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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 9 février 2022 43 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sportNumériqueSolidarités & familleImmigration & asile

Gatsby : Sofiane à la conquête du Magnifique

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 86 %Attaque 4 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que Gatsby le magnifique vous a apporté ?

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous attire dans le rôle de Gatsby ?

  • 2:07OuverteRéponse directe

    Comment donnez-vous vie à ce personnage ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Le fait d'avoir commencé avec les mots avant la musique ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Quelles étaient vos inspirations ?

  • 5:05OuverteRéponse directe

    Qui citez-vous dans vos textes de rap ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:29InvitéFait
    « Ce qui m'a attiré premièrement, c'est déjà de pouvoir jouer, de pouvoir jouer déjà dans un cadre comme le Festival d'Avignon »
  • 1:34InvitéFait
    « Ce qui faisait sens pour moi, c'est, clairement, dans le personnage de Gatsby, c'est le self-made, en réalité, c'est partir de rien »
  • 1:53InvitéFait
    « il va mettre tout en œuvre, tout ce qui est possible, toute sa concentration, toute son énergie, et pour le coup son argent, pour pouvoir récupérer cette femme »
  • 4:33InvitéFait
    « Très Molière, très Shakespeare, Fitzgerald pour le coup, mais bon, on en a peu du Fitzgerald »
  • 5:30InvitéFait
    « J'ai cité Apollinaire dans un titre, il y a quelques années, où je citais Le Pont Mirabeau »
  • 6:31InvitéFait
    « Il y a des rappeurs comme Oxmo Puccino, ou Kerry James, ou Lino, qui m'ont énormément inspiré »
  • 6:40InvitéFait
    « Renaud, et puis Aznavour, et puis tout ce que pouvait écouter ma mère à l'époque »
  • 13:51InvitéFait
    « la réalité, c'est qu'il n'y a plus un rap, il y a mille raps, en fait »
  • 14:05InvitéFait
    « tout démarre par une niche, donc c'est vrai qu'au début, les contestations sociales, les revendications, etc. étaient à la base dans les années 80, dans les années 90 »
  • 15:30InvitéFait
    « on a eu la chance d'avoir des gens qui ont construit ces murs en France, peut-être plus tôt que dans d'autres pays européens, par exemple »
  • 20:18InvitéFait
    « Je pense que ce sont des zones sensibles parce que la sensibilité des gens qui y vivent est heurtée, mise à l'épreuve beaucoup plus qu'autour des problèmes qu'on pense qu'ils peuvent poser ou tout du moins de ce qu'on évoque publiquement »
  • 20:49InvitéFait
    « J'ai l'impression qu'on ne s'intéresse pas forcément aux fins de mois des familles »
  • 24:07InvitéFait
    « Mon père arrive d'Algérie, ma mère arrive d'Algérie. Je suis le premier de ma famille à être né en France »
  • 24:23InvitéFait
    « l'Algérie est un pays jeune à l'échelle d'un pays, un pays qui a 60 ans, 70 ans, même pas »
  • 31:56InvitéFait
    « Ma famille a participé à cette guerre, a perdu beaucoup d'hommes dans cette guerre »
  • 32:22PrésentateurFait
    « vous avez aussi des textes sur la police, sur la violence, sur la drogue. »
  • 34:00InvitéFait
    « On a été privé de concert le public a été privé de concert en réalité »
  • 35:14InvitéFait
    « c'est surtout pour les jeunes artistes que c'est impactant »
  • 36:43InvitéFait
    « l'idée de rentre dans le cercle c'était un petit peu de revenir au basique »
  • 37:40InvitéFait
    « on a des royautés »
  • 37:51InvitéFait
    « consommer un album en streaming effectivement ça ne rapporte peut-être pas la même chose à l'artiste que consommer un album physique »
  • 41:16InvitéFait
    « Soul King c'est un jeune artiste avec une rayonnance clairement internationale »
  • 41:22InvitéChiffre
    « qui a sorti un album en 2018 qui est disque de platine »
  • 41:26InvitéChiffre
    « un autre en 2020 qui est aussi disque de platine »
  • 42:15InvitéFait
    « un de ses plus gros hits s'appelle Dalida et il reprend Parole de Dalida »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Présentateur30 %
  • Invité 22 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Sofiane Zermani, il faut d'abord que je vous présente, je pourrais dire que vous êtes rappeur, acteur, producteur, vous êtes en réalité assez doué.

C'est pour ça que je vous ai invité, je vous ai invité parce que France Culture, il y a quelques années, en juillet 2018, au Festival d'Avignon, a créé Gatsby, le magnifique, avec vous dans le rôle titre, avec bien sûr la musique d'Issam Krimi, avec des acteurs, Rebecca Marder, Pascal René-Rick, et c'est un spectacle qui a eu tant de succès, qu'il a été repris ensuite à la maison de la radio en mai 2019, au studio 104 pour un nouvel enregistrement en public, et puis désormais, le voici, ce spectacle arrivé au Théâtre du Châtelet à partir du 16 février, dans une création France Culture.

Et la première des choses que j'aimerais vous demander, Sofiane Zermani, c'est Gatsby, le magnifique, cette expérience, qu'est-ce qu'elle vous a apporté, qu'est-ce qui vous attirait dans ce spectacle ?

1:06
Invité

Ce qui m'a attiré premièrement, c'est déjà de pouvoir jouer, de pouvoir jouer déjà dans un cadre comme le Festival d'Avignon, et avec les équipes de culture, et puis dès qu'on m'a sollicité, proposé, j'ai clairement foncé, par la suite, effectivement, je me reconnais pas mal dans l'histoire, enfin, toute proportion gardée, et puis c'était quand même un honneur de pouvoir jouer du Fils Gérald au Festival d'Avignon. Qu'est-ce qui vous attire justement dans le rôle, dans cette histoire ? Qu'est-ce qui faisait sens pour vous ?

Ce qui faisait sens pour moi, c'est, clairement, dans le personnage de Gatsby, c'est le self-made, en réalité, c'est partir de rien, et puis il y a aussi le côté dramatiquement romantique de Gatsby, qui va tout mettre en œuvre pendant des années pour récupérer cette femme, et ressentir des sensations, et remettre un cadre autour de lui, qu'il a connu il y a quelques années, et il va mettre tout en œuvre, tout ce qui est possible, toute sa concentration, toute son énergie, et pour le coup son argent, pour pouvoir récupérer cette femme. Donc voilà.

