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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 4 juin 2021 65 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiRetraitesÉconomie & entreprisesEurope & international

Macron, le candidat et les "décisions difficiles" #cdanslair 03.06.2021

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 37 %Attaque 35 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:56OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a changé dans la communication de Macron ?

  • 3:41OuverteRéponse directe

    Pourquoi Macron insiste-t-il sur son tour de France ?

  • 5:02RelanceRéponse partielle

    Ce genre d'exercice n'est-il pas éculé ?

  • 7:10OuverteRéponse directe

    Quelle image de la France Macron veut-il renvoyer ?

  • 10:06OuverteRéponse directe

    Quel élément nouveau pourrait rendre impossible une candidature de Macron ?

  • 16:50FerméeRéponse directe

    Est-ce que les décisions difficiles évoquées concernent la réforme des retraites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 13:28PrésentateurFait
    « Je ne crois pas à l'idée qu'on donne de l'argent sans condition. »
  • 13:56PrésentateurFait
    « Je préfère payer un employeur pour qu'il prenne un apprenti que payer un jeune sans condition. »
  • 26:43InvitéFait
    « Quelles que soient les cruautés de l'histoire qui vous ont amené ici, sachez que vous faites partie de la richesse de la France. »
  • 28:22InvitéFait
    « Oui, mais moi, je n'ai pas fait de politique avant et je n'en ferai pas après. »
  • 30:45PrésentateurFait
    « Vous me reprochez d'avoir fait ce que j'ai dit et vous avez voté pour moi. »
  • 35:16PrésentateurChiffre
    « 45% des ouvriers envisageraient de voter pour le RN à la prochaine présidentielle. »
  • 39:01PrésentateurChiffre
    « 4 électeurs sur 10 votent pour le Rassemblement National. »

Temps de parole

  • Présentateur55 %
  • Invité20 %
  • Invité 216 %
  • Invité 34 %
  • Invité 42 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion, revenir à portée d'engueulade, comme on dit, reprendre le fil d'un quinquennat mis à l'arrêt par la crise sanitaire et débuter une campagne présidentielle. Depuis hier, Emmanuel Macron, dans le lot, a jonglé entre son statut de chef d'État et celui de candidat. Il assure vouloir agir jusqu'au bout de son mandat, évoque même des décisions difficiles qui pourraient l'empêcher de se présenter, évoquant dans la foulée une réforme des retraites qui ne pourra pas être reprise en l'État.

Comme à son habitude, il a assumé l'échange direct, sans filtre avec des Français, des élus parfois remontés. Un Macron qui multiplie les exercices vidéo avec des Youtubers, interviews fleuve dans la revue Zadig, en pleine campagne des régionales, alors même qu'on annonce une gifle pour le parti présidentiel. Alors que retenir de ces deux jours dans le lot ? Quelle stratégie se dessine pour sa campagne présidentielle ? Quelle priorité pour sa fin de mandat ? Macron, le candidat et les décisions difficiles, c'est le titre de cette émission.

Avec nous pour en parler ce soir, Yves Tréhard, vous êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro, éditorialiste à la une de votre journal aujourd'hui à Saint-Cyr-Lapopi, la carte postale politique d'Emmanuel Macron, nous y reviendrons. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Avec nous ce soir, Éric Fautorino, vous êtes écrivain, cofondateur du trimestriel Zadig et du 1 Hebdo. Dans le dernier numéro de Zadig, on peut retrouver une longue, très longue interview d'Emmanuel Macron. Nous y reviendrons aussi en détail avec vous.

Neila Latrousse, enfin, vous êtes journaliste politique à France Info, et on vous retrouve tous les matins dans le Brief politique. Mais bonsoir à tous les cas. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. On va bien sûr parler du fond de tout ce qu'a dit aujourd'hui et hier Emmanuel Macron. Mais un mot sur la forme, peut-être avec vous, Nathalie Saint-Cricq. On a l'impression de voir des images qu'on a déjà vues 20 fois. Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui a changé ? Il repart, il remet sans cesse sur le métier son ouvrage. C'est-à-dire qu'il a fait l'itinérance au moment de, en 18. Il a fait son grand débat après.

Et là, il a annoncé qu'il allait reprendre son béton de pèlerin laïque, précise-t-il. Et on a des images, mais j'aurais tendance à dire que les premières images que nous avons sont un peu plus de nature de la carte postale, comme disait Yves Traher, ou du moins comme le disait le Figaro. C'est-à-dire que ça a une image de propreté, de, comment dire, non pas de fabrication. Mais ça n'est pas exactement ce qu'on attend. Mais, pour être honnête, il faut juger, puisqu'il y aura une dizaine de déplacements. Alors, si les premières sont relativement gentillettes, c'est-à-dire que les échanges sont de bon temps. Alors, on l'a interpellé sur les retraites aujourd'hui.

C'était un peu plus tonique qu'hier, où il y avait simplement quelqu'un qui lui demandait, qui lui disait qu'il était aussi beau qu'Mbappé, ce qui n'était pas extrêmement productif pour la campagne électorale. Mais il faut qu'il aille dans le dur pour l'instant. S'il veut effectivement prendre le pouls du pays, comme il l'a annoncé, c'est-à-dire pas simplement dire les choses agréables et avoir des échanges qui sont bon enfants. Hier, logique, 200 personnes dans ce village, 79% de personnes qui ont voté Macron au deuxième tour. Il n'a pas choisi... Sorti sans risque. Elle était relativement sans risque.

Mais on peut comprendre que pour sa première sortie, il n'ait pas choisi une espèce d'endroit épouvantable qui renverrait aux Français l'idée de l'insécurité, l'idée d'une tension sociale. Mais j'ai cru comprendre qu'on allait aller en progressant. Donc on a une image, un feel good, une feel good image, comme on dit. Quelque chose qui nous envoie des choses agréables. Les jolis pavés, des fleurs, il fait beau. On est à Saint-Cyr la popie. Après Martel, ça se corse un petit peu. Il faut voir ce qui va se passer dans les quartiers nord. Il faut voir ce qui va se passer s'il avance un petit peu dans le dur.

Neila Latrousse, sur ces premières images, on rappelle quand même aux gens qui nous regardent et qui ne l'ont pas oublié qu'on est à deux semaines des élections régionales.

3:41
Invité

Oui, alors toute l'astuce justement de la majorité, c'est de dire en fait que ce n'est pas vraiment lié au régional puisqu'il ne va pas s'arrêter au 27 juin, qu'il va poursuivre ce tour de France en juillet. Donc d'une certaine façon, ça permet aussi de nourrir le récit autour de prendre le pouls, d'aller écouter les Français. Cela dit, il y a tout de même un reproche qui est fait au chef de l'État, au chef au pluriel. Tous les chefs de l'État vers la fin des quinquennats, que ce soit Jacques Chirac, que ce soit Nicolas Sarkozy, que ce soit François Hollande, on a tous dit à un moment qu'il y a le syndrome de la Tour d'Ivoire.

C'est-à-dire, arrivé à la fin du quinquennat, on arrive sur des présidents qui n'écoutent plus que leurs conseillers, qui n'écoutent plus que leurs sondages. Et on commençait aussi à entendre des élus, ceux de l'Association des maires de France, dire « Ah là là, nous les maires, on n'est jamais écoutés. Le président décide tout seul, dans son bureau, sans jamais consulter personne. » Il y a aussi de cela dans ce Tour de France.

Il y a aussi l'idée de « Regardez, je ne suis pas seule, je viens écouter les Français, je suis effectivement à portée d'engueulades, je me mets dans la peau d'un maire » et puis on me dit « Ah là là, hier à Saint-Cyr-la-Poupie, effectivement, on lui disait « Monsieur le Président, on est terrifiés par les cambriolages. » Bon, ben voilà, c'est du concret. Aujourd'hui, on l'interpelle sur la CSG pour les petites retraites. Il dit « Vous voyez, c'était dans mon programme et puis je vous ai écoutés. » Il essaye aussi de montrer qu'en réalité, la décision ne se prend pas que dans le Conseil de Défense et de clore un peu cette période-là du président solitaire qui prend ses décisions tout seul.

Yves Tréhard, ce n'est pas éculé ce genre d'exercice ?

5:06
Présentateur

Non, parce que je ne crois pas. Je pense qu'il faut, et le président Macron l'a compris, il faut tout faire à la fois. C'est-à-dire que vous avez l'épisode qui a fait couler beaucoup d'encre, mais qui a été beaucoup regardé chez les jeunes, McFly et Carlito, même si ces jeunes-là, je ne suis pas sûr qu'ils votent, parce qu'ils sont vraiment très jeunes, ils ne sont pas tous ceux qui regardent. C'est 12 millions de vues, c'est énorme. Et le papier glacé avec Éric Fautorino, qui est avec nous, où là, il nous donne une perspective géographique, sa géographie française. Et puis, vous avez la vieille école, c'est-à-dire qu'on va à la rencontre des Français.

Et il a bien vu qu'après l'épisode des Gilets jaunes, ou pendant l'épisode des Gilets jaunes, ça lui avait réussi. C'est lui qui, d'une certaine façon, je ne dis pas qu'il a débranché les Gilets jaunes, mais qui a apaisé la situation. Avec le grand débat. Avec le grand débat, où il s'est promené partout en France. Alors là, ce qui est intéressant, ça va être le contenu. Autant hier, c'était comme l'a très très bien dit Nathalie, c'était gentil hier, en plus il est en territoire conquis sur le plan électoral. Là, aujourd'hui, il pose un premier jalon qui est extrêmement intéressant et important. Ce que je comprends de ses propos, c'est que la réforme des retraites, elle n'est pas écartée.

