Crise budgétaire : l’analyse de Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va regarder des images officielles de vous en habit de premier président de la Cour des comptes. Que signifi ces images et que signifient ses habits aussi ? C'est que nous sommes des magistrats, donc nous portons la robe ce qui est aussi notre indépendance et le premier président quelqu'un porte l'ermine.
Je veux rassurer ceux qui sont les protecteurs des animaux. Hermine aujourd'hui, c'est du lapin. Euh c'est plus de l'hermine.
On ne tue pas les hermines pour mais on tue des lapins et ça arrive qu'on il vous arrive même d'en manger peut-être du lapin. Donc c'est un peu moins grave que pour l'ermine. D'accord.
Et donc que signifient ces images ? Qu'est-ce que qu'est-ce que vous faites ? Et là, il y a des gens là c'est à la cour des comptes.
Il y a des gens qui viennent prêter serment parce comme les magistrats sont assermentés, ils doivent prêter serment de respecter euh leur profession, de se comporter en tout comme de dignes et loyaux magistrats. Ce qu'il vaut pour les magistrats qui sont là comme pour ceux qui sont pas là. Il m'arrive d'avoir à rappeler à certains leurs obligations déontologiques.
Est-ce que vous pouvez expliquer à quoi sert un premier un premier président de la Cour des comptes à un enfant de 8 ans ? En quelques mots, par exemple à lui. Expliquezlui ce qu'est le premier président de la Cour des comptes.
J'ai beaucoup de mal parce que j'ai un enfant de 7 ans moi-même et j'ai jamais réussi. Je n'ai jamais réussi à lui expliquer. C'est pas du tout pour les enfants de 8 ans.
Il faut à mon avis avoir beaucoup plus pour comprendre ce que c'est. Comme s'il y a pas d'enfant de 8 ans enfant enfant pour les grands enfants. Bah disons que nous contrôlons la gestion, les comptes de l'État, de la sécurité sociale, des collectivités locales, des organismes qui dépend, de l'argent public. argent public.
Je vais prendre un exemple sur de rapport récent. Nous ont fait un rapport sur le Lourd qui a fait un peu parler de lui. Ça c'est un organisme public.
Nous ont fait un rapport sur comment vous faites Ah bah oui, on a des Vous allez là-bas, vous demandez à la comptable d'avoir les d'avoir les chiffres. Pas que les comptables, on rencontre l'administrateur, on rencontre la présidente directeur général, on rencontre les équipes, on rencontre les conservateurs, on rencontre tout le monde et parce que c'est pas juste sur la comptabilité, c'est sur la manière dont c'est géré. Par exemple, le rapport sur le Louvre a fait beaucoup parler de lui parce qu'il a montré de manière assez éloquente qu'on avait dépensé beaucoup d'argent pour le musée, ce qui était pas mal.
C'est un musée quand même en achetant par exemple 2750 œuvres depuis 2018 dont un car est montré au public mais que par contre on avait oublié que c'était inondable qu'on pouvit avoir des incendies que la sécurité n'était pas bien assurée et donc nous avons voulu rappeler par exemple qu'il fallait mieux aujourd'hui investir sur les infrastructures défaillantes du Louvre pour le mettre à niveau plutôt que de lancer tout de suite des grands projets. Est-ce que c'est désagréable de dire que les rapports de la Cour des comptes, je pense pas au Louvre, mais les rapports sur les dépenses de l'État, le fonctionnement de l'État font toujours recette dans la presse. Il y a beaucoup de Mais personne ne les suit.
C'est ça. Ah, c'est ça. Personne c'est ça.
Est-ce qu'il sont obligés de suivre conseil ? C'est c'est Je peux répondre à ça. D'abord, il y a à peu près 75 % de recommandations qui sont suivies, ce qui n'est pas mal.
Oui, oui, oui. On a un rapport de suivi des recommandations 75 % 75 %. Là où vous n'avez pas tort, c'est que sur les grands sujets de finances publiques, notamment la gestion de du budget, la dette et cetera, c'est pas le cas.
Mais vous savez quand vous dites les médias, c'est pas que les médias les Français les Français nous connaissent. 90 % des Français connaissent la Cour des comptes. 70 % on une bonne une bonne opinion.