2:02
Présentateur

On va écouter un extrait de Gatsby, le magnifique, et puis vous allez nous commenter ça, et nous dire avec votre oreille musicale, et vos mots, surtout, vos mots, ce que ce spectacle signifie pour vous.

2:16
Invité

Nous sommes partis à New York, et Gatsby tambourinait nerveusement sur son genou. Et nous n'avions pas encore atteint West Egg Village, qu'il renonça à son langage polissé. Écoutez, que pensez-vous de moi, là ? Franchement, cher vieux. J'aimerais vous apprendre deux, trois choses que vous me connaissiez un peu mieux. Je n'aimerais pas que vous fassiez une fausse idée de moi à travers tout ce que tout le monde raconte. Je vais vous dire la vérité de Dieu. Je suis le descendant de gens extrêmement riches du Middle West, mais tous morts aujourd'hui.

J'ai grandi en Amérique, mais j'ai fait mes études à Oxford, comme toute ma famille, et j'ai donc hérité d'une grosse fortune, car plus aucun n'est en vie aujourd'hui. J'ai vécu ensuite comme un jeune nabab à travers toutes les capitales d'Europe. Paris, Rome, Venise, collectionnant les pères précieuses, les rubis en priorité. Chassant le gros gibier, peignant un peu, mais pour mon plaisir. Et surtout essayant d'oublier quelque chose d'infiniment triste qui m'était arrivé auparavant. Sofiane Zermann. La guerre est arrivée, cher vieux. C'est la première représentation celle-ci, c'est la toute première.

C'était quand on testait encore notre pièce, et qu'on essayait de trouver des moments de musique en commun, puisqu'on l'a accompagné d'un quatuor, avec le fameux Issam Krimi en question, qui est un peu d'ailleurs à l'origine de tout ce projet. Et on essayait de se trouver des petits crosses sur scène pour jouer avec le quatuor, et ainsi de suite. Donc depuis, le spectacle a évolué.

3:51
Présentateur

Mais justement, ce que l'on entend, c'est la manière dont vous donnez vie à ce spectacle, et à ce personnage, autrement dit à Gatsby, Sofiane Zermanny. Le fait d'avoir commencé avec les mots, parce que j'ai lu qu'avant la musique, c'était les mots qui avaient compté pour vous.

4:07
Invité

Clairement, les mots et la lecture, c'était un peu mon moyen privilégié d'expression, en réalité. Rien de mystérieux, rien de plus. Et puis, je me suis rapidement mis à communiquer avec des mots, à les écrire, à les lire, à les mélanger, et à les accorder du mieux que je pouvais. En tout cas, c'était ma manière à moi, depuis l'enfance, depuis très tôt, très jeune. Quelles étaient vos inspirations ? J'ai lu beaucoup de théâtre, dès le début. Et puis, je me suis attaqué au gros, je me suis dit, il faut que je me fasse une culture, mais très jeune, très petit, vraiment. Et donc, très Molière, très Shakespeare, Fitzgerald pour le coup, mais bon, on en a peu du Fitzgerald.

Donc voilà, et je suis un peu passé à côté des romans, clairement, mais beaucoup de théâtre. De la poésie ? Beaucoup, ouais. De la poésie, clairement. Clairement, j'avais une espèce de gros recueil de poèmes. Et puis, je me suis mis à en citer dans mes textes de rap de la poésie. Donc, ouais, ouais, j'ai essayé.

5:05
Présentateur

Qui est-ce que vous avez cité dans vos textes de rap pour présenter, justement, un peu ce que vous avez fait ?

5:12
Invité

C'est un peu comme des... Pour vous confier quelque chose chez France Culture, c'est un peu mes petits pièges dans mes textes de temps en temps. Je mets une citation, j'attends, je la détourne un peu, et enfin, tout du moins, ça reste toujours des grosses références, et j'attends de voir quelle proportion du public, ou qui va tilter, qui va reconnaître. J'ai cité Apollinaire dans un titre, il y a quelques années, où je citais Le Pont Mirabeau, et dans lequel je disais, sur le pont de Novikoul, encore la Seine, et c'était avec une rime qui allait avec. Et il y a des gens, de temps en temps, qui me regardent et qui me... Apollinaire, voilà, tu vois, et... Pardon, je suis toi.

Et donc, voilà, j'en ai cité quelques autres. Pagnol, Ronsard, voilà.

5:51
Présentateur

Le fait, justement, d'avoir introduit ça dans le rap, pas beaucoup de rappeurs font ça.

5:56
Invité

Ouais, mais en même temps, le rap, c'est un art comme un autre, et quand on arrive sur un art, il faut avoir un minimum de sincérité, donc ça fait partie de moi, tout ça, c'est mes mots, clairement. C'est des mots, il y a des... Des fois, on a une chanson, un poème, une pièce, quelque chose qui vous accompagne toute votre vie, qui vous a marqué à l'enfance, ou même plus tard. Et tout ça, c'est dans mon sac à dos, en fait. Est-ce qu'il y a des chanteurs qui vous ont marqué dans leur écriture, déjà ? Oui, clairement, clairement. Je suis un grand amateur de rap, donc je vais peut-être en citer un ou deux, parce que c'est normal. Et puis sinon, de la chanson française.

Il y a des rappeurs comme Oxmo Puccino, ou Kerry James, ou Lino, qui m'ont énormément inspiré. Et puis, et puis, et puis Renaud, et puis Aznavour, et puis tout ce que pouvait écouter ma mère à l'époque, et me faire découvrir. Alors, votre mère, elle a eu, évidemment, un rôle important. Elle travaillait pour France Loisir. Effectivement. Effectivement, elle bossait pour France Loisir. Bon, après, c'était un peu... C'était un peu... Je cite cette référence. Enfin, je l'ai citée en interview, parce que, parce qu'en fait, il y avait plusieurs fois dans l'année où on pouvait aller dans cette boutique du CE.

