Non à la retraite à 65 ans ! François Ruffin, Barbara Stiegler & Valentin Vander
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 62 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:58:43OuverteRéponse directe
La gestion de la crise sanitaire pourrait-elle être utilisée comme stratégie du choc pour accélérer les privatisations ?
- 1:59:37OuverteRéponse directe
Pourquoi revenir à 65 ans pour les retraites ? C'est un retour en arrière de plus d'un siècle.
- 2:01:16OuverteRéponse directe
Réponse aux différentes questions posées.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00InvitéPromesse
« nous donnerons accès à une auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants qui en ont besoin pour avoir une scolarité comme les autres. »
- 8:22InvitéFait
« En gros, c'est pour déshabiller Paul, pour habiller Jacques. »
- 8:29InvitéPromesse
« ces AVS auront un emploi stable et un salaire décent. »
- 9:12InvitéChiffre
« Je suis en moyenne à 850 euros. »
- 10:12InvitéFait
« Avec une carrière à temps partiel, vous cotisez moins en retraite complémentaire. »
- 15:52PrésentateurFait
« Le projet funeste de retraite à 65 ans, voire plus, doit être combattu avec acharnement. »
- 49:26Invité politiqueFait
« il naît entre les deux guerres. 14, 18, 39, 45, il naît dans les années 30, en fait. »
- 51:46Invité politiqueFait
« le sens de l'histoire, c'est la mondialisation, qu'il n'y a pas d'autre sens possible. »
- 52:57Invité politiqueFait
« nous avons été gouvernés par Macron-McKinsey, et vous avez pu voir que Macron-McKinsey, c'est pas le libéralisme classique. »
- 53:27Invité politiqueFait
« on a présenté cette politique extrêmement autoritaire comme le retour de l'État-providence. »
- 55:28Invité politiqueFait
« Tout le discours sur le régime universel des retraites. »
- 59:30Invité politiqueFait
« Un pognon de dingue, mais pour qui ? Le sous-titre, l'argent magique de la pandémie. »
- 59:46Invité politiqueFait
« En réalité, c'est la suite de la même logique, c'est-à-dire déverser des milliards d'argent public vers les plus riches, au nom de notre santé, au nom de notre bien. »
- 1:00:03Invité politiqueFait
« Depuis longtemps, dans le monde de la santé, le consulting gangrène le monde de la santé depuis des décennies. »
- 1:00:08Invité politiqueFait
« Macron-McKinsey, en fait, existe depuis longtemps. »
- 1:01:10Invité politiqueFait
« Parlons sur le fond. En gros, la retraite à 65 ans, c'est quoi ? »
- 1:01:17Invité politiqueFait
« C'est faire payer le quoi qu'il en coûte les deux ans où toutes les vannes ont été ouvertes et se sont déversées sur les plus riches par, finalement, ceux qui sont le plus en difficulté dans notre pays. »
- 1:01:42Invité politiqueFait
« Ce n'est pas le Covid qui a fait tout ça. C'est les gestionnaires ineptes, ignares, qui n'ont aucune notion de santé publique, qui ont pris toutes ces décisions aberrantes, à savoir Macron-McKinsey. »
- 1:01:52Invité politiqueFait
« Je rappelle que c'est bien le cabinet McKinsey qui, avec d'autres cabinets privés comme BVA Nodjunit, a été en charge de mener la stratégie soi-disant sanitaire, des gens qui n'ont aucune notion de santé publique et qui, par contre, ont profité, c'est le fameux effet d'aubaine, de cette crise pour achever de détruire notre pays. »
- 1:05:14Invité politiqueFait
« « Rêvons d'un monde où les travailleurs, salariés ou non, ne veulent pas prendre leur retraite. Rêvons d'un monde où l'on travaille jusqu'à la mort, car le travail fait reculer la mort. » »
- 1:09:03Invité politiqueFait
« Un argument sanitaire d'abord. Nous vivons de plus en plus longtemps et en bonne santé. »
- 1:09:26Invité politiqueFait
« Dégradation du tableau sanitaire du pays. Augmentation continue des maladies chroniques. »
- 1:09:35Invité politiqueFait
« C'est le retour des grandes pandémies à cause de la destruction de nos écosystèmes et de nos manières de vivre et de fonctionner. »
- 1:10:19Invité politiqueFait
« Le travail comme épanouissement, tout le monde voit bien, c'est l'augmentation de la souffrance au travail. »
- 1:10:35Invité politiqueFait
« À quoi on assiste ? À ce qu'on appelle aux Etats-Unis la grande démission. Tout le monde part, tout le monde part épuisé. »
- 1:11:55Invité politiqueFait
« Cette mesure d'allongement perpétuel de l'âge de la retraite, parce que là, c'était 62, 65, 68, 75, on comprend la logique. »
- 1:12:25Invité politiqueFait
« Beaucoup d'experts en santé publique pensent que les courbes positives sur lesquelles s'appuient les néolibéraux pour dire « nous devons travailler toujours plus », sont en train de s'inverser à cause de l'explosion des maladies chroniques. »
- 1:54:30InvitéChiffre
« C'est entre 80 et 100 milliards d'euros d'optimisation fiscale qui partent chaque année du budget de la France. »
- 1:59:55InvitéFait
« La réforme des retraites a été votée à l'âge de 65 ans en 1910. »
- 2:12:40PrésentateurChiffre
« vous avez gagné 12 milliards d'euros chaque année de primes d'activité pour les bas revenus »
- 2:12:45PrésentateurFait
« le président des riches a été obligé de donner 12 milliards d'euros par an ça lui a fait mal il l'a donné grâce aux gilets jaunes »
- 2:12:52PrésentateurFait
« on a plié son projet »
- 2:10:49PrésentateurFait
« la réduction de l'impôt sur les sociétés ce qu'ils appellent la baisse des impôts productifs sont en fait des décisions qui là vont à fond pour les multinationales et très peu pour les artisans et les commerçants »
- 2:09:26Invité politiqueFait
« c'est ce qu'on appelle le solutionnisme technologique »
Temps de parole
- Présentateur57 %
- François Ruffin32 %
- Invité5 %
- Invité 22 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mes premiers mots seront évidemment des mots de remerciement.
Quand on a la chance comme ça de faire une réunion en public, c'est qu'en amont du moment où on arrive pour faire un discours, jouer de la musique et ainsi de suite, il y a un paquet de monde qui a travaillé. Moi je sais quelle chance j'ai d'être entouré d'une formidable équipe qui nous permet de faire de porte à porte dans les 84 communes de la circonscription, de boiter, reboiter, bref, de mettre en place une armée électorale vraiment pour renverser une donne qui fait que normalement le résultat de l'élection présidentielle fait que ce n'est pas normalement moi qui doit être le député à la sortie.
Donc ça je sais que c'est permis grâce à des militants qui sont exceptionnels et qui m'ont accompagné pendant 5 ans. Je le dis comme ça, mais des échanges que j'ai eus à l'Assemblée, nous sommes la seule circonscription où le boîtage de tous les documents se fait intégralement par les militants et non pas par Adrexo et Mediapost. ont réussi cet exploit-là depuis 5 ans. Donc grand merci à tous mes militants. Je voudrais qu'on remercie. Donc là, merci à la mairie de Damont qui nous prête la salle et merci à son maire Jean-Claude Renaud qui m'apporte un soutien. Merci à Jean Caron pour la technique. Merci à Valentin, que vous allez entendre tout à l'heure, Valentin Vendert pour la musique.
La préparation de la salle, quand on a la chance que les chaises soient mises, qu'il y ait une table, qu'il y ait la sono et tout ça. Merci à Isabelle, Fifi, Flo, Martine, Francis, Karine, Noël, Jean-Bernard, Tristan, Robin. Et pour le porte-à-porte, puisqu'on a fait un porte-à-porte dans tout Camon, tout Longo, Isabelle, Patrick, Linda, Ludo, Jean-Michel, Mousse, Stéphane, Daniel, Sylvie, Martine, Stéphanie, Catherine, Alida, Cherazade, Sophie, Guislain, Clément. Moi, je remercie Robin et Dimitri qui m'accompagnent dans toute cette campagne. Et merci à Barbara Stiegler de venir depuis Bordeaux pour discuter avec nous ce soir des retraites.
Vous me connaissez, on ne va pas le faire avec des petits applaudissements bien sereins. Pour tous mes camarades militants. Atchik, atchik, atchik ! Atchik ! Atchik, atchik, atchik ! C'est bien, c'est bon pour se chauffer la voix. Maintenant que la voix est chauffée, je vous propose d'accueillir ma suppléante, accompagnante d'enfants en situation de handicap, Ayat Madboua. Je vous présente comment va se passer la soirée. Donc, il y a Ayat qui prend la parole. Il va y avoir ensuite Valentin qui va nous jouer une demi-heure, en gros, de ses chansons. Ensuite, Barbara va venir faire sa présentation sur la question des retraites.
Je viendrai faire la mienne et on aura un échange avec vous ensuite. Si ça vous va, on fait comme ça, d'accord ? Vas-y Ayat, je te passe ta parole.
Merci François. Bonsoir à tous. Donc déjà, tout d'abord, merci d'être là. Donc, je me présente. Moi, c'est Ayat Madboua. J'ai 44 ans. Je suis à ESH et j'habite à Amiens-Nord. Donc, j'ai débuté il y a 8 ans dans mon métier d'AESH. En 2014, exactement. En dehors de mon travail, je fais partie d'une association qui s'appelle l'Acte citoyen, qu'on a créée avec des amis lors du premier confinement. L'idée nous est venue lorsqu'on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup de familles et d'étudiants qui étaient en difficulté. Donc, on a collecté des denrées alimentaires auprès de commerçants et on a pu leur offrir comme ça des colis. On a ensuite enchaîné avec une action qui nous tient à cœur.
C'est le Noël solidaire. Donc, c'est pour les enfants. Pareil, on collecte des jouets auprès des particuliers. Et ensuite, on les distribue via les associations dans les différents quartiers d'Amiens. Donc, ça, c'est un petit peu mon côté associatif. Sinon, pour en revenir à mon travail, je vous disais que j'étais AESH. Donc, c'est accompagnante d'élèves en situation de handicap. Donc, j'ai débuté en 2014. Je n'avais pas de formation au départ. Donc, ma première année, j'ai eu un enfant autiste dont j'ai dû m'occuper. Je n'y connaissais rien à l'autiste, franchement. J'ai dû apprendre par moi-même. J'ai dû me former en lisant, en faisant des recherches sur le net. Et ça a été très difficile.
Mais je me suis adaptée. Donc, maintenant, ça fait 8 ans que je suis sur le terrain. J'estime que je me suis formée toute seule. Mais vraiment, j'ai eu... On va dire que j'ai eu 60 heures de formation théorique. Et c'était plus de l'information que de la formation. Et il y a un truc dont je me souviens. C'était en 2017, lors de la première élection. Emmanuel Macron nous avait fait des promesses à nous, les AESH. Donc, deux mesures que j'avais retenues. Je vais vous lire exactement ce qu'il avait écrit. Donc, la première mesure, c'était nous donnerons accès à une auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants qui en ont besoin pour avoir une scolarité comme les autres.
Donc, comment vous dire qu'en 2022, on est loin du compte ? Sincèrement, je le vois déjà, je le constate déjà dans mon école. Il manque des AESH. Il y a des élèves qui ne sont pas accompagnés. Par exemple, il y a une AESH qui est en arrêt maladie. Elle a le droit d'être en arrêt maladie. Elle n'est pas remplacée. Et du coup, l'élève, depuis janvier, elle n'a pas d'accompagnement. Donc, du coup, elle perd. Elle régresse au lieu de progresser. Donc, il n'y a pas assez de remplacement. Mais par contre, pour nous retirer nos heures d'accompagnement qu'on a, pour nous mettre, par exemple, en urgence sur un enfant qui va être notifié 3 heures.
Donc, on va nous retirer 3 heures sur 12 heures d'un enfant qu'on a. Donc, en fait, ça, c'est depuis la mise en place des Piales. Le Pial, c'est quoi ? C'est les pôles d'inclusion, d'accompagnement localisé. Donc, ça, au lieu d'embaucher plus d'AESH et de mettre de l'argent, justement, pour embaucher des AESH, il a préféré mettre en place les Piales. Donc, ça permet, en fait, d'augmenter le nombre d'élèves attribués à l'AESH, tout en diminuant le nombre d'heures d'accompagnement par élève. Voilà, en gros, le Pial. En gros, c'est pour déshabiller Paul, pour habiller Jacques. La deuxième mesure que j'ai retenue, c'était ces AVS auront un emploi stable et un salaire décent.
Et bien, comment vous dire qu'on est en 2022, ça fait 8 ans que je bosse et je ne suis toujours pas en CDI. Je ne serai même pas vous nommer mon contrat. Je ne sais même pas ce que c'est. J'ai débuté avec 2 ans de CUI, mais on m'a dit qu'ils ne seront pas comptés. Donc, en gros, ils n'existent pas. Malgré que j'ai fait ces 2 ans, j'ai accompagné des enfants. S'ils étaient réels, les enfants, ce n'étaient pas des poupées. Ensuite, j'ai signé 3 contrats de 1 an, 3 fois 1 an. Et en 2019, quand il y a eu l'application des Piales dans mon école, là, j'ai signé un contrat de 3 ans. Donc, cette année, normalement, je devrais être en CDI, mais je n'ai toujours rien reçu.
Donc, je ne sais pas à quelle sauce je serais mangée à la rentrée de septembre. Sinon, mon salaire, il n'a pas bougé. Je suis en moyenne à 850 euros. Il faut savoir qu'une AESH est payée entre 760 et 850 euros. À part les augmentations annuelles, on va dire, réglementées, comme le SMIC au 1er janvier, on n'a eu aucune augmentation. Et ensuite, on a les 24 heures imposées, ce qui fait qu'on n'a pas de possibilité, à part des petits boulots précaires, on n'a pas la possibilité de faire un autre emploi. Donc, ce que Macron nous accorde, en fait, comme évolution de salaire, c'est le droit de cumuler, justement, des emplois précaires. Et il ose présenter cela comme une avancée.
La seule réussite de son quinquennat, c'est d'avoir complètement dégradé les conditions de travail des AESH et d'avoir réduit à peau de chagrin le temps d'accompagnement des élèves. Et comme le sujet, c'est les retraites, eh bien, je vais vous parler de la retraite pour les AESH. Gros par interrogation. Quelle retraite ? Tout d'abord, avec une carrière à temps partiel, vous cotisez moins en retraite complémentaire. Vous obtenez donc moins de points. Votre pension complémentaire sera mécaniquement réduite. Les conditions de pénibilité accentuées par la mutualisation en outrance et la mise en place des piales, eh bien, ils ne seront pas prises en compte pour les AESH.
Donc, c'est un personnel qui est exploité, qui est méprisé par l'institution et qui est de moins en moins soutenu par les aides sociales et qui se retrouvera à vivre avec une retraite de misère. Le minimum retraite devrait être supérieur au seuil de pauvreté et doit prendre en compte les irrégularités de carrière. Donc, finalement, la question qui se pose aujourd'hui, c'est quel sera le montant de la retraite d'une AESH et aussi de tous ces métiers avec des bas salaires et des temps partiels. Donc, tous ces exemples illustrent le combat que je mène avec François depuis qu'on s'est rencontrés il y a 4 ans, à savoir lutter contre les inégalités.
C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, je m'engage avec lui, avec fierté, en tant que suppléante. Je serai présente sur le terrain avec vous pour vous écouter et appuyer vos actions et l'aider à porter vos voix de non-combat à l'Assemblée. Voilà, je vous remercie.
