Découvrez l’envers du décor de Bernadette Chirac ! - C à Vous - 27/09/2023
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Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse partielle
On découvre une Bernadette Chirac comme on ne l'avait jamais vue.
- 0:36OuverteRéponse directe
Tu n'avais pas l'image des guignols de l'info ?
- 1:41OuverteRéponse directe
L'histoire de Bernadette Chirac est-elle universelle ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Il y a quelque chose de Bernadette Chirac en vous ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Elle l'appelle Mickey ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Elle était dans l'ombre de Jacques Chirac, même littéralement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Au début de la vie publique de mon mari, on disait, Madame Chirac, elle n'est pas très... effroide. »
- 1:27InvitéFait
« Quand on a épousé Jacques Chirac, il faut sortir de son fatimidité. »
- 4:34InvitéFait
« Ce n'est pas vraiment un flair, ce n'est pas qu'une intuition, c'est quand même Bernadette Chirac, elle a quand même fait Sciences Po, comme son mari. »
- 4:44InvitéFait
« Elle est élue en Corrèze au Conseil Général. Le plus beau jour de sa vie. »
- 5:02InvitéFait
« Elle avait pressenti le Front National au second tour en 2002. »
- 7:35PrésentateurFait
« Vous avez publié une tribune dans l'Ibée l'an dernier, qui disait « Marine Le Pen, maquillage, habillage, mensonges et préservation de fonds sordides ». »
- 7:57InvitéFait
« C'est quand même l'extrême droite française, ce n'est pas simplement Jean-Marie Le Pen et la fondation du Front National. »
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En tout cas, on découvre une Bernadette Chirac comme on ne l'avait jamais vue, ni jamais vraiment regardée. On avait tous, et vous aussi, je crois, une image de Bernadette Chirac à Auster, voire un garde ?
Ben, moi, oui. Enfin, je pense que Bernadette Chirac... Je n'avais pas d'image, moi. Je n'avais pas d'image. Ça n'imprimait pas mon immeuble. Vraiment, c'était une sorte d'indifférence. Et je trouve que le film, pour moi, me l'a rêvé le scénario. Et puis Catherine. Voilà, et Catherine Deneuve. Ce rôle, le croisement de ces deux personnages, c'est une alchimie prodigieuse. Mais tu n'avais pas l'image des guignols, quand même, de l'info ? Si, j'avais l'image. Voilà, mais tout ça, c'est un titre. Ouais, le sac à main, c'est ça. Elle est un peu peindre. C'est ça, ça dormait un peu dans... Voilà.
Dans l'inconscient. Dans l'inconscient. Elle est peindre, elle est, c'est vrai, un peu revêche, pas forcément aimable. Et puis surtout, complètement délaissée à son arrivée à l'Elysée, étouffée par le couple que forment Claude et son père. Et elle avait conscience, elle, de cette mauvaise réputation.
Au début de la vie publique de mon mari, on disait, Madame Chirac, elle n'est pas très... effroide. J'entendais ça. Lui, il est tellement sympathique, il est tellement... Alors elle, bon, j'étais quelqu'un de très réservé. Mais vous savez, quand on a épousé Jacques Chirac, il faut sortir de son fatimidité. Il faut essayer de dominer ces penchants naturels pour exister, peut-être, tout simplement.
Ce que vous racontez très bien dans ce film, c'est que l'histoire de Bernadette Chirac, elle est universelle. C'est-à-dire qu'on a tous une Bernadette Chirac en nous, on se bat toutes... Complètement. ... pour exister ailleurs que dans l'ombre de quelqu'un, en quelque chose.
C'est exactement ça. Et en fait, que moi, son histoire me parle, alors que je n'ai rien à voir avec elle, que je suis de gauche, que je suis hyper féministe, que je n'ai pas du tout le même âge, ni que je ne suis pas du même milieu, c'est qu'il y avait quelque chose d'universel dans ce récit. Et la première fois, d'ailleurs, que j'ai pitché mon idée à ma co-scénariste Clémence Dargent, qui a 10 ans de moins que moi, elle me dit, c'est incroyable ce que tu me racontes, je suis Bernadette Chirac. Je lui dis, alors si elle, qui a 10 ans de moins que moi, dit qu'elle est Bernadette Chirac, je pense que je tiens quelque chose. Il y a quelque chose de Bernadette Chirac en vous, Denis ?
