"Si l'Hermione ne revient pas à Rochefort, elle va disparaître", affirme le président de la Corderie Royale
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Questions et réponses
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Est-ce que derrière, il faut comprendre qu'il sera trop tard pour un certain nombre d'entre nous ?
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Les conséquences, c'est l'érosion, le recul du trait de côte, c'est une réalité sur la côte basque ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui retarde la prise de conscience et l'action ?
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Parce que les politiques n'ont pas la solution ? Parce que l'échéance est trop lointaine ?
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Où est-ce que vous en êtes de la volonté de la Corderie Royale de faire revenir le bateau à Rochefort ?
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L'association Hermione Lafayette n'est pas en capacité de remplir sa mission ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Oui, il sera trop tard. »
- 0:52InvitéChiffre
« Ça veut dire un mètre, un mètre d'élévation supplémentaire de la mer d'ici 2100. »
- 1:47InvitéChiffre
« 75% d'entre eux vivront à moins de 75 kilomètres d'une côte. »
- 1:55InvitéChiffre
« 500, 600 millions de déplacés climatiques d'ici la fin de ce siècle. »
- 4:08InvitéFait
« elle n'aurait jamais dû partir de Rochefort. »
- 4:22InvitéFait
« Si elle ne revient pas à Rochefort, elle va disparaître. »
- 5:06InvitéChiffre
« 8 millions de dettes, une incapacité à trouver un modèle économique. »
- 5:46InvitéFait
« ce bateau devra quitter au plus tard, en juillet 2027, le port d'Anglette. »
- 6:12InvitéFait
« Je pense qu'on va aller vers la liquidation. »
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Pays Basque, premier sur l'actu local au Pays Basque, ici matin. Il est 7h46, Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur et envoyé spécial du Président de la République pour l'Océan et les Pôles, et l'invité d'ici matin. Et il était hier soir au Bellevue à Biarritz pour une conférence intitulée « Quand l'océan se réveillera », c'est le titre aussi de son ouvrage co-signé avec Marina Lévy, directrice de recherche au CNRS. Il est votre invité Yves Tussaud. Bonjour Olivier Poivre d'Arvor. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Un plaisir. « Quand l'océan se réveillera », point de suspension, est-ce que derrière, il faut comprendre, il sera trop tard pour un certain nombre d'entre nous ?
Oui, il sera trop tard. Et vous le savez, ici, dans le Pays Basque, moi chez moi, en Bretagne et partout, d'abord la mer monte de manière inéluctable. C'est les effets du changement climatique. On est largement responsable de tout ça. Je suis ambassadeur des pôles et je vois au Groenland, je vois en Antarctique cet effet de réchauffement thermique plus la fonte des cales glaciaires. Ça veut dire un mètre, un mètre d'élévation supplémentaire de la mer d'ici 2100.
Et donc ces phénomènes auxquels s'ajoutent évidemment l'érosion, les pollutions qui sont de plus en plus catastrophiques, je pense au plastique notamment, et tous ces effets font que la mer qu'on connaît mal, l'océan, à un moment donné va nous dire ça suffit. Et comme on sera sur les 10 milliards d'habitants que nous serons en 2050, ici aux Pays Basques, entre autres, vous verrez qu'il y aura des effets assez terrifiants.
Les conséquences, c'est l'érosion, le recul du trait de côte, c'est une réalité sur la côte basque et sur le littoral atlantique. L'évolution, c'est à Ladour, Bayonne, c'est une ville de Bayonne qui devra s'adapter. Plus largement, au niveau mondial, le constat est posé, le constat est reconnu.
Il est posé et il nous dit que sur les 10 milliards d'habitants dont je vous parlais, 75% d'entre eux vivront à moins de 75 kilomètres d'une côte. C'est-à-dire que tout le monde se rapproche de la mer et en même temps la mer se rapproche de nous, ce qui veut dire 500, 600 millions de déplacés climatiques d'ici la fin de ce siècle. Et il y aura des déplacés climatiques dans le Pays Basque, parce qu'il faudra, et partout où je vais, dans le bassin d'Arcachon, et un village à Saint-Pierre-et-Miquelon, ça peut paraître loin, mais c'est la France quand même, a été déplacée, ça a coûté 5 milliards d'euros à la collectivité.
C'était une nécessité, sinon ce village était appelé à disparaître. Qu'est-ce qui retarde la prise de conscience et l'action ?
Que les décideurs n'écoutent pas les scientifiques. Parce que le constat est là. Moi j'ai voulu faire ce livre avec une scientifique, une des meilleures océanographes européennes, parce qu'elle m'a appris des choses sur les courants, sur la disparition des ressources aléatiques, sur la pollution, et en effet sur ces questions liées à l'élévation du niveau de la mer. Donc les constats sont là, mais le scientifique n'est pas pris au sérieux. Alors, aux Etats-Unis il n'est plus, puisque les scientifiques américains qui travaillent dans la mission américaine n'ont pas le droit d'employer le mot changement climatique.
