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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 4 février 2026 88 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesImmigration & asile

Amériques : le retour de la doctrine Monroe ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 38 %Attaque 32 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les motivations réelles de l'opération Absolute Resolve au Venezuela ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Cette opération marque-t-elle un retour de la doctrine Monroe ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelles conséquences pour la Guyane française ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment percevez-vous les dynamiques politiques en Amérique latine ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Comment évaluez-vous l'action de la CARICOM en Haïti ?

  • 12:00OuverteRéponse partielle

    La réélection de Mia Motelet à la Barbade est-elle une stabilité ou une fragilité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Jean-Marc Jean-MarcFait
    « La nuit du 3 janvier dernier qui a vu la capture spectaculaire de Nicolas Maduro et de son épouse CIA Floress à Caracasse dans le cadre de l'opération états-unienne Absolute Resolve a constitué un bouleversement géopolitique majeur. »
  • 3:30Jean-Marc Jean-MarcFait
    « Cette opération marque une remise en cause manifeste du droit international par les États-Unis. »
  • 16:30Gaspar EstradaFait
    « La diaspora vénézuélienne est un capteur extrêmement important pour Marco Rubio. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Jean-Marc Jean-Marc démarrer si vous voulez bien. On a 5 minutes de retard déjà. Si tout le monde peut s'installer.

Merci beaucoup. Merci pour votre attention. Donc mes chers collègues, nous avons le plaisir d'accueillir ce matin monsieur Gaspar Estrada, politologue à l'unité de du sud global à la London School of Economics.

Monsieur Estrada, je vous remercie d'avoir accepté notre invitation. Notre commission considère que le sous-continent latinoaméricain doit constituer une priorité pour la diplomatie française. C'est pour c'est la raison pour laquelle plusieurs missions d'information ont été menées dans la région au cours des dernières années.

En 2025, une délégation s'est ainsi rendue au Brésil et au Pérou tandis qu'une seconde mission s'est déplacée au Guyana et en Guyane. Et cette année, une nouvelle mission se rendra en Argentine et au Chili. Par le passé, il y avait déjà eu un certain nombre de missions qui s'étaient déplacées au Brésil et et dans d'autres pays Colombie. euh de d'Amérique du Sud.

La nuit du 3 janvier dernier qui a vu la capture spectaculaire de Nicolas Maduro et de son épouse CIA Floress à Caracasse dans le cadre de l'opération états-unienne Absolute Resolve a constitué un bouleversement géopolitique majeur non seulement pour l'Amérique latine mais aussi à l'échelle mondiale. Et donc ce n'est pas la première fois que les États-Unis mènent une telle action en Amérique latine mais il faut remonter évidemment en 1989 avec l'intervention au Panama et l'arrestation du président Manuel Noriega pour retrouver un précédent comparable. Cette opération marque une remise en cause manifeste du droit international par les États-Unis.

L'argument avancé est celui de la lutte contre le narcotrafic alors même que le Venezuela n'apparaît que comme un pays producteur et exportateur secondaire. D'autres intérêts notamment énergétiques sont évidents et Donald Trump ne s'en cache pas par ailleurs. Vous pourrez à cet égard nous livrer votre analyse des motivations réelles et de cette et de cette de cette action et sur les différents scénarios possibles pour le Venezuela dans la période qui s'est ouverte le 3 janvier.

Merci. Si vous pouvez un peu moins fort, les réactions euh des pays du sous-continent ont été contrastées. La Colombie, le Brésil, le Chili, le Mexique et l'Uruguay ont condamné cette intervention.

À l'inverse, l'Argentine, la Bolivie et l'Équateur, le Panama l'ont soutenu. Le Guyana a adopté une position plus mesurée saluant le leadership américain tout en appelant au respect des procédures démocratiques, position également exprimée par la communauté caribéenne Caricom. Par ailleurs, des menaces ont été formulées par Donald Trump à l'encontre de la Colombie et de Cuba.

Jeudi dernier, le président Trump a d'ailleurs signé un décret en vertu duquel les États-Unis pourraient imposer des droits de douane au pays vendant du pétrole à Cuba, accentuant encore un peu plus la pression sur l'île. Vous pouvez nous indiquer si selon vous une intervention américaine dans ces deux pays est plausible et dans l'affirmative quelle pourrait être les quelles pourraient en être les formes. Se pose également évidemment la question du canal de Panama dont à plusieurs reprises déjà Donald Trump a exprimé la volonté de de le reprendre euh d'en reprendre le contrôle dans un contexte de rivalité avec la Chine.

L'arrestation de Nicolas Madouro euh peut être analysée comme une application concrète d'une doctrine Monro revisitée qualifiée par Donald Trump lui-même de doctrine Donroe affirmant la suprématie des États-Unis sur euh les Amériques. Cette doctrine a d'ailleurs été expliquée dès le 2 décembre 2025 lors de la publication de la stratégie de sécurité nationale américaine. La stratégie nationale de de défense nationale des États-Unis publié le 24 janvier dernier rappelle pour sa part que si les voisins des États-Unis d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud ne prennent pas leur part dans la défense des intérêts communs, les États-Unis seront prêts, je cite, à prendre des mesures ciblées et décisives qui serviront concrètement les intérêts des États-Unis.

C'est le le corollaire Trump à la doctrine Monro et l'armée américaine est prête à l'appliquer avec rapidité, puissance et précision comme le monde l'a vu lors de l'opération absolute résol. Nous souhaiterions connaître votre regard sur cette doctrine, ses implications pour le sous-continent et sur la manière dont elle est perçue par les États de la région. Quelle conséquences potentielles cette évolution pourrait-elle avoir sur les nos territoires ? en particulier pour la Guyane.

Et enfin, le contexte politique régional est marqué par des échéances électorales majeures. En 2025, Ravier Milay a été conforté lors des élections de mi-mandat en Argentine et euh José Antonio Cast a été élu au Chili en 2026. une élection importante au des élections importantes au relu en Colombie et au Brésil dans un climat de forte polarisation politique ainsi qu'au Pérou et la où la fragmentation politique demeure importante.

Nous souhaiterions que vous nous présentiez les dynamiques politiques qui sont aujourd'hui à l'œuvre en Amérique latine et les conséquences sur les relations que nous entretenons avec ces pays. La France s'affiche par exemple une proximité avec le Brésil du président Loula, mais celui-ci poursuit un agenda propre notamment au sein des Brick et du sud global avec des positions qui divergent parfois des nôtres en particulier sur l'Ukraine. Et à l'inverse, l'Argentine de Miley a refusé d'entrer dans les bricks et a réaffirmé son intention de rejoindre l'OCDE, réaffirmant ainsi son appartenance au bloc occidental.

Je vais à présent vous laisser la parole pour une intervention liare avant de proposer à mes collègues de vous poser leurs questions et je rappelle à chacune et chacun que cette audition est captée et diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Monsieur Estrada, je vous laisse la parole. Et bien monsieur le président, tout d'abord merci beaucoup pour cette invitation et merci à à toutes les sénatrices et sénateurs pour leur présence aujourd'hui.

Euh tout d'abord, ce que je voudrais c'est réaffirmer ce que vous avez temps et déjà mentionné, c'est cette l'intérêt du pouvoir législatif et notamment du Sénat pour l'Amérique latine. C'est vrai que depuis déjà plusieurs années, j'ai j'ai essayé de de de dire y compris publiquement publiant un certain nombre de tribunes qu'il est important pour la France de s'intéresser à à l'Amérique latine. Euh et de ce point de vue-là, c'est vrai que le pouvoir législatif et le Sénat en particulier a été constant dans cet intérêt via des auditions, des missions d'information.

Je je sais j'ai été informé qu'il y a eu aussi des des dans le cadre de ces missions des déplacements qui ont été organisés dans la région et ça je pense que c'est quelque chose qui qu'il est très important de de souligner puisque en effet euh ce qui s'est passé au Vénezuel le 3 janvier est un sorte de marqueur mais ça traduit une évolution plus profonde d'un retour de de l'Amérique latine disons dans une séquence internationale où cette région est beaucoup plus présente euh dans les réflexions, y compris dans des réflexions qu'on pouvait estimer être plus présentes en Amérique latine. C'estàdire la question militaire et la question de se poser la question de la paix et donc des dividendes de la paix dans cette région. Euh donc de ce point de vue-là, c'est vrai que euh je voulais souligner justement l'importance de des travaux du Sénat et donc mon plaisir d'être ici avec vous aujourd'hui.

Je pense que en effet, vous l'avez souligné, cet enlèvement de de Nicolas Maduro est est un révélateur, est un marqueur, mais ça illustre en fait une une tendance de fond euh qui peut se euh que peut se traduire par ce qui s'est passé durant ce ce mois où, il me semble les principaux acteurs de la scène internationale ont dirigé leur attention euh en Amérique latine. Vous avez évoqué au début décembre, le 2 décembre la publication par la Maison Blanche de sa stratégie de sécurité nationale qui affirme la primauté des États-Unis sur ce que les États-Unis appellent l'hémisphère occidental. Euh est-ce que cela veut dire en terme de moyens, de ressources, de leviers euh qui sont utilisés, non pas des leviers partenariaux, mais des volers des volets beaucoup plus coercitifs et on l'a vu avec le cas de Nicolas Maduro, même si euh légalement les États-Unis présentent cette opération comme une opération de police ou de justice et non pas comme une opération euh de politique étrangère puisque sur le plan juridique, le prés président des États-Unis n'a pas demandé le l'aval du Congrès américain pour mener à bien cette opération.