Il va la reprendre, pas sur le côté systémique, mais sur le côté paramétrique. Pour quelle raison ? Pour accrocher cet électorat de droite, qui est en train, petit à petit, aujourd'hui, de s'éloigner, enfin pour une petite part, de s'éloigner de lui, parce que se profile aussi le risque, même si dans les sondages, ce n'est pas encore manifeste, qu'un candidat de droite, lui, lui grappille cet électorat, je dirais, qui est entrepreneurial.

On va y revenir, Yves Tréard, si vous le voulez bien, on va entrer dans le détail sur ce qu'il a dit, et vous avez raison de pointer la réforme des retraites parce qu'il a évoqué, c'est même le titre de notre émission ce soir, les décisions difficiles, mais je voudrais, si vous le voulez bien, qu'on reste un instant avec Eric Fautorino sur la carte postale et l'intention en termes de communication, on peut le dire comme ça, du président de la République vis-à-vis de la France, de cette image de la France qu'il veut renvoyer. Et c'était assez présent dans cet entretien qu'il vous a accordé, Eric Fautorino.

Il a cette phrase, il dit « Ma France est une carte sensible entre deux pôles, que sont Amiens et les Pyrénées, puis un troisième pôle qui est Paris ». Il s'est beaucoup exprimé dans cette interview sur son rapport au pays.

7:38
Invité

Oui, c'était vraiment l'ambition de cet entretien, c'est ce que je lui avais demandé, c'était raconter votre France, puisque parmi les reproches qui vous sont faits depuis le début de votre mandat, c'est que vous êtes un candidat hors sol, qui n'est pas enraciné, on parle de la banque Rothschild, on parle de l'ENA, on parle un petit peu de la villégiature du Touquet avec votre épouse Brigitte, mais qu'est-ce que c'est votre France ?

Donc ça, je crois que c'était important qu'il la raconte précisément, qu'il parle de ses cousins dans les Pyrénées qui ont eu du mal à trouver du travail, de ce qu'il appelle la morsure de la désindustrialisation, bref, qu'il ne soit pas dans les généralités, mais qu'on voit qu'il touche la France du doigt. Et d'ailleurs, la photo que nous publions de sa main sur ses cartes en relief, en plastique, comme je n'en avais plus vu depuis quand même très longtemps, honnêtement, c'est une manière, cette espèce de leçon de choses.

Alors, quand on s'écarte un peu de ça, je trouve qu'il y a une sorte de continuité, j'allais dire depuis Pompidou, et pas De Gaulle, parce que De Gaulle, c'était l'histoire. Il était l'histoire, il était la France, il n'avait pas besoin de prouver qu'il connaissait la France, il en était issu, il avait fait la guerre de 1914, il était l'homme du 18 juin, etc. Il avait aussi reconfiguré la France ou l'Empire français avec la décolonisation, l'Algérie. Tous les autres présidents ont eu, d'une certaine manière, l'ambition, à un moment donné, de montrer en quoi ils étaient français. Et je voudrais rappeler juste une chose qui est très importante et significative.

Je ne sais pas si Macron y a pensé. Mais quand Pompidou devient président de la République, on lui reproche quoi, à un moment donné ? Et qu'il est un banquier de chez Rothschild, ça rappelle d'ailleurs des choses, qu'il a été banquier chez Rothschild. Eh bien, il y aura un film du service public de Pierre Desgros pour cinq colonnes à la une. Ça s'appelle « Adresse l'Elysée ». Et on voit Georges Pompidou un peu harassé à l'Elysée, le soir dans les embouteillages. Et tout d'un coup, on le voit à Montboudif, on le voit dans sa région, avec sa clope au bec, si j'ose dire, son col roulé. Et pour montrer qu'il nous montre que la France, il a les pieds enracinés, les pieds dans le terroir.

Je crois que tous les présidents, après lui, ont dû faire cet exercice. Alors la Corrèze a été souvent sollicitée, avec Jacques Chirac, avec François Hollande, l'Auvergne avec Valéry Giscard d'Estaing. Enfin, Mitterrand, lui, il était à la lisière entre l'histoire et la géographie, on peut dire. Il connaissait les patelins dans le détail, il y avait sa montée de secret, etc. Et puis, Sarkozy est un peu l'exception. Il n'a jamais eu vraiment été perçu comme quelqu'un d'enraciné dans le territoire.

10:14
Présentateur

Et il a été convaincant sur cet aspect-là, à vos yeux, Éric Fautorino, sur ce côté ancré dans les territoires, dans l'entretien qu'il vous a accordé ?

10:22
Invité

Pour moi, il y a deux moments. Il y a un moment que j'ai trouvé un peu attendu. J'attendais évidemment Amiens, la Picardie, les Pyrénées, puisque c'était cette carte du tendre qu'on connaissait d'une certaine manière. Là où j'étais plus surpris, vous savez, quand on fait ce métier de journaliste, c'est à un moment donné, il y a un détail vrai. Il y a un détail vrai qui fait que ou bien c'est du pipeau, ou bien c'est autre chose. Et cette autre chose qui, malheureusement, il l'a coupée lui-même par une phrase que je trouve qu'il n'avait pas à être, c'était de dire que la Seine-Saint-Denis, c'était la Californie sans la mer.

J'allais dire que c'est dommage qu'il ait dit ça, parce que trois lignes plus tard, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que la Seine-Saint-Denis est le seul département où la France a accepté d'être un pays d'immigration. Et je pense que ça, c'est très important. C'est effectivement cette main tendue qu'il envoie au banlieue, à la Seine-Saint-Denis. Et il y a ce détail vrai quand il dit, avec le maire de la Courneuve, il regarde pendant le confinement tous les gens qui sont aux fenêtres des immeubles. Et le maire lui dit, vous savez, je suis inquiet parce que demain, tous ces gens-là seront à 5h du matin dans le métro, les enfants ne mangeront pas. Et là, il dit, il faut réouvrir les écoles.

Donc je pense que ça, ça fait partie des détails vrais, où il y va, il comprend quelque chose.

11:44
Présentateur

D'accord. En tout cas, après des mois de pandémie, le président retourne donc dans l'arène pour se livrer à un exercice, et à l'un de ses exercices préférés, un tour de France. Une marche en pleine campagne des régionales. Il s'invite avec un autre calendrier, celui de la présidentielle, entre écoute des colères, discussions sans filtre et premiers indices sur le ton et sur le fond de sa future campagne. Mélanie Nunes et Emmanuel Bach.

12:07
Invité

Martel, la ville aux 7 tours, petite cité médiévale dans le nord du Lot. Une fois par semaine, sous les Halles, séjour de marché. 7,80. Et parmi les commerçants, certains ont livré un cadeau au président. Il a eu un petit peu de figue au foie gras, un petit peu de terrine de campagne au foie gras, du magret séché qui se trouve sur votre gauche là-bas, et puis après c'est un assortiment de conserves avec les cuisses confites. Il est bien servi, il a eu un produit de chaque, grosso modo. Des attentions, mais beaucoup aimeraient aussi qu'on s'intéresse à eux. On nous oublie un peu, mais il faut s'occuper des petits territoires. Il n'y a pas que Paris.

Être plus considérés, plus écoutés et aborder leurs problèmes. On s'aperçoit de plus en plus que les gens qui ont des petites retraites et qui ont du mandat à vivre avec leur retraite. Moi j'ai 1000 euros pour 42 ans de cotisation. C'est pas beaucoup. Et mon épouse aura un rachirement moins que moi. Des habitants impatients. Alors forcément, quelques heures plus tard dans les rues de Martel, c'est un peu la bousculade. Un président interpellé sur la réforme des retraites, la taxation des plus riches, mais aussi le revenu universel.

13:28
Présentateur

Mais je ne crois pas à l'idée qu'on donne de l'argent sans condition. Parce que c'est pas une bonne solution. Je le dis sincèrement. Et puis être citoyen, c'est avoir des devoirs et des droits. Et donc il faut que nos jeunes soient mieux accompagnés. Vous avez raison. Parce qu'ils ont beaucoup souffert. Mais je pense qu'il faut garder cette philosophie.

13:45
Invité

La jeunesse, l'une des priorités, explique le président. La clé pour la relance dans les mois à venir.

13:52
Présentateur

On n'a jamais eu aujourd'hui autant d'apprentis. Et pourquoi ? Parce qu'on finance. Parce qu'on ne paye les emplois. Je préfère payer un employeur pour qu'il prenne un apprenti. Que payer un jeune sans condition.

14:01
Invité

Et donc le premier pilier, c'est ça. Le deuxième, c'est réindustrialiser le pays. Formé à tous les âges de la vie, réindustrialiser le pays. À Martel, pas de grosses industries. Mais la crise a aussi laissé des traces. Dans son restaurant, Alexis Rajeau en sait quelque chose. Même s'il est ravi d'avoir préparé le menu pour les collaborateurs du président.

14:21
Présentateur

Alors là, c'est le filet de dorade royale.

14:26
Invité

C'est quand même pas tous les jours que ça arrive, ce genre d'événement.

14:29
Présentateur

J'aurais préféré avoir M. Macron à notre table. Mais bon, ça, c'est une autre fois.

14:35
Invité

L'avoir à sa table pour lui faire part de ses difficultés après un an de crise sanitaire. L'an dernier, ça a été assez compliqué parce qu'on n'a pas du tout été aidé.

14:44
Présentateur

Et il y avait trop de critères pour pouvoir avoir quelque chose.

14:48
Invité

Le restaurateur a évalué son manque à gagner à 300 000 euros. Mais il n'aurait pas fallu que ça dure plus longtemps que ce que ça n'a duré.