Alors nous on l'emploie, mais la voix des scientifiques ne porte pas assez, et les leaders...
Mais pourquoi ? Parce que les politiques n'ont pas la solution ? Parce que l'échéance est trop lointaine, et qu'elle n'est pas rentable en termes de politique ?
Oui, parce qu'on n'est pas réélu avec un constat objectif sur la production d'oxyde de carbone. Et qu'il faut arrêter d'en produire. Sinon, ça sera de plus en plus chaud partout.
7h49 sur ICI Pays Basque, notre invité Olivier Poivre-Darvore, ambassadeur et envoyé spécial du Président de la République pour l'Océan et les Pôles. Alors vous êtes également président du Centre International de la Mer, la Corderie Royale à Rochefort, qui est le berceau de l'Hermione. Absolument. L'Hermione qui est en cale sèche à moins d'un kilomètre des studios d'ICI Pays Basque, un peu plus loin, le long de la Dour à Anglette. Elle est là depuis septembre 2021, rongée par un champignon. Alors l'association Hermione qui gère la frégate est en redressement judiciaire. Il lui faut 5 millions d'euros pour terminer les travaux, la remise en état.
La période d'observation se poursuit jusqu'en juillet. Vous êtes intervenu dans ce débat. Où est-ce que vous en êtes de la volonté de la Corderie Royale de faire revenir le bateau à Rochefort pour en faire un bateau musée ?
On est tout à fait déterminé à la sauver. Car aujourd'hui, la situation dans laquelle elle est, d'abord, elle n'aurait jamais dû partir de Rochefort. Elle est née à Rochefort. Moi, je faisais partie plus tardivement de l'équipe de ceux qui ont, notamment Éric Orsena, Benigny Delilly, qui l'ont fait naître une deuxième fois après, évidemment, la première Hermione. Elle est née et elle est partie ici. Et si elle ne revient pas à Rochefort, elle va disparaître. Mais je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs, encore, certains ne veulent pas l'entendre.
J'ai eu l'occasion d'en parler avec Alain Rousset, mais le maire de Rochefort, nous-mêmes, la Corderie Royale, on est vraiment déterminé à la faire revenir par tous les moyens pour en faire un bateau musée. Parce qu'il ne faut pas mentir aux gens. On a tous envie que les bateaux naviguent, mais celui-ci ne peut pas, dans l'état actuel, d'une dette considérable et surtout du coût de la navigation. Donc, voilà, j'espère que les actuels responsables de l'Hermione se rendent compte que l'obstination est le parent pauvre de la volonté.
L'association Hermione Lafayette n'est pas en capacité de remplir sa mission, c'est ce que vous nous dites ce matin ?
Écoutez, moi, je regarde les chiffres. 8 millions de dettes, une incapacité à trouver un modèle économique. Donc, nous, nous proposons, et à l'Hermione, on connaît bien, enfin, à Rochefort, on connaît bien l'Hermione, nous proposons, en effet, de la faire revenir assez vite et puis d'en faire une sorte de modèle de ce qu'est l'histoire de la navigation et de ce bateau mythique.
Vous avez les moyens techniques de faire revenir la coque qui est dans le radon du port d'Anglette ?
Oui, nous attendons juste que la justice fasse son travail et qu'elle reconnaisse, en effet, que là, chaque jour, un peu plus. Et je crois d'ailleurs que, je vois tout à l'heure le maire d'Anglette, mais je crois d'ailleurs que ce bateau devra quitter au plus tard, en juillet 2027, le port d'Anglette, parce qu'évidemment, c'est encombrant. Et moi, je ne voudrais vraiment pas qu'elle disparaisse. Et je pense que quand des gens responsables comme la Corderie de Rochefort, qui, vous savez, a quand même près de 150 000 visiteurs, je pense qu'on pourrait en avoir le double avec l'Hermione. Je pense que c'est important que cette...
Mais vous avez les moyens de combler le trou ? De combler les 8 millions d'euros ? Ou est-ce que vous attendez qu'on liquide pour reprendre une affaire qui n'a plus de passif ?
Je pense qu'on va aller vers la liquidation. Voilà. Mais on attend. Écoutez, on attend. Et je pense qu'il y a d'autres projets, mais je pense que le nôtre, il est raisonnable. Et surtout, il permettra que les Ravionnes durent. Et j'espère pouvoir en convaincre très vite Alain Rousset et tous les élus. Et évidemment, les juges, le 3 juillet, on aura l'occasion de présenter notre projet au tribunal.
Merci, Olivier, d'avoir accepté notre invitation. Bonne journée. Merci à vous. Bonne journée. Votre livre s'appelle « Quand l'océan se réveillera » coécrit avec Marina Lévy, directrice de recherche au CNRS. Bonne journée. Merci. Merci.