Euh et de ce point de vue-là, c'est vrai que la publication de cette stratégie un mois avant cette opération illustrait bien cette volonté des États-Unis d'intervenir de manière beaucoup plus forte, y compris en niant le droit international comme vous l'avez souligné. Néanmoins, ce qu'on on voit moins dans la presse internationale, mais qui est un facteur capital pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui en Amérique latine, c'est que une semaine après la publication par la Maison Blanche de cette stratégie de sécurité nationale, le 10 décembre, la Chine a publié la troisème version de son livre blanc dans sa stratégie de politique étrangère vis-à-vis de l'Amérique latine. Une stratégie qui avait été publiée une première fois en 2008. qui avait été mise à jour en 2016 juste après justement l'arrivée euh de Donald Trump lors de son premier mandat.

Euh et désormais une troisème version qui est beaucoup plus détaillée, qui est beaucoup plus ambitieuse et qui illustre justement l'évolution de la présence chinoise en Amérique latine. une une présence qui était tout d'abord une présence économique qui était assurée par des prés degré aggré entre États et qui avec le temps s'est développé euh c'est diversifié avec une volonté assumée de Pékin de contrôler l'ensemble des chaînes de valeur en ciblant des secteurs très stratégiques. Je pense notamment à une des questions qui aujourd'hui est dans le cœur de l'actualité, c'est les questions des ressources critiques, notamment des ressources minières de forte valeur ajoutée pour créer les chaînes de valeur liées aux batteries et aux questions de de d'autres technologies.

Mais euh de manière plus large euh la présence de la Chine, elle a évolué et elle n'est plus uniquement économique. Elle est aussi euh elle s'est développée aussi en matière de technologie. Elle s'est développée aussi en matière de coopération éducative, culturelle et désormais elle rentre dans d'autres domaines, notamment le spatial, notamment la défense.

Euh et de ce point de vue-là, cette la publication de ce 3è livre blanc détaille et révèle justement euh le le changement de dimension en fait de cette présence de cette présence chinoise. Et c'est de mon point de vue voilà ce qui ce qui ce qui explique aussi cette réaction américaine aujourd'hui de manière tout à fait désinhibée. Euh et donc cette désinhibition, ben on l'a vu à la télévision donc le 3 janvier, vous l'avez d'ors et déjà décrit, je vais pas revenir là-dessus.

Et je parlerai du 3è acteur parce que j'ai parlé des États-Unis, j'ai évoqué la Chine, mais il y a eu aussi un troisème facteur fondamental dans ce mois qui s'est écoulé entre décembre et janvier qui est la signature le 17 janvier de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosourd. Alors, indépendamment de ce qu'on pense sur le texte en soi, le fait est que l'Union européenne et le Mercosour ont signé cet accord et de fait, si la Cour de justice de l'Union européenne se prononce favorablement par rapport à la légalité du démembrement du texte, de la division du texte en deux, ces accords devraient, en tout cas la partie commerciale devrait être Donc de venir prendre ben être disons Ouais. prendre acte.

Donc de ce point de vue-là euh les échanges économiques entre notre région et le Mercosour vont être amenés à se développer. Euh donc c'est moi j'ai trouvé que c'était une séquence intéressante dans le sens où euh on a vu que entre décembre et et janvier voilà que ce soit l'Europe, que ce soit les États-Unis, que ce soit la Chine ont pris une position une position forte, une position engageante que ce soit par la b la b de publication de de de rapport que ce soit en voilà en enlevant un président en en exercice que ce soit en ratifiant un accord un accord commercial mais mais dont la portée est de mon point de vue plus ample que la question commerciale la question et pour répondre à à votre question savoir comment a été perçu cette cette opération en Amérique latine et aussi quelles sont les suites pour le Venezuela moi je pense que voilà on est au début d'une nouvelle séquence on pas du tout prendre cette opération comme un acte isolé tout d'abord parce que euh les États-Unis ont fait preuve durant toute l'année 2025, c'est-à-dire depuis le le retour au pouvoir de Donald Trump d'une stratégie très claire, très assumée en Amérique latine en ce que ce que eux concernent ce que eux estiment pardon être un un droit, c'est-à-dire un droit de d'avoir une influence et de verbaliser cette influence euh notamment dans des processus électoraux. Euh l'année 2025 a été une allée électorale riche euh en Amérique latine.

Il y a eu une série d'élections présidentielles, une série d'élections législatives et euh de ce point de vue-là, les États-Unis ont été extrêmement actifs euh en prenant position en faveur de tel ou tel candidat. Euh et cela a eu un impact électoral direct. Je reviendrai tout d'abord sur ce qui s'est passé au Onduras qui est pas très loin du Venezuela comme on peut le voir dans les cartes qui sont projetés.

Le candidat soutenu par Donald Trump, monsieur Asfoura, a euh reçu le soutien explicite de Donald Trump par via un tweet euh un peu moins d'une semaine avant l'élection euh en disant que voilà, si les Onduriens ne votaient pas pour monsieur Asfoura, la coopération entre bilatérale entre l'Onduras et les États-Unis euh aurait un impact extrêmement négatif et il a il a non seulement fait un tweet mais les comptes Twitter de du département d'État ont relayé cette information faisant voilà preuve de de d'une volonté explicite de voilà d'intervenir dans le jeu électoral. Ce qu'il faut avoir à l'esprit c'est que dans le cas du du on duur plus de 20 % du pip de ce pays est lié en fait au transfert d'argent des migrants honduréens qui habitent aux États-Unis. Donc il est clair que si on se place dans la perspective de l'électeur hondurien moyen, c'est vrai que si on imagine que voilà, il peut y avoir un effet dans les relations bilatérales, par exemple très concrètement d'arrêter les transferts financiers, c'est un c'est c'est un effet catastrophique pour l'économie de ce pays.

C'est vrai que les États-Unis ont et Donald Trump plus particulièrement ont utilisé justement euh cette cette pression pour déséquilibrer le jeu et jouer en faveur du candidat soutenu par Washington. Et ce candidat a fini par l'emporter de peu parce que l'élection était très serrée. Mais cette cette élection a été remportée par un candidat soutenu par Donald Trump.

Deuxème cas très explicite de l'intervention américaine dans la région, c'est en Argentine. Quelques semaines avant les élections législatives de mi-mandat, euh le département du trésor a annoncé un prêt exceptionnel de 20 milliards de dollars à à l'Argentine à la condition, et là une fois encore, je cite un tweet de Donald Trump, que euh les que les Argentins votent euh en faveur des candidats soutenus par le président Miley. faute de quoi ce prêt pourrait être révoqué si les les résultats n'étaient pas au goût de de de du gouvernement américain.

Donc cela a eu une fois encore une traduction concrète puisque alors que les sondages donnaient la coalition de monsieur Miley à la traî en tout cas quelques semaines avant avant avant avant le les élections législatives et bien le résultat était de manière assez surprenante très positif pour monsieur M d'autant plus que il y a quelques semaines avant ce scrutin, il y a eu une autre élection une élection dans la province de Buenozer qui elle avait été très négative pour les candidats de Méi. Cela avait eu lieu avant le prêt euh accordé par le le le trésor américain à M. Néanmoins, je suis aussi resté prudent dans l'analyse, ce n'est pas uniquement Donald Trump qui a inversé le résultat électoral en Argentine.

C'est un facteur parmi d'autres. Néanmoins, c'est un facteur qui a existé et surtout ce que cela illustre, c'est cette volonté très claire, très explicite des États-Unis euh pour disons avoir une action dans la région. Et cela m'amène en fait à euh la question de du process des processus électoraux en Amérique latine et à ce que il me semble être une erreur d'appréciation de ce qui se passe en Amérique latine vue de Washington.

Et ça va me permettre de revenir au au Vénzuela. Pourquoi je je mentionne ça ? Parce que en fait durant cette année électorale 2025, on a pu voir de manière disons la tendance qui se dégage, c'est des phénomènes d'alternance où les gouvernements qui étaient en place ont été battus, en tout cas les candidats soutenus par les gouvernements en place ont été battus par des candidats et il se trouve que ces candidats étaient plutôt à droite voire à l'extrême droite de l'échiquier politique euh Mais il me semble que ces phénomènes et sont surtout dus à des phénomènes d'alternance.

C'est-à-dire qu'il y a une usure des gouvernements en place. Il y a actuellement en Amérique latine euh un problème de croissance économique. Euh il n'y a pas suffisamment de croissance.

Il y a aussi un grand rejet des Latino-Américains vis-à-vis de leurs élites économiques et politiques. Ce n'est pas du tout un phénomène nouveau, mais il s'agit d'un phénomène qui s'est maintenu. Donc de ce point de vue-là, étant donné que dans le cycle électoral antérieur, on avait plutôt assisté justement à l'inverse à une alternance de la droite vers la gauche, ben nous avons un effet de balancier naturel propre aux démocraties.

Euh néanmoins, je pense que vu de Washington et lorsque vous parlez, vous vous dialoguez avec des responsables que ce soit de l'administration américaine, ce soit des ting tank à à Washington euh et du débat en fait qui a lieu aujourd'hui à Washington, en fait les personnes qui sont proches de l'administration Trump ou l'administration Trump en fait, elle estime que justement compte tenu de ces opérations d'ingérence et de cette explicitation de leur choix dans le processus électoral. En fait, les une bonne partie des responsables américains estiment que ces élections qui de mon point de vue s'expli et ces alternances qui s'expliquent de mon point de vue notamment pour des questions de politique intérieure et notamment en fonction de ces mauvais indicateurs économiques et de ces souhaits d'alternance des populations en fait sont lu à Washington comme une validation des orientations politiques prises par l'administration américaine. Et cela sur le plan politique, ça induit aussi un raisonnement qui induit une sorte de validation de des actions américaines dans la région.

