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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 17 décembre 2023 12 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsEnvironnement & énergieSolidarités & famille

"Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn Bendit

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse partielle

    Vous qui souteniez le chef de l'État depuis 2017, vous lui retirez désormais votre soutien. Pourquoi ?

  • 0:56RelanceRéponse partielle

    Mais c'est quoi ? C'est un syndrome Giscard d'Estaing en fin de mandat ou en fin de course ? On bascule vers la droite ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Ça fait des années que vous critiquez cette culture politique à la française. Quand vous parlez de nouvelles perspectives, la perspective s'incarne dans des hommes. Vous soutenez la liste portée par Raphaël Glucksmann. Qu'est-ce que vous voyez en lui qui tranche avec ce que porte Emmanuel Macron ?

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Avec qui, Daniel Cohn-Bendit, lorsque vous parlez de coalitions ? Est-ce que, quand on regarde vers la gauche, il y a les écologistes, avec qui ce serait possible le Parti Socialiste, et encore plus à gauche, jusqu'à LFI ?

  • 5:00OuverteRéponse partielle

    C'est ce regard critique sur LFI qui ne vous incite pas à porter vos yeux, par exemple, sur François Ruffin ?

  • 7:20OuverteRéponse directe

    Parlons d'Europe, justement. Parlons de ceux qui aspirent à intégrer l'Union européenne, et notamment de l'Ukraine. Est-ce qu'Orban a gagné ? Est-ce qu'il est le maître chanteur des 27 aujourd'hui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route, que je crois que ça ne fonctionne pas. »
  • 1:24Invité politiqueFait
    « Si je suis de droite, je suis de droite et ce qui vient de la gauche, c'est mauvais. Si je suis de gauche, je suis de gauche et ce qui vient de la droite, c'est mauvais. »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « c'est un mélange de radicalisme, c'est un mélange d'islamo-folie, c'est un mélange d'antisémitisme qui ne s'avoue pas vraiment. »
  • 8:08Invité politiqueFait
    « Les décisions à l'unanimité ne sont démocratiquement plus supportables. »
  • 8:20Invité politiqueFait
    « Orban est un allié, si vous voulez, de Marine Le Pen. »
  • 11:15Invité politiqueFait
    « La Cour suprême allemande a même dit que la possibilité de faire terminer sa vie, de décider soi-même la fin de vie, est un droit fondamental, une liberté fondamentale. »

Temps de parole

  • Daniel Cohn-Bendit77 %
  • Invité12 %
  • Présentateur11 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin est un ex-eurodéputé écologiste, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron. Bonjour Daniel Cohn-Bendit.

0:08
Daniel Cohn-Bendit

Bonjour.

0:09
Présentateur

Vous qui souteniez le chef de l'État depuis 2017, vous qui étiez séduit par son « en même temps », vous lui retirez désormais votre soutien. Pourquoi ?

0:18
Daniel Cohn-Bendit

Enfin, c'est beaucoup dire, je retire mon soutien. Simplement, je crois qu'aujourd'hui, disons, le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route, que je crois que ça ne fonctionne pas. Et donc, je regarde le paysage politique et je me dis qu'il est temps de trouver une autre perspective politique. Parce que, pour l'instant, disons, la politique en France et la politique du président s'enfoncent et on ne voit pas très bien où tout cela peut déboucher.

0:56
Présentateur

Mais c'est quoi ? C'est un syndrome Giscard d'Estaing en fin de mandat ou en fin de course ? On bascule vers la droite ?

1:04
Daniel Cohn-Bendit

Non, c'est trop simple de dire on bascule par la droite. Je crois que l'idée du président, de Macron et TSE en même temps, c'est-à-dire de dépasser une culture politique française qui est délétère et qui est terrible parce que c'est une simplification énorme. Si je suis de droite, je suis de droite et ce qui vient de la gauche, c'est mauvais. Si je suis de gauche, je suis de gauche et ce qui vient de la droite, c'est mauvais. Et donc, cette culture politique qui ne permet pas à la fin de trouver politiquement des compromis, eh bien, il voulait la dépasser et visiblement, il n'y arrive pas.

Donc, je crois qu'il serait important en France aujourd'hui de trouver une autre perspective pour bousculer cette culture politique. Donc, ce n'est pas simplement le problème du président, c'est le problème de toute la culture politique, donc de tous les partis politiques.

