Crise politique : "Il faut un accord de non-censure" (Philippe Brun)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:05OuverteRéponse directe
Est-ce que l'heure de la gauche est venue ?
- 1:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous imaginez au gouvernement ce soir ?
- 2:47FerméeRéponse partielle
Vous allez vous appuyer sur combien de députés ?
- 2:56RelanceRéponse partielle
Ça ne fait même pas une majorité relative.
- 4:19OuverteRéponse directe
Mais si on focalise sur la suspension de la réforme des retraites, quel est l'état d'esprit des macronistes ?
- 5:58FerméeRéponse partielle
Est-ce que les Français vont entendre qu'un parti à 1,7% des voix dirige le pays ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« Le projet de budget tel qu'il est présenté aujourd'hui est un projet de budget qui ne peut pas être le nôtre. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Nous avons parlé de la suspension de la réforme des retraites. »
- 0:43Invité politiquePromesse
« la meilleure garantie à tout cela c'est que la gauche et les écologistes soient appelés au pouvoir. »
- 1:23InvitéFait
« nous ce qu'on propose, c'est qu'on tente une chance et qu'on essaye d'avoir un gouvernement, certes de gauche, mais qui surtout, c'est un gouvernement de défense républicaine »
- 1:52InvitéFait
« Il y a un consensus pour dire que sur la réforme des retraites, il y a quelque chose d'injuste pour les gens qui ont commencé à travailler tôt »
- 2:06InvitéFait
« Il y a un consensus aussi pour dire qu'il faut protéger nos services publics, l'hôpital notamment, préserver ses budgets »
- 3:53InvitéPromesse
« nous, on propose de baisser la CSG sur tous les salaires nets en dessous de 2200 euros par mois »
- 5:29InvitéChiffre
« il y avait une suppression. En 2026, on est à 13 milliards. »
- 5:46InvitéChiffre
« notamment 6 milliards sur les agences, la bureaucratie, les achats de l'État, sur l'immobilier de l'État »
- 7:56InvitéFait
« La consommation a encore baissé le dernier trimestre. Les chiffres d'affaires et supermarchés s'effondrent. »
- 8:08InvitéPromesse
« on dit qu'il faut baisser la CSG, la baisser à 2% sur tous les gens qui gagnent entre un SMIC et 1,5 SMIC »
Temps de parole
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- Invité 211 %
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- Invité 39 %
- Philippe Brun5 %
- Présentateur 22 %
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13h-14h, Europe 1 Info. La suite sur Europe 1, 13h32 avec vos deux chroniqueurs Cléline Mathias, Georges Fenech, Jean-Michel Salvatore et vous accueillez votre invité, Philippe Brun, député PS de l'heure. Philippe Brun, bonjour, merci d'être avec nous dans le studio d'Europe 1. On va écouter Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste qui a pris donc la parole ce matin après s'être entretenu avec Sébastien Lecornu.
Le projet de budget tel qu'il est présenté aujourd'hui est un projet de budget qui ne peut pas être le nôtre. Nous avons parlé de la suspension de la réforme des retraites. Au moment où nous nous parlons, nous n'avons aucune assurance sur la réalité de cette suspension. Nous allons continuer à nous battre et la meilleure garantie à tout cela c'est que la gauche et les écologistes soient appelés au pouvoir. D'ailleurs je veux couper court à ce stade à toutes les élucubrations d'un gouvernement commun avec la Macronie. C'est inimaginable.
Philippe Brun, il reste quelques heures avant le délai imparti donné en tout cas par le Président de la République. Sébastien Lecornu doit prendre la parole ce soir. Est-ce que vous croyez, après avoir... On a eu un gouvernement de droite avec Michel Barnier, gouvernement Modem avec François Bayrou et puis là Sébastien Lecornu, si on peut dire qu'on a eu un gouvernement. Est-ce que l'heure de la gauche est venue ? Est-ce que vous vous imaginez au gouvernement ce soir ?