Et et c'est vrai que ce point, il est important à avoir à l'esprit lorsqu'on parle du Venéuela parce que euh on a très clairement vu euh en ce qui concerne les réactions à cette opération deux visions très différentes. C'est-à-dire en l'Amérique latine est une région qui est foncièrement et de manière historique attachée au multilatéralisme. Je rappelle toujours que lors de la conférence de San Francisco en 1945, près du tiers des pays qui ont signé la charte, les pays fondateurs des Nations- Unies près du tiers de ces pays étaient des pays latino-américains.

Les pays latino-américains ont de manière générale ont été actifs dans le la défense des des des Nations Unies. Et la France a d'ailleurs essayé justement de de de d'utiliser cet attachement latino-américain pour le multilatéralisme justement pour défendre des positions euh au sein tant du Conseil de sécurité avec les pays les deux sièges latino-américains non permanents que à l'Assemblée générale des Nations- Unies. Et donc tout ça pour dire que voilà au niveau des gouvernements latino-américains, il y a cet attachement multilatéralisme.

Vous avez évoqué monsieur le président, ce communiqué de cinq pays latino-américains et l'Espagne en condamnant justement le l'opération de de Nicolas Maduroi. Alors certes, il y a d'autres pays latino-américains qui ont été dans une tendance suiviste par rapport à Washington et donc qui ont pu célébrer euh la la capture de Nicolas Nad Maduro, je pense notamment à à l'Argentine. Néanmoins Néanmoins dans la plupart malgré ces ces certaines expressions divergentes de la part de président proche de Washington, néanmoins quand même la plus grosse partie des gouvernements latinoaméricains est restée dans une ligne de défense du droit international.

Euh et paradoxalement en fait la diaspora vénézuélienne et c'est une diaspora qui est très nombreuse puisque comme vous le savez près de 8 millions de Vénézuéliens ont dû quitter leur pays à la suite de la débacle de du gouvernement de de Nicolas Madoro. cette cette diaspora le 3 janvier exultait parce que elle estimait que voilà, il allait finalement avoir un changement de régime au Venézuela et donc a approuvé massivement euh cette opération. Et du point de vue de Washington et si on se replace dans cette perspective de que pensent les officiels américains en fait cette diaspora vénézuélienne qui constitue en bonne mesure des capteurs pour les haut fonctionnaires et les proches de Donald Trump.

Je pense notamment à Marco Rubio qui a joué un rôle fondamental dans cette opération, non seulement parce qu'il est secrétaire d'État et conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche qui est quand même inédit quand même au dans l'histoire des États-Unis, normalement cette fonction est ces fonctions sont dissociées, ce qui traduit un pouvoir important de la part de de cette de de de cette personnalité, mais aussi en fonction de son origine cubaine et de sa trajectoire politique en Floride puisque lui il est élu sénateur de l'État de Floride et sa constituency, c'est-à-dire sa base électorale est constituée d'électeurs latinaux, vénézuéli cubains. Donc la diaspora vénézuelienne est un capteur extrêmement important pour Marco Rubio. Et donc le fait que la diasporait validé cette opération a constitué dans un premier temps ben un facteur de succès de cette opération, ce qui de mon point de vue est un est un leur puisque on a très bien vu dans les heures qui ont suivi que il n'y a pas eu de changement de régime et que la réalité est que euh la situation au Venezuela est bien plus complexe qu'elle n paraît dans le sens où euh finalement le l'administration américaine a décidé de maintenir le pouvoir en place et essayer de faire une strat une une stratégie je pourrais appeler gradualiste ou progressive qui tendrait vers un un changement de régime euh mais qui se base sur un dialogue avec les autorités sur place.

Le problème, c'est que pour pouvoir mener à bien euh cette stratégie, il faut bien avoir des relais sur place et il faut prendre la mesure de la situation politique sur place. Or, le problème des États-Unis et de de nombreux pays, je pense y compris à des pays latino-américains, c'est que euh cette ce contexte de dispute avec le régime de Maduro a provoqué aussi une diminution des relations avec ce pays et donc moins d'information de la part des ambassades sur place. Et de ce point de vue-là, je pense que ce qui est important de de souligner dans ce contexte là, c'est que par exemple la France n'a pas fermé son ambassade à Caracas.

D'autres pays, je pense par exemple au Brésil euh notamment sous Michel Temer et euh Ger Bolsonaro ont fermé leur ambassade sur place euh parce que il vous ils avaient reconnu comme la France d'ailleurs Juan euh Guido à l'époque euh mais en coup en en fermant leur ambassade, ben ils se sont coupés d'information euh et d'accès au personnel sur politique sur place pour avoir des relais. Euh et la question qui se pose aujourd'hui, c'est euh pour pouvoir appréhender cette situation euh disons post enlèvement de Nicolas Madoro, c'est avec qui on dialogue. Parce que euh ce qu'il faut avoir euh en tête au Venezuela, c'est que depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro en 2013, plus de 1000 généraux ont été nommés et c'est en fait les forces armées qui contrôlent le pays. ce qui est ce qui ce qui difficult la la transition politique et l'issue politique à à cette à cette crise.

Et donc se pose la question du dialogue. Comment comment dialoguons-nous avec des forces militaires qui de nature ne sont pas n'ont pas vocation à être politique ou politisé mais qui de fait ont un rôle politique ? Et donc c'est vrai que de ce point de vue là, la la question de de de de ce dialogue avec le Venéula et de cette question de la transition, elle va se poser mais elle va se poser et ça pose beaucoup de problèmes parce que on sait pas tellement avec qui dialoguer.

Or Delscy Rodriguez et et son frère et tous ces militaires. Donc de ce point de vue là, je pense que cette question vénézuélienne, elle est comment dire ? Elle elle va elle va causer des des une situation à mon sens problématique pour les États-Unis parce que faut pas oublier qu'aux États-Unis, nous sommes aussi dans une perspective électorale.

Il y a des élections de mi-mandat en novembre et euh la question des suites à donner à cette opération vénézuélienne va être au cœur du débat électoral. Pourquoi j'ai j'évoque ça ? Pour aussi pour prolonger la réflexion et et la question que vous m'avez posé sur les implications plus régionale.

Vous avez mentionné Cuba, le Panama dans votre question et il me semble que euh on voit bien que la stratégie américaine jusqu'à présent, ça a été une stratégie de coup d'éclat. Euh on l'a vu et je l'ai déjà rappelé au duur, ça a eu un effet positif pour les intérêts américains. On l'a vu en Argentine, là aussi des intérêts positifs pour les États-Unis.

Et le cas de Maduro a été un peu un coup le le grand coup d'éclat mais le problème c'est que c'est un coup d'éclat à court terme. La question c'est comment va se faire cette transition ? Et et c'est là où je pense que j'ai beaucoup plus de questions que de réponses.

J'ai déjà expliqué pourquoi au Venezuela, je peux maintenant me évoquer les autres pays. Prenons Cuba, vous l'avez vous l'avez évoqué. La stratégie de l'administration américaine est de dire, étant donné qu'on a atteint le Venezuela que le propre entourage personnel de Nicolas Madoro était composé de garde du corps cubain, et ben la prochaine étape et bien nous allons changer le régime à Cuba.

Or moi je pense qu'il y a quand même plusieurs facteurs qui sont fondamentalement différents à Cuba et Venezuela. Alors certes, Cuba est extrêmement dépendante sur le plan énergétique du Venezuela, même si aujourd'hui c'est le Mexique qui a pris la place du Venézuela comme principal fournisseur de pétrole à Lille, ce qui d'ailleurs suscite des pressions américaines vis-à-vis des autorités mexicaines pour cesser justement ces approvisionnements. Et le problème de mon point de vue principal dans le cas de Cuba, c'est que si il y a un blocage total de l'île pour essayer de créer les conditions d'un changement de régime, ce qui va se passer dans un premier dans en premier lieu, c'est qu'il y aura une crise migratoire.

Et d'ailleurs, c'est pas la première fois que ça arrive. En 1990, lorsque l'URSS est tombé et qu'il y a eu ce que Fidè Castro avait appelé la période spéciale, et bien le gouvernement cubain avait lâché ouvert les vannes et avait stimulé une migration de Cubain en Floride. On peut imaginer un scénario similaire et d'ailleurs c'est pas la première fois que ça arrive.

Donc je l'ai déjà évoqué à Cuba, mais il y a d'autres exemples. Je pense par exemple en 2015 avec la Turquie euh et les les réfugiés syrien et la Turquie avait aussi ouvert les vannes justement pour faire pression sur l'Union européenne. De ce point de vue-là, si le régime cubain agit de la sorte et stimule euh un une crise migratoire, bien cela va créer un problème de politique intérieure pour les États-Unis. et notamment pour la base électorale de Marco Rouio qui est basé en Floride.

On est à 150 km de distance entre les côtes cubaes et et la Floride. Donc le problème politique immédiat pour Donald Trump serait de mon point de vue finalement assez contre-productif si le cœur de son discours aujourd'hui est la lutte contre l'immigration illégale, la question des trafics de drogue qui a déjà été évoqué dans le cas du du Venezuela. Mais de ce point de vue-là, c'est vrai que avec les résultats extrêmement dévants pour les candidats républicains qu'on a pu voir ces dernières semaines, y compris il y a quelques jours au Texas, on peut s'imaginer que s'il y a une crise migratoire euh euh disons que je je en fait j'ai du mal à à évoiler quel pourrait être le le la plusvalue politique d'un tel changement de régime.

D'autant plus que contrairement à au Venezuela où il existe plusieurs figures de l'opposition qui sont connues, tant des figures de l'opposition qui sont sur place et je pense notamment à Enrique Capriles qui avait été candidat contre Hugo Chavez en 2012 et qui aujourd'hui est parlementaire, donc il est député à Caracas et des figures de l'opposition qui sont à l'extérieur et donc qui qui est soutenu par la diaspora et pas uniquement notamment aussi aussi au Venezuela mais qui a un fort soutien de la diaspora je pense notamment Maria Colorina Machado et Edmundo Gonzalez à Cuba. Il y a pas réellement de figure de l'opposition à Cuba. Donc là il faut encore.