Vous savez, dans les entreprises, il y a une espèce de comité d'entreprise dans lequel les employés ont accès à des choses un peu moins chères. Bon, et à l'époque, c'était là qu'on allait se recharger en livres. Voilà, les livres étaient très peu chers. Donc, je me suis rapidement retrouvé avec une maison pleine de livres.

7:19
Présentateur

Et donc, c'est ça qui vous a permis de lire. Est-ce que l'école a été importante pour vous, Sofiane Zermann ?

7:26
Invité

L'école a été importante pour moi. Et en même temps, et en même temps, j'ai eu besoin de... j'ai eu besoin d'aller voir ailleurs rapidement. Malgré tout, je n'ai pas un parcours scolaire particulièrement étoffé. Mais j'en garde de très bons souvenirs, effectivement.

7:43
Présentateur

Est-ce que le fait de découvrir, justement, que l'on pouvait faire des textes en français, que l'on pouvait faire des textes avec de la musique, bref, toutes les possibilités que vous ont offert le rap, qu'est-ce que ça a suscité pour vous,

7:55
Invité

Sofiane Zermanny ? L'envie d'en faire plus, l'envie d'aller m'exprimer d'autres manières. Je pense que le rap, pour moi, ce n'était pas une première étape, pas une première marche, parce que c'est clairement ma culture et c'est celle dans laquelle j'ai grandi. Mais ça m'a peut-être décomplexé, ça m'a peut-être ouvert l'esprit et envie d'aller vers d'autres textes, en les assumant beaucoup plus. Donc, à partir du moment où j'avais déjà commencé à faire de la scène et à me confronter au public avec du rap pour lequel j'avais une facilité qui était de ma culture, du coup, je me suis retrouvé à avoir d'autres envies et à les assumer, comme le théâtre.

8:28
Présentateur

On va écouter un autre extrait de Gatsby. C'est un moment important. C'est le moment où on assiste au retrouvaille

8:38
Invité

avec Daisy. A trois heures, ma porte s'ouvrit avec nervosité et Gatsby, flanelle blanche, chemise gris-argent, cravate à reflets d'or, fit irruption chez moi. A trois heures et demie, la pluie se dilua en un brouillard humide et Gatsby, l'œil absent, feuilletait un exemplaire de The Economics de Henry Clay dans le Living Room et il observait de temps en temps mes vitres embuées comme si d'invisibles et terrifiants événements se déroulaient à l'extérieur. Il finit par se lever et m'informa d'une voix blanche qu'il est rentré chez lui. Il est trop tard. Plus personne ne viendra. Bon, attendez, ne soyez pas ridicules, il est à peine quatre heures moins deux.

Et quelques secondes après, nous avons entendu le bruit d'une voiture qui s'engageait dans mon allée. Je suis sorti dans le jardin. Daisy ! C'est donc là que tu habites, très cher ? Es-tu amoureux de moi ? Sinon, pourquoi fallait-il que je vienne seule ?

9:36
Présentateur

Ça, c'est la voix de Rebecca Marder. Comment ça s'est passé avec ces deux comédiens, donc avec Rebecca Marder et avec Pascal Renéry ?

9:45
Invité

Bon, c'est un feeling immédiat. Feeling immédiat. On s'est beaucoup amusés. On a aimé répéter ensemble, jouer ensemble, préparer tout ça. Et puis, on est toujours en contact. Et puis, voilà. Là, on y retourne avec Pascal pour des raisons d'agenda. Rebecca ne sera pas des nôtres au Théâtre du Châtelet, mais on aura l'extraordinaire Lou Delage qui nous accompagnera. Et puis, il n'y avait vraiment pas que trois comédiens. Il y avait vraiment le Quatuor qui allait avec, Sam Crimi et ses musiciens qui nous accompagnaient, Alex Planck, le réalisateur.

Il y a aussi une personne qui a énormément travaillé sur ce projet et que je tiens à saluer, c'est Pauline Timonier qui est à la base de l'adaptation. Et puis, il y avait toute une équipe autour de nous, Sandrine Trenner, Blandine Masson de la maison. Et puis, voilà, ça a été une espèce d'équipe et puis on s'est tous fait plaisir. Voilà, tout simplement.

10:35
Présentateur

Et le fait, justement, de passer du rap à la scène et donc devenir un acteur Sofiane Zermany ?

10:45
Invité

J'allais dire beaucoup d'envie comblée mais en réalité, c'est plus que ça. C'était clairement une continuité en réalité. La meilleure partie de la musique, pour moi en tout cas, de mon métier dans la musique, c'est la scène. C'est clairement la meilleure partie. Donc, ça a juste été un transfert un peu logique peut-être pas pour tout le monde mais en tout cas

11:09
Présentateur

pour moi, clairement. Gatsby de Magnifique, c'est l'histoire d'une success story d'un homme qui va dépasser sa condition sociale. Qu'est-ce qui résonne en vous dans cette histoire ? Tout. Tout.

11:21
Invité

Tout. Et puis, et puis surtout, même dans les failles, quand on peut découvrir le côté sombre de Gatsby, on se rend compte que le parcours n'est pas tout le temps à long fleuve tranquille et que des fois, il faut se mouiller, il faut croire en soi plus que les autres. Il faut aussi assumer son côté sombre, sa part obscure et avancer.

11:43
Présentateur

C'est quoi sa part obscure ?

11:44
Invité

La part obscure de Gatsby, c'est un peu toute l'opacité qu'on a sur sa vie, sur cette période qu'il a passée avec Dan Cody qui va décrire, bon là, on rentre un peu dans l'histoire, mais qui va décrire au fil de la pièce. Et puis, c'est surtout, on a une ellipse avec Gatsby, c'est-à-dire que du moment où il quitte Dan Cody et le moment où il retrouve Daisy, on ne sait pas trop ce qui se passe en réalité. Qu'est-ce qu'il fait, ce monsieur ? Où il est ? Quelles sont ses fréquentations ? Quel endroit il fréquente ? Et puis, on le voit s'énerver. On le voit s'énerver. Il y a un moment, il a des espèces de pertes de sang froid et on sent, il y a une profondeur dans le personnage qui est folle.