14:56
Présentateur

Sinon, ça aurait pu être catastrophique. On ne rattrapera jamais ce qu'on a perdu.

15:00
Invité

Mais encore une fois, le principal, c'est que dans le futur, on puisse arriver à avoir une vie à peu près correcte comme avant. À ses côtés, sa femme, elle aussi, a un message pour le président.

15:14
Présentateur

Il faudrait qu'il comprenne notre métier qui est difficile. Quand on a un métier où on a énormément de mal à trouver du personnel, il faudrait peut-être augmenter encore les salaires et baisser les charges. Il faudrait qu'il soit plus au contact avec des vrais commerçants, des gens sur le tas. Il faudrait vraiment qu'il soit, pas que dans des grosses usines ou des choses comme ça, il faudrait vraiment qu'il soit dans des petits commerces pour voir la réalité.

15:38
Invité

La réalité d'un petit village qui, comme partout en France, se relève difficilement d'une crise sans précédent. Et ça, Emmanuel Macron l'a bien compris. Ce que notre nation vit, c'est un sentiment d'insécurité, mais où, en quelque sorte, tout rentre en harmonique. C'est-à-dire, c'est l'inquiétude sur est-ce qu'on va réussir à financer ceci, cela. C'est l'inquiétude sur le sujet climatique.

16:00
Présentateur

C'est l'inquiétude face aux faits migratoires. Une dame, d'ailleurs, s'est miroité les deux sujets. C'est l'inquiétude culturelle.

16:07
Invité

Et c'est l'inquiétude liée aux faits divers. Tout ça, au fond, correspond d'un même sentiment dans notre pays. Le fait qu'on ne maîtrise plus les choses et qu'on vit dans un environnement qui n'est plus le même.

16:16
Présentateur

Donc j'essaie de prendre deux pas de recul parce que je pense que c'est profond. Avec cette peur, on doit lui apporter une réponse,

16:21
Invité

qui est une réponse à la fois systémique dans nos politiques publiques, mais aussi en termes de valeurs, en termes de civilisation et de culture que nous portons. Un président qui n'est toujours pas officiellement en campagne, mais qui devra bientôt prendre, dit-il, certaines décisions difficiles.

16:39
Présentateur

On était en train de commenter les propos d'Emmanuel Macron. Il va y revenir parce que c'est vrai que l'entendre parler de valeurs et de civilisation, ce n'est pas anodin le moment dans lequel nous sommes. Mais d'abord cette question. Quel élément nouveau pourrait rendre impossible une candidature de Macron ? C'est Philippe dans les Yvelines qui nous pose cette question. Et là, je reviens vers vous, Yves Tréa. Est-ce que quand il parle de décisions difficiles, qui pourraient l'empêcher d'être candidat, c'est la réforme dont vous parliez tout à l'heure, la réforme des retraites ? C'est notamment cette réforme-là. C'est la réforme difficile.

On a vu que juste avant la crise sanitaire, c'était la réforme qui faisait couler beaucoup d'encre, qui mettait les gens dans la rue, qui soulevait, je dirais, l'opposition des syndicats et même des partis politiques, parce que personne n'y comprenait rien. Il a très vite compris que personne n'y comprenait rien. Ce qui fait que quand il dit qu'il faut changer, enfin, on ne peut pas la reprendre en l'État, ce qui est sûr, c'est qu'en fait, il va en faire une réforme, comme la droite, paramétrique, c'est-à-dire qu'il va augmenter l'âge de départ à la retraite.

Mais ce qu'il va faire, et il en a parlé là, il a insisté, il y a un mot très important dans sa bouche, pendant ce séjour, c'est « jeunes ». Il faut qu'il capte le vote des jeunes. Pourquoi ? Parce que les personnes qui votent en majorité, on va faire de généralisation, mais qui votent beaucoup pour Emmanuel Macron, sont plutôt les gens, on va dire, qu'ils sont dans la vie active, et ou les gens retraités, qui ne votent d'ailleurs pas pour Marine Le Pen, ils ont tellement peur que leur pension de retraite soit happée par des réformes économiques qui aillent dans le mur, qu'ils ne veulent pas. Mais en revanche, lui, il veut capter ce vote des jeunes. Il vote en partie pour lui.

Il vote en partie pour lui. Oui, mais il vote peu aussi, parce qu'il y a beaucoup d'abstention. Alors ce qu'il veut faire, moi, c'est bien, on ne donne pas de l'argent sans contrepartie. Mais il va quand même aller sur une formule qui ne sera pas un revenu universel donné comme ça, sans contrepartie, mais il va inventer quelque chose qui aura un parfum de gauche. Donc vous aurez d'un côté un parfum de droite avec une réforme de retraite qui sera une réforme paramétrique, sur « il faut travailler plus longtemps », et c'est comme ça, et on ne peut pas faire autrement. Surtout que la dette des comptes publics se creuse énormément avec…

Il l'a évoqué, c'était intéressant, sur la question des retraites notamment. Il va falloir payer quand même cette crise du Covid. Et puis d'un autre côté, il va se tourner vers des jeunes en disant « vous allez peut-être travailler plus longtemps, mais on va essayer de vous aider davantage pour vous mettre le pied à l'étrier ». L'idée force d'Emmanuel Macron quand il est arrivé à l'Élysée, et c'était tout le thème de sa campagne précédente, c'était l'émancipation. L'émancipation de l'individu. Ce qui était assez nouveau d'ailleurs dans la philosophie politique française. Et là, il a compris que ça ne pouvait pas suffire. Donc il va faire du collectif, et vraisemblablement…

Alors, pour répondre précisément et de façon courte à votre question, il va prendre un risque. Il va prendre des risques de réforme. C'est évident. Dans la dernière partie de son quinquennat ? Oui, pourquoi ? Parce qu'il ne veut pas être le président qui restera face à ses adversaires, comme le président des Gilets jaunes, qui a augmenté le carburant, de la crise sanitaire, qui est cas-un cas. Et si cette crise sanitaire n'est pas terminée ou ressurgie au mois d'octobre, après l'été, ça va être très compliqué pour lui. Donc il va falloir qu'il trouve quelque chose à dire aux Français.

En tout cas, Neila Latroux, ce qui est très intéressant dans cette séquence, comme on dit du chef de l'État, c'est qu'il a à plusieurs reprises insisté lors de ses deux jours de déplacement sur l'idée qu'il ne pouvait pas, que cette année de fin de quinquennat serait une année utile. C'est vrai que c'est une formule un peu éculée dans la bouche des présidents qui sont des présidents qui rentrent en campagne pour un deuxième mandat. Mais il a dit, il a eu cette phrase, il a dit « je ne peux pas gérer l'été en pente douce ». Il a insisté sur ces réformes qu'il doit mettre en place, quitte à prendre des risques. Ça, c'est attendu ou est-ce qu'il y a un élément de surprise ?

C'est vrai qu'on se dit « prendre des risques », ce n'est peut-être pas le meilleur moyen d'être réélu.

20:45
Invité

Il y avait un débat, en tout cas, autour de lui, de savoir est-ce que dans un pays qui a connu autant de crises, donc effectivement celle des Gilets jaunes, mais aussi la crise sanitaire qui a été un traumatisme collectif, est-ce qu'il fallait amener un moment d'apaisement, poser le stylo, ou est-ce qu'il fallait au contraire continuer à rédiger la transformation ?

Cette question-là, il y a répondu assez clairement, en réalité, avant même que l'ensemble du pays soit déconfiné dans le journal L'Opinion, quand il imaginait sa France de 2025 et qu'il disait tout ce qu'il fallait faire, comme si, d'une certaine façon, l'élection présidentielle n'était qu'une étape, mais qu'il enjambait déjà un peu cet agenda politique, que son quinquennat n'allait pas s'arrêter au premier tour, à la veille du premier tour, ou six mois avant, pour faire campagne.

Donc, il est clairement dans cette idée-là, de dire, « bon, moi, ma campagne, elle ne se fera pas autour d'un bilan, elle se fera autour de l'agenda de transformation que j'ai promis dès 2017, et même avant, en réalité, dans son livre Révolution. » Et puis, il y a un deuxième élément qui tient, en fait, aujourd'hui, à l'analyse que fait l'entourage sur les enquêtes d'opinion, les enquêtes notamment commandées par le service d'information du gouvernement, qui est un peu l'agence de communication du gouvernement, pas d'Emmanuel Macron, mais vraiment du gouvernement.

Et il voit qu'aujourd'hui, l'électorat dit de gauche, qui a voté pour Emmanuel Macron en 2017, au final, faute de débouchés politiques, il reste à qui, à Emmanuel Macron ? Que l'électorat de droite, en revanche, il y a 4-5 points. S'il bascule du côté de Xavier Bertrand, eh bien, c'est Xavier Bertrand qui est qualifié au second tour. Ce qu'il reste chez Emmanuel Macron, eh bien, c'est Emmanuel Macron qui est qualifié pour le second tour face, pour l'instant, dans les sondages à Marine Le Pen. Donc, très clairement, il faut conserver ces 4 à 5 points qui comptent double, d'une certaine façon, parce que c'est eux qui font la bascule.

Et pour les conserver, eh bien, il ne faut pas faire comme les autres présidents. Il faut montrer que la promesse de transformation se poursuit. Et donc, il y a de ça aussi dans ce que fait Emmanuel Macron. Il se dit, j'ai réussi en étant disruptif et en disant, je vais renverser la table. Je ne peux pas, à quelques mois de l'élection, dire, bon, finalement, je vais mettre la nappe, vous sortir les jolis couverts hérités de ma grand-mère et puis on ne bougera plus rien. Et puis surtout, on va manger traditionnel et je ne ferai plus rien, plus aucun mouvement.

