un focus sur ce que toi, tu disais. Mais il me disait, mais ce que tu dis, c'est extrêmement vrai. Dans tout ce nombre de jeunes qui ne trouvent pas de travail, il y a aussi cette partie de jeunes qui se sont débrouillés, qui ont fait des études, qui sont partis, qui sont revenus, d'autres qui sont restés aussi ici. Il y a d'autres formations diplômantes à La Réunion, il ne faut pas croire. Mais ce que tu dis, c'est très vrai et c'est une souffrance pour notre territoire parce que finalement, les jeunes comme toi, à un moment donné, ils s'en vont et on assiste à une fuite des cerveaux. Et c'est dommage pour le territoire. Et donc, j'ai écouté ces conseils.

Donc, j'ai commencé à gratter, à gratter, à chercher. Puis, un jour, j'ai eu de la chance. J'ai un cabinet de défiscalisation qui cherchait une responsable contentieux. J'avais fait des voies d'exécution, donc je suis partie. Et je m'ennuyais. Et au Parti Socialiste à l'époque, alors je vous avoue, bien sûr, j'étais de sensibilité de gauche, forcément, ils recherchaient ce qu'on appelle une permanente fédérale. Donc, c'est assurer le secrétariat du parti. Et j'ai quitté mon CDI dans mon cabinet de défiscalisation parce qu'en fait, je m'ennuyais un peu. Et je trouvais que les sujets étaient lourds sur la défisque.

C'était aller récupérer de l'argent avec des gens qui avaient d'autres gros soucis. La défisque Girardin, elle était bien, mais quand elle n'était pas bien utilisée, ça créait beaucoup de difficultés dans les entreprises. Et du coup, je me suis dit, allez, Banco, je vais devenir permanente fédérale du Parti Socialiste. Et puis après, Monique Orfé était députée. Elle cherchait un assistant parlementaire. Je me suis dit, allez, je vais faire assistant parlementaire. Et puis, au fil de l'eau, il me disait, c'est bien que tu sois dans l'ombre. Il me dit, il me serait bien que tu passes à la lumière à un moment donné.

Et il fallait candidater pour être sur la liste des municipales de Gilbert Annette. Eh bien, j'ai sauté le pas. J'ai candidaté, j'ai été gardée sur la liste. Et j'ai commencé tout doucement comme ça. Tout d'abord en étant à l'extérieur du parti, puis en entrant à l'intérieur, puis en tant que militante. Et après, en devenant élue.

9:45
Présentateur

Et cette fameuse rencontre avec le maire Gilbert Annette qui vous met un peu à pied à l'étrier.

9:49
Audrey Bélim

C'était cette réunion toute étrange, toute bizarre, où j'étais en train de rien faire. J'étais chez ma grand-mère en train de me morfondre, avec le bébé qui pleurait à côté. En plus, quand je me déplace, j'avais le bébé avec moi. Et on me dit, mais viens, viens, il y a Gilbert Annette, viens lui poser tes questions. Et voilà, et ça a commencé comme ça. Donc, un vrai hasard.

10:07
Présentateur

Et depuis, vous avez été conseillère départementale. Vous avez aussi travaillé au sein d'une intercommunalité.

10:13
Audrey Bélim

Exact.

10:13
Présentateur

Et ensuite, de fil en aiguille, vous arrivez à vous positionner sur l'hélice sénatoriale.

10:18
Audrey Bélim

Exactement. Exactement. J'ai commencé la politique, j'avais 24 ans, 25 ans. Et aujourd'hui, j'en ai 37. Très bientôt, pas tout de suite. Et ça fait 12 ans. Et en 12 ans, oui, je suis passée par toutes les étapes. La curiosité, puis la sympathisante, puis la militante, puis l'élu, donc l'engagement. Et après, au fil de l'eau, ben voilà, j'ai essayé de... Je voulais travailler avant tout. Je voulais... Et c'est ce que j'adorais dans ce parti. Ce que j'adore toujours dans ce parti, c'est qu'on n'était pas pris comme juste un jeune témoin pour dire que voilà, on est le visage du renouvellement. On nous avait vraiment fait travailler, fait découvrir ce que c'était que la politique.

De mettre la main dans le cambouis, d'aller sur le terrain, de faire du porte-à-porte. Puis d'échanger, de débattre et de confronter les idées. Ce qui est génial aussi, c'est qu'au parti socialiste, on peut ne pas être d'accord et on pouvait dire qu'on n'était pas d'accord. Moi, j'adorais ça. Et donc voilà, au fil de l'eau, j'ai candidaté... Alors, j'étais déjà sur la liste des sénatoriales. On avait un deal à l'époque avec Michel Denmond. Qui se présentait au sénatorial. Et donc, nous avions beaucoup plus de chances d'avoir quatre sénateurs et l'air.

Et donc, du coup, pour essayer d'avoir un peu plus de représentativité, d'avoir un peu plus de démocratie, on s'est dit, on fait un deal avec un centriste. On propose une candidature nouvelle. Donc, comme j'avais été attachée parlementaire, ils voulaient, eux, raviver aussi les têtes d'affiches un peu du parti. Et donc, on m'a proposé d'être le binôme de Michel Denmond à l'époque sur les sénatoriales de 2017. Et donc, au bout de trois ans, il devait me laisser le mandat. Bon, il ne m'a pas laissé le mandat. Mais du coup, j'ai reculé pour mieux sauter. Du coup, j'ai eu l'opportunité d'être conseillère SINOR, donc d'intercommunalité. J'ai eu l'occasion d'avoir une campagne à mon nom.

Donc, d'aller dans la campagne des départementales sur le canton 12 avec mon binôme Virgile Quichenin, qui était, lui, conseiller délégué au territoire de la Bretagne. Puis, on a gagné ces élections des cantonales. Et puis, j'ai continué, j'ai continué. J'ai également créé une SPL. On savait que j'étais juriste. Donc, on m'avait dit, tiens, création d'une SPL. Il fallait fusionner plusieurs associations pour créer une entité publique, mi-privée, mi-droit privé, mi-droit public. Donc, je me suis éclatée dans cette création-là aussi également. Donc, finalement, ces six ans où le deal n'a pas été respecté, j'ai grandi, j'ai mûri, j'ai découvert plein d'autres choses.

