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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 11 janvier 2026 57 minComplaisantFond programmatiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesSantéSolidarités & famille

Le lait, enfin la sortie de crise ? | VIP Very Important Paysans

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 26:01OuverteRéponse directe

    Si vous étiez un animal de la ferme, Julien Dive ?

  • 27:00OuverteRéponse directe

    Si vous étiez un outil ou une machine agricole ?

  • 28:00OuverteRéponse directe

    Si vous étiez un aliment ?

  • 29:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous résumer la balance commerciale agricole française ?

  • 31:00RelanceRéponse directe

    Comment la classe politique a laissé se déliter la souveraineté alimentaire ?

  • 34:00OuverteRéponse directe

    Que faut-il faire pour redresser cette souveraineté ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Musique Chaque matin, ils sont debout aux aurores. Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes, pour nourrir chacun d'entre nous. Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des Very Important Paysans. -Amis des campagnes, amis des villes, bonjour.

Nous sommes très heureux de vous retrouver sur LCP pour un nouveau numéro de VIP, Very Important Paysans, la première émission d'information consacrée au monde agricole. Dans VIP, ce sont les agricultrices et les agriculteurs qui ont la parole. Et notre mission, c'est de recréer du lien entre consommateurs et agriculteurs et vous faire partager leur quotidien, leur réalité et leurs valeurs, mais aussi d'ouvrir le débat sur des sujets d'agriculture qui nous concernent tous.

D'ailleurs, ces agriculteurs vont nous rejoindre dans quelques instants, mais là, je vous présente ma bande, la bande de VIP. Mes Very Important Partenaires, Louise. Comment va le Sud-Ouest ? -Le Sud-ouest va bien, merci.

Il est très content d'être là. -Il est dans la place. Et pour VIP, vous le faites d'ailleurs avec votre podcast, "La Clé des Champs", vous mettez en lumière des hommes et des femmes engagés, qui marquent la cause agricole. -Exactement, j'ai plein de belles histoires à raconter. -On a hâte.

Jean-Baptiste, bonjour. -Bonjour, et moi c'est le Nord. -Oui, la Marne.

Oui, c'est la Marne, évidemment. Agriculteur, céréalier. -Tout à fait, producteur de pâtes avec ma compagne. -On est sûr vraiment qu'il est agriculteur ?

Je ne le vois plus sur les plateaux TV. -Ne sois pas jaloux. -J'ai un doute. -On va appeler sa femme pour voir ce qu'il fait pendant la journée.

Vous créez du contenu avec vos collègues pour montrer ce qui se passe dans les exploitations. -Exactement, sur les réseaux. -Et vous le faites pour nous dans VIP, nous présenter des nouveaux objets, nouveaux outils, technologies qu'utilisent vos collègues et vous, évidemment.

Et on a la chance d'avoir le spécialiste de la conso, c'est Michel, évidemment. 20 ans de grande distribution, forcément, ça laisse des traces. -Exactement, je vais essayer d'éclairer le conso sur ces bons produits que nous produisent nos chers agriculteurs. -Avec plaisir, Michel, et à vos côtés, Antoine, "sniper man", comme on l'appelle. -D'abord, surtout de bienveillance vis-à-vis de mes camarades, mon voisin a sa calculatrice pour le bon coup des produits. -Vous allez nous décrypter l'actualité agricole et plus encore.

Tout de suite, place au sommaire. C'est un des aliments les plus symboliques de notre agriculture, pour ses vertus, mais aussi pour les crises qui secouent régulièrement sa production. On vous dit tout sur le lait.

Nous recevrons Julien Dive, député de la Droite Républicaine, de la 2e circonscription dans l'Aisne. Enfin, nous nous intéresserons à un légume de saison, croquant cru, fondant cuit. On vous dit tout sur l'endive.

Pour commencer, que s'est-il passé dans nos campagnes récemment ? C'est notre Very Important Presse. Jingle -Fred, vous vous rappelez de ce film ? "L'important, ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage." On parle de l'atterrissage, l'année dernière, qui vient juste de se terminer, de la balance agroalimentaire française, balance commerciale, qui est à zéro.

Et ça, c'est une révolution. Pourquoi ? Parce qu'il y a encore cinq ans, La France exportait énormément de denrées agricoles.

On était sur un excédent de plus de 10 milliards d'euros. C'est une première depuis 40 ans. Notre solde est juste à zéro.

Ce sont les chiffres du CNPA, le Centre National pour la Promotion des produits Agricoles. Pas un secteur n'y échappe. On en parlera tout à l'heure.

Le lait, moins 25 %. Les céréales, moins 20 %. La viande, moins 10 %.

Pendant ce temps, nos copains espagnols, atteignent un excédent de plus 19 milliards ! Zéro, 19 milliards, mais qu'est-ce qui se passe dans notre beau pays ? Plusieurs raisons à ça.

D'abord le manque de compétitivité, peut-être les charges, on en parlera aussi après. La surtransposition des normes européennes, l'acétamipride chez les voisins est autorisée, plus chez nous, donc ça coûte plus cher. Les aléas climatiques, les droits de douane aux Etats-Unis puis les Chinois qui ont cessé d'importer nos vins et nos Bordeaux...

Et puis le blé en Algérie, on a reconnu le Sahara Occidental et donc du coup, fin du bal, les Algériens ont arrêté d'acheter notre blé. L'heure est grave. Pourquoi ?

Notre agriculture est un secteur qui exporte énormément. C'est pour 15 % de nos exportations aujourd'hui devant l'aéronautique et devant l'automobile. Ca devient donc une cause nationale.

Est-ce que ces mauvais chiffres de la balance commerciale, tu les as sentis, toi, JB ? -Ce n'est pas bon signe. On les a sentis, mais depuis longtemps, car ce n'est pas d'un seul coup que la balance s'est dégradée.

Il y avait encore deux filières qui tiennent, le sucre et le vin, jusqu'à un certain moment, des secteurs qui sont déjà en galère depuis longtemps. Quand tu as un poulet sur deux qui est importé dans l'assiette, il y a déjà longtemps qu'on a perdu la bataille. C'est un drame pour un pays agricole. -On parle de Roquefort pour une bonne nouvelle ? -Bonne ou mauvaise nouvelle, on va voir.

Pour les producteurs de Roquefort, c'était une vraie bataille. Ils étaient leaders sur cette revendication. Ils sont dispensés d'afficher le Nutri-Score sur les barquettes.

Et ils avaient un E car le Roquefort, évidemment, c'est très salé. Plus de Nutri-Score pour le Roquefort, mais également pour tous les fromages d'Appellation d'Origine Contrôlée. Le Comté, le Beaufort...

Egalement pour le beurre, le beurre du Poitou, AOC. et aussi pour le jambon comme le jambon de Bayonne. L'Assemblée nationale a voté cette loi d'exemption pour marquer une différence entre des produits ultra transformés et des spécialités locales.

Alors attention, il y a débat pour les nutritionnistes, qui dit que...

Il y avait défaut d'information, et ce qu'on ne sait pas encore, c'est qu'en l'absence du Nutri-Score sur les paquets, est-ce que ça va créer un climat de suspicion, où des consommateurs vont dire : "On ne m'informe pas. Donc, je n'y vais pas." ? -Nous, dans les ventes, ça ne se voit pas vraiment.

Le consommateur qui achète un paquet de chips sait bien qu'il ne va pas tomber sur un Nutri-Score A. -Ca paraissait compliqué de comparer quand même un fromage avec des boissons gazasses ou des pâtes à tartiner. -Oui. -C'est un combat de nos amis du Roquefort, et ils l'ont gagné.

On verra si l'avenir leur donne raison. -Merci Antoine, pour ces nouvelles toutes fraîches. On va découvrir notre premier produit dans VIP.

La collecte bat son plein dans les exploitations laitières. Et si les volumes se maintiennent au niveau de l'année dernière, la France devrait dépasser 23 milliards de litres de lait produits cette année. Est-ce que vous saviez que chaque Français en consomme en moyenne près de 50 litres par an ? sans compter les produits laitiers qui en dérivent.