Écoutez, en tout cas, nous ce qu'on propose, c'est qu'on tente une chance et qu'on essaye d'avoir un gouvernement, certes de gauche, mais qui surtout, c'est un gouvernement de défense républicaine et qui travaille avec l'ensemble des groupes à l'Assemblée Nationale pour faire adopter un budget. Tous les groupes ? Il faut travailler avec tous les groupes, bien sûr. C'est au Parlement qu'il faut aujourd'hui construire ensemble un nouveau budget. On voit bien d'ailleurs, quand on discute les députés les uns les autres, on voit bien qu'il y a des points de consensus. Il y a un point de consensus sur le fait qu'il faut mieux répartir l'effort.
Il y a un effort important que demandait aux gens, ça ne doit pas être toujours les mêmes qui payent, notamment les gens qui travaillent. Il y a un consensus pour dire que sur la réforme des retraites, il y a quelque chose d'injuste pour les gens qui ont commencé à travailler tôt, qui ont 62 ans aujourd'hui, qui ont fait une carrière complète, leur demandent de travailler deux ans de plus, alors que ceux qui ont commencé à travailler plus tard, eux, ne travaillent pas deux ans de plus. Il y a un consensus aussi pour dire qu'il faut protéger nos services publics, l'hôpital notamment, préserver ses budgets, ne pas dérembourser les médicaments, bref.
Donc ce qu'on propose, c'est un nouveau gouvernement, de gauche, parce que c'est ce que nous sommes.
Donc pas avec des macronistes, c'est ça ?
Écoutez, on ne va pas faire de grand mélange, c'est-à-dire qu'il y aura quelque chose d'assez désespérant.
Et est-ce qu'on fait un mélange avec la France insoumise ?
De toute façon, la France insoumise a dit qu'elle ne souhaitait pas participer à ce gouvernement, et pour notre part, vous le savez, nous avons aussi dit que ce gouvernement ne devait pas comprendre de membres de la France insoumise, donc cette question, elle est réglée. Un gouvernement finalement qui n'est que pour seul intérêt, l'intérêt public, et qui se dévoue finalement à faire adopter un budget et à sortir le pays de l'ornière.
Bien, ok.
Vous allez vous appuyer sur combien de députés de l'Assemblée nationale ? Parce que pas de LFI, pas de ceci, pas de cela. Il vous reste combien ? Il y a les socialistes, les écologistes, sans doute. Ça ne fait même pas une majorité relative. Ce qu'il faudra, c'est que le nouveau gouvernement négocie un accord de non-censure avec un nombre suffisant de groupes politiques. Je suis théoricien de l'accord de non-censure. La première personne à avoir fait ça, j'ai fait une tribune dans Le Monde au mois d'août 2024 où je lui ai dit que c'est la seule manière de sortir le pays de l'ornière. C'est quoi un accord de non-censure ? On met tout le monde autour de la table.
Certes, on participe au gouvernement parce qu'on a des divergences, mais on se met d'accord sur quelques priorités pour faire tenir le gouvernement le plus longtemps possible.
C'est pas ce que Sébastien Lecornu avait essayé de faire ? Là, durant les 27 jours de négociation ?
Non, en vérité. Il a essayé juste de consulter sur le budget, mais il n'y a pas eu d'accord de non-censure, il faut un accord de non-censure avec un nombre suffisant de groupes politiques pour arriver à 289, qui est la majorité de l'Assemblée nationale. Mettons-nous d'accord sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise. Il y a un problème, par exemple, en France de déserts médicaux. Il faut faire passer la loi de Guillaume Garrault sur les déserts médicaux. Il y a un problème de logement. Reconstruisons des logements, c'est pas clivant politiquement. Il y a un problème de pouvoir d'achat.
Nous, on propose de baisser la CSG sur tous les salaires nets en dessous de 2200 euros par mois et dont les gens retrouvent du pouvoir d'achat. Bref, essayons de nous mettre d'accord sur ces sujets qui nous rassemblent pour éviter le chaos qui résulterait de l'absence d'adoption d'un budget ou d'une nouvelle dissolution qui renforcerait la crise politique que nous connaissons aujourd'hui.
Jean-Michel Salvatore.