Mais surtout, j'ai fait énormément de terrain.

13:14
Présentateur

Justement, c'est cette expérience sur le terrain qui vous... Alors, vous parliez d'un concept, l'hyper-proximité. C'est sur cette expérience que vous développez ce concept. Alors, pouvez-vous expliquer qu'entendez-vous par hyper-proximité ?

13:27
Audrey Bélim

Oui. Alors, hyper-proximité, c'est vrai que c'est beaucoup plus facile quand on est élu et délégué d'un territoire. Moi, j'étais déléguée tout d'abord au Chaudron, puis j'ai été à Moufia 2. Et puis après, je suis arrivée à Bois-de-Neuve. Ce sont des secteurs de Saint-Denis, parce que Saint-Denis, c'est la plus grande ville des Outre-mer. Donc, on a plein de secteurs. Et donc, quand on est élu de territoire, il faut connaître le poumon. Parce que du Chaudron à Moufia 2 et de Moufia 2 à Bois-de-Neuve, la population, les besoins, les attentes sont complètement différentes. Et pour connaître ce dont le territoire a besoin, il fallait que je parle avec les gens.

Donc, c'était rencontrer un petit peu les personnes ressources du territoire. C'est faire des réunions publiques, c'est sonder. C'est lorsqu'on fait du terrain, du porte-à-porte, on demande alors qu'est-ce que vous pensez de mettre une fête de quartier qui mette en avant à Bois-de-Neuve. C'était la nana ou qui mette en avant le sport. Parce que moi, Bois-de-Neuve, c'est un quartier qui est très axé sur le sport. On a beaucoup de champions de la Réunion, de France et du monde à Bois-de-Neuve.

Donc, du coup, à partir de là, de ces échanges, de ces idées, c'est là que je faisais mon rôle de conseillère municipal, qui est donc d'administrer le quartier, mais surtout de le dynamiser et de s'assurer du bon déroulement des politiques publiques mises en place par la municipalité de Saint-Lémy dans le territoire. Et ça se fait en concertation avec la population, en discutant, en échangeant avec eux. Alors, c'est vrai que derrière, vous allez me dire, ouais, on dirait un peu de la démocratie participative. Alors, c'est un terme qui est devenu très à la mode.

Mais c'est vrai que dans mon apprentissage politique, on a toujours été dans la proximité et on a décidé, grâce justement à cet avènement de la démocratie participative, à faire maintenant de l'hyper-proximité en faisant des conseils de quartier, des conseils des jeunes, des conseils des sages, pour vraiment faire un territoire qui ressemble aux gens qui y habitent. On est élus du territoire. Alors, moi, j'y habitais à Bois-de-Neuve parce que je suis vraiment tombe amoureuse de mon quartier, du coup, donc j'ai déménagé. Mais voilà, dans ce territoire-là, les gens, ils y vivent. Voilà, ils se lèvent le matin, ils vont travailler, ils passent leur week-end ici.

Et il est important de faire un quartier qui leur ressemble, qui réponde à leurs attentes et leurs besoins. Et en étant complètement déconnectés, on ne peut pas répondre finalement à ces attentes-là. Donc, l'hyper-proximité, elle est importante dans la politique de tous les jours, même là, en tant que sénatrice. Et je pense que c'est peut-être ce qui a fait peser le poids dans la balance concernant ma candidature, c'est que je suis avant tout une élue de proximité. Et l'un des engagements les plus importants que l'on a dans le cadre de ces sénatoriales avec mes collègues élus locaux, c'est de garder cette hyper-proximité, ce lien avec eux, d'échanger en permanence avec eux.

Quand j'ai des sujets assez croustillants au Sénat, ben voilà, j'ai créé un petit WhatsApp et j'échange avec eux. Je leur dis, voilà, il y a ça qui arrive, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous avez des contributions ? Est-ce que vous avez des éléments à me donner ? Parce que, voilà, je ne suis pas experte de la réunion dans la dentelle, dans la précision. Je suis dionysienne, donc je connais très très bien Saint-Denis. Mais moi, à l'origine, je viens du Brûlé, qui est un quartier des Hauts de Saint-Denis. Donc, je connais très bien le Brûné. J'ai fait toutes mes bêtises à la source à Belle-Pierre quand j'étais jeune, donc je connais très bien la source à Belle-Pierre.

Mais voilà, les autres territoires, il a fallu que j'apprenne à les connaître. Le Chaudron, le Moufia, Bois-de-Neuf, il fallait que j'apprenne. Donc, c'est important de parler aux experts. Et les experts, c'est tout à chacun qui vit, qui réside, qui ravit dans ce quartier. Et c'est pareil dans les communes. Et c'est ce qui fonctionne. Et puis, c'est de respecter aussi. C'est de respecter que, finalement, on peut se tromper. Des fois, je peux avoir une idée, je me dis, ah, ça, ça va être bien pour ce quartier, pour cette zone, pour ce secteur. Mais en fait, ce n'est pas du tout la bonne idée. Parce que j'ai été capable d'entendre ce que les gens me disent. Et pareil avec les collègues.

On peut échanger sur des sujets sénatoriaux. Et respecter que, finalement, on n'a pas tous le même avis. Et au lieu de se concentrer sur la divergence et de se fâcher, on se concentre sur les points de convergence. Et on travaille avec ça. Parce qu'on est avant tout réunionnais, on aime notre territoire. Nous, ce qu'on veut, c'est rayonner, c'est faire rayonner la France au cœur de l'océan Indien. C'est ça, notre rêve. Puis d'avoir un territoire qui est fort, qui est fier culturellement, qui porte haut et fort le drapeau de la Réunion, mais haut et fort le drapeau de la France. C'est ça, notre rêve à nous.

