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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 25 septembre 2025 29 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsImmigration & asileSécuritéJustice

Claude Guéant revient sur ses années Sarkozy – confidences d’un homme de l’ombre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous anime : le service de l'État ou l'exercice du pouvoir ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Vous étiez parti dans la vie pour faire ça ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir choisi le corps préfectoral ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes passé de préfecture en préfecture, de quoi êtes-vous le plus fier ?

  • 6:00OuverteRéponse partielle

    Vous étiez en permanence au ministère de l'Intérieur le jour de la mort de Robert Boulin ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Votre intime conviction sur le suicide de Robert Boulin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Claude GuéantFait
    « Dans cette carrière préfectorale, j'ai une fierté qui a été pour quelque chose qui a été remarqué d'ailleurs que j'ai éprouvé lors de mon dernier poste territorial. J'étais préfet de la région de Bretagne et j'ai beaucoup lutté pour améliorer la qualité de l'eau. »
  • 6:00Claude GuéantFait
    « On a beau être très solide lorsque l'on vient sur un certain nombre de terrains, je le sais pour avoir été moi aussi victime d'attaque malgré votre solidité et je dirais à cause de votre solidité car l'équilibre est fragile. »
  • 8:00Claude GuéantFait
    « Mon intime conviction c'est qu'il s'est suicidé. »
  • 22:00Claude GuéantFait
    « Je n'ai jamais instrumentalisé la police ou la justice. Jamais. »
  • 24:00Claude GuéantFait
    « Il n'y a pas eu de contrepartie politique ou financière ou quoi que ce soit. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Oh oh oh oh oh oh oh oh [Musique] [Musique] Qu'est-ce qui vous anime Claude Guant ? le service de l'État ou l'exercice du pouvoir ? Alors, c'est très clairement le service.

L'exercice du pouvoir n'est qu'un moyen de servir. Ouais. Quand on a eu, comme j'ai eu la chance de l'avoir, des responsabilités euh très importantes au sein de l'État, ce qu'on a envie de faire, c'est de rendre service à ses concitoyens.

Et effectivement, on a l'impression peut-être à tort quelquefois que l'on rend des services. Alors, vous étiez partis dans votre vie pour faire ça parce que vous avez fait des études, vous avez passé l'ENAT. Oui, c'est vrai.

Ce qui était pas évident d'ailleurs parce que vous vous venez d'une famille plutôt modeste, une famille du Pas de Calais. Oui, c'est vrai. Vous étiez très fort en anglais, hein.

Alors là, c'est une surprise que j'ai découverte, c'est que vous avez même eu un accès site au concours général d'anglais et vous avez brillamment réussi les NAS. J'ai plutôt bien réussi. Oui, j'en suis sorti 17e.

Donc, j'avais après ce qu'il est conduit d'appeler les grands corps une très grande latitude de choix et j'ai choisi le corps préfectoral. Et pourquoi vous avez choisi le corps préfectoral ? Euh, j'ai choisi le corps préfectoral précisément parce que au cours du stage que pendant la scolarité j'avais fait en préfecture, c'était la préfecture des Deux Sèvres, je me souviens, euh, j'avais eu très clairement ce sentiment que l'on pouvait concrètement aider les gens.

Hm hm. que l'on pouvait résoudre des problèmes, que l'on pouvait mener des projets, des projets dont on puisse constater euh les résultats. Après dire, j'avais choisi d'entrer à l'ENAP euh avec l'espoir d'être diplomate et puis en cours de route, j'ai découvert cette expérience de terrain qui m'a convaincu qu'il fallait que je j'entende encore Alors, vous êtes passé de préfecture en préfecture, vous avez même fait la Guadeloupe, si jeou de quoi vous êtes le plus fier dans cette carrière préfectorale ? dans cette carrière préfectorale, j'ai une fierté qui a été pour quelque chose qui a été remarqué d'ailleurs que j'ai éprouvé lors de mon dernier poste territorial.

