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AutreFrance Culture — Le Temps du débat (sur Site radio)· 7 avril 2026 39 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

L'Irak peut-il entrer en guerre ?

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  • 32:31InvitéChiffre
    « en février l'Irak produisait 100 millions de barils au mois de février »
  • 34:13PrésentateurPromesse
    « Robin Beaumont »
  • 35:27PrésentateurChiffre
    « les chiffres qui ont été avancés seraient de l'ordre de 7 milliards de dollars par mois de pertes »

Temps de parole

  • Présentateur46 %
  • Invité34 %
  • Présentateur 218 %
  • Invité 22 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:02
Présentateur

A la fin du mois dernier, Emmanuel Macron a appelé, je cite, à tout faire pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans l'escalade de la guerre au Moyen-Orient. Alors pourquoi ce pays prend-il un poids croissant dans ce conflit ? L'Irak peut-il effectivement entrer dans la guerre alors que la France y a perdu un soldat ? Que les intérêts des Etats-Unis sont constamment attaqués par des milices, des factions du pays ? Comment répliquer éventuellement deux invités pour en discuter, pour en débattre également ? Robin Beaumont, bonsoir.

0:37
Invité

Bonsoir.

0:38
Présentateur

Vous êtes docteur en sciences politiques et directeur de recherche Moyen-Orient au Centre d'analyse et de prévision des risques internationaux. Je signale la lecture dans la revue Moyen-Orient d'avril-juin de cet article, le vôtre intitulé « L'Irak dans l'œil du cyclone, Bagdad face aux recompositions du Moyen-Orient ». A vos côtés, Loulou Al-Rachid, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes docteur en sciences politiques, chercheuse spécialisée sur l'Irak. Merci à vous deux d'être présents ce soir dans « Questions du soir ».

1:06
Invité

Le bruit et la silhouette furtive d'un drone. Dans le ciel de Bagdad, les canons anti-aériens américains entrent en action. L'appareil est touché et s'écrase au sol dans une déflagration. A plusieurs reprises depuis 24 heures, l'ambassade américaine a été ciblée par les milices pro-iraniennes, comme ici ce soir. Plus tôt, deux drones ont été détruits. Mais l'un d'entre eux s'est écrasé sur cet hôtel à proximité, avant qu'un autre explose non loin de l'ambassade. Les intérêts américains dans la capitale irakienne sont-ils vulnérables ?

Une milice a diffusé ces images de propagande d'un drone effectuant, sans être inquiété, des repérages au-dessus de l'ambassade, où l'on aperçoit nettement le drapeau américain.

2:08
Présentateur

C'était il y a une vingtaine de jours à Bagdad, récit de l'attaque sur l'ambassade états-unienne d'Irak. Robin Beaumont, comment qualifier, caractériser la situation de l'Irak ? Aujourd'hui, le pays est-il immergé dans le conflit qui traverse le Moyen-Orient, et notamment l'Iran ?

2:28
Invité

Effectivement, il y a entraîné, ce qui contraste un petit peu avec ces dernières années, où on avait l'impression que l'Irak était un peu sorti de la carte des crises, ce qui était vraiment différent de l'idée qu'on pouvait se faire de l'Irak, qui depuis le début du siècle est au cœur, voire même à l'origine, des grands bouleversements régionaux, depuis l'invasion américaine de 2003, jusqu'à la proclamation de l'État islamique en 2014 à Mossoul.

Et depuis le 7 octobre, l'Irak, sans mettre un petit peu le spectateur, et être vaguement préservé de la régionalisation, de la guerre, de la guerre au Moyen-Orient, c'était surprenant, ça pouvait surprendre, dans la mesure où l'Irak héberge un certain nombre de forces armées, de factions armées, qui font partie de ce qu'on appelle l'axe de la résistance, donc cette alliance régionale coordonnée par l'Iran.

Et ces groupes armés, depuis le 7 octobre 2023, y compris durant la guerre des deux jours, en juin dernier, ont manifesté une certaine réserve, une certaine prudence, et n'ont pas été, à quelques exceptions près, partie prenante au conflit, pour plusieurs raisons, c'est en train de changer, c'est en train de changer dans cette nouvelle séquence de la guerre, dans la mesure où l'Iran, en juin dernier, pendant la guerre des 12 jours, avait adopté une stratégie de réponse un petit peu graduée aux attaques israéliennes, et tirant les leçons de cette stratégie, a adopté une nouvelle stratégie depuis le 28 février dernier, qui est une stratégie de régionalisation immédiate de la guerre, dans laquelle la composante irakienne de l'axe de la résistance est mobilisée.