Mais le lait, c'est aussi un aliment à part dans l'imaginaire collectif, un symbole d'enfance, de terroir, mais aussi de crises et parfois même de débats. C'est notre Very Important Produit. Jingle Pour commencer, on vous fait rencontrer une jeune femme qui s'est lancée dans un incroyable pari.

Elle s'appelle Océane, elle a 24 ans et elle a décidé de transformer elle-même son lait, un symbole de cette nouvelle génération d'agriculteurs qui prend son destin en main. Reportage de Maxime Colty. Regardez.

Meuglements -Six heures du matin. -On y va ! -Comme de nombreux éleveurs partout en France, Océane est déjà au travail. -On avance ! -A seulement 24 ans, cette maman de jumeaux a repris l'exploitation familiale dans le Morbihan. 140 vaches de race prim'holstein, 1,4 millions de litres de lait par an. -Recule.

On y va... -Et une alimentation quasiment exclusivement cultivée sur la ferme, ce qui a toujours fait la fierté de la famille. -Tout est produit sur la ferme.

Le maïs, nous le semons, nous-mêmes qui travaillons la terre, nous-mêmes qui le récoltons et qu'on met en silo pour que ça fermente. Et du coup, on donne tout ça à nos vaches, ce qui permet d'avoir une ration complète et avoir une moyenne d'étable très correcte. -Pour l'élevage et la traite, Océane travaille encore avec ses parents et avec leur méthode. -Des vaches en chaleur ce matin ? -Que deux. -Deux ? -La même qu'hier soir. -Ah oui ! -Mais pour le reste, la jeune femme a décidé de révolutionner la petite entreprise familiale. -Comment vont les veaux ? -Impeccable.

Ils mangent bien. -Son but : transformer elle-même son lait, faire ses propres produits pour ne plus être dépendante des industriels. -Il fait les cornes avec son truc ? -Oui, son chalumeau.

De bonheur. -Je suis installée depuis un an et demi, bientôt deux ans en février. Donc là, je me suis installée avec mes parents.

Ca fait plus de 30 ans qu'ils sont installés. J'ai toujours su que je voulais faire l'agriculture. De partir de la terre à la vache et maintenant au produit fini, c'est passionnant. -Son père Philippe, 60 ans, dont 40 de salles de traite, a accepté et encouragé ce pari, bien conscient qu'il faut aujourd'hui se réinventer. -Au niveau diplôme, je suis au bas de gamme, on va dire ça comme ça.

Parce que je n'ai qu'un BEP par rapport à Océane. Elle a un BTS. Elle a été beaucoup plus haut, jusqu'en haut quelque part.

Et bon, c'est pour ça que là, je suis sûr que la gestion sera bien tenue. -Ce qui change entre le métier de Philippe et celui d'Océane, c'est ce bâtiment et ces machines. 500 000 euros d'investissement pour transformer elle-même son lait. -L'objectif, c'est de reprendre le contrôle sur notre propre production.

C'est quand même avant tout nous qui travaillons le produit. L'objectif, c'est vraiment de décider notre prix et non les coopératives qui décident à notre place. Bon, on n'est pas à 100 % autonomes, on ne le sera jamais.

Ce n'est pas trop l'objectif car qu'il faut quand même qu'on garde une sécurité derrière parce qu'on ne sait pas de quoi est fait le monde demain. -Résultat, lait en bouteille, fromage, beurre demi-sel, riz au lait, fromage blanc, skir et même yaourt aux fruits. Il y en a pour tous les goûts.

Et ça marche. En un an, Océane a quasiment doublé sa production de produits fabriqués directement sur la ferme et augmenté ses revenus. -Là, aujourd'hui, nous, on est payés à peu près 50 centimes du litre de lait.

Nous, le but, c'est qu'on arrive à le valoriser à plus d'un euro le litre de lait. Et on y atteint. -Océane, l'éleveuse, s'est transformée en affineuse, en chef d'entreprise et en commerçante.

Ca, c'est les trois lait. Tu essaies de les empiler parce que ça va être short. -Signe que la demande est forte, sa camionnette commence à se faire petite. -Là, ça commence à être plus compliqué à charger le camion.

Des fois, on est obligé de faire deux tours pour une livraison. C'est vrai qu'à terme, il faudra y changer. S'il faut changer le camion, c'est que ça marche.

Musique -Et cette jeune femme, bourrée d'énergie, ne s'arrête pas là. -Salut, ça va ? -Au centre du village de Camors, elle a aussi ouvert sa propre fromagerie. -T'as eu du passage ce matin ? -Un peu oui. -Pour les clients, des produits frais et locaux.

Les vaches d'Océane sont à seulement cinq kilomètres d'ici. -15 euros et 30 centimes, s'il vous plaît. -C'est meilleur là, et c'est plus frais.

Et c'est de Camors. Il faut faire marcher les petits commerces. Moi je suis pour, pas de soucis pour moi.

Je préfère, voilà. Et puis les gens sont charmants. Donc tout va bien. -J'aime mieux favoriser les circuits courts.

Les petits commerçants, plutôt que les supermarchés. -C'est forcément une récompense que les gens se déplacent pour venir acheter nos produits et d'avoir le retour positif et de les voir revenir surtout. C'est que positif. -Avec un prix du lait constamment soumis aux aléas du marché, Océane s'est offert, du moins on l'espère pour elle, un peu de sérénité pour les années à venir. -Waouh, incroyable jeune agricultrice à seulement 24 ans. -Bravo. -La relève est assurée.

Bravo Océane ! Et pour parler du lait ici, qui de mieux qu'une agricultrice spécialisée en la matière, Ludivine Fauchois, bonjour. Vous avez 34 ans, Deux enfants, un mari... -Un conjoint. -C'est mieux le conjoint pour faire les enfants quand même.

Le conjoint, il n'a pas fait que ça dans cette belle histoire. Allez, retour un petit peu en arrière. Nous sommes en 2016, en pleine crise du lait, évidemment.

Et vous, vous décidez de reprendre une ferme pour faire du lait, c'est ça ? -Dans un premier temps, oui, c'est lui qui a repris la ferme tout seul. Et voilà, depuis peu, je travaille avec sur la ferme.

Et là, on a un projet de développer un peu plus l'élevage, donc avec un nouveau bâtiment. -Vous avez une formation agricole ? -Oui, oui, j'ai été dans un lycée agricole.

Donc j'ai fait un BEP, un bac pro production animale. Et après, j'ai fait un BTS commerce. -Vous l'avez vu venir la crise du lait ?

Quand vous vous installez, vous êtes au tout début. -Mon conjoint a repris la ferme en 2016 et ça a été compliqué la première année. -Vous avez fait comment ? -Moi je travaillais à l'extérieur donc j'avais mon salaire... -C'est ce que je voulais entendre. -Qui permettait de nous nourrir. -C'était dramatique à l'époque parce que ça couvrait pas les coûts de production, beaucoup d'éleveurs étaient vraiment... -Vous aviez double emploi, vous travaillez à l'extérieur et en rentrant le soir ou le matin, vous donniez un coup de main... -Je travaillais dans la grande distribution, je commençais à cinq heures, je terminais à midi et j'enchaînais sur la ferme avec mon conjoint pour l'aider les week-ends. -Vous étiez déjà maman ? -J'avais mon salaire à temps plein de mon côté.

Donc je n'attendais pas qu'il reprenne un salaire tout de suite. Et je ne vais pas vous mentir, il n'a pas de salaire. -Aujourd'hui encore ? -Oui. -Et ce lait que vous produisez, vous le vendez à qui ? -A la laiterie qui se trouve à dix minutes de chez nous.