J'étais préfet de la région de Bretagne et j'ai beaucoup lutté pour améliorer la qualité de l'eau et quand je suis parti les orientations qui avaient été fixées ont été suivies d'effet. C'est comme ça qu'on se fait remarquer que bon l'objectif n'est pas de se faire remarquer. L'objectif c'est de régler des problèmes concrets parce que la qualité de l'eau en Bretagne allait se dégradant ce qui en soit était quelque chose de préoccupant mais qui est aussi porté atteinte au potentiel de développement de la région.

Et et bien quand même vous êtes remarqué parce que vous faites du cabinet, vous faites du cabinet ministériel et vous entrez notamment au ministère de l'intérieur chez un un breton d'ailleurs puisque c'est Christian Bonet. C'est c'est tout à fait exact. J'avais choisi le corps préfectural, je vous le disais il y a un instant pour faire du terrain.

Ouais. Et puis finalement, j'aurais passé la moitié de ma vie à Paris en administration centrale ou en cabinet. Ouais.

Euh effectivement, je crois que c'était en 1977. Euh je revenais de Guadeloupe. Je venais de vivre l'expérience de l'éruption du volcan de la souffrière, ce qui est quand même rare dans une carrière.

Et puis par l'intermédiaire d'un camarade qui était déjà au cabinet de Christian Bonet, j'ai été appelé à son côté et j'ai comme ça pour la première fois j'ai été en fonction au ministère de l'intérieur. Il y a un événement important qui va marquer votre passage au ministère de l'intérieur. On est le 29 octobre 1979 et je vous invite à regarder ceci.

C'était un homme d'une immense honnêteté. On l' mise en cause, ça l'a bouleversé. Pourtant, c'est un homme qui a donné l'image d'un d'un homme solide au ner d'acier.

C'est un geste qui lui ressemble pas. Je vais vous faire une confidence. On a beau être très solide lorsque l'on vient sur un certain nombre de terrains, je le sais pour avoir été moi aussi victime d'attaque malgré votre solidité et je dirais à cause de votre solidité car l'équilibre est fragile.

À cause de cette solidité, je crois qu'on est fragile. Nous sommes bouleversés, nous sommes terrifiés. Mais je dirais qu'on est inquiet aussi parce que le fait qu'on abatte des hommes comme lui, ça me paraît très grave.

Alors bien entendu dans l'avenir, on cherchera des responsabilités. Il s'agit de Robert Boulin. Exactement.

Robert Boulin qui était ministre du travail. Oui. Et qui est retrouvé mort dans les étants de Hollande à Rambouillet dans la Bliieu de Paris, grande banlieu de Paris.

Et vous êtes le jour de sa mort ou la nuit de sa mort et bien de permanence au ministère de l'intérieur et c'est vous qui recevez l'appel. ou enfin pas exactement à vrai dire c'est l'histoire qui a été dite. Le souvenir que j'ai est tout légèrement différent.

À l'époque le cabinet était dirigé par un préfet exceptionnel qui a été deux fois préfet de police Jean Paolini. Ouais. Et je dois dire que quels que soient les tours de permanence surtout pour une affaire comme celle-là, c'était lui qui était dérangé hein.

Donc c'est lui qui a été informé. Mais ce qui est vrai en revanche, c'est que très tôt le matin, le ministre ayant été informé, il a rassemblé son cabinet pour donner l'information qui était effectivement une information tragique à beaucoup d'égards et dramatique sur le plan politique. Et vous personnellement, parce qu'il y a l'enquête d'ailleurs a montré qu'il s'était suicidé mais cette enquête a été remise en question main de fois notamment par ses enfants.

La sœur oui continue à mener un combat. Il a été suicidé ou il s'est suicidé ? Il faut raconter un petit peu en 2 secondes.