Puis d'avoir des jeunes réunionnais qui sont fiers de dire qu'ils viennent de la Réunion, qui sont fiers de partir pour apprendre, mais qui sont très contents de revenir, qui se sentent protégés, rassurés de revenir dans un territoire qui pourraient leur apporter tous les enjeux qu'on a à la Réunion. Le logement, l'emploi, et puis comment vivre dans ce territoire avec la cherté de la vie, avec les problématiques que l'on peut avoir. Donc, c'est ça, notre combat. Moi, mon combat, c'est d'atteindre un idéal sociétal. C'est, oui, vous allez me dire, je suis peut-être naïve, mais il faut qu'on aille à la recherche un peu du bonheur.

Il faut qu'on aille, il faut qu'on rende les gens heureux et fiers aussi de leur territoire, apaisés dans leur vie, dans leurs attentes. Et bien sûr, on doit construire, c'est vraiment, je suis convaincue par ça, on doit construire les politiques publiques, celles qui nous gouvernent, celles qui nous aident, celles qui nous permettent de nous élever, en étant constamment en lien avec les attentes. On ne peut plus se permettre, et c'est pour ça que je dis à ma fille, je suis désolée, ma chérie, maman s'engage beaucoup, donc je m'absente un petit peu, elle comprend, je vous rassure. Mais voilà, parce qu'on est vraiment dans une urgence, on a un contexte qui est très dangereux.

On voit autour de nous la montée des extrêmes, les derniers chiffres de présidentielle, etc. Moi, ça me donne encore plus envie de m'impliquer pour que les gens recommencent à rêver. Il faut que les jeunes, surtout, qui recommencent à rêver, à se dire, ouais, j'aimerais bien faire ça, qu'il n'y a pas de plafond de verre, qu'il n'y ait pas tout ça, en fait, qui les empêche de rêver et d'atteindre leur objectif.

Donc, voilà, moi, je parle beaucoup, mais mon engagement politique, il est celui-là, parce que je veux vraiment, je veux vraiment, je ne suis pas dans le monde des bisounours, mais je trouve qu'on est durs envers nous-mêmes et qu'il y a plein de choses à faire pour que, finalement, on arrive à répondre aux attentes des gens, arrêter de mentir, de jouer sur des mots, de traficoter les esprits et les explications qu'on donne au tout public. Je pense qu'il faut qu'on soit dans un instant de vérité, actuellement. Il y a plein de choses qui se passent autour de nous. Il y a plein de pays qui... On est en guerre, partout, partout.

Et il faut qu'il y ait une prise de conscience et un réveil citoyen très important. On est le pays des droits de l'homme. On est précurseur de ces droits. On est avant-gardiste. On vient de voter la constitutionnalisation de l'IHG. Et c'est une victoire. C'est une victoire pour nous, pour nous en tant que femmes, mais pour nous en tant que Français, d'être précurseur là-dessus. C'est important, parce qu'il faut qu'on arrive réellement à s'épanouir complètement sur ce territoire, et notamment à La Réunion, on en a vraiment besoin.

20:47
Présentateur

Et en tant que jeune sénatrice de La Réunion, on sait que le Sénat, c'est une machine complexe. Est-ce que vous arrivez à faire entendre toutes ces problématiques que vous voulez porter sur La Réunion ?

20:58
Audrey Bélim

Il y a des petites victoires. Alors, je vous avoue, j'étais hyper... J'étais hyper contente. J'avais l'impression d'avoir conquis le monde. Premier amendement déposé. Premier amendement adopté. Bon, après, voilà, tout le reste n'a pas été adopté. Mais oui, on arrive à faire sa place. On arrive à faire sa place parce que... Moi, je n'avais pas des a priori. J'avais beaucoup de curiosité. Après, j'avais cette... On va dire... Cette connaissance du travail parlementaire en ayant été attachée parlementaire. Mais c'est totalement différent. Le Sénat, c'est extrêmement studieux. C'est beaucoup, beaucoup de travail. Et c'est beaucoup de travail de fond, au final.

Il rentre vraiment dans les dossiers, dans les détails. C'est beaucoup d'auditions. C'est beaucoup de travail personnel, de recherche personnelle, de lecture, de rencontres, d'échanges, d'écritures. Et puis, on a des conditions de travail qui sont... Vous allez au palais du Luxembourg, ça vous donne envie de travailler. Comme vous voyez les locaux dans lesquels vous évoluez, vous avez envie d'être à la hauteur. Donc, c'est vrai que quand je viens ici, mes journées, elles sont très denses. Mais je le fais avec beaucoup d'envie. Et puis, avec beaucoup de fierté. À chaque fois, je suis toujours très, très fière. Et je souris toujours tout bêtement à chaque fois.

Parce que c'est une terrible chance que j'ai de pouvoir parler de mon territoire, de pouvoir parler en tant que femme, en tant que réunionnaise, en tant que jeune, en tant que socialiste, de partager mon idéal sociétal et d'arriver à ancrer certaines idées, quelquefois. Par exemple, QAG que j'ai eue, donc question d'actualité au gouvernement, sur l'octroi de mer. D'ailleurs, je disais, oui, bon, écoutez, la réforme, j'entends. On entend. Et sur le territoire, ça fait grincer des dents parce que nos collectivités, nos communes, elles ont peur. Parce qu'elles sont financées par cet octroi de mer.

Donc, si réforme, il doit y avoir, l'exigence qui doit être maintenue, c'est d'intégrer dans les travaux les associations de consommateurs. Parce qu'on a vécu les Gilets jaunes. Et donc, il y a cette idée que la cherté de la vie, c'est dû en grande partie par l'octroi de mer. Malheureusement, c'est beaucoup plus complexe que ça. Et justement, c'est très étrange. Personne ne prend le temps d'expliquer réellement, concrètement, c'est quoi l'octroi de mer.

23:28
Présentateur

Justement, sur ce sujet de l'outre-mer, vous envoyez sur ma prochaine question, c'est bien. Sur ce sujet de l'octroi de mer, pour vous, il manque de l'explication à la population ou c'est les politiques, les élus qui… Ce n'est pas assez précis, détaillé pour les… Oui.

