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InterviewEurope 1 (sur YouTube)· 5 septembre 2025 9 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Ukraine - Les sommets de la coalition des volontaires : "une diversion politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que c'est que cette coalition des volontaires et ça qui donne l'impression qu'on va partir à la guerre pour l'Ukraine ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pierre Lelouche, qu'est-ce que c'est que cette coalition des volontaires ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Vous y voyez une diversion politique ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Techniquement, les Russes sont-ils capables de frapper le territoire français ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Pierre LeloucheFait
    « les États-Unis, Trump mais avant lui Biden aussi et Obama ne veulent pas de faire rentrer l'Ukraine dans l'OTAN tout simplement parce qu'ils veulent pas risquer d'être entraînés dans une guerre nucléaire avec la Russie. »
  • 5:30Pierre LeloucheChiffre
    « ces forces européennes sont très modestes. Quelques milliers d'hommes, peut-être 10 15000 20000 hommes entre les Français et les Britanniques surtout. »
  • 6:30Pierre LeloucheFait
    « Les Allemands par exemple Mers a dit qu'il souhaitait un contrôle du Bundesag. Or les socialistes sont contre. Il a pas de majorité pour aller en Ukraine. »
  • 7:30Pierre LeloucheFait
    « il faut convaincre les Russes de l'accepter. C'est ça la clé, c'est que il faut que les Américains et les Russes soient d'accord pour qu'une force d'interposition européenne soit déployée en Ukraine. »
  • 8:30Pierre LeloucheFait
    « une garantie de sécurité qui soit en fait une force dissuasive pour la Russie de poursuivre la guerre en Ukraine ou de la reprendre ultérieurement n'a de sens que si elle est déployée immédiatement. »
  • 11:30Pierre LeloucheChiffre
    « nos armées sont à l'os, le seul contingent qu'on puisse déployer rapidement, c'est de l'ordre de 15 à 20000 hommes maximum. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] 7h 9h Europain matin. Il est 7h12 sur Europe Dimitri Pavelko. Vous recevez ce matin l'ancien ministre spécialiste des questions internationales Pierre Lelouche.

Bonjour Pierre Lelouche. Bonjour monsieur Pavenko. Bienvenue à vous sur europein.

Je cite votre dernier ouvrage en date engrenage la guerre d'Ukraine et le basculement du monde paru l'an dernier. Livre toujours d'actualité. Pierre Lelouge, question ce matin avec vous donc sur cette coalition des volontaires qui a discuté avec Donald Trump hier par visoconférence depuis Paris en présence de Volodimir Zelenski.

Notre coalition, dit Emmanuel Macron comme il dit notre Europe. Peut-être pour commencer tout simplement Pierre Lelouche, qu'est-ce que c'est que cette coalition des volontaires et ça qui donne l'impression qu'on va partir à la guerre pour l'Ukraine ? Oui, il y a il y a un peu de ça.

Euh il y a beaucoup de confusion autour de cette affaire, mais pour remettre les choses en perspective, rappelons qu'au moment de l'indépendance en 91, 1991, euh la Russie la l'Ukraine pardon avait sur son sol encore 5000 armes nucléaires. les Américains, nous les Anglais, tout le monde a fait en sorte que ces armes soient rendu entre guillemets à la Russie en échange d'un bout de papier qui était la garantie de sécurité de l'époque. Je d'ailleurs je publie la lettre de François Mitteran à l'époque à l'Ukrainien.

Ça tient en un paragraphe. En cas d'agression contre l'Ukraine, on téléphonera au Conseil de sécurité. euh 20 ans plus tard, lors de la prise de la Crimée, donc ça c'était 94, 2014, la prise de la Crimée et naturellement personne ne bouge.