Monsieur le maire vient d'arriver. Est-ce que, Jean-Claude, tu veux venir dire un mot ? Oui, viens dire un mot, alors. Voilà. Merci. Merci d'abord. Je remercie à nouveau Jean-Claude Renaud pour son soutien. Monsieur le député, c'est avec plaisir et reconnaissance que je t'accueille ce soir dans le cadre de ta campagne électorale pour briguer un second mandat dans cette première circonscription de la Somme. Plaisir parce qu'adversaire, il y a 5 ans, nous avons appris à nous connaître un peu, chacun dans un rôle différent, mais pourtant complémentaire, dans des cadres institutionnels différents.
Je pense qu'une forme de respect mutuel s'est installée pour les fonctions que nous exerçons qui a pris le pas sur nos divergences. Parce que nous faisons passer l'amélioration des conditions de vie de nos concitoyens avant toute autre considération, nous n'existons pas pour nous-mêmes, mais pour ce que nous pouvons apporter au collectif, au vivre ensemble, le reste n'est que chimère. Reconnaissance pour l'engagement sans faille qui fait le tien auprès des plus fragiles durant ces 5 années. Pourquoi donc soutenir François dans son projet de réélection ? François Ruffin est le seul député de gauche de la Somme. Un seul sur cinq. En soi, c'est une seule raison déjà.
C'est peu et quel poids sur ses épaules. Et quand on est de gauche, on soutient le candidat de gauche. Et puis, a-t-il démérité durant ces 5 années ? A-t-il renié ses engagements de campagne ? S'est-il détourné des ouvriers, des employés, des précaires, des sans-emploi, des plus faibles ? Non. Trois fois non. Et c'est bien ce que lui reprochent ses adversaires. Il ne s'est pas contenté d'être le porte-parole de son voix. Il leur a permis de percer ce mur du silence, de la précarité, des métiers sous-payés, de la pénibilité des métiers, du lien tellement essentiel. Pour le quotidien de millions de Français. J'ai eu l'occasion de te le dire.
J'ai été très ému par le film, que j'ai regardé dans cette salle d'ailleurs, que tu as fait sur ce combat pour la reconnaissance des métiers du lien,
comme on les appelle.
Ce film poignant, dans ce film poignant, tellement humain, beaucoup de scènes extraordinaires, une scène titulier m'a marqué. Celle où tu te retrouves seul, comme KO, sur un banc, après l'échec du vote de ta proposition de loi, évité de son contenu par la Commission. Un moment non fin, d'épuisement, de déception, d'incompréhension, de temps d'injustice, de mépris affiché envers ces femmes, dont certaines se sont investies durant des semaines à tes côtés. A l'heure du quoi qu'il en coûte, elles étaient encore invisibilisées. J'ai vu un homme sincère, touché.
Alors, monsieur le député, François, s'il ne fallait retenir qu'une seule raison de te réélire, c'est bien celle de la sincérité de ton engagement, auprès de toutes ces femmes et ces hommes broyés par ce système, de tous les habitants de ce département qui ont besoin de cette fonction tribunicienne dans laquelle tu excellent, il faut bien en convenir. Et même, si tu auras encore des positions ou attitudes qui pourront encore m'agacer, je te fais confiance, l'intérêt supérieur de ton action envers les plus faibles prend le dessus sur tout le reste. Et pour cela, tu as mon respect. Et puis, les combats à venir portent sur des choix de société essentiels pour notre pays.
En particulier, celui de la défense de notre système de protection sociale, dont on a vu combien il est protecteur lorsque l'on traverse des crises comme on a pu en vivre avec la Covid. Le projet funeste de retraite à 65 ans, voire plus, doit être combattu avec acharnement et il n'y aura pas trop de députés de gauche pour le mener. D'ailleurs, un mot sur ce sujet concernant tes adversaires.
Les trois candidats de droite, deux macronistes et un LR UDI, portent tous, dans le programme de leur formation politique, la case du système de retraite par répartition et plus largement de notre système de santé, avec pour but inavoué de le livrer au monde des assureurs qui bave d'envie depuis des années de mettre la main sur le pactole. Alors que ces trois candidats devraient le défendre. C'est un peu leur poule aux oeufs d'or.
Ils en vivent tous les trois. Un cadre de direction de la CPRM, un médecin, quand on a appris qu'il était français de souche,
et un ambulancier. Tous rémunérés par la sécurité sociale. C'est formidable. Ça s'appelle s'il y ait la branche sur laquelle on est assis. On devra leur dire. Bien. Sur ces quelques mots polémiques, je n'ai pas pu me retenir. Je te souhaite, François, une campagne électorale intense et victorieuse et bon courage. Je reçois avec beaucoup de tendresse le mot de Jean-Claude parce qu'il ne va pas de soi quand on a été adversaire il y a cinq ans et qu'on ait réussi à passer par-dessus de la rancune, des choses comme ça, et qu'on ait construit une relation. Voilà. Grand merci et je suis touché.
Ce que je dis toujours c'est que quand tu as dit sincérité je dis toujours aux gens souvent je raconte des conneries mais le pire c'est que j'y crois. Donc on va avoir maintenant un moment joyeux avec Valentin qui va venir nous... Enfin je ne sais pas peut-être qu'il a choisi ses chansons les plus tristes pour venir nous jouer quelques morceaux. Voilà. Viens Valentin. Merci à toi et grand merci à Valentin de venir ici. Super. Ça marche bien. Bonsoir Camon ! Moi aussi je suis ravi d'être là avec vous. c'est la première fois que je viens chanter pour une université d'été du Medef donc je suis très content.
Non sans déconner je suis vraiment très content que François m'ait invité à chanter quelques chansons en préambule de cette soirée et surtout je suis content parce que c'est la première fois de ma vie que je vais chanter à Camon et ça dans une carrière c'est un tournant. Jean est-ce que tu peux me mettre un peu de retour s'il te plaît ? Merci beaucoup.
J'ai retrouvé l'envie d'écrire
des bouts de poèmes et de chansons de blanchir mes nuits à noircir les marges de mes feuilles de brouillon j'ai retrouvé l'envie d'écrire elle était cachée tout au fond des pensées qui aimaient me dire tu n'auras plus d'inspiration Maintenant que j'ai rouvert mon cahier que j'ai affûté mon crayon et pouvoir raconter une autre question Wapala, yapala Wapapapala Wapala, yapala Wapapapala J'ai retrouvé l'envie d'aller courir le monde les horizons de sentir entre deux foulées le vent claquait sous mes talons planquée entre mon canapé l'écran de ma télévision elle se faisait presque oublier comme un vieux jouet dans un carton donc je suis prêt à voyager que j'ai bouclé mon baluchon je vais bien pouvoir aller peut-être à Camon Wapapala C'est la première fois que je joue dans une ville qui me permet de faire cette rime donc je permettais que honteusement j'en profite j'ai retrouvé l'envie d'aimer indescriptible sensation trouvé l'envie de retrouver l'impatience d'une passion j'ai retrouvé l'envie d'aimer elle était cachée tout au fond de mon coeur aux portes blindés laissiant les barreaux de sa prison maintenant que j'suis prêt à retomber pêche de cupidon faudrait quelqu'un pour se dévouer Wapapapala
Wapapapala Yalapala Yalapala
yalapala retrouver l'envie de chanter simplement sans faire de façon devant un public endiablé je la refais devant un public endiablé j'ai envie de chanter pas de quoi tirer au canon mais c'est quand même pratique à vouer maintenant que j'suis sur scène ce serait con que la soirée ait commencé vous entendez bien ? ouais ?
super ça me fait bizarre en fait d'être haut comme ça vous en bas mais bon ça va être bien bah merci pour votre accueil alors jusqu'à y'a maintenant je savais pas trop ce que je vais chanter la maitrise de la concordance des temps vous avez vu mais je me suis dit qu'en fait j'allais profiter d'être ici pour chanter des chansons que j'aime et que peut-être que vous aimerez aussi et que vous connaîtrez peut-être sans doute que si vous voulez les chanter avec moi bah vous êtes les bienvenus voilà puisque vous vous êtes chauffé la voix à grand renfort de Atik Atik Atik ils sont chauds dis donc faut pas les lancer quoi en fait donc j'ai fait une petite sélection de chansons que j'aime bien celle qui arrive c'est une chanson d'une grande dame de la chanson qui est partie il y a quelque temps il y a pas si longtemps qui s'appelle Anne Sylvestre que j'ai eu la grande chance de connaître un petit peu et voilà je pense que vous la connaissez si vous voulez la chanter bah voilà les bienvenus tu peux décrocher j'aime les gens qui doutent les gens qui trop écoutent leur coeur se balancer j'aime les gens qui disent et qui se contredisent et sans se dénoncer j'aime les gens qui tremblent que parfois ils ne semblent capables de juger j'aime les gens qui passent un pied dans leur godace et un autre à côté j'aime leurs petites chansons même s'ils passent pour des cons j'aime ceux qui paniquent ceux qui sont pas logiques enfin pas comme il faut ceux qui avec leur chaîne pour pas que ça nous gêne font des bruits de grelots ceux qui n'auront pas honte de n'être au bout du compte que des ratés du coeur pour n'avoir pas su dire délivrer nous du pire et garder le meilleur j'aime leurs petites chansons même s'ils passent pour des cons j'aime les gens qui n'osent s'approprier les choses encore moins les gens ceux qui veulent bien n'être qu'une simple fenêtre les yeux des enfants ceux qui sans oriflame et daltoniens de l'âme ignorent les couleurs ceux qui sont assez poires pour que jamais l'histoire leur rende les honneurs j'aime leurs petites chansons même s'ils passent pour des cons j'aime les gens qui doutent et voudraient qu'on leur foute la paix de temps en temps et qu'on ne les malmène jamais quand ils promènent leurs automnes au printemps qu'on leur dise que l'âme fait de plus belles flammes que tous ces tristes culs et qu'on les remercie qu'on leur dise on leur crie merci d'avoir vécu merci pour la tendresse et tant pis pour vos fers qui ont fait ce qu'elles ont les habitantes de camion comment est-ce qu'on appelle les habitants de camion les camionneurs ça me va bien et bien chère camionneuse chère camionneur j'ai une question un peu intime à vous poser est-ce que parmi vous il y a des gens qui parlent occitan personne ?
ça m'arrange parce que figurez-vous que moi non plus je ne parle pas occitan or dans la chanson qui arrive il y a un couplet en occitan et si vous l'aviez parlé vous vous serez rendu compte que je chante n'importe quoi donc je vais vous la chanter en toute méconnaissance de cause c'est une chanson d'un monsieur qui s'appelle André Mainvielle qui a mis des paroles sur un vieil air de vals-musette jazz des années 30 et il se trouve que cet air de vals-musette mon grand-père l'a joué à l'accordéon quand j'étais petit donc quand j'ai découvert que quelqu'un avait mis des paroles dessus je me suis dit quelle bonne idée je vais la mettre dans mon spectacle ça me permettra de rendre un double hommage à André Mainvielle d'une part et à mon grand-père d'autre part voilà j'ai tout dit j'y vais Ainsi va la vie d'ici la vie est là d'ici-bas elle débat et batterie les premiers pas dansés au banc des écoliers balancés dans l'air sans avoir d'air saoulés dans le temps au fond de nuit d'abus du souffle et qui s'étire et rit c'est bon c'est le ton du blues et si c'était ça la vie et si on nous l'avait pas l'épique époque aussi va de l'avant l'aventure est là allez dis le nous dont dit dans les mots doux au dis désir ici efficace et t'as pas passé sur ton accordéon tu touches à toucher couler face il a gila du bout des doigts d'oscillo songe ainsi tu médites des fois t'effaces au firmament une note cassée cassée qu'on n'en est plus jamais dans là c'est la musique infinie mélodie qui vit et file la maçon pas délicace c'est la balade en l'horizon sur ton accordéon tu touches à toucher couler face il a gila du bout des doigts d'oscillo songe ainsi tu médites des fois t'effaces au firmament une note cassée cassée qu'on n'en est plus jamais C'est qu'on n'en est plus jamais dans là, c'est la musique finie, mélodie qui vit, et puis le lama sont pas dédicaces, c'est la balade dans l'horizon.
Mais si va qu'à mon la vie, la vie ça va tu l'as dit, au bal aussi c'est là que t'as tout vu passer le passé des paysais. Vas-y les vasifs, vas-y l'enfant tout petit déjà, jadis on a dit que masto et staco t'en sortira pas comme un croas. Si c'était dommage, pas si c'est un hommage, aux hommes assis devant, vus de l'avant, l'aventure est là. Allez, dis le noudon, dis, dans les mots doux, dis désir ici, efficace, c'est à pas passer. Et à n'kama ou n'mopec, qu'une désire ambichousse, assurément libre.
Tout ton accordéon, tu touches à toucher, coule et facile, agis là du bout des doigts, docile au songe, assis tu médites des fois, t'effaces au pire, maman, une note cassée, cassée, qu'on n'en est plus jamais dans là, c'est la musique infinie, mélodie qui vit, et puis le lama sont pas dédicaces, c'est la balade dans l'horizon. Voici tu n'es pas d'avis, à ton avis ça se vit, vitale hésitation qui va faire éclater le banc des ateliers, balancé dans l'air, sans avoir d'air, saoulé dans le temps. Au folle nuit d'abus du soufflet qui s'étirer, c'est bon, c'est le ton du blueset, si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit, l'épique époque aussi va de l'avant.
L'aventure est là, allez-t-il nous don dit, dans les mots doux, dis désir ici, efficace, c'est à pas passer. Allez-t-il nous don dit, dans les mots doux, dis désir ici, efficace, c'est à pas passer. Si t'as pas froid, t'iras droit. Je peux avoir un petit peu plus de voix, Jean, s'il te plaît ? Je me suis dit, quand je choisissais mes chansons ce matin, que j'étais content de venir jouer en Picardie, parce que je risque de vous décevoir, je ne suis pas Picard, mais soyez compatissant, je suis normand.
En voisin, et alors, je reviens chanter quand même régulièrement en Picardie, la dernière fois j'étais à Saint-Quentin, j'étais en première partie des Tetraides, et je m'étais amusé à chanter la chanson que voici, qui est une chanson qui n'est pas de moi, qui est d'un groupe que vous connaissez peut-être, qui s'appelle les Fatales Picards. Voilà, vous connaissez certainement la chanson que je vais chanter, n'hésitez pas à la chanter avec moi si vous le voulez, bien sûr. Encore un petit peu, ouais, s'il te plaît, ouais, merci. Ouais, je sais pas, ça monte pas. Ah, ah, oui, ça monte pas. Là, ça monte.
Non, j'allais faire une blague, ça monte pas, c'était comme les intentions de vote d'Anne Hidalgo. Pardon. On y va. Pauvre Anny Hidalgo, non, je tire pas sur l'ambulance. On ne choisit pas son enfance, on m'a pas laissé être droitier. Mon père m'emmenait jamais au square, mais aux réunions de comité, mon père était tellement de gauche, qu'on habitait rue Jean Jaurès, en face du square Maurice Thores, avant d'aller vivre à Montrouge. La la la, la la la, la la la, la la la, la la la. Et les chapkas étaient gauches, que quand est tombé le mur de Tichet Castot, Tilly cause, on s'en servait pour désherber, on regardait mon mariage dans l'église.
Les femmes portaient des fossiles, mon père, plein d'accidents, il refouche, Quand 80, il croyait que ça changerait, je sais pas qu'elle n'y croyait,
Que lorsqu'il est parti,
La gauche est partie avec lui. Le problème de ce soir, c'est les retraites, donc une soirée joyeuse en perspective. Et je vais chanter, est-ce que vous savez ce que c'est qu'une goguette ? Une goguette c'est une parodie de chansons connues dont on change les paroles pour parler de l'actualité ou d'un peu ce qu'on veut, ce qu'on a sur le cœur. Il se trouve que j'en avais écrit une en 2019 pendant les dernières manifs contre la réforme des retraites qui risque de reprendre finalement d'ici quelques temps, enfin on n'espère pas mais voilà. Donc je vous la chante si vous êtes d'accord.