23:47
Audrey Bélim

On est en train de jouer sur, finalement, encore une fois, on joue sur la peur. Les Gilets jaunes, c'était un ras-le-bol de la charté de la vie, de l'inflation, de ces prix qui augmentent, du fait qu'on doit choisir entre bien se loger, bien se soigner, bien manger, sur des choses vitales. Et à la Réunion, on a dit, c'est l'octroi de mer qui fait la charté de la vie. Et c'est une idée qui est lourde, parce qu'elle est dure à déconstruire. Là, on a, avec cette annonce de réforme, l'opportunité d'expliquer aux gens, et je pense que c'est notre rôle, mais c'est aussi le rôle de l'État. C'est l'une des plus vieilles réformes du monde, l'octroi de mer.

Il y en a qui me parlent de, oui, c'est une taxe coloniale, etc. Mais il faut qu'on explique pourquoi on l'avait mis en place. Il faut qu'on nous explique à nous comment elle a pu se transformer, et au lieu d'être vertueuse, elle est venue participer, oui, à l'augmentation de certains prix, etc. Mais qu'on nous explique, qu'on nous dise clairement les choses, qu'on ne nous démontre pas que c'est juste un mille feuilles de dispositions qui se sont ajoutées, et qui ne se comprennent plus, et qui ne s'entendent plus. C'est faux, il y a plein de... Il faut prendre le temps de nous expliquer ce qu'est l'octroi de mer.

Il faut qu'on prenne le temps de nous dire, si on la supprime, quels vont être les impacts sur les collectivités, sur leur financement, mais également sur la quotidienneté des gens. Est-ce que ça va impacter l'emploi ? Est-ce que ça va impacter tout ce qui concerne le financement, la construction de logements sociaux ? Il y a tout ça qui est en jeu derrière. Mais on ne prend pas le temps de nous expliquer ça, on s'astreint à dire l'octroi de mer est égal à la chartée de la vie. Et c'est pour ça, au-delà de me positionner et de dire je suis pour, je suis contre, moi je dis six réformes il doit y avoir, on saisit l'occasion pour la rendre transparente.

Transparente, non pas qu'envers les élus des collectivités. Je reste dans mon idée d'hyper-proximité, mais rendons-la transparente pour les consommateurs, qu'ils savent. Et c'est pour ça que cette QAG, je l'avais posée et le ministre Vigier y avait répondu favorablement. Et d'ailleurs, il l'a répété plusieurs fois. Il faut intégrer les associations de consommateurs dans le travail de cette réforme.

26:03
Présentateur

La Cour des comptes souligne que c'est un des aspects, un des facteurs qui expliquent la chartée de la vie. Pour vous, on va trop vite sur cette réforme. Il faut encore prendre du temps.

26:15
Audrey Bélim

On nous était engagés à nous consulter, les parlementaires, les élus locaux. Nous avions un frémissement l'année dernière. On a un relance de frémissement cette année, suivi d'un rapport. Moi, j'ai l'impression que tout est précipité, en fait. C'est quelque chose qui existe depuis tellement d'années. Il y a des politiques qui sont construites là-dessus. Il y a des politiques publiques qui sont construites juste sur le financement au octroi de mer, par exemple. Il faut qu'on prenne le temps, vraiment, d'étudier les choses. Pourquoi aller aussi vite ? Moi, je ne comprends pas pourquoi on veut se précipiter autant. Et surtout, pourquoi on ne respecte pas cet engagement ?

Eh bien, d'interpeller les élus, les élus locaux. D'autant plus que dans les Outre-mer, on ne se ressemble pas. À la Réunion, j'ai une région, j'ai un département. Aux Antilles, ce n'est pas la même chose. Ils sont en système d'assemblée unique. Donc, on est en train de... Encore une fois, il n'y a pas de réflexe Outre-mer. Déjà, ça, je vous avoue, ça me... Voilà, ça me... Je vais dire, ça m'agace. Pas gentil, mais ça m'agace un peu.

Parce que si on avait ce respect des territoires, et au-delà des ultramarins, c'est même les zones urbaines et les zones rurales dans l'Hexagone, on n'a pas ce réflexe de se dire ce que je vais apporter, est-ce que ça va avoir un impact sur le territoire qui va le subir ? Est-ce que cet impact va être bénéfique ? Est-ce que cet impact va être négatif ? On ne prend pas le temps de se poser les questions. On va très vite. On va très loin et très vite. Et je trouve ça dommage. C'est une occasion, pas faire que de la pédagogie. On n'a pas forcément besoin de pédagogie. Nous, on a besoin de comprendre.

Parce qu'on est dans une France qui a évolué avec des citoyennes et des citoyens qui ont évolué, qui ont besoin de savoir, qui ont besoin de comprendre. Et qui, finalement, ils s'intéressent de plus en plus. C'est ça qui est très étrange, au final. Ce qu'on voit dans les échéances électorales, dans les votes, qu'il y a beaucoup de place, finalement à ceux qui ne votent pas. Il y en a beaucoup. Mais en même temps, on voit bien que dans la population, dans l'opinion publique, il y a de plus en plus de place au questionnement. Donc, il faut s'adapter à l'évolution de sa société. Et la société actuelle, c'est des gens qui s'intéressent, qui veulent savoir.

Surtout qu'ils ne veulent plus qu'on leur mente. Et surtout qu'on les manipule aussi. C'est fini ce temps où on disait « pigeon vol » et toi, tu disais « pigeon vol ». Voilà, on a des gens qui s'intéressent, qui veulent savoir, qui veulent s'imprégner, qui partagent avec leurs enfants. C'est le sujet le dimanche dans les repas de famille. On vit une drôle d'époque. Mais avec beaucoup de choses et beaucoup d'enjeux, très importants et parfois très durs et très complexes autour de nous. Mais on ne saisit pas cela pour faire quelque chose de positif, en fait. Je trouve ça dommage. Pourquoi aller aussi vite ?

Pourquoi aller aussi vite alors que c'est un sujet qui concerne plus de 2 millions de personnes ? C'est ça, les Outre-mer. Et moi, je trouve que c'est un peu méprisant pour nous. C'est un peu dire que finalement, on n'est pas trop capable de comprendre. Et je trouve que c'est vraiment dommage de nous considérer comme ça.