Donc les Ukrainiens aujourd'hui et ils sont pas les seuls pensent que pour que la paix soit stable, il faut donner des garanties de sécurité à l'Ukraine. Ces garanties, elles existent, c'est bien sûr l'article 5 de l'OTAN, sauf que les États-Unis, Trump mais avant lui Biden aussi et Obama ne veulent pas de faire rentrer l'Ukraine dans l'OTAN tout simplement parce qu'ils veulent pas risquer d'être entraînés dans une guerre nucléaire avec la Russie. Alors, il faut trouver autre chose.

Et c'est là qu'intervient notre président Macron avec son imagination depuis février 2024, il développe l'idée de force européenne à l'intérieur de l'Ukraine qui donc serait une force de réassurance à l'armée ukrainienne. Les fameuses troupes au sol dont il avait parlé déjà l'an dernier, hein, c'est le projet. Voilà.

Sauf que l'an dernier, c'était même en en temps de guerre. c'était pas après un traité de il a évolué et aujourd'hui il propose avec un certain nombre de partenaires qui l'a convaincu semble-t-il de préparer une force qui serait déployée après un traité de paix. Alors il y a il y a trois problèmes avec ça.

Le premier c'est que ces forces européennes sont très modestes. Quelques milliers d'hommes, peut-être 10 15000 20000 hommes entre les Français et les Britanniques surtout. Mais il faudrait les protéger.

Donc, ils ont besoin de la couverture aérienne américaine, du renseignement américain et de la logistique américaine. Et là, sur tout ça, Trump euh se fait tirer l'oreille. Il est il est très prudent et il est encore très vague.

Le deuxième problème, c'est que les Russes n'en veulent pas naturellement parce que les Russes ont fait cette guerre pour éviter que l'Ukraine entre dans l'OTAN. Si on fait rentrer des pays de l'OTAN à l'intérieur de l'Ukraine, on fait rentrer l'OTAN par la fenêtre. Donc, les Russes n'en veulent pas. 3è problème, les Européens eux-mêmes sont très divisés.

Les Allemands par exemple Mers a dit qu'il souhaitait un contrôle du Bundesag. Or les socialistes sont contre. Il a pas de majorité pour aller en Ukraine.

Les Italiens euh Salvini est contre. Donc Méloni a dit non, nous n'irons pas au sol en Ukraine. Les Polonais, pourtant voisins, n'y vont pas non plus.

Donc reste les Français et les Britanniques. Euh il faut noter aussi que le secrétaire de général de l'OTAN est très excité, monsieur Rutel, l'ancien premier ministre hollandais qui lui voudrait qu'on envoie tout de suite les forces à l'intérieur de l'Ukraine, donc qu'on participe directement à la guerre. Donc énormément de confusion, énormément d'incertitude.

Tout ça donne à monsieur Macron l'occasion de multiplier les sommets, de faire oublier ce qui se passe en France, c'est-à-dire le fait que il y a plus de gouvernement dans 3 jours et comme le dit le Financial Times d'hier, Macron n'est même pas capable de faire voter son budget. Vous vous y voyez une diversion politique. Vous c'est pour vous cette clairement clairement il y a une diversion politique.

Beaucoup d'agitation à un moment où on contrôle pas les cartes. Les cartes sont les vous avez bien vu la photo terrible de cette rencontre devant le bureau oval dans le bureau oval à Washington où tous les Européens étaient alignés en randonnion comme des élèves devant le maître Donald Trump. Ouais.

Ouais. C'est terrible. Donc bien chacun a bien compris que si les Américains ne garantissent pas cette force après un traité de paix, il y aura pas de force.

Deuxièmement, il faut convaincre les Russes de l'accepter. C'est ça la clé, c'est que il faut que les Américains et les Russes soient d'accord pour qu'une force d'interposition européenne soit déployée en Ukraine. Alors certains disent certains disent justement Pierre Lelouche, je vais citer Eliten Baum, chercheur Alifri qui travaille beaucoup sur ces ces questions de de garantie de sécurité.