2:06
Invité

Ça fait des années, Daniel Cohn-Bendit, que vous critiquez cette culture politique à la française, cette incapacité de trouver des compromis, de s'allier comme ça peut se passer en Allemagne, par exemple. Et quand vous parlez de nouvelles perspectives, la perspective, elle s'incarne évidemment dans des hommes. Il y a des élections qui approchent le 9 juin prochain, les élections européennes. Vous soutenez la liste portée par Raphaël Glucksmann. Qu'est-ce que vous voyez en lui qui tranche avec ce que porte Emmanuel Macron ?

2:40
Daniel Cohn-Bendit

Je veux dire que Raphaël, c'est autre chose. Aujourd'hui, Raphaël Glucksmann, pour moi, incarne quelque chose qui manque encore dans la politique française, ou manque de nouveau, c'est-à-dire une culture de gauche réformiste, réformiste qui est un peu une synthèse écolo-socialo-humaniste. Et donc, je crois que c'est ce dont a besoin la France aujourd'hui, une gauche réformiste qui sera capable, après, en proposant un programme innovant, de faire des coalitions et d'incarner, d'organiser, plutôt, une nouvelle majorité.

3:26
Invité

Avec qui, Daniel Cohn-Bendit, lorsque vous parlez de coalitions ? Est-ce que, quand on regarde vers la gauche, il y a, on l'imagine, les écologistes, avec qui ce serait possible le Parti Socialiste, et encore plus à gauche, jusqu'à LFI ?

3:41
Daniel Cohn-Bendit

Non, je crois que LFI, justement, c'est l'incarnation du refus de faire de la politique. C'est un radicalisme qui mène dans le mur, d'autant plus que, disons, la politique de Mélenchon aujourd'hui est une politique qui est très dangereuse, parce que c'est un mélange de radicalisme, c'est un mélange d'islamo-folie, c'est un mélange d'antisémitisme qui ne s'avoue pas vraiment. Bref, je crois que, justement, la gauche doit s'émancipier de LFI, surtout de Jean-Luc Mélenchon. Après, il y a des tas de militants à LFI, des gens qui pourraient rejoindre. Donc, moi, je crois qu'il y a deux choses.

Une liste menée par Raphaël Guzman devrait essayer de réaliser, disons, une nouvelle union à gauche, et si elle réussit aux Européennes, pourrait relancer un nouveau cycle, disons, pour la gauche en France.

5:00
Présentateur

C'est ce regard critique sur LFI qui ne vous incite pas à porter vos yeux, par exemple, sur François Ruffin, qui est défendu par un autre soutien déçu d'Emmanuel Macron, Jacques Attali ?

5:12
Daniel Cohn-Bendit

Mais ça, c'est autre chose. Moi, pour l'instant, dans ce qu'il exprime au Parlement européen, et on parle aujourd'hui des élections européennes. Oui. Donc, Ruffin, pour moi, autant que je sache, il ne se présente pas aux élections européennes. Non. Donc, chaque chose en son temps, si vous voulez. Aujourd'hui, la liste, disons, si Raphaël Guzman réussit son accord avec le PS, ce qui n'est pas encore fait, et donc lance une dynamique, il faut pousser cette dynamique.

Une fois les Européennes passées, et on voit quel succès a eu cette liste, comment vont réagir les électorats des Verts, parce que je crois que le Parti Vert ne comprend pas le danger de la situation, parce que tout ça, cette élection européenne, se passe quand même dans un moment critique, où de plus en plus d'électeurs se portent vers la droite, l'extrême droite.

6:20
Présentateur

Qui est en tête des intentions de vote, si on regarde les sondages.

6:23
Daniel Cohn-Bendit

Oui. Et donc, à partir de là, c'est une situation qui n'est plus la même qu'il y a quatre ans ou il y a neuf ans. C'est pour ça qu'il faut essayer d'innover. C'est pour ça que je crois qu'il faudrait une liste commune, écolo-socialo-humaniste aux élections européennes, pour redonner de l'espoir à un électorat réformiste de gauche, qui existe, qui a envie de quelque chose d'autre. Et après, en fonction de cette dynamique, on va voir comment la politique peut évoluer après. Mais donc, encore une fois, on parle des élections européennes, c'est pour les élections européennes, et l'histoire de Ruffin ou quelque chose d'autre, on verra plus tard.

Il faudrait d'abord que Ruffin couple le cordon ombilical avec Mélenchon.

7:20
Invité

Alors, parlons d'Europe, justement, Daniel Kohn-Mendit. Parlons de ceux qui aspirent à intégrer l'Union européenne, et notamment de l'Ukraine. On a vu, il y a quelques jours, les manœuvres de Viktor Orban dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a bloqué l'aide de 50 milliards d'euros que l'UE doit fournir à l'Ukraine. Il conditionne son vote, ou en tout cas, il conditionne de ne pas mettre son veto au déblocage de fonds destinés à la Hongrie, qui est sanctionnée. Est-ce qu'Orban a gagné ? Est-ce qu'il est le maître chanteur des 27 aujourd'hui ?