Donc, il y a de cela, en faisant le pari, eh bien, que derrière, il y aura une force conservatrice incarnée par Marine Le Pen du « c'était mieux avant » et puis il y a une force progressiste d'un Emmanuel Macron qui dit « l'avenir que je vous promets est radicalement différent et vous verrez, c'est vachement chouette, revenez avec moi » et qu'il n'y aura pas d'espace, du coup, pour une troisième candidature ou pour un challenger. Et donc, on est de retour dans le total en même temps macronien

23:15
Présentateur

puisque dans ces mêmes déplacements, il a quand même beaucoup parlé, on l'a entendu à l'instant dans ce premier reportage, de la violence, une société de plus en plus violente, de cette nécessité de répondre à une forme d'insécurité culturelle, de civilisation et aussi insécurité liée à la délinquance. Donc là, on voit bien que... C'est-à-dire qu'il avait un en même temps qui pouvait être positif dans le temps. C'est-à-dire qu'on pouvait tous, nous, entre les gens de droite, de gauche, considérer que rien n'était simple et qu'il n'y avait pas que la gauche qui était bien ou la droite qui était bien et qu'il fallait prendre un petit peu ce qu'il y avait de mieux dans les deux camps.

Donc, on pouvait comprendre en même temps. Maintenant, je dirais qu'il est plutôt dans la voie étroite ou dans la porte étroite, c'est-à-dire réformer suffisamment et il considère dans son entourage qu'une réforme, ça doit être un petit peu douloureux. Donc, une réforme, pour qu'on ait l'impression qu'il réforme, doit être quelque chose qui n'est pas franchement agréable. Donc, réformer suffisamment, comme le disait Neila, pour ne pas donner aux gens de droite l'impression qu'il dort et qu'en gros, il attend gentiment que ça se passe. Et puis, d'un autre côté, ne pas heurter le pays, dont il sait très bien qu'en sortant du confinement, on ne sait pas exactement dans quel état il est.

Donc, il doit réformer sans traumatiser et trouver quelque chose qui symboliquement donne vraiment l'impression d'une retraite. Il a la nécessité, vous le disiez, de concilier cette espèce d'insécurité culturelle dont il a parlé, c'est-à-dire tout le régalien, alors ça, on entend sans arrêt, il est faible en régalien, c'est-à-dire la sécurité, la vraie sécurité, des inquiétudes sur l'immigration, des inquiétudes sur l'insécurité culturelle. Ah, inquiétudes, pardon, sur les valeurs, sur la civilisation. Mais sur les valeurs, ce n'est quand même pas des mots qu'on entendait très réguliers.

Mais attendez, c'est le discours, certes, du Rassemblement National, mais aussi de Xavier Bertrand, mais aussi d'une partie de gens qui ne sont pas du tout hystériques sur qu'est-ce que va devenir la France, la civilisation européenne. Non, il a bien compris. Et il y a dans l'interview de Zadig, et il y avait dans ses interviews précédentes, et il y avait déjà dans son livre Révolution, cette inquiétude sur qu'est-ce qu'être français, qu'est-ce qu'être français ou qu'est-ce que la civilisation. Donc, à la fois donner des gages, sans tomber, sans faire peur aux jeunes qui ne comprendraient pas qu'on leur fasse l'Occident chrétien.

Voilà, donc il est, j'ai l'impression, une espèce de tunnel, voie étroite, qui est de l'en même temps mais de l'en même temps qui se resserre de plus en plus. Vous l'avez dit précisément, et je me tourne vers vous, Éric Fautorénaud, dans un climat très particulier, crise des gilets jaunes avec cette colère qui donnait le sentiment qu'on allait tous, qu'ils allaient lever le stylo, comme vous le disiez, Neila Latroux, c'est-à-dire ne plus rien réformer pour ne plus embraser un pays éruptif. Éric Fautorénaud, il dit cette phrase, on s'embrase sur le coup de colère, il y en aura d'autres sans doute.

Il anticipe déjà à la veille d'élections présidentielles, l'idée qu'il va falloir remettre le pays, j'allais dire, dans cet état-là.

25:45
Invité

Alors, je ne sais pas s'il pense que c'est un risque qu'il faut peut-être courir, et d'ailleurs, c'est intéressant ce qu'il a dit, ce que vous avez rappelé tout à l'heure, que peut-être des risques qu'il prendrait, l'empêcheraient d'être candidat. J'y vois là une sorte de manière de conjurer le sort de son prédécesseur, qui n'avait pas dit ça, mais qui s'est trouvé de fait empêché par sa propre impuissance et peut-être par moments une absence de volonté. Là, chez Macron, en fait, je crois qu'il n'a pas changé du tout de ce point de vue-là. On l'entendait sur le revenu universel tout à l'heure, il y a forcément une contrepartie. C'est quelqu'un qui aborde, qui déteste l'idée de rente.

Toute rente, tout travail doit être rémunéré, mais toute aide doit être justifiée par un travail que l'on fait, par quelque chose que l'on apporte. Alors, c'est vrai que ce qu'il dit, et ça m'a surpris aussi dans l'entretien qu'il nous a donné, c'est ce qu'il dit en faveur des immigrés, en disant, quelles que soient les cruautés de l'histoire qui vous ont amené ici, sachez que vous faites partie de la richesse de la France. Alors, une phrase comme celle-là, vous imaginez bien que dans l'esprit gilet jaune, ce n'est pas exactement ce qu'il voudrait entendre.

Il voudrait entendre, non pas une préférence nationale comme a pu le mettre en avant Marine Le Pen, mais malgré tout, surtout après cette pandémie, après tout ce qui a été arrêté, ce n'est pas ce qu'il y a de plus attendu par une grande partie de la population. Donc, mise en risque, et je crois que c'est en ayant une sorte de pédagogie de l'inquiétude, qu'il met aussi sous tension son propre électorat.

27:20
Présentateur

Ça veut dire, pardonnez-moi, je vous coupe, Éric Fautorino, il y a encore de la transgression chez ce président candidat.

27:26
Invité

Oui, je crois. Mais oui, parce que je vais vous dire, si on était avec un président, entre guillemets, normal, avec des réflexes normaux, après 15 mois de pandémie, il viendrait, non pas soigner les écouelles, mais vous voyez, il viendrait apaiser, se montrer pour dire « je suis avec vous, vous avez souffert, et je vais vous accompagner ». Il serait dans un discours d'empathie. Moi, je ne crois pas que ce soit un discours d'empathie, ce qu'on entend. C'est le discours de quelqu'un qui dit « si on ne continue pas à avancer, le pays va perdre ». Ce n'est pas un parti qui va perdre. Ce n'est même pas moi qui vais perdre Macron. C'est le pays qui perdra.

28:04
Présentateur

Naïla Latros, vous voulez dire un mot ?

28:06
Invité

Oui, sur ce point, pour rebondir sur ce que disait Éric, c'est assez intéressant dans l'échange avec justement cette personne qui, à Martel, l'interroge sur la CSG et sur les petites retraites et sur le glyphosate. La personne finit par lui dire « oui, je suis moins tordue qu'un politique ». Et le président répond justement « oui, mais moi, je n'ai pas fait de politique avant et je n'en ferai pas après ». Donc, façon de dire qu'en réalité, il est vraiment dans l'idée « je suis là, j'ai un temps, j'ai une mission que je mènerai à son terme et puis si les Français décident de ne pas me reconduire, je ne ferai plus de politique ».

Donc déjà, il essaye de trancher en la matière par rapport à l'ensemble des potentiels candidats qui pourraient être sur la ligne de départ en revenant à l'essence même de ce qui était sa candidature. Moi, je suis anti-système, je ne suis pas du système. Ce qui va être tout de même un exercice relativement difficile à exercer pendant la présidence. Et sur l'agenda de réforme, ce qu'il y a peut-être de nouveau aussi sur la retraite, mais pas que, c'est que désormais, dans son esprit, ou en tout cas dans l'esprit d'une partie de ses conseillers, plus aucune réforme ne peut se faire en oubliant la notion d'intergénérationnelle.

Ça vaut pour les retraites, qui est désormais présentée en disant « bon, on pourra faire les retraites si on fait également un geste à l'égard des jeunes », ce qu'expliquait Yves Tréard en plateau. Ça vaut aussi pour la dépendance, de dire « ben voilà, toute cette période de crise a été une période où on en a énormément demandé aux plus jeunes, où on a enfermé les plus jeunes, où on a peut-être aussi mis en danger une partie de leur avenir, ou en tout cas contribué à accentuer leur sentiment d'insécurité culturelle, professionnelle, économique, etc. Il va falloir à un moment refaire un geste en leur direction. Et c'est là-dessus que peut-être l'agenda de transformation a un peu évolué.

C'est qu'aujourd'hui, il ne peut plus reposer uniquement sur le trou de l'UNEDIC ou de l'assurance-chômage ou le besoin de dépendance. Il y a toute cette donne de l'intergénérationnelle qui s'est invitée dans le débat.

29:53
Présentateur

Il y a une chose qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'Emmanuel Macron est très jeune. Et sa jeunesse a été une des clés de son succès il y a quatre ans. Et donc, ce qu'il veut essayer, à mon avis, s'il est candidat et il y a toutes les chances pour qu'il le soit... Il l'est là, j'avais pas dit, rassurez-moi. Non, non, mais... En 2022, ce qu'il veut essayer de montrer pour 2022, c'est qu'un président comme lui n'a pas de passé, il ne peut avoir qu'un avenir. Et s'il n'a pas de passé, il n'a pas de passif. Et donc, il a un avenir. Et donc, c'est pour ça qu'il est obligé d'avancer.