C'est une histoire de terrain constructible dans le Var et Robert Boulin aurait demandé l'autorisation un petit peu par la bande au préfet du Var de rendre ce terrain constructible avec des échanges d'argent. Votre intime conviction sur ce sujet, c'est quoi ? Bon, je n'ai qu'une intime conviction.

Je n'ai pas mené l'enquête judiciaire et l'enquête se poursuit toujours d'ailleurs compte tenu des demandes qui sont faites par la famille de Robert Boulin et notamment sa fille. Mon intime conviction c'est qu'il s'est suicidé. Effectivement Robert Boulin était un ministre de très très grande qualité un homme de valeur et je pense que il n'a pas supporté la perspective de vos propre.

La politique c'est quand même violent. La politique, c'est très violent. Sous Valérie Giscardestin, trois hommes politiques meurent dans des circonstances étranges.

Euh Jean Debreu Oui. assassiné. Oui.

En 1976. Oui. Robert Boulin.

Oui. Vous pensez qu'il s'est suicidé ? Mais c'était en 1979.

Mais ce n'est qu'une intime conviction. Joseph Fontana. Joseph Fontanet meurt assassiné dans le 16e arrondissement en 1980.

Je me souviens très bien de l'assassinat de Joseph Fontané. Euh Christian Bonet qui avait beaucoup de relations personnelles avec lui était absolument bouleversé et je puis dire que il a vraiment fait l'impossible en mobilisant la totalité des services de d'enquête pour essayer d'élucider cette affaire et cette affaire n'a jamais été élucidée alors que les circonstances étaient d'une banalité totale. Enfin, et vous vous rendez compte là que la politique est violente ?

Ah oui mais elle n'est pas violente seulement dans ces circonstances là. Elle est violente tout le temps. Elle est violente tout le temps.

J'ai je suis tombé en politique un peu sur le tard. Je dois dire que ça n'a rien à voir entre le fait d'exercer une responsabilité politique et le fait de d'être un collaborateur de haut niveau dans un gouvernement. Ça n'a rien à voir.

Donc ça n'a rien à voir d'être haut fonctionnaire et d'être prè. Je me souviens quand j'étais ministre euh un jour sort dans le nouvel observateur une information c'était un petit article selon laquelle j'aurais emmené mes enfants au cirque le cirque grusse dans la période de Noël. Ouais. euh gratuitement et en plus en bénéficiant d'une après-midi réservée pour le Figaro.

Bon, il n'était rien de tel mais j'ai dû, c'est quand même extraordinaire donner la photocopie de ma carte bleue. Donc la calomnie, ça fait partie intégrante de la politique. Ça fait partie et c'est vraiment tout à fait insupportable.

Alors pourquoi queles que soient les personnes, quels que soient les partis et je dois dire d'ailleurs que cette violence se trouve entre adversaire si je puis dire mais aussi au sein des mêmes familles politiques. Faut plus se méfier de ses amis que de ses ennemis d'une certaine façon. Oui, parce qu'on ne s'attend pas à ce que les amis vous mettent des pots de banane ou bien montent des chantiers contre vous.

Alors, il y a cette violence, il y a cette violence politique que vous décrivez, la calomnie, l'oprobre. Oui. Euh et néanmoins, vous étiez au fonctionnaire et un jour vous devenez l'homme le plus puissant de France.

C'est un des qualificatifs, une des formules qui a été utilisée à votre à votre endroit. On vous a qualifié de vice-président, de premier ministre bis et vous l'avez assumé ça. C'était difficile pour moi de prendre la parole et de dire "Non, non, tout ça n'est pas vrai." Enfin, c'était passablement ridicule. ou bon je veux dire que ces qualificatifs n' m'ont pas fait un bien formidable.