Et ça nous permet en même temps de souhaiter un joyeux anniversaire à Renault qui a fêté ses 70 ans il y a quelques jours. Il faut que je m'en souvienne. Je crois que je ne l'ai jamais chanté en public. Elle a mis sur le, devant du frigo, une photo de bœufs en snow, avec sa veste la poste. Elle trouve qu'il est beau au-dessus du compost. Bravo ! Déjà les posters dédicacés de ruffins, je trouvais ça austère. Je dis rien, elle fait rien à moitié, alors c'est marche ou crève depuis qu'elle est en grève. Elle se réveille la nuit, veut manger des merguez, rêve de Philippe Martinez. Le soir en hiver, elle taque des slogans à user ses paires de gants.
Je lui dis qu'elle est belle, comme un défilé qui a comme un tir de haine. BD qui est venu se nicher, dans mon cœur qui se soulève, depuis qu'elle est... Elle a un nouveau tatouage, là, en bas du dos, non, non, non, à l'âge. Pivot ! Moi quand j'écris à nard, je mets un haine en trop, ça fâcherait Bernard. Pivot ! J'écris au Posca, sur son gilet jaune, liberté pour Carlos Ghosn. Je m'amuse à jouer, les mauvais élèves, depuis qu'elle est en grève. Elle aime que la CGT, les autres c'est des pions, traite Laurent Berger. De moutons ! Le soir, on regarde pas une seule série, mais des discours de cras. C'est pas du qui, pendant nos ébats, elle cite du poutou, moi ça m'excite pas.
J'avoue, je crois que je suis plus le premier au panthéon de ses rêves, depuis qu'elle est... en grève. La la la la, la la la la... Elle est chauffeur, elle conduit des métros, elle met les gens à l'heure. Depuis qu'il n'y a plus de rame, il reste à la maison, je vois pas pourquoi il râle. C'est con, moi, depuis un mois, j'ai le cœur en fête, vu qu'elle reste près de moi, sous la couette. Je milite pour qu'il n'y ait jamais de traits, et qu'on reste toujours en grève. Ça me fait plaisir aussi de partager la soirée avec Barbara, puisque j'ai beaucoup apprécié, je sais pas si vous l'avez lu, son livre, La démocratie en pandémie.
Il se trouve que pendant la période pandémique, j'étais aussi pas mal actif dans mon domaine d'activité. Et j'ai écrit une goguette qui a fêté ses deux ans récemment, qui date du premier confinement. Vous vous rappelez le premier confinement ? C'était le meilleur, hein ? Non, il faut dire ce qu'il y a, vous pouvez pas bouger de chez soi, que Macron parlait tous les trois jours, c'était... Hein ? Ça vous manque pas trop, vous, ça ? Si on s'y met tous ensemble, ça peut revenir, hein ? Allez, les gestes ventouses, pensez-y. T'as voulu voir le salon, et on a vu le salon. T'as voulu voir la chambre, et on a vu la chambre. T'as voulu voir le placard, et on a vu le placard.
T'as voulu voir la fenêtre, et on a vu la fenêtre. T'as voulu voir les chiottes, et on a vu les chiottes. J'ai voulu voir le balcon, on avait pas de balcon. Ah, c'est con. J'ai voulu voir Arte, j'ai vu Christophe Barbier. J'ai voulu voir Romère, j'ai vu Bruno Le Maire. Raoult, je sais plus trop, j'avoue, est-ce qu'Olivier Véran vaut mieux qu'à... Mais je peux t'en faire un, avec du sopalin. Par la marée chaussée, pour avoir du budget. Maintenant c'est des héros, moi je leur tiens mon chapeau aussi, avec tout ça, il te vient. Je vais vous chanter une dernière chanson, avant de rendre le micro. Une chanson que vous connaissez, quasiment sûre. Comme j'ai vu, le dernier film de François Ruffin.
Je sais pas si vous savez qui c'est, c'est un mec qui fait des films, mais en même temps il est député, en même temps il a un journal. Vous voyez François Ruffin ? Bon, ils savent pas, bon c'est pas grave. C'est bien parti, ils ont trouvé François là. Et cette chanson est assez, voilà, symbolique et représentative. Et puis il se trouve que pendant le premier confinement aussi, je me suis amusé à faire une version de cette chanson avec plusieurs dizaines de copains et de copines, chanteurs et chanteuses à travers la France. Et on a réuni ça dans une grande vidéo qu'on a appelée une symphonie confinée. Et la vidéo a rencontré un certain succès, qui nous a un peu tous dépassés.
Et depuis, cette chanson est aussi assez importante pour moi.
On peut vivre sans richesse, presque sans le sou.
Des seigneurs et des princesses, il n'y en a plus beaucoup. Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas. Non, on ne le pourrait pas. On peut vivre sans la gloire qui ne prouve rien. Être inconnu dans l'histoire, et s'en trouver bien. Mais vivre sans tendresse, il n'en est pas question. Non, il n'en est pas question. Quelle douce faiblesse, quel joli sentiment. Ce besoin de tendresse, qui nous vient en naissant. Vraiment, vraiment, vraiment. Le travail est nécessaire, mais s'il faut rester. Des semaines sans rien faire, eh bien, l'on s'y fait. Mais vivre sans tendresse, le temps vous paraît long. Long, long, le temps vous paraît long. Dans le feu de la jeunesse, naissent les plaisirs.
Et l'amour fait des prouesses pour nous éblouir. Oui, mais sans la tendresse, l'amour ne serait rien. Non, l'amour ne serait rien. Quand la vie impitoyable vous tombe dessus. On n'est plus qu'un pauvre diable, broyé et déçu. Alors sans la tendresse, d'un cœur qui vous soutient. Non, non, on n'irait pas plus loin. Un enfant vous embrasse, parce qu'on le rend heureux. Tous nos chagrins s'effacent, on a les larmes aux yeux. Mon Dieu, dans votre immense sagesse, immense ferveur. Faites donc pleuvoir sans cesse au fond de nos cœurs. Des torrents de tendresse, pour que règne l'amour. Règne jusqu'à la fin des jours. Règne jusqu'à la fin des jours.
Un grand merci à Valentin.
D'abord, la générosité, vous savez, quand des gens ont déjà de la générosité, mais en plus, moi je suis convaincu que la politique, elle ne se passe pas seulement par des discours, elle se passe aussi par des chansons, par des films, par de l'art, par la manière de mettre de la joie dans la vie des gens. Je veux dire, je sors de deux rencontres de vie dure, et je vais vous en raconter d'autres encore, mais y compris dans les vies dures, les gens, ils trouvent le moyen de mettre de la joie au milieu, de mettre de l'art, et ainsi de suite.
Et voilà, grand merci, moi j'ai dit que la politique, ça peut être un plat de résistance assez austère, et heureusement, il y a la musique qui vient mettre comme de la sauce par-dessus. En tout cas, grand merci à Valentin d'apporter ton art dans la vie, quoi. Merci à toi. Merci pour ta tendresse. On accueille Barbara. Barbara, on va lancer la partie plus pédago-militante sur la question des retraites, à savoir, et si c'était ça la vie, puisque c'était l'une des chansons, c'est le volet positif, et je pense que c'est aussi le sens de notre lutte.
Au fond, il y a deux projets, c'est projet contre projet, il y a deux projets qui s'affrontent, et qui, à travers la retraite à 65 ans ou la retraite à 60 ans, ne sont que les points d'entrée sur deux projets plus vastes. Barbara.
Et merci beaucoup de m'avoir invité à venir ici pour parler de ce sujet, effectivement, douloureux, difficile. À vrai dire, j'entrerai dans ce sujet des retraites par un angle extrêmement étroit, parce que je connais le mieux dans ce dossier des retraites, à savoir la nature et le fonctionnement du nouveau libéralisme autoritaire qui nous gouverne depuis quelques décennies, et avec une violence particulièrement intense depuis cinq ans. En fait, ce que j'aimerais vous expliquer, c'est que le nouveau libéralisme autoritaire, qui n'est pas si nouveau, parce que moi, j'ai étudié depuis pas mal d'années, et on va en chercher des...
Si on commence à faire l'histoire de ce nouveau libéralisme autoritaire, il naît entre les deux guerres. 14, 18, 39, 45, il naît dans les années 30, en fait. Donc il n'est pas si nouveau que ça. Mais on va l'appeler comme ça. Ce nouveau libéralisme autoritaire, il a développé, il développe toujours, un discours sur le travail, un discours sur la santé, et un discours sur la vie. Et j'aimerais vraiment qu'on comprenne ça. En fait, le nouveau libéralisme autoritaire ne se contente pas de faire de l'économie, ou de la pseudo-économie. Il nous parle de la vie, du sens de la vie, il nous parle de la santé.
Et c'est comme ça qu'il arrive à entrer dans les esprits, à s'installer dans les esprits de certaines personnes très bien intentionnées. Donc il faut faire ce travail. Alors le nouveau libéralisme autoritaire, il est nouveau parce que, par rapport au libéralisme classique, il ne fait pas exactement les mêmes opérations. Le libéralisme classique, c'est en gros le laisser faire. C'est laissons faire le marché. Laissons faire les patrons et les ouvriers. On verra bien ce qu'il en ressort. En gros, le libéralisme classique sait très bien que ce qu'il en ressort, c'est que le patronat aura la force de son côté. Mais laissons faire, n'intervenons pas trop.
En fait, c'est plus compliqué parce qu'il y a toute une histoire du libéralisme classique qui met en place des législations, etc. Mais disons que ce qui est globalement affiché, c'est un laisser faire. Le nouveau libéralisme autoritaire ne fonctionne pas du tout de cette manière. Il veut tout réglementer, il veut tout cadrer, il a des idées sur tout. Et en fait, il s'invite absolument continuellement dans les rapports sociaux et dans nos vies. pour nous dire ce qu'on doit faire. C'est un discours qui porte sur toutes les dimensions de nos vies, quasiment, et qui est à prétention scientifique, qui sans cesse se réfère à la science, ce que nous disent les experts, ce que nous dit la science.
Les vieux libéraux ne nous embêtaient pas autant. Ça restait juste dans le domaine du marché, de l'économie, mais ils n'étaient pas aussi invasifs. Donc un discours sur la vie et sur la santé qui réglemente tout par de nouvelles normes. Un gouvernement par la vérité. Un discours qui dit qu'il faut s'adapter au sens de l'histoire. Et qui dit que le sens de l'histoire, c'est la mondialisation, qu'il n'y a pas d'autre sens possible. Et que cette mondialisation, c'est la division mondialisée du travail. Il n'y a pas d'autre mondialisation possible. Et que cette division mondialisée du travail, c'est la compétition mondialisée.
Et la compétition mondialisée, c'est tout un ensemble de catastrophes écologiques et sanitaires auxquelles il va falloir s'adapter. Voilà ce qu'il nous dit, ce nouveau libéralisme autoritaire qui va très naturellement installer un état d'urgence permanent. Avec un régime de catastrophes constant. C'est parce qu'il y a ce discours englobant, tout à fait aussi englobant que le discours des soviets, qu'il arrive à s'inscrire dans les esprits, à entrer dans l'intimité de nos consciences et à s'installer en nous. C'est un discours sur la santé, c'est un discours sur le bien commun, c'est un discours sur le sens de la vie, sur où va l'histoire.
Et c'est ce que nous avons vu pendant deux ans, avec la gestion du Covid par Macron-McKinsey. J'ai décidé de créer, comme d'autres personnes sur Twitter, ce syntagme. Macron-McKinsey, pour moi c'est une instance, une personnification, je ne parle plus de Macron, maintenant je n'ai de McKinsey, je parle de Macron-McKinsey, puisque c'est vraiment de ça dont il s'agit. Donc nous avons été gouvernés par Macron-McKinsey, et vous avez pu voir que Macron-McKinsey, c'est pas le libéralisme classique. C'est pas laissons faire la société, laissons les gens se débrouiller, laissons les processus sociaux, y compris les injustices, se déployer. C'est pas ça.
C'est le retour d'un État extrêmement autoritaire, et qui se drape dans les habits de l'État social. État social, alors on m'a même parlé d'État-providence, je me souviens d'Ali Badou sur France Inter, qui m'objecte. Enfin tout de même, vous êtes très critique, mais on a quand même, on assiste au retour de l'État-providence, me dit-il. Donc vous voyez, j'ai rien contre Ali Badou, je ne vais pas considérer qu'il est naïf ou manipulateur, mais vous voyez où on en est. C'est-à-dire, on a présenté cette politique extrêmement autoritaire comme le retour de l'État-providence. Donc on voit bien que les repères habituels sur les libéraux sont perturbés.
Un nouveau libéralisme autoritaire qui a complètement gangréné ce qu'on appelle la social-démocratie. La gauche, entre guillemets, médiatique, qui a complètement marché, et qui marche toujours avec cette République en marche, qui est complètement tombée dans le panneau. Peut-être qu'ils font semblant, peut-être qu'ils y croient, peu importe, je ne vais pas entrer dans des considérations psychologiques.
En tout cas, on a une prétention au savoir, dans ce nouveau libéralisme autoritaire, qui évince les véritables personnes qui savent quelque chose sur le sujet, à savoir les patients, les médecins, les gens qui travaillent en santé publique depuis des années, qui ont été tout simplement mis sur le côté. Et à la place, Macron-McKinsey, lui, savait la vérité et vous expliquait ce qu'étaient les choses. Et le savoir, je fais partie des professions de savoir, a été tout simplement caporalisé. Et des gens comme moi ont réussi très difficilement à s'exprimer sur les médias et entre deux censures, entre deux mesures de rétorsion.
Alors, il faut bien comprendre tout ça pour comprendre la première réforme ratée de Macron 1, des retraites. C'est encore et déjà un discours sur la santé, un discours sur la vie. Première réforme ratée des retraites. Un nouveau libéralisme qui prétend dire la vérité, le bien commun, le sens de l'histoire. Rappelez-vous de la première réforme des retraites. Je sais, c'était il y a longtemps. Discours sur la santé. Discours sur une santé qui ne fait que s'améliorer. Nous vivons de plus en plus longtemps et nous sommes en meilleure santé chaque jour, toujours. Nous allons toujours mieux. Nous pouvons travailler toujours plus. Sur aussi l'universalité.
Tout le discours sur le régime universel des retraites. Et sur un discours sur la justice. Donc un discours extrêmement englobant qui parle de la vie, de la santé, de la justice, du travail. Souvenez-vous du discours sur les points, la retraite à points, le mérite, le mérite individuel, contre l'injustice des corporatismes, contre les rentes de ceux qui se sont constitués dans des collectifs. Ils avaient au départ, je le rappelle, le soutien de la CFDT dont il était question tout à l'heure dans une chanson. Ils avaient le soutien des sociodémocrates. Après, ça c'est un petit peu compliqué entre eux. Mais en fait, c'est là qu'on voit qu'on a affaire à un adversaire qui est redoutable.
Parce qu'il est hégémonique, en fait, culturellement, mentalement. Et il est bien au-delà du petit réduit des libéraux, au sens classique du terme. Cette réforme, nous l'avons fait échouer. Nous, qui nous ? La mobilisation sociale dans la rue, dont j'étais et dont vous étiez peut-être. Les gilets jaunes, qui étaient partie prenante de cette mobilisation, ou des phénomènes de convergence de toutes sortes, ont eu lieu et qui ont effrayé le pouvoir. Et puis, bien sûr, le travail parlementaire, dans lequel tu étais absolument investi.
Et, alors, le groupe parlementaire de la France Insoumise, mais aussi les alliés du moment, avec, notamment, la célèbre bataille dont vous vous souvenez des amendements. C'est tout ça qui a permis de faire échouer Macron 1 sur les retraites. Il est très, très important de le rappeler. On les a poussés à la faute. On les a poussés à la faute, puisqu'ils ont mis en place un conseil... Pas un conseil de défense, pardon, un conseil des ministres, pour la situation liée au virus. Et ils ont profité de cela pour un 49.3, qui a profondément choqué le pays. Donc, nous avons gagné cette bataille.
