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InterviewLCP (sur YouTube)· 13 octobre 2024 14 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Aurélie Trouvé, députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonjour Aurélie Trouvé.

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Vous avez incarné l'altermondialisme en étant coprésidente de l'association Attac. Comment avez-vous approfondi cet engagement ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que les racines de votre engagement ne sont pas dans la sensibilité aux injustices que vous évoquiez, notamment via le parcours professionnel de votre père ?

  • 2:00RelanceRéponse directe

    C'est ce qui a déclenché votre engagement ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi ne vous êtes-vous pas engagée directement dans un parti politique ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous étiez un peu... Ca vous faisait peur les partis ou vous n'aimiez pas ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Aurélie TrouvéChiffre
    « Il y a un emploi disponible pour 14 chômeurs en France. »
  • 6:00Aurélie TrouvéFait
    « C'est franchement du pragmatisme. »
  • 7:00Aurélie TrouvéFait
    « Le fait qu'il y ait des mouvements qui aient fauché des champs d'OGM font qu'on a eu ensuite une clause de sauvegarde qui fait qu'aujourd'hui, vous n'avez pas le droit de produire des plantes OGM en France. »
  • 8:00Aurélie TrouvéFait
    « J'ai passé 25 heures en garde à vue. Pour rien, en fait. »
  • 10:00Aurélie TrouvéFait
    « Le bloc arc-en-ciel, un plaidoyer pour l'Union des gauches, une sorte de convergence des luttes politiques, syndicales, associatives. »
  • 11:00Aurélie TrouvéFait
    « Si je n'y crois pas, je finis dépressive. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Elle a repeint des façades de multinationales, fauché des chaises dans des banques et parfois terminé en garde à vue. Mon invitée s'est longtemps battue pour un autre monde, mais elle l'a fait loin de tout parti politique. Elle siège aujourd'hui au sein du groupe La France Insoumise à l'Assemblée.

Générique (...) Bonjour Aurélie Trouvé. -Bonjour Clément. -Vous avez incarné pendant longtemps l'altermondialisme en France en étant coprésidente de l'association Attac.

Vous en avez aussi été la porte-parole. Et je vous propose de revoir comment vous évoquiez votre engagement à l'époque, c'était en 2006. -J'ai toujours eu une sensibilité par rapport aux inégalités du monde de l'entreprise.

Et ensuite j'ai compris que c'était un système néolibéral, de capitalisme financier débridé, qui était à la base de ça. Donc je pense qu'Attac a été vraiment un milieu dans lequel j'ai pu approfondir ça et ensuite militer de plus en plus pour ces idées. -Vous expliquez que vous avez été toujours sensible aux inégalités du monde de l'entreprise et plus tard, vous faites le lien avec le parcours professionnel compliqué de votre père.

Est-ce que les racines de votre engagement ne sont pas là, dans cette sensibilité aux injustices que vous évoquiez ? -Oui, parce que je viens, comme beaucoup de Françaises et de Français, d'une classe moyenne. Mon père était longuement au chômage.

Et je crois que j'ai toujours eu ce sentiment d'injustice et de ne pas faire partie de cette élite bourgeoise et héritière. Et j'ai toujours voulu me battre pour répartir les richesses. Et par exemple, je ne supporte pas qu'on dise qu'un chômeur, c'est parce qu'il n'a pas voulu traverser la rue qu'il n'a pas d'emploi.

En réalité, vous le savez, il y a un emploi disponible pour 14 chômeurs en France. -Et donc, c'est ce qui a déclenché votre engagement ? -Entre autres, et puis, après j'ai fait des études d'ingénieur agronome et là j'ai compris aussi que tous les méfaits, les dégâts de la mondialisation néolibérale, la marchandisation, c'est à ce moment-là que je m'engage dans le mouvement altermondialiste puisque c'est aussi le début des grands forums sociaux altermondialistes. où il y a, disons, beaucoup de populations du monde qui se disent : "Finalement, cette fameuse mondialisation heureuse qu'on nous a vendue, elle n'est pas heureuse, elle met en concurrence les pays, les entreprises", et elle tire vers le bas toutes les conditions de travail des gens, les normes environnementales, ça favorise aussi l'évasion fiscale, et donc c'est tout ce combat-là que j'ai voulu mener à travers l'association Attac et le mouvement altermondialiste. -Pour en revenir à cette archive, ce qui me marque aussi, c'est que vous parlez comme une femme politique.