3:58
Présentateur

Donc c'est l'Iran, le louah al-Rachid, qui change de stratégie, et qui décide d'impliquer dans cette guerre ces proxys inscrites sur le territoire irakien, ou bien ce sont justement ces groupes armés, ces milices, ces factions, on reviendra sur les termes, c'est important, qui décident d'y entrer, et de participer à la régionalisation de ce conflit. Vous savez, en ce moment, il y a une blague qui circule en Irak, qui dit que les Etats-Unis et Israël ont décidé de frapper l'Iran, que l'Iran riposte en frappant Israël et les monarchies du Golfe, mais en revanche, tous les belligérants se mettent d'accord pour frapper l'Irak, et c'est effectivement ce qu'on constate.

Israël, les Etats-Unis, l'Iran, et y compris des acteurs intérieurs, des acteurs irakiens, sont en train de déchaîner un nouveau cycle de violence, de plonger le pays dans un état de grande fébrilité. C'est une blague un peu triste alors. C'est une blague un peu triste, mais c'est la réalité. L'Irak aujourd'hui est victime un peu de tous ces belligérants. Il est évident que l'Iran dispose de leviers d'action sur la scène irakienne par le biais notamment de ses formations paramilitaires ou militiennes. Peu importe, les acteurs eux-mêmes sont très sensibles à ces qualifications. Le moins que l'on puisse dire est que ce sont des acteurs irakiens. Ils n'ont pas été exportés par l'Iran.

Ce sont des acteurs irakiens. C'est toute une mouvance armée qui est née, je dirais, de l'occupation militaire et de l'invasion américaine de l'Irak en 2003. Ils ne sont pas nés par la simple volonté de l'Iran. C'est l'invasion américaine, la dissolution de l'État irakien, la destruction de l'État irakien en 2003 qui a préparé le terrain à l'éclosion de ces formations paramilitaires, militiennes. Et pas la guerre contre Daesh. Alors, depuis 2003, elles se sont transformées au gré des événements, au gré des crises qui ont frappé, au gré de l'Irak, au gré des cycles de violences qui se sont succédés. Les pionnières sont nées de l'insurrection armée chiite contre les États-Unis.

On parle souvent des djihadistes, d'Al-Qaïda, de l'État islamiste, des sunnites. Mais il y a aussi, on a vu en Irak après 2003, une résistance chiite. Ensuite, effectivement, elles ont pris de l'ampleur à la faveur des combats contre les djihadistes, à la faveur de la guerre civile qui a ensanglanté l'Irak, des combats fratricides entre sunnites et chiites qui ont ensanglanté l'Irak. Et évidemment, elles ont connu leur apogée et leur grande consécration, leur entrée par la grande porte sur la scène nationale, dans l'arène politique, après la défaite de l'État islamique. Elles ont grandement contribué à la défaite de l'État islamique en Irak.

Et je rappelle qu'à cette époque-là, entre 2013-2017, les milices étaient plutôt bien perçues par l'ensemble de la coalition occidentale contre l'État islamique. Elles se sont battues, elles ont fait le sale boulot au sol, elles ont délogé les combattants, les djihadistes de l'État islamique, des territoires qu'ils avaient conquis. Et leur statut est devenue problématique au lendemain de cette défaite. Alors, elles ont été officiellement incorporées à l'appareil de sécurité irakien, elles font partie des forces de sécurité irakiennes, mais elles conservent leur autonomie et effectivement, elles conservent des liens extrêmement étroits avec Téhéran.

On va revenir sur ces milices qui sont un agrégat d'acteurs absolument majeurs pour comprendre ce qui se déroule en ce moment en Iran. Mais je voudrais introduire, Robin Beaumont, un autre acteur, l'État irakien en tant que tel, le gouvernement irakien. Comment aussi caractériser son positionnement dans cette guerre ? Il est ambigu. L'État irakien a des intérêts avec les États-Unis, a des intérêts avec l'Iran. Certains parlent de neutralité. Est-ce que c'est un terme juste dans ce conflit ?

7:43
Invité

C'est une position impossible. Comme le disait Loulou à l'instant, l'Irak est le seul pays, si je ne me trompe pas, de la région qui se fait frapper à la fois par le camp iranien et par le camp américano-israélien. C'est la fameuse blague. C'est la fameuse blague. Les blagues irakiennes sont souvent tristes pour une raison simple qui est que c'est un État qui est allié avec l'Iran et avec, alors pas avec Israël, mais avec les États-Unis. Et donc, il faut tenir, depuis 2003, il faut tenir cette ligne, cette espèce de ligne de crête avec toutes les difficultés que Loulou vient de s'y notamment le fait que l'État n'est pas extérieur notamment à ses groupes armés.

Ses groupes armés l'ont investi, en font partie, ont des ministres, ont parfois des premiers ministres, des députés, évidemment. Alors, en temps de paix ou de simili-paix, ça peut vaguement fonctionner. Pendant la guerre contre l'État islamique, de fait, les Américains et les Iraniens et ses groupes armés avaient un ennemi commun. Donc, tout ça pouvait à peu près fonctionner. et quand les deux alliés sont ennemis et sont en guerre, évidemment, la position du gouvernement irakien est beaucoup plus difficile à tenir.