On a repris les parts au niveau de la coopérative. -Les parts d'une coopérative, les agriculteurs sont propriétaires ou sociétaires de coopératives ? -Souvent, il y a pour la collecte et la transformation des structures coopératives où tu as plein d'éleveurs, tu as 100 éleveurs qui ont chacun des parts et qui ont mutualisé des outils de travail ou des organisations pour collecter le lait.

Qui après commercialisent suivant les laiteries. Là, dans ton cas, ça veut dire que la transformation, c'est du lait UHT ? -Là, c'est du lait en bouteille.

Et ils font les bouteilles bleues, ou maintenant c'est les bouchons jaunes. C'est le lait demi-écrémé. Il y a une chaîne bio et une chaîne conventionnelle.

Et après, la crème qui est récupérée, elle sert à faire des plaquettes de beurre pour les pâtisseries ou pour les industries. -Les industries, elles valorisent aussi. Ils vous achètent le lait dans les citernes à un certain prix.

D'ailleurs, on peut en parler. Après, les industriels enlèvent la crème pour en faire du demi-écrémé ou de lait crémé. Et la crème, ils la revalorisent.

Donc, ils regagnent de l'argent. Et aujourd'hui, vous êtes payé combien, si on peut en parler ? -Aujourd'hui, on est payé 475 euros les mille litres.

Et là, il y a prévu une baisse pour les mois à venir. -Alors ce lait, on l'achète en supermarché, on a tous nos petites habitudes, voilà, bio, sans lactose. Mais ce qu'on sait moins, c'est combien sont rémunérés les éleveurs sur chaque bouteille que nous achetons.

Michel, c'est votre Bieroscope et vous en parlez tout de suite. -Oui, le lait, c'est quand même le produit le plus vendu dans un supermarché, quel qu'il soit, juste derrière l'eau. Et c'est comme la baguette, comme la farine, comme le sucre, c'est un marqueur social.

Les distributeurs se bataillent sur les prix. On a aujourd'hui du lait, à presque 90 centimes. Et les industriels, eux, se bataillent sur les volumes, il n'y a pas cinquante industriels, il y en a deux ou trois en France, et à coup de promo, ils tentent de tirer les volumes vers eux.

Mais il ne faut pas oublier....

On vient de le voir dans le reportage, qu'il y a des éleveurs derrière chaque litre de lait qui se lèvent tous les matins, qui traient deux fois par jour et toute l'année. Et malheureusement, dans le monde agricole, ce sont ces gens-là qui aujourd'hui gagnent le moins, à côté d'un Jean-Baptiste forcément céréalier. -Allez, c'est reparti !

Le céréalier versus le laitier ! Ca va mal se terminer, cette histoire. -Dans les rayons, on trouve quatre segments.

Il y a les premiers prix, je l'ai dit, à peu près à 92 centimes. Il y a les marques de distributeurs, donc qui appartiennent aux distributeurs. Il y a les marques nationales et celles dites équitables. -Et Ludivine se trouve où, là, sur ce schéma ? -Entre les marques distributeurs et les marques nationales.

Parce que la laiterie qu'elle livre ou qui la collecte font les deux. Ils font aussi du premier prix. Donc, elle peut aussi se retrouver dans le premier prix.

Mais elle ne le sait pas. Et c'est bien ça, le problème. Les premiers prix sont là pour...

On n'en vend pas beaucoup. Ce n'est pas trop les plus gros volumes. Ils sont là pour se bataillé sur les prix entre distributeurs et ça c'est pas très sympa et après il y a le lait équitable en 2010, crise du lait, se sont créés des groupements de producteurs, des associations de producteurs qui ont créé leur propre marque et certains ont créé leur laiterie et tous ces laits donnent la garantie d'une juste rémunération mais ne représentent que 3 % à 5 % de tous les volumes de lait alors que pour moi ça devrait être la norme évidemment. -Ca dépend du consommateur, qu'il soit acteur lors de son achat. -Oui, c'est lui qui décide.

Le lait équitable, qui ne représente que 3 %, rémunère entre 50 et 54 centimes. Aujourd'hui, en dessous de 50 centimes, c'est compliqué pour un éleveur de vivre, dans le sens où, oui, il peut se dégager un salaire, mais il faut assurer la pérennité de sa ferme, il faut investir dans la ferme, dans les outils, on en reparlera certainement, et le renouvellement de génération. Quel jeune a envie aujourd'hui de s'installer dans ces conditions ? -Aujourd'hui, mon garçon de 7 ans me dit : "Maman, écoute, tu travailles trop du lundi au dimanche, on part jamais en vacances, mes copains partent en vacances." -Voilà, ça commence déjà à 7 ans. -C'est ça, il y a la famille.

Vous regrettez cette décision ? -Non, je ne regrette pas il y a des projets. J'espère que le prix du lait va remonter un peu. -Combien de vaches ? -145 vaches. -Ah oui, c'est une belle exploitation. -Quand le litre de lait coûte moins cher que certaines boissons gazeuses, avec le travail que ça représente, c'est une aberration. -C'est une aberration. -JB, où se situent les plus grands bassins laitiers en France ? -Sans trop de surprises, Bretagne, Normandie, là vous avez une majorité des élevages.

Après il y a des vraies différences, parce qu'on dit c'est comme pour les céréaliers. Il y a des différences entre les éleveurs, entre celui qui va être en Bretagne, celui qui va être en pleine montagne dans le comté, celui qui va être dans le nord et dans le sud, s'il est sur de l'herbe ou du maïs. Ils ont des coûts qui vont être vachement différents.

Et l'autre variable qu'on ne maîtrise pas trop, c'est à qui on vend le lait. Suivant le gars qui est en face, soit il fait du lait en bouteille, soit il fait, encore une fois, du comté, soit il fait du lait en poudre pour le marché des Chinois. Et ce n'est pas du tout valorisé.

Ca, tu ne le maîtrises pas car ce produit laitier qui est ramassé tous les jours, il ne va pas traverser la France pour dire qu'on préfère ce contrat là-bas. -Ludivine, son travail, elle a un coût de production, il faut lui rémunérer ce coût de production. Il y a une loi en France qui interdit la revente à perte.

Les éleveurs, eux, ont le droit de vendre à perte. Pourquoi ne pas mettre en place une loi pour interdire la revente à perte des éleveurs ? -Mais c'est vrai pour toutes les productions. -Le lait, il y a valeur de symbole.

Comme le quintal de blé a été un peu la valeur étalant du monde agricole, le litre de lait a valeur de symbole aujourd'hui. -Exactement. -J'aimerais en profiter là pour parler un peu environnement. tu as 145 vaches et tu fais partie des plus gros troupeaux laitiers puisqu'il y a 14 % qui ont plus de cent vaches.

Tu vois ça comment de ton côté ? T'arrives à concilier production, environnement ? -Je considère mon troupeau à taille humaine aujourd'hui, clairement, on est quatre à travailler sur la ferme.

On a repoussé un peu plus la technique au niveau du pâturage tournant, parce que j'ai encore un lot de vaches qui sort toute l'année en pâture. -Je voudrais savoir, vous parlez des différentes crises du lait, on voit aussi la précarité dans laquelle se trouvent certains éleveurs de vaches laitières. Ca veut dire qu'il faut fournir du lait en grande quantité, être sur des grandes exploitations pour s'en sortir quand on est producteur de lait ?

Il y a de moins en moins d'éleveurs, on en cherche, et du coup, les exploitations ont tendance à grandir. Attention, une exploitation de grande taille, j'en ai vu beaucoup. -On ne dit pas que c'est mal. -Au contraire, elles sont parfois mieux tenues que des exploitations...

Il y a plus de contrôle. -Et il faut qu'on accepte que sur certains modèles, les agriculteurs aient besoin de faire des économies d'échelle pour se tirer en salaire. Et des fois, certains agrandissent les troupeaux pour avoir un salarié et être libre un week-end sur deux. -Ludivine, votre satisfaction d'éleveuse, vous la trouvez où ?