7:54
Daniel Cohn-Bendit

Ce n'est pas si simple. Le problème aujourd'hui qui se pose avec Orban, et qui se pose d'ailleurs avec tout élargissement, c'est qu'il faut l'élargissement et une réforme du fonctionnement de l'Union européenne. Les décisions à l'unanimité ne sont démocratiquement plus supportables. C'est-à-dire, voilà, c'est ça le problème. Et donc Orban est Orban. Orban est un allié, si vous voulez, de Marine Le Pen. Donc vous voyez comment les nationalistes fonctionnent dans l'Europe. Si vous voulez savoir ce qui changerait si on avait Marine Le Pen au pouvoir, regardez ce que fait Orban en Hongrie.

Donc, si vous voulez, il faut en même temps, et là il faut reprendre le « en même temps », il faut en même temps en Europe donner des perspectives à l'Ukraine et réformer le fonctionnement de l'Europe. C'est-à-dire, les nationalistes, même s'ils acceptent l'Europe, ils acceptent l'Europe à condition que leur idée nationale soit prépondérante et donc bloquent le fonctionnement de l'Europe.

9:04
Présentateur

Daniel Cohn-Bendit, vous êtes un Européen, on l'a dit, vous êtes aussi un écologiste. Cette semaine, la COP28 se tenait à Dubaï. L'an prochain, elle doit avoir lieu à Bakou, en Azerbaïdjan. Est-ce que vous pensez, comme ces nombreux élus qui signent un texte dans la tribune dimanche ce matin, que cette COP29 à Bakou serait un rendez-vous de la honte et du déshonneur ?

9:24
Daniel Cohn-Bendit

Écoutez, c'est le fonctionnement de l'ONU. C'est toujours facile de dire, de France, on signe, on fait ceci, on fait cela. L'ONU, c'est un rassemblement de plus de 200 États. Donc, c'est tout membre de l'ONU, et potentiellement, peut être le lieu d'une COP.

9:49
Présentateur

Même s'il est dépendant au pétrole, au gaz, même s'il opprime les opposants politiques.

9:53
Daniel Cohn-Bendit

Et aussi, les Émirats aussi, et disons la COP qui a eu lieu à Dubaï a été une petite avancée. Vous savez, il n'y a pas de gouvernement mondial, il n'y a pas de gouvernement... Kant n'est pas réalité aujourd'hui dans l'espace universel. Donc, ce sont, là aussi, c'était très difficile. Donc, au lieu de perdre mon temps en dire, c'est d'une honte, oui, moi je préférerais que ça soit autre part. Eh bien, faisons que la petite avancée qu'il y a eu à Dubaï puisse être renforcée, qu'il y ait des fonds débloqués pour les pays victimes de la dégradation climatique, etc. Sans ça, on perd son temps avec ce genre de déclaration, parce que ça ne se décide pas à Paris, où aura lieu, ça se décide à l'ONU.

Et ça, c'est assez complexe et difficile.

10:47
Présentateur

Une dernière question très rapidement, parce qu'on arrive à la fin de cet entretien sur la fin de vie. François Zardy écrit aujourd'hui au président de la République pour demander une légalisation de l'euthanasie. Emmanuel Macron n'avance pas assez vite sur le sujet, selon vous ?

11:01
Daniel Cohn-Bendit

Oui, et moi je ne comprends pas que parce qu'il a fait une conférence citoyenne qui, à 90% de ceux qui d'accord, était pour une législation positive sur la possibilité de se donner la fin de vie. La Cour suprême allemande a même dit que la possibilité de faire terminer sa vie, de décider soi-même la fin de vie, est un droit fondamental, une liberté fondamentale. Je suis d'accord, et je crois qu'aujourd'hui, il faut qu'il y ait une législation positive.

Je comprends, Emmanuel Macron est religieux, visiblement, il n'aime pas ça, mais je crois qu'aujourd'hui, nos sociétés sont capables de supporter le fait que ce n'est plus la religion qui décide qui peut se donner la fin de vie, mais que c'est un droit individuel, et ce droit, il faut qu'il puisse se réaliser.

12:01
Présentateur

Daniel Cohn-Bendit, merci de nous avoir répondu sur Inter.

"Le projet d'Emmanuel Macron ne tient plus la route", fustige Daniel Cohn Bendit — Daniel Cohn-Bendit · Pourquijevote