Certes, on dit il faut changer de régie mais on le remplace par qui ? Et et et dans quel contexte politique ? dans un contexte où là une fois encore comme dans le cas du du Venezuela, les forces armées cubaines sont non seulement un acteur militaire mais sont aussi un acteur politique et un acteur économique.

Ce sont des entreprises liées aux forces armées cubaines qui gèrent par exemple le secteur hôtelier de la Havane avec en partenariat avec d'autres pays notamment des intérêts espagnols. Donc c'est vrai que de ce point de vue- là, certes, je vois médiatiquement le discours qui pourrait dire "Oui, on va changer le régime à Cuba, ce que personne n'a fait depuis les l'arrivée des castro et tout ça, mais concrètement par la suite et c'est le cette question du jour d'après qui de mon point de vue s'impose et plus on va rentrer dans une dynamique électorale aux États-Unis dans la perspective des mister termes, plus cette question va se poser parce que euh cette les enjeux du jour d'après seront de plus en plus importants et et cela m'amène à euh la la question de la Colombie euh puisque vous l'avez évoqué euh et je pense que la question colombienne et montre bien en fait à quel point aussi les propres responsables américains comment commencent à comprendre qu'il faut parfois changer de dynamique. Pourquoi ?

Parce que durant cette année 2025, les relations bilatérales entre les États-Unis et la Colombie étaient extrêmement tendu. Il y a eu des invectives directes entre les deux présidents au point où euh le président Trump a euh affirmé que euh le président colombien était lié au trafic de drogue, que le le le la Colombie exportait énormément de drogue. Et par la suite, le président Petro a répondu euh au président américain en appelant les généraux américains à désobéir au président américain.

Une déclaration qu'il a faite à la sortie de l'Assemblée générale des Nations- Unies en septembre. ce qui montre bien ce qui illustre bien cette défiance entre les deux présidents. Néanmoins, compte tenu de cette situation extrêmement tendue et où le la Colombie est un pays limitrophe du vénézuela donc du Venézuela pardon et donc un acteur dans la résolution de cette situation.

Et bien hier, pas plus tard qu'hier, les deux présidents se sont réunis à la Maison Blanche et ont fait acte de cordialité et ont voulu essayer un nouer un rapprochement entre entre les deux les deux capitales. Et il est clair que les États-Unis ont d'une certaine manière aussi besoin de de la Colombie pour trouver une solution politique au Venezuela parce qu'il y a pas uniquement la question des militaires, mais il y a aussi la question de tous les trafics, des guerrias qui sont à la frontière entre la Colombie et le Venezuela et je pense notamment à l'ELN et aux dissidences des Farcs qui commerce aussi un certain nombre de de matières premières et notamment de l'or. Et donc je pense que c'est ce cas de de la Colombie illustre un peu c cette parfois aussi la reconnaissance par les États-Unis que sur certains sujets notamment en Amérique latine, il faut pouvoir changer de braquet.

Enfin, je vais je vais parler du Panama. Euh en fait la la question du Panama, elle est elle est elle est très intéressante parce que le président actuel, monsieur Moulin, est un est un président de centre- droit euh mais il fait face à des contraintes importantes, notamment parce que la Chine a augmenté sa présence dans dans la région et notamment dans l'opération euh du canal de Panama. Le Panama avait adhéré au programme de route de la soie euh ce qui est un élément important dans la stratégie chinoise en Amérique latine.

Il y a plus de 21 pays en Amérique latine qui ont adhéré au aux routes de la soie, ce qui n'est pas neutre. Euh et euh monsieur Moulin a fait face à des pressions explicites de la part des États-Unis pour revoir cet engagement panaméen euh avec vis-à-vis de la Chine. Donc tout d'abord euh tout d'abord euh le Panama a rompu son adhésion aux route de la soie il y a quelques mois.

Euh euh la semaine dernière euh le Panama, la Cour suprême du Panama a révoqué euh euh la concession qui avait été donnée à une entreprise de Hong Kong euh qui administre une partie du du canal de Panama. Euh et donc se pose la question de quelles vont être les réactions chinoises parce que euh le Panama et le président panaméen est très attaché au droit international. Il a accueilli une conférence la semaine dernière en présence de sept présidents d'Amérique latine, des présidents de gauche.

Donc Loua était sur place, mais il y avait aussi le président élu du Chelli Ros Antonio Cast et le président du de la Bolivie aussi de centre-Droit Rodrigo Pass. Et assez étonnamment, ces présidents, de droite comme de gauche ont voulu affirmer l'indépendance de l'Amérique latine vis-à-vis des États-Unis, ont revendiqué l'autonomie de de des de la région et ils ont réaffirmé leur soutien au droit international. Néanmoins, voilà la question qui va se poser et aujourd'hui, c'est que le président du Panama, malgré ce ce discours, a révoqué donc cette concession chinoise et la question qui va se poser, c'est quelle va être la réaction de la Chine ?

Euh et je pense que cette question de la la de la réaction chinoise sera euh extrêmement importante à suivre dans le cas du Panama. Et je vais conclure avec la question du Venezuela pour donner par la suite place aux questions et notamment de que peut faire la France parce que je pense que c'est aussi un peu la question pour laquelle on est ici. Euh en ce qui concerne le Venezuela, en fait la question clé c'est qu'est-ce qui va se passer avec les arriérés de paiement de la Chine au Venezuela.

Pourquoi ? Parce que comme je l'ai dit euh dans au début de mon intervention, la présence de la Chine en Amérique latine s'était traduite dans un premier temps par une politique de près de gré à gré entre États. Et le premier pays qui était ciblé dans cette stratégie au début des années 2000, c'était le Venezuela.

Et donc le la Chine a fait une très grande la Chine a fait a prêté a fait voilà effectuer de des prêts très importants au Venezuela et ces prêts n'ont pas été payés. Et donc de ce point de vue-là la stratégie de Karacas a été de euh rembourser sa dette avec des exportations de brut. Or, la stratégie américaine dit ben en fait le brut qui était exporté à Pékin, ben désormais, il sera exporté à Washington dans le cadre de d'une nouvelle d'une de nouvelles entreprises qui vont être créées euh en entre le Venezuela et les États-Unis.

Et euh de fait, la production nationale de pétrole de l'entreprise publique de pétrole PDBSA sera donc désormais exportée aux États-Unis. Le problème qui se pose, c'est que si la le Venezuela fait ça sur le long terme, le Véné s'expose à ne plus honorer ses dettes vis-à-vis de la Chine. Et je pense que cela nous amène à la question pour moi qui est une des questions de fond dans cette nouvelle situation latino-américaine et qui est la question pour moi structurante et qui oblige la France et l'Europe à se positionner dans cette région, c'est que nous sommes face à une région qui euh va euh vivre et qui est d'ors et déjà en train de vivre une accélération de la rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis et où les enjeux politiques, économiques voire sécuritaire euh vont s'aggraver.

J'ai déjà mentionné le cas du Panama. Le cas du Vené pour moi est très important. Quelle va être la réponse de la Chine à ce que elle estime être un défaut de paiement euh stimulé par les États-Unis ? parce que là ça ça touche directement ses intérêts économiques.

Donc ce qu'on voit ici au Venezuela, ben on va pouvoir le retrouver dans d'autres pays. Par exemple, la Chine a investi en Argentine pour construire un certain nombre de terminaux notamment en matière spatiale. Et donc la question d'observation spatiale et donc la question qui se pose, c'est est-ce que le gouvernement Miley va fermer ses stations comme il l'a annoncé ?

Et donc quel va être le coût de de de ces de cette fermeture ? Il y a par ailleurs au Pérou un port multimodal, le port de Changai qui a été inauguré il y a quelques mois, qui a coûté 5 milliards de dollars et qui est euh un un un terminal stratégique pour la Chine puisque il va il permet d'écouler les exportations de matières premières sud-américaine vers la Chine. Faut pas oublier que la Chine est le premier partenaire commercial du Pérou mais aussi du Chili, du Brésil.

Et donc de ce point de vue-là, avoir le contrôle de termino stratégique dans la région, bah ça donne un actif, un levier non seulement en matière économique, mais y compris en matière de défense. Donc les États-Unis aujourd'hui font tout pour éviter que ce terminal soit réellement opérationnel sur le plan de l'efficacité économique. Donc les États-Unis essaient de limiter voire de stopper des projets d'infrastructure qui relierent ce terminal.

à d'autres à d'autres infrastructures qui permettraient d'écouler justement ces produits. La question c'est une fois encore quelle serait la réponse de la Chine et aussi comment nous pouvons nous positionner dans cette rivalité stratégique ? Et donc je pense que c'est là où la France elle a elle a elle a beaucoup à dire et elle a surtout à offrir, c'est que d'abord il y a la logique partenariale.

Je l'ai mentionné au début de de cette intervention, mais je pense qu'il est très important de la souligner puisque dans un contexte où ces deux puissances veille à s'exprimer par la voix de la puissance et de la contrainte, je pense que si on agit dans une logique partenariale, qu'on évoque aussi la volonté d'avoir un dialogue non seulement sur les bonnes intentions des déclarations d'intérêt, mais aussi d'avoir un levier actif et un levier économique tout à fait opérationnalisé. able et ce levier s'appelle l'Agence française de développement et proarco pour proposer aux entreprises françaises d'agir concrètement sur le terrain. Ben, je pense que ça c'est quelque chose qui est important à avoir à l'esprit de mobiliser.