Et là, promesse qu'il avait faite, contrairement, et c'est là-dessus aussi en 2017, c'est que moi, je serai le président qui tiendra ses promesses. Il le dit d'ailleurs, cette personne qu'il rencontre, il dit, je ne vous comprends pas, vous me reprochez d'avoir fait ce que j'ai dit et vous avez voté pour moi. Il a tenu ses promesses la première année de son mandat. Après, il a été obligé d'en rabattre parce que les circonstances faisaient que c'était compliqué. Et là, il va reprendre son bâton de pèlerin sur ce chemin-là. Et finalement, je suis assez d'accord avec Eric Torino, rien n'a changé depuis 2017.

Les thèmes, rien n'a changé pour lui dans son esprit, la France évidemment, mais pour lui, je veux dire, sa philosophie politique reste la même. J'ajoute qu'il y a dans l'interview de Zadig un tout petit passage qui n'a pas été forcément bien repéré, c'est quand il dit j'étais un enfant roi. Et il a gardé, je pense, de cette enfance ce tempérament un peu transgressif qui est dit de toute façon, je ne calerai pas. Vous me demandez ça, je ferai ce que je veux, pas ce que je veux pour vous embêter, ce que je veux, parce que je pense que c'est ça qu'il faut faire. Donc il est systématique, il ne cale pas.

Quand on le voit avec Carlito et McFly qui jouent comme s'il avait 14 ans et qui tout d'un coup quand il gagne, il fait yes, comme ça, de l'enfant roi au roi enfant, il y a le côté je rinque sur le pays, mais je garde cette espèce de, alors où on est positif on dit fraîcheur, où on est négatif on dit arrogance, on a dit déconnexion, c'est pas forcément la déconnexion, c'est je pense ça, j'y vais, et puis après tout, le fait de mon âge, je peux avoir une vie ailleurs. Je ne suis pas absolument pieds et poings liés et je ne suivrai pas forcément l'opinion.

C'est pas très compatible avec la compassion d'un pays qui vient de traverser la crise des gilets jaunes, la crise des retraites, la crise de la pandémie. Je pense qu'il y a une compassion intellectuelle, c'est-à-dire qu'on peut avoir une compassion parce qu'on pense que les gens ont souffert, qu'on considère effectivement qu'il y a eu des choses qui ont été mal faites, qu'il faut probablement faire une réforme sur la dépendance parce qu'après ce qu'on a vu dans les États-Unis, mais on ne le fera pas caler, ça n'est pas son tempérament.

Et il le dit d'ailleurs, je ne sais plus si c'est dans Zadig ou dans une autre interview lors de ses déambulations, il dit qu'il ne faut pas voir les choses de manière négative. Il est quand même dans cette idée qu'il faut à un moment donné que c'est de jeunesse, voir les choses de manière positive. Éric Fautorino, vous avez demandé la parole. Ça peut paraître un tout petit peu hors sol avec une partie de ce pays qui est éreinté.

32:48
Invité

Bien sûr, mais ce pays a besoin d'une parole et le président, à un moment donné, quel que soit son âge, c'est pour ça que je voulais intervenir, il doit redevenir le père de la nation. Mais ce qui est très intéressant et je rebondis sur ce qu'ont dit Yves Tréard et Nathalie Saint-Cricq, c'est que, est-ce qu'il a été un enfant Macron ? Oui, mais ce qu'il dit à un moment donné, il dit, je suis, je l'avoue, quelqu'un de désynchronisé parce que j'ai la culture de mes grands-parents. Et à partir de là et de sa grand-mère plus précisément.

Donc, quand Yves nous dit effectivement, ce qui est important, c'est les jeunes mais d'un jeune d'autrefois d'une certaine manière, c'est là, je pense qu'il y a un hiatus qui est assez compliqué, je pense, à mettre en musique politiquement et c'est comme ça qu'il le règle, c'est par cette espèce de en même temps avec en effet ces youtubeurs et puis une revue comme la mienne qui est une revue plutôt pour dire non pas des vieux du tout, mais d'un autre territoire en particulier plus intellectuel.

33:45
Présentateur

En tout cas, au même moment, quasiment, Marine Le Pen à Saint-Chamond dans la Loire donne la réplique aux chefs de l'État en campagne, elle aussi, naturellement, pour la présidentielle, la candidate du Rassemblement national donnée en tête au premier tour dans les sondages, espère décrocher plusieurs régions dans 15 jours. Son socle, c'est aujourd'hui, l'électorat populaire, Walid Berissole et Wenen Gouyen sont allés à leur rencontre dans le Nord. Bonjour, c'est pour que je vous avais nos emplois.

34:14
Invité

4h30 du matin, devant l'usine automobile PSA près de Valenciennes. la tête de liste du Rassemblement national Sébastien Chenu profite du changement d'équipe.

34:24
Présentateur

Bonjour, bon courage, bonjour, pardon, merci, bon courage. L'accueil est toujours bon dans le monde du travail, chez les gens qui se lèvent tôt le matin comme on le voit pour aller bosser et faire tourner l'économie française.

34:36
Invité

Ce jour-là, quasiment aucun ouvrier n'a refusé les tracts du parti de Marine Le Pen. C'est bien ça. C'est quoi ? Parce que c'est Marine. Ah ouais. Pourquoi ? J'espère franchement quand même à toi de présidente. Pourquoi est-ce qu'elle vous... Pour changer tout ce bar là parce que ça devient insupportable. Ça peut tout changer d'ailleurs même. Pourquoi ? Parce qu'il y a des idées beaucoup plus claires. C'est-à-dire ? Ben... S'il fait tout ce qu'il dit, ça risque de changer quand même parce qu'il y a beaucoup d'injustice et tout ça dans le boulot maintenant. Et avec lui, je pense que ça peut jouer un bon rôle.

35:14
Présentateur

Selon les enquêtes, 45% des ouvriers

35:17
Invité

envisageraient de voter pour le RN à la prochaine présidentielle. Un grand basculement de la gauche vers l'extrême droite sur lequel Sébastien Chenu entend capitaliser face à ses concurrents dans les Hauts-de-France.

35:28
Présentateur

La droite, Bertrand Macron, on ne les a jamais vus à une sortie d'usine. Ça n'existe pas. Et puis après, les anciens partis qui traditionnellement défendaient les classes populaires les ont abandonnés pour défendre les communautés bien souvent. Donc ça fait bien longtemps qu'il n'y a plus que nous aux sorties d'usines avec les syndicats, bien sûr. Au sein du monde syndical

35:47
Invité

et ouvrier, le RN vient justement de recruter une figure locale. Philippe Teveniot, un ancien de l'usine d'un lop, encarté à la CFTC, égoliste de toujours, dit-il. En cette veille de 1er mai, c'est son dernier jour

36:01
Présentateur

avant la retraite. C'est 40 ans de carrière chez Gaudière d'un lop, avec une forte activité syndicale, bien entendu. Gaudière d'un lop,

36:11
Invité

un conflit social qui avait marqué les esprits et pas seulement dans la région. A l'époque, Philippe Teveniot était au cœur de la négociation.

36:19
Présentateur

On a retroussé les manches, on s'est mis les mains dans le cambouis. Ce fut difficile pour nous parce que les 4-8 sont très difficiles pour la vie sociale et familiale des salariés. Mais vous savez, notre slogan CFTC on a toujours dit le chômage serait beaucoup plus destructeur que les 4-8 pour les salariés et leurs familles. Aujourd'hui, le syndicaliste

36:37
Invité

s'apprête à se lancer en politique, aux couleurs d'un parti qu'il affirme avoir longtemps combattu devant les usines et derrière les banderoles.

36:46
Présentateur

Il est sûr que le Front National du passé, c'était pas possible. C'était non. C'était non. force de constater qu'aujourd'hui, le discours de Sébastien Chenu et même de Marine Le Pen et de son équipe n'a plus rien à voir avec les anciens. L'ancien Front National était d'extrême droite. Maintenant, c'est la droite sociale et populaire celle que LR a abandonnée. Ça veut dire celle que LR a abandonnée. Je retrouve les idées d'un Philippe Seguin, d'un Charles Pasqua. Pour sa première distribution de tracts avec des militants du RN, rendez-vous est pris

37:25
Invité

devant l'usine Valeo.

37:28
Présentateur

Bonjour, monsieur. Bonjour.

37:29
Invité

Où Philippe Teveniot

37:30
Présentateur

retrouve tout naturellement les mots pour parler au monde ouvrier. Quel âge avez-vous, monsieur ? Moi, je vais sur 57 ans. 57 ans intérimaire et toute une vie en industrie d'essence économique.

37:39
Locuteur non identifié

Voilà.

37:40
Invité

Il faut se réveiller et réagir et il faut pourrir. Il y en a marre de ce déclin de ce pays. Je suis parfait. On compte sur vous, monsieur.

37:47
Locuteur non identifié

Merci. Bonne fête du travail. Merci. Au revoir. Au revoir.

37:49
Présentateur

Le désormais ex-responsable syndical se présentera devant les électeurs le 20 juin prochain. Pour les cadres du parti, c'est une prise de choix, une autre facette de l'opération Crédibilité. Dans les Hauts-de-France, sept listes sont en lice pour le premier tour des élections régionales. Et cette question de Franck, de Paris, aussi courageux soit-il, il ne persuadera pas les électeurs des extrêmes, RN et la France insoumise. Il leur parle d'ailleurs ou pas ? Oui. C'est sûr qu'il ne les persuadera pas parce que je pense que là, il a une lecture qui est assez claire.