Qu'est-ce qui vous fait lever le matin à la traite ? -C'est la passion. Et depuis que je suis revenue, on a bien travaillé, je vois, sur les veaux, mon travail vraiment sur la ferme, c'est l'élevage des veaux, la reproduction de mes vaches.

Aujourd'hui, on voit que le travail paye. -Oui, parce qu'aussi, la génétique du troupeau, c'est hyper important pour la production du lait derrière. Vous travaillez beaucoup là-dessus. -Oui.

J'ai fait une formation d'insémination. -Tu insémines toi-même ? -Oui, moi-même mes vaches.

Ca pourrait faire rire du monde, mais je me suis équipée pour le faire. Et on avait la chance quand on a repris qu'il y avait déjà du matériel pour stocker les semences de taureaux. -C'est bluffant, éleveuse, mécanicienne, agricultrice, comptable. -Peut-être pas mécanicienne quand même. -Et un salaire pour deux, c'est remarquable. -Parlons de la traite aussi.

C'est important. Jean-Baptiste, vous allez aujourd'hui nous expliquer, ou en tout cas nous présenter un outil bien utile, ma foi, et c'est bien sûr notre Very Important Pratique. Jingle -Et moi, si je vous parle robot en élevage laitier, ça vous fait penser à quoi ?

Science-fiction ou usine à vaches ? -Science-fiction, mais c'est plutôt une aide, non ? -Oui, tout à fait.

De plus en plus, tu pourras d'ailleurs témoigner, mais de plus en plus, les éleveurs ont recours à de la robotisation pour traire les vaches. Qu'est-ce que c'est ? En fait, vous avez grosso modo une cage qui est dans le bâtiment.

Et puis, vous avez une vache qui va rentrer. Et vous avez des petits bras qui vont repérer le pis. Ce qu'on voit dans les écrans, qui vont traire les vaches.

Et donc, fini les mains caleuses de l'éleveur, on est plutôt... -En l'occurrence de l'éleveuse. -Oui, elle est magnifique. -C'est très souvent les éleveuses qui faisaient la traite et nous, et avaient des problèmes physiques. -Des gros problèmes d'épaule souvent.

Donc vous avez des robots dans les élevages et qui vont traire les vaches à la place de l'éleveur. Ca, ça représente aujourd'hui une ferme sur cinq qui est équipée avec des robots. Pourquoi ils font ça ?

C'est pas juste pour se dire j'ai un côté Star Wars dans mon étable, c'est pour lever l'astreinte de ce que tu as dit tout à l'heure, c'est tous les jours, deux fois par jour, 365 jours à l'année et à un moment donné ça peut être un peu pesant, moi, mes parents étaient éleveurs laitiers aussi, on a connu les journées de mariage où tu rentres, salut les potes, moi je vais traire, tu rentres de boîte, je vais traire, ça va un peu, mais voilà. Quand tu vis en couple, que tu n'es pas à deux sur la ferme, et que ton conjoint vit autre chose, "C'est bon, les week-ends, on va passer à autre chose." Même les jeunes, des fois, quand ils arrivent sur les fermes, ils disent : "Je reprends la ferme, mais je mets un robot." -Ce n'est pas gratuit, un robot ? -Et non !

C'est plutôt le double du coût d'une salle de traite classique. Mais ce que tu vas chercher, c'est lever cette astreinte et la pénibilité pour justement durer dans l'élevage et ne pas être découragé trop vite. -C'est quoi, 150 000 ? -Ouais, pour 80 vaches, c'est à peu près 150 000. -Un peu plus ? -Le premier robot, c'est le plus gros investissement.

C'est plus 160 000 même, je dirais, 180 000. -C'est énorme. -Il négociera les prix.

Et après, tu as des travaux de maçonnerie. Parce que c'est vrai que quand tu transformes ta ferme, c'est un cap. Quand tu installes un robot, tu refais de la maçonnerie.

J'ai changé un tracteur bleu pour un tracteur vert. Tu changes quand même pas mal. Mais c'est un vrai soutien.

Et donc ça, on parle de la traite. De plus en plus, on va avoir de la robotisation qui vont amener l'aliment, repousser des tâches chronophages. Ca n'empêche pas d'être un bon éleveur.

Ce n'est pas parce que tu as des robots que tu ne t'intéresses plus à ton élevage. Tu vas te lever qu'à sept heures et pas à cinq heures, mais tu vas plus te focaliser, tu vas regarder plus tes animaux, tu vas déléguer à la machine des tâches répétitives pour te concentrer sur ton vrai métier d'éleveur. L'avantage aussi avec ces robots, beaucoup d'informations et données peuvent te permettre de piloter, d'améliorer ton alimentation car tu as des indicateurs. -Merci.

Et c'est vrai que ce robot de traite est plutôt une liberté pour nos amis éleveurs. Oui, justement, je crois que vous étiez intéressée par un robot de traite. -Avec l'installation, tout ça, on regarde, parce qu'aujourd'hui, on a 145 vaches.

Est-ce que demain, on va traire plus de vaches ? Ou est-ce qu'on va mettre un robot pour traire une partie des vaches et garder l'autre en salle de traite ? C'est les questions qu'on est en train de se poser.

Et on est en train de visiter quelques fermes avec des robots... -C'est un sacré risque financier. -C'est un choix financier, mais ma salle de traite a 25 ans, elle n'est pas du tout adaptée pour moi, qui fais 1m60...

Je suis tout le temps sur la pointe des pieds, allongée sur le quai, à brancher. Et je pense que mes vaches, à un moment, elles mériteraient qu'on mette un robot pour faire plus de lait et peut-être ne pas avoir besoin d'augmenter le niveau de vaches à l'étable. -Merci beaucoup.

Une dernière question. Vous êtes gourmand aujourd'hui. -Dans son schéma, ce qui est important aussi, tu étais beaucoup sur des pâtures pour l'alimentation.

Et là, il faut aussi trouver la combinaison entre un robot et des vaches qui partent en pâture. Elles vont peut-être faire un kilomètre, il faut qu'elles reviennent au robot. Il y a une compatibilité à trouver. -Vous nous donnerez des nouvelles.

Merci d'être venue sur notre plateau et de nous avoir présenté ce métier passionnant mais difficile. On en est bien conscients. On est là pour montrer les difficultés de nos agriculteurs et de faire entrer les consommateurs et citoyens dans les fermes par notre intermédiaire.

Bonne continuation. C'est l'heure de notre interview Very Important Politique. Jingle Et pour cet instant politique dans VIP, nous recevons Julien Dive.

Bonjour, monsieur le député. Merci d'accepter notre invitation. -Avec plaisir. -Vous êtes de la 2e circonscription de l'Aisne et aussi spécialiste de l'agriculture qui occupe depuis plusieurs années, on peut le dire, la majeure partie de vos travaux parlementaires.

Pour mieux vous connaître, on vous propose un petit portrait chinois agricole. -Avec plaisir. -C'est parti.

Si vous étiez un animal de la ferme, Julien Dive ? -Ouf ! Un animal de la ferme ?

Attention, ça peut partir... -Ils rient tous. -Oui, c'est ça l'idée. -Je dirais le chien, parce que dans une ferme, il y a toujours un chien.

Je suis fidèle et loyal. -Ah c'est beau ça. Le chien, parfait.

Si vous étiez un outil ou une machine agricole, on vient de parler du robot de traite. -Une moissonneuse-batteuse. -Pourquoi ? -Ca abat beaucoup de travail, et surtout, ça fait un peu rêver, quand on est enfant.

La moissonneuse-batteuse qui passe au milieu des champs, ça... -Le symbole de la fierté du monde agricole. -Impressionnant.

Fierté, peut-être. Et un gamin, quand on en voit une on a tous envie de monter. -C'est magique.

Si vous étiez un aliment ? -Pour un picard comme moi, ça ne peut être que la betterave à sucre. -Ils rient. -Parfait.

