Sébastien Lecornu : « Aujourd’hui, on peut être défait, sans être envahi »
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- 0:00Sébastien LecornuFait
« sur un certain nombre de systèmes d'armes, les acheter directement à l'étranger pourrait coûter moins cher »
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cette question de la souveraineté, notamment au moment où une part des pays européens sont en train définitivement de se tourner une fois de plus vers Washington avec une forme de chèque en blanc et quelque chose quand même qui doit mériter un moment de réflexion et qui permet mesdames et messieurs les sénateurs, de justifier ce pourquoi il faut y remettre autant d'argent. Parce que par définition sur un certain nombre de systèmes d'armes, les acheter directement à l'étranger pourrait coûter moins cher. Les développer sur le territoire national évidemment peut présenter un surcoup mais présente évidemment un argument de sécurité, de souveraineté, d'autonomie, accessoirement de croissance et de développement de compétences sur le territoire national.
La deuxième des questions que ce débat doit à mon avis permettre de traiter, c'est au fond, un peu comme pour l'atome dans les années 60 sur de nouveaux sauts technologiques brutaux, quantiques, newspace spatial, l'intelligence artificielle. Faut-il s'accrocher coûte que coûte ou au contraire se laisser aller une forme de déclin ? Alors, présenter la question comme ça, évidemment, c'est y répondre.
Ce que le gouvernement propose, c'est évidemment de s'accrocher. Bon, enfin, il faut pas se raconter d'histoire. S'accrocher sur des sauts technologiques aussi brutaux que le quantique va demander quand même une autre manière de voir les choses.
Non seulement de l'argent, de réinventer peut-être aussi ce que l'on appelait jadis pour l'atome la dualité, c'est-à-dire comment 1 € de dépenses militaire entraîne plus facilement un effet sur le volet civil et vic versa. Ce qui est vrai pour le cantique doit être vrai aussi pour la question spatiale et je crois que cette question de la dualité objectivement mérite une revisite. En tout cas, nous allons nous y atteler.
La troisième sous-question que ce débat peut poser, c'est évidemment la question du rapport entre l'appareil de défense et la nation. C'est la question du rapport entre la jeunesse de ce pays et nos forces armées, du rapport entre la jeunesse et nos anciens combattants. La ministre reviendra, c'est la question des réserves, la question des services national et peut-être au fond aussi la question encore là entre les institutions civiles et le monde militaire.
Pourquoi le général de Gaulle Michel Debray tenait à ce que le ministère des armées s'appelle des armées non pas de la défense ? qu'il considérait que la défense nationale était une notion qui était beaucoup plus large que le seul sujet militaire. Et d'ailleurs dans la Constitution, c'est le gouvernement dans son ensemble qui est responsable de la défense nationale et pas que le ministère des armées.
Ça pose toute la question du cyber, ça pose toute la question de la sécurité économique, des approvisionnements, des matériaux critiques. Et on le voit bien, la manière de s'en prendre à la nation française dans les années qui viendront sera de manière beaucoup plus hybride que par le passé. Et donc c'est toujours l'éternelle caricature de char qui arriverait sur Bfort ou sur Strasbourg. il n'en est rien.
En revanche, on peut être désormais défit sans être envahi. Et ça pose toute la question des nouveaux espaces de conflictualité, les questions des routes maritimes, des fonds marins, du cyber évidemment et pas que sur les infrastructure étatique, mais également mesdames et messieurs les sénateurs, vous qui représentez les collectivités territoriales sur le service public local, les hôpitaux, nos entreprises et donc au fond une menace qui si elle est désormais davantage visible sur nos outresemes peut aussi désormais trouver d'autres accroches dans les différents territoires de la République. Yeah.
Sébastien Lecornu