C'est qu'il y a les électeurs qui ne sont pas dans la mondialisation, qui sont, je dirais, abandonnés par une certaine forme de conduite de l'État, de la France et probablement que ce que fait Emmanuel Macron ne leur convient absolument pas. Et puis, vous avez une autre partie de la France qui est et de gauche et de droite, mais aux extrêmes, de l'oblette, qui, eux, eh bien, sont plutôt tournés vers Marine Le Pen. Vous savez que maintenant, il y a à peu près, même si le terme ouvrier, je ne sais pas s'il veut encore dire quelque chose de précis, parce qu'on va dire un prolétariat qui est multidisciplinaire, mais c'est 4 électeurs sur 10 votent pour le Rassemblement National.

En 1969, Jacques Duclos, candidat à l'élection présidentielle du Parti communiste, fait 25% des voix. Vous voyez, le Parti communiste, aujourd'hui, est à 1%. Où est passée la différence ? Eh bien, il est parti au Rassemblement National. Donc, c'est aussi clair que ça. Le vote populaire est parti, a quitté les partis traditionnels. Si on regarde bien les derniers votes qui ont eu lieu en France, les élections nationales qui ont eu lieu, européennes et présidentielles et législatives, tous les partis classiques ont perdu le peuple. Et le peuple, eh bien, il vote pour le Rassemblement National.

Et Neila Latrousse, il a eu cette phrase, Emmanuel Macron, on parlait tout à l'heure de sa capacité qu'il garde toujours à la transgression. Il dit, on m'a dit président des riches, je m'en fous.

40:06
Invité

Oui, effectivement, et même dans les échanges, on voit bien qu'en fait, il est sur un registre qui a complètement changé, je m'en fous. Enfin, voilà, il assume maintenant complètement le rapport moins empoulé ou en tout cas la pensée moins complexe. Ce que je veux dire, pardonnez-moi,

40:20
Présentateur

j'ai peut-être pas été suffisamment claire par rapport au reportage qu'on vient de voir sur un électorat populaire qui peut lui reprocher cela, il a l'air de dire, oui, bon, ce n'est pas mon sujet, ce n'est pas un reproche que je prends pour moi, non, je ne vais pas augmenter les impôts, non, je ne vais pas changer de politique et c'est un électorat pour l'instant auquel il n'adresse

40:37
Invité

pas de message.

En tout cas, il a du mal pour l'instant à faire passer son message, c'est-à-dire que quand le gouvernement s'exprime en disant on a maintenu le quoi qu'il en coûte, le chômage partiel, etc., ce n'était pas pour les plus riches mais c'était pour protéger au contraire les plus fragiles, c'est un message qui se veut à l'adresse justement de ces classes populaires mais effectivement, il n'imprime pas et d'ailleurs, dans tous les sondages des régionales, quand on regarde région par région, il y a les intentions de vote et puis il y a les certitudes de vote et systématiquement, les listes du Rassemblement national sont celles qui ont la certitude de vote la plus élevée signe qu'effectivement, une fois qu'on a passé le cap et qu'on a dit qu'on allait voter pour le Rassemblement national, il n'y a pas de retour en arrière et aujourd'hui d'ailleurs, c'est peut-être là la difficulté pour un Emmanuel Macron, l'écart de voix, il était de mémoire de 900 000 voix au premier tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron en 2017.

Ces 900 000 voix, il ne faut pas qu'elles partent dans l'abstention. Les classes populaires, aller chercher l'électorat de Marine Le Pen, ce sera compliqué mais il ne faut surtout pas, surtout pas que l'avance qu'il avait, que la dynamique qu'il pouvait avoir fonde au profit de l'abstention ce qu'on a vu dans les élections intermédiaires d'ici là et donc l'enjeu est vraiment là de dire à son électorat de 2017 retourner voter, de dire à l'électorat de droite continuer à voter pour moi mais les classes populaires à mon sens, c'est aujourd'hui quasiment un combat perdu ou en tout cas l'électorat du Rassemblement national c'est un combat perdu pour Emmanuel Macron.

Et d'ailleurs Nathalie Sincrec il fait une espèce de bilan

42:01
Présentateur

à un moment de ce déplacement sur les colères de 2019 et les colères d'aujourd'hui et il dit en gros au sortir de la crise des gilets jaunes etc on était vraiment dans une colère liée au pouvoir d'achat et aujourd'hui il dit c'est plus ça aujourd'hui les colères c'est savoir ce que va devenir notre jeunesse comment on va financer le quoi qu'il en coûte des interrogations plus générales sur où va notre pays il y a encore des interrogations liées au pouvoir d'achat je pense que c'est peut-être un peu rapide de voir de conceptualiser à ce point là les colères parce qu'il y a quand même des vieilles colères souterraines qui ont peut-être été confinées pendant le confinement pour faire une répétition et qui peuvent ressortir mais la seule chose ce qu'il a c'est qu'on dirait qu'il est rationnel c'est à dire qu'il juge comme pour la campagne des européennes il ne dira jamais pour revenir sur la votre question dire aux électorats populaires c'est la faute des immigrés c'est la faute de ci c'est la faute de ça il refusera toujours un discours basique et il l'a refusé pendant les européennes quitte à mais finalement le risque il a pris un risque et à côté de ça à côté de cette rationalité sur les thèmes en risquant de perdre les électorats populaires il mise sur l'irrationnel de sa séduction c'est à dire qu'il pense quand même qu'indépendamment de ça il y aura peut-être à un moment donné une magie qui s'opérera quand il ira au contact et quand il reprendra un petit peu ce qui lui a plutôt réussi les fois précédentes on ne sait pas exactement vis-à-vis de qui c'est à dire cette espèce de contact physique qui est de dire aux gens non c'est pas comme ça non je vous dirai pas ce que vous avez envie d'entendre je vous dirai autre chose donc il faut valoir mais c'est vrai que pour ce qui est de l'électorat en partie la France insoumise et en partie l'Assemblément national il sait très bien que les solutions en termes de sécurité alors même si Gérald Darmanin le joue en termes d'immigration même s'il a annoncé que pour la présidence européenne il y aurait un durcissement sur l'immigration et qu'on en profitera pour remettre un plat Schengen ce qui est quand même quelque chose que demandent les gens je pense qu'il n'ira probablement jamais assez loin pour pouvoir séduire des gens qui considèrent que c'est plus possible et qui de toute façon vu l'émetteur qui n'est pas leur genre qui n'est pas leur style et qui ne tient pas le discours qu'ils souhaitent le banquier tirotil quoi et oui et d'un autre côté il ne va pas se mettre à se déguiser différemment pour essayer de parler peuple et puis de dire des gros mots quand il dit quelque chose pour que ça fasse plus basique et d'ailleurs dans l'entretien qu'il vous a accordé au magazine Zadig Eric Fautorino il ne parle pas de Marine Le Pen

44:12
Invité

il ne cite aucun nom d'un adversaire quel qu'il soit c'est vraiment un dialogue avec la France ou sur la France mais il y a deux points je pense qu'on peut soulever pour poursuivre la conversation le premier c'est que quand on parle avec des politologues certains viennent souvent sur ce plateau on comprend qu'aujourd'hui le Rassemblement national ex-Fonds national n'est plus perçu comme un parti d'extrême droite donc ça c'est déjà une barrière quand même assez importante parce que ça crée probablement un problème à Macron mais ça en crée un sacré à la droite c'est de voir que cette entreprise qu'on a appelée de dédiabolisation ou de banalisation elle a fonctionné l'autre point c'est qu'une partie des électorats alors ils sont peut-être sur la frange comme disait Yves Tréard de l'omelette les extrêmes de l'omelette j'aime bien cette image mais il y a aussi une part de complotisme très forte qui demeure je veux dire par là que aujourd'hui dans la France d'aujourd'hui comme dans nos sociétés modernes on préfère enfin une fraction de la population préfère une contre-vérité simple à comprendre qu'une vérité compliquée et comme Macron est toujours dans l'idée qu'il faut rentrer dans la complexité j'allais dire c'est pas seulement Ricœur c'est Edgar Morin c'est toute cette école là il faut rentrer dans le complexe si on n'accepte pas de rentrer dans le complexe on va rien comprendre à ce qui nous arrive et je pense en voyant Sébastien Chenu tout à l'heure à la sortie de l'usine et avec cet ancien syndicaliste je pense qu'ils sont dans la transmission d'une incompréhension du monde et c'est ça qui je trouve et alors il y a des électeurs qui bien sûr iront dans cette incompréhension du monde parce qu'elle les rassure

45:52
Présentateur

Marine Le Pen qui était donc elle aussi en campagne je le disais tout à l'heure dans la Loire elle a résumé son mantra pour la campagne présidentielle elle dit protection donc emploi sécurité projection développement économique transmission préservation de nos territoires et de nos valeurs elle parie sur un beau score au régional est-ce que le président lui-même anticipe une défaite et est-ce qu'il l'a déjà enjambé rapidement Yves Tréa ?

