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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 22 octobre 2025 8 min

Qui dirige la droite ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

autour de l'ancien président de la République. Il semble rassembler davantage la droite autour de lui, au moment où elle implose. - Consigne a été donnée de partir en catimini.

Comme un pied de nez à Matignon, B.Retailleau s'en est affranchi. - B.Retailleau: J'ai décidé il y a un peu plus de 12 mois d'entrer au gouvernement pour servir mon pays.

Je l'ai fait librement. - Le 13 octobre dernier, l'ancien ministre de l'Intérieur quitte la place Beauvau après avoir déclenché à lui tout seul la chute du 1er gouvernement Lecornu. ...

Vexé de ne pas avoir été informé de la nomination de B.Le Maire, B.Retailleau s'auto-exclue.

Un petit cataclysme politique qui fait les affaires de son rival, L.Wauquiez. Comme un goût de revanche 5 mois après sa défaite cuisante pour obtenir la présidence des Républicains. - L.Wauquiez: Je sais trop à quel point le poison de la division a si souvent fait du mal à notre famille politique.

Dans cette campagne, j'ai toujours plaidé pour le rassemblement. - Un rassemblement dont il ne reste décidément plus grand-chose. Deux