8:52
Présentateur

À quel point le souvenir de 2003, par ailleurs, l'invasion américaine en Irak, à quel point ce souvenir Louloua al-Rachid est-il encore vivant dans l'imaginaire irakien, notamment lorsque les États-Unis, à nouveau, dans une coalition avec Israël, interviennent cette fois-ci auprès de leurs voisins, les Iraniens ? Le souvenir est très vif. Aujourd'hui, les Irakiens, lorsque les Irakiens regardent les images de bombardements de Téhéran, ce sont des images extrêmement familières pour les Irakiens. Ils voient 2003 ? Ils voient non seulement 2003, mais ils voient 1991.

1991, lorsque la coalition menée par les États-Unis pour libérer le Koweït avait massivement bombardé l'Irak, ses infrastructures, ses infrastructures civiles. La menace de Trump, aujourd'hui, de détruire les centrales électriques iraniennes, ce n'est pas quelque chose, c'est quelque chose qu'on a déjà vu et qui a été une menace qui a été mise à exécution par Bush lors de la guerre de libération du Koweït en 1990-1991. D'ailleurs, les Irakiens, jusqu'à ce jour, souffrent de ces destructions de leurs centrales électriques puisqu'ils n'ont pas réussi depuis plus de trois décennies à rétablir leur capacité de production électrique. Donc, ce sont des images extrêmement vives.

Je rappelle aussi que depuis le 28 février, la guerre s'est transposée au cœur de la capitale, au cœur de Bagdad. Des quartiers résidentiels ont été frappés de drones ou de bombardements aériens. Des hélicoptères américains ont frappé Mossoul. À chaque fois, ce sont des miliciens rebaptisés, des terroristes dans la phraseologie américaine qui ont été frappés et éliminés. Mais il y a eu des victimes collaterales, il y a eu des dégâts importants. Donc, la guerre est vraiment présente aujourd'hui. Tous les gouverneurs irakiens ont été frappés, quasiment sans exception, du nord au sud. Le Kurdistan n'y échappe pas. Le Kurdistan a été particulièrement frappé des deux côtés.

Donc, la guerre est vraiment très présente dans l'esprit des Irakiens. Et malheureusement, la joie qu'a suscité la victoire de la qualification de l'Irak à la Coupe du Monde de foot, ça n'a pas duré. Mais c'est effectivement l'Irak et aussi entre ces deux pulsions, ces deux tendances. Une volonté de rester éloigné de ce conflit, une volonté de résister à cet embrasement régional, une volonté de revenir à une vie normale qu'ils n'ont pas véritablement eu depuis plusieurs décennies. Le foot est un vrai facteur d'unité nationale, mais le champ politique est une arène extrêmement conflictuelle en Irak.

Et je rappelle que tout ceci se passe dans un vide politique depuis les élections législatives de novembre dernier. Il n'a pas dégagé de majorité claire et nette. L'actuel Premier ministre est un Premier ministre qui n'a aucune légitimité, dont l'assise est extrêmement fragile, même s'il a réussi à s'imposer lors des élections. Mais aujourd'hui, il n'est que Premier ministre sortant. Il ne peut pas prendre de décisions, il ne peut absolument pas gérer cette multipolarité, ces multiples centres de pouvoir qui sont en conflit les uns avec les autres, que ce soit au Kurdistan ou à Bagdad.

Que veut dire alors Emmanuel Macron, Robin Beaumont, lorsqu'il dit, je recite ses propos, qu'il faut tout faire pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans l'escalade de la guerre ? Lorsqu'on écoute Loulou Al-Rachid, on a le sentiment que cette guerre est bel et bien présente, impliquée, imprimée dans le territoire, l'imaginaire, la réalité des Irakins.

12:24
Invité

Oui, je pense que dans l'imaginaire des diplomaties occidentales et y compris de la France, il y a cette idée qui est issue un peu de ces dernières années et de la guerre des 12 jours que le gouvernement irakien est capable de tenir la ligne. Les 12 jours, je précise,

12:39
Présentateur

c'est juin 2025 lorsque Israël a attaqué l'Iran par d'autres voies et moyens qu'aujourd'hui, mais notamment à travers l'aviation.

12:46
Invité

Exactement. Et cette idée que ce serait le Premier ministre qui aujourd'hui est Premier ministre sortant par intérim qui serait parvenu à maintenir l'Irak hors du conflit, ce qui, à mon avis, est plutôt une illusion. La réalité, si les groupes armés, si les factions alignées sur l'Iran ne sont pas intervenus, c'est parce que c'est pour des raisons de politique interne, c'est pas du tout la force de persuasion du Premier ministre de l'époque qui les a gardés à distance.