Certes, nous n'avons pas gagné la guerre, mais cette bataille, il faut toujours le rappeler, nous l'avons gagnée. Et je tiens absolument à le rappeler, contre le discours de déploration permanente de nos faux amis, de nos prétendus gauches, qui passent leur temps à se raconter que tout échoue et qu'on n'arrive jamais à rien. Alors, on pourrait me dire, non, c'est pas vrai, c'est pas nous qui avons gagné, c'est le Covid, en fait. C'est le Covid qui a tout bloqué. Donc, dans le discours de déploration, en général, il y a quelqu'un qui lève le doigt et qui dit, non, non, non, mais vous vous racontez que vous avez fait échouer, mais pas du tout, c'était le Covid.
Alors, non, je pense que c'est nous, et je pense qu'un virus, en fait, ne peut pas faire la révolution. Je pense qu'un virus ne peut pas non plus faire un rôle d'opposition. Je pense que, et je milite depuis le début, depuis deux ans, contre ce discours naïf sur le monde d'après, sur l'idée que parce qu'un virus arriverait, tout changerait, que l'État-providence arriverait, que la transition écologique se ferait. Tout ceci, c'est vraiment un conte pour enfants. Ça ne marche absolument pas comme ça. Il n'y a pas un virus qui changerait tout. Ça ne marche pas. Il n'y a pas un problème écologique qui, soudain, résoudrait tout et tout le monde comprendrait.
On l'a sous nos yeux, le dérèglement climatique. Tout le monde le voit. Maintenant, tout le monde le ressent. Dans sa peau, il se passe pour autant pas grand-chose. Donc, vous voyez, ça ne peut pas être un virus qui a bloqué la réforme. En fait, dire cela, c'est faire le déni de la nécessité absolue de la mobilisation sociale et politique. En fait, si la réforme a été bloquée, c'est parce que nous avons une mobilisation sociale et politique, et c'est aussi parce qu'il y a ce phénomène du retour des pandémies que maintenant tout le monde voit sous ses yeux.
Alors, croire qu'on pourrait éviter le conflit politique et la lutte sociale par la seule irruption d'un événement biologique ou d'un événement naturel, c'est vraiment quelque chose qui est, en fait, destructeur pour la lutte politique, tout simplement. Cette mise en scène du retour de l'État-providence, j'en ai parlé, non, c'est pas de ça dont il s'agit. C'est bien plus de cela. Moi, je vous encourage vraiment à lire ce livre. J'ai commencé à le lire. C'est absolument saisissant. Je vous donne son titre. L'auteur, Maxime Combe, et son co-auteur, Olivier Petitjean. Un pognon de dingue, mais pour qui ? Le sous-titre, l'argent magique de la pandémie.
Voilà le soi-disant État-providence, parfaitement bien décrit ici. En réalité, c'est la suite de la même logique, c'est-à-dire déverser des milliards d'argent public vers les plus riches, au nom de notre santé, au nom de notre bien. Voilà ce qui s'est passé pendant deux ans. Toujours la même structure, toujours la même manière de gouverner. vider les caisses de l'État avec les conseils techniques des cabinets privés, eux-mêmes payés à prix d'or. Depuis longtemps, dans le monde de la santé, le consulting gangrène le monde de la santé depuis des décennies. Macron-McKinsey, en fait, existe depuis longtemps. C'est ça que je veux dire.
Par notre argent public, donc pour réformer, c'est-à-dire, réformer, entre guillemets, pour détruire les services publics et demander aux plus pauvres de faire des efforts pour la prospérité du pays. Alors ça peut être soit pour la santé avec le Covid, soit pour la sécurité avec François Hollande qui vous demande de baisser un peu le chauffage pour l'Ukraine, et qui probablement va faire une thalassothérapie entre ces deux préconisations de conseil. Donc voilà, c'est absolument obscène, mais malheureusement, c'est cette obscénité qui a été dissimulée par le spectacle médiatique du retour de l'État-providence. Il en a été question tout à l'heure, d'ailleurs, dans une chanson.
Alors maintenant, venons-en à ce qui nous occupe et ce qui nous intéresse ce soir, Macron 2. Parce que je sais que François, c'est ça qu'il veut maintenant qu'on traite. Macron 2, le retour, la deuxième réforme des retraites, celle qu'il va falloir bloquer. Alors bien sûr, il y a la possibilité d'envoyer, je ne vais pas vous expliquer, des gens à l'Assemblée pour qu'il y ait un autre gouvernement. Mais parlons sur le fond. En gros, la retraite à 65 ans, c'est quoi ? C'est faire payer le quoi qu'il en coûte les deux ans où toutes les vannes ont été ouvertes et se sont déversées sur les plus riches par, finalement, ceux qui sont le plus en difficulté dans notre pays.
C'est la facture Covid, dirions-nous, parce que c'est la seule justification aujourd'hui qui est donnée. Je vais revenir sur les justifications. Non, c'est la facture Macron-McKinsey. Ce n'est pas le Covid qui a fait tout ça. C'est les gestionnaires ineptes, ignares, qui n'ont aucune notion de santé publique, qui ont pris toutes ces décisions aberrantes, à savoir Macron-McKinsey.
Je rappelle que c'est bien le cabinet McKinsey qui, avec d'autres cabinets privés comme BVA Nodjunit, a été en charge de mener la stratégie soi-disant sanitaire, des gens qui n'ont aucune notion de santé publique et qui, par contre, ont profité, c'est le fameux effet d'aubaine, de cette crise pour achever de détruire notre pays. Enfin, on espère qu'il y a des restes et qu'on va reconstruire, mais on est quand même arrivé dans une phase de liquidation extrêmement inquiétante. Je n'ai pas le temps de lister tous les secteurs. De toute façon, vous les connaissez.
Profitez donc du virus, profitez de cette épidémie pour réformer la France, c'est-à-dire détruire la République un peu plus et l'État social en profondeur. Aujourd'hui, finit l'usine à gaz de la retraite à points. Macron 2, bon, ça ne passera pas à la retraite à points, ils ont compris, c'était compliqué, ça angoissait les Français, etc., etc., c'est terminé. Macron 2, c'est qu'il faut travailler plus, en fait, tout simplement. En gros, 3 ans de plus. Un nouveau néolibéralisme, un nouveau libéralisme autoritaire qui avance à visage maintenant tout à fait découvert. C'est beaucoup plus brutal, c'est beaucoup plus clair. Ça n'est plus toute la sophistication du discours plus ou moins CFDT.
Là, c'est vraiment très clair. Vous travaillerez plus pour gagner la même chose. Faire travailler plus pour gagner la même chose ou moins. Dégager au fond un magot, parce que c'est de ça dont il s'agit. Dégager un magot, dégager une manne, dégager un trésor de guerre sur le dos des travailleurs les plus âgés, même s'ils sont usés, même s'ils sont déjà malades, même s'ils sentent leur faim proche, même s'ils se sentent tout près de la tombe, au bord du caveau. C'est ça, cette brutalité-là qui apparaît, comme je le disais à François pour préparer cette prise de parole.
On est passé d'un néolibéralisme très sophistiqué à type CFDT, à, je vais me faire des amis, à un néolibéralisme bien brutal, bien tachérien. Comme ça, ça a le mérite d'être clair. Alors, c'est le sens du slogan de cette soirée que j'ai beaucoup aimé. Auto, boulot, caveau. Je trouve ça très bien. Donc, on connaît la problématique des classes plutôt jeunes et plutôt urbanisées. C'est le surmenage, c'est la fatigue, c'est le fameux métro, boulot, dodo. Tout le monde connaît. Ici, c'est en effet d'autre chose qu'il s'agit. C'est du sens que l'on donne à sa vie. Et quand on réfléchit au sens de sa vie, c'est très important la question de la fin de sa vie. En fait, c'est très important.
Donc, et cette question de la fin de sa vie, elle nous accompagne tout le temps. Comme disent les philosophes, nous sommes pour la mort. Nous sommes des êtres mortels et les Grecs le disaient déjà. Travailler jusqu'à la lit, travailler jusqu'à la mort. Et c'est en effet une autre formule qui est en jeu ici. Auto, boulot, caveau. C'est exactement de ça dont il s'agit. Et c'est cela, en effet, que nous promettent les néolibéraux. Voyez cette magnifique déclaration de Nicolas Bouzou. J'espère que vous connaissez Nicolas Bouzou. Il rôde sur les plateaux télé. C'est un des libéraux les plus déchaînés. Bon, ils sont assez nombreux. Je vous conseille de regarder ces vidéos. Il est assez formidable.
Et alors, la citation est tirée d'un livre qu'il faudrait que je lise, qui s'appelle « Le travail et l'avenir de l'homme » et qui date de 2017. « Rêvons d'un monde où les travailleurs, salariés ou non, ne veulent pas prendre leur retraite. Rêvons d'un monde où l'on travaille jusqu'à la mort, car le travail fait reculer la mort. » Alors, j'adore cette déclaration parce qu'elle est ce nouveau libéralisme autoritaire à visage découvert. Et moi, je lui ai répondu à Nicolas Bouzou quand j'étais dans les cortèges contre cette réforme de Macron 1 des retraites. Je lui ai répondu dans ce livre. Je l'ai cité d'ailleurs. Je cite mes sources.
Dans ce livre qui s'appelle « Du cap aux grèves », j'ai fait un chapitre qui s'appelle « Retraite », au pluriel, où j'ai réfléchi sur la question des retraites. Et j'ai, en réfléchissant sur leur rapport au travail, leur rapport à la vie, leur rapport à la santé et à la fin de la vie, je me suis dit en fait, j'ai écrit un article qui est paru dans différents formats, dans Libération, dans AOC, et qui a donné finalement ce chapitre. Pour le néolibéralisme, la retraite, c'est un archaïsme. C'est quelque chose du passé. Il faut en finir avec ça. Et alors, ça paraît complètement fou comme énoncé. La retraite, un archaïsme. La retraite, le marqueur d'une société archaïque, arriérée.
Eh bien, c'est de ça, maintenant, que je voudrais vous parler. Vous montrer comment ces gens la pensent et comment ils arrivent à imposer cette idée un peu partout. Ce qui est passionnant dans le moment politique que nous vivons, c'est que la crise écologique et sanitaire vient percuter en profondeur ce discours. J'en ai parlé avec l'impact du virus, tout en nuançant la puissance de cet impact. Quand on est dans un contexte comme le nôtre, la question de la retraite, ce n'est plus profit contre profit. Ce n'est plus des patrons qui veulent profiter du surtravail des travailleurs contre des travailleurs qui veulent profiter de la vie. C'est plus ça, le sujet.
Ça n'est plus le cadre un peu libéral, profit contre profit. C'est un discours sur le sens général de la vie, de l'histoire du vivant, de la réalité de la santé. C'est sur ces questions-là qu'on s'affronte désormais. Et c'est donc autre chose. Parce que ce que nous ressentons tous, plus ou moins, et c'est pour moi l'une des raisons pour lesquelles il y avait un si puissant mouvement contre les retraites dans le pays, c'est qu'on ressent tous, plus ou moins, qu'on soit jeune, vieux, urbain, qu'on soit néo-ruraux, qu'on soit dans des territoires relégués, on ressent tous, plus ou moins, un épuisement général de toutes les ressources vitales. C'est ça que les gens ressentent.
Celles des écosystèmes, celles des espèces, celles des organismes, celles aussi de nos propres ressources physiques et mentales. Et je pense que c'est une des choses qui a porté ce mouvement contre les retraites, contre la réforme des retraites, pardon du lapsus. Là encore, il n'est donc pas seulement question d'économie, mais il est bien question de vérité et de discours sur la vie, sur le sens de l'évolution, sur l'avenir du vivant. C'est ça qui rend cette question particulièrement puissante et poignante. Parce que c'est une question poignante. C'est un discours sur la vérité. Vous voyez d'ailleurs la passe d'armes récemment dans les médias entre Elisabeth Borne et Jean-Luc Mélenchon.
Qui est le menteur ? Qui dit la vérité ? Vous voyez ? On est vraiment sur des questions de vérité. Qui ment ? Qui dit la vérité ? Alors moi j'aime bien en tant que philosophe quand on se pose les questions comme ça. C'est pas profit contre profit, c'est pas un rapport de force uniquement. C'est aussi construisons ensemble la vérité, les propositions vraies auxquelles nous croyons. Alors quels sont les trois arguments de Macron 1 et 2 sur les retraites ? Ou ce qu'il en reste ? Parce que les arguments ont été extrêmement affaiblis par la lutte sociale, par la lutte politique et par la situation sanitaire. Un argument sanitaire d'abord. Nous vivons de plus en plus longtemps et en bonne santé.
Notre santé ne cesse d'être améliorée, d'être optimisée. Et d'ailleurs le travail est épanouissant pour notre santé. Plus l'on travaille, mieux on se porte. Et d'ailleurs il fait reculer la mort. Alors évidemment, non seulement c'est faux, mais maintenant tout le monde le voit. Dégradation du tableau sanitaire du pays. Augmentation continue des maladies chroniques. Le vieillissement de la population, c'est aussi les polypathologies chroniques. C'est une immense vulnérabilité à l'irruption de n'importe quel virus, même celui de la grippe. C'est le retour des grandes pandémies à cause de la destruction de nos écosystèmes et de nos manières de vivre et de fonctionner.
C'est la fragilisation du système sanitaire avec le fait qu'aujourd'hui nous sommes, vous le savez, en danger de mort. Parce que nous risquons, comme dans les pays extrêmement pauvres, de ne pas être pris en charge aux urgences. Ou même être pris correctement en charge dans les soins de longue durée. Donc voilà ce que tout le monde maintenant sait, ce que plus personne ne peut taire. Et voilà pourquoi ce discours s'effondre de lui-même. L'autre chose qui s'effondre, c'est le travail comme épanouissement. Le travail comme épanouissement, tout le monde voit bien, c'est l'augmentation de la souffrance au travail. Dans des secteurs qui en étaient préservés.
Des secteurs entiers sont maintenant dévastés par la souffrance au travail. Le travail, les métiers du lien, les métiers du soin, les métiers de l'éducation. À quoi on assiste ? À ce qu'on appelle aux Etats-Unis la grande démission. Tout le monde part, tout le monde part épuisé. Les gens sont prêts à vivre avec très peu d'argent, une partie d'entre eux, pour ne plus être exposés à un travail qui les détruit petit à petit. C'est une des raisons de la crise gravissime que traversent nos systèmes sanitaire et éducatifs aujourd'hui en France.
En fait, on nous raconte un compte pour enfants, un compte pour enfants, pour payer la facture du Covid, ou la facture de la gestion Macron-McKinsey, mais ça ne tient pas. Donc la réforme proposée par les candidats que je soutiens, c'est la réforme réaliste, c'est la réforme pragmatique, c'est la réforme qui prend en compte la réalité de la vie, la réalité du travail, la réalité de notre économie. C'est la réforme qui essaie d'être au plus près de la vérité. Personne ne saisit jamais la vérité, mais la moindre des choses, c'est quand même d'essayer de s'en approcher. Le deuxième argument, c'est un argument de justice.
Nous devrions faire des efforts pour préserver le système de santé pour les plus jeunes. Ce serait si injuste de profiter des retraites et d'en priver nos plus jeunes et nos enfants. C'est une question de justice. Évidemment, ce discours est absolument fallacieux, tout le monde le voit. Cette mesure d'allongement perpétuel de l'âge de la retraite, parce que là, c'était 62, 65, 68, 75, on comprend la logique. C'est évidemment une remise en cause de la retraite. La plupart des jeunes sont tellement inquiets qu'ils n'y croient même plus qu'ils vont avoir un jour une retraite, parce qu'ils savent que c'est ça qui a été inscrit à l'agenda.