Et vous, vous avez une part obscure ? Bien sûr,

12:24
Présentateur

moi aussi, tout le monde. Vous êtes acteur, vous êtes également chanteur, vous avez beaucoup chanté sur ce que le monde vous inspirait, votre monde, est-ce que justement le fait d'être rappeur et d'être à la fois légitime dans la musique et maintenant donc légitime au théâtre avec Gatsby le magnifique, est-ce que ça modifie votre perception des choses ? Est-ce que ça fait évoluer votre part obscure aussi ?

12:53
Invité

Évoluer, dans le bon sens, dans ces cas-là. Dans le bon sens, mais clairement, quand on parle de musique, il n'y a pas que des chansons d'été très entraînantes et très... Voilà, ça reste une thérapie pour les artistes, le rare, peu importe lequel. Donc, il va y avoir des titres où je me livre un peu plus, des titres un peu plus tristes, un peu plus sombres, un peu plus obscurs. Voilà. Donc, en réalité, c'est clairement assumé.

13:16
Présentateur

Si vous deviez justement présenter le rap son évolution, parce que, alors, il faut dire qu'indépendamment du fait que vous êtes chanteur, rappeur, vous êtes également producteur, vous avez organisé toute une série de manifestations sur YouTube et ailleurs autour de vous. Vous avez produit d'autres rappeurs. Certains sont devenus extrêmement populaires, Soul King, par exemple. Si vous deviez présenter le rap à quelqu'un qui en écoute peu, très peu, voire qui ne sait pas, par exemple, que c'est aujourd'hui probablement le genre musical le plus écouté en France.

13:50
Invité

Alors, cet argument de nous sommes la musique la plus écoutée de France, c'est cool, c'est super, mais la réalité, c'est qu'il n'y a plus un rap, il y a mille raps, en fait. Il y a du rap pour tout le monde, pour toutes les heures de la journée, pour toutes les humeurs, pour toutes les sensibilités, je le pense vraiment. En réalité, il y avait, tout démarre par une niche, donc c'est vrai qu'au début, les contestations sociales, les revendications, etc. étaient à la base dans les années 80, dans les années 90. Et puis, la popularité de cette musique a fait que les thèmes se sont un peu élargis, des fois adoucis.

Il y a toujours cette niche très revendicative et très dénonciatrice, mais il y a aussi du rap pour aller en soirée, pour faire la fête. Il y a du rap pour être heureux au jour de l'an, il y a du rap pour tout le monde, en réalité. Donc, au lieu de se dire, ou au lieu de se fermer, peut-être, en se disant, bon, il y a le rap, non, aujourd'hui, c'est la musique populaire. Et je pense que si on recherche un petit peu, on y trouve son compte.

14:41
Présentateur

Pourquoi la France est-elle si bien placée dans le domaine du rap ? Pendant très longtemps, il n'y a eu que du rap américain et puis, maintenant, ça n'est plus le cas.

14:51
Invité

Qu'est-ce qui s'est passé en France ? Parce qu'on a eu des pionniers, on a eu des mecs qui ont construit ces murs. En réalité, je pense à d'énormes groupes avec d'énormes succès dans les années 80 et 90, pour ne citer que Aya ou NTM. C'est possible d'être les deux ? D'aimer les deux ? Oui. Bien sûr, c'est possible d'aimer les deux. Un amateur de rap est obligé d'aimer les deux. Il n'y a pas de problème.

15:13
Présentateur

C'est-à-dire que même si je vous embête, je n'arriverai pas à vous faire dire si vous préférez Aya ou NTM. Je préfère NTM.

15:19
Invité

C'est clairement géographique. On en est là. Mais sinon, évidemment, je connais des chansons entières d'Aya, voire des albums entiers, complets, par cœur. Voilà. Donc, on a eu la chance d'avoir des gens qui ont construit ces murs en France, peut-être plus tôt que dans d'autres pays européens, par exemple. Et c'est clair que la France fait office de capitaine dans le reste du monde en excluant les Etats-Unis.

15:44
Présentateur

Et le français, la langue française, puisque dans les groupes que vous évoquez, mais évidemment d'autres groupes, aussi, le fait d'utiliser la langue est quelque chose de primordial. est-ce que le français,

15:57
Invité

ça s'y prête bien ? Alors, le français et les français, parce qu'en réalité, on se rend compte que, via la francophonie, on entend un français dans les textes de rap, on entend un français de Côte d'Ivoire, on entend un français de La Réunion ou de Mayotte, on entend un français de... C'est des français avec des accents différents, des sensibilités différentes, des mots différents, un patois, des références différentes. Et donc, c'est les français, oui, ça s'y prête très très bien.

16:25
Présentateur

Et le fait d'avoir, là aussi, parce que le rap n'est pas une scène isolée, il y a d'autres choses que les français savent faire en matière de musique, par exemple l'électro, le fait qu'il y ait eu des hybridations, des apports des uns

16:38
Invité

et des autres. C'est absolument primordial, c'est-à-dire qu'à un moment, s'il n'y en a pas entre les différents courants musicaux ou entre les différentes cultures, c'est qu'on se freine, c'est qu'on se freine, c'est qu'on s'interdit. Donc, heureusement qu'il y a des gens pour faire bouger les lignes, bouger les codes et se mélanger et faire de la musique ensemble.

16:54
Présentateur

Qui vous paraît intéressant parmi les musiciens, les groupes contemporains en dehors du rap, Sofiane Zermani ? Qu'est-ce que vous écoutez ?

17:02
Invité

Je suis très classique, je ne vais pas dire musique classique, mais je suis très classique, gros titre des années 90, début des années 2000, je suis un grand nostalgique de mon adolescence. Je vais conclure. Et alors, pendant votre adolescence, vous écoutiez quoi ? J'ai découvert par la suite, en réalité, je découvre le monde de Bob Marley depuis quelques années, de Sting et de Police, des grands groupes qui font la musique du monde ce qu'elle est aujourd'hui. Et puis, c'est vrai que quand on est plus jeune, on est dans une niche, on est dans une culture particulière, on n'écoute que du rap.

Moi, par exemple, je n'écoutais que du rap, même si dans ma maison, il y avait d'autres musiques qui passaient, comme des musiques traditionnelles d'Algérie, etc. Mais, l'ouverture se fait un peu plus tard.