D'ailleurs, ils m'ont pas amené que des amis. Mais c'est vrai que avec la façon que Nicolas Sarkozy avait d'exercer ses compétences, je dois dire d'ailleurs que le président Macron endosse aussi la totalité des pouvoirs constitutionnels qui lui sont dévolus, les proches collaborateurs évidemment prennent une place qui est tout à fait importante, d'autant que le président souhaitait que ses plus proches collaborateurs s'expriment médiatiquement. justement c'est une première c'est une première qui ne s'est pas reproduite après donc c'est un intermède je dirais dans l'histoire de la 5e République.

Claude Guéan et quelques autres collaborateurs font des matinales le matin à la radio, à la télévision, participés et c'est assez étrange parce que là vous vous quittez votre rôle, votre tunique de collaborateur et vous devenez un homme de premier plan. Oui, quand vous dites "Je m'y suis habitué", il faut s'habituer. Ça vous avez raison de dire.

Je me souviens une quinzaine de jours ou 3 semaines après que le président se soit installé. Euh, il m'encourage à faire une émission du dimanche soir. Bon, qui ça dure 1 heure sur tous les sujets que l'on peut imaginer.

C'était vraiment pour moi une première. il m'était arrivé comme préfet de faire quelques apparitions à la télévision mais c'était pas pour des exercices de ce niveau. Alors pourquoi d'abord le président le souhaitait ?

Ensuite je crois qu'il y a quand même une justification à cela. La justification ce n'est pas d'asseoir la prééminence de la présidence de la République par rapport à d'autres organismes de l'État. Par exemple, disons le franchement par rapport à Matignon.

Euh la justification, c'est que il y a peu de gens dans l'appareil d'État qui embrassent la totalité des sujets qui sont traités par le gouvernement. Mais Sarkozy pouvait pas se passer de vous. Le président est en éteint, le premier ministre en éteint, le secrétaire général de la présidence, le directeur de cadier du premier ministre sont aussi des personnages qui sont en mesure de s'exprimer sur tout ce que ne fait pas un ministre sectoriel.

Sauf que, sauf que quand on est journaliste et qu'on suit l'actualité politique à l'époque, on se dit effectivement François Fillon c'est un collaborateur et Claude Guéant son c'est l'homme qui est à la tête et bien de toute l'organisation du gouvernement pour Nicolas Sarkozi. Non, non, enfin, disons les choses de façon euh juste. Euh le secrétaire général de la présidence, Nicolas Sarkozy, est d'abord le collaborateur, et ça je revendique l'expression, du président de la République.

Bon, euh c'est pas la peine de se cacher la vérité. Effectivement, il connaît à peu près de tout. Euh il participe à la définition des orientations.

Il joue un rôle dans la mise en œuvre des décisions qui sont prises. C'est extrêmement important. Et d'ailleurs avec le recul, je pense que j'aurais dû jouer un rôle plus important encore.

Cela étant plus important. Oui. En dépit des coups que vous avez pu prendre.

Oui, parce que ben on on le voit bien euh aujourd'hui, il apparaît clairement que l'entourage de monsieur Macron joue un rôle d'une extrême précision dans la mise en œuvre des décisions. Mais pas médiatiquement. mais pas médiatiquement, mais j'évoqué là la mise en œuvre des décisions.

C'est là que je je disais à l'instant que j'aurais dû jouer un rôle plus important encore parce que un gouvernement ça doit être tenu d'une façon très étroite. Alors le premier ministre joue son rôle et le premier ministre par rapport au secrétaire général et celui quand même qui représente le pouvoir par rapport aux assemblées. C'est un rôle qui est tout à fait considérable et François Fillon d'ailleurs jouissait d'une très grande confiance de l'Assemblée.

Oui, nous entendions bien. Nous nous voyons souvent, il m'invitait à déjeuner de chaque mois et nous balayons l'ensemble des choses et avec ses collaborateurs tous les lundis nous voyons également. Alors vous êtes secrétaire général de l'ISET après vous devenez ministre de l'intérieur.

Oui. En février euh 2011. En février 2011.