Merci de vous être prêté à ce petit jeu du portrait chinois. On va redevenir un petit peu plus sérieux, on parlait en début d'émission des craintes concernant la balance commerciale française. Vous pouvez peut-être nous résumer pour nos amis qui nous regardent ce que c'est, rapidement.

C'est quoi ? Le ratio entre...? -C'est les exportations des denrées alimentaires qu'on produit et qu'on exporte qui a été longtemps un fer de lance de notre production et notre exportation.

Je rappelle qu'au sortir de la guerre, on part d'une époque où il y a de la famine, il y a besoin de produire. Le général De Gaulle engage pas mal de plans. L'agriculture devient une vraie filière à part entière.

Et donc on produit pour nous nourrir, s'autosuffire et de fait, exporter. Et pour la première fois depuis des décennies, cette balance commerciale, depuis la crise du choc pétrolier, cette balance commerciale s'inverse et elle devient déficitaire. Il faut savoir qu'elle était déjà fragile, puisqu'elle était positive grâce aux vins et aux spiritueux qu'on exporte.

Il n'a échappé à personne ce qui s'est passé en 2025. Les taxes Trump qui viennent affaiblir nos exportations de spiritueux, de vins, notamment vers l'Amérique, et de ce fait, ça affaiblit et ça a amené notre balance à être déficitaire. -Monsieur Dive, comment la classe politique a laissé se déliter à ce point-là la souveraineté alimentaire tout ce temps ?

Ce n'est pas nouveau, ça fait 10-15 ans que ça a démarré. -Je ne suis pas sûr que c'est une volonté de la classe politique de laisser de côté, les sujets agricoles sont très animés à l'Assemblée, tous les groupes politiques s'attachent aux enjeux agricoles, avec des visions différentes, il y a des oppositions, c'est surtout qu'il y a eu pendant longtemps une espèce de sentiment où tout allait bien pour le monde agricole, même s'il y avait des crises, on les gérait, mais c'est notre pays qui a subi ce moment, qui n'a pas vu venir, de la même manière qu'on n'a pas vu venir la désindustrialisation des années 70, qui nous a frappés dans nos territoires. Aujourd'hui, il nous faut reprendre la main sur, au-delà de l'industrie, sur notre agriculture.

Je compare souvent les deux filières c'est attaché, c'est très identifié dans mon territoire, mais c'est aussi quelque chose auquel je suis attaché. Je pense que l'enjeu, c'est de savoir aussi défendre nos convictions. On a un débat en ce moment sur le Mercosur.

Ce débat sur le Mercosur, beaucoup disons non. Les bancs s'opposent à ce traité de libre-échange cat il vient encore plus pénaliser notre agriculture. -Mais le président va en Amérique latine et dit oui. -C'est pour cela que je lui ai écrit, je suis aussi intervenu à l'assemblée : "Monsieur le président, je vous demande, dans votre dernière année de mandat, de vous mobiliser pour notre agriculture.

Faites-en votre sujet." -C'est moche parce qu'en fait, vous dîtes : "On ne l'a pas vu venir." Franchement, les organisations agricoles n'arrêtent pas de vous inviter sur les fermes et vous disent : "Les gars, les gars !" Alors soit on se dit qu'ils pleurent toujours, se plaignent, on ne les écoute pas. -Ne disons pas qu'on n'a pas vu...

J'ai dit la classe politique, la France ne l'a pas vu venir parce qu'elle a longtemps considéré que le monde agricole, il y avait des crises, on les gérait, mais il produisait et vivait. Mais des décisions politiques ont affaibli ce monde agricole. Des décisions purement politiques, ont apporté du plus en termes de contraintes et de charges à nos producteurs par rapport aux règles européennes.

Le vrai sujet, c'est est-ce qu'on veut être toujours le bon élève, mais qui se tire une balle dans le pied, ou est-ce qu'on veut jouer la carte de la communauté ? Et auquel cas, on se met au niveau européen. -Que faut-il faire pour redresser cette souveraineté ?

Quelle serait la mesure concrète à mettre en place ? -Mettre fin aux surtranspositions franco-françaises, et il y en a de nombreuses. Il y en a déjà dans le monde économique.

Michel Biero sait qu'il y a des contraintes économiques dans le monde économique. C'est valable pour le monde agricole. L'intervenante précédente en témoigne, c'est être chef d'entreprise, être agriculteur.

Ce n'est pas un loisir, ni un hobby. C'est être à la tête d'une exploitation avec des investissements et des charges. Donc supprimer ces surtranspositions économiques et environnementales qui pèsent sur le monde agricole. -Et la loi Duplomb, vous êtes rapporteur de cette proposition de la loi Duplomb à l'Assemblée nationale, pouvez-vous nous rappeler rapidement les grands actes de cette loi qui a fait beaucoup réagir ? -L'objectif de cette loi était simplement de remettre à niveau, sur certains points, des filières face à une concurrence déloyale.

L'acétamipride, puisque c'est celui qui a été mis en avant, ça permettait de préserver des filières comme les noisettes, la betterave à sucre, les vergers, qui n'ont plus de solution pour se prémunir contre des ravageurs. Et si c'est un produit qui est interdit par la science au niveau européen, il n'y a aucune raison que ce soit utilisé en France. Mais il est utilisé partout en Europe car la science s'est exprimée. -Mais en France, on n'en veut pas de ce produit ? -Parce que la politique a décidé, avec la loi de 2016 d'interdire l'ensemble des néonicotinoïdes.

Dans leur ensemble, certains, c'est un peu barbare comme terme, sont des substances utilisées. Et encore une fois, les agriculteurs ne sont font pas plaisir à mettre des phyto dans tous les sens et n'importe comment. C'est d'abord pour les protéger des maladies qui se propagent dans certaines cultures.

Et l'acétamipride, qui est un nom encore barbare... -On connaît bien maintenant, on l'a pris par coeur.

Attendez, deux millions de personnes, des gens comme moi, qui se disent : "J'ai pas envie de retrouver ça dans mon alimentation." -Je comprends, il y a eu toute une campagne de communication que cet acétamipride était nocif. Effectivement, quand il est utilisé à des doses extrêmement importantes, il l'est.

Mais en agriculture, on est sur des doses 10 à 15 fois inférieures à ce que vous avez au quotidien dans votre domicile, avec un aérosol pour chasser la guêpe qui est rentrée chez vous, ou bien le collier antipuces au cou de votre chat ou chien. -La cohérence aussi, si on n'en veut pas là, il ne faut plus importer des produits qui en ont... -Exactement. -M.

Dive, les agriculteurs disent qu'ils ne voient pas encore les effets de la loi Duplomb sur le terrain. Pour eux, rien n'a changé avec ceux dont je discute. Ca va arriver dans les prochaines semaines ? -La loi a été promulguée en août.

Il y a des décrets d'application des articles qu'on doit contrôler. C'est tout le sujet. Pendant longtemps, les décrets d'application des lois n'étaient pas contrôlés.

Maintenant, on fait des contrôles à postériori, à plus de six mois, sur ces décrets, donc on va y finir. Vous savez qu'on a le décideur, puis parfois, sur l'application, vous avez une administration qui peut être parfois militante, et qui peut faire une rétention. -Ca date de la crise agricole de 2024.

Deux ans d'attente. -On est d'accord. -On continuera à parler de tout ça, mais une petite question.

Vous savez ce que c'est que le Bieroscope ? Vous avez déjà regardé l'émission ? -Ils rient. -Non mais je devine. -C'est le monsieur juste en face de vous.

Bien sûr, c'est Michel. On parle de souveraineté alimentaire, on parle de budget des Français, de plus en plus petit. On fait attention, mais on veut bien manger, donc c'est un peu compliqué.

Il se trouve qu'en France il y a les promos, les promotions. Les Français adorent ça. Vous les avez décryptés pour nous, car finalement, qui paye ces promos ?

Et est-ce que ce sont vraiment des prix intéressants, Michel ? -Effectivement, Fred, les promos, c'est le sport national. Les Français sont passionnés par les promos, presque autant que la météo.