29:33
Présentateur

Autre sujet qui vous tient à cœur, la question de la transition énergétique. Oui. D'abord sur deux thèmes. D'abord, vous avez notamment aussi interpellé le gouvernement sur la question du leasing pour les voitures électriques à La Réunion. Et vous dénonciez justement le fait que pour les territoires outre-marins dont La Réunion n'est pas concernée par ce dispositif. Avez-vous eu des retours sur...

29:56
Audrey Bélim

Alors, je n'ai toujours pas de retour. D'ailleurs, nous allons relancer la demande. Moi, je trouve ça extrêmement révélateur. Sur un sujet comme le leasing social. Alors, à La Réunion, avec le contexte que l'on a, avec le niveau de revenu que l'on a, c'était un système qui était très intéressant. D'autant plus que nous, tout ce qui concerne la mobilité, eh bien, on y vient enfin à La Réunion. Et on a encore... On a un gros enjeu sur les déplacements, notamment avec la mobilité douce, etc. Je ne vais pas rentrer dans ce sujet-là. Mais on est en train de travailler là-dessus. Mais la voiture reste un indispensable à La Réunion. Ne serait-ce que s'insérer professionnellement. Aller travailler.

Quand on habite à Saint-Denis et qu'on trouve un job à Saint-Pierre, y aller en bus le matin, c'est très compliqué. Je ne dis pas qu'il y en a qui ne le font pas. Bien sûr qu'il y en a qui le font. Mais la voiture, c'est un indispensable. Alors, quand vous aviez une mesure comme ça qui sort, qui quand même a été portée par des socialistes, nous, on s'était dit que c'était génial. Malheureusement, ils n'ont pas pensé à quelque chose. Nous, à La Réunion, on n'a pas de concessionnaire. On a des importateurs. Et donc, le temps que le leasing social arrive à La Réunion, on nous dit que c'est déjà terminé, que l'enveloppe est ferme et clôturée.

Et donc, il faudra attendre la campagne de l'année prochaine. Moi, je pense que s'ils ont fait cette erreur de ne pas regarder le territoire, donc de ne pas avoir ce réflexe de dire est-ce que sur le territoire de La Réunion, cette mesure va faire du bien ? Est-ce qu'elle va être bénéfique ? Est-ce qu'elle va être néfaste ? Ils n'ont pas eu ce réflexe-là. Ils pourraient quand même nous exonérer de cette suppression. C'est ce que je demande. C'est un petit méa culpa. Sur une mesure qui ne coûte pas des milliards, c'est le leasing social.

Mais pour nous, quand un jeune de 20 ans, il a sa voiture, qu'il n'habite pas à Saint-Denis, malheureusement, ou l'université est à Saint-Denis, le lieu où il y a le plus d'opportunités d'emploi, c'est à Saint-Denis. Il n'habite pas à Saint-Denis. S'il n'a pas de voiture, ça va être compliqué pour lui. Ça va être compliqué pour lui de se déplacer. C'est un vrai sujet. Et c'est révélateur sur, finalement, on se précipite. Voilà. On se précipite. On fait des choses vite. Effet d'annonce. Tout le monde est content. Et puis, au dernier moment, on recule. Quelque chose qui aurait pu être super pour nous, on ne peut même pas le toucher du bout du doigt, ce n'est même pas possible.

Parce qu'il n'y a pas de réflexe outre-mer. Parce qu'on ne prend pas le temps de vérifier sur le territoire sur lequel on va œuvrer. Est-ce que ça va être positif ? Est-ce que ça va être néfaste ? Etc. Le réflexe outre-mer, ce n'est pas juste se dire « Ah oui, on a rajouté les ultramarins dans cette mesure. » Ce n'est pas ça du tout. C'est vraiment, lorsqu'on a une réflexion sur telle ou telle loi, telle ou telle mesure, est-ce que dans ce territoire ultramarins, rural, urbain, est-ce que cette mesure va être bénéfique pour les habitants ? Il faut prendre le temps de faire ce genre de choses. Et on ne le fait pas.

32:52
Présentateur

Vous parliez d'exonération par rapport à la non-application, si on peut dire ça comme ça, de ce que l'aise. Elle prendrait quelle forme pour vous, selon vous ?

32:59
Audrey Bélim

Je pense que ça aurait été de nous permettre de nous réserver un quota, une enveloppe. Voilà. Je ne sais pas, ne serait-ce que par le biais de l'expérimentation, alors, vu qu'on aime bien expérimenter des choses. Ça pourrait nous permettre de voir si la mesure, elle fonctionne, si les réunionnais avaient déjà commencé à sortir des dossiers, à monter des dossiers pour pouvoir en bénéficier. C'est tout cela, en fait. C'est se poser cette question-là, en fait. Encore une fois, on se précipite tellement qu'on supprime, qu'on fait du mal, au final. Et on se dit, on se revoit l'année prochaine. Et je trouve ça dommage. Donc, oui, un petit quota, une petite enveloppe. Moi, je lance le message.

33:43
Présentateur

Pour aider les réunionnais à s'équiper en voiture.

33:46
Audrey Bélim

Surtout que je vous avoue qu'à la Réunion, on est sur un héritage avec un patrimoine végétal très important. Tout le monde le dit, mais 90% de la biodiversité se trouve dans les territoires ultramarins. Et donc, nous, ce territoire-là, on doit le protéger particulièrement par rapport à d'autres. D'autant plus que nous, on est insulaire. La montée des eaux, ça nous impacte. Le changement climatique, ça nous impacte. Donc, participer à la Réunion, eh bien, au changement des mentalités, des pratiques, pour justement protéger notre biodiversité, protéger notre patrimoine et tendre vers de la résilience, nous, on ne dit pas contre. À la Réunion, on a cette culture de protéger notre territoire.

Donc, ce genre de mesures, nous, on aime beaucoup. Et on est très déçus que ça nous échappe parce qu'on n'a pas pensé à nous véritablement.

34:37
Présentateur

Et justement, en termes de protection du territoire et de résilience, vous aussi plaidez pour un enfouissement des réseaux électriques lors du passage des cyclones. On a vu les dégâts amoindris du cyclone Bélal. Mais ce n'est pas une problématique récente puisque ça avait déjà été abordé lors du cyclone Bat-Syrane quelques années auparavant.