Voilà. Vous remplacez Brisortefeu et là ça vous correspond. Vous êtes un homme d'ordre, vous êtes un homme euh de sécurité, vous avez cette réputation, ancien préfet et vous prenez une circulaire, une circulaire sur l'immigration qui empêche euh les étudiants étrangers de travailler en même temps qu'ils font leurs études.

Vous regrettez cette circulaire qui a fait couler beaucoup d'encre ? Ce que je regrette dans cette affaire, c'est de n'avoir pas suffisamment à temps modifier ces circulaires comme j'ai fini par le faire. Cette circulaire, elle a été mal comprise et vous en êtes la traduction à l'instant a été très mal comprise.

Elle ne faisait que rappeler le droit. Une disposition législative qui avait été introduite par Nicolas Sarkozi, ministre de l'intérieur quelques années plus tôt. D'accord. qui contrairement à l'idée reçue et que vous venez de traduire était une circulaire qui avantageait les étudiants étrangers puisqu'elle leur permettait à l'issue de leurs études de d'avoir une expérience professionnelle.

Mais ce que je disais dans ma circulaire c'est qu'une fois l'expérience professionnelle acquise, ce qui était une sorte de complément de formation et bien il n'y avait pas pour autant un droit au séjour. Alors l'immigration c'est un des grands sujets de Nicolas Sarkozy et du vôtre pendant que vous êtes ministre de l'intérieur et je vous invite à regarder cette citation que vous avez prononcé lors d'un discours. Contrairement à ce que l'idéologie relativiste de gauche pour nous toutes les civilisations ne se valent pas.

Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancé que celles qui la nie Alors c'est une phrase qui a fait couler beaucoup d'ancre. Oui. Dans ce discours que vous avez prononcé lors d'un colloque.

Oui. Qu'est-ce que vous vouliez dire ? Vous vouliez dire que aujourd'hui on a tendance à tout relativiser et que les civilisations et bien il y en a qui sont supérieures à d'autres.

Oui, ce que je voulais dire c'est qu'effectivement il y a des valeurs qui pour un français qui est l'héritier de son pays, d'une vieille culture, qui a la chance de vivre dans un pays de liberté, de respect des idées, de liberté d'expression, d'égalité entre les femmes et les hommes. Ce sont aussi des thèmes qui complétaient cette phrase. Il devrait être évident de préférer cette civilisation à d'autres civilisations euh qui nient euh l'égalité entre les hommes et les femmes, qui nie les libertés, qui nie l'humanité.

Et ça me semblait aller tellement de soi. Et c'était annonciateur de ce qui s'est passé après. Bah c'est évident.

Je me souviens très bien que quelques années plus tard lorsqu'il y a eu les attentats contre Charlie Ebzo, les attentats du Bataclan et cetera, tous les responsables politiques qui à l'époque m'avaient critiqué pour ne pas respecter suffisamment les différences de civilisation, eux venaient à la télévision pour expliquer qu'il n'y avait qu'une civilisation qui était la nôtre, ce qui n'était pas du tout le point de vue que j'avais exprimé. hein, il y a plusieurs civilisations. Ceci dit, je pense qu'un français devrait rester fidèle euh au aux caractéristiques de sa propre civilisation.

Alors, avec Nicolas Sarkozi, vous avez connu le sommet. Oui. Vous êtes parti très haut.

Vous étiez l'homme le plus puissant de France. C'est un journal avait dit ce qui était faux, mais c'est quand Et puis quand même le pouvoir, ça donne le vertige, non ? Parfois parce que avec Nicolas Sarkozi, vous avez aussi connu de l'autre versant.

C'estàd qu'en 2012, Nicolas Sarkozy n'est pas réélu président de la République. Avons connu l'échec. Oui, bien sûr.

L'échec. Alors, c'est l'échec politique, mais c'est aussi d'une certaine façon une chute qui est semée d'embûe. Oui.