Et les Français sont parmi les consommateurs les plus friands de promos à travers l'Europe. Plus de 70 % déclarent choisir un magasin parce qu'il propose des bonnes promotions. Alors pourquoi cet amour des promos ?

Evidemment ça donne le sentiment d'avoir pris la main, d'avoir fait une super affaire, d'avoir fait un achat malin, d'avoir gagné, d'avoir battu le système. Attention, et ça, je le dis souvent, et je l'ai souvent dit avant, les promos ne tombent pas du ciel. Quelqu'un les paye, ces promos.

Et bien souvent, c'est le consommateur. Alors ce n'est pas la même chose selon une promo d'une marque nationale, les grandes marques qu'on connaît tous, et une marque de distributeurs qui appartient au distributeur. Pour la marque nationale, c'est le fabricant qui finance la promotion.

C'est une bataille entre marques. Et pour la marque de distributeurs, c'est l'enseigne qui prend sur sa marge et qui finance la promo. C'est une bataille d'enseignes.

Alors, une marque nationale, et c'est là où c'est pas trop sympa pour nos consommateurs, gonfle ses prix tout au long de l'année. Ils vendent les marques très chères pour pouvoir faire quelques fois dans l'année, des gros coups à moins 50 %, moins 60 %. -Par nos achats, on finance les promos. -Exactement.

Comment on explique que les marques nationales sont 10 à 25 % plus chères en France que partout ailleurs en Europe ? On a tous ici envie de préserver le monde agricole. Je me tourne vers M.

Dive, pourquoi ne pas interdire les promos à titre expérimental sur les produits issus du monde agricole plutôt que de les interdire sur le shampoing et les couches-culottes ? Qui ne fera jamais ruisseler d'argent dans les fermes. Si on arrête les promos sur le lait, on avait une éleveuse laitière là, ça tire les prix vers le bas, ça détruit de la valeur. -Les super promos sur les lessives, les couches...

D'ailleurs, on a allégé la bride, puisque c'est même un amendement que j'avais porté en commission mixte paritaire, quand on a prolongé... en bataille sévère contre des sénateurs, qu'on est passé d'ailleurs jusqu'à 40.

Je pense qu'on aurait pu aller plus loin. Les promos sur l'alimentaire, aujourd'hui, le seuil de revente à perte permet d'éviter la vente à perte des produits alimentaires, sauf sur certaines filières. -Eh oui. -A leur demande, car on n'est pas enfermés dans notre bulle, à penser qu'on a raison sur tout et tout le temps.

Ce n'est pas vrai. La loi s'est faite en échangeant avec les filières, avec les représentants de filières. Des interprofessions nous ont expliqué, parce qu'elles avaient des denrées périssables, on a l'exemple du melon.

Elles ont besoin de faire de la vente à perte pour déstocker. -Oui, mais ça, on le fait déjà. Mais si on achète un pack de lait et le deuxième à moins 50 %, on ne boit pas deux bols de lait le matin.

C'est juste des guerres de volume entre les deux gros, et on les connaît tous les deux, et industriels, exactement. Donc moi, je dis juste, stoppons ces promos qui ne servent à rien. Et comme ça...

Parce que ça détruit de la valeur. Et donc, c'est le paysan qui prend. -On est d'accord. -Vous allez porter ça à l'Assemblée pour protéger nos agriculteurs ? -Moi je plaide pour qu'on nous ayons un nouveau temps des Etats généraux de l'alimentation.

Ca tombe bien, il y a une présidentielle en 2027, et ça sera le moment de débattre. Les nouveaux Etats généraux de l'alimentation qui ne sont pas tenus depuis 2017, c'est important, on rassemble tous les acteurs, on fait un retour d'expérience de ce qui marche ou pas. Vous vous êtes mal comportés, vous vous êtes bien comportés.

Les sujets comme exposer par Michel Biero sont extrêmement importants. on pourra ensuite légiférer. Mais aujourd'hui, engager un nouvel EGalim, moi je me suis heurté à l'ensemble des acteurs qui disent : "Pas maintenant." -On va attendre. -Pas sûr que le monde agricole patiente jusque-là. — Merci beaucoup Antoine, merci Julien Dive d'être passé sur le plateau de VIP.

C'était un plaisir de débattre avec vous. Vous êtes le bienvenu quand vous voulez. Vous connaissez le chemin.

Merci beaucoup. On va passer à notre deuxième produit. Elles sont en train de pousser dans l'obscurité sans jamais voir la lumière.

Les endives ! Et si la production reste stable cette année, la France devrait atteindre près de 140 000 tonnes d'endives, confirmant son statut de premier producteur mondial. Chaque Français en consomme entre 5 et 6 kilos par an, en salades, braisées et même gratinées.

C'est notre Very Important Produit. Jingle Savez-vous que l'endive est un légume né grâce aux impôts ? Eh oui !

Fred Maurice nous raconte l'histoire de cette niche fiscale avant l'heure. -J'en mange beaucoup, j'adore les endives. -En salade, au jambon, en gratin, en tarte, braisée, en velouté.

L'endive, c'est la reine des légumes d'hiver et la France est le premier producteur en Europe avec près de 145 000 mille tonnes par an dont 90 & proviennent du nord de la France. Là-bas, elle porte le doux nom de Chicon, un patronyme à la sonorité assez contestable, d'autant que l'endive jouit déjà d'une image injustement négative. -Le tout, c'est qu'on se comprenne. -C'est vrai qu'on est mou, qu'on est fade ou qu'on est blanc comme une endive et que cette petite salade à l'amertume subtile semble être née clandestinement en Belgique pour échapper aux impôts. -Elle se planque, mais elle est vachement heureuse.

Vivons cachés, vivons tranquilles. -En 1930, à Bruxelles, le jardinier Yann Lammers invente la toute première niche fiscale. Afin de se soustraire à une réquisition, il cache des racines de chicorée dans une cave sombre et humide.

En revenant quelques semaines plus tard, il découvre que les racines ont produit de longs bourgeons, blancs, serrés et croquants. Et c'est délicieux. La culture du chicon ou de l'endive, c'est la même chose, rentre dans l'histoire de l'agriculture. -Respect !

C'était bien. -Jadis, elle fut surnommée "racine du diable" par les curés du Nord, moins adeptes du goût que du Goupillon, qui ne supportaient pas qu'on les cultive le dimanche au lieu d'aller à la messe. -Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise d'autre ? -Depuis les années 50, la divine endive a su se faire une place dans les menus des Français.

Ils l'adorent et la cuisinent avec beaucoup d'amour, comme de bonnes personnes. Les fameuses endives au jambon. -Et pour parler de ce produit, nous recevons Philippe Bréon, cultivateur d'endives dans le Pas-de-Calais.

Bonjour. -Bonjour. -Merci d'être avec nous. -On ne dit pas endivateur ?

Il n'y a pas un nom comme pommiculteur ? -Endivier ? -L'endivier ! -L'endivier, spécialiste de l'agriculture. -Ils rient.

Jamais entendu ça. -J'aime l'endivier, on en apprend tous les jours. -Vous avez appris un nouveau mot.

Vous êtes endivier dans le Pas-de-Calais, près de Béthune ? -Oui. Vous êtes aussi un homme engagé pour votre filière, puisque vous êtes président de l'association des producteurs d'endives de France.

C'est bien ça ? Vous êtes venu avec des très jolies endives. Vous allez tout nous expliquer.

On veut tout savoir sur ce produit. Comment est née votre exploitation ? -L'exploitation, mes parents l'ont démarrée.

Mes parents, en fin des années 70, à ma naissance, ils ont commencé l'endive. Petit à petit, l'exploitation s'est agrandie. Mon frère est arrivé sur l'exploitation.

Moi, je me suis installé en 2002. J'ai loué une endiverie pendant 10 ans et on a décidé de rassembler nos forces en 2016. On a construit une nouvelle endiverie.