Ils ont confiance en nous parce qu'ils savent que nous nous produisons des chiffres indépendants. Et par exemple, si aujourd'hui on parle autant de la dette, c'est parce que nous sommes un peu des éclaireurs. Nous avons fait prendre conscience à beaucoup de gens que c'est pas un sujet mineur.
Il y a il y a 2 3 ans quand on parla de dette publique, vous preniez les sondages, quels sont vos 15 premiers sujets ? La dette était 15e, aujourd'hui c'est 3e 4e et on nous écoute beaucoup et par jour de le dire on nous croit plus que les pouvoirs publics et donc nous avons une voix très écoutée même s'il est pas suffisamment entendue. Voilà je et et c'est sur mais c'est sur des si par exemple on fait des propositions sur le Louvre ou sur tel ou tel organisme sur France Télévision ou d'autres, on écoute ce que nous proposons et on l'exécute plutôt on le met en œuvre.
Et il y a une nouveauté c'est que les Français qui vous connaissent donc peuvent vous saisir. Absolument. J'ai j'ai choisi c'estàd que je remarque que je que il y a une administration je trouve un peu suspecte.
Je vous appelle je vous appelle j'ai fait deux choses entre depuis que je suis premier président. D'abord j'ai fait publier tous nos rapports avant quand je suis rentré à le cours des comptes il y a bien longtemps on a publié un c'est le rapport public annuel quand je suis revenu comme premier en 2020 on a publié 35 aujourd'hui tous nos rapports sont publics. C'estàd tous les je crois qu'on les a.
Il y a la SNCF, il y a le Louvre en effet, il y a je vais prendre je vais prendre ces dernières semaines. Le Louvre, le pack, la fiscalité du patrimoine, les gares ferroviaires, la situation des hôpitaux, les Jeux Olympiques, Notre Dame. Et dedans on y trouve quoi ?
On trouve tous les chiffres qui sont pas que les chiffres, on trouve aussi la manière dont les choses ont été faites. Par exemple, Notre-Dame, oui, c'est une belle réussite que d'avoir réussi en 5 ans à redresser cette cathédrale auquel les Jeux Olympiques ont été aussi une réussite coûteuse mais une réussite. Notamment la sécurité a coûté plus cher que ce qui était prévu.
On trouve des observations et comment je vous saisis ? Alors, d'abord tout est public, ça c'est très important parce que ça accroit la transparence. Et ensuite, j'ai lancé une plateforme citoyenne.
C'estàd que tous les mois de septembre, des citoyens peuvent nous adresser des propositions de thèmes euh qui ensuite sont repris pour quelques-uns dans notre programme à peu près ça. Sur quel sujet on vous interpelle par exemple ? Ben, je vais vous prendre deux thèmes.
Là, ce matin, j'ai présenté un rapport qui est une évaluation de politique publique qui vient d'une demande citoyenne, lutte contre la corruption. L'année dernière, j'ai présenté un rapport sur la place des cabinets d'audit privé dans la fonction publique. Sujet qui a quand même fait couler un peu d'encre.
La politique d'égalité homme-femme a été un sujet qui était un sujet citoyen. La manière dont est géré la chasse en France. Voilà quelquesuns des thèmes que les citoyens nous proposent.
L'audiovisuel public par exemple, ça intéresse les Français ou pas du tout ? Ça c'est un thème qui intéresse beaucoup les français mais nous le traitons par nous-mêmes. Il y a les thèmes que c'est vous qui avez sonné la sonnette d'alarme sur le service public et on a fait un rapport il y a l'année dernière sur Radio France, on en a fait un sur France Télévision qui d'ailleurs n'était pas un rapport négatif mais qui soulignait bien la situation.
C disz que c'était pas très tenu quoi. Euh c'est pas ça, c'est que l'actionnaire lui non plus ne joue pas son rôle. Mais disons que financièrement, en tout cas, il y a les difficultés à France TV, même si à côté de ça, la gestion de l'entreprise n'était pas en soi critiquable globalement.
Est-ce que vous subissez parfois des pressions ? Alors, j'en sais rien parce que si quelqu'un avait la fantaisie de me passer un coup de fil pour me demander de changer quelque chose ou de faire quelque chose, il serait reçu. Jamais de coup de fil, ceux qui réduit jamais de SMS.
Jamais de coup de fil. Non, on peut échanger avec des gens, ça c'est autre chose. Ah ben c'est c'est une forme de pression.