C'est simplement que ces groupes, d'une part, la stratégie iranienne n'était pas une stratégie de régionalisation et donc il y avait des instructions iraniennes de ne pas se mobiliser, d'une part, et d'autre part, ces groupes armés, ce qui est intéressant, c'est que depuis la fin de la guerre contre l'État islamique, depuis 2017, elles ont développé intensément des activités politiques et économiques qui font qu'aujourd'hui elles ont accès à des ressources politiques, économiques, symboliques, matérielles, financières très importantes qui font qu'aucune d'entre elles n'avait envie de perdre l'ensemble de ses gains pour une aventure militaire pour la Palestine ou le Liban.

13:43
Présentateur

Mais je vous coupe un instant, Robin Beaumont, parce que vous ne répondez pas tout à fait à ma question. Qu'est-ce que cela signifiait entrer dans l'escalade de cette guerre ? Qu'est-ce que l'État irakien, les milices irakiennes, vous allez nous le dire, pourraient faire pour être un peu plus impliqués dans cette guerre ? Partir en Iran, armés concrètement, ça se traduirait comment ?

14:02
Invité

L'escalade, oui. L'escalade, ça pourrait être davantage de frappes, ça pourrait être effectivement une participation de ces groupes sur le sol iranien. Il y a toutes sortes de rumeurs selon lesquelles ces groupes pourraient être appelés par Téhéran pour protéger des infrastructures en Iran. Pour ma part, je n'y crois qu'à moitié. Notamment parce qu'encore une fois, ces groupes sont des acteurs irakiens, comme le disait Loulois. C'est un peu la critique académique qu'on fait souvent au terme de proxy, qui donne l'impression que ce sont des marionnettes qui agissent sur ordre iranien.

Ce sont avant tout des acteurs irakiens qui ont des intérêts politiques et économiques en Irak et qui, tout en étant effectivement alliés, entraînés par les gardiens de la révolution, se démêneront avant tout pour conserver leur place au sein de l'État irakien.

14:51
Présentateur

Même question, Louou Al-Rachid, c'est quoi concrètement ce dont on parle, ce risque évoqué par Emmanuel Macron, ce risque d'escalade ? Je pense, alors je suis entièrement d'accord avec Robin, je vois mal, à moins d'une invasion américaine de l'Iran, je ne vois pas ces milices bouger. Une invasion terrestre ? Une invasion terrestre. Je ne vois pas trop ces milices s'impliquer, d'autant plus qu'on a vu à quel point elles étaient extrêmement prudentes et réticentes à entrer dans l'embrasement régional.

Après le 7 octobre 2023 et après la guerre des 12 jours de 2025, elles se sont montrées particulièrement prudentes et réticentes à s'impliquer dans le conflit, réitérant leur respect de la souveraineté irakienne, leur volonté de maintenir l'Irak à l'abri de cette déflagration régionale et surtout, Robin l'a souligné, elles ont beaucoup à perdre dans une implication de plus grande envergure dans cette guerre. Elles ont aujourd'hui des fiefs économiques, elles ont des intérêts, elles sont bien implantées au sein du... d'ailleurs du pouvoir et elles ne voudraient pas remettre en péril tout cela. Donc, ce qu'elles peuvent faire pour le moment, c'est...

Elles ont une capacité de nuisance, je dirais. Elles peuvent harceler les... Elles peuvent menacer les intérêts américains en Irak, elles peuvent kidnapper des ressortissants étrangers et les monnayer pour obtenir la libération de leurs propres détenus. Elles peuvent effectivement contribuer à frapper les installations vitales des monarchies du Golfe. Elles l'ont fait dans le passé. À ce moment-là, elles pourraient se montrer extrêmement utiles aux Iraniens pour finalement les seconder dans leur effort de guerre.

Mais pour le moment, je les vois plus, disons, par des gesticulations, par des mesures, par des demi-mesures, en fait, participer à cet effort de guerre iranien tout en étant extrêmement prudente à ne pas faire basculer le pays dans ce chaos régional. On l'a dit, les intérêts américains sont prioritairement visés par ces milices, par ces factions. Elles ont également tué un homme, un militaire français, Arnaud Frion, le 13 mars dernier au Kurdistan irakien. Pourquoi ces milices visent-elles également les intérêts français, Robin Beaumont ?

17:22
Invité

Alors, ces groupes... Des hommes français, d'ailleurs, au-delà. Oui, tout à fait. Sur une base qui se trouvait au Kurdistan, dans le nord de l'Irak. Je pense que... Alors, je ne sais pas exactement quelle était l'approche tactique de ce groupe à ce moment-là. Ce qu'on peut imaginer, l'hypothèse qu'on peut faire, c'est que ça a entré dans la stratégie globale qui est également la stratégie iranienne à ce moment-là de régionalisation du conflit, c'est-à-dire de multiplier les pays victimes de la guerre pour qu'ils puissent plaider auprès de Washington la fin de la guerre.