Alors là, sûrement, en fait. Ah oui ? Non, oui, le personnage a fini par me toucher, oui.
Vous formez un vrai couple, en fait, parce que le couple de ce film, c'est Bernadette et Bernard Niquet, ce conseiller en communication, qui lui crée une nouvelle image médiatique. En gros, c'est un duo de losers magnifiques en quête de reconnaissance.
Oui, c'est ça, je trouve que c'est la beauté de la mise en scène de Léa, de nous avoir mis dans ce petit bureau, au début, avec des petits instruments, sans budget. Moi, avant que j'apparaisse, on dit, mais il est nul.
Elle l'appelle Mickey ?
Elle l'appelle, mais ça c'est authentique, Bernard Niquet. Ah, je l'ai connu, je l'ai très bien connu, et elle le traitait, mais sans ménagement, c'était affroniqué ici ! Elle l'appelait comme ça, c'était un truc... Voilà, parce que je n'ai rencontré personne qui avait des vrais souvenirs de...
De Bernard Niquet ? Vous avez cherché quand même ?
Un petit peu. J'ai vu des photos, c'était des photos floues, il était toujours un peu en troisième rideau. Oui, mais il était toujours là, toujours derrière. Je trouve comme introduction du personnage, c'est très beau, là c'est l'art de la comédie qui...
Vous dites qu'elle était dans l'ombre de Jacques Chirac, on le voit même littéralement, on va le voir à l'image, elle eut courait toujours derrière, parce qu'il marchait beaucoup plus vite qu'elle, d'ailleurs son surnom vient de là, on l'a surnommé La Tortue, on va regarder cette interview, on la surnomme toujours sans doute La Tortue, d'ailleurs, interview qui date de 88.
Vous avez dit un jour, il a bien fallu prendre le train en marche, alors avez-vous le sentiment d'être toujours un petit peu obligée de courir derrière lui ? Physiquement, oui, parce que je suis toute petite et qu'il est très grand. Vous lui dites que vous n'êtes pas d'accord avec lui sur certains sujets ? Certainement, je le lui dis, mais je n'ai pas à m'ériger en conseiller politique, ça n'est pas du tout mon rôle, ça n'est pas ma vocation, ça n'est pas mon rôle et ça n'est pas ma place. Vous voulez dire que vous ne parlez pas de politique ensemble ? Si. Mais je n'ai pas de conseil à lui donner, il prend ses décisions tout seul.
Elle trouvera sa place plus tard. Ce qui est véridique quand même dans le film, c'est qu'elle a un flair politique, elle sent avant les autres que la dissolution de l'Assemblée, c'est une mauvaise idée par exemple.
Oui, en fait, ce n'est pas vraiment un flair, ce n'est pas qu'une intuition, c'est quand même Bernadette Chirac, elle a quand même fait Sciences Po, comme son mari. D'ailleurs, la légende dit qu'elle lui faisait ses fiches déjà à Sciences Po. Elle est élue en Corrèze au Conseil Général. Le plus beau jour de sa vie. Le plus beau jour de sa vie, ça c'est une phrase que je n'ai pas inventée, elle l'a vraiment dite. Et en fait, elle avait un sens politique, mais surtout, elle était sur le terrain tout le temps.
Et en fait, pour la dissolution, ou plus tard, quand je raconte qu'elle avait pressenti le Front National au second tour en 2002, ce n'est pas de la magie, c'est qu'en fait, les gens lui parlent et lui racontent que, un, en 1997, ils détestent Juppé, et après, en 2002, qu'ils vont tous voter Le Pen. Mais quand elle le dit à Jacques Chirac, ils ne l'écoutent pas ? Ils ne l'écoutent pas, jamais. Jamais. En fait, pour la dissolution, évidemment, il ne l'écoute pas, et puis c'est effectivement avant Samu, donc vraiment au moment où il n'a aucune raison de l'écouter.