Non non non. Si encore une fois l'indépendance suppose y compris d'être un peu rude, un peu ferme. Personne ne peut faire pression sur un magistrat de la Cour des comptes et la fonction que j'occupe, je l'arrête le 31 décembre mais tant que je l'occupe et depuis que je l'occupe, je suis inamovible.
C'est moi qui choisi de partir ou alors il y a là je la retraite et puis personne ne peut faire pression sur moi. Et est-ce que vous avez décalé oui ou non le rapport de France Télévision à la demande de France Télé ? Mais jamais de la vie.
Voz ça c'est une légende urbaine qui pour permettre la nomination. Alors oui, un député rapporteur de cette commission s'est permis de prétendre. Oui, c'est le rapporteur.
Il a dit des bêtises. Ah oui, d'abord il a dit qu'on avait reçu un mail du secrétaire général Fran nous demandant de reporter le rapport. Personne n' trouvé trace de ce mail.
On a fait enquêter comme il le fallait. Aucun des magistrats notamment qui l'a mise en cause personnellement n'avait reçu ce mail. un communiqué vient de sortir et deuxièmement il prétendait que on l'avait retardé ou qu'on pensait à le retarder pour euh permettre à ma me d'être désigné.
Or ce monsieur ne sait pas du tout comment ça fonctionne à la cour des comptes qui est que nous pilotons nos rapports et que le rapport était très loin d'être fini de toute façon comme madame a été désigné. Donc ça aurait été plus opportunction. Donc ça aurait éclairé la décision de l'AR.
Et pour ça, il aurait fallu qu'on le commence plus tôt et qu'on les fait exprès pour ça. C'était pas du tout le jeu. Nous, nous ne sommes pas là pour faire de la politique.
On n'est pas là pour plaire. On n'est pas là pour déplaire. On fait notre travail en toute indépendance et ceux qui prétendent qu'en l'occurrence on aurait été influencé par le secrétaire général de France Télévision, monsieur Tardieux, pour permettre à Madame Bernard de passer tranquillou l'affaire et cela ne disent pas la vérité très clairement.
Et après faire des tweets prétendant que magistrat la Cour des comptes aurait menti, ça j'aime pas. Sou serment en plus. Sousement.
Ouais. Ouais. Non, il dit des mensonges dans les dans les commissions.
Le budget de la sécurité. Les parlementaires ont beaucoup de droits. J'étais moi-même parlementaire trois fois.
Je le respecte complètement. Mais pour autant les fake news sont pour tout le monde et nous notre grande force c'est que c'est le parti de on parle de du parti de d'Éric Siotil l'UDI. Oui, vous savez moi moi je constate quand même, vous avez raison, vous avez cité mon CV entre guillemets, je suis un vieux con maintenant. euh une certaine dégradation comme de la qualité du débat public avant.
Non, c'est pas question que c'était mieux avant. C'est ben c'est que tout vous connaissez ça un peu aussi Jean-Michel Apatti. Disons quand même qu'aujourd'hui euh on a tendance à des assertions un peu faciles, pas vérifiées, qu'on fonctionne plus par l'émotion, la claque, le ressentiment que par le raisonnement et les changes d'arguments.
Ça vous va ? Je sais pas si c'était mieux avant mais c'était pas pire. On parle du budget.
Le budget de la SQ donc sociale est passé tout à l'heure. Je rappelle les chiffres. 247 ont voté pour, 234 ont voté contre.
C'est adopté à 13 voix d'écart. Vous dites ouf. Je vais vous faire une confidence.
Moi, je suis pas surpris. J'étais absolument persuadé que ça passerait. Pourquoi ?
Ouais, c'est pas c'est pas passé de beaucoup. Oui, mais on arrive quand même à savoir, vous savez, au pronostics était pas totalement faux avant, ils sont même un peu plus larges parce que en réalité, le coût du nonvote était trop important par rapport au coût du vote. C'està-dire qu'il entrait c C'est quoi ce coût ?
Bah, ça recré des conséquences politiques extrêmement graves, instabilité gouvernementale, en chiffre, est-ce que vous l'avez chiffré ? Alors, il y a deux choses. Oui.
Bon, c'est chiffré, c'est s'il y a pas de budget, euh le déficit de la sécurité sociale serait monté à 30 milliards d'euros. Euh avec un budget, il faudra faire les compteurs et les comptes, ça tombera entre 20 et 23 milliards d'euros, ce qui est plutôt 23 au moins. Ce qui veut dire que ça restera au moins au niveau de l'an dernier.