17:55
Présentateur

Voilà. Et l'on retrouve notre invité, Sofiane Zermani. Vous interprétez Gatsby le Magnifique au Théâtre du Châtelet à Paris à partir du 16 février dans une création France Culture. Vous êtes musicien, acteur, donc producteur. Un mot sur ce que vient de dire Frédéric Sey sur cette campagne présidentielle.

18:13
Invité

Vous intéresse-t-elle ? Elle m'intéresse, bien sûr, comme tous les habitants de ce pays, je pense. Enfin, peut-être pas tous, mais la majorité. Et ouais, ouais, j'ai pris bonne note de ce qu'il disait sur la proportion du nombre d'écrans maintenant. C'est-à-dire que c'est vrai, on a un peu l'impression d'être dans un multiplexe, voire dans un championnat, mais il est très difficile de passer à côté d'un face-à-face ou quoi. Et puis, je pense que ça va avec avec la multiplication des écrans, l'accès aux réseaux sociaux, etc. On le vit beaucoup plus, on le voit beaucoup plus.

18:50
Présentateur

Vous la trouvez violente, vous la trouvez intéressante, vous trouvez qu'il y a des propositions qui vous retiennent dans cette campagne ?

18:58
Invité

Les propositions qui me retiennent, pour l'instant, je suis un peu comme tout le monde. Je prends note de ce que je vois, je digère les infos, j'essaie de les analyser et de m'en faire une idée derrière. Enfin, avec un minimum de recul et de distance. Et puis, je la trouve violente, mais je pense qu'elles le sont toutes, en fait. Je pense qu'elles le sont toutes.

19:16
Présentateur

On a diffusé tout à l'heure aux environs de 7h25 un reportage sur Argenteuil, une ville de banlieue parisienne. Vous êtes né au Blanc-Ménil, un peu ailleurs dans la banlieue parisienne, mais avec des conditions similaires du point de vue de la ville qui est, elle aussi, une zone qualifiée de zone sensible. Qu'est-ce que ça vous inspire l'instrumentalisation, l'utilisation ou alors le discours sur ces zones-là, Sofiane Zermany ?

19:46
Invité

Ça m'inspire qu'on évite très souvent de s'intéresser aux vrais problèmes. C'est à partir du moment où on pense que certaines personnes posent des problèmes, c'est peut-être qu'ils en ont, en réalité. Donc je suis un peu de ce côté-là. Moi, je suis un peu de ce côté, je ne suis pas en bisounours, je suis peut-être un peu de ce côté un peu naïf qui se dit qu'il nous reste plein d'espoir pour construire plein de choses ensemble, habitant de ces quartiers ou pas. Pour le coup, je suis un à Saint-Denis pour la rectification, mais bon, on est toujours dans ce type d'endroit qui est qualifié de zone sensible.

Et je pense que c'est une zone sensible, mais ce sont des zones sensibles, mais pas pour les raisons qu'on évoque du tout, en fait. Je pense que ce sont des zones sensibles parce que la sensibilité des gens qui y vivent est heurtée, mise à l'épreuve beaucoup plus qu'autour des problèmes qu'on pense qu'ils peuvent poser ou tout du moins de ce qu'on évoque publiquement.

20:41
Présentateur

Par exemple ?

20:42
Invité

Par exemple, j'ai l'impression qu'on ne s'intéresse pas forcément aux fins de mois des familles. J'ai l'impression qu'on s'intéresse plus aux violences d'une minorité qu'aux fins de mois des familles qu'à l'accès à la santé, qu'à l'accès à l'éducation, qu'à l'accès à l'égalité. Et puis voilà, je suis très liberté, égalité, fraternité, mais en réalité, j'ai l'impression que des fois on l'oublie un peu. Au lieu de passer par la réprimande, j'ai l'impression qu'il y a plein de gens comme un monsieur qu'on entendait tout à l'heure qui passait dans le journal et qui appelait pour ce que j'ai compris un peu les gens au vote. Et puis, je pense avec une association qui s'appelle Passons Nous.

C'est ça que j'avais entendu. Je suis complètement dans cette ligne-là. J'ai l'impression qu'il faut aider les gens à se sentir concernés.

21:32
Présentateur

La question de l'islam au cœur de la campagne ou en tout cas dans la campagne de certains candidats, Sofiane Zermani ? Évidemment, il y a des mots

21:39
Invité

qui me heurtent, mais bon, j'essaye de... Lesquels ? Je vais rester évoisif. Je vais rester comédien. Je vais rester comédien. Je pense que chacun a son métier.

21:52
Présentateur

Et il y a un pays où vous êtes souvent allé, c'est l'Algérie. C'est un pays qui, pour de multiples raisons, est dans l'actualité le fait que dans quelques jours, maintenant, on va célébrer les 60 ans des accords déviants, le fait là aussi qu'il y ait de part et d'autre des tentatives de compréhension, de rapprochement.

22:16
Invité

Un peu dans le même modèle. Je suis quelqu'un qui est positif beaucoup. Je pense que l'Algérie a passé, la France a un passé. Ils ont un passé commun. Et... Comment je pourrais m'exprimer là-dessus ?

22:36
Présentateur

Est-ce que vous trouvez qu'une partie des malentendus se sont dissipés ou bien, au contraire, il est difficile à la fois pour les Algériens de comprendre les Français puisqu'il y a souvent des tensions diplomatiques et du côté

22:52
Invité

des Français là aussi ? Quand on parle, en fait, c'est ça, c'est la perception que j'en ai. Quand on parle des Français et des Algériens, pour moi, on parle du peuple français et du peuple algérien, pas forcément de leurs dirigeants et de ceux qui s'expriment et qui décident pour eux dans la diplomatie. Donc, je pense que ces deux peuples se comprennent très bien, se connaissent très bien d'ailleurs. Maintenant, après, s'il y a quelques malentendus ou désaccords diplomatiques, je pense que ça concerne ces gouvernements beaucoup plus que le peuple en lui-même. Je pense que c'est le cas dans énormément de pays et dans leurs relations, notamment dans les pays voisins.

Très souvent, il y a une espèce d'animosité, une espèce de concurrence qui se met en place entre deux pays. En réalité, le peuple n'est pour rien. C'est très souvent la manière dont ces dirigeants s'expriment et les positions qu'ils prennent.