Avec des affaires qui arrivent. Alors, il y a évidemment Mohamar Kaddafi, il y a l'affaire des comptes de campagne, des sondages, du Crédit Lyonnais, des primes de cabinet, beaucoup d'affaires comme ça, des affaires qui sont pour certaines d'entre elles pendantes. Est-ce que vous en voulez à Nicolas Sarkozi de vous avoir entraîné sur cette pente là ou est-ce que vous vous attendiez pas à ce que tout ça surgisse ?

Bon, d'abord, je ne veux pas du tout à Nicolas Sarkozy qui souffre autant que moi d'ailleurs de la façon dont ces prétendues affaires sont traité. Euh mais c'est vrai et ça fait partie de la violence que vous évoquiez tout à l'heure, je ne m'attendais pas à euh à ce déferlement euh judiciaire d'abord et puis ensuite médiatique qui a entouré euh les initiatives judiciaires. Certaines de ces initiatives, d'ailleurs, j'ai eu de l'occasion de le dire, mais ne sont pas né comme ça.

Et bizarrement, quand je le dis, euh ça n'est jamais relayé. Et sont d'où ? Bon, il y a eu euh, je le sais, j'en suis absolument certain des euh comment dire un complot politicau judiciaux médiatique.

Mais de la part de qui ? Moi je peux dire Iftréard avec certitude que lorsque monsieur Vals était ministre de l'intérieur, il avait créé une structure enfin il existait, je ne sais pas si c'est lui qui l'avait créé, il existait au sein de son cabinet une structure qui se chargeait de mon cas. De votre cas personnellement.

Absolument. Et on a parlé d'un cabinet noir de François Holland. Moi, je n'ai jamais utilisé cette expression mais je dis qu'il y avait une structure qui effectivement suivait avec le concours de la police judiciaire un certain nombre d'affaires, disyer les fuites, organiser l'orchestration médiatique.

Mais vous qui étiez familier du pouvoir, qui l'aviez exercé, qui connaissaient tous les rouages de la machine, vous vous attendiez pas à ce queil y ait justement ce retour de bâon. Je ne m'attendais pas à cela parce que personnellement je n'ai jamais eu de telles pratiques. H h vous n'avez jamais essayé de savoir ce que faisaient vos adversaires politiques.

Adversaires politiques. Je n'ai jamais instrumentalisé la police ou la justice. Jamais.

Et aujourd'hui, dans quel état d'esprit vous êtes vis-à-vis de toutes ces affaires là ? Bon, j'ai de la tristesse, de l'amertume. Évidemment, euh je dois dire que mon appréciation sur la justice a un peu évolué, hein.

Euh elle n'est plus aussi positive qu'elle l'était. Vous savez le les hommes politiques tout le temps disent "J'ai confiance dans la justice de mon pays." Je pense que l'expression est trop générale, hein.

Euh mais enfin, écoutez, la vie continue. Ça vous a amené à rencontrer des gens vous qui avez plutôt une image d'homme sérieux, austère, parfois un peu genéniste, de drôles de personnages. Y Takedin, Alexandre Jouri.

Oui. Moar Kaddafi. Tiens, on va on va se rappeler un petit souvenir.

Elles attendaient ses retrouvailles depuis 8 ans. Leurs proches aussi. Sur le tarmac de l'aéroport de Sopia, ce sont des embrassades passionnées.

Derrière les cinq infirmières et le médecin bulgare, les acteurs de leur libération. Cécilia Sarkozi, la commissaire européenne Betina Ferrero Valnerre qui s'active depuis 2 ans sur ce dossier. Enfin, Claude Guéan, secrétaire général de l'Élysée.

Dur, c'est d'obtenir la décision de libération. C'était ça l'objectif et c'est ça qui a été très difficile parce que jusqu'à l'arrivée à l'aéroport de Trépoli ce matin des infirmières vers 6h, nous avons doté jusqu'au bout. Nous avons doté.