D'autant plus que ce levier économique que je mentionnais n'existait pas il y a quelques années. Je rappelle que l'action de l'AFD en Amérique latine a été lancée en 2009. C'est c'est qu'à partir de 2009 que l'AFD a commencé à à opérer en Amérique latine et que c'est donc ça c'était sous le mandat de Nicolas Sarkozi et sous le mandat de François Hollande, l'opération de l'AFD et le portefeuille de d'activité de l'AFD de Proparco a considérablement augmenté et ça ça nous donne vraiment une valeur ajoutée dans dans le dialogue qu'on peut avoir avec ces gouvernements en disant qu'avez-vous à nous proposer ? et et je pense que le dialogue qu'on pourrait avoir à présent pourra justement porter sur ce volet plus voilà positif et et qu'est-ce qu'on peut proposer justement au pays latino-américains.

Je vous remercie. Merci beaucoup. Euh je vais passer maintenant aux questions de nos collègues et nous commençons avec Helen Conou Mour.

Merci monsieur le président. Merci monsieur pour vos analyses. Je voudrais vous amener dans la dans la Caraïbe euh avec deux points.

Nous avons une actualité euh électorale importante euh notamment pour Haïti et la barbade cette semaine. Euh Haïti, euh vous savez que le le Sénat a adopté une résolution pour que la France s'implique pour assurer la sécurité, mais au-delà de la sécurité, il y a aujourd'asse politique euh qui est très inquiétante et la Caricom qui essaie de s'impliquer, qui a mené des négociations, qui a servi de médiatrice mais pas avec beaucoup de succès puisque et bien le mandat du conseil présidentiel de transition qui doit prendre fin le 7 février finalement et bien ne dépou pas sur un accord politique entre les différentes parties. Donc j'aimerais avoir votre opinion sur comment vous évaluez finalement l'efficience et les limites actuelles de l'action de la caricom.

Pour la barbade, élection législative le 11 février et prochain avec une première ministre Motelé qui dirige le gouvernement depuis donc 2018. et qui brille un 3è mandat. Cela crée quand même une certaine euh instabilité euh en tout cas de résistance dans le pays.

Donc est-ce que vous voyez cela comme finalement une forme de stabilité politique que l'on pourrait avoir dans ce pays ? Ou au contraire, est-ce que ça fragilise les institutions ? Et enfin, je voudrais juste un point sur Cuba.

Vous avez parlé de crise migratoire. C'est vrai que aujourd'hui ce pays par le blocus américain qui est imposé est étouffé économiquement. Euh Donald Trump à la fois a réitéré des menaces en faisant valoir que Cuba euh représentait une menace exceptionnelle pour la sécurité des États-Unis avec un décret qui menace de frapper de droits de douane les pays fournisseurs d'énergie à Cuba.

En même temps, dimanche dernier, il a annoncé qu'il y aurait enfin qu' un dialogue était engagé avec la vanne. Donc quel rôle vous pensez les acteurs extrégionaux pourraient avoir ? T notamment la France, vous avez parlé fait référence plusieurs fois.

Et est-ce que vous pensez que finalement cette politique des sanctions et des droits de douane s'inscrit dans une démarche américaine maintenant qui finalement pourrait redéfinir l'influence américaine dans l'ensemble de cette région ? Merci beaucoup. Euh donc pour commencer sur Haïti, le problème de la Caricom, c'est que ces décisions certes, elles partent d'une volonté d'engager euh la région caribéenne et donc une volonté de créer du consensus.

Le problème c'est que on a eu beaucoup de consensus que ce soit au niveau de la Caricom ou au niveau du Conseil de sécurité des Nations- Unies pour agir et pour dire que la situation en Haïti est extrêmement grave et qu'il faut agir. Le problème c'est quels sont les moyens associés aux décisions tant de la Caricom mais aussi du Conseil de sécurité des Nations- Unies. Euh et et une fois encore la la faillite une fois encore du conseil présidentiel de transition en est l'illustration parce que certes, on a une volonté politique d'accompagner le pays euh tant au niveau de la réforme de ses institutions euh que euh de promouvoir un cadre sécuritaire minimal pour qu'il y ait des activités économiques.

Et le problème c'est que une fois encore, il faut que les pays qui sont souten censés soutenir et donner du du corps et et de la substance, de la densité à ces décisions, il faut qu'elle s'engage réellement. et et une fois encore ce qui s'est passé euh en 2025 en Haïti n'a pas été à la mesure notamment la mission des Nations Unies de de la force de sécurité du Kenya euh qui qui n'a pas été du tout à la hauteur des enjeux parce que le mandat qui avait été donné par le conseil de sécurité ne permettait pas justement au aux forces kéniennes de de de mettre fin au gang, en tout cas de limiter leur action. Euh et donc de ce point de vue-là, si la situation sécuritaire est aussi dégradée, il est très difficile d'accompagner un pays euh sur le plan politique puisque pour que la politique évolue et avance dans le bon sens, il faut qu'il y ait un minimum de stabilité tout simplement sur le plan de la sécurité et cette sécurité aujourd'hui, elle n'est plus assurée.

Donc de ce point de vue- là, l'action de la CARICOM, elle est naturellement la bienvenue, mais le problème c'est que s'il y a pas de de de décision de de fond qui accompagne ces prises de position, c'est des déclarations d'intention. Et de mon point de vue, moi je pense que là où se placent les vrais enjeux, c'est vraiment au Conseil de sécurité des Nations Unies. Et ce qui est intéressant par rapport à notre discussion générale sur l'Amérique latine et les États-Unis, c'est que très paradoxalement les États-Unis qui rejettent le multilatéralisme, qui rejettent les Nations Unies dans le casre de Haïti, c'est plutôt l'inverse parce que c'est les États-Unis qui ont demandé à ce qu'il y ait un changement du mandat des forces kéniennes et qui sont très actifs au conseil de sécurité pour placer les Nations- Unies au cœur de la résolution de la crise haïtienne.

Euh donc ça c'est c'est très paradoxal puisqueon voit bien que en fonction des intérêts là pour le coup là la multilatéralisme ça les intéresse. Pourquoi ? pour partager le fardeau et pour que ce ne soi pas les États-Unis qui doivent assurer la question de la sécurité, le maintien de la sécurité dans ce pays.

Donc c'est vrai que on peut on peut depuis la notre position française justement utiliser et exploiter ces contradictions en disant ben si vous voulez vous engager multilatéralement en Haïti ben allons-y. Mais allons-y franchement et ne le limitons pas au cas haïtien. Donc je pense que ça pourrait être un premier enseignement de de cette crise actuelle.

Le deuxième, la question de la barbade. Bon, je pense que Mia Motelet a a fait des bons mandats. Elle a réussi à positionner son pays sur la scène internationale, notamment par rapport à des enjeux qui sont importants pour la France, notamment en matière du climat, euh notamment en matière du financement, du développement.

Euh alors c'est vrai que ça ça cette 2è réélection suscite des des 3è 3è Oui. Mais 3è mandat mais 2e réélection. Alors après voilà c'est vrai que c'est comment dire c'est sur le plan institutionnel je pense que ça fragilise la ça ça je pense que c'est pas moi qui va vous qui va vous aller dans le sens contraire de votre propos.

Néanmoins, c'est vrai que voilà, c'est c'est une ça a été une décision de de la de Méa Modelet et je vois compte tenu de sa popularité dans le pays, je pense qu'elle va être réélue. Donc voilà, j'ai pas plus de commentaires, je peux lamenter sur le plan institutionnel mais reconnaître le fait que elle est populaire et que voilà, il y aura une élection. Ce qui d'ailleurs c'est a pu se passer dans d'autres pays.

Je pense par exemple à la Bolivie où Morales avait aussi fait ce cette opération. Finalement par rapport à votre troisème question qui était Cubain. Oui.

Alors Cubain alors la question de Oui. Bah la la question de de de de États-Unis, c'est que c'est une fois encore c'est c'est une c'est une démoc c'est une pour moi, c'est pas vraiment une politique étrangère, c'est plus une logique de coup d'éclat. vous-même dans votre question, vous avez évoqué les changements de position euh et je pense que c'est aussi lié en fait aux évolutions des rapports de force au sein de l'administration américaine.

J'ai déjà évoqué Marco Rubio et le fait qu'il est extrêmement puissant compte tenu de sa double casquette tant au département d'État qu'à la Maison Blanche. Mais il faut pas oublier qu'il y a un deuxième acteur qui est très important dans cette équation latino-américaine qui s'appelle Richard Grennel qui est l'envoyé pour l'é mission spéciale du président Trump. C'est quelqu'un qui est extrêmement proche du lobby pétrolier.

C'est lui qui dans un premier temps a été chargé par Donald Trump pour négocier avec Nicolas Maduro. D'ailleurs, c'est lui qui s'était affiché avec Nicolas Maduro en février 2025 et qui avait été à l'origine de la libération de six américains qui étaient prisonniers à Caracas. Et c'est quelqu'un qui s'il a été s'il a été vaincu dans leur conflit interne par pour avoir disons la primauté de la politique vénézuélienne des États-Unis.

Infèesse qu'a fait Rubio. Certes Rubio a eu ce qu'il voulait c'estd son trophée la la l'arrestation de Nicolas Madoro. Néanmoins, du point de vue politique, c'est pas du tout la vision de Rouio qui a primé, c'est la vision de Grenel.

La vision de Grenel, c'est il faut composer avec les autorités vénézuéliennes. Il faut arriver à un accord politique avec les autorités vénézuéliennes. Et donc de ce point de vue-là, c'est un autre acteur qu'il faut avoir vraiment dans l'équation latino-américaine de la politique étrangère américaine vis-à-vis des États-Unis.