17:56
Présentateur

Mais vous de nous dire, pardonnez-moi, que ces groupes n'étaient pas à la botte de l'Iran qu'ils avaient une stratégie nationale, alors ?

18:01
Invité

Ah non, ils ont une stratégie nationale, ils sont aussi pleinement intégrés à l'axe de la résistance et prennent évidemment aussi des consignes et sont en coordination permanente avec les gardiens de la révolution et notamment la force qui est la force de projection extérieure des gardiens de la révolution et donc leur mobilisation depuis le mois de mars s'inscrit totalement dans cette stratégie.

Donc voilà, si je devais faire une hypothèse, ce serait que cette frappe comme tant d'autres et notamment comme celles qui ont visé les monarchies du Golfe, viser à atteindre des pays alliés partenaires des Etats-Unis pour plaider la fin de la guerre et augmenter le nombre de partenaires des Américains qui souffrent de la guerre.

18:46
Présentateur

Même analyse, Loulou Al-Rachid, ces groupes ont par ailleurs mentionné le fait que la France permettait à son porte-avions, le porte-avions Charles de Gaulle, d'accéder à cette mer et donc de participer au conflit. Ça a été un moment déclencheur, un point de bascule aussi dans la perception que ces groupes avaient des intérêts français dans la région ? Je pense qu'il ne faut pas surestimer les capacités militaires de ces groupes armés irakiens. Ils participent de l'effort de guerre iranien incontestablement que ce soit en attaquant des cibles faciles je dirais à l'intérieur de l'Irak ou dans les pays voisins mais leur attitude est plutôt c'est un soutien rhétorique en fait.

Ils participent aussi à la propagande de guerre au récit irakien de l'agression contre de l'agression de l'hégémonie impérialiste donc ils font et puis il ne faut pas sous-estimer aussi leur adhésion idéologique à ce monde qui s'estime à juste titre parfois agressé par les Etats-Unis et encore une fois rappelons n'oublions pas que c'est un pays qui a connu l'invasion américaine qui a connu des bombardements américains qui a vécu sous la coupe des militaires américains donc il ne faut pas rappelons aussi même si vos auditeurs le savent déjà l'Irak est un pays majoritairement chiite l'Irak est un pays qui a des liens extrêmement étroits avec l'Iran avec la société irakienne avec des liens religieux et Robin est très bien placé pour en parler donc il y a aussi une sympathie d'une grande partie de l'opinion publique en Irak avec l'Iran qu'ils perçoivent comme étant victime de cette agression israélo-américaine injustifiée et le flou des objectifs de guerre américains le changement quotidien de messages envoyés par Washington le ridicule aussi de cette guerre font que l'opinion publique en Irak ne peut que se sentir solidaire des Iraniens sous les bombes américaines et israéliennes

20:58
Invité

Robin Beaumont peut-être pour répondre plus finement à votre question sur la dialectique ou la tension qui traverse ces groupes entre leur allégeance idéologique au modèle idéologique iranien et leurs intérêts irakiens si on prend effectivement l'exemple de cette frappe qui a tué un militaire français on peut noter que le groupe qu'il a à moitié revendiqué qui s'appelle Asra Belkahef n'est précisément pas un groupe qui fait officiellement partie de la mobilisation populaire qui est cette coalescence de groupes armés qui font formellement partie de l'état irakien donc c'est intéressant de constater que ce n'est pas un groupe ce groupe là a précisément été créé pour comme paravant à un groupe armé qui voulait pouvoir conduire des opérations et ensuite s'en dédouaner et en refuser la responsabilité donc c'est typiquement un groupe qui va conduire des opérations militaires typiquement contre des intérêts français et tuer un militaire français mais qui est distinct de groupes officiels qui vont pouvoir en nier la responsabilité donc il y a toujours ce jeu de leur part entre une allégeance à la république islamique d'Iran et à son modèle et en même temps une position qui leur permet aussi de prendre leur distance et de se présenter comme des acteurs pleinement irakiens