Ce qu'on observe, c'est qu'on vous expliquait qu'en fait, il y a un accord quand il s'agit de dépenser, mais il n'y a pas beaucoup d'accords quand il s'agit de faire des économies. Mais si on focalise sur la suspension de la réforme des retraites, quel est l'état d'esprit des macronistes sur ce sujet ? Est-ce que Sébastien Lecornu, par exemple, ce matin, s'est engagé ? Et comment vous interprétez la prise de position de Mme Borne dans Le Parisien de ce matin ?
Oui, Sébastien Lecornu a dit ce matin à Olivier Faure, Boris Vallaud et Patrick Cannaire qu'il était favorable à la suspension de la réforme, comme l'est également Elisabeth Borne, elle l'a dit dans Le Parisien hier, comme le sont maintenant un nombre très important de figures macronistes et du bloc central. Donc ça veut dire qu'à l'Elysée aussi, on est d'accord ? Je n'en sais rien, en réalité, je n'ai pas d'entrée à l'Elysée, je ne serai pas personnellement moins que vous, sans doute Jean-Michel Salvatore. Mais en tout cas, ce qui est clair, c'est qu'il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui sont prêts à laisser passer, finalement, cette suspension.
Pour permettre, je le rappelle, à des gens qui ont 62 ans aujourd'hui, une carrière complète, qui ont travaillé toute leur vie, qui ont commencé à travailler tôt, de partir une fois qu'ils ont toute leur carrière complète et que leur trimestre ont tous été réalisés. Oui, alors ça coûte 3,5 milliards d'euros seulement la suspension. Je rappelle quand même que dans le budget Sébastien Lecornu, il y avait une suppression. En 2026, on est à 13 milliards. En fait, on ne suspend pas jusqu'en 2035, on dit qu'on suspend jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Donc, c'est quand même beaucoup moins cher.
Et je rappelle que nous proposons des économies, puisque, par contre-budget du PS, on propose 15 milliards d'économies et notamment 6 milliards sur les agences, la bureaucratie, les achats de l'État, sur l'immobilier de l'État. Bref, donc, on a aussi des propositions d'économies.
Georges Fennet.
Mais est-ce que, je vais vous poser une question directe. Est-ce que, comment vous pensez que les Français vont entendre qu'un parti qui a obtenu, je crois, 1,7% des voix aux élections présidentielles, s'apprête à diriger le pays ? Comment on peut expliquer cela aux Français ? Alors, on est aujourd'hui à la semaine nationale, ce n'est pas l'élection présidentielle, c'est l'élection législative. C'est comme si je vous donnais les scores de Jean-Marie Le Pen il y a 15 ans. Non, non, je ne parle pas de la dernière élection. Michel Barnier, que vous soutenez, puisque vous êtes membre de LR, a été Premier ministre, avec 45 députés LR.
Il y a aujourd'hui 69 députés socialistes et 125 députés de gauche, si on enlève LFI. Donc, on n'est pas moins légitime que Michel Barnier à essayer de constituer un gouvernement pour répondre aux problèmes du pays. Le temps, il a duré, M. Barnier. D'accord, mais enfin, on n'est pas moins légitime. Et on propose une méthode différente. Vous ne durez pas longtemps. On propose une méthode différente de celle de Michel Barnier, qui est une méthode qui permet de discuter avec l'ensemble des groupes pour s'accorder sur un budget. Si on arrive à s'accorder sur le budget cette année, alors on est tranquille, en vérité, jusqu'en 2027.
Mais vous ne mettez plus de ligne rouge ? Ça veut dire que vous priorisez, vous dites, voilà, on va essayer de faire ça, ça et ça, mais il n'y a plus de ligne rouge. Est-ce que vous allez tout tenter ? Par exemple, la taxe Zuckman, est-ce que vous la mettriez en débat ?
Alors, on a proposé quatre choses. D'abord, un, on a dit, rien qui touche les classes populaires et les classes moyennes, il y en a assez, de frapper la France qui travaille dur. Donc, pas de gel des petites retraites. C'est quand même très injuste. Vous êtes à la métier sociale agricole. Vous êtes une retraite à 700 euros par mois comme conjoint collaborateur d'éleveurs. C'est injuste que votre retraite ne soit pas indexée. Deuxième chose, on a dit, il faut de la justice fiscale, donc une meilleure répartition de l'effort.