34:58
Audrey Bélim

Écoutez, je pense qu'on en a parlé déjà. Je ne suis pas là. Ce n'est pas moi qui ai eu l'idée. Moi, je ne m'attribue pas des idées comme ça. C'est juste que moi, je parle d'une logique. On est terre de cyclones. Les cyclones à la Réunion, on ne les découvre pas. C'est là depuis des années. On est positionné dans l'hémisphère géographiquement de manière à ce qu'on soit concerné par les cyclones. C'est en Hexagone où vous avez toute la côte nord, etc., qui est concernée par les inondations et par les tempêtes. Voilà, on est positionné comme ça. Géographiquement, c'est comme ça. C'est notre identité.

Comment ça se fait que depuis tant d'années, on n'est pas décidé d'investir et d'enfouir nos réseaux électriques quand on a des vents qui font 200 km heure ? Donc, voilà, on ne s'est pas posé la question. On a fait comme on pouvait le faire à l'époque. Mais aujourd'hui, avec l'annonce des chiffres de dommages matériels que cela a causé pour la Réunion, cette année, les années précédentes, est-ce qu'ils ne seraient pas plus économiques, plus résilients d'enfouir ces réseaux électriques qui, finalement, s'ils sont enfouis, ne seraient pas soumis au vent, seraient protégés et puis économiquement nous permettraient d'avoir peut-être moins de sous à déborser à chaque cyclone qui passe.

Nous, à la Réunion, le pire, c'est que quand on n'a pas d'électricité, on n'a pas d'eau. Parce que nous, on est, encore une fois, on est une île. Voilà, donc il y a des stations de pompage partout pour donner de l'eau aux gens dans les maisons. Et quand il n'y a plus d'électricité, il n'y a pas d'eau. Et je ferme la parenthèse et je ne l'ouvre pas sur le téléphone, Internet. Voilà, il faut qu'on soit plus dans la prévention, qu'on devienne sujette aux prévisions de ce qui nous est présenté. Le GIEC fait des rapports, fait des alertes. Il nous dit que, oui, qu'on n'aura pas peut-être plus de cyclones, mais on aura des cyclones d'intensité de plus en plus forts.

C'est très étrange qu'on n'ait pas cette volonté économiquement de faire en sorte que le territoire soit préparé. Parce qu'au-delà des câbles électriques, entre nous, moi, quand on a eu la délégation sénatoriale aux Outre-mer qui s'est déplacée à La Réunion et qui s'est entretenue avec Nathalie Infante, qui est secrétaire générale des Affaires régionales, elle nous a parlé de l'absence, finalement, de lignes pour pouvoir simuler l'impact d'un cyclone à forte intensité, non pas à quelques milliers de kilomètres de notre île, mais qui passerait vraiment dessus avec des rafales à 300, 400 km heure. On n'a pas créé de lignes pour pouvoir financer ce genre d'analyse, de simulation.

On est une terre de cyclone, donc on aura continuellement des cyclones. Il y a un manque d'anticipation. Il y a un manque d'anticipation. Alors, je ne vais pas dire que... Ce n'est pas que peut-être on s'en fiche. Ce n'est pas ça, mais c'est... Les ultramarins, La Réunion, les Antilles, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon, là, je me suis lancée là-dedans, il faudra que je dise tout, Saint-Barthéguénie, etc. La Nouvelle-Calédonie. Nous sommes la nation, nous sommes la France. Et donc, lorsqu'on pense aux territoires ruraux, aux territoires urbains, il faut que l'on pense aux territoires ultramarins et à leur spécificité. Nous sommes dans la nation.

Quand nous votons, on vote le même président, on vote la même chose. Donc, ce n'est pas... Ce n'est pas demander plus, ce n'est pas appeler à l'aide, ce n'est pas faire de la charité. On aimerait avoir ces grandes valeurs de la République, elles doivent être traduites aussi chez nous et non pas à coups de feu et de sang parce qu'on a fait des grèves, parce qu'on a fait des gilets jaunes, parce qu'on a des élus qui sont remontés, qui font des courriers. Le CHU, qui a vraiment ému l'ensemble de la classe politique. Ils se sont tous réunis pour dénoncer ce qui se passait au CHU, du danger face à la continuité des soins.

39:21
Présentateur

Le CHU qui était dans une situation financière compliquée et dont l'État a promis une enveloppe pour aider, mais ce n'est pas fini.

39:28
Audrey Bélim

Mais ce n'est pas fini, on ne sait pas comment elle va être traduite. Et d'ailleurs, c'était l'objet de ma deuxième QAG. Alors, j'étais très contente. Là aussi, j'ai cru que j'avais conquis le monde parce que j'étais... On m'a donné cette... Enfin, j'ai cet amendement qui est passé, qui a été voté transpartisan, où je demandais finalement un coefficient géographique qui soit réévalué annuellement. Et j'avais insisté parce qu'au début, ils m'avaient dit, non, ce n'est pas bien, on ne va pas augmenter tous les ans. Mais je lui ai dit, mais non, mais une évaluation annuelle ne veut pas dire finalement une augmentation annuelle.

Peut-être qu'il y a des années où finalement, il n'y aura pas besoin d'augmenter. Peut-être qu'il y a des années, il faudra baisser. Mais ça voudrait juste dire qu'on anticipe une situation. Donc, on l'avait validé. Sauf que comme on a eu un 49.3, mon amendement n'est pas passé. Mais voilà, il faut qu'on arrête de se précipiter. On n'a plus le temps de faire des urgences.

On a vraiment cette exigence pour les générations à venir de s'impliquer réellement sur son territoire et de savoir ce qui se passe et de faire des choses qui ressemblent et qui répondent aux besoins, aux attentes et qui permettent surtout aux réunionnaises, aux réunionnais, aux françaises, aux français de s'épanouir et de rayonner et de faire rayonner la France dans le monde. Si on est patriote, c'est ça aussi.

