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InterviewC à vous (sur YouTube)· 2 août 2026 9 minAutoproduitPortrait personnelJustice

Isolement, foi, alliances : Que contient le livre de Nicolas Sarkozy ?

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:18InvitéPromesse
    « Il prépare aussi la suite judiciaire. »
  • 4:26InvitéFait
    « Il prétend qu'Emmanuel Macron s'est excusé pour sa maladresse au sujet de la Légion d'honneur. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 29 %
  • Invité 37 %
  • Invité 44 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Ludovic Vigogne, vous avez lu pour la tribune dimanche le livre de Nicolas Sarkozy, on va venir sur les messages politiques contenus dans ce journal, mais d'abord ce journal d'un prisonnier, vous le trouvez aussi inattendu que réussi ?

0:13
Invité

Oui, parce que c'est vraiment un exercice dans lequel Nicolas Sarkozy s'est complètement livré. D'abord c'est une expérience assez dingue, c'est quand même un ancien chef de l'État qui se retrouve dans une cellule de 12 mètres carrés à l'isolement et il fait le jeu dans ce livre de la transparence absolue. Alors on connaît tous Nicolas Sarkozy, on sait bien qu'il a peu de surmoi, il dit toujours tout ce qu'il pense, il fait le jeu de la transparence et là il raconte comment il vit ça très intimement.

0:37
Présentateur

Même si certains ont critiqué la naïveté, voire ce que certains considèrent comme de l'indécence quand l'ancien chef de l'État semble découvrir la dureté de l'univers carcéral.

0:48
Invité

Oui, il y a de ça, évidemment qu'il a découvert la dureté de l'univers carcéral, il a une vie qui a 100 000 lieux de ça et il avait sans doute plein de préjugés sur la prison et il raconte comment ces préjugés-là sont tombés. Par exemple, il dit quelque chose de très intéressant quand il évoque sa sortie après trois semaines à la santé, il dit que le système carcéral est fait pour que vous vous sentiez coupable. Voilà, je trouve que c'est une remarque qui est assez intéressante.

1:12
Présentateur

Même si lui on l'appelait monsieur le président durant tout son séjour.

1:16
Invité

Le personnel pénitentiaire, effectivement, l'appelait président et il s'est toujours très bien comporté avec lui, il le souligne à moultre reprise. Mais il trouve que la comparaison avec Dreyfus n'est pas si déplacée ? Non, tout à fait, mais ça on le savait, depuis qu'il a été condamné, il estime que lui aussi est victime de faux, comme Dreyfus, d'une injustice et qu'il va faire la démonstration de son innocence. Oui, il développe plein de points. Il y a effectivement le faux document, mais il va aussi dire que Dreyfus a été dégradé devant le fond des troupes, que lui aussi, du coup, on lui a enlevé sa légion d'honneur devant le front de la nation.

La prison de la santé, comme Dreyfus, seule chose auxquelles il a échappé, c'est l'île du diable dans la lointaine Guyane. Mais ce livre, c'est avant tout un livre pour convaincre de son innocence. Il prépare aussi la suite judiciaire ? Évidemment, oui. Il y a de longues pages qui sont consacrées à son dossier, aux raisons pour lesquelles il estime être innocent, où il démonte le jugement qu'il a condamné, où il s'en prend très longuement à Mediapart et où il essaye de démontrer et de convaincre de son innocence. Mais ça, il aura un procès en appel et on verra bien s'il a réussi ou pas. Donc ça se lit bien ? Ça se lit extrêmement bien, oui.

2:20
Présentateur

C'est aussi le journal d'un grand sensible, sensible aux marques de soutien des autres et à l'inverse, blessé par l'attitude d'autres, notamment celle d'Emmanuel Macron. On s'en souvient, le chef de l'État a reçu Nicolas Sarkozy à l'Élysée quatre jours avant son incarcération, ce qui avait valu à Emmanuel Macron une pluie de critiques. Mais ça, Nicolas Sarkozy ne lui en est pas du tout reconnaissant. Il n'avait pas envie de le voir.