Et puis, il y a une inquiétude sur l'espérance de vie en bonne santé des jeunes. C'est quelque chose qui déchire le monde de l'expertise en santé publique. Beaucoup d'experts en santé publique pensent que les courbes positives sur lesquelles s'appuient les néolibéraux pour dire « nous devons travailler toujours plus », sont en train de s'inverser à cause de l'explosion des maladies chroniques, du fait de la destruction de nos environnements par les modes de vie industrielles. Et donc, à cause de la nourriture, à cause du stress, à cause des polluants chimiques, etc., etc., on a de très sérieuses inquiétudes sur l'avenir de l'espérance de vie en bonne santé pour les nouvelles générations.
Il y a d'autre part, bien entendu, une des injustices les plus obscènes, c'est celle qui touche les plus pauvres. Puisque, comme il y a un écart d'une dizaine d'années entre ceux qui sont plutôt privilégiés et ceux qui sont plutôt défavorisés, jusqu'à 10 ans d'écart d'espérance de vie en bonne santé, qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie, et c'est déjà le cas, que les plus pauvres, ceux qui vont partir le plus tôt, ceux qui vont mourir le plus tôt, ceux qui vont être malades le plus tôt, financent par leur cotisation la retraite beaucoup plus longue et beaucoup plus agréable des plus riches, pour le dire de manière très violente. C'est ça qui se passe.
Et là, l'idée, c'est d'accroître encore cette injustice. Alors, dernier argument, dernier argument, l'argument évolutionniste. Nous sommes en compétition avec le monde entier. Nous devons donc être compétitifs. C'est le sens de l'histoire. La compétition mondialisée, j'en ai parlé tout à l'heure.
Ceci est un tissu, en fait, de mensonges, dans la mesure où ce qui est appelé ici compétitivité, c'est l'augmentation de la souffrance au travail, c'est ce qui crée la grande démission, c'est le chômage des plus âgés, c'est la destruction de tout le tissu social de l'entraide, notamment entre générations, de tous ces processus de solidarité qui se tissent dans un ensemble social qui fonctionne, et qui est indispensable pour que tienne une société. Les rapports économiques de compétition, certes, ils existent. La compétition sur le marché entre Mme X et M. G qui vendent des carottes sur le marché, ça existe, et ça existera peut-être toujours. Je n'ai pas d'idée sur la question.
Je ne suis pas nécessairement pour l'interdiction du marché. Je n'ai pas d'idée. Les rapports économiques de compétition marchande, ils existent, mais c'est une manière de vivre parmi d'autres qui, à supposer qu'elle soit légale et profitable, doit rester à sa place et non pas se faire passer pour la totalité de la réalité sociale. Or, quand on dit ça, il faut être compétitif, il faut donc faire travailler les gens le plus tard possible, eh bien on nie en fait la manière dont est structurée une société et on fait d'un rapport, le rapport marchand, finalement le tout de la réalité sociale.
La réalité, c'est que si nous tenons, et si nous avons tenu et si nous tenons encore, c'est par la solidarité et par l'entraide, c'est par d'autres façons de travailler que sur un registre marchand et d'agir socialement que celle du travail marchand ou marchandiser, nous tenons par d'autres processus sociaux que la compétition économique qui, justement, menace de plus en plus clairement notre société de délitement. Avec, précisément, donc un autre discours sur la vie, sur l'évolution et sur la réalité sociale. Il faut, à ce pseudo-discours de vérité, opposer un autre discours, tout aussi englobant.
Le nouveau libéralisme autoritaire est un récit donc fallacieux sur le sens de l'histoire, jusqu'à la caricature avec le Covid. Parce que, revenons quand même en arrière. Macron 1 sur les retraites. En gros, le discours c'est, nous sommes en pleine forme, nous sommes tous en pleine santé, nous allons vivre très longtemps, il faut donc un régime individualisé à points pour que le meilleur gagne, et qui rémunère les plus méritants dans la manière de capitaliser des points pour la retraite, et qui, au passage, engresse les fonds de pension, rappelez-vous, la croque. Donc, ça c'est le premier, le premier moment.
Deuxième moment, deux jours après, deux jours après, le même discours, deux jours après, Macron 1, Covid, nous sommes tous vulnérables, nous sommes en danger de mort, nous sommes, nous devons prendre soin les uns des autres. Il n'est plus du tout question de la réforme des retraites. Enfermons tout le pays, restons chez nous pour protéger nos aînés, qui sont si vulnérables, quelques heures après, quelques heures après. Enfermons-les aussi dans les EHPAD, et éventuellement dans le système Corian, dans le système Orpea, que par ailleurs, je connais très bien, puisque j'ai reçu des rapports, un rapport notamment de la députée France Insoumise, mais je n'ai pas le temps de m'en occuper. Voilà.
Ça, c'était le discours. Bon, ça, c'est la face plus sombre du discours. Le livre que vous connaissez, j'imagine, les faux soyeurs, sur le système Orpea, et cet enfermement des gens dans les EHPAD au nom de leur santé, qui les a tués en masse. C'est une hécatombe qui s'est produite par le confinement et par le syndrome de glissement. Il faudra du temps, mais ça finira par sortir des cartons de l'histoire. Et c'est un des pires scandales avec ce qu'on a fait aux étudiants et aux enfants, et aux personnes vulnérables en général, handicapées, etc. C'est un des pires scandales de cette gestion soi-disant sanitaire, de la crise sanitaire. Donc ça, c'est le deuxième moment.
Et là, nous arrivons à Macron 2, retraite, le retour. Mais nous sommes en pleine forme et en pleine santé. Donc nous allons, à nouveau, travailler beaucoup plus tard. Mais c'est merveilleux, puisque nous allons très bien. Enfin, comment est-il possible d'accumuler autant de contradictions, de manipuler de cette manière les gens ? Mais comment est-ce permis ? Faisons donc comme si nous avions un magnifique système sanitaire et hospitalier qui s'occupe si bien de nous et qui est le meilleur du monde, ou presque, et que nous allions tous vers la lumière. Et donc, travaillons tous plus longtemps. C'est l'épanouissement. Ça fera reculer la mort.
Vous voyez comment les trois discours s'enchaînent dans la même journée, avec cette indécence, cette obscénité. Et c'est aussi, bien sûr, le retour de BlackRock. Qui est là, tapis dans l'ombre. Parce qu'avec ce qui nous est promis là, ceux qui auront les moyens, ils partiront sur un autre système. La capitalisation. Et les fonds de pension. Donc face à cette suite de mensonges et d'incohérences, reste le seul véritable argument. L'argument comptable. C'est celui de Bruno Le Maire depuis le début. Et il n'a pas cessé de prévenir. Et c'est celui qui a été repris par le patron du MEDEF, dont il était question dans la chanson. Je crois. Vous êtes peut-être en répétition tout à l'heure.
Geoffroy Roux-de-Bézieux. La vraie raison du retour, c'est nous avons vidé les caisses pour votre santé. Nous avons dû vous enfermer et arroser les plus riches d'entre vous parce que nous avions essoré l'hôpital qui ne pouvait pas faire face à l'augmentation des cas. Conclusion. Donc maintenant, vous devez reconstituer les caisses de l'État que nous avons vidé en travaillant plus. Il faut bien reconstruire l'hôpital et l'éducation que nous avons nous-mêmes détruits. Et pour cela, vous travaillerez jusqu'à plus de 70 ans, puisque la plupart de vos carrières sont hachées, bien sûr, s'il le faut. Donc je ne sais pas. Là, on n'en est plus à la triple ou quadruple peine.
Là, on en est à la quintuple peine. Donc c'est une accumulation de fautes. Et à chaque fois, c'est à nous de payer. Politiquement, nous avons donc affaire à un compte pour enfants. J'emprunte cette expression que j'avais d'ailleurs avant de lire ce livre à Sandra Lugbert, le ministère des Comptes publics, que je vous encourage vraiment à lire. Un très beau livre. Les Comptes publics, c'est au N-T-E-S. Parce qu'en fait, Bruno Le Maire et la machine Macron-McKinsey, etc., c'est une machine à fabriquer des comptes pour enfants. C'est ça qu'il faut que nous expliquions. Nous avons donc un compte pour enfants qui passait auparavant plutôt bien auprès des classes moyennes supérieures.
Elles ont longtemps marché là-dedans. Pour beaucoup de gens qui ont une vie au travail globalement agréable, pour qui le travail, c'est épanouissant, à 65 ans, on est en pleine forme, effectivement, pourquoi ne pas continuer ? Le travail, c'est la santé. Accessoirement, c'est aussi souvent... Le travail, c'est aussi souvent pour certains de ces gens-là, le pouvoir, la reconnaissance, le prestige, les honneurs, plus d'argent. Et puis, plus le temps passe, plus notre santé s'améliore, nous rajeunissons. Donc tout ça, c'est quand même... Ça tombe sous le sens. C'est quand même logique. Ils ont raison. Mais aujourd'hui, ce discours passe, et c'est là notre force, de moins en moins bien.
La conscience de la vulnérabilité liée à l'âge et aux polypathologies chroniques augmente. La conscience de la souffrance au travail qui touche même l'école blanc dorénavant et les fonctionnaires, dont certains sont en surmenage, en burn-out, en tentative de suicide ou en suicide réussi. Elle aussi, elle monte. Et elle est parallèle à la crise écologique, dont elle est en fait l'une des dimensions. C'est ça qu'il faut qu'on comprenne. Ce modèle extractiviste qui détruit les environnements vivants, en fait, il détruit toutes les conditions de vie et il détruit aussi nos corps et nos psychismes. Et c'est cette conscience-là qui monte petit à petit.
La croyance en un sens de l'histoire qui irait vers plus de santé vacille. C'est donc le moment de faire entendre notre vérité. Et je finirai là-dessus. Nous devons financer un système de retraite respectueux de nos limites, de notre santé, des processus sociaux, de solidarité et d'entraide qui font tenir la société. Non seulement nous le pouvons, tout, vous le savez sûrement, a été chiffré par le programme qui est défendu ici. Tout a été confirmé par le Conseil d'orientation des retraites. Les caisses de retraite ne sont absolument pas en péril. Mais nous le devons. Non seulement nous le pouvons, mais nous le devons. C'est une nécessité.
Ce sont ceux qui vous disent l'inverse qui vous mentent. Alors, ne pas voter ou ne voter que pour le Rassemblement national, c'est-à-dire voter pour Macron-McKinsey, puisque toute voie qui va au Rassemblement national mécaniquement retombe dans l'escarcelle de Macron-McKinsey, puisque c'est ce qui déclenche les phénomènes de Castor, c'est-à-dire fabrication en toute urgence d'un barrage, qui nous amène à avoir Macron 2, Macron 3, Macron 4 ou ses descendants. Et ça, il faut absolument que les gens le comprennent. La meilleure amie d'Emmanuel Macron, c'est Marine Le Pen. C'est le seul adversaire dont il rêve, qu'il veut et qu'il construit. Il faut arrêter de tomber dans ce panneau.
Donc, ne pas voter, c'est-à-dire les laisser passer, c'est les laisser piller à la fois les ressources naturelles de notre Terre, mais aussi nos propres ressources, celles qui nous font tenir en vie et qui font tenir ensemble tous les membres de notre société. Le nouveau libéralisme autoritaire nous gouverne par une série de discours de vérité, qui sont autant de contes pour enfants, qui sont autant de mensonges, un ensemble de contes que l'on raconte aux enfants pour les dominer et auxquels nous ne croyons plus ou de moins en moins.
Nous devons tous ici participer à la construction d'un nouveau discours de vérité sur la réalité de notre travail, de nos vies respectives, de notre santé, de ce qui se tisse entre nous collectivement, si nous voulons les chasser. Voilà. Je vous remercie.
Un, deux. Ça marche ou pas ? Je voulais remercier Barbara et dire en quoi les intellectuels sont utiles pour moi dans mon mandat. J'ai à faire, mais déjà dans mon travail de journaliste auparavant, quelque part, la jonction entre la tête et les pieds. C'est-à-dire, les pieds, c'est le reporter qui va voir les gens et la tête, c'est essayer de penser ça, de voir vers quel horizon on va aller. Et j'essaye de conjuguer, moi, en effet, de continuer à lire des livres tout en étenant un agenda bien rempli et aller rencontrer des gens pour tenir un peu les deux bouts et donner du sens à tout ça. Et là, ce temps de campagne est aussi pour moi un temps de me préparer à remonter sur le ring.
Vous savez, l'Assemblée nationale, l'hémicycle, pour moi, c'est comme un espèce de ring. Ça veut dire qu'avant d'y monter, il faut être entraîné. Parce qu'on va prendre des coups et il n'est pas question que sur le terrain argumentaire on puisse être pris en faute. Sinon, il y a 250 000 tweets qui viennent vous dire que vous êtes trompés d'un mini chiffre derrière la virgule quand bien même eux, ils peuvent rajouter 3-0 et ça ne se voit pas. Donc voilà.
Là, c'est un temps pour moi, je suis en campagne, c'est une chose, mais aussi dans un temps de construction argumentaire pour me préparer à la bataille des retraites, soit la bataille pour passer à 60 ans, soit la bataille pour lutter contre, parce que ça sera une bataille aussi. Si on veut passer à 60 ans, il y aura le MEDEF qui dira que ce n'est pas possible, il y aura la presse de Bernard Arnault qui dira que ce n'est pas possible, il y aura la Commission européenne qui dira que ce n'est pas possible, il y aura la Banque centrale, il y aura tout le monde. Donc, de toute façon, dans les deux cas, on aura une bataille à mener. Je voudrais partir d'une chose, moi.
Il faut se rendre compte du miracle des retraites que nous avons entre les mains. Qu'est-ce que c'est ? C'est que, pendant des millénaires, dans les classes populaires, vieillir, quand on avait la chance de vieillir, c'était synonyme de pauvreté. C'est que, quand on vieillissait, on vieillissait à la charge de ses enfants ou on vieillissait à la charité. Quand on avait la chance de vieillir. Et tout ça, ça paraissait comme appartenant à l'ordre naturel des choses. C'était comme ça. Le « c'est comme ça », vous savez, c'est la pire phrase pour moi, c'est la tautologie. Le « ça » renvoie à ça. On est enfermé dans une boucle. C'est comme ça, c'est comme ça, c'est comme ça.
Et c'est ce qu'il nous répète pour nous venir nous dire « ça ne peut pas être autrement ». Et, en 1945, Ambroise Cravza, ministre communiste des travailleurs, vient remettre en place des réformes qui montrent qu'on peut briser le cercle du « c'est comme ça » et le cercle de la fatalité. Qu'est-ce qu'il décide de faire ? Un, le minimum vieillesse. Deux, la mise en place de ce système de retraite en espérant ouvrir une nouvelle étape de la vie. C'est comme ça qu'il appelle ça. Ça ne se met pas en place en un claquement de doigts. Les premières retraites qui sont touchées sont assez misérables. Ça met une génération. Mais qu'est-ce qu'on voit ?
À partir du milieu des années 70, cette fatalité millénaire est brisée. On a une division par 4 du taux de pauvreté chez les personnes âgées. On a, pour la première fois dans notre histoire, pour la première fois dans notre histoire, on a la taux de pauvreté des personnes âgées qui passe sous la moyenne nationale. Donc, la politique, là, elle montre son utilité, son efficacité quand il y a des mesures qui sont prises. Maintenant, je vais revenir à ce que je fais ces jours-ci. Je vais rencontrer des gens, des gens qui me parlent de leur retraite, de leur entrée dans la retraite. Je vais rencontrer, par exemple, Morissette.
Vous connaissez mon numéro et je suis assez imité à l'Assemblée nationale dans ce registre, dans le registre des prénoms et ainsi de suite. Mais ils existent vraiment. Morissette travaille chez Easy Logistics sur la zone industrielle d'Amiens. Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle balaye au milieu des charistes, elle soulève les palettes et puis elle fait pour que l'atelier soit correctement entretenu. Elle me dit, ben voilà, avec mon boulot d'avant puisque j'étais femme de ménage, j'ai été obligé opéré d'ici, j'étais opéré d'ici, j'étais opéré d'ici, j'étais opéré d'ici. Quand j'arrivais dans l'atelier, on m'appelait Robocop parce que j'avais des trucs de partout, quoi.