Je veux rappeler qu'il y a 2 ans quand même, ça pour les Français c'est sérieux, le déficit de la SQ était de 11 milliards. Donc, il a plus que doublé et il ne baisse pas. Par ailleurs, par rapport au textes qui avait été proposé par le gouvernement, il proposait 17,5 et si c'est 23, bah c'est quand même substantiellement plus.
Et donc du point de vue qui est le mien, celui du président de la Cour des comptes disons je me réjouis qu'un budget a été voté à quel prix ? Je me dis que pour l'amélioration de nos déficits, c'est pas ça. Et qu'on a des déficites beaucoup trop élevés qui entraînent une dette beaucoup trop élevée, que cette dette trop élevée est un poids qui pèse sur les Français et qu'elle nous fait perdre de la crédibilité, de la souveraineté, la capacité à agir.
À quel prix pour vous il est passé ? On va reparler de la dette. Je pense que c'est une affaire, pardon, mais qui est assez purement politique.
C'està-dire que les députés, je sors les députés LFI, je sors les députés RN, les autres se sont posés la question. Vous vous en sortez beaucoup du coup hein. Oui.
Non, parce que eux, on savait qu'ils allaient voter contre. Hm. Les autres, ceux qui étaient dans l'incertitude, si vous voulez, bah ils avaient le choix entre ne pas voter et entraîner une nouvelle crise dans un pays qui quand même est secoué par l'instabilité politique ou bien laisser passer et permettre qu'on ait un budget certin satisfaisant, mais quand même c'est mieux que rien.
Je ne ferai pas le même pronostic forcément pour le pour le budget de l'État. Alors sur euh euh on retrouve Paul Gasnier donc qui est à l'Assemblée nationale et qui avait une question pour vous justement sur les ces autres députés. Oui, monsieur Moscovici, on a dit tout à l'heure que ça s'était joué à pas grand-chose et aujourd'hui pour le vote du budget de la SCU, l'obsession de tous les partis c'était d'essayer d'estimer combien il y aurait de députés électrons libres, c'est-à-dire des députés qui votent librement et qui votent contre les consignes de vote de leur président de groupe.
Par exemple, pour votre famille politique, le Parti socialiste aujourd'hui, il y a six députés socialistes qui n'ont pas voté conformément aux consignes de leur président de groupe. Ils se sont abstenus, ils ont pas voté pour. Alors, je voulais vous demander, vous qui avez été député du dou, député socialiste de Surcroix pendant plus de 5 ans en cumulé, il me semble, est-ce que ça vous est déjà arrivé de voter contre les consignes de vote de votre président de groupe ?
Est-ce que vous pouvez nous raconter dans ces cas-là comment ça se passe les tractations dans les dans les coulisses ? Non, ça ça m'est pas arrivé. Vous parlez de ma famille politique, incontestablement, j'ai été socialiste et comme j'ai pas subi de l'levage de cerveau comme citoyen, je suis à peu près toujours de cette idée.
Mais comme premier président de la Cour des comptes, j'ai un devoir de réserve total et je n'ai jamais pris je ne prendrai jamais une proposition partisane. Mais néanmoins ce que j'observe car je connais un peu la politique, c'est que finalement la surprise du chef dans l'affaire, c'est que les socialistes qui sont à parti de l'opposition ont voté pour. Alors, c'est peut-être 60 sur 66, mais c'est quand même beaucoup.
Euh et et donc si vous voulez paradoxalement, ce sont les socialistes euh parti d'opposition qui permettent que ce budget soit voté. Donc ils sont encore dans l'opposition. Bah disons que sur cette affaire-là, ils ont une attitude constructive sans doute parce qu'ils pensaient qu'on leur ait fait suffisamment de concession.
Sauf qu'on va leur dire qu'ils sont plus dans l'opposition. C'est un petit risque peut-être et c'est tout bf. Et ça ça fait partie de la politique aussi.
Disons que ce qui va être intéressant d'observer, c'est s'ils font la même chose sur le vote du budget. C'est pas sûr. Là, les socialistes ont voté pour parce qu'ils ont eu la réforme des retraites à l'envers, ce qui n'a pas dû plaire au premier président de la Cour des comptes.