Vous avez déjà un discours de femme politique. Pourquoi ne vous êtes-vous pas engagée directement dans un parti politique ? -Je considère que la politique, au sens étymologique du terme, c'est la vie de la cité.

Et pour se battre, pour nos idées dans la cité, il y a différentes façons de le faire. Et moi, j'étais bénévole associatif pendant 20 ans. Et d'ailleurs, j'ai un immense respect pour le travail bénévole.

Parce qu'il faut savoir que c'est celui-ci qui fait qu'aujourd'hui, il y a tellement de solidarité en France quand l'Etat est défaillant. Par exemple, dans ma circonscription de Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Sec ou à Bondy, je peux vous dire qu'heureusement qu'il y a des associations d'aide alimentaire. Heureusement qu'il y a des associations de jeunes pour faire de la solidarité. -Vous étiez un peu...

Ca vous faisait peur les partis ou vous n'aimiez pas ça ? -Moi, j'ai toujours été sur l'idée qu'en fait, il faut résister de multiples façons. On peut résister dans le milieu associatif, en tant que syndicaliste aussi, c'est extrêmement important, le syndicalisme, aujourd'hui, pour se battre pour ses conditions de travail.

J'ai d'ailleurs aussi été élue syndicale. Et puis, dans la politique. Et la politique, justement, il faut redonner aussi des belles couleurs à la politique.

C'est ça qu'on essaie de faire à LFI et dans le Nouveau Front Populaire. Et notamment dire aux gens, je le dis aussi aux gens qui ont des valeurs de gauche, que : "Oui, on peut avoir une force politique qui ne trahit pas ces engagements." -Alors vous expliquez que vous avez toujours cherché une réponse globale au dysfonctionnement du capitalisme et que c'est votre côté ingénieure agronome qui veut ça.

Mais est-ce que ce n'est pas aussi qu'il y a une vraie radicalité en vous ? Vouloir tout changer plutôt qu'améliorer le système. -Mais je crois que c'est par pragmatisme, en vérité.

D'ailleurs, je suis aussi chercheuse en économie. J'ai une double formation, agronome et économiste. C'est franchement du pragmatisme.

C'est-à-dire que, par exemple, si vous voulez faire en sorte que tout le monde mange bien et de façon suffisante et saine, en réalité, il faut relocaliser l'agriculture. Et juste un exemple. Vous voulez faire en sorte qu'on interdise le glyphosate qui est très néfaste.

C'est un produit phytosanitaire très néfaste, un herbicide néfaste pour la santé humaine. Il ne suffit pas seulement de l'interdire en France. Il faut aussi interdire tous les produits qui ont été traités avec du glyphosate.

Ca, ça demande de remettre en cause la libre concurrence totale en Europe et de remettre en cause le droit européen. -Pendant vos années de militantisme associatif, vous avez mené un nombre incalculable d'actions contre des multinationales ou institutions publiques. Vous avez occupé des magasins d'Apple, repeint la façade de la Samaritaine, du siège de Total, même de la Caisse des dépôts.

Est-ce que toutes ces actions spectaculaires produisent vraiment des résultats ? C'est efficace ? -Je vais vous prendre l'exemple des OGM.

Le fait qu'il y ait des mouvements qui aient fauché des champs d'OGM font qu'on a eu ensuite une clause de sauvegarde qui fait qu'aujourd'hui, vous n'avez pas le droit de produire des plantes OGM en France et je pense : Tant mieux." Donc on fait évoluer aussi la loi grâce à cette désobéissance civile, à ces lanceurs d'alerte. Là, en l'occurrence, j'ai fait énormément d'actions contre l'évasion fiscale des grandes multinationales.

Et vous le voyez aujourd'hui, c'est une question éminemment importante. A l'heure aussi où vous avez une grande cure d'austérité budgétaire qui est prévue par le gouvernement Barnier, on dit qu'il y a de l'argent à aller chercher, ne serait-ce que dans la grande évasion fiscale que mènent les multinationales. -En mars 2020, vous avez brandi un portrait d'Emmanuel Macron, tête en bas, près de l'Elysée.