40:48
Présentateur

Et donc, on revient sur la question de l'enfouissement. Ça fait partie des réseaux électriques. Ça fait partie, vous avez justement demandé une mission flash. Alors, quel est le calendrier de cette mission et les objectifs que vous voulez atteindre ?

41:01
Audrey Bélim

Alors, j'étais très, très insistante, même si je suis nouvelle. J'ai beaucoup de chance parce que mes collègues, mes collègues socialistes de la commission Aménagement du territoire et développement durable ont soutenu cette demande de mission flash auprès du président Longeau, président de la commission. Donc, c'est un président LR. Donc, pour amorcer ma demande de mission flash, comme il y a déjà un certain nombre de missions qui sont déjà lancées, nous avons acté déjà une plénière, donc une table ronde, parce que j'ai des collègues qui sont intéressés par ce sujet, parce que justement, je n'ai pas fait un focus sur l'île de la Réunion.

J'ai également parlé de ce qui se passait dans le Finistère, en Bretagne, etc. Parce que, vous voyez, là, on a des points de convergence et c'est important de travailler sur ces points de convergence. Donc, on n'a pas dit, oui, on te donne ta mission. Il faut vraiment être clair là-dessus, parce que je ne veux pas indisposer non plus ma commission. Moi, on m'a dit que ça intéresse, que c'est très important et qu'on va commencer, on va amorcer les choses par une plénière, une table ronde avec les collègues. Je n'ai pas encore de DAC, parce qu'en fait, ça a été acté la semaine dernière. Donc, jeudi, non, mercredi dernier. Et donc, c'est tout récent, c'est tout frais.

Moi, je suis très contente. Ça va me permettre de travailler d'ores et déjà, même si je le côtoie assez souvent, M. Maurice Gironcelle, le président du CIDELEC à La Réunion, mais d'échanger avec lui sur comment amorcer nous-mêmes cette table ronde, comment évacuer certains sujets, certains enjeux pour La Réunion, parce que face à La Réunion, eh bien, on aura ces territoires qui ont connu également des phénomènes climatiques importants et qui sont dans la même attente que nous, l'enfouissement de leur réseau.

42:42
Présentateur

Ça implique aussi d'impliquer EDF, le fournisseur ?

42:46
Audrey Bélim

Forcément. Forcément, ça va chambouler un peu les choses. Mais quand on a un peu de retard par rapport à d'autres territoires, je sens, je crois que je ne dis pas de bêtises, mais en Allemagne, je crois qu'ils sont à 70-75 % d'enfouissement de leur réseau. Et l'Allemagne n'est pas forcément victime de phénomènes climatiques exceptionnels. Peut-être que je dis une bêtise, là, mais je n'en ai pas à souvenir. Mais eux, ils sont déjà à 70-75 %.

43:18
Présentateur

Du moins, pas autant que la Réunion.

43:20
Audrey Bélim

Voilà, la Réunion ou la Métropole, ou l'Hexagone, pardon, plutôt. Donc, nous qui connaissons des territoires avec des phénomènes climatiques importants, dangereux, en tout cas impactants pour les habitants, eh bien, on ne peut pas se contenter d'à peine 50 % d'enfouissement des réseaux. Et les 50 % que nous avons, c'est dans les territoires urbains. Ce n'est pas dans les territoires ruraux. Donc, voilà, le sujet, il est très important pour la quotidienneté des gens. Et il faut absolument qu'on s'y attelle à un moment donné. Parce que sinon, voilà, ça va être comme d'habitude. C'est-à-dire qu'au dernier moment, on va tout accélérer.

On va dire, voilà, grand plan, enfouissement des réseaux en France, parce qu'on n'aura plus le choix. Et au lieu de faire autre chose, on se concentrera à dépenser tous les sous là-dedans. Et toutes les autres politiques publiques, elles vont être amoindries parce que l'urgence, ce sera celle-ci. Arrêtons de travailler dans l'urgence. Soyons dans l'anticipation, soyons dans la prévision, respectons les experts que nous avons autour de nous, qui nous alertent. Parce que c'est important d'avoir un territoire qui soit aussi apaisé, rassuré, qui se sent protégé aussi.

44:28
Présentateur

Alors, vous soulignez cette volonté de construire des politiques publiques qui répondent aux attentes des habitants. Est-ce que vous pouvez citer des politiques publiques qui vous tiennent à cœur et qui devraient être médiatisées ou plus débattues ces prochaines années, ces prochains mois ?

44:47
Audrey Bélim

Moi, je pense qu'il est très important qu'on commence à parler très ouvertement et qu'on réfléchisse vraiment ensemble sur ce qui concerne le logement. Nous avons autant d'alertes ici en Hexagone que dans les territoires ultramarins avec une démographie qui n'est pas pareille partout. Encore une fois, on a chacun nos spécificités. Nous, à La Réunion, c'est 40 000 demandes en souffrance. 40 000 demandes de logement social. C'est le chiffre. Donc, je ne parle pas des personnes qui ne peuvent pas bénéficier du logement social. Je ne parle pas de ceux qui sont dans la demande de logement intermédiaire, etc.

Derrière cette crise du logement social, derrière cette crise du logement tout court, on a la question, le relancement de la construction de logements. On a les coûts des matériaux, on a le foncier, on a l'aménagement du foncier, on a les zonages. La question, elle est vaste. Donc, on ne peut pas résoudre la crise du logement qu'avec de la LBU, nous, pour les ultramarins, qu'avec des systèmes de défiscalisation. Les solutions sont multiples, en fait. Il faut avoir, justement, plusieurs axes de solutions parce qu'il y a différents profils, il y a différents types de logements à construire.

Vous avez le vieillissement de la population, donc des personnes âgées, avec, il faut le dire, des systèmes traditionnels qui ne sont plus les mêmes qu'avant. Avant, à La Réunion, on était dans un système familial où, voilà, on gardait nos personnes âgées chez nous, etc. On est de plus en plus nombreux. Et puis, les jeunes d'aujourd'hui, ils ont envie d'avoir leur chez eux, ils ont envie de construire leur vie, d'avoir leur amoureux, leur amoureuse, leur bébé. Et le monde évolue. Donc, prendre des décisions en ayant dans la tête des conceptions préétablies d'il y a 20, 30 ans, ce n'est plus possible.