Et on le on le voit ce conflit dans d'autres pays de la région, je pense notamment au Brésil. au Brésil, la relation bilatérale Brésil États-Unis en 2025 a elle est aussi marquée par ses contradictions à l'image de Cuba dans durant euh disons une bonne partie du 2e semestre 2025, la relation bilatérale américaine entre les États-Unis et le Brésil était extrêmement tendu. Faut pas oublier et pour répondre à votre question, les États-Unis ont imposé des droits de douane punitifs au Brésil dans des secteurs clé pour l'économie de ce pays. le café, le le le le jus d'orange, le secteur aéronautique et à les États-Unis ont lié la diminution de ses droits de douane au fait que Jair Bolsonaro devait retrouver ses droits politiques et être euh sorti de prison, ce qui était une imiction et hantée dans la politique intérieure brésilienne.

Il y arrivé un moment où les Américains et notamment via l'influence de Grenel se sont rendus compte que cette position était intenable du point de vue politique et du point de vue des répercussions économiques aux États-Unis puisque imposer des droits de droine sur le café alors que le Brésil principal exportateur de café aux États-Unis ça avait une conséquence très concrète c'est que le prix du café augmentait à Washington à Dallas voilà et donc les électeurs de Donald Trump qui ont été qui ont élu Donald Trump sur la base la critique de la hausse de l'inflation durant l'administration Biden était floué. Donc une fois encore la les questions de considération politique intérieure ont été utilisées justement par cette aile des conseillers de Donald Trump et notamment monsieur Grenel pour dire à Donald Trump, bon on va cesser de d'écouter la parole de Ger Bolsonaro de son fils qui a d'ailleurs habite aux États-Unis et qui avait un accès direct à Marco Rubi et il y a eu aussi une évolution de la pollution de la position américaine vis-à-vis du Brésil. ce qui s'est traduit d'abord par un échange lors de l'Assemblée générale des Nations Unies, puis un entretien bilatéral euh en Malaisie et enfin il y aura une visite bilatérale du président Loula Washington au mois de mars.

Donc on voit bien que là une fois encore on alterne le chaud et le froid. Moi, je pense que il y a une vraie question par rapport à Cuba et que c'est que ils savent pas vraiment quoi faire avec. C'est certes, il c'est une volonté de mener un geste fort parce que justement il y a l'histoire et il y a c cette question personnelle de Marco Rubio.

Non mais je pense que il y a une réalité électorale qui s'impose aux acteurs américains qui est les my terme. Et de ce point de vue-là, c'est vrai que euh contrairement au Venezuela, à Cuba, il y a pas de pétrole. Donc ça c'est quand même un élément, on dire il y a un facteur incitatif quand même très très puissant.

Euh c'est à Venezuela, il y a un intérêt euh peut-être qu'il pourrait y avoir un autre intérêt à Cuba, c'est de revenir à la situation près 1959, c'est-à-dire que Cuba était quand même l'île où il y avait beaucoup de blanchiment d'argent euh de la part des mafias. Il y a ça, c'est documenté, des mafias siciliennes et qui étaient opéré des casinos à Cuba. Ça c'est c'est à fait avéré.

Euh et peut-être que ça peut être une une logique de l'administration américaine puisque la question de du pouvoir exécutif et de l'argent aux États-Unis est une question quand même qui se pose. Moi, c'est vrai que c'est quelque chose qui me frappe beaucoup aujourd'hui, mais hormis cette question financière, c'est vrai que je vois pas quel pourrait être l'intérêt pour les États-Unis de mener ce changement de régime parce qu'il y a personne pour qui le remplacer et en plus il y a cette question migratoire. Donc c'est vrai que il y a quand même beaucoup de d'inconnus.

Merci beaucoup. On va passer à la question suivante si vous voulez bien. Roger Carouchier.

Merci monsieur le président. Rapidement, j'entends bien tout ce que vous dites, mais est-ce qu'en réalité euh Trump c'est Trump très bien mais est-ce que en en réalité dans toute l'Amérique latine on n pas une inversion ? Pendant des années, tous les régimes sud-américains étaient élus sur l'antique.

Après Cuba, après le coup d'état au Chili, dans les années 80 90 2000, c'était l'unité sacrée contre les Yankees. Sauf que dans beaucoup de pays, on s'est rendu compte que bah ça faisait pas la prospérité, ni la démocratie, ni la liberté. Et le résultat c'est qu'on a une inversion aujourd'hui avec des régimes dans la plupart des cas où les régimes plus libéraux l'emportent lorsqu'il y a de vraies élections.

Et puis euh vous avez parlé certes de du fait que en 2026 il y avait des élections en Colombie et au Brésil. Le président Petro la semaine dernière disait "Mais moi contre les États-Unis, je suis prêt à reprendre les armes." Puis 3 jours après, il était à la Maison Blanche.

Donc il a repris les armes mais par avion quoi. Euh quant au président Loula qui est le champion de l'antique. Il sera vous l'avez dit, au mois de mars à la Maison Blanche.

Alors finalement, est-ce que Trump ne surfe pas sur le fait que la vision antiankie de la plupart des régimes latino-américains aujourd'hui ne fonctionne plus ? et finalement bah il a raison de se comporter en en en vrai pouvoir face à des régimes qui pour se pour subsister bah ne peuvent plus être trop anti-américain. Et vous parliez de Cuba, je rappelle que Marco Rubio est certes d'origine cubaine mais que ses parents ont quitté Cuba pendant la dictature de Baptiste et non pas après le coup d'état de Castro.

Ce qui fait que même le président Trump ditah si à Cuba il y a nécessité d'un dirigeant, je vous envoie Marco Rubio, il est prêt à le rétrocéder. Est-ce que justement le la politique anti Yankee qui faisait la force des régimes sud-américains n'est pas en échec aujourd'hui ? Et dans les opinions publiques, le système d'unité politique contre les Yankeis ne fonctionne plus.

D'où le fait que Trump joue sur du velour en fait. En fait, je pense que la réponse elle est à deux niveaux. Je pense que d'abord il y a la question qui est me semble-t-il très intéressante de du discours de Trump vis-à-vis de son opinion publique aux États-Unis et l'électoral latino parce que je pense que ça c'est une variable insuffisamment analysée vue d'Europe mais c'est que les Latinos ont quand même voté majoritairement pour Trump en 2024 et et et il y a quand même eu un tournant conservateur qui a d'ailleurs est très mal été analysé par les démocrates.

Parce que toute la stratégie démocrate des années 2000 et notamment de la présidence Obama, c'était de dire en terme de stratégie électorale, je l'entends, c'est on va construire une majorité politique sur la base de l'agrégat de minorité et étant donné que démographiquement ces minorités allaient avaient une croissance démographique, les noirs, les latinos, parce que disons que aux États-Unis toute cette question raciale ethnique est tout à fait autorisée dans les études d'opinion et dans Voilà. Et donc la stratégie électorale des démocrates, c'était de dire et ben il faut s'adresser en priorité à ces minorités et on va construire une majorité politique sur cette base. Or ce qu'ils ont insuffisamment analysé c'est que pas dans ces minorités il y a aussi des évolutions électorales.

Et ce qui est un très frappant de l'évolution de la démographie et des comportements électoraux aux États-Unis, c'est que les Latina ont notamment en Floride, au Texas sont devenus de plus en plus conservateurs et donc on a à voté de plus en plus massivement en faveur des candidats républicains. Et de ce point de vue-là, il est vrai que cette cet engagement politique, mais aussi sur le plan du discours en Amérique latine, il répond aussi à une nécessité électorale de s'adresser à l'électorat latino, un électorat latino qui paradoxalement peut être aussi très hostile à l'immigration illégale latino-américaine. et et donc c'est vrai que c'est là où il y a un élément qui est nouveau et qui a été très bien utilisé par les stratèges républicain durant le cycle électoral de 2024.

Néanmoins, la question, elle se pose aussi à nouveau et notamment l'élection qui a eu lieu au Texas pas plus tard qu'il y a deux ou tr jours où il y a eu un basculement d'un siège historiquement républicain pour vers le candidat démocrate et surtout l'élection du maire de Miami où pour la première fois en 30 ans il y a une alternance du parti républicain au parti démocrate. C'est des signaux quand même assez forts des vis-à-vis des Républicains en ce qui concerne la question de la la lisibilité à moyen et long terme de la stratégie de Trump vis-à-vis de de de l'Amérique latine. Deuxièmement, par la la question du du message de Marco pardon, de Donald Trump vis-à-vis la non pas en matière de politique intérieure mais de politique étrangère.

Euh je pense que il y a il y a il y a deux il y a deux facteurs. Je pense que effectivement, vous avez raison de de le souligner, les dirigeants latino-américains, que ce soit Petro ou Loua, en fonction de leur trajectoire de vie, Petro avait été un ancien guerriigéro, donc ça joue aussi dans son facteur discursif. Euh euh voilà, il y a cet anti-américanisme euh est très prignant chez ces dirigeants en fonction de leur trajectoire dirigeante.

Je pense qu'il y a eu aussi une évolution sur le plan des générations. Le président Boric par exemple du Chili, certes de centre gauche, certes qui a fait référence à Salvador Yendel lorsqu'il a été investi donc en en 2021, il n'a pas il est pas du tout dans ce registre de l'invective et de la mobilisation de l'anti-américanisme comme un facteur de mobilisation politique. Je pense qu'il y a aussi un facteur de génération qui joue.

D'autant plus qu'en Amérique latine, les États-Unis, c'est aussi vu comme ben le rêve américain. Il y a pas uniquement le rejet de de l'oncle Sam et les interventions vous avez évoqué, mais il y a aussi cette idée peut-être une idée désormais un peu ancienne de la prospérité et du rêve américain. Ce qui explique pourquoi il y a autant de migrants latino-américains qui cherchent à aller aux États-Unis.

