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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 16 janvier 2017 10 minComplaisantActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesImmigration & asileInstitutions & élections

Macron / Le Pen : à l'assaut des "oubliés" Les questions SMS #cdanslair 14-01-2017

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse partielle

    Que proposent Macron et Le Pen pour réduire le chômage ? Est-ce que quelqu'un sait répondre à cette question ?

  • 1:26RelanceRéponse partielle

    Qu'a fait Macron pour les oubliés du Nord lorsqu'il était ministre ?

  • 2:10OuverteRéponse partielle

    Comment Macron finance-t-il sa campagne ?

  • 4:27OuverteRéponse partielle

    Quels citoyens seraient les premiers menacés en cas de victoire du Front National ?

  • 5:41OuverteRéponse partielle

    Le Front National est-il préparé au pouvoir ? A-t-il prévu une équipe gouvernementale ?

  • 7:37OuverteRéponse partielle

    La progression du Front National ces dernières années, veut-elle dire que les autres partis ne savent plus le combattre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36IntervenantFait
    « On a la fin du monopole de la SNCF pour les transports de ville à ville, donc pour les fameux cars Macron. »
  • 0:54IntervenantFait
    « Marine Le Pen, elle, elle se revendique maintenant d'une tradition beaucoup plus étatiste-colbertiste. »
  • 1:05IntervenantFait
    « On reprend notre souveraineté monétaire. Parce que qui dit souveraineté monétaire dit souveraineté économique. »
  • 2:34IntervenantFait
    « Emmanuel Macron c'est quelqu'un qui a fait des levées de fonds, fait des réunions de levées de fonds, l'assume comme tel et collecte des fonds. »
  • 3:14IntervenantChiffre
    « François Fillon fait un prêt de 9 millions pour pouvoir boucler son financement de campagne. »
  • 3:31IntervenantFait
    « C'est le point de campagne, on a bien vu avec l'affaire de Sarkozy en 2012. »
  • 7:45IntervenantFait
    « Ils ne savent plus le combattre. Je ne sais pas s'ils ont déjà su le combattre. »
  • 8:09IntervenantFait
    « Le FN demeure un parti qui est certes en dynamique, mais qui est cantonné. »
  • 8:40IntervenantFait
    « Macron est en train de prospérer en partie sur les décombres du Parti Socialiste. »

Temps de parole

  • Intervenant24 %
  • Intervenant 224 %
  • Intervenant 319 %
  • Présentateur16 %
  • Intervenant 416 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

— Que proposent Macron et Le Pen pour réduire le chômage ? Est-ce que quelqu'un sait répondre à cette question ?

0:08
Intervenant

— Emmanuel Macron, il a un certain nombre de propositions assez libérales. Je veux dire qu'il faut déréguler. Par exemple, si on prend le cas de la fameuse loi travail, la loi El Khomri, Emmanuel Macron avait dit qu'elle n'allait pas assez loin. Donc il faut faire sauter les carcans, fluidifier le marché du travail pour que les employeurs aient moins peur d'embrouiller et qu'ils puissent du coup plus facilement licencier. On a eu tout un discours aussi sur la suppression des rentes contre les professions réglementées.

On a la fin du monopole de la SNCF pour les transports de ville à ville, donc pour les fameux cars Macron, la réforme du statut de la fonction publique, le développement de l'économie digitale, le développement aussi de l'essor des start-up. Donc c'est un mouvement qui est clairement libéral. Marine Le Pen, elle, elle se revendique maintenant d'une tradition beaucoup plus étatiste-colbertiste, en protégeant la sécurité sociale, en garantissant les droits. Et la grande martingale du Front National, c'est de dire, comme un des chefs d'entreprise que vous avez filmé tout à l'heure, eh bien on reprend notre souveraineté monétaire.

Parce que qui dit souveraineté monétaire dit souveraineté économique. On met des contrôles aux frontières, on met du protectionnisme intelligent pour protéger nos industries et nos emplois.

1:26
Présentateur

Question. Qu'a fait Macron pour les oubliés du Nord lorsqu'il était ministre ? Ça c'est une question évidemment orientée, mais il peut légitimement se poser.

1:36
Intervenant

Lui répondrait par exemple que sa libéralisation des cars, c'était pour les Français qui étaient populaires et qui n'arrivaient pas à voyager avec le train par exemple. Mais de manière générale, il y a vraiment deux modèles qui s'affrontent, comme l'a dit Jérôme Fourquet. Lui, il dit que c'est plutôt par la libéralisation et la flexibilisation qu'on arrivera à faire travailler, y compris les ouvriers du Nord. Et Marine Le Pen dit que c'est au contraire, en ayant moins d'Europe et moins de concurrence, qu'on arrivera à vaincre le chômage.