Alors là, vous étiez donc à l'aéroport de Sopia, vous avez joué un rôle dans cette libération. C'était en à fin de l'été 2007. Vous veniez d'arriver d'ailleurs à l'Élysée.

Oui. La libération est intervenue, je crois, le 24 et je je 24 juillet. juillet et je vois que c'était après une nuit blanche puisque je ne suis pas rasé.

D'accord. Euh, il y a eu des contreparties à cette affaire, à cette libération ? Bon, écoutez, je l'ai dit, il y a la commission d'enquête de l'Assemblée nationale qui s'est réunie, devant laquelle euh j'ai témoigné en décembre de l'année 2007, il n'y a pas eu de contrepartie politique ou financière ou quoi que ce soit.

Il y a eu un geste de notre part, je l'ai dit ce jour-là, qui était en réponse à une sollicitation libne euh que la France aide la Libye à mettre en service l'hôpital de Bazi, une gigantesque structure de 1200 lits qui est installée d'ailleurs juste en face de l'hôpital où avait été traités les enfants malades du sida et que les Libyens, faute de compétence médicale et magniale, n'arrivaient pas à mettre en route. Et là effectivement la France a fait un effort qui a coûté une petite trentaine de millions. Est-ce que il fallait absolument libérer ces infirmières bulgares alors que la France était quand même pas complètement concernée par cette affaire, même si elle était tout à fait condamnable cette, je veux dire la la détention de ces infirmières ?

Fréquenter Kaddafi, est-ce que c'était une bonne chose finalement ? Vous l'avez vu souvent vous ? Je l'ai vu plusieurs fois effectivement.

Vous l'avez vu où ? Euh je l'ai vu euh à Tripoli euh parfois sous sa tente. Euh je c je crois que c'était même toujours sous sa tente parce qu'il avait en dehors de son bureau dans lequel n'a jamais pénétré euh une tente dans laquelle il recevait les gens.

Et quand on est un homme de pouvoir, on est obligé de fréquenter des gens comme ça. Alors Kadfi, il est chef d'état. Oui maised la question que vous posez concernant deux personnes est une question qui me semble-il est plus large.

Ou dans un état la question se pose de savoir si on se repose entièrement sur les structures de l'État ou bien si on accepte de recevoir des gens qui peuvent vous dire des choses, qui peuvent vous apporter des éléments sur l'état d'un pays étranger, sur ce qui s'y passe et cetera. Euh je cage je crois que c'est utile. Bon, on peut choisir de ne voir que les diplomates, hein.

Bon, mais regardez ce qui se passe aux États-Unis. Le pouvoir américain est entièrement organisé autour de ces multiples relais que représentent les hommes d'affaires américains qui sillonnent le monde. On peut pas gouverner en totale transparence tout le temps.

Il faut parfois des coulisses, des corridors qui sont un peu sombres ou je veux dire que ce type de relation n'était pas dissimulé. Enfin, on en a suffisamment parlé d'ailleurs, hein. Euh mais mais on n pas obligé de tout dire quand on gouverne.

C'est vrai. C'est c'est vrai. On n'est pas obligé de dire tous les matins, voilà ce que j'ai fait, voilà les contacts que j'ai eu et cetera.

Et ça n'est pas ne pas tout dire. C'est pas c'est pas forcément de la dissimulation, hein. Oui.

Et aujourd'hui, Claude Guéan dont vous avez été cité dans plein d'affaires, comment on vit tout ça quelques années après ? C'est compliqué. On le vit mal évidemment.

Vous êtes seul maintenant. Vous êtes un homme seul ou vous êtes Oh b j'ai gardé des amis, j'en ai trouvé d'autres. Mais aussi je ne veux pas embarrasser euh des gens qui ont été mes amis et qui pourraient souffrir de ma proximité.

Nicolas Sarkozy, il continue à vous appeler au téléphone. Alors Nicolas Sarkozy euh ne n'a plus le droit de me parler. Il a plus le droit de vous parler.