22:20
Présentateur

Un autre jeu Louloua Al-Rachid qu'il faut éclaircir pour nous que vous avez commencé à aborder c'est une chose d'ailleurs complexe pour moi qui ai tenté de préparer au mieux cette émission c'est le lien justement qui unit ces groupes ces factions ces milices et l'état irakien lui-même un pied dehors un pied dedans on a le sentiment dans le même temps que l'état irakien ne parvient pas à les à les à les organiser à les canaliser comment décrypter cette relation complexe avant de décrypter cette relation complexe et l'ambiguïté de ces groupes armés qui ont un pied dans le système et un pied contre en dehors du système je pense qu'il faut aussi relativiser ce qu'on appelle l'état irakien aujourd'hui en guise d'état irakien nous avons ce que j'appelle en plaisantant à moitié nous avons un régime sans tête il y a une multiplicité de pôles de pouvoir en Irak il n'y a pas un seul acteur dominant et c'est je dirais la logique même de l'invasion américaine qui a produit ça c'est le système politique mis en place par les américains qui a produit un régime sans tête un régime où il est impossible à un acteur de dominer les autres il est impossible de dégager une majorité parlementaire le système fonctionne selon une logique de coalition vous ne pouvez pas aujourd'hui il n'y a pas d'acteur majoritaire en Irak c'est l'objectif des américains à l'époque était de protéger les kurdes d'une éventuelle domination des arabes donc on a appelé ça un système fédéral mais le problème c'est qu'on a fédéralisé aussi toutes les autres composantes de cette entité irakienne et on se retrouve avec aujourd'hui plusieurs leaderships rivaux au sein du Kurdistan irakien dans le monde sunnite il y a également des divisions et effectivement les chiites n'échappent pas à ces divisions internes où il y a une multiplicité d'acteurs alors certains vont chercher des soutiens extérieurs pour s'imposer sur la scène nationale certains vont aller à Washington chercher des soutiens d'autres vont dans des capitales arabes et d'autres vont à Téhéran donc une impossibilité presque structurelle à dégager et du consensus et une forme de majorité quelconque absolument je dirais que c'est à peu près le même problème on a à peu près la même configuration qu'au Liban à la différence près que nous n'avons pas de Hezbollah comme au Liban nous avons une multiplicité de groupes armés qui sont loin d'avoir la force et l'enracinement local du Hezbollah libanais et qui n'ont pas de stratégie pas de vision politique ils sont impulsifs ils réagissent au coup par coup il y a des commandants qui échappent à tout contrôle et je dirais que le coup mortel que leur apportaient les Etats-Unis ce n'est pas aujourd'hui c'est en 2020 en janvier 2020 lorsqu'ils ont éliminé par une attaque de drones Qasem Soleimani le célèbre général iranien qui commandait la force Al-Khotj et également dans la même frappe a été éliminé Abu Mahdi al-Mohandes qui était un peu l'alter ego de Soleimani côté irakien et qui était vraiment une figure charismatique une figure capable de les tenir tous de leur imposer une vision et une stratégie alors qu'aujourd'hui nous avons des acteurs qui échappent un peu à tout contrôle et qui réagissent de façon impulsive au gré des derniers rebondissements sur le terrain alors maintenant qu'on comprend mieux ce qu'est ou non véritablement ce proto-Etat irakien Robin Beaumont comment encore une fois comprendre cette dualité peut-être de ces milices de ces factions irakiennes je leur dis un pied dans le système et un pied contre lui

26:01
Invité

oui alors ça ça n'est pas nouveau effectivement ça date au moins de 2003 alors pour donner un petit peu à vos auditeurs auditrices une idée de ce que c'est le paysage de ce schisme politique armé il y a tous les plus anciens de ces groupes sont nés dans l'opposition à Saddam Hussein depuis les années 80 c'était les bras armés de l'opposition islamiste chiite à Saddam Hussein en Iran et donc étaient créés en Iran et ils sont revenus en Irak ou sont venus en Irak en 2003 donc vous avez des groupes comme ça dont certains dès 2003 investissent les forces de sécurité irakiennes il y a un groupe armé comme ça qui s'appelle Badr qui est créé au début des années 80 en Iran qui jusqu'aujourd'hui constitue le gros des forces de sécurité intérieure de la police irakienne et il y a une partie de ces groupes qui se développent dans la lutte contre l'occupation américaine à partir de 2003 l'autre grand moment c'est à partir de 2011 2012 des groupes qui vont naître et se développer pour aller soutenir le régime de Bachar Al-Assad en Syrie et l'autre grand moment c'est 2014 c'est la lutte contre l'état islamique et qui a été l'opportunité pour un grand nombre de ces groupes de constituer de s'agréger entre eux et de constituer ce qu'on a appelé la mobilisation populaire qui est le parapluie institutionnel de beaucoup de ces groupes qui a permis leur légalisation et leur intégration progressive à l'été irakien ce qui fait qu'aujourd'hui dans le budget fédéral irakien vous avez une ligne budgétaire qui finance ces groupes à hauteur je crois c'est aujourd'hui 3 milliards et demi de dollars et voilà donc ce schisme politique armée irakien il a toujours eu deux jambes une jambe étatique institutionnelle et une jambe résistante pour reprendre leur terme hors de l'état et parfois relié au même groupe c'est à dire vous êtes un groupe comme Kata'eb Hezbollah qui est une des plus grandes factions armées en Irak aujourd'hui responsable de beaucoup de frappes donc il y a bien Hezbollah en Irak ?