Très rapidement oui en allant à la rencontre des français c'est qu'on a l'impression qu'il est déjà en campagne présidentielle il est en campagne présidentielle c'est une façon d'enjamber l'élection régionale peu importe un échec et une victoire éventuelle du rassemblement national c'est toute la contradiction de Macron il envoie des ministres pardonnez-moi l'expression au casse-pipe dans le nord ici et là alors qu'il sait très bien que c'est perdu mais il ne faut pas se tromper non plus si on regarde bien les études d'opinion le rassemblement national n'a pas encore gagné pas du tout même il est en très bonne position au premier tour dans beaucoup de régions mais il est loin d'avoir gagné parce que le front républicain contrairement à ce qu'on croit n'est pas complètement mort et puis il peut y avoir un sursaut rappelez-vous quand même comparaison n'est pas raison mais les élections régionales on donnait la république en marche régionales on donnait la république en marche capoute aux élections européennes pardon on les donnait capoute et ils font jeu égal avec le rassemblement national alors le président a une nouvelle fois lors de ce déplacement évoqué des décisions difficiles pour la dernière partie de son quinquennat où la réforme des retraites qui reste la mère des réformes c'est une expression qu'il a encore utilisée aujourd'hui en attendant la dernière réforme qui est dans les tuyaux c'est celle de l'assurance chômage qui va entrer en vigueur le 1er juillet une réforme dénoncée par l'ensemble des syndicats Paul-Rémi Barjavel Dominique Lemarchand

47:44
Invité

Moutier commune d'un peu plus de 3000 habitants au pied des montagnes une ville dont l'activité repose en partie sur les saisonniers comme Sandrine effarée par la réforme de l'assurance chômage c'est terrifiant on va faire comment tout cela pour manger pour vivre payer les loyers et tout au printemps et à l'automne quand il n'y a pas d'activité il n'y a rien c'est je vais toucher je vais toucher 900 euros par mois à la place des 1600 mais je fais comment ?

à 51 ans Sandrine a fait toute sa carrière en tant que saisonnière bûcheronne perchiste de remontée mécanique serveuse toute une vie de contrat court on n'a pas fini encore d'emménager la réforme de 2019 sur les droits au chômage l'avait déjà affectée plus de précarité qui a obligé Sandrine et sa famille à changer de domicile quand on passe à 500 euros par mois de RSA

48:45
Présentateur

à la place de 1500 euros on ne peut plus payer un loyer à 700, 800 ou 900 euros c'est pas possible avec tout ce que ça enjante derrière donc là il a fallu prendre plus petit et descendre à Moutier parce que c'est moins cher à Moutier et puis ça donne plus d'opportunités pour travailler dans la restauration sur Albertville et puis alentour

49:06
Invité

à Moutier c'est tout le bassin d'emploi qui risque de souffrir car la réforme pénalise à ceux qui ont des contrats courts et alternes périodes de chômage et d'activité incompréhensibles pour Sandrine les gens au gouvernement ils devraient un peu plus sortir de leur bureau

49:21
Présentateur

puis venir sur le terrain voir ce qui se passe en vrai en réel parce qu'il y a une colère profonde qui gronde et ça va mal se passer de toute façon les gens ils sont révoltés et nous les premiers tous les saisonniers

49:33
Invité

la réforme de l'assurance chômage mesure phare d'Emmanuel Macron doit entrer en vigueur le 1er juillet et avec le nouveau mode de calcul des indemnités c'est une baisse d'allocations chômage de 17% en moyenne qui va toucher plus d'un million de personnes selon l'UNEDIC si le montant des indemnités baisse elles seront versées plus longtemps répond le ministère du travail qui défend cette réforme dont l'objectif est de faire des économies la réforme que j'ai présentée hier aux partenaires sociaux est le fruit de 6 mois d'échanges ininterrompus au cours duquel j'ai écouté les observations les propositions des uns et des autres indignation à gauche dans l'ambiance d'habitude feutrée du Sénat la réforme de l'assurance chômage elle n'est pas politique elle est politicienne elle est anachronique et inadaptée c'est finalement avec ces politiques que l'on fera trop que vous faites progresser l'extrême droite dans notre pays ce ne sera pas de la responsabilité des électeurs de gauche Occupation d'un bâtiment du ministère du travail et par des militants de la CGT Manifestation dans les villes de France des intermittents du spectacle Une fois n'est pas coutume tous les syndicats sont sur la même longueur d'onde ils demandent le retrait de la réforme

50:49
Présentateur

Cette réforme elle est injuste J'entends la ministre du travail dire je ne comprends pas des organisations syndicales qui essayent de contester une réforme qui vise à lutter contre la précarité On ne lutte pas contre la précarité dans ce pays en tapant sur ceux qui touchent 500 ou 600 ou 700 euros d'indemnité chômage par mois

51:06
Invité

A 6 semaines de son entrée en vigueur le combat n'est pas fini pour les organisations syndicales qui jouent leur va-tout Elles ont déposé des recours devant le Conseil d'Etat il y a 2 semaines

51:16
Présentateur

Et si au lieu de réformer l'assurance chômage Macron crée des emplois Nathalie Saint-Cricq Je serais content de le faire équitable d'ailleurs sur une éventuelle reprise en septembre pour effectivement absorber un certain nombre de chômeurs Mais la chose qu'on voit très bien c'est qu'Elisabeth Borne dise certes vous toucherez moins mais plus longtemps Que les syndicats ne soient pas satisfaits qu'on dise c'est pas tellement injuste ça crée une insécurité sociale absolue qui fait on ne sait pas vers où on va et je pense que dans cette période-là c'est vraiment la dernière chose dont les gens ont besoin Pour le coup même avec la meilleure volonté du monde en se penchant sur ce dossier moi je n'ai toujours pas réussi à comprendre si c'était quelque chose effectivement qui était dramatique il y a eu une non prise en compte des carrières hachées c'est-à-dire des gens qui s'arrêtaient et qui recommençaient comme on l'avait dans le reportage des gens qui avaient plusieurs enfants donc il y a manifestement quelque chose qui s'est très mal passé et qui de toute façon est inaudible au moment où on ne sait pas quelle va être la reprise si ça va être une espèce de boom formidable en septembre ou si au contraire ça va repartir très lentement donc là je pense que politiquement c'est extrêmement dangereux est-ce qu'il y a la crainte dans l'entourage du chef de l'État d'une colère sociale vous savez en général les colères sociales c'est quand la reprise et l'économique est là est-ce qu'il y a cette crainte là après la réforme de l'assurance chômage et avec une rentrée qui serait peut-être un peu erratique avec une crise sanitaire qui ne serait pas terminée

52:35
Invité

En tout cas ce que l'on dit beaucoup dans l'entourage du chef de l'État c'est qu'après une tempête les dégâts on les constate une fois que la mer s'est retirée donc pour l'instant la mer ne s'est pas retirée donc on ne sait pas exactement dans quel état on récupère le pays d'où aussi tous les attermoiements que l'on voit autour du remboursement du prêt garanti par l'État il a fallu du temps quand même pour accoucher de oui bon 95% des entreprises vont le rembourser et puis on verra pour les cinq autres est-ce qu'il faut étaler pas étaler d'où aussi cette communication il faudra retirer l'aiguille mais progressivement et puis cela dit il y a quand même une impasse ou en tout cas une difficulté pour Emmanuel Macron c'est qu'à compter du 1er juillet on entre dans la période transitoire de la présidence française de la présidence tournante en fait de l'Union Européenne il sera effectivement la France sera présidente de l'Union Européenne au 1er janvier mais à partir de juillet il va être associé aux discussions et l'Europe dit attention enfin tous vos comptes tout ce que vous avez dépensé le déficit qui au départ était élevé bien avant la crise il va bien falloir à un moment rétablir les comptes et il ne peut pas se permettre d'arriver en janvier avec une commission qui lui tapera sur les doigts en disant que la France n'est pas sérieuse donc il y a d'un côté le besoin de réformer pour montrer qu'il tient à sa promesse de l'autre le besoin de ne pas brusquer et notamment de ne pas se retrouver avec des accidents sociaux à la rentrée de grandes manifestations les syndicats vont debout contre tout l'agenda de réforme et puis troisièmement aussi ne pas fâcher l'Union Européenne à un moment critique l'équation n'est pas facile alors à ce stade tout le monde se rassure en disant bon le quoi qu'il en coûte devrait quand même permettre pendant un certain temps de résorber le choc économique on a encore

54:08
Présentateur

une capacité d'action quand on est chef de l'État presque en campagne pour la prochaine présidentielle on a encore une capacité d'action de réforme on a encore vous voyez les moyens politiques de le faire oui on a les moyens politiques de le faire bien sûr parce que les réformes il peut les engager il peut les poursuivre sans qu'elles soient terminées on parlait des retraites tout à l'heure évidemment qu'on ne va pas réformer les retraites en 6 mois d'ici à la présidentielle c'est évident que non sur la réforme de l'assurance chômage c'est une réforme qui est potentiellement explosive parce que c'est une réforme qui a un complet décalage avec la période la réforme de l'assurance chômage c'est quoi ?

c'est dire en France il y a trop de contrats courts il y a trop de CDD il faut que ça change et les CDD ça coûte très cher à la collectivité parce que les gens se mettent au chômage puis après ils travaillent ils se mettent au chômage ça fait courte deuxièmement on a le système le plus protecteur d'Europe il faut arrêter avec ça là où on couvre le chômage pendant 3 ans les Allemands le font pendant 2 ans donc tout ça a été valable avant je dirais la crise sanitaire la crise sanitaire a complètement chamboulé là ça et je suis assez étonné de voir Mme Borne qui continue à s'escrimer surtout que personne n'y a rien compris à cette réforme c'est une réforme compliquée aussi compliquée que l'esprit d'Emmanuel Macron parce que c'est une réforme d'émancipation de l'individu aussi aller expliquer ça à des gens qui gagnent 500 euros par mois c'est compliqué et nous revenons maintenant à vos questions une question pour vous Eric Fautorino Emmanuel Macron n'est-il pas encore trop souvent dans la provocation est-ce que vous l'avez trouvé provocateur ?