Donc on se moquait un peu d'elle. Maintenant, c'est fini. Pourquoi ? Parce que là, elle ne peut plus travailler. Elle n'est pas en inaptitude. C'est presque un objectif d'entrer en inaptitude. Mais voilà, heureusement, il y a son mari qui la soutient. Mais elle est dans cette espèce d'entre-deux où elle n'est plus en emploi parce qu'elle n'arrive plus à tenir l'emploi, parce qu'elle est brisée de partout. Et d'un autre côté, elle n'est pas encore à la retraite parce qu'elle n'a pas encore atteint les 62 ans aujourd'hui. Mais ça veut dire que si demain, c'est 65 ans, on lui rajoute 3 ans de tunnel.
Mais je peux vous raconter, Marc, qu'on est allé voir sur Amiens Nord, qui travaillait dans la restauration, il se fait virer, je ne sais pas, vers 58 ans, quelque chose comme ça. il doit avoir ses cotisations, mais il n'a pas atteint les 62 ans. Qu'est-ce qu'il a ? Il a passé à 4 ans de RSA, c'est-à-dire qu'il était à 1500 euros, il passe à 600 euros par mois, et ça veut dire qu'il doit déménager, changer de logement parce que c'était trop coûteux, ça veut dire qu'il se balade et il va chercher des patates, glaner des patates dans les champs, il fait un petit peu les poubelles, enfin voilà.
et il a ce temps-là avant de récupérer, là, enfin, à la retraite, de respirer, d'être à 1100 euros par mois et il en parle comme un espèce de paradis qui est atteint. Mais quand on va à Ville et qu'on rencontre Patrick qui a été un professionnel du bâtiment, qui s'est tapé, par exemple, le chantier du Mont-Blanc, je ne peux pas vous souvenir à un moment, le Mont-Blanc, le tunnel, il avait cramé, lui, il est allé la nuit pour sortir les trucs dans les fumées, tout ça, après il s'est tapé du désaméantage des immeubles de Rouen à Paris un peu comme un grand déplacé parce qu'il faisait des grands déplacements et il était payé autant en frais de déplacement que directement paye.
Je veux dire, il est arrivé à 56 ans, il avait mal au dos mais quand il a enfin atteint la retraite à 60 ans, on lui a dit non, non, il va y avoir une décote parce que vous avez bien toutes vos cotisations mais c'est jusqu'à 62 ans et là, à 60 ans, qu'est-ce qu'il s'est chopé ? Il s'est chopé trois concerts du poumon gauche et là, il vient de se choper un concert du poumon droit. Je veux dire, ceux qui pensent qu'on arrive à 65 ans comme ça, aujourd'hui, la moitié des Français à 60 ans ne sont plus en emploi et ils ne sont pas encore à la retraite. Aujourd'hui, on a 40% pour être exact des Français qui travaillent qui disent ma santé est atteinte.
Pensez qu'on va pouvoir pousser jusqu'à 65 ans et on a le taux de RSA des seniors qui a plus que doublé dans les dix dernières années. Il a fait plus de 153%. Pourquoi ? Parce que quand on a reculé à 62 ans, les gens n'arrivaient pas à y aller jusqu'au bout. On rallonge les cotisations et ils n'arrivent pas à aller jusqu'au bout. C'est le RSA qui vient combler ça. Donc, pensez qu'on va aller jusqu'à 65 ans. Il faut dire ce qui est. C'est bon quand on est banquier ou qu'on travaille chez McKinsey ou qu'on est Nicolas Bouzou et que le boulot consiste à faire la tournée des plateaux télé, ça ne pose pas de problème.
Mais quand on fait du désamiantage, moi, j'aimerais bien qu'on envoie Nicolas Bouzou faire trois mois de désamiantage. Voilà. À un moment, il faut réinverser les choses et dire à Macron « Va te taper, va devenir auxiliaire de vie sociale. Va soulever les personnes âgées jour après jour. Fais-le et viens voir si tu vas réussir à aller jusqu'à 65 ans comme ça. » Mais ils ne le feront pas trois mois. Ils le feront encore moins trois mois avec le salaire de Hayat à 870 euros par mois. Et pourtant, ça serait une méthode de rééducation. Donc, il est évident qu'on a là un projet de classe. On a là un projet de classe.
Mais au-delà de ça, je veux qu'on voit quel est le sens de l'histoire que nous devons porter. Et qu'eux, ils veulent nous faire aller à reculons. J'en viens là au livre de Serge Halimi qui appelait ça « Le grand bond en arrière ». Mais c'est dans ce grand bond en arrière qu'on se retrouve pris. Quel est le sens de notre histoire à nous ? Le sens de notre histoire à nous, c'est à la fois d'accorder de l'importance au travail. Nous croyons au travail. Nous sommes le camp de la valeur du travail. Le travail doit avoir une valeur. Pourquoi ?
Parce qu'on est de ceux qui pensent que les hommes, ils n'existent pas seulement par ce qu'ils ont ou peu par ce qu'ils ont, mais ils existent par ce qu'ils font. Par les décisions qu'ils prennent tous les jours, par le pays qu'ils construisent ensemble. Nous sommes convaincus de ça et c'est pour ça que nous accordons une grande place au travail. Et c'est les ouvriers qui ont fait ce pays. Ce n'est pas les patrons. Ce n'est pas centralement les patrons. Mais aussi, en même temps, l'histoire du mouvement ouvrier, c'est quoi ? C'est à la fois la place centrale du travail et la libération de pans entiers de l'existence de ce travail. C'est quoi ?
C'est évidemment, ça commence par le travail des enfants qu'on repousse, qu'on interdit. C'est ça le premier temps de libération du travail. C'est le dimanche qui est chômé. C'est le samedi qu'on va appeler à l'anglaise. Ça va être les premiers congés payés au moment du Front Populaire. Ça va être évidemment la retraite à partir de 1945 et jusque la retraite à 60 ans en 1982. Et on est bien conscient à ce moment-là de ce qu'est le sens de l'histoire. Le penseur de cette époque-là, on peut dire, est Keynes qui parie qu'à la fin du XXe siècle, on travaillera moins de 20 heures par semaine.
Mais quand en 1982, on interroge les Français et qu'on leur demande « Bon, qu'est-ce qui va se passer pour vous, d'après vous, sur les retraites à l'avenir ? » Dans les sondages, ils sont très majoritaires à penser que bientôt les retraites seront à 55 ans. Voilà. Parce que c'est le sens de l'histoire. Parce qu'il va y avoir de l'informatique, il va y avoir du numérique, il va y avoir de la robotique, il va y avoir tout ça. Tout ça va libérer du travail, nous libérer un peu plus du travail, ça va libérer de notre temps. Et c'est dans ce contexte-là qu'on a un ministère du loisir, des loisirs. Ça s'inverse. Pourquoi ça s'inverse ? Ça s'inverse sous la pression du... Ça a été cité par Barbara.
Alors je ne sais pas, des fois je suis un peu paumé, est-ce que c'est le libéralisme, le néolibéralisme, l'ultralibéralisme qui vient avec Thatcher et Reagan ? Mais ça souffle depuis les États-Unis, depuis l'Angleterre. Il faut savoir que jusqu'en 1980, les États-Unis sont le pays d'Occident où on travaille le moins. Ça paraît difficilement croyable, mais c'est à l'époque le pays où on travaille le moins. Reagan va inverser ça. Reagan va inverser ça et ça va arriver ensuite en Europe, ça va arriver en France. Comment ça se fait ?
Comment ça se fait qu'on va avoir une réaugmentation du temps de travail, à la fois sur le dimanche, si on voit qu'on n'a pas gagné une seule semaine de congés payés depuis 1982 ? Bon, pourquoi ? Où est-ce que ça part alors que pendant ce temps-là on a quand même des gains de productivité qui sont assez importants, le numérique, l'informatique, et ainsi de suite ? Je vois moi trois causes. Il y a une cause qui est évidente, c'est la part des dividendes dans la valeur ajoutée. Il y a 10% de la production du pays qui est passée en gros de la poche du travail à la poche du capital. Ça a été chiffré en semaines de congés payés.
Je crois que c'est au moins deux semaines de congés payés qu'on pourrait récupérer comme ça. Mais il faut voir aussi la création de besoins artificiels permanents. C'est quoi ? C'est par exemple téléphone portable qu'il faudrait renouveler en permanence. Un téléphone portable c'est un mois de travail. Ça a été chiffré. J'ai les chiffres là. Ça dépend des pays. Mais c'est plusieurs semaines de travail. Et quand on fonctionne comme ça dans une société de consommation qui vous fait renouveler votre matériel, non seulement c'est mauvais pour la planète, mais c'est aussi mauvais pour ce que ça exige de temps de production pour que nous, on l'obtienne. Enfin, c'est le chômage.
Qu'est-ce que le chômage ? Et donc, je veux dire qu'il n'est pas en train de diminuer massivement aujourd'hui quand on regarde l'augmentation des auto-entrepreneurs qui travaillent quelques heures par semaine et dont la paie moyenne est de 590 euros par mois. Quand on fait la tournée, là je sors de chez une auxiliaire de vie et une femme de ménage qui travaillent à temps très très partiel. Il y a 4,6 millions de salariés dans ce pays qui sont sous le SMIC et sous le seuil de pauvreté alors qu'ils sont considérés comme étant de la deuxième ligne simplement parce qu'ils ont soit une alternance de période d'intérim et de période de chômage soit parce qu'ils sont en temps partiel contraint.
Et c'est devenu massif c'est-à-dire qu'on file des bouts de boulot. Et donc, qu'est-ce qui se passe ? Le chômage, c'est l'autre biais qui fait qu'à la place d'avoir une diminution du temps de travail organisé, pensé collectivement, où on se dit ben voilà, c'est au niveau de la retraite, c'est au niveau des droits à la formation, c'est au niveau d'une semaine de congés supplémentaires et on s'organise collectivement pour ça, on a une diminution de travail qui se poursuit mais qui est une diminution du temps de travail subi avec des petits bouts de boulot pour les uns et puis après, tout un pan qui se retrouve en burn-out, en surmenage pour ceux qui sont en emploi.
C'est-à-dire, par exemple, quand on s'intéresse aux questions du handicap, il y a de plus en plus de travailleurs handicapés aussi parce que le monde du travail est devenu tellement dur qu'il expulse les gens qui sont en fragilité, qui ont une faille, tous on en a. Nous sommes des êtres fragiles et ceux qui ont une faille psychologique ou une faille physique sont éliminés d'un monde du travail qui est devenu de plus en plus exigeant, intense. Maintenant, pourquoi aujourd'hui ils s'attaquent aux retraites ? Je ne vais pas être d'accord avec toi, Barbara, sur un truc. Moi, je ne crois pas que ce soit pour faire payer le prix de la pandémie.
Je ne pense pas que ce soit la vraie raison parce qu'il faut bien voir que ce qui va être dégagé par Macron et compagnie sur ça, ça va être de l'ordre de quelques milliards d'euros, 4 milliards d'euros. Or, les dépenses qui ont été effectuées par tant de crise qui permettent ça, tiens, c'est la donnée qu'il faut quand même qu'on se mette tous en tête, il y en a plein, sur le gavage. Mais enfin, voilà, les 5 premières fortunes françaises, comment elles ont évolué sous le mandat de Macron ? On comprend pourquoi on les appelle les premiers de cordée parce que c'est une falaise qu'ils ont à grimper.
C'est une multiplication par 3,5 de leur patrimoine pendant le mandat de Macron et en particulier, ça a grimpé encore plus pendant la pandémie. Donc l'argent de la pandémie a en effet servi massivement à ça. Maintenant, il faut bien se dire qu'à raison de 4 milliards d'euros d'économies par an sur les retraites, s'il y a des centaines de milliards...
C'est le discours officiel qui nous serve.
Oui, mais c'est... Tu as entendu ? Oui, oui.
Bien sûr que c'est bidon. Mais c'est bidon. Mais c'est le discours, c'est on a dépensé tellement pour vous que maintenant, il faut... Geoffroy de machin, maintenant, il faut reconstruire l'école et reconstruire l'hôpital. On n'a pas le choix. On a tout vidé. C'est ça qu'ils disent. C'est hallucinant, mais c'est ce qu'ils disent.
D'accord. Donc, c'est pas non plus pour des raisons d'équilibre. Le corps, tu l'as rappelé, mais il faut marteler, vous savez. Tous les matins, on va avoir Dominique Seux pour nous marteler qu'il faut faire la réforme des retraites. Donc, tous les matins, nous aussi, on doit marteler. On doit marteler auprès de vous pour que vous marteliez auprès des autres, des collègues, des copains, des cousins, partout, que non, c'est pas une fatalité. Que dit le Conseil d'orientation des retraites ? Il dit que le système est à l'équilibre jusqu'à l'horizon 2070, y compris avec la pandémie. Je peux vous lire le truc, mais y compris avec la pandémie. Vous imaginez, à l'équilibre jusqu'à l'horizon 2070.
Moi, j'aimerais bien qu'on ait l'équilibre écologique garanti jusqu'à l'horizon 2070 pour nos enfants et nos petits-enfants. Donc, c'est pas ça. C'est évidemment un peu pour gratter, il faut voir, le dernier pactole qui reste gigantesque, c'est les retraites et la sécurité sociale, qui sont deux pactoles AXA-Bave depuis 20 ans en disant qu'il faut une génération pour passer à un autre système de sécurité. Et on peut très bien voir la coexistence d'une sécurité sociale publique et de sécurité sociale privée. Ils en bavent, Claude Bébéard, Henri Decastre et compagnie, ils en bavent depuis 25 ans.
Donc, c'est évident qu'ils sont là comme le renard attend le camembert au pied de l'arbre, quoi, que nous, on lâche, on le lâche là-haut, mais on ne va pas le lâcher. Maintenant, il y a une autre raison qui est avancée. Alors, il faut voir que, il faut se dire une chose dans cette bataille, si jamais on a la menée. Je dis si jamais parce que l'objectif, ce n'est pas d'avoir à mener celle-là, mais d'avoir à mener le retour à notre temps d'histoire à nous qui est la diminution, la libération du temps de travail. Mais, il faut voir que la classe dirigeante va être divisée sur cette question-là.
Parce que, il sent bien pour un certain nombre d'entre eux qu'il va y avoir un obstacle devant eux et que peut-être que ça ne vaut pas le coup. Ça ne vaut pas le coup d'aller s'affronter un nouveau mouvement gilet jaune, CGT, merguez, retraite, et tout ça, dans la rue, avec des intellos, des insoumis, des communistes, du bazar partout. Franchement, est-ce que ça vaut le coup ?
Et je vois comme un signe qu'une chronique des Echos, donc le journal de mon ami Bernard Arnault, dedans, il nous dit « D'un certain point de vue, la majorité prévidentielle demande à chacun de travailler jusqu'à 64 ans pour financer la suppression, pour financer la baisse des impôts de succession, laquelle ne bénéficiera qu'à 20% des ménages les plus fortunés, les autres n'étant pas concernés par la hausse de l'abattement. » Donc voilà à quoi servirait, non pas à la reconstruction de l'école ou de l'hôpital, mais à permettre la baisse des donations qui ne bénéficient qu'aux 20% les plus riches et c'est une situation extraite des Echos de mon ami Bernard Arnault.