Alors là, ça m'est totalement égal. Euh mais simplement ce que je veux souligner, c'est que les Français n'en ont pas fini avec les réformes des retraites, avec le financement des retraites parce qu'il a déjà un déficit de 6 milliards. La réforme devait rapporter 10 milliards.
Là, elle est suspendu, ça coûte pas trop cher, mais on verra après 2027. Ça veut dire quoi ? On en a pas fini.
B, je vais vous expliquer. Euh aujourd'hui 6 milliards de déficit euh en 2030 toujours 6 milliards de déficit. Si la réforme est appliqué et on verra ce qui se passe après 2027.
Si elle ne l'est pas 10 milliards de plus et en toute hypothèse 15 milliards en 2035 30 milliards en 2045. Pourquoi ? pour une raison très simple parce que nous sommes une société qui vieillit et que comme on dit le ratio c'estàdire le le rapport entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaille pas les retraités dans un système qu'on appelle un système répartition justement selon les cotisants qui payent pour les autres bah ils se dégradent et donc à un moment donné il faudra bien réformer le système.
Donc ça veut dire ça veut dire que c'est une connerie cette suppression. Non ça veut dire simplement que la réforme des retraite n'est pas un sujet fini que le financement des retraite est un sujet devant nous. Oui, mais là il y avait une solution qui avait été apportée, elle est retirée.
Donc si on suit votre en avance, c'est une comp. Non, elle est pas retirée, elle est suspendue. Ça je crois que c'est important.
Non, c'est pas un jeu de mot parce que la suspension coûte finalement pas très cher. Elle coûte 400 millions cette année. Un peu plus d'un milliard l'an prochain.
C'est pas la mère à boire dans le contexte. Mais ce qui est très clair pour tout le monde, c'est qu'en 2027 dans le débat présidentiel, on va reparler des retraites. Hein.
Il y aura ceux qui seront pour, il y a ceux qui seront contre. Et si on pense que celui qui dit il faut refaire la réforme de retraite et décalé à 64 65 ans, l'âge de départ à la retraite va être élu avec un programme comme ça. Bon courage hein.
Mais il y a pas que cette solution là mais enfin on va pas s'attarder. D'autres manières de réformer la retraite. D'autres pays l'ont fait d'une manière un peu différente.
Alors il y a notre notre dette est la plus importante de l'Union européenne et notre déficit est le plus élevé de la zone euro. Est-ce que ça signifie que la France est devenue un petit pays ? C'est pas devenu un petit pays mais c'est un pays dont les finances publiques sont en mauvais état incontestablement.
C'est quoi un petit pays ? Alors bah un petit pays c'est un pays qui est plus petit. Nous nous sommes encore un grand pays.
Non mais je Pourquoi est-ce que je dis ça ? Pardon celle de la palissade. Nous ne sommes pas un petit pays.
Nous sommes un pays membre du G7, les se presque pays du monde. Un pays membre du G20. Nous sommes un pays membre du permanent du Conseil de sécurité des Nations- Unies.
Nous avons encore la 7e économie du monde. On n'est pas un petit pays. Mais par contre, je dirais qu'on a un pays qui commence à se dégrader ou à se déclasser et que quand vous avez une dette quand même de 3500 milliards d'euros, quand chaque année vous remboursez 75 milliards d'euros pour cette dette, autant d'argent que vous pouvez pas utiliser pour des trucs plus intelligents quand même, l'écologie, la transition numérique, la défense, l'innovation, l'éducation.
Et bien petit à petit, vous avez une sorte de nœud coulant autour du cou qui vous empêche d'agir pour le bien des générations futures. La dette publique, c'est toujours une dépense publique. C'est la plus stupide qui soit.
Et de surcroix, ce que j'observe, c'est que comme on empreinte beaucoup, nous sommes les premiers emprunteurs de la zone euro, 310 milliards d'euros par an, on nous fait payer de plus en plus cher. Vous avez rappelé que j'avais des commissaires européens jusqu'en 2019. Imaginez que la France aurait une dette publique plus importante que la Belgique, l'Espagne, le Portugal.
Pour moi, c'était pas possible. 2019, c'est pas si loin. Imaginez que nos taux d'intérêt seraient supérieur non seulement à ces trois pays, mais à la Grèce.
Moi, j'ai passé 7 ans à ramer pour que la Grèce sorte de son programme. Imaginez que nous avons des taux d'intérêt plus importants que l'Italie. Ces derniers jours, nous sommes légèrement au-dessus.