Et ça vous a valu d'être placée en garde à vue, soupçonnée d'avoir volé ce portrait officiel dans une mairie. Vous l'avez vécu comment, cette garde à vue ? -Très mal, parce que j'avais juste... un portrait d'Emmanuel Macron emprunté, parce que c'est un maire qui nous l'a prêté, emprunté à une mairie pour dénoncer la politique d'Emmanuel Macron.

C'était le jour même, c'était la journée mondiale du climat. Et c'était pour dire qu'il y avait une telle grande inaction de l'Etat français et du président Macron en la matière que la France ne menait pas... -Ca, c'est votre sortie de garde à vue.

Il y avait un comité d'accueil. -Voilà. J'ai passé 25 heures en garde à vue.

Pour rien, en fait. Et ce que je veux dire, c'est qu'on est tellement de bénévoles, de responsables associatifs ou syndicaux, aujourd'hui, à être réprimés par les gouvernements en place pour nous faire taire, en réalité. Et oui, franchement, sur le coup, j'ai passé quelques semaines ou quelques mois un peu apeurée. -C'est-à-dire que vous vous êtes interrogée sur votre engagement ? -Cette répression...

Ben non, parce que j'ai quand même continué, mais oui, j'ai hésité pendant un temps à faire des actions. Quand on vit 25 heures de garde à vue, dans des conditions, enfin, je passe les détails, mais je l'ai raconté dans une tribune où on m'a privée de beaucoup de droits élémentaires pendant les 25 heures. Mais c'est pour vous dire qu'on est des centaines, des milliers dans ce cas-là.

Et de l'avoir vécu, évidemment, personnellement, j'en fais aujourd'hui un combat. -En 2021, vous avez publié un livre, "Le bloc arc-en-ciel", un plaidoyer pour l'Union des gauches, une sorte de convergence des luttes politiques, syndicales, associatives. C'était un peu la NUP avant l'heure ? -Je pense, oui.

Vous voyez que c'est marqué pour une stratégie politique radicale et inclusive, parce que je considère que l'unité pour l'unité ne sert à rien. Il faut une unité pour permettre une rupture avec le système néolibéral actuel. Et donc, c'est aussi pour ça que je me bats au sein de La France Insoumise et dans le Nouveau Front Populaire pour que notre programme soit un programme de rupture.

Ca me semble important. Parce que si on refait une politique d'aménagement du système ou voire de trahison de nos engagements, ce que je considère être la présidence Hollande, on n'aura rien réglé, les gens ne voteront plus pour nous. Donc, il faut redonner aussi de l'envie aux gens de voter pour nous, pour changer leur vie, en fait.

Il faut qu'ils se disent, de voter pour le Nouveau Front Populaire, ça changera nos vies. -A la sortie de votre livre, vous expliquez au sujet de l'Union des gauches. "Si je n'y crois pas, je finis dépressive".

Ca va ? Vous n'avez pas sombré dans la dépression ? -Pas du tout.

Au contraire, je suis déterminée. -Vous y croyez à cette Union des gauches ? -Bien sûr.

Vous avez vu qu'on est arrivés en tête des élections législatives. Les élections européennes, notamment, il y a des millions de gens qui ont voté pour nous, qui viennent des classes populaires, qui viennent de la jeunesse. Ces millions de voix en plus, on leur doit beaucoup.

Et en tout cas, nous, ça nous donne de la force pour continuer. -Vous avez rejoint la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon fin 2021, Qu'est-ce qui vous a fait franchir le pas ? Enfin, j'ai envie de dire.

Enfin, parce qu'en fait, oui, on m'a souvent sollicitée pour que ce soit le cas. D'abord, une profonde adéquation aux idées de La France Insoumise. L'idée aussi que cette force politique allait pouvoir emmener de manière plus globale, la gauche, sur un programme de rupture.