Mais je pense que derrière tout ça, je suis d'accord avec toi sur le fait que ce n'est pas seulement une bataille profit contre profit, capital contre travail, c'est une bataille sur le sens de l'histoire et c'est une bataille presque sur le sens de l'existence. C'est une bataille de pouvoir déjà. Moi je pense que Macron et compagnie, Macron étant l'incarnation de cette classe, il ne supporte pas qu'il y ait des temps de nos existences qui leur échappent. Pourquoi revenir sur le travail du dimanche ? Parce qu'il faut que le dimanche soit réintégré à l'intérieur de la société de production et de consommation. Et donc ça passe par le supermarché où on va aller produire et consommer.
Et que surtout, il s'agit là avec la retraite de s'en prendre à un déjà là. le déjà là d'un temps qu'on a libéré de leur griffe où on fait ce qu'on veut de nos vies où c'était quoi ta chanson Valentin tout à l'heure ? Et si c'était ça la vie ? Et si c'était ça la vie que sur les meilleures années parce que les meilleures années à la retraite c'est les premières on puisse aller faire du vélo on puisse s'occuper de nos gamins les amener au club de zido ou à la gym on puisse faire du jardin on puisse voilà avoir un temps de bonheur à nous. Au fond je pense qu'il y a une question de pouvoir et que quelque part si jamais ils ne mettent pas la main sur ce temps là à nous ils ne le supportent pas.
Et moi je pense qu'il y a quelque chose de fort tu disais l'épuisement. Le burn out c'est ça c'est la consomption. On est dans un temps de burn out il y a une consomption de la planète et une consomption des individus mais on a là une usure de leur projet. Alors pour moi déjà tu mets Elisabeth Borne ça veut dire que ton projet est complètement usé.
Mais bon non mais voilà le mec elle pourrait prendre sa retraite le mec il met un mois il met un mois pour trouver Elisabeth Borne il l'avait sous le coude là puis ça veut dire qu'il a été raclé partout il n'a rien trouvé il dit bon allez je vais prendre ça c'est clair c'est clair que c'est déjà un truc ils sont en bout de course quand tu vois ça mais plus fondamentalement ils sont crevés ils sont crevés c'est l'usure de leur projet moi je suis alors je ne vais pas la faire longue là mais je suis convaincu dans la durée c'est à dire dans la durée c'est des séquences historiques qui mettent des décennies mais au moins depuis le traité constitutionnel européen de 2005 où 55% des français ont dit non à la concurrence libre et non faussée et non à la libre circulation des capitaux et des marchandises y compris avec les pays tiers et c'était 80% chez les ouvriers et jamais ils vont nous demander de revoter sur un texte comme celui-là parce qu'ils savent que s'ils le redemandent on sera à 60% 65% 70% ils savent qu'au fond leur projet il est démocratiquement cuit donc il faut qu'ils continuent à mener le même projet mais sans le démos sans le peuple voire contre le démos contre le peuple et moi pour moi il y a trois mots qui sont l'espèce de trépied du discours dominant depuis 40 ans et qui sont des mots qui ça y est ils sont vides c'est concurrence croissance mondialisation dans les années 80 quand je disais voilà la vague Thatcher Reagan Tapie Yves Montand vive la crise bon voilà tout ça
PS
CFDT voilà et puis le temps où le mur de Berlin le temps où le mur de Berlin s'effondre Alain Minc la mondialisation heureuse bon on est dans un temps où on arrive à entraîner dans cette direction là par un certain appétit par de l'enthousiasme tout ça c'est mort ces mots là ne suscitent plus chez les gens que de l'inquiétude voire du dégoût et quelque part je pense que le temps d'interrogation sur quelle retraite on veut peut être le point de cristallisation de ça il nous faut chercher des moments qui cristallisent projet contre projet parce qu'en même temps la difficulté qu'on a c'est qu'on voit bien le détachement qu'il y a de leur idéologie dominante le dégoût que peuvent susciter ces mots là qui aujourd'hui a envie de voter pour concurrence croissance mondialisation c'est pour ça que Macron fait toute sa campagne sans en parler ces mots là ils sont derrière même si c'est son projet au fond il ne va pas venir le clamer je dis c'est le moment où comme il y a des élections le loup se fait mouton il met du miel dans sa gorge pour prononcer des jolis mots écologie, social pouvoir d'achat et tout ça il ne monte pas de blanche pour rentrer dans la bergerie et après on sait ce qu'il va faire mais la difficulté qu'on a c'est qu'autant il y a un détachement de l'idéologie dominante autant nous il nous faut produire un rattachement à quelque chose et qui paraît flou il y a un désir d'autre chose dans le pays mais auquel on ne répond qu'imparfaitement parce qu'on ne voit pas exactement à quoi ça pourrait ressembler c'est à dire si on dit voilà à la concurrence pour moi doit répondre plus d'entraide à la mondialisation doit répondre de la protection et à la croissance doit répondre de la redistribution du partage mais là ça peut rester un peu flou vaseux là le fait de le poser concrètement dans est-ce que vous voulez la retraite à 65 ans sachant que pour eux ça n'est pas une fin c'est pas fini c'est une étape mais pour nous quelque part la retraite à 60 ans c'est une étape aussi derrière nous aurons d'autres pans de nos existences que nous voudrons retirer encore à la société de production et de consommation donc je il y a un épuisement de leur projet je reprends ce que disait Barbara on a déjà gagné une fois on peut gagner deux fois on peut gagner en défensif mais on peut gagner en offensif aussi je rappelle juste comment on a gagné en effet la première fois pour dire quand même l'utilité que peut avoir un parlementaire je me sens pas utile tous les jours je me sens utile tous les jours à porter la voix des gens maintenant ce que ça produit des effets dans le réel c'est pas tous les jours là j'ai senti qu'on avait un effet sur le fait qu'on arrive à enliser leurs réformes pourquoi parce que ça est né d'abord d'un mouvement social évident mais il faut voir aussi l'importance des sondages dans ces moments là des sondages qui disaient que même si c'était pas des millions et des millions de personnes qui se mobilisaient dans la rue mais c'était soutenu par une majorité de français dans le pays et il y avait des voix qui passaient dans les médias ou qui étaient à l'Assemblée nationale puisqu'on a fait de l'obstruction on a déposé en effet avec les communistes des milliers d'amendements on a fait ce choix là qu'est-ce que ça a permis ça a permis de faire durer le débat et le fait de faire durer le débat a permis au mouvement social de continuer à se déployer dehors ça a permis aux idées de continuer à se diffuser dans la société jusqu'à arriver à un point de rupture et évidemment c'est ce que alors le Covid a aidé mais c'est ce que Macron a dû lâcher pour qu'il y ait une certaine unité du pays dans un temps de crise particulier je signale quand même l'absence des députés du Rassemblement National pendant toute cette bataille quand Edouard Philippe est venu déclarer le 49.3 à l'improviste un samedi après-midi quand même c'est des méthodes non seulement il déclare le 49.3 mais en plus il débarque comme ça un samedi après-midi sans prévenir bon il y avait trois députés insoumis dont moi qui se trouvaient sur les rangs il n'y avait pas un seul député du Rassemblement National en deux mois et demi de bataille sur les retraites Marine Le Pen a prononcé en tout sept mots mais que faites-vous de toutes les autres c'est tout j'en ai prononcé sept mille d'accord donc voilà je rappelle toujours qu'au moment où il y a les plus gros mouvements sur les retraites en décembre Marine Le Pen qu'est-ce qu'elle fait elle poste des photos de ses chats et de son arbre de Noël sur Facebook bon voilà pendant qu'on était
de toutes les autres
pendant qu'on était en train
que faites-vous de toutes les autres
parce qu'il y avait un débat sur les femmes il y avait des femmes à qui on allait accorder un petit droit supplémentaire et tout ça et puis elle tout ce qu'elle a dit c'est en deux mois et demi mais que faites-vous de toutes les autres voilà après j'avais calculé le coût d'un mot de Marine Le Pen à quel point elle était absolument peu compétitive comme parlementaire mais bon voilà je pense que là on a sur les retraites pour moi il faut regarder les retraites et le monde qui va avec et on est en effet dans un temps où c'est projet contre projet c'est un monde contre un monde c'est une vision de l'avenir contre une autre vision de l'avenir c'est pas juste des débats pour moi de techniciens sur des virgules mais c'est des choix sur l'avenir de notre société et quel sens on donne à notre histoire parce que par exemple les Etats-Unis qui ont fait le choix de travailler j'y ai passé un an j'ai vu moi chez Walmart les personnes les plus âgées d'abord mettre les produits dans les sacs après que la caissière est enregistrée jusqu'à minuit parce que là-bas les magasins ils sont ouverts pendant la nuit et ramasser les chariots sur le parking des gens que vous voyez boitillants à 70 ans et qu'est-ce que ça donne ça donne une économie qui est en effet très riche il n'y a pas de doute là-dessus mais quand vous regardez les indices de bien-être aux Etats-Unis le taux d'opésité le taux de suicide le taux d'incarcération tout est catastrophique donc on a une économie qui se porte bien et des hommes et des femmes qui se portent mal mais nous on doit faire un choix de société où on ne confond pas le progrès avec la seule croissance économique mais on veut une société où on est des hommes et des femmes qui se portent bien et qui vivent le bonheur la joie ne doivent pas être des mots interdits des mots interdits en politique il ne doit pas y avoir une résignation qui fait que ça serait à exclure des débats et toute la question pour moi sur le thème des retraites c'est la recherche du bonheur le droit au bonheur contre tous les individus y compris Marc Morissette et Patrick y compris ceux qui travaillent dans le bâtiment y compris ceux qui sont caristes y compris ceux qui sont femmes de ménage y compris ceux qui sont auxiliaires de vie sociale et qui n'ont pas le bonheur de travailler chez McKinsey voilà je vous remercie si je vois qu'il y a trop de monde qui quitte la salle on arrêtera parce que en fait je considère que les réunions sont aussi des moments de communion et j'aime bien que comme on est venu ensemble on parte ensemble mais après moi je suis à votre disposition pour discuter avec vous et Barbara aussi
alors bonjour excusez-moi de prendre la parole alors je suis le seul homme qui va pouvoir poser une question alors bizarrement je ne suis pas de Camon ni de l'agglomération amiennoise je suis de Perronne et je suis venu exprès donc alors j'ai une nante des plaies à Manu Macron j'ai 70 ans donc je suis en retraite et ça se passe très bien c'est un peu dommage qu'on n'ait pas abordé mais c'était pas le sujet donc qu'on n'ait pas abordé le sujet de on ne pouvait pas tout faire de l'évasion fiscale ce qu'on appelle l'optimisation fiscale dans un long langue orwellienne parce que lorsque ce fameux Manu dit sans arrêt qu'il n'y a pas d'argent magique c'est pour ce sens du foutage de gueule et voilà et que ces grands copains des multinationales et tout ça et des gars forts c'est une estimation basse c'est entre 80 et 100 milliards d'euros d'optimisation fiscale qui partent chaque année du budget de la France donc c'est un peu dommage et concernant les retraits bien sûr je suis pour la retraite à 60 ans puisque moi j'ai eu la chance je suis un ancien un ancien comme dirait Elisabeth Bornahouté donc à 58 ans donc je sais ce que c'est je me suis cramé au boulot donc et finalement j'ai eu de la chance parce que Bornahouté à 58 ans ça m'a permis de faire la jonction que la retraite donc et je suis très très heureux à la retraite donc bien que je ne fasse pas de jardin que je ne sois pas bricoleur donc c'est pas c'est pas un problème j'ai d'autres passions voilà donc je vais poser une question alors je suis effectivement tout à fait d'accord avec le projet de la retraite à 60 ans et qu'il y a effectivement beaucoup d'argent dissimulé dans ce pays et qu'il ne faut pas se leurrer j'ai effectivement au courant concernant le rapport du corps concernant l'orientation des retraites et qu'il sait que c'est pas un organisme de gauchistes donc il y a effectivement de l'argent pour l'équilibrage des régimes de retraite je vous remercie beaucoup de vos interventions et bravo madame Stiegler
une femme une femme
merci bien d'avoir rappelé que Macron avait achoppé sur les retraites parce qu'il y avait un mouvement social dans la période actuelle alors c'est vrai que les périodes électorales ne sont pas forcément les plus favorables mais je comprends que l'hôpital puisque autre versant très important l'hôpital se met en branle pour si j'ai bien compris une grève intersyndicale le 7 juin donc ce sera avant le premier tour des présidentielles et ce qui m'ennuie un peu dans ces grèves comment dire c'est pas catégorielles sectorielles plutôt c'est qu'au fond quand l'hôpital est en grève on est tous concernés puisqu'on est tous un jour ou l'autre amenés enfin voilà quoi on est quand même des usagers de l'hôpital public qui est en train de crever et mon petit rêve ce serait parce que je pense aussi que par chance la NUPES obtient le droit de gouverner ce pays on sait très bien que Routes Bézieux et compagnie vont quand même pas la laisser faire tout et n'importe quoi je veux dire la pression populaire on aura intérêt à ce qu'elle soit toujours là et la question que je me pose c'est ne peut-on pas dans les 10 jours qui nous restent d'ici le 7 juin impulser un premier random social avant même les élections législatives
on en prend encore deux et puis on arrêtera après d'accord merci bonsoir madame Stiegler bonsoir monsieur Ruffin merci d'être là c'est un honneur de vous avoir ce soir merci beaucoup je m'autorisais une rapide parenthèse avant ma question monsieur Ruffin vous êtes celui qui m'avait permis de retrouver le chemin des urnes et donc je voulais vous remercier publiquement j'aspire et j'espère que vous voir mettre la charrue avant les bœufs et que dans un coin de votre tête trône la présidentielle j'espère que vous y pensez sérieusement et que vous allez constituer une équipe justement pour parvenir jusque là ma question est la suivante à l'instar de ce qui s'est déroulé aux Etats-Unis en 2005 c'est à dire après l'ouragan Katrina ma question concerne la gestion de la crise sanitaire est-ce que cette gestion de la crise sanitaire pourrait être utilisée comme stratégie du choc en France en vue d'accélérer tous les processus de privatisation école santé en utilisant l'effet de sidération de la population et donc d'accélération de tous les processus de privatisation ça a commencé avec la santé ça pourrait continuer avec l'éducation nationale une dernière question ça vous va et puis après il y a un coup à boire je crois non hein et après il y a un coup à boire c'est important ça quand même aussi qui est-ce qu'il y a pas de femme bon on pourrait prendre un homme
oui alors moi ma question elle va être simple puisque c'est à propos des retraites je vais essayer de synthétiser d'abord 65 ans si je ne m'abuse c'est un retour en arrière de plus d'un siècle je crois que la réforme des retraites a été votée à l'âge de 65 ans en 1910 ensuite mon autre mon autre question parce que ça je crois que c'est déjà important de le souligner c'est le retour en arrière comme vous avez dit tout à l'heure le bon en arrière je crois même vous avez utilisé comme expression et puis donc la sécu c'est 1945 vous l'avez aussi rappelé tout à l'heure et c'était à l'époque 75% de pension de reversion 75% du salaire pour 37 années et demie de travail donc moi ce que je voudrais quand même que l'on regarde c'est un peu la genèse l'histoire et puis nous dire déjà ce qu'on a perdu parce que là après il est clair qu'avec les carrières hachurées d'abord les grandes perdantes ce sont les femmes mais aussi pour les salariés 65 ans moi ça me paraît moi j'ai eu la chance de partir à 60 ans mais moi je pense à mes enfants mais c'est déjà fiche en l'air pas mal de vie quoi et pas mal de gens qui ne pourront peut-être pas partir en retraite ce qui fera gagner aussi des cotisations au patronat voilà globalement je ne sais pas si j'ai synthétisé un peu ma question voilà s'il y a quelqu'un d'autre qui veut prendre la parole