23:38
Présentateur

Mais justement, le fait d'avoir parmi vos ancêtres des Algériens, le fait de retourner dans ce pays, je ne sais pas à quel rythme, vous y retournez, Sofiane Zermani, est-ce que cela crée une culture spécifique ?

23:56
Invité

Bien sûr, bien sûr, mais dans le côté positif, une richesse, effectivement, et puis une fierté. Clairement, quand vous parliez tout à l'heure de mes ancêtres, on n'a pas besoin de remonter à six générations pour retrouver ma famille en Algérie. Mon père arrive d'Algérie, ma mère arrive d'Algérie. Je suis le premier de ma famille à être né en France. Je suis très attaché à cette histoire, j'en suis très fier. Les bons et les mauvais côtés, je pense que toutes les histoires ont des bons et des mauvais côtés. Ensuite, le regard que j'en ai, c'est que l'Algérie est un pays jeune à l'échelle d'un pays, un pays qui a 60 ans, 70 ans, même pas. C'est un pays qui se construit.

C'est un pays à qui il faut donner le temps. C'est un peu ça, j'ai l'impression. J'ai l'impression qu'on fait très peu de cadeaux à un pays qui se construit. En réalité, il faut se rendre compte que c'est 60-70 ans de politique, d'organisation, d'essai, de loupé, de victoire, de défaite, de doute, etc. Et puis, il faut laisser le temps au temps.

24:57
Présentateur

Je vous propose d'écouter un extrait de l'une des chansons. Peut-être l'un de vos plus gros succès, c'était en 2017, Tout le monde s'en fout. Check.

25:17
Invité

J'ai pris la bande d'arrêt, j'avais pas le temps pour faire la file. Oh, je suis mal entouré, bourré comme la moitié de ma ville. On n'oublie pas la DN, on n'oublie pas les douilles, le diable s'habille en Prada ou comme il veut, je m'en bats les couilles. Hier a tout oublié, demain matin par le mal. Personne ne m'aime et puisque c'est comme ça, j'irai sans vous. Personne ne te comprendra jamais, dis-leur pas comme ta malle. N'oublie pas le principal, au fond, tout le monde s'en fout. Grandis sous un drapeau pirate, j'allais avec le vent. C'est l'un de vos plus gros succès, Sofiane Zermani ? Oui, c'est clairement le premier. Il personnifie l'explosion, celui-là.

C'est mon premier gros succès. Dans cet album, qu'est-ce que vous vouliez raconter ? Un peu dans la lignée de mes albums précédents, de mes mixtapes précédents, de mes projets précédents qui ne fonctionnaient pas plus que ça. En réalité, j'ai mis beaucoup de temps à pouvoir... Ça arrivait à sortir la tête de l'eau, à me faire connaître et d'ailleurs, c'est passé par ce titre. Beaucoup de temps, vous n'êtes pas non plus très âgé. Oh, quand même, on a commencé tôt, on va dire ça. Qu'est-ce que j'ai voulu raconter dans cet album ?

Un peu dans la continuité, la manière dont je vois le monde, ma sensibilité artistique à moi, ce que j'avais envie de partager avec les gens, faire des chansons, c'est juste essayer de partager une pensée, un bien-être, un mal-être, quelque chose qui nous tient à cœur et qui nous ressemble et qui nous décrit par de l'art. Que ce soit une sculpture, une peinture, une chanson. En général, c'est une part de soi qu'on met dedans. Clairement, j'ai essayé de partager un peu de moi avec les gens. Pourquoi ça a mis du temps si pour vous, ça a mis du temps ? Je ne sais pas pourquoi ça a mis du temps. Je pense que je suis d'une génération où il y avait beaucoup d'offres.

C'est une espèce d'explosion du rap français et beaucoup de rappeurs. Et puis, c'était un peu plus compliqué que pour les générations précédentes de faire sa place, tout simplement. Donc, cette tension, ce n'était pas une énorme traversée du désert. Mais bon, une dizaine d'années, ça peut constituer un moment.

27:31
Présentateur

Avec un album où vous parliez politique, vous évoquiez, par exemple, la manifestation du 17 octobre 1961. C'était dans Bois d'Argent. On va d'ailleurs en écouter un extrait.

27:42
Invité

Vous vous souvenez encore

28:10
Présentateur

des paroles. Sofiane Vermani, c'était peu courant d'avoir une chanson sur cette manifestation aussi, d'avoir ce mélange de textes qui sont à la fois des textes sur la vie de tous les jours et des textes beaucoup plus politiques.

28:27
Invité

En réalité, c'était une manière de... On a l'impression qu'on a une espèce de dépôt de certaines histoires, je ne vais pas dire de l'histoire parce que ce serait très prétentieux, mais de certaines histoires qu'on doit faire connaître, qu'on doit relayer et qui ne doivent pas être oubliées, qui ne doivent jamais être oubliées. Et je pense que cette manifestation du 17 octobre 1961 fait partie, clairement. Donc, c'est à nous de dire aux plus jeunes, mais sur cette partie-là, comme sur...

comme sur d'autres parties, comme sur d'autres événements, comme sur d'autres choses de l'histoire qui ont pu nous marquer et dont on a l'impression qu'il faut faire le relais et dont on a l'impression qu'il faut informer les gens.

29:06
Présentateur

Par exemple, quel autre élément de l'histoire ? Parce que le 17 octobre 1961, c'est à la fois une date qui a été longtemps oubliée, mise sous le tapis. Ensuite, il y a eu les excuses de la France ou la reconnaissance qu'il y avait eu quelque chose, mais ce n'est pas pour cela, évidemment, que la blessure est refermée ?

29:30
Invité

Clairement, et puis de toute manière, je pense que j'ai entendu un million d'avis divergents sur la position de la France vis-à-vis de ce soir-là et même sur la démarche et même sur le fait que cet événement ait existé. Maintenant, la vérité, c'est que peu importe l'avis qu'on émet, je pense que l'important, c'est d'en parler, en fait. Peu importe qu'on soit d'accord ou pas d'accord, c'est important de remettre ça sur la table. C'est important, d'autant que l'Algérie,

30:02
Présentateur

en fait, elle est très présente dans la vie politique française. Éric Zemmour a des positions sur l'Algérie. Il est lui-même originaire d'Algérie. Emmanuel Macron s'est exprimé à plusieurs reprises, différemment d'ailleurs, sur la question algérienne. Il y a la question des harkis, la question des pieds noirs aussi, qui est là aussi une mémoire douloureuse pour la France. Et, finalement, on a l'impression que tout ceci est encore dans une sorte de placard, que ce n'est pas quelque chose qui est véritablement comme cela posé dans le débat public.