oui absolument Kata'eb Hezbollah a des combattants enregistrés au sein de la mobilisation populaire donc ils sont payés par l'état irakien donc c'est la 45ème 46ème 47ème brigade de la mobilisation populaire et à côté a des combattants non enregistrés qui font partie de ce qu'on appelle la résistance islamique en Irak et qui eux sont responsables qui font partie de l'axe de la résistance et pardon je finis simplement là-dessus et alors ce qui évidemment la dimension institutionnelle permet au groupe de pouvoir de se prévaloir d'une légitimité étatique et légaliste vis-à-vis de ce que de ce que font ces combattants non enregistrés

28:39
Présentateur

je m'arrête un instant Loulou Al-Rachid parce que depuis le début de l'émission dans mes questions je mobilise le terme de milice Robin Beaumont lui me répond à chaque fois avec les termes de groupe et de faction alors qui a raison c'est lui j'imagine mais tout de même expliquez-nous deux incidents je retiens deux incidents récents qui mettent le doigt sur cette ambiguïté c'est mentique absolument alors ces milices donc depuis 2016 font le parlement irakien a voté une loi qui en fait un organe de sécurité officielle et donc comme Robin l'a très bien souligné ils sont financés par l'état par le budget de l'état deux incidents récents une milice parmi cette ou un groupe armé parmi cette constellation de groupes paramilitaires a envoyé un drone sur le QG des services de renseignement de l'état irakien et ont tué je crois un ou deux officiers du renseignement irakien puisque à leurs yeux le renseignement irakien est totalement noyauté par les américains et n'obéit qu'aux ordres de la CIA donc c'était les américains qu'ils attaquaient par ce truchement là par irakien interposé par d'autres compatriotes l'autre incident une frappe américaine ou peut-être israélienne on le sait pas a frappé une base militaire à Habania à l'ouest de Bagdad dans cette frappe 12 soldats irakiens en uniforme de l'armée régulière irakienne ont été tués en même temps que quelques membres des milices ou groupes paramilitaires pour la simple et bonne raison et que ces deux forces armées régulières et irrégulières si on veut être neutres partagent les mêmes sites parfois partagent les mêmes infrastructures militaires et comme Robin l'a très bien dit elles sont toutes les deux payées par l'état central par l'état irakien alors effectivement les appelées milices elles-mêmes refusent cette appellation parce qu'elles considèrent que c'est péjoratif et que ce n'est pas leur rendre justice que de les appeler que de les qualifier de milices donc faction c'est plus juste oui alors si on veut reprendre la terminologie exacte la façon dont elles se décrivent c'est le mot en arabe et ça veut dire faction littéralement ce sont des factions des factions armées mais elles refusent le mot milice parce que au même titre pourquoi n'appelons-nous pas les pêche-merga kurdes pourquoi personne ça ne viendrait à l'idée de personne surtout dans les capitales parce qu'elles sont de notre côté je mets des guillemets absolument de les qualifier de milices pourtant ce sont des formations armées qui parfois s'entretuent entre elles parfois se combattent entre elles

31:25
Invité

et dont l'allégeance remonte à des partis

31:26
Présentateur

et dont l'allégeance remonte à des individus ou à des clans particuliers mais nous ne les appelons pas milices donc finalement je ne veux pas défendre les milices mais il y a quand même il y a quand même un minimum de neutralité à observer l'autre point de cette actualité iranienne c'est la décision qui a été publicisée le 4 avril dernier dans la soirée par le régime iranien qui accepte désormais que l'Irak puisse vendre son pétrole son énergie au-delà et malgré j'allais dire la fermeture du détroit d'Hormuz Robin Beaumont comment cette question énergétique structure-t-elle par ailleurs ce conflit la manière dont le conflit est perçu en Irak

32:07
Invité

alors pour l'Irak c'est une question absolument essentielle je ne pense pas exagérer en disant que l'Irak est sans doute le pays qui souffre le plus économiquement de la fermeture des détroits d'Hormuz

32:17
Présentateur

c'est le deuxième exportateur de la région en matière de pétrole

32:20
Invité

absolument et je crois que c'est celui que c'est le pays de l'OPEP qui a vu ses exportations le plus chuter alors si je ne me trompe pas vos auditeurs et auditrices vérifieront mais en février l'Irak produisait 100 millions de barils au mois de février l'Irak a exporté 100 millions de barils au mois de mars 18 millions et pourquoi ?

parce que l'Irak dépend à 90% des revenus tirés des hydrocarbures et 95% de sa production enfin 95% de ses exportations passaient par le détroit d'Hormuz alors là depuis quelques semaines il essaie de trouver des routes alternatives donc on passe par le pipeline qui part de Kirkouk vers la Turquie on envoie aussi via la Jordanie via la Syrie des centaines de camions ce qui coûte extrêmement cher mais c'est vraiment des solutions qui ne représentent qu'une fraction de ce que l'Irak peut et doit exporter de sorte que à la crise sécuritaire à laquelle s'est ajoutée une crise politique s'ajoute désormais une crise économique qui pourrait déboucher sur une crise sociale là on approche de l'été historiquement les très grandes manifestations en Irak elles arrivent en été quand il fait 50-55 degrés que les générateurs ne fonctionnent pas qu'il n'y a plus d'électricité que ça devient absolument invivable au rythme où l'on est l'Irak ne pourrait plus payer ses salaires d'ici la mi-mai les salaires y compris les salaires du coup des combattants dont on parlait à l'instant donc ça augure d'une situation absolument catastrophique qui voilà qui l'Irak vraiment est extrêmement dépendant de de la fermeture des Trois-Dormous je suis allé chercher