On a l'impression qu'on y arrivera jamais. Pierre, ça veut dire que notre signature se dégrade. Nous ne sommes pas un petit pays, mais nous sommes un pays qui paye de plus en plus cher sa dette.
On va pouvoir un jour redresser les comptes de la France. On sait que c'est possible. Écoutez, je crois qu'il faut le faire avant que la crise nous l'impose.
On nous dit ça depuis des moisah parce que c'est pas une question de moi. Nous ne sommes pas la Grèce en 2008. Le FMI n'est pas là.
Nous sommes pas en crise financière mais il faut pas que ça dure trop longtemps. Je dirais que si dans 3 ans nous sommes encore dans cette situation, d'abord on aura des taux d'intérêt explosifs et ensuite à un moment on sera très vulnérable par rapport au marché. Les marchés vous savez c'est parfois un gros mot pour certains.
Mais qu'est-ce que c'est ? Ce sont les gens qui nous prêtent de l'argent. Ce sont nos prêteurs.
Nous sommes leurs débiteurs. Ce sont nos créanciers. Deux, j'ai deux questions.
Combien a coûté la dissolution de d'Emmanuel Macron ? Difficile à dire. Moi je on a pas fait ce calcul nous.
Vous avez pas fait vous avez fait la CNCF, vous avez fait tout ça et la dissolution, vous n'avez pas fait. On n'a pas fait un rapport sur la disolution. Si je là, j'ai envie de vous saisir et puis de merci la cour des comptes pour pour pour les prochaines.
Je serai plus là mais vous faites je vous saisiis le prochain premier président et je je est-ce que je peux lui demander ? Je veux savoir combien coûtait la dissolution d'Emmanuel Macronement coûtait beaucoup d'argent ne serait-ce que pour une raison simple. Je vais vous dire pourquoi.
C'est assez facile à faire. Vous savez depuis un an et demi, on bute sur la question budgétaire. Michel Barnier est tombé sur cette question.
François Bairou est tombé sur cette question. Euh Sébastien Lecnu navigue au milieu de cette question et pendant ce temps-là, on ne réduit pas nos déficits. Si on avait eu une majorité, ça serait pas passé comme ça.
Donc ça veut dire que c'est probablement plusieurs dizaines de milliards d'euros au final que ça coûte à nos financiers. Plusieurs dizaines, c'est combien ? C'est Je peux pas vous dire ça, je joue pas.
J'ai un chiffre de J'ai fait GPT. Les journaux l'ont fait, l'express, le point et cetera. Il donne une douzaine de milliards, je crois.
Alors euh la dissolution récente de l'Assemblé nationale en France, l'estimation officielle du coût est d'environ 28 millions euh 28 millions d'euros, c'est pas beaucoup. Million ? Non, millions.
Ouis millions. Ouais. Non non non.
Ah ça c'est autre chose. C'est le coût de l'organisation de l'élection. Ah oui d'accord.
OK. Non non la la disolion et puis ce qui est bien c'est queon préfère le premier président de la cour des comptes à GPT. J'ajoute quand même que l'instabilité politique elle a un coup aussi.
Oui oui non mais tout ça tout ça c'est global les agences de notation les fameuses agences de notation les marchés regarde il regarde d'abord si on réluit nos déficites la réponse est non il regarde ensuite si la situation politique est stable un peu de croissance on a dû perdre on a d faire non la croissance ça va parce que l'économie fonctionne par elle-même si vous voulez la confiance qu'on fait à la France elle a baissé et ça c'est un coût assurément pour nos finances publiques. C'est clair c'est très clair. Il y a aucun doute là-dessus.
Je peux pas dire combien de milliards mais c'est pas mal. Merci Pierre Moscovici pour votre éclairage. Vous quittez donc la Cour des comptes à Paris le 31 décembre prochain.
Mais vous déménagez où ? À la Cour des comptes de l'Union européenne ? C'est ça ?
À Luxembourg. C'est au Luxembourg. Ah, vous allez vous éclater.
Je m'y attends, j'y suis prêt. Après tout, vous savez, j'ai été commissaire européen, député européen. Maintenant, je suis à la Cour des comptes européennes.
J'ai été prison de la Cour des comptes. Finalement, c'est la poursuite d'un engagement si vous voulez. Après, la vie est longue.
Pierre Moscovici