alors je vais répondre à la volée aux différentes questions donc pour la première question sur il y a énormément d'argent dans ce pays oui bien sûr c'est vraiment ce qu'on a dit c'est ce que dit le corps etc ça ne peut pas être une question comptable ça ne peut pas être nous n'avons pas d'argent donc il faut en fait encore un effort c'est complètement fallacieux ça ne tient pas l'argument que il faut qu'on continue à travailler plus tard parce qu'on est en pleine santé ça ne tient pas non plus l'argument que c'est plus juste ça ne tient pas non plus il n'y a plus rien qui tient et c'est pour ça qu'il leur reste juste des espèces de de mantra médiatique du genre on a on a vidé toutes les caisses à cause du covid vous comprenez bien qu'il faut reconstituer ça encore c'est évidemment un compte pour enfants ça ne tient pas à l'examen donc tout ça est complètement fallacieux je rejoins ce que disait François Ruffin c'est à dire que la vraie question c'est celle du sens de nos existences du sens de la vie et qui a effectivement un affrontement surpuissant sur qu'est-ce qui est le en fait dans quoi nous sommes englobés quel est le tout du réel et pour nos adversaires le tout du réel c'est la compétition marchande qui se joue à une échelle mondialisée aucun temps ne doit échapper à ça aucun moi je le connais en tant que chercheuse quand on est quand on fait de la recherche on a une partie de notre temps où en quelque sorte on est retiré du temps de la production et de la compétition pour pouvoir chercher travailler on est mis à l'abri de ce temps aujourd'hui c'est insupportable pour ces gens là il s'agit de nous plonger dans une compétition permanente y compris quand on est chercheur ça déclenche personne ne le sait mais un tableau sanitaire catastrophique au CNRS on a des taux de suicide extrêmement inquiétant on a des taux de dépression d'abandon terrible dans nos métiers puisqu'on est sans cesse mis en compétition l'un contre les autres non pas qu'il n'y ait pas d'argent pour la recherche il déverse des des sommes faramineuses avec le crédit impôt recherche sur les amis de François qui était capitulé dans ce tableau Sanofi compagnie voilà il déverse des des sommes d'argent incroyables donc c'est pas du tout qu'il n'y a pas d'argent et donc la question c'est pas aller chercher traquer autre chose c'est vraiment le sens de notre existence et ça apparaît de plus en plus clairement donc il faut mais par contre il faut absolument pilonner l'argument de nous avons vidé les caisses pour le Covid parce que ça c'est un argument qui même s'il est totalement fallacieux il marche il marche dans les médias il marche à fond Bruno Le Maire n'a pas cessé de le dire pendant rappelez-vous pendant les confinements il le disait déjà là on est en train de dépenser beaucoup après il faudra faire un effort donc c'est ça qu'il faut véritablement contrer alors d'autre part sur la question de l'hôpital en grève et le problème des luttes sectorielles bien sûr un mouvement social ça se décrète pas enfin moi j'ai pas de plan là pour un mouvement social on sait jamais comment ça prend c'est des événements historiques c'est personne ne maîtrise personne n'a le chiffre magique de la chose personne n'a le mode d'emploi ce qui est sûr et certain en revanche c'est qu'il est temps que dans les mouvements sociaux on fasse autrement c'est à dire que par exemple en tant qu'enseignante aujourd'hui moi je dis aux étudiants ce qui se passe si j'avais des parents d'élèves je dirais aux parents ce qui se passe quand on a des patients je crois qu'il faut leur dire ce qui se passe et malheureusement bien souvent dans la lutte traditionnelle on le fait pas ça reste entre les professionnels et les autorités et ce travail de dire aux élèves de dire aux étudiants de dire aux patients de dire à tout le monde vous êtes concerné c'est quelque chose qu'on fait très peu et là je vous rejoins sur ça vraiment c'est indispensable d'imaginer j'avais essayé dans ce livre là du Cap aux grèves d'avoir un autre imaginaire de la lutte de sortir certains carcans qui nous empêchent en fait de lutter sur la question de la stratégie du choc justement dans ce livre il y a un chapitre sur la stratégie du choc et les deux auteurs critiquent ils parlent d'euphémisation la littérature euphémisée qui nous parle d'effet d'aubaine alors évidemment je l'ai mal pris puisque moi je parle d'effet d'aubaine et pas de stratégie du choc alors je voudrais défendre ça pourquoi je parle pas de stratégie du choc c'est une expression qu'on doit à Naomi Klein une intellectuelle canadienne parce que parler de stratégie du choc en plein Covid c'est faire comme si Emmanuel Macron et ses amis avaient en fait une stratégie donc ils avaient inventé un Covid ou ils l'avaient fait mousser monter etc ils nous ont monté une sorte de scénario et comme ça ils en ont profité pour etc c'est prêter beaucoup beaucoup beaucoup de pouvoir et beaucoup de rationalité à des adversaires qui en ont pas tant que ça qui en fait sont assez largués qui sont dans une période de catastrophe récurrente parce qu'ils ne se refusent ils se refusent à soigner les causes et donc ils sont en train de nous expliquer qu'il va falloir s'adapter à tout ça et qui effectivement je l'avais dit je le dis et je le répète comme un petit joueur à la petite semaine de casino qu'est Macron-McKinsey ils font des petits coups à la petite semaine c'est à dire devant des catastrophes qui vont pas cesser de s'accumuler ben ils profitent d'un truc par ci ils profitent d'un truc par là pour moi parler de stratégie du choc c'est comme si on avait en face de nous Kasparov ou Karpov pour moi c'est pas ça malheureusement on a des adversaires qui sont minables intellectuellement qui sont pas très très intelligents qui sont pas brillants et d'ailleurs ça me tire vers le bas je vous le dis franchement donc pour moi parler de stratégie du choc c'est comme si on avait un grand ennemi extrêmement puissant extrêmement intelligent et ça me met des angoisses et pour rien parce qu'en fait ils sont très mauvais voilà donc je crois qu'il faut déjà nous les déraciner de notre cerveau parce que ne pas se laisser contaminer par leurs comptes pour enfants c'est la première des stratégies que nous devons avoir et ne pas laisser cette contamination narrative autour de nos amis voilà on voit ça tout le temps en salle des profs partout essayer de faire le ménage là dans tous ces comptes pour enfants qui nous sont racontés mais stratégie du choc voilà j'ai un peu de mal avec ça mais j'aime beaucoup ce livre et je comprends pourquoi ils disent ça parce qu'effectivement parler d'effet d'aubaine ça fait sympa parler de stratégie du choc on a un vrai adversaire alors voilà à peu près moi je voudrais juste m'en tenir là alors
c'est le plaisir de la controverse et moi la stratégie du choc elle me convient bien sur la séquence Covid c'est à dire que dans le temps de la crise Covid on a un gouvernement qui est une classe dirigeante qui est paniqué et qui sait pas quelle décision prendre et c'est assez erratique finalement comme gestion avec quand même un fil conducteur qui est le libéralisme pour les entreprises l'autorité pour les citoyens moi je dis ils savent être des fauves avec les citoyens et des carpettes devant les multinationales quoi bon donc ça mais quand même post crise Covid j'ai l'impression qu'il y a quand même une cohérence par exemple un temps de ce qu'ils appellent de l'accélération c'est quand même un maître mot de Macron dans du numérique on va aller vers du distanciel vers l'université et ça ça répond quand même aux demandes préalables d'un certain nombre d'acteurs qui trouvent là le terrain pour fertiliser ça ensuite sur le plan de la réponse à la crise écologique par la technologie qui a été la nouvelle réponse trouvée de Macron sur la crise par exemple l'agriculture on voit sortir de ça que ça va être traité par la robotique la numérique et les génétiques je ne conteste pas que les innovations technologiques puissent être un point d'appui dans une transition écologique mais ça ne doit pas remplacer les transformations dans la société or manifestement la crise Covid et la réponse par la technologie strictement c'est à dire par le vaccin par des choses comme ça fait que la réponse à la crise écologique en général elle devient la réponse une réponse strictement technologique
c'est ce qu'on appelle le solutionnisme technologique
le solutionnisme là je pense qu'il a trouvé
qui est là depuis qui est là
mais qui trouve à s'emparer d'un pan du pouvoir le troisième point c'est le choc fiscal la stratégie du choc fiscal parce que dans le temps de la crise Covid les mesures qui ont été prises ont été des mesures prises en faveur des salariés il faut le dire le chômage partiel est une mesure qui n'a pas été défavorable aux salariés et qui a été plutôt des mesures par exemple avec les prêts garantis par l'état en faveur des petites entreprises des commerçants des artisans il faut se dire la réalité parce que je pense qu'on ne comprend pas la réélection d'Emmanuel Macron si on ne comprend pas qu'à ce moment-là il a pris une décision bonne qui a été ressentie comme bonne par les gens et qui pour moi l'était c'est-à-dire que je pense qu'à ce moment-là il y a tiré un filet de protection comme quand il y a un incendie et que le pompier il tend le drap en bas qu'on saute et qu'on atterrit dessus et on ne comprend pas l'état d'esprit du pays si on ne voit pas que le filet de protection qui a été mis à ce moment-là avec le prêt garanti par l'état et le chômage partiel a été ressenti comme apaisant pour les artisans les commerçants les salariés les ouvriers assez massivement dans le pays je pense que voir les points que réussit notre adversaire ne doit pas nous par exemple une meilleure gestion de la crise que n'a pu faire Sarkozy avec la crise financière en revanche tout de suite après ils se rétablissent sur leurs pieds et les décisions fiscales qui sont prises après ça sont des décisions qui sont hyper favorables aux grandes entreprises la réduction de l'impôt sur les sociétés ce qu'ils appellent la baisse des impôts productifs sont en fait des décisions qui là vont à fond pour les multinationales et très peu pour les artisans et les commerçants donc à nouveau je pense que là il y a quand même à postériori non pas dans le coeur de la crise mais dès qu'ils sentent qu'ils se retombent sur leurs pieds un certain nombre de stratégies du choc et moi excuse moi on se parle comme ça mais je ne mépriserai pas cet adversaire non pas Macron comme individu mais la classe qui le représente qui pour moi est une classe organisée à l'échelle internationale qui a un certain nombre de think tanks qui travaillent pour elle on a une classe qui est consciente de sa force et qui l'a construit face à nous qui jusqu'à maintenant sommes un peu atomisés individualisés et donc il y a la nécessité aussi de reconstruire quelque chose de notre côté bon j'en passe là dessus sur les milliardaires monsieur vous pouvez venir jeudi prochain à Longo où on recevra Denis Robert donc l'homme qui a révélé Claire Stream et ma collègue Leïla Chébi et le sujet en sera justement la fraude fiscale les milliards qu'il y a récupéré donc ça c'est jeudi prochain à Longo sur ce que vous disiez monsieur sur ce qu'on a perdu je veux bien qu'on fasse l'analyse de tout ce qu'on a perdu je me fonde sur un bouquin qui est un bouquin de Christophe Rameau qui s'appelle l'état social qui est un gros pavé et qui dit regardons ce qui nous reste aussi c'est à dire que ça fait 40 ans qu'ils essayent d'attaquer notre état social et pourtant quand même il nous en reste des beaux morceaux des beaux morceaux non seulement qu'ils sont des beaux morceaux à préserver mais en plus surtout qui sont du déjà là qui sont des points d'appui pour augmenter cette part là donc je pense qu'il ne faut pas être dans un discours seulement pessimiste sur regarder ce qu'ils ont pris c'est les tracts en noir et blanc de la gauche qu'on distribue et qui peuvent être un peu attristants parce que si on ne dit pas aux gens regardez avec les gilets jaunes vous avez gagné 12 milliards d'euros chaque année de primes d'activité pour les bas revenus vous avez gagné 12 milliards d'euros le président des riches a été obligé de donner 12 milliards d'euros par an ça lui a fait mal il l'a donné grâce aux gilets jaunes si on ne dit pas sur la retraite regardez on a plié son projet si on ne dit pas quand on gagne pourquoi les gens ils vont nous rejoindre donc je pense qu'il faut avoir aussi un changement de discours qui n'est pas dans on a perdu on a perdu ceci on a perdu cela même s'il ne faut pas nier qu'on puisse subir des défaites mais aussi dire quand on gagne ce qu'on gagne le sens qu'on donne à nos combats et le retirer enfin madame sur le fait qu'il faudrait faire du ramdam du chahut et ainsi de suite je vous invite pour tous ceux qui sont du coin à rejoindre notre campagne puisque bon après moi je ne fais pas un alpha et un oméga je ne fais pas un alpha et un oméga du vote il y a un gilet jaune sur lequel il était écrit voter une fois pardon faire l'amour une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie sexuelle voter une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie démocratique d'accord donc il ne s'agit pas de se dire le reste du temps on anime la démocratie autrement en étant dans des associations en faisant la fête des ortillonnages qui ce week-end à Camon est un moyen d'animer la démocratie parce que les gens ils sont en lien entre eux en défendant un collègue de bureau enfin il y a des tas de moyens de continuer à démermer mais par contre quand il y a les urnes on va voter parce que les riches n'oublient jamais d'aller voter et d'aller voter pour défendre leurs intérêts donc nous il faut qu'on convainque nos copains nos cousins nos collègues d'y aller et d'avoir un vote qui est un vote qui défend leurs intérêts et nous c'est vrai que dans ce cadre là la question centrale est une question qui tient à l'âme des gens c'est à dire que depuis 40 ans il se met et en particulier dans notre coin sur l'âme des gens de la résignation du découragement de l'abattement c'est tout ça qui enlise les âmes des gens de notre coin et nous c'est vrai que la question c'est comment on peut faire pour réveiller comment on peut faire pour animer réveiller les âmes et donc nous on essaye tout on essaye le camion du Ruffin Circus et on va faire des manifs dans la campagne on va faire des manifs on va faire des déambulations on essaye la musique on essaye le cinéma on essaye à peu près tout ce qui est possible on essaye les débats on essaye à peu près tout ce qui est possible pour dire de remettre de l'énergie et de l'envie l'envie d'avoir envie comme disait Johnny dans le coeur des gens mais je crois que la bataille centrale il faut comprendre que c'est pas une bataille sur les chiffres c'est peu presque une bataille d'arguments c'est comment on arrive à aller rechercher les gens les sortir de cet abattement de cette résignation et chacun le fait à sa manière moi je le fais avec des discours je trouve pas la fin des fois voilà en tout cas je vous remercie d'être venu ce soir mais au delà de ça attendez on a besoin de gens on a besoin de gens donc si vous voulez nous donner un coup de main une heure deux heures quatre heures si vous voulez partir avec un paquet de tracts je ne considère pas moi je ne considère pas que mon élection soit acquise d'avance du tout je suis un challenger c'est Marine Le Pen qui sert première de la présidentielle dans la circonscription et Mélenchon il ne sort que troisième donc il n'y a rien de naturel à ce que je sois réélu si vous voulez que cette voie elle continue à exister à l'Assemblée Nationale c'est parce qu'on aura bossé je remercie tous les camarades qui bossent avec moi et je vous invite à nous rejoindre pour les trois semaines qui nous restent pour qu'on aille rechercher les gens les gens les gens et les réanimer je vous remercie et à la fin s'il nous convain et à la fin s'il nous convain merci à vous merci Valentin merci Barbara merci à tous je voudrais souligner
que monsieur Ruffin est avec nous depuis le début c'est le seul le seul à notre connaissance qui s'est mouillé pour nous et des députés comme lui il en faudrait beaucoup alors on peut être pour lui ou contre lui mais franchement c'est un sacré bonhomme
dans les cinq années qui viennent il faut qu'on aille changer ça il faut que le gars qui est dans sa saxo verte sur l'intermarché de Bertheau-Cours-les-Dames il faut qu'il reprenne confiance en nous il faut qu'il nous sente à ses côtés pas forcément pour changer les lois parce que vous savez ça va être raide mais au moins pour avoir une parole sincère une parole franche dans laquelle il se sente représenté tenter, braver, persister persévérer être fidèle à soi-même prendre corps à corps le destin étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait tantôt affronter la puissance injuste tantôt insulter la victoire ivre tenir bon tenir tête voilà l'exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les délèche voilà notre programme camarades et la lumière
François Ruffin