2:10
Présentateur

Comment Macron finance-t-il sa campagne ? Alors ça c'est vraiment une question qui revient systématiquement. Dès qu'on aborde le sujet Macron, c'est dans l'air, on se demande comment il fait.

2:20
Intervenant

Il y a beaucoup de fantasmes autour de ça. Alors d'abord Emmanuel Macron, il y a une spécificité par rapport aux autres candidats, c'est qu'il n'assoit pas sa campagne sur un parti. Donc contrairement, sans doute, au futur candidat du parti socialiste ou Marine Le Pen. Donc Emmanuel Macron c'est quelqu'un qui a fait des levées de fonds, fait des réunions de levées de fonds, l'assume comme tel et collecte des fonds. Alors évidemment, son équipe explique que la plupart des donateurs c'est des petits dons, mais il a effectivement... Parce qu'il y a un plafond, c'est 7500 euros.

Mais c'est pour ça qu'il s'y est pris, et ça fait quand même déjà un moment, ça a été l'essentiel de son activité, collecter des fonds pour arriver à une campagne. Et plus il est haut dans les sondages, et plus il peut consolider et peut-être surtout avoir des prêts bancaires. Parce qu'ensuite les candidats, quand ils se lancent dans les aventures, il faut savoir qu'ils empruntent, ils font des prêts. François Fillon fait un prêt de 9 millions pour pouvoir boucler son financement de campagne. Il estime qu'il sera au second tour, donc il lui faut 22 millions, comme il a récupéré une partie de l'argent de la primaire. Mais c'est les Républicains qui font un prêt.

C'est le point de campagne, on a bien vu avec l'affaire de Sarkozy en 2012. Mais donc le pari ensuite est remboursé, si vous faites plus de 5%, vous êtes remboursé. Il y a le remboursement à 5%. Michel Vivert. Oui, moi qui suis souvent d'accord avec Bruno, je dis qu'il m'autorisera pour une fois à être en léger des accords. En Marche est un quasi-parti. C'est une formule qui est quasiment celle d'un parti. C'est gratuit quand même. C'est la différence avec les partis. Oui, mais en dehors de ça, ça fonctionne comme un parti. Et entre autres choses, il va commencer à distribuer des investitures, parce qu'on n'a pas du tout parlé des législatives qui vont suivre. Et il y a des militants, etc.

Et cette dynamique, elle se structure. Alors je ne dis pas que c'est un parti comme le Parti Socialiste, mais il y a une logique qui s'apparente à la construction d'un parti. Non, mais ce que vous voulez dire, je pense, Bruno, c'est que c'est un parti, mais qui n'a pas d'existence ancienne, et donc du coup, qui n'a pas eu droit... Oui, mais pas de subvention de l'État.

4:25
Présentateur

D'autres questions. Quels citoyens seraient les premiers menacés en cas de victoire du Front National ? Michel Vivurcar.

4:38
Intervenant

J'aimerais bien pouvoir vous donner une réponse limitée. Mais je crois que c'est tous les citoyens qui vont se sentir menacés, d'une façon ou d'une autre, non pas dans leur existence, comment dirais-je, filiste ? Quotidienne, oui. Quotidienne, mais dans leur existence morale, dans leur existence démocratique, car c'est un parti... On a tellement pris l'habitude de ne plus parler du Front National sous son angle identitaire, raciste, xénophobe, antisémite, etc., qu'on en oublie sa vision générale du monde. Et moi, je pense que c'est un parti qui est une menace générale pour la démocratie. Alors, je ne pense pas du tout que tel ou tel citoyen, ou catégorie précise de citoyen, sera menacé.

Peut-être ceux qui ont une double nationalité, mais pas tous. Il y a des doubles nationalités plus propres que d'autres. Mais voilà, je pense que ça n'est pas, comment dirais-je, refuser le débat économique ou social ou politique que de rappeler aussi cette dimension sulfureuse.

5:41
Présentateur

Le Front National est-il préparé au pouvoir ? A-t-il prévu une équipe gouvernementale ?

5:47
Intervenant

Non, je ne pense pas qu'on en soit jusque-là. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que par rapport à Jean-Marie Le Pen, dont on disait assez souvent qu'en fait, il ne voulait pas le pouvoir, je pense que Marine Le Pen et Florian Philippot, eux, veulent l'avoir. Après, est-ce qu'ils ont leur shadow cabinet comme François Fillon ? Je ne crois pas encore. Enfin, moi, je n'en ai pas entendu parler pour l'instant. C'est toute la question d'ailleurs qui se pose sur le Front National. C'est qu'en dehors de ce que l'on voit beaucoup sur les plateaux de télévision, les 3-4 qui tournent énormément, qui sont les autres cadres ? Et qui seraient ces futurs ministres ?