30:37
Invité

J'ai l'impression qu'en fait, il y a quelque chose qui m'étonne énormément quand on parle de ces sujets-là. C'est qu'on parle de la douleur. C'est douloureux pour la France. C'est un sujet pour la France. C'est un placard pour la France. En fait, c'est douloureux pour les gens qui l'ont vécu. En réalité, j'ai l'impression qu'on prend le débat envers, qu'on prend la position de l'autre côté. Et on veut dire qu'on oublie les gens ? Non, ce n'est pas ça. J'ai l'impression qu'on essaie de soigner les mots M-A-U-X de la France au lieu de parler des mots de ces personnes. Donc, en réalité, au-delà d'être de souvenirs douloureux pour la France comme tout pays dans le monde

31:13
Présentateur

peut avoir... Là, je parlais des différentes catégories. Les Algériens, bien sûr. Les Arquis, les Pieds Noirs, bref. Tous les gens qui ont été des protagonistes de cette histoire.

31:21
Invité

Effectivement, mais j'ai l'impression que... C'est-à-dire qu'on parle du sentiment de la France par rapport aux Pieds Noirs, par exemple. Mais c'est vrai que j'aimerais beaucoup plus entendre le sentiment des Pieds Noirs par rapport à la France. En fait, c'est dans l'autre sens. J'ai l'impression qu'il y a une espèce de débat à sens unique. Et puis, bon, après, je pense que je n'ai pas en plus légitimité à m'exprimer sur certains sujets. En réalité, parler des Pieds Noirs, des Arquis, ou peu importe. Pourquoi ? Pourquoi vous êtes légitime ? Justement, deux catégories dont je ne fais pas partie. En réalité, je ne suis ni descendant de Harkin ni descendant de Pieds Noirs.

Ma famille a participé à cette guerre, a perdu beaucoup d'hommes dans cette guerre. C'est une histoire douloureuse pour ma famille avant d'être une histoire douloureuse pour l'Algérie ou pour la France. Tout simplement, c'est de ce côté-là que je le prends.

32:09
Présentateur

Le fait qu'il y ait eu de la politique dans le rap, vous êtes l'un des exemples de ces chanteurs qui ont des textes politiques. Tous vos textes ne sont pas politiques, mais certains le sont. vous avez aussi des textes sur la police, sur la violence, sur la drogue. Sofiane Zermani, c'est là aussi quelque chose d'important parce que pendant de nombreuses années, la musique n'était pas politique. Le disco, il y a eu des musiques pour faire la fête, il y a eu différentes choses. I am était peut-être même certainement moins politique qu'NTM puisqu'on parlait tout à l'heure des deux pôles du rap.

32:43
Invité

Alors ouais, et puis en plus, je pense que la sensibilité d'un artiste au fil d'une carrière évolue en réalité. Il y a certains sujets qui nous intéressent plus à un certain âge, il y a certains sujets qu'on va traiter avec beaucoup plus de passion à un certain âge, peut-être limite à sortir de trois phrases de son contexte dans une chanson entière qui pourrait étonner ou sur lesquelles on pourrait débattre.

Mais je pense que l'important en réalité c'est de s'exprimer s'il y a des artistes qui ressentent le besoin de s'exprimer sur certains sujets et qu'ils le fassent et s'il y en a d'autres qui ont juste envie de faire passer un bon moment aux gens et de boire un verre en soirée et d'accompagner ça avec de la musique qu'ils le fassent en réalité. Je ne vois plus en réalité par rapport aux artistes des années 80 et des années 90 même avant cette espèce de responsabilité de prise de position qu'on pouvait avoir chez certains artistes à l'époque.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui les artistes sont peut-être un peu plus libres c'est-à-dire qu'on peut faire une carrière sans évoquer quelque fait de société ou de politique que ce soit donc voilà si des fois on prend la parole sur certaines choses c'est que ça nous touche.

33:48
Présentateur

Sinon ça a été une période quand même assez compliquée pour les artistes pour tout le monde mais pour les artistes en particulier vous avez été privé de concert pendant très longtemps qu'est-ce que ça a suscité en vous ?

33:59
Invité

On a été privé de concert le public a été privé de concert en réalité c'est parce que c'est cool de nous plaindre et de dire qu'on s'ennuie depuis deux ans c'est très gentil mais le public aussi il y a les habitués des festivals ceux qui se déplacent à tous nos concerts etc.

Donc oui effectivement on a eu la chance l'énorme chance et j'en fais partie on a été quelques-uns à pouvoir remonter sur scène cette année enfin l'année dernière notamment à partir du mois d'août donc on avait d'énormes festivals qui se sont rouverts qui se sont tenus comme la fête de l'humanité à laquelle j'ai participé et je pense qu'on va se réparer doucement on va se réparer doucement on va repasser du temps ensemble et voilà donc oui si on enlève la scène à un artiste qui aime ça effectivement c'est difficile mais je pense que ces artistes dont on parle ne sont pas parmi les premiers forcément à pouvoir se plaindre donc voilà Bon mais il y a beaucoup d'artistes

34:53
Présentateur

qui ont dû avoir de vrais soucis puisque les artistes gagnent de moins en moins d'argent avec leurs disques il y a les plateformes de streaming et puis il y a la scène qui permet à beaucoup de vivre il n'y a pas eu de scène comment ils ont fait les artistes qui n'avaient peut-être pas de grands contrats