Et puis, aussi de me dire : "Voilà, je me suis battue 15 ou 20 ans comme bénévole associative et comme enseignante chercheuse, je le dis aussi parce que j'avais un engagement dans mon travail très fort. Et je souhaite le faire en politique et comme députée... -Avec quelle l'idée ?

D'être plus efficace ? -Non, d'avoir une autre forme d'engagement, car je respecte toutes ces formes d'engagement. Mais, députée de pas n'importe quel département, en l'occurrence chez moi, et de Seine-Saint-Denis, parce que je considère qu'être députée de Seine-Saint-Denis, c'est une responsabilité particulière. -C'est assez drôle, je ne sais pas.

Il se trouve qu'Alma Dufour a fait le même cheminement, le même parcours que vous, au même moment, passé du milieu associatif à la politique et à La France Insoumise, justement. -Nous sommes arrivées en même temps. -Vous vous êtes concertées ?

Vous en aviez discuté ? -Bien sûr. En fait, on se connaissait tous aussi du milieu altermondialiste, des ONG, etc.

Et en fait, Jean-Luc Mélenchon a eu cette idée assez géniale de créer le Parlement de l'Union Populaire que j'ai présidé pendant toute la campagne. Et qui était de dire aussi d'avoir un espace, j'ai envie de dire, d'intégration, d'arrivée, de débat, d'action, de tout un tas de personnes comme Rachelle Keke et d'autres, ou Claire Lejeune qui est aujourd'hui députée, et qui ne viennent pas du monde politique au sens des partis politiques, mais qui font de la politique. -Il y en a qui ont fait le chemin inverse.

Il y a Cécile Duflot, Benoît Hamon, qui ont quitté la politique pour rejoindre des ONG. Ils ont tous les deux été ministres et ils ont estimé, à un moment, qu'ils seraient plus utiles dans le milieu associatif. Vous le comprenez, ça aussi ? -Tout à fait.

D'ailleurs, on en a parlé parfois avec Cécile Duflot parce qu'au moment où elle rejoint Oxfam, moi, je rejoins La France Insoumise. L'important, il est que chacune de ces organisations garde aussi une indépendance. Moi, j'ai quitté Attac très clairement.

Ca n'empêche que toutes ces organisations associatives et syndicales restent indépendantes. Et je le dis aussi, à La France Insoumise, nous considérons que nous avons besoin de ces mouvements sociaux, pour nous porter, mais aussi une fois au pouvoir, nous aurons besoin de la force de ces mouvements sociaux pour faire changer les idées dans la société. -On arrive à la fin de cette émission.

On va donc passer au quiz avec des phrases que je vais commencer et que vous allez terminer. Avant d'être élue, je pensais que les députés... -Que les députés avaient un rôle important. -D'accord.

Vous aviez déjà une haute estime du mandat, de la fonction. -Tout à fait. Mais important, mais pas suffisant.

Je considère aussi qu'il y a bien d'autres façons de résister. -Si j'avais été désignée directrice générale du FMI, le Fonds Monétaire International, parce que vous avez été candidate ! -Tout à fait.

J'aurais mené une politique altermondialiste. -Vous avez été candidate, mais bon, vous n'avez pas pu aller très loin dans le processus. -Exactement.

Mais ça m'a permis de parler des idées de cet autre monde qui est possible en cassant le néolibéralisme économique. Voilà. -Avoir été championne de France Espoir du 3 000 mètres steeple... -Eh bien, c'est plus que ça.

C'est 15 ans de sport de haut niveau, ça a changé ma vie et ça change la vie de beaucoup de jeunes, françaises et français. Ca m'a donné d'abord, évidemment, l'endurance et la conviction, mais surtout l'obstination, c'est important. Mais aussi cette idée que l'accès au sport populaire est essentiel.

Et moi, en Seine-Saint-Denis, vous avez quatre fois moins d'équipements sportifs par habitant. Par rapport au reste de la France, il y a beaucoup de communes qui manquent d'équipements sportifs, où les parents veulent inscrire leur enfant, il n'y a pas de place, et ça, pour moi, c'est intolérable, inacceptable, et donc je veux me battre aussi pour l'accès au sport populaire, car je sais ce que le sport a fait dans ma vie. -Merci Aurélie Trouvé d'être venue dans La Politique et moi.

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