Et c'est ainsi qu'on a rassemblé, le personnel est arrivé également dans l'endiverie et ça nous permet d'être trois, mon frère, ma belle-soeur et moi-même et nos salariés avec nous. -C'est une grosse structure maintenant, 50 salariés, c'est ça ? -C'est ça, à peu près.

Avec les salariés qui travaillent dans les champs pour la culture de la racine. -Oui, vous allez nous expliquer comment on la cultive. C'est de la responsabilité. 50 salariés, il faut les gérer.

Julien Dive disait que l'agriculteur, c'est un chef d'entreprise aussi. C'est ce que vous êtes, clairement. -Et tous les matins, on se lève.

La première chose que je fais, c'est dire bonjour à tous mes salariés. La journée démarre comme ça. -Elle démarre bien, parce que vous avez une bonne tête, vous respirez la gentillesse, quelque chose de bienveillant. -Il a la patate...

Mais c'est pas le sujet. -Je me suis ratée. Je cherchais un jeu de mots avec l'endive...

J'aimerais savoir, vraiment, pour moi, c'est mystérieux, même si on a vu quelques petites choses. Comment ça se cultive ? Ca vit dans le noir.

C'est une graine. Après, il faut la faire germer... -Ca démarre par une graine qu'on sème au mois de mai quand il commence à faire bon dans les champs, un sol bien essuyé.

On sème ça, c'est très fragile et compliqué à faire lever, donc on sème ça en surface. Il ne faut pas qu'il y ait d'orage derrière, il faut un sol bien préparé comme de la cassonade, je dis toujours, un sol bien rappuyé. Et une fois levé, une fois que ça atteint le stade de cotylédon à deux feuilles, on est sauvé pour la lever.

Ca pousse dans les champs pendant à peu près 150 jours. Là, on est en plein dans la récolte en ce moment. La récolte s'étale de septembre jusqu'à Noël.

On récolte la racine qu'on va ensuite conserver dans le froid. On va essayer d'avoir une racine à zéro degré pour qu'elle vernalise, pour avoir un arrêt végétatif. Ce qui va lui permettre, quand on la remettra au chaud dans les salles de pousse dans le noir, d'avoir la plus belle endive possible. -C'est pour ça qu'on mange des endives tout au long de l'année. -Tout à fait.

Maintenant, grâce au frigo, on arrive à conserver des racines et on arrive à faire de l'endive toute l'année. Bien sûr, on produit plus l'hiver, d'octobre à avril, c'est le gros de la saison. -Et c'est là où l'endive se consomme plus. -On dit qu'on fait forcer la racine. -On appelle ça le forçage parce qu'on l'empêche.

La racine n'a qu'une envie, c'est de faire sa fleur et sa graine. -On va parler de l'importance du climat dans ces cultures, mais j'aimerais qu'on regarde un extrait. Il y a deux ans vous nous montriez vos champs gorgés d'eau.

Ca n'allait pas très fort à ce moment-là. -J'avais pas trop le moral. Depuis le 18 octobre, la pluie n'a pas arrêté.

Donc on n'a pas pu à récolter nos racines. On espère que dans 5 ou 6 jours, on arrivera à récolter ces racines. Il faut vraiment être piqué à l'endive.

Un producteur qui continue aujourd'hui, c'est vraiment qu'il...

Il y a des...

Gagner notre vie... on gagne notre vie, mais ce qu'on veut, c'est maintenir les emplois.

Vous voyez ici, il y a 48 personnes qui travaillent du lundi au vendredi. Voix tremblante J'ai du mal à parler de ça, j'arrive pas à en parler. -Après ça, on va lui faire un câlin, là, tout de suite ? -Allez-y, faites un câlin à Philippe,. -Tous les prétextes sont bons, Antoine. -Vous êtes extrêmement touché dans cet extrait où on voit la catastrophe que vous subissez de plein fouet. -Maintenant, ça va beaucoup mieux quand même. -Comment ça va ?

On pleure plus, on est plus solide. -On sortait vraiment d'un moment compliqué niveau climat, il y avait eu les inondations dans le Pas-de-Calais. On faisait tout pour avoir du travail pour nos salariés et produire.

C'est pareil, d'avoir une rentabilité économique. Aujourd'hui, cette année, on a eu un super climat pour faire pousser la racine d'endive. Donc on a même une très belle récolte de racines.

Et ça va être un beau challenge de réussir à la vendre et de retrouver les consommateurs qu'on a perdus. Parce que comme il y avait un manque d'endive pendant deux ans, avec un mauvais climat... -Ils sont habitués à ne pas en avoir finalement ? -Non...

Ca a forcément impacté sur le prix. Nos charges ont fortement augmenté. Il y a eu la crise énergétique.

Ensuite, il y a l'arrêt des phytos qui ont entraîné chez nous une forte augmentation du coût de production. -Trois molécules, je crois, qui sont interdites. Vous devez trouver des solutions. -Il y a eu deux arrêts de désherbage et un arrêt d'un insecticide pour lequel on n'a toujours pas trouvé de solution.

Là, on a un peu d'inquiétude là-dessus. Et ça a augmenté nos coûts de production. Et on a perdu des consommateurs parce que l'endive s'est retrouvée très chère en magasin.

Des fois, on la voyait à 4 ou 6 euros le kilo. -Ce n'est pas aussi une question d'image un peu l'endive ? Ce n'est pas un peu le plat à la mémé, l'endive au jambon ? -On arrive aujourd'hui à redynamiser nos ventes.

On doit cette année, on est quasiment à plus 20 % de vente par rapport à l'année dernière. On a fait de la communication sur l'endive. Il y a la jeune pousse qui existe.

On essaie de redonner une image plus jeune du produit. -La jeune pousse, c'est une endive...

Plus petite, plus sucrée, moins amère. -Parce qu'elle n'est pas à maturité. -Ca marche très bien, mais c'est pareil, ça a un coût supplémentaire. -Vous dites cette année, vous avez des racines à profusion. -Oui. -La consommation est un peu moindre.

Mais vu qu'on peut descendre en température les racines, est-ce qu'on pourrait dire qu'on les conserve un an de plus ? -Nous, producteurs, on essaye de raisonner nos apports. On connaît nos ventes d'année en année.

On a des statistiques de vente. On sait qu'on sait vendre autant de tonnes à la semaine. Enfin bref, on a nos prévisions.

Donc on a cette chance de pouvoir stocker nos racines en frigo et d'allonger un peu notre saison ou d'en semer moins l'an prochain vu qu'on a encore des racines. Si on a l'intelligence de faire ça, on a tout gagné. -Vous l'avez, vous l'avez. -Comment ça se porte le renouvellement des générations ?

Est-ce que c'est une filière qui attire ? -Ce n'est pas évident. -La bonne question, ça. -J'ai trois filles. -Je parlais de l'image. -Quand je leur parle d'endive, ça ne les fait pas rêver parce qu'ils me voient me lever le matin à cinq heures et demie pour aller à l'endiverie.

Gérer le personnel, ce n'est pas facile, même si on est content de les avoir. Sans eux, on ne ferait rien. Mais c'est plus facile de faire du blé. -Oh là là ! -Oulala Philippe, ne faites pas ça, c'est très dangereux ce que vous venez de faire. -J'en fais également. -Il me chauffe lui ou quoi ? -Oui, carrément. -Chez nous on fait du blé, de la pomme de terre, des betteraves, presque toutes les cultures.

C'est pas facile d'attirer les jeunes dans notre métier. On n'y arrivera que si économiquement on tire notre épingle du jeu. -C'est toujours le sujet, tu gagnes ta vie, c'est pas un problème.

C'est toujours la même : payer le vrai prix au produit et tout ira très bien. -Justement, est-ce que ça nourrit son homme, l'endive ? Est-ce que ça paye dans les bonnes années ? -Si on travaille en bonne intelligence, oui, ça paye son travail. -Et vos salariés aussi ? -Et nos salariés.