Il dit, ceci dit, une garantie de sécurité qui soit en fait une force dissuasive pour la Russie de poursuivre la guerre en Ukraine ou de la reprendre ultérieurement n'a de sens que si elle est déployée immédiatement. L'idée de renvoyer le déploiement d'une force militaire après la paix qui est très hypothétique, aucune rencontre Zelenski Poutine n'est prévue pour le pour l'heure n'a pas vraiment de sens. Cette coalition, elle travaille un petit peu en l'air en ce moment.

La paix n'est pas hypothétique parce que toute guerre aura un jour une fin. Donc il faut préparer le traité de paix. Encore une fois, le rôle des Américains et des Russes sera capital.

Quand à envoyer les troupes maintenant, comme dit ce jeune chercheur de l'IFRI et longtemps, j'ai j'étais longtemps à l'IFRI moi-même, euh il est en train de dire qu'il faut envoyer les soldats français maintenant en Ukraine, c'est-à-dire pendant la situation de guerre avec la Russie. Et dans ce cas-là, la question va se poser et je la lui pose he je pose cette question. Voilà, il y a pas de consentement de l'opinion publique là très clairement.

Ça c'est c'est pas seulement un problème de consentement de l'opinion public. C'est qu'est-ce qui se passe si jamais dans une situation comme celle-là en pleine guerre les forces européennes françaises ou britanniques reçoivent des missiles et qu'on ait des centaines ou des des centaines de morts en que nous vivions ce que Kief aujourd'hui des tirs de drone qui pourraient atteindre le sol français. Vous pensez possible aujourd'hui Pierre Lelouche techniquement que les Russes soient en capacité de frapper le territoire français ?

On dit souvent que nous avons cette chance d'être géographiquement à la pointe occidentale de l'Europe et qu'on a cette couverture géographique vis-à-vis du de de d'une offensive russe. Non, malheureusement en terme de matériel, ils ont tous les moyens de toucher en profondeur l'Europe, y compris les villes françaises. Mais c'est pas ça le sujet.

Le sujet c'est que si vous mettez des forces euh en Ukraine dans une situation de guerre où je rappelle qu'il y a 1 million de soldats engagés le long de cette frontière, de cette ligne de démarcation qui fait 1200 km. Si vous mettez quelques milliers de soldats français ou anglais, il risque de naturellement d'être pris comme cigérant. Et à ce moment-là, il faudra que les Français britanniques décident ce qu'ils font.

On envoie des des réserves supplémentaires, mais lesquelles ? Puisque nous nos armées sont à l'os, le seul contingent qu'on puisse déployer rapidement, c'est de l'ordre de 15 à 20000 hommes maximum. Donc, on envoie quoi ?

Des armes nucléaires. Donc, c'est prendre le risque de s'engager dans un processus de guerre qui est extrêmement sérieux et grave. Donc il faut pas faut pas jouer avec ce genre de choses.

Je répète, les garanties de sécurité sont nécessaires dans le cadre d'un traité de paix, mais pour que ces garanties soient crédibles, il faut qu'elles fasse partie d'un accord d'ensemble où la neutralité de l'Ukraine sera consacrée par les Nations- Unies et où les les Américains, les Russes et les Européens tombont d'accord sur qui va garantir la ligne de démarcation entre les deux et qui et quelle force on peut mettre éventuellement pour stabiliser l'Ukraine. Sachant que les Ukrainiens savent très bien que la première garantie, c'est la force de leur armée ou et leur capacité de se défendre. D'ailleurs, Zelinski l'a dit hier, il croit qu'à moitié à ces choses européennes les Américains sont extrêmement frileux parce qu'ils ont pas envie encore une fois d'être entraînés dans un conflit qui ne contrerait pas des guerres au loin.

Merci beaucoup Pierre Lelouge de vos lumières et pour prendre un peu de hauteur de perspective sur ce conflit ukrainien, on pourra lire votre dernier ouvrage engrenage donc la guerre d'Ukraine et le basculement du monde paru chez Audil Jacob. Merci Pierre Lelouge. Bonne journée à vous.

Merci à vous.