Donc, on ne peut pas continuer à nous marteler avec des solutions qui ressemblent à ce qu'il y avait il y a 20, 30 ans. Aujourd'hui, il faut aller sur différents chemins de solutions. Il faut réfléchir différemment. Encore une fois, il faut écouter les experts. Quand vous écoutez le monde du BTP, il dit oui, relance de la commande publique, etc. Adaptation des normes. Et puis, il pointe du doigt très souvent soit la collectivité, soit le bailleur. La collectivité, elle vous dit oui, mais attention, moi, je suis quand même très souvent garante du foncier. Moi, le foncier, il coûte cher. Il coûte cher parce que j'ai de la loi Zane, j'ai de la loi littoral, j'ai de la loi montagne.

Je suis contrainte dans mon petit territoire insulaire. Je ne sais pas où est-ce que je peux avoir du foncier de disponible et en termes d'aménageants, combien ça me coûterait. Donc, finalement, on laisse les gens, à la limite, s'effriter entre eux sur une seule thématique, alors que je suis sûre qu'on pourrait, si on était tous ensemble à réfléchir et à proposer des axes de solution et non pas jouer sur la division au final. Peut-être avoir un regain, en tout cas, dans la construction du logement. Il y a des choses qui sont possibles. Il y a des aménagements qui sont possibles. Il y a des normes, on nous parle des normes RUP. Bon, le SIUM est en train d'activer les choses.

Tant mieux, mais ça a pris combien d'années ? On est déjà en retard, en fait. Nous sommes déjà en retard. Quand on regarde dans les parcs locatifs, le logement social, le logement intermédiaire, comment il vieillit, se pose déjà aussi la question de la réhabilitation de ces logements. Donc, voilà, il faut qu'on soit aussi avant-gardiste et toujours dans de la prévision, dans de l'anticipation sur ces sujets. Nous, à La Réunion, c'est pas comique, mais je veux dire, on est au tiers tiers tiers. Donc, un tiers de jeunes, un tiers, on va dire, d'âge intermédiaire et un tiers de personnes âgées. Comment ça va se transformer dans les besoins en logement ? Comment va-t-on adapter ?

Qu'est-ce qu'on va pouvoir proposer ? À quelle échelle ? Quels vont être les aménagements publics qu'on va pouvoir proposer aussi ? Parce que qui dit famille, qui s'installe, dit aussi enfant. Enfin, il y a plein de sujets. Aux Antilles, à Mayotte, c'est totalement différent. Eux, il faut agir en urgence sur le vieillissement de la population, proposer des solutions urgentes. Donc, on ne peut pas, encore une fois, je me répète, mais caracoler une seule solution sur tout un territoire, toute une nation, ou se dire, pour l'Hexagone, c'est ça, pour les ultramarins, ça va être comme ça.

Parce que, des Antilles à la Réunion, comme je vous dis, en passant en Guyane, en Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, etc., nous avons des besoins qui sont complètement différents. Et il serait temps qu'on écoute, nous, les élus locaux, les petits sénateurs et sénatrices de ces territoires, qui passons notre temps, finalement, à être à l'écoute du poumon, à avoir des relais avec nos collègues qui nous disent, ben oui, il agit pour ça, il fait pour ça, amende pour ci. Et on a l'impression, des fois, de ne pas être entendus. Donc, c'est pour ça aussi qu'on s'entend si bien au Sénat et que c'est agréable de travailler au Sénat. C'est très transpartisan. C'est très agréable.

Parce que, finalement, moi, je m'enrichis aussi avec ce que l'autre peut me donner comme explication, comme argument. Et ça nous permet de grandir. Et ça nous permet, finalement, d'aller vers des points de convergence. Et donc, de trouver des solutions qui mettent tout d'accord. Et quand tout le monde est d'accord, ben, généralement, c'est que ça fonctionne.

50:09
Présentateur

Alors, on arrive au terme de cette entrevue. Quel message souhaiteriez-vous adresser, ben, soit aux jeunes qui, par exemple, ne s'intéressent pas à la politique ou bien aux autres administrés sur les travaux prochains que vous comptez mener ? Quel message souhaiteriez-vous leur faire passer ?

50:25
Audrey Bélim

Écoutez, moi, je leur dirais que je serai constamment à l'écoute de mon territoire. C'est très important pour moi de respecter cet engagement. Moi, je suis ici au Sénat pour porter la voix des collectivités, certes, mais de la réunion dans son ensemble. indirectement. Et que je serai toujours dans cette écoute et que je continuerai à agir et à réagir et à parler de mon activité sénatoriale parce qu'il est important qu'on défende nos territoires. La haute chambre, elle est faite pour ça. Elle est faite pour qu'on défende nos territoires et qu'on contrôle l'action du gouvernement. Donc, je continuerai à contrôler l'action du gouvernement.

Mais surtout, ce que je voudrais dire aux jeunes, aux moins jeunes, aux femmes, il faut que vous soyez de plus en plus conscientisés sur ce qui se passe dans le monde, ce qui se passe en France, en Europe, à la Réunion, autour de vous. Il faut que vous y participiez. Il faut que vous construisez avec nous parce que moi, je ne suis pas l'experte. L'experte, c'est tout à chacun dans son corps de métier, dans sa quotidienneté, dans sa vie de tous les jours. Il n'y a que nous-mêmes qui savons ce dont on a besoin. Et donc, pour pouvoir le dire, pour pouvoir porter cette voix, venez vers nous. Même sans être politisé, ce n'est pas le sujet. Ce n'est pas le sujet de ne pas être politisé.

C'est vraiment travailler à atteindre vos rêves, vos objectifs. Première chose, c'est ça. Et la deuxième chose, c'est construisez avec nous. Construisons ensemble l'avenir de notre territoire, de la Réunion et de la France d'un point de vue général. Faisons-le ensemble.

52:03
Présentateur

D'accord. Merci beaucoup, madame. Merci beaucoup.

52:05
Audrey Bélim

Merci.