Nous, c'est une chaîne. Sans eux, on n'est rien. Nous, ce qu'on veut, c'est pouvoir payer nos salariés, gagner notre vie, que le consommateur puisse l'acheter pas trop cher et que la grande distribution puisse aussi marger sur notre produit.

Il faut que chacun puisse prendre sa petite marge pour que tout le monde soit heureux. -Si le distributeur la vend aujourd'hui, c'est entre 2,50 et 3 euros le kilo ? -C'est ce qu'on voit cette année, oui. -Sortie de l'endiverie, ça vaut combien ?

Le kilo ? -Ca dépend. Ca dépend des endiveries. -En moyenne ? -Ca tourne aux alentours d'1,40, 1,50. -D'accord. -Merci beaucoup, Philippe, pour cette discussion animée autour de l'endive.

Et on va se recentrer maintenant sur l'humain, celui ou celle qui cultive, bien sûr, cette petite perle. Et aujourd'hui, ma chère Louise, vous avez été inspirée par une jeune agricultrice qui ne fait rien comme les autres. C'est notre Very Important Personne.

Jingle -Oui, effectivement, aujourd'hui, je vous parle d'une agricultrice qui cultive des endives dans un conteneur, c'est Lou-Jenna Parizet. Lou-Jenna, elle n'a rien d'une endivière du Nord, elle est landaise, elle ne vient pas... -Encore ? -Oui, désolée.

On me demande de l'endive, vous en donne. -C'est original en tout cas. -Elle n'est pas issue d'une famille d'agriculteurs, mais elle a toujours voulu travailler sur du concret.

Et Lou-Jenna a été salariée sur un domaine viticole. Un jour, un client achète du vin. C'est un Belge que vous connaissez, je crois, Philippe Blanquet.

C'est la référence européenne de l'endive. C'est une encyclopédie vivante. Et avec Lou, ils se voient une fois, deux fois, trois fois.

Et l'idée germe : si Lou se lançait avec lui. Elle saute le pas, fait le pari fou de se lancer en bio dans un container de 2,50 mètres de haut et de 6,50 mètres de large. Et puis dedans elle joue, à l'apprentie sorcière.

Elle règle la température, l'humidité, la circulation de l'eau. Et au bout de 18 jours, elle casse le bourgeon et c'est ce qui donne une endive. -Ca veut dire qu'on peut cultiver un légume du Nord dans le Sud-Ouest. -Eh oui, désolé Philippe, on va vous faire concurrence.

Mais oui, j'ai eu Lou-Jenna la semaine dernière au téléphone. Elle venait de vendre les premières caisses d'endives. Elle est en passe de réussir le pari de cultiver un légume du Nord sous les pins des Landes.

Ca s'appelle l'agriculture urbaine. -C'est quoi ? -C'est de produire dans ou autour des villes.

Dans des serres, sur des toits ou dans des containers comme Lou. On dénombre 4 000 projets aujourd'hui en France. Ca ne nourrira pas à lui tout seul une grande ville, mais ça a le mérite de relocaliser une partie de notre alimentation et de recréer du lien entre ceux qui cultivent et ceux qui mangent. -C'est un peu gros pour mettre dans mon jardin. -Merci beaucoup Louise, on adore vos histoires.

Philippe, l'endive en container, ça vous inspire quoi ? -C'est une très bonne idée. Je sais que Philippe Blanquet a dans l'idée de mettre ces racines dans les conteneurs et le temps que ça voyage en bateau, arrivée à destination... -Génial. -Et voilà, ça y est. -Je sais que c'est son idée. -Les racines qu'elle met dans les conteneurs viennent du Nord. -La plupart du temps, elles viennent du Nord.

Ou le bassin de Normandie, Bretagne. -Et l'Alsace. -Et l'Alsace, évidemment.

Ils ne sont pas chauvins sur ce plateau. Mais vous avez raison. -Michel faisait pousser ses endives. -Moi, je ne sais pas vous, mais on parle d'endives depuis quelques minutes.

On va vous proposer une petite recette. Les endives au jambon, vous allez voir que quand elles sont revisitées, ces endives, par le Benjamin Bageux, tout le monde les aime, même les enfants. Regardez. -L'hiver est bien là.

Quatre degrés au thermomètre. Bienvenue à Wambrechies, près de Lille. Le climat et l'endroit parfait pour une recette d'endives au jambon, revisitée par Benjamin, un enfant du pays. -C'est parti pour la recette des endives au jambon.

On va tailler les endives. J'avais demandé des petites endives pour avoir très peu de coeur. Ca va donner beaucoup moins d'amertume.

Donc je l'enlève quand même un petit peu. Et après, on va le tailler finement. -Benjamin ne blanchit pas ses endives.

Il les fait revenir à la poêle avec un beurre noisette. -Noisette, c'est quand la mousse commence à tomber, ça devient un peu marron. Et là, on met nos endives.

On les saisit juste pour les raffermir. -Pour casser l'amertume et amener un peu plus de douceur, vous pouvez rajouter un oignon. -Au lieu de mettre un oignon ou une échalote classique, j'aime bien mettre un peu de verdure dans mon assiette.

Donc on va juste couper les fanes d'oignon, les jeunes oignons. C'est assez agréable, ça apporte de la couleur. Voilà, à feu doux maintenant, tranquillement. -Découpez ensuite le jambon en morceaux. -Moi, j'aime bien un peu plus de mâche, donc un peu grossier quand même.

On voit bien le jambon. Mais je veux pas qu'il surcuise le jambon. Faut qu'il garde tout son gras, tout son goût.

Donc on va pas trop le faire revenir. Là, je vais mettre un petit peu de jus de citron vert. Comme ça, ça coupe un peu l'amertume des endives.

Pas du jaune, je le trouve trop puissant. -Petites astuces pour relever le tout. Benjamin propose de râper de l'ail fumé et de saupoudrer d'un peu de piment doux.

On réserve dans ses poêlons et on ne rince surtout pas la poêle. Place à la béchamel. -L'idée, c'est qu'à la maison, on ne veut pas faire la vaisselle et tout ça.

Donc, on garde la même poêle. Je mets mes 30 grammes de farine et 30 grammes de beurre pour faire un roux. On déglacera avec le lait et la crème. 250 millilitres de crème, 250 millilitres de lait. -Il recouvre les endives de béchamel et découpe de fines tranches de Belval, un fromage affiné à la bière brune. -Le petit morceau de fromage qu'on va mettre dessus. -15 minutes à 180 degrés et le tour est joué. -Et le tour est joué, les gourmands vont se régaler, peut-être ce soir, l'endive au jambon.

Moi, c'est signé, c'est sûr. -Ah, pareil. -Voilà.

Avant de se quitter, j'aimerais faire un petit tour de table de ma bande de partenaires. Michel, que retenez-vous de cette émission ? -Une chose qui m'a vraiment marqué, c'est Ludivine, notre éleveuse laitière, qui expliquait que tout allait bien sur son élevage, mais qu'elle n'avait qu'un salaire pour deux. -Antoine ? -Moi, je suis ravi d'avoir inventé un mot : "endivateur". -Ils rient. -Maintenant je sais que c'est endivier.

Je vais briller au Scrabble. -Jean-Baptiste ? -C'est pareil.

Moi, ça m'a épaté. Je lui ai dit, ça y est, il va s'installer avec un container. Il va être endivateur, dans Paris.

Ca va être formidable. -Et enfin, Louise ? -La dimension entrepreneuriale du métier d'agriculteur.

Les agriculteurs sont des chefs d'entreprise. -Merci beaucoup, Louise, Jean-Baptiste, Michel et Antoine. Et merci à vous, Philippe Bréon, d'être venu. -Merci à vous. -On peut dire que notre agriculture n'a pas fini de nous surprendre.

On se retrouve très vite pour un nouveau numéro de VIP. Et d'ici là, vous pouvez nous retrouver en replay sur les réseaux de LCP. A très bientôt !