2:45
Invité

Non, il n'avait pas envie de le revoir. Après, il raconte quand même qu'il est reconnaissant à Emmanuel Macron d'avoir eu les gestes qu'il a eus les derniers jours, juste avant son incarcération. Il explique que quand Emmanuel Macron le reçoit quatre jours avant qu'il aille à la santé, Emmanuel Macron tombe un peu dénu, il ne pensait pas que l'incarcération était si proche, elle est arrivée si vite. Et donc, il s'enquière beaucoup de la sécurité, auquel aura droit Nicolas Sarkozy en prison. Et ils en discutent pendant deux heures.

Et le lendemain, Emmanuel Macron rappelle Nicolas Sarkozy pour lui proposer d'aller dans deux autres établissements que la santé, où il estime que sa sécurité ne serait pas assurée. Et Nicolas Sarkozy déclinera la proposition. – Mais il n'avait pas envie, oui. – Pardon, c'est important parce qu'on apprend que c'est ça qui déclenche la présence de deux policiers en permanence dans la cellule voisine. C'est cet épisode-là. – Exactement, il explique que c'est Emmanuel Macron qui a fait en sorte qu'il soit protégé ainsi.

3:41
Présentateur

– Mais il n'empêche, il l'écrit noir sur blanc, il a tourné la page de l'amitié avec Emmanuel Macron. Donc il est devenu presque le premier contempteur d'Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy.

3:50
Invité

– Il l'écrit qu'il ne l'est pas, en fait il l'est. Aujourd'hui, plus rien ne trouble grâce à ses yeux. Il est sévère sur tout, il est déçu sur tout. Et aujourd'hui, il y a un point de non-retour entre eux en fait, qui s'est joué en deux temps. Il y a d'abord eu la dissolution que Nicolas Sarkozy n'a pas compris, qu'il qualifie de caprice dans son livre, qui est un mot assez dur. Ça dénote une certaine immaturité du chef de l'État, c'est assez sévère comme jugement. Et puis ensuite, il y a eu l'affaire de la Légion d'honneur, qu'on lui a retiré, où il estime qu'Emmanuel Macron n'a pas joué franc jeu avec lui.

Et à partir de là, il a décidé de ne plus être ami, puisque c'est le mot qu'il emploie avec lui. – Il prétend qu'Emmanuel Macron s'est excusé pour sa maladresse au sujet de la Légion d'honneur. En fait, Emmanuel Macron s'est retiré du processus habituel et s'aurait dû passer par lui. Et en fait, il a laissé le grand chancelier gérer ça.

4:41
Présentateur

– C'est s'il est seul. Il a été très sensible, Nicolas Sarkozy, à l'appel de Marine Le Pen au moment de sa condamnation.

4:48
Invité

Un soutien qui, écrit-il, compte parmi les meilleures surprises. – Oui, c'est une des surprises de ce livre, si je peux dire, si je peux ajouter.

4:57
Présentateur

– Parce qu'il n'a jamais apprécié Marine Le Pen.

4:58
Invité

– Jamais, il lui a toujours reproché dans l'entre-deux-tour. De l'élection présidentielle de 2012, ne pas avoir pris position pour lui et d'avoir ainsi facilité l'élection de François Hollande. Et puis, il n'a jamais eu beaucoup d'estime intellectuelle pour Marine Le Pen, ça on le sait. Et effectivement, il dit avoir été touché des réactions qu'elle a eues au lendemain de sa condamnation. Elle aussi est victime d'une exécution provisoire comme lui. Et donc, pour la remercier, il l'a appelée. Et c'est une conversation qu'il n'a pas portée uniquement sur des considérations judiciaires. – Non, puisqu'au cours de cette conversation, il a répondu à une question de Marine Le Pen

5:31
Présentateur

qui lui a demandé s'il s'associerait à nouveau à un front républicain pour faire barrage au Rassemblement National, il lui a dit non. – Tout à fait. – Et je le ferai savoir publiquement. C'est une position qui est largement discutée depuis qu'on en a pris connaissance. Pourtant, ce n'est pas un séisme, c'est une surprise, mais ce n'est pas un séisme. C'est un tournant, mais ce n'est pas un séisme.