En 2002, il voit quand même qu'il monte dans les sondages grâce à elle, qu'elle est très demandée, que sa parole commence à compter, et donc du coup, c'est ce qu'on joue un tout petit peu dans le film, c'est qu'il l'a presque écouté, mais finalement, non. Il a préféré écouter ses conseillers, ce que j'appelle son espèce de boys club, autour de lui.
Les frères Debré, Dominique de Villepin, Xavier Bertrand, qui sont formidablement campés dans le film.
Ce qui est intéressant, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de politique au sens propre dans votre film, mais il y a un grand événement politique, on vient d'y faire allusion. On est un an après ce qui a été quand même très important dans la vie de Bernadette Chirac, ce sont les municipales de 2001, elle fait une tournée triomphale, j'y étais comme reporter politique, elle assure la réélection d'un certain nombre de maires RPR. On est en 2002, et donc c'est le soir du 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen qualifié pour le second tour, Lionel Jospin éliminé.
Ça, c'est une scène, c'est un moment que vous vouliez absolument mettre dans le film, parce qu'il correspond aussi à votre souvenir de citoyenne et d'adolescente. Pour moi, c'est la première fois que je vote, et je pense que c'est un souvenir marquant, mais pas que pour moi, je pense que pour tous les gens, enfin pour vous aussi, pour tous les gens qui l'ont vécu. Mon film, justement, il n'y a pas vraiment de politique, à part que c'est un film féministe, donc forcément politique, mais il n'y a pas de politique qu'au sens politicienne. Le moment de 2002, c'est le seul moment où je me permets un tout petit écart en disant « Voilà, à cette époque, c'était super grave.
» Et aujourd'hui, ça ne l'est plus, et pour moi compris, je ne juge personne, etc. Mais c'est quand même très, très, très inquiétant. C'est juste une petite piqûre de rappel. Une petite piqûre de rappel. Et dans l'équipe du film, il y avait des gens qui voulaient mettre des bulletins. C'est très drôle. En fait, on avait reconstitué pour une scène de vote les deux urnes Chirac-Jospin, et ils sont tous précipités en mettant le bulletin Jospin, en disant « Je me rattrape ». Oui, ce qui ne s'est pas produit à l'époque. Vous, vous avez un souvenir, j'imagine, précis et puissant du 21 avril. Oui, oui. Un abasourdissement terrible. Une déprime totale.
J'ai revécu ça avec l'élection de Trump, d'ailleurs. Je me rappelle d'avoir suivi ces élections, le Trump l'année. Et vous avez publié une tribune dans l'Ibée l'an dernier, qui disait « Marine Le Pen, maquillage, habillage, mensonges et préservation de fonds sordides ». C'était le titre. Ah oui. Oui, oui, c'est vous. Oui, parce que je trouve qu'on laisse ce parti toujours prospérer, alors que c'est un parti qui n'a jamais fait son aggiornamento, jamais fait de repentance sur ses propres origines. C'est quand même l'extrême droite française, ce n'est pas simplement Jean-Marie Le Pen et la fondation du Front National. C'est toute l'histoire de l'extrême droite, antidémocratique, fasciste.
Et jamais Marine Le Pen n'a fait acte de repentance sur cette histoire-là. Donc c'est-à-dire qu'elle assume toujours, c'est toujours un parti antidémocratique. Mais maintenant, on dit « oui, mais si on rappelle le fascisme, ça n'a aucun effet ». C'est vrai, mais c'est parce qu'il y a un oubli de l'histoire. Alors devant ça, je ne sais pas exactement ce qu'il faut faire pour contrer ça, pour qu'en 2027, on ne réédite pas quand même 2002. Mais pour l'instant, on a l'impression qu'on y va tout droit et que rien ne s'y oppose. Rien.