Et est-ce que ce ne serait pas justement le FN un petit peu historique qu'on a un peu oublié, mais qui existe encore et qui est encore extrêmement sulfureux, xénophobe, etc. Et peut-être dans ces... Surtout que malgré tout ce qu'on a dit, il n'y a pas eu de bascule de figure des Républicains, par exemple, vers le Front National. Il y en a eu quelques, on va dire, 3e couteaux au moment des régionales, notamment dans le Sud. Mais il n'y a pas eu de grande figure de la droite qui ait basculé vers le Front. Si Marine Le Pen gagne l'élection présidentielle, il y aura ensuite des législatives.

Il est beaucoup moins vraisemblable qu'aux législatives, elle puisse avoir une majorité à elle toute seule. Par conséquent, ou bien elle se retrouvera avec une situation de cohabitation, ou bien elle parviendra à passer des accords avec des gens qui ne sont pas Front National et qui la rejoindraient. Je ne vais pas donner de nom. Dans mon livre Le Séisme que vous avez évoqué tout à l'heure, j'ai imaginé justement un scénario de ce type. Et quand on réfléchit un tout petit peu, sans lâcher des noms comme ça, on voit très bien que dans la partie la plus dure de la droite, la plus classique, un certain nombre de personnes pourront la rejoindre.

7:37
Présentateur

La progression du Front National ces dernières années, veut-elle dire que les autres partis ne savent plus le combattre ? Jérôme Fourquet.

7:45
Intervenant

Alors, ils ne savent plus le combattre. Je ne sais pas s'ils ont déjà su le combattre. Parce que ça fait 30 ans que ça dure cette histoire, et il y a eu des tonnes de livres qui ont été publiés dessus, des livres militants, consignes données aux fédérations locales pour des contre-argumentaires. Alors, il faut être tout à fait juste. Ça a quand même eu une efficacité dans la mesure où le FN demeure un parti qui est certes en dynamique, mais qui est cantonné. C'est-à-dire qu'il y a encore une majorité absolue de Français qui, aujourd'hui, refuse l'hypothèse d'une victoire du FN. On l'a bien vu au régional.

Néanmoins, tout ce qu'on a indiqué tout à l'heure, la question de la mondialisation qui clive nos sociétés, la question des vagues migratoires, la question de la menace terroriste, tout ça, là-dessus, il y a des angoisses béantes dans la société française, et il n'y a pas de réponse à cela. Et c'est ça qui est le principal carburant du FN.

8:33
Présentateur

Les électeurs de gauche qui se sentent oubliés, peuvent-ils être conquis par Macron ? Ou préféreront-ils s'abstenir ?

8:40
Intervenant

Je pense qu'ils peuvent être conquis en partie par Macron. Macron est en train de prospérer en partie sur les décombres du Parti Socialiste. C'est incontestable. Et les dernières enquêtes le montent. Aucun des candidats socialistes aujourd'hui n'est en mesure, non pas d'être troisième, mais même quatrième, c'est cinquième, c'est le cinquième du quinquennaté qui est en train de se désigner pour l'instant. On verra, peut-être qu'il fera plus après, peut-être qu'il sera porté par une dynamique, mais ça paraît très compliqué aujourd'hui.

9:05
Présentateur

Marine Le Pen risque-t-elle de se retrouver face à un front républicain si elle arrive au second tour ? Comme toujours. A priori, comme toujours. C'est le scénario.

9:12
Intervenant

Ce serait peut-être la dernière fois que ça fonctionnerait.

9:14
Présentateur

Merci beaucoup à tous les quatre, merci d'avoir participé à cette émission, merci à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Demain, ne manquez pas C'est Politique avec Karim Rissouli à 18h35, et j'aurai le plaisir de vous retrouver pour C'est Polémique à 19h45. On parlera de Donald Trump, et nous poserons cette question. Le peuple a-t-il toujours raison ? Avec nous, un intellectuel qui se fait rare sur les plateaux télé, Emmanuel Todd. Nous accueillerons également Hubert Védrine, Cynthia Fleury, Bernard Guetta et Christine Ockrent. Dans un instant, Anne-Elisabeth Lemoyne, célèbre d'autres, et bonne soirée sur France 5, et à demain.