Voilà. Il a Moi, j'ai le droit et lui dans le contrôle judiciaire dont il est l'objet n'a pas le droit de me parler. Donc nous ne nous parlons plus.

Pour ma part, j'en souffre. Vous souffrez de ça ? Bah évidemment et pour d'autres que vous avez fréquenté qui ont été vos collaborateurs ou des ministres avec qui vous avez travaillé encore des contact avec certains d'entre pour eu vous sentez le souffre pour certains d'entre eux ?

Oh, j'imagine que oui. J'imagine que oui. Vous leur envoulez ?

Bon, certains pourraient se montrer plus amicaux, ça c'est certain. Hm h hein. Mais enfin bon, écoutez, c'est la vie, hein.

C'est la vie. Je n'oublie pas que le la contrepartie de ce dont je souffre, ça a été de une formidable expérience. euh au service des Français.

Ça vous les gardez gravé en mémoire. Ah ça c'est fantastique. Et les Français quand vous les croisez dans la rue euh qui vous reconnaissent évidemment parce que vous avez été un personnage public, est-ce que il vous félicite ou il y en a qui détournent le regard ?

Le temps passe le temps passe. Euh donc j'imagine que mon image s'oublie un peu, même si vous la restituez par des émissions comme celles que vous organisez en ce moment. Mais euh je dois dire que jamais euh je n'ai été l'objet depuis 2012, ça fait donc 8 ans déjà hein, euh de manifestation agressives sur la voie publique.

Au contraire, très souvent euh des gens m'abordent pour euh me dire leur sympathie. Euh cet été encore en vacances, enfin je me souviens, c'était euh émouvant hein, euh quelqu'un vient me voir et me dit "Monsieur, je vous salue, je veux vous saluer. Vous avez été le meilleur ministre de l'intérieur que nous avons jamais eu." Bon, je suis pas sûr que ça soit apprécié par les autres ministres de l'intérieur, notamment l'un d'entre eux qui est devenu président de la République ensuite.

Mais enfin, ça m'a fait plaisir. D'accord. Quand vous vous retournez, vous auriez fait la même chose, vous auriez fréquenté les mêmes personnes, vous auriez traité des mêmes affaires, vous auriez aidé Nicolas Sarkozy de la même façon.

Bah, il fallait le faire bien sûr. Et de toute façon, on ne refait pas euh les choses hein. Et puis je suis pas un calculateur.

Moi, j'étais le collaborateur de Nicolas Sarkozy. Je lui étais complètement dévoué. Je lui reste complètement loyal évidemment et j'ai beaucoup de respect pour ce qu'il a fait.

J'espère que les Français euh son image ayant été aussi parfois un peu écornée lui rediront leur admiration euh leur satisfaction, leur reconnaissance de ce qu'il a fait. Alors, on est parti dans cette émission, je vous ai posé la question le service de l'État ou l'exercice du pouvoir ? Finalement, vous avez aimé l'exercice du pouvoir.

Oui, mais comme moyen. Oui, c'est c'est tout à fait passionnant effectivement. pour changer la société, pour changer les choses.

Claude Guant, s'il y avait dans votre parcours politique jusqu'à présent quelque chose à changer, ça serait quoi ? Euh ce que j'aurais dû faire ou ne pas faire, vous voulez dire ce que j'aurais dû faire ou ne pas faire ? Ah ben, j'ai fait une erreur grave.

Euh c'était en 2012. Euh j'ai été candidat aux élections législatives dans les hautes scènes. J'ai perdu.

Ouais, en cours. Et j'aurais dû contre quelqu'un de droite d'ailleurs. Oui.

Et j'aurais dû euh rester fidèle à mon premier engagement qui était d'être candidat ailleurs qui m'avait été proposé par l'appareil du parti où j'aurais sans doute été élu de façon trifale. C'était dans les D'accord. Merci Claude Guer.

C'est moi qui vous remercie. très rare. [Musique]