Euh donc de ce point de vue-là, c'est vrai que la la le la vision des États-Unis, elle est à double tranchant. Il y a d'une part un rejet, mais il peut aussi avoir une une attirance. Néanmoins, je pense qu'il y a aussi un facteur nouveau, c'est que le discours anti-immigration et surtout euh cette vision pas du tout partenariale que projet les États-Unis vis-à-vis de la la région, ça a aussi un impact sur la vision qu'on les latino-américains sur les États-Unis et ça les études d'opinion sur quelle est l'image qu'on les latino-américains vis-à-vis des puissances extrégionales.

On voit bien qu'il y a un effritement de la l'image des États-Unis dans la région, une montée de la côte de confiance de la Chine puisque la Chine comme je l'évoquais s'implante aussi non seulement en fa de par le biais économique mais aussi en installant des instituts Confucius en développant des partenariats en matière éducative et tout ça ça commence à aussi à faire boule de neige. Donc c'est vrai que là une fois encore pour revenir à la France, c'est là où notre vision partenariale, le fait de partager des valeurs, c'est aussi quelque chose qui est qui est important à l'heure où les sociétés latino-américaines, comme je l'avais souligné au début de mon intervention, sont quand même très fortement teinté par une défiance vis-à-vis de leurs élites politiques et économiques, justement parce qu'il y a pas de croissance économique, parce que les résultats ne sont pas en rendez-vous. Merci beaucoup.

Euh, il me reste trois questions et 15 minutes. Donc, j'invite un peu à concision si vous me permettez. Donc, il reste maintenant Olivier Cad.

Merci monsieur le président. Merci pour vos propos. Oui, vous avez mentionné la rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis dans l'Amérique latine.

Elle se démontre aussi par l'arrivé des précurseurs chimiques chinois qui arrivent par les ports. Vous avez parlé de Chankaille, mais la cocaïne est se compose aussi des précurseurs chimiques chinois qui envahissent donc l'Amérique latine. C'est un des sujets qui va m'amener à vous parler du développement du crime organisé et donc des cartels. que c'est qui sont considérés désormais comme des organisations terroristes aux États-Unis et qui à mon avis c'est un peu le game changer parce qu'on parle de trafic de drogue mais on aurait pu parler de l'orenoc et donc de ce que font les militaires vénézuéliens aux sources donc de l'orenoc pour faciliter le trafic de métaux précieux mais on aurait pu parler aussi du trafic d'êtres humain de tout ce qui se passe sur cette zone.

Vous avez justement rappelé la présence de l'ENL et puis la justement le la proximité entre la Colombie et le Venézuela dans ce domaine. Et donc je pense que c'est effectivement une raison qui nous amène à se nous préoccuper de de ce qui se passe aussi en Colombie. Mais il y a quand même une transition démocratique qui est en en route au Vénézueza, on nen parle pas mais il faut quand même rappeler que Enmondo Gonzalez Ouroutia était élu avec 70 % des voies.

On fait comme si ce scrutin n'avait pas existé. C'est quand même un peu surprenant euh puisque euh en réalité le devenir de de ce pays est à pour l'instant imbriqué dans des réseaux d'influence et d'ingérence. l'Iran, la Russie, la Chine, Cuba au Venezuela, c'est un vrai sujet, mais aussi les acteur tels que le Esbola présent, ça aussi, j'aimerais savoir ce que vous pensez de ce qui se passe et l'impact avec Lan, les groupes paramilitaires, les organisations criminelles.

Aujourd'hui, ce qui est un peu étonnant et j'aimerais avoir votre opinion là-dessus, c'est que on réagit beaucoup pour le Groenland, on réagit beaucoup avec ce qui se passe en Iran, mais personne s'inquiète de la transition démocratique au Venezuela au niveau de l'Europe, au niveau de la France alors qu'on est à 1 heure de là. Personne n'est vocal sur le sujet. Euh pour pousser vers cette transition démocratique, il y a eu un vote, le faire respecter.

Qu'est-ce qui fait que les démocraties n'ont pas la force de faire respecter les votes démocratiques d'une d'un peuple comme le Venezuela, les Vénusliens ? Ça ça me ça m'interroge. Et puis aussi, comment euh réagir donc euh au ce au développement des cartels puisque nous sommes maintenant nous-mêmes affectés par leur développement ici sur le territoire européen.

Merci. Merci beaucoup. Euh alors oui, je pense que je vais essayer de répondre d'abord sur peut-être sur le crime organisé, le cartel les cartels et après sur le la question démocratique au Venezuela.

Euh en ce qui concerne les cartels, oui, je pense qu'à l'évidence c'est un c'est un sujet où la France et l'Europe de manière plus générale a beaucoup à dialoguer avec l'Amérique latine. D'ailleurs, dans le premier discours et je m'en félicite que le président de la République a fait sur l'Amérique latine depuis son arrivée à l'Élysée en 2017. C'était un discours qui a été fait à Valp Parpare Iiso lors de sa visite au au Chili.

La question du crime organisé a été mentionnée et je pense que c'est effectivement un sujet important tant du point de vue de la politique intérieure de ces pays et aussi de notre propre politique intérieure et de notre propre sécurité. Euh je pense que et vous l'avez évoqué avec votre question sur les précurseurs chinois, je pense qu'il y a une une vraie transformation en fait de l'économie du crime organisé en Amérique latine qui est lié en fait d'abord à l'arrivée du fétanil et des drogues synthétiques notamment dans les marchés nord-américains États-Unis, Canada et ce que ça provoquait en terme d'effet d'éviction des marchés naturels de cocaïne qui allaient d'abord aux États-Unis, au Canada et qui aujourd' aujourd'hui viennent majoritairement en Europe et et cela induit aussi des réaménagements dans l'économie du crime et de ces cartels. Ce qui a des conséquences et c'est pour ça que je parlais de politique intérieure et de notre de notre rôle très concret dans le dans le plan de la politique intérieure de ces pays.

Je pense par exemple à un pays tel que l'Équateur, un pays qui était traditionnellement un pays sûr où il y avait des taux de criminalité assez bas et qui ces cinq dernières années ont a vécu une vraie explosion de la criminalité qui est liée en fait au fait que en Équateur, il y a des terminaux logistiques importants et notamment le port de Guayaakil tout sorte une bonne partie des des marchandises et notamment de de de cocaïne qui est par la suite exporté en Europe. Et donc ça ça induit ces phénomènes de criminalité. Et c'est là où il me semble on peut être efficace puisque pour combattre le crime organisé, il faut avant tout avoir une approche systémique transnational et de ce point de vue-là, il faut qu'il y ait davantage de coopération judiciaire en matière de coopération en matière de police.

Donc très concrètement, le fait que nous ayons maintenu le réseau diplomatique dans la région et notamment qu'il y ait des attachés de défense, qui est des attachés de police dans ces pays et quelque chose de fondamental pour être très opérationnel parce que il faut d'une part euh renforcer ces coopérations en matière d'entraide judiciaire policière avec ces pays justement pour aller à la source et pour penser à au modèle économique dans son ensemble. c'est-à-dire pas uniquement capturer les dealers ici, mais remonter la chaîne jusqu'au au au producteur. Et aussi euh il y a un le volet financier euh pour pouvoir permettre de mettre fin au systèmes de de blanchiment d'argent qui sont les systèmes qui permettent d'alimenter les finances de ces structures du crime organisé.

Et et je pense que là, il y a aussi un peu un rapprochement à voir et je pense que le rôle du parlement, il est essentiel dans le sens où il y a cette coopération qui existe déjà sur le plan opérationnel entre le ministère de de l'intérieur, le ministère des affaires étrangères avec ces pays. Mais et d'autre part, il y a le volet politique qui certes est saisi par ces questions notamment de crime organisé, notamment parce qu'il y a un impact dans les mairies au niveau dans les territoires. Mais je pense qu' ce qui manque c'est un peu une articulation entre cette parole présidentielle et ces ces actions opérationnelles.

Je m'explique. Le président de la République avec le gouvernement italien dans le cadre de la communauté politique européenne a lancé une initiative franco-italienne de lutte contre le crime organisé. C'est une initiative qui me semble est tout à fait pertinente, mais en ce qui concerne par exemple le rôle de la France et de l'Europe avec l'Amérique latine, bah il serait tout à fait naturel d'élargir cette initiative franco-italienne et de proposer un partenariat avec les pays latino-américains au plus haut niveau euh euh pour justement donner une un support politique aux actions opérationnelles qui existent déjà coopération au niveau ministériel de nos ambassades sur place. pour articuler des réponses plus fortes et pour qu'il y ait des moyens qui accompagnent justement ces prises de décision et ces action opérationnelles.

Donc je pense que là il y a aussi un volet où on peut non seulement faire en sorte que la France soit plus présente mais que la France suscite l'intérêt des institutions européennes des autres de notre partenaires européens pour disons s'attaquer à à ce défi du du crime organisé puisque une fois encore et je tiens à le souligner la réponse elle est transnationale et on peut pas du tout être dans un cadre national puisque on fait face à une économie du crimé pour pouvoir répondre à ces crimes criminel, ce qu'il faut, c'est arriver aux finances et donc à casser leur modèle économique. Donc ça, je pense que c'est un facteur important et là l'Amérique latine, c'est un vrai acteur et ça peut être un partenaire justement à condition de les associer et et de ce point de vue-là, le je pense que l'initiative franco-italienne, elle est aussi pertinente sur le plan politique puisque c'est quelque chose que j'ai pas développé dans ma présentation, mais l'Amérique latine aujourd'hui un continent qui est fragmenté, qui est divisé avec de très fortes polarisations politiques et là très concrètement par rapport au crimes organisé, le fait qu'il s'agisse d'une initiative franco-italienne C'est pertinent parce que Georg Méloni a davantage de d'accès et d'affinité avec certains gouvernements plus proches de Trump que à la France. Donc je pense que c'est une initiative qui est peut-être pertinente.