5:52
Invité

– C'est une étape supplémentaire dans un processus qu'on voit se dessiner entre les Républicains, entre une partie des Républicains et le Rassemblement National. Nicolas Sarkozy avait déjà, dans une interview donnée au Figaro le début septembre, dit à peu près la même chose. – J'avais dit ça. – Pourquoi ? Parce que quand il a reçu Jordan Bardella le 1er juillet, c'est ça le vrai séisme en fait, c'est quand il reçoit Jordan Bardella et le fait savoir. C'est là où il fait tomber un tabou. Quand il reçoit Jordan Bardella, ils ont la discussion sur le Front Républicain.

Et il dit à Jordan Bardella que s'il y a une dissolution, parce que Nicolas Sarkozy est persuadé qu'il y aura une dissolution prochainement, il prendra position publiquement contre le Front Républicain et qu'il va le dire très bientôt. Et c'est ce qu'il aura fait quelques semaines plus tard dans le Figaro. Et c'est ce qu'il refait à nouveau dans son livre. – Alors il n'utilise pas l'expression l'union des droites, il est assez prudent.

6:40
Présentateur

Il évoque un rassemblement plus large possible. mais ce qui est sûr c'est qu'il acte le fait que le rassemblement

6:45
Invité

ne pourra pas se faire derrière les Républicains. – Non, il prend acte que désormais les Républicains ne sont plus qu'une force d'appoint, qu'ils ne peuvent plus gagner tout seuls. Et que donc comme en 2017, comme en 2022 il préconisait que les Républicains rejoignent Emmanuel Macron parce que c'était le plus fort, et bien là il prend acte que le Rassemblement National c'est le parti qui est le plus fort, qui a le plus de chances de gagner la prochaine présidentielle. et que donc c'est à eux, c'est vers lui que les Républicains doivent s'orienter. – Cette position elle reflète l'évolution de l'électorat de droite ? – Oui bien sûr, elle reflète d'une partie de l'électorat de droite.

Mais on voit bien qu'effectivement il y a un processus qui s'est mis en place, on voit bien que les milieux économiques évoluent beaucoup. Aujourd'hui il y a un discours beaucoup plus indulgent vis-à-vis du Rassemblement National qui n'y avait il y a encore quelques mois, on voit bien qu'il y a un effet bardé là, dans toute une couche de la population, qui est un électorat traditionnellement acquis à la droite, assez populaire, et qui fait que les choses évoluent. Et on voit aussi l'influence du groupe Bolloré. Ce sont des médias qui travaillent pour ça, qui travaillent pour l'union de la droite, et ça produit son effet.

Il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy est très ami avec Vincent Bolloré, que ce n'est pas une surprise qu'il défend cette position-là. – Ces déclarations, est-ce qu'elles peuvent avoir des conséquences politiques immédiates, dans les urnes ? – Alors ça dépend s'il y a une dissolution des législatives anticipées. Aujourd'hui plus personne n'y croit, y compris au Rassemblement National. Ensuite il y a des municipales, peut-être qu'il y aura des cas où il y aura une union des droites dans certaines municipalités, mais ce sera sans doute des exceptions.

Le grand rendez-vous c'est 2027, c'est ce qui se passera dans l'entre-deux-tours, et on peut parier que sans doute à ce moment-là, il y aura une nouvelle scission des Républicains. Il y en a une en 2017, quand une partie des Républicains a rejoint Emmanuel Macron, et il y en aura sans doute une en 2027, quand une partie des Républicains rejoindra le Rassemblement National. – Ce ne sont plus très nombreux les leaders qui adoptent des positions inverses, on peut citer Xavier Bertrand et Jean-François Copé, et c'est à peu près tout. – Michel Barnier, je pense qu'on peut rajouter François Baroin, même s'il dit peu de choses, mais il y en a encore quand même quelques-uns.

– Face à Laurent Wauquiez, à… – Surtout Bruno Retailleau, qui hier s'est avancé encore un peu plus. – Oui, qui dit la même chose que Nicolas Sarkozy, qui dit que l'union doit se faire par le bas, c'est-à-dire via les électeurs, plutôt que par le haut, un accord des partis. – Sous-titrage Société Radio-Canada