35:12
Invité

pour certains c'est surtout pour les jeunes artistes que c'est impactant parce qu'en réalité un artiste avec 20 ans de carrière on estime qu'il a réussi à faire tenir une économie un peu plus ou moins viable plus ou moins viable autour de lui pour les jeunes artistes il y en a qui ont galéré il y en a qui ont galéré réellement il y en a qui ont il y en a qui vont redemander peut-être une avance histoire de vivoter quelques mois il y en a qui vont épargner peut-être un peu plus ou baisser un peu le train de vie mais au final au final les revenus les sources de revenus différentes d'un artiste restent multiples pour ceux qui s'en informent et qui sont curieux d'aller fouiller et voilà les concerts les concerts font partie de ces sources de revenus mais ce n'est pas les seuls vous avez créé une sorte

35:57
Présentateur

d'écosystème on va appeler ça ainsi autour de vous Sofiane Zermani avec à la fois une chaîne Youtube vous avez produit des gens on va écouter un extrait de l'émission que vous avez créé sur une chaîne Youtube rentre dans le cercle

36:12
Invité

Fianzo aujourd'hui on a réuni la crème dans le cercle la crème des kickers la crème des médias la crème des majors la crème des beatmakers la crème des DJ toutes les branches de nos métiers tous ceux qui ont répondu à l'appel du cercle sont là aujourd'hui Fianzo pour le premier épisode rentre dans le cercle

36:32
Présentateur

Fianzo je crois que c'est vous Sofiane c'était le premier épisode donc c'est un peu un collecteur c'était quoi l'idée de rentre dans le cercle

36:42
Invité

l'idée de rentre dans le cercle c'était un petit peu de revenir au basique je suis un amoureux du live du freestyle de cette espèce de côté brut qu'on peut avoir dans le rap et qui était très marqué dans ma génération et j'avais juste j'avais juste envie de proposer un contenu un peu sur le modèle d'une émission avec du live avec du live où on pourrait mélanger des gens très connus avec des gens totalement inconnus mettre en avant des métiers de cette musique et découvrir des personnes et des visages démystifier un peu tout ce côté business donc il y a toute une partie interview dans laquelle je vais interviewer ou faire participer des professionnels de la musique etc on met des disciplines qui sont des fois à l'arrière des artistes qu'on voit un peu moins les compositeurs les DJ et puis c'était la première démarche c'était vraiment de proposer un contenu live et de se faire plaisir avec les copains en fait

37:33
Présentateur

Youtube a tout modifié les plateformes de streaming comment on fait pour vivre avec des plateformes de streaming aujourd'hui quand on est artiste

37:40
Invité

et bien on a des royautés on a des royautés après c'est important effectivement c'est important de savoir à quel jeu on joue donc les plateformes de streaming sont un certain revenu qui sont différents par exemple d'une vente d'albums physiques donc consommer un album en streaming effectivement ça ne rapporte peut-être pas la même chose à l'artiste que consommer un album physique mais ça permet ça permet peut-être plus de passage peut-être plus de rendre les musiques plus populaires et du coup de remplir des salles donc d'un côté on y perd et de l'autre côté on s'y retrouve

38:14
Présentateur

mais le fait qu'il y ait aujourd'hui des acteurs un acteur je crois Spotify on a beaucoup parlé dans l'actualité polémique sur des podcasts qui sont aujourd'hui disponibles qui sont des contenus exclusifs d'ailleurs de Spotify comme le le podcast de Joe Rogan qui du coup a été écouté on s'est rendu compte qu'il y avait des émissions où des propos racistes étaient tenus d'autres émissions où des propos anti-vax étaient tenus mais Spotify c'est avant tout une plateforme qui diffuse de la musique c'est devenu un monstre

38:47
Invité

c'est devenu un monstre mais pas que les autres ne sont pas en reste je pense à nos français de Deezer je pense à Apple Music aussi et puis après tout si ces plateformes commencent à produire du contenu pourquoi pas maintenant ça reste d'énormes monstres internationaux avec des politiques beaucoup plus larges et tout du moins des préoccupations beaucoup plus larges que peuvent avoir l'opinion des français des suédois des russes peu importe voilà c'est d'énormes monstres internationaux qui créent du contenu pour le monde entier donc il y a des choses qui vont choquer dans certains territoires d'autres non etc voilà

39:25
Présentateur

pour les artistes eux les artistes importants demeurent des artistes importants ça écrase complètement

39:31
Invité

les maisons de disques en revanche je ne sais pas si ça écrase les maisons de disques je pense que ça accompagne les maisons de disques les plateformes de streaming qui sont clairement des partenaires de maisons de disques et d'ailleurs de tous les labels en règle générale que ce soit des gros indés ou des majors donc non c'est une nouvelle ère comme un peu dans énormément de domaines le digital prend énormément de place et puis je pense qu'il faut s'adapter

39:52
Présentateur

vous êtes bien adapté puisque vous avez lancé d'autres artistes on va vous écouter avec Soul King qui est l'un des artistes les plus connus que vous avez lancé Sofiane Zermeni alors cette fois-ci c'est au producteur que je m'adresse

41:12
Invité

si vous pouvez nous présenter Soul King Soul King c'est un jeune artiste avec une rayonnance clairement internationale qui fait des concerts dans le monde entier qui a sorti un album en 2018 qui est disque de platine un autre en 2020 qui est aussi disque de platine c'est un jeune mec qui a grandi dans les rues d'Alger qui a une histoire extraordinaire qui a vécu trois vies malgré son jeune âge et qui a un talent monstre en fait voilà

41:37
Présentateur

qu'est-ce qui vous a attiré chez lui c'est très mélodique ça plaît beaucoup c'est devenu un artiste important qu'est-ce qu'il apportait qu'il n'y avait pas à l'époque dans le rap

41:50
Invité

puisque ça fait donc maintenant il apportait il apportait du Soul King c'est clairement un mélange un mélange et un courant c'était quelque chose qu'on n'avait pas entendu en réalité on va y reconnaître énormément de choses et en même temps c'est comparable à pas grand chose donc on va y reconnaître énormément de courants on va entendre peut-être des accents un peu de rail de rap de chansons françaises voilà parce que son exemple un de ses plus gros hits s'appelle Dalida et il reprend Parole de Dalida donc il assume clairement toutes ses influences et voilà c'était quelque chose de nouveau c'était vraiment un souffle nouveau quelque chose qu'on n'avait pas entendu qu'on ne connaissait pas et donc nous en tant que producteur on prend les risques et puis c'était un pari gagnant c'était un pari