Et on ne propose, nous, la taxe Zuckman, mais on a dit que ce n'était pas un fétiche et que si on arrivait à trouver un effort global entre 10 et 15 milliards sur les très grandes fortunes, ça nous allait, ce qu'a dit Olivier Faure. Troisième chose, nous disons qu'il faut une mesure importante sur le pouvoir d'achat parce qu'on a un problème de déconsommation en France. La consommation a encore baissé le dernier trimestre. Les chiffres d'affaires et supermarchés s'effondrent. En vérité, il n'y a plus personne dans les commerces dans notre pays parce qu'il y a eu une augmentation très importante des prix dans les dernières années, notamment des prix de l'énergie et des prises alimentaires.
Et on dit qu'il faut baisser la CSG, la baisser à 2% sur tous les gens qui gagnent entre un SMIC et 1,5 SMIC, en gros 2 200 euros net par mois. Ça, c'est une mesure importante. Et dernière chose, effectivement, on demande la suspension de la réforme des retraites, notamment pour revenir sur ce qui est particulièrement injuste dans cette réforme, c'est-à-dire le recul de l'âge légal pour ceux qui ont tout leur trimestre à 62 ans. Quand on vous écoute, on a l'impression que c'est bien parti pour un Premier ministre socialiste. Quels sont les derniers obstacles à lever pour qu'Olivier Faure ou Boris Vallaud soient nommés Premier ministre ?
Le principal obstacle est à l'Elysée, en vérité, aujourd'hui. Donc, on verra bien la décision que prendra le Président de la République. Mais en tout cas, il faut être responsable dans la période. Je crois que les gens sont assez affligés du spectacle national, que nos institutions sont particulièrement fragilisées et qu'il n'est de notre devoir d'essayer de trouver une solution. Mais dans ce que vous dit Sébastien Lecornu, est-ce que vous sentez que le Président de la République souhaite essayer de nommer un Premier ministre socialiste ? Je n'en sais rien. En vrai dire, je le connais très très mal.
Ce que je dois vous dire, c'est qu'il a été très constant dans son refus d'appeler la gauche à gouverner depuis le mois de juillet 2024 et qu'aujourd'hui, au pied du mur, il pourrait faire un autre choix. Cette solution aurait été viable et quelque part entendable au moment de la NUPES. C'est d'ailleurs à ce moment-là que vous avez loupé le coche, en tout cas que le Président aurait pu effectivement imaginer vous laisser Matignon et voir ce que vous étiez capable de faire parce que vous étiez en nombre, vous étiez le premier groupe interparlementaire en nombre dans l'Assemblée nationale. Mais aujourd'hui, il y a une rupture, il me semble, qui a été actée avec LFI.
Donc vous n'avez plus la même représentativité. C'est ça la difficulté. Et aujourd'hui, on a l'impression que c'est quand même que vous vouliez une opération de sauvetage. Il faut sauver le soldat Macron. Je ne crois pas qu'on puisse être accusé de vouloir sauver le soldat Macron. On ne l'a jamais soutenu. Moi, je n'ai jamais voté pour Emmanuel Macron. Simplement, je rappelle Michel Barnier, 45 députés. Alors, est-ce que ce serait quoi ? Sauver l'hémicycle tel qu'il est actuellement ?
Ne pas aller vers une dissolution ?
Alors, on va faire une dissolution. On n'a pas du tout peur de la dissolution. Les sondages nous donnent davantage du député s'il y avait une dissolution. On dit simplement qu'il n'y aura jamais de majorité absolue dans cette dissolution. Il n'y a aucun sondage, d'ailleurs, qui dit que le RN aurait une majorité absolue. Donc, on peut recommencer. Donc, on repère trois mois et on va avoir une assemblée introuvable. C'est l'élection présidentielle, en vérité, qu'on aura ensuite une majorité absolue. Exactement. Donc, essayons. Allez, on va y voir.
Faut-il une nouvelle ?
Philippe Brun