Enfin sur la question démocratique au Venezuela. En effet, je partage ce que vous dites. Il y a eu une élection qui a été remportée par Gonzalez Rudia par qui a été certifiée par le la fondation Carter.

Néanmoins, je registre aussi que Maria Colina Machado il y a quelques jours s'est disposé à rencontrer Delcy Rodriguez, ce qui reviendrait à la légitimer. Mais dans un contexte d'exceptionnalité, je pense que là tout le monde et je pense que l'intérêt central du Venezuela, c'est que il y ait progressivement une démocratisation de ce pays. Je pense que un premier geste important, ça a été l'annonce de l'amnistie aux prisonniers politiques, près de 600.

Après, est-ce que ça sera suffi des V ? Nous le verrons. Mais je pense que la question centrale et la question que la France là pour le coup devrait insister, c'est la question du calendrier parce que pour l'instant il y a aucun calendrier d'élection et de et et et je pense que et les conditions de cette éventuelle élection.

Ça, je pense que c'est aussi une autre vraie question. Merci. Merci.

Donc, il reste deux questions et 6 minutes. François Bonau. Oui.

Merci monsieur le président. Merci monsieur pour votre voilà votre analyse. S'agissant toujours du du de la question des gangs, des cartels, de la drogue.

Tous ces pays ont observé avec intérêt ce qui s'est passé au Salvador avec les méthodes très fortes s'éloignant de de l'état de droit, mais malgré tout analysé très très finement par ces pays par rapport aux résultats. l'arrestation très très importante des gangs et une diminution importante des des morts violentes dans le dans le pays. Je voulais savoir où en était la situation aujourd'hui.

Bon, alors pour être télégraphique, la situation aujourd'hui, elle est dire Bali reste extrêmement populaire. Euh sa politique carcérale, elle est ils ont plébiscitée par ses électeurs. Néanmoins, il y a énormément de problèmes en matière de droit de l'homme, voire même en terme de la sincérité des statistiques. certaines enquêtes journalistiques de journaux salvadoriens qui ont dû s'exiler.

Notamment un média en ligne qui s'appelle El Faro fait état en fait de doute par rapport à la sincérité des statistiques et donc par extension de l'efficacité de la politique pénale qui est appliquée par le président salvadorien. Néanmoins, c'est vrai que sa très grande médiatisation, sa proximité avec les États-Unis euh fait que ce modèle pénal est en train d'être exporté et on l'a vu une fois encore dimanche dernier au Costa Rica, il y a eu des élections présidentielles et la candidate qui a été élue, qui a 39 ans a déclaré vouloir s'inspirer de ce de ce modèle- làà pour transformer le système sécuritaire de son pays. Donc très clairement, c'est un système qui est amené à se développer.

Moi, je pense que il y a une vraie question en matière de lutte contre l'insécurité où la France peut-être beaucoup plus présente. Euh mais j'ai encore des doutes quant à la l'efficacité réelle sur le long terme de cette politique. Merci beaucoup.

Et donc Pascal Lisa. Oui, monsieur le président. Merci.

Merci pour votre exposé et les réponses aux questions qui sont absolument intéressantes. Je je trouve que j'ai beaucoup travaillé en Amérique latine et que je l'ai beaucoup visité. Donc c'est c'est vraiment un secteur du globe que que que j'aime beaucoup.

Vous avez parlé à juste titre de la rivalité stratégique US à Chine et de son expression dans le secteur. Je voudrais avoir votre analyse sur la rivalité des monnaies. C'est une chose dont on parle pas souvent.

H alors c'est vrai que nous autres européens avec l'euro, on a une monnaie sans souveraineté mais le dollar et le rememb sont des monnaie avec souveraineté et qui sont rivales. Et ne craignez-vous pas que dans le secteur la loi de Grécha ou l'autre s'applique et que la mauvaise monnaie apparente leur MMB finisse par chasser le dollar ? Bah, je pense que la question, elle a elle a non seulement le mérite d'être posée, mais que elle est c'est déjà ce qui est en train de se passer parce qu'en fait la la grande évolution euh du dollar et là pour le coup, c'est quand même un consensus transpartisan, bipartisan aux États-Unis, démocrates républicain, c'était de dire "On va cesser d'utiliser le dollar comme une manée de réserve acceptée par tous et c'est devenu un instrument de politique étrangère." À partir de ce moment-là, ben logiquement les pays qui sont visés par cet instrument de politique étrangère vont essayer de créer des alternatives.

Et la force de la Chine, c'est qu'elle achète énormément de bond du trésor américain et que d'autre part, elle a une monnaie qu'elle essaie de faire prospérer à ailleurs justement pour éviter d'être sous la menace de ces instruments extraterritoriaux des États-Unis. Et très concrètement euh ce phénomène on est en train de le voir en tout cas en Amérique latine. Bon, on l'a déjà vu au Venezuela, j'ai évoqué le pétrole parce que une bonne partie des contrats OK, c'est en Reminb mais on le voit aussi au Brésil, l'exportation de de de matière premières commence à se faire et de plus en plus en Rembi et et plus du tout libéré en dollars.

Donc de ce point de vue-à, je pense que c'est notamment dans ces régions là, l'Amérique latine, l'Afrique, l'Asie que cet effet d'éviction du dollar non seulement est en train d'opérer, mais il va s'accélérer à partir du moment où cette consensus bipartisan aux États-Unis qui est dit qui est de dire le dollar et un instrument de politique étrangère se maintient. Merci beaucoup. Merci pour Absolument Merci beaucoup.

Merci pour ces cet exposé, cette analyse très intéressante. Comme je l'ai dit dans mon propos liminaire, on a décidé dans cette commission depuis quelques années maintenant, depuis 3 ans quasiment, de s'intéresser davantage à la question de l'Amérique du Sud, de l'Amérique centrale, l'Amérique latine en général. Euh je vous ai pas interrogé, je vois qu'il reste quelques une minute.

Je pas interroger sur la le Vous savez qu'il y a un rapport qui vient de sortir sur peut-être Guyana Guyane avec notamment un un rapport qui avait été fait par nos collègues en 2023 demandant l'ouverture de cette ambassade au Guyana. Nous sommes les nous français la première le premier pays européen à à ouvrir une ambassade au Guyana. une une ambassade qui a été particulièrement remarquée.

J'étais présent le jour de l'inauguration avec le président de la République du Guyana sur place. Comment est-ce que vous analysez vous cette ouverture et l'influence que ça peut en tout cas on l'espère avoir sur le secteur du du plateau des Guyanes et vous n'avez pas répondu à la question du risque que pouvait encourir la Guyane avec la nouvelle politique américaine ? Bon, je pense que en effet pour bon le Guyana très clairement a été visé par le Venezuela durant l'année 2025.

On se souvient de le débat sur lesquibo et et l'accès aux ressources depuis. Oui, absolument, vous avez raison de le le le souligner. Je pense que en effet ça crée de l'instabilité, mais néanmoins, je pense que aujourd'hui euh c'est surtout les les flux illégaux en fait qui qui qui peuvent menacer le le Guyana compte tenu du fait que l'approche du Venéuela est une approche beaucoup plus coopérative avec Washington qu'elle était par le passé.

Euh le fait que le que les États-Unis ouvrent une ambassade au Venezuela, c'est quand même un signal important puisque ça va s'accompagner aussi de déploiement de matériel militaire sur place. Et justement ce que j'évoquais tout à l'heure, c'est-à-dire que jusqu'à présent de nombreux pays occidentaux n'avaient pas réellement de relais sur place parce qu'ils avaient pas d'ambassade parce à cause de Guaido. Et donc ça, je pense que c'est un élément important, c'est que il faut engager ce dialogue avec les la société civile vénézuélienne justement pour avoir davantage de relais et de sources d'information.

Et donc euh en ce qui concerne le le le Guyana, euh je pense que il y a il y a la question des pour moi qui est essentiel et qui vise aussi nos intérêts, c'est la question des trafics euh puisqu'on a une zone économique exclusive euh et on a il y a la Guyane française et il y a et ça on le voit parce qu'il y a même une proposition là de projet de loi ici au Sénat par rapport voilà absolument et je pense que on voit bien que il y a une volonté tenté d'accéder aux ressources et qui est visible vous avez évoqué le Guyana, le Surinam, mais aussi au Brésil, il y a toute une zone qui s'appelle la la le détro la marge équatoriale qui va être exploitée par le Brésil et donc il y a une volonté de la part de ces populations ben d'avoir accès au aux ressources. Donc ça ça peut être une source de tension et c'est vrai que c'est quelque chose qu'il faut avoir à l'esprit. Je pense qu'il est très important que la France ait cette ambassade et qu'il était très important que vous étiez sur place. que je vous félicite un du rapport 2 de votre présence et je pense que le le le Sénat doit être très très actif dans dans ce dans ce sujet.

Je pense que la question de fond, c'est il faut maintenir nos nos actifs sur place et voir renforcer la présence notamment des des missions des attachés de défense euh notamment sur la zone Caraïbe puisque la question du narcotrafic et des flux illégaux, elle est malheureusement appelée à se développer compte tenu de ces flux et de cette économie de drogue à laquelle je me suis déjà euh à laquelle j'ai que j'ai déjà évoqué. Merci. Merci beaucoup pour votre analyse, merci pour les questions des uns et des autres et nous ne manquerons pas évidemment de continuer dans cette voie qui nous amène plus en plus à je dire à nouer des contacts et des liens que nous espérons pouvoir en tout cas faire fructifier dans l'avenir avec les différents pays d'Amérique d'Amérique latine.

Merci beaucoup et nous allons passer maintenant à une autre audition toujours un peu sur le même thème mais celui un peu des sanctions économiques. Merci. C'est la même personne, le même acteur.

Le même acteur, toujours l'acteur principal. Ah mince !