34:10
Présentateur

le chiffre pendant vos analyses Robin Beaumont 3,3 millions de barils par jour qui pourraient retourner sur les marchés soit un peu plus de 3% de la demande mondiale de pétrole le louis alors oui l'Irak avant de rentrer dans la logistique et le transport et la fermeture du détroit d'Hormuz l'Irak est d'abord l'économie irakienne est une économie très peu développée est une économie totalement dépendante des exportations de pétrole plus de 90% des recettes de l'état irakien proviennent de l'exportation de pétrole ce pétrole est essentiellement exporté via le détroit d'Hormuz l'Irak ne dispose pas d'alternative sérieuse au détroit d'Hormuz même s'il y a des pipelines qui sont problématiques parce que le pipeline qui va jusqu'à la Turquie traverse le territoire kurde dans le nord de l'Irak et c'est quelque chose qui fait l'objet d'une dispute interminable depuis des années entre Bagdad et Erbil les camions-citernes coûtent beaucoup plus cher via la Jordanie donc l'Irak n'a pas d'alternative au détroit d'Hormuz l'Irak n'a pas de grande capacité de stockage du pétrole donc l'Irak est en train de perdre beaucoup d'argent les chiffres qui ont été avancés seraient de l'ordre de 7 milliards de dollars par mois de pertes de manques à gagner ça pose un problème dans un pays où les deux tiers de la population dépendent de la fonction publique dépendent du service public pour leur subsistance puisque c'est un pays où en dehors de l'État il n'y a pas d'économie productive donc c'est un problème essentiel je dirais que l'Irak est aussi victime d'un autre d'une autre asphyxie il y a le détroit d'Hormuz qui le prive de la possibilité d'exporter son pétrole mais il y a aussi la réserve fédérale de New York parce que les exportations de pétrole irakien les paiements se font directement sur un compte de la banque fédérale de New York et c'est là où les États-Unis disposent d'un levier extrêmement puissant sur l'ensemble des acteurs irakiens c'est-à-dire de fermer fermer les transferts les virements de dollars de devises de New York jusqu'à la banque centrale irakienne ce qui est un élément un moyen de pression considérable sur l'ensemble des acteurs irakiens miliciens paramiliciens paraétatiques étatiques quels qu'ils soient c'est là le nerf de la guerre et il est entre les mains de Washington une mission Robin Beaumont je voulais qu'on en parle bien plus dans cette émission on a été couru rattrapé par le temps la place des Kurdes iraniens en Irak est-ce que justement l'Irak représente en quelques mots une base arrière pour ces Kurdes iraniens qui pourraient éventuellement intervenir un jour au cas où une intervention au sol serait menée par les États-Unis

37:07
Invité

l'Irak est une base arrière le Kurdistan irakien l'est du Kurdistan irakien près de la frontière iranienne est une base arrière de l'opposition kurde-iranienne depuis fort longtemps maintenant et depuis quelques semaines au début de la guerre me semble-t-il l'idée a été un petit peu lancée comme cela par les Américains y compris par les Israéliens d'éventuellement appuyer ces oppositions kurde-iraniennes présentes au Kurdistan irakien pour appuyer un soulèvement en Iran l'idée a je crois depuis été abandonnée notamment parce que les hébergeurs de cette opposition kurde-iranienne en Irak les partis kurde-irakiens ont bien conscience qu'ils ont bien plus d'intérêt à préserver leur relation avec Bagdad plutôt que de se lancer dans une aventure militaire avec des acteurs qui pour le coup ne sont pas en mesure de changer le rapport de force en Iran aujourd'hui

38:01
Présentateur

Merci beaucoup à tous les deux de ces analyses d'avoir mis la lumière sur un angle mort peut-être de ce conflit la situation traversée par l'Irak Robin Beaumont docteur en sciences politiques et directeur de recherche Moyen-Orient au centre d'analyse et de prévision des risques internationaux Louloua Al-Rachid docteur en sciences politiques et chercheuse spécialisée sur l'Irak Merci à vous deux et merci également à celles et ceux qui ont préparé cette émission et notamment Mathias Mégi Stéphanie Villeneuve Diane Devancet Antoine Héral à suivre après le journal une question Victor Orban peut-il perdre les prochaines élections ?