55:47
Invité

non en tout cas c'est vrai que je ne lui donnais pas des questions qui pouvaient laisser permettre la provocation même si cette fameuse phrase sur la Californie sans la mer de la Seine-Saint-Denis peut apparaître pour une provocation non je pense qu'en fait il est dans un moment où moins que de provoquer c'est d'essayer de retomber sur ses pattes avec lui qui voulait être le maître des horloges les horloges sont détraquées le temps est détraqué et donc on ne peut plus faire la même politique face à ce temps-là et deuxièmement et je crois que ça c'est important pour compléter ce que disait Yves Tréer à l'instant c'est que je crois que l'économie qu'on a avec les PGE les prêts garantis aux entreprises qu'on a soutenues pendant 15 mois c'est pas nécessairement l'économie la plus verteuse compte tenu des objectifs de transformation écologique etc.

Donc évidemment quand la mer se sera retirée disait Naïla tout à l'heure et bien on verra qu'on a aussi subventionné c'est comme si on avait subventionné les carrosses ou les diligences alors que la voiture arrivait on se rendra compte qu'on n'a pas exactement subventionné ce qu'il fallait subventionner parce qu'on a indifférencié le soutien dans cette période

56:54
Présentateur

quelle grande et belle réforme retiendra-t-on du mandat d'Emmanuel Macron vous en parliez tout à l'heure il y a la réforme le code du travail qui restera quand même comme une réforme importante et qui est passée comme une lettre à la poste si vous me permettez en début de quinquennat voilà il y a une autre réforme alors évidemment qui n'a pas fait couler beaucoup d'encre mais qui est extrêmement clivante c'est la réforme de l'impôt sur la fortune quand même que la droite n'a jamais faite lui il l'a faite ça c'est une réforme qui est quand même très importante et puis alors il y a une autre réforme dont on parle plus du tout mais on va s'en apercevoir très vite parce qu'on est dans le mois des examens c'est que le bac a disparu il avait déjà promis que le bac il y aurait une partie de contrôle continu à côté de l'examen mais là on s'aperçoit que finalement il n'y a plus de baccalauréat c'est lié aussi à la crise sanitaire oui mais ça avait commencé ça avait commencé avant et puis avec ça il y a quand même et on n'en parle plus du tout non plus il y a les demi-classes dans les zones je dirais dans ce qu'on appelait les ZEP les zones d'éducation prioritaire où il n'y a pas plus de 15 enfants par classe et avec un environnement un encadrement d'enseignants qui est renforcé ça c'est pas rien ça il n'y a pas que les réformes de droite il y a aussi quelques réformes de gauche mais qui ont été tellement mal portées et mal vendues ne serait-ce que sur les frais de lunettes les frais de...

c'est des choses qui sont éclatées des choses qui ont l'air d'être des petites choses du quotidien et qui ont été tellement peu vendues parce que peu incarnées par un ministre ou peu prononcées par qui que ce soit que ce sont des petites choses reste la PMA qui n'est pas c'est pas fini qui a été ça ça sera probablement une espèce de caillou dans la chaussure au moment où on fera les bilans mais il y a quand même un certain nombre de petites choses sur les recouvrements des pensions alimentaires c'est des bricoles peut-être mais c'est des bricoles du quotidien qui peuvent changer la vie des gens Diriez-vous qu'Emmanuel Macron a gagné en maturité politique durant l'exercice du pouvoir ?

Éric Fautorénaud

58:53
Invité

Je vais vous citer la phrase de Chanfort il faut qu'un coeur se brise ou se bronze alors effectivement il ne s'est pas brisé en 4 ans mais il s'est bronzé c'est-à-dire qu'il est d'un autre alliage forcément ça se voit pas pour l'instant

59:06
Présentateur

vous trouvez que ça se voit ?

59:07
Invité

Pardon ? Est-ce que ça se voit ? Ouais ?

Ben écoutez oui parce que je vais vous dire en quoi le Macron qu'on a élu qu'une majorité de Français a élu il y a 4 ans il nous parlait de la mondialisation heureuse la mondialisation dans laquelle il fallait être aujourd'hui il est en train on le voit bien sur les images que vous avez montrées il est en train de labourer le pays il a été contraint de le faire après la crise des gilets jaunes il avait voulu le faire dans un espace historique de l'itinérance mémorielle cette expression était un peu curieuse mais en tout cas pas très compréhensible et puis là il va au contact donc il parle plus de la mondialisation parce que le monde a changé qu'on le veuille ou non nos vies ont changé et donc l'idée que le monde était bénéfique aujourd'hui on voit bien qu'il peut être dangereux donc je pense qu'il s'est adapté à ça et donc c'est vous savez les aciers spéciaux c'est ça c'est des alliages qui font qu'on résiste mieux à la chaleur ou au froid mais lui d'une certaine manière il a essayé de se préparer pour mieux résister aux tempêtes qui arrivent et qui pourrait lui-même déclencher si des réformes créent du bouleversement

1:00:08
Présentateur

il a effectivement fait attention il fait de plus en plus attention à sa communication mais pour la suivant la thèse qui est que Emmanuel Macron ne fait pas de politique je n'ai jamais vu quelqu'un en faire autant à titre personnel c'est-à-dire qu'il a peut-être cette image de quelqu'un de totalement ni droite ni gauche ni les deux en même temps mais regardez très bien comment il essaie de faire dans les Hauts-de-France comment il essaie de faire en PACA comment il essaie de partout de calculer de casser la gauche de casser la droite c'est quelqu'un qui a un sens politique absolument aigu et qui a l'air de ne pas y toucher mais sur le fond croire qu'il est au-dessus de tout ça serait vraiment se méprendre le point de départ d'une campagne électorale n'est-ce pas quand on est officiellement candidat non bah non ça c'est évidemment que non Xavier Bertrand est en campagne Madame Le Pen est en campagne il est en campagne et on voit bien que la droite est en train de être en campagne aussi le point faible du mandat d'Emmanuel Macron n'est-il pas du côté de sa politique extérieure non je crois pas du tout alors là vous savez le point faible c'est le point faible d'aucun président vous n'êtes jamais c'est un truisme que de le dire élu ou réélu à partir de la politique étrangère simplement si vous faites si vous faites une faute une grave faute grave erreur on peut vous en tenir rigueur mais jamais là-dessus que restera-t-il de ce Tour de France si la République En Marche prend une raclée au régional Néhila Latrousse ?

1:01:28
Invité

et bien il restera que ce sera un Tour de France délié des régionales ce qu'il répète systématiquement en disant mais non non je ne suis pas du tout en train d'intervenir dans une campagne interne cela dit pour En Marche l'enjeu n'est pas vraiment en réalité de gagner des régions c'est plus de troubler la victoire de rivaux potentiels Xavier Bertrand cité par Nathalie Valérie Pécresse en Ile-de-France et puis de pouvoir dire en Provence-Alpes-Côte d'Azur vous avez vu en réalité les nouveaux équilibres c'est nous tous ensemble contre le Rassemblement National donc ex-droite-gauche et le Rassemblement National de l'autre côté mais pas vraiment d'avoir de grandes victoires ou de grandes régions labellisées en marche s'il veut être réélu Macron devra-t-il mettre de côté

1:02:05
Présentateur

sa réforme des retraites visiblement non ce n'est pas l'intention qu'il a sa réforme elle sera manifestement depuis cet après-midi moins ambitieuse probablement peut-être liée à autre chose soit à quelque chose vis-à-vis des jeunes comme on l'a dit il a le côté rationnel ou alors lié à la dépendance qu'un sujet qui concerne tout le monde bien qu'on nous dise qu'effectivement ça ne sera pas lié il faut bien qu'il y ait quelque chose sur la table et quelque chose de lourd et que quand on lui demande bon très bien 5 ans de Macron ok il y a eu les gilets jaunes ok il y a eu le Covid mais réformer quoi ? comment ? et quels sont les éléments qu'on peut présenter dans le dossier ?

Elle ne sera pas facile à passer cette réforme Ah non mais elle ne sera pas elle ne sera pas passée mais elle sera sur la table D'accord Macron tente-t-il de désamorcer une possible résurgence du mouvement des gilets jaunes ? Alors ça c'est difficile à mon avis on ne peut pas le prévoir on ne peut pas le sentir mais regardez il y a une chose très simple c'est l'histoire de la voiture électrique on interdit des voitures à moteur thermique d'ici à 2035 mais enfin on sent que ça j'aimerais bien savoir dans les provinces où il faut prendre sa voiture pour aller travailler au centre-ville et tout ça comment c'est ressenti ?

C'est explosif cette histoire Bon courage à celui ou celle qui sera élu en 2022 quand pour rembourser la dette il faudra augmenter les impôts Neila Latrousse alors ça c'est le mantra de ce gouvernement qui dit nous n'augmenterons pas les impôts en tout cas pas avant 2022 Oui oui

1:03:28
Invité

effectivement il va falloir trouver quelque chose pour l'instant Bercy semble plutôt miser sur le regain d'économie en disant on aura injecté suffisamment d'argent pour permettre à l'économie de redémarrer et donc mécaniquement il y aura plus d'entrées fiscales et c'est surtout un énorme pareil enjeu électoral parce que c'est un thème sur lequel la droite contre faire florès j'ajoute juste sur l'agenda de réforme tout de même petite parenthèse on n'a pas beaucoup parlé d'écologie c'est aussi la prochaine séquence qui va s'ouvrir en continuant à dire voilà la droite est en train d'hypothéquer la planète en refusant le référendum sur le climat avec aussi pour rembourser les dettes peut-être des obligations vertes qui vont voir le jour donc dans cette fracturation de la scène politique il y a encore un terrain qui n'a pas été exploré par Emmanuel Macron c'est le terrain de l'écologie politique

1:04:11
Présentateur

écoutez merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h35 je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en podcast sur toutes les plateformes ou sur france.tv tout de suite c'est à vous bah oui merci merci à vous Eric Fautoréno et merci à vous tous tout de suite c'est à vous merci au revoir merci beaucoup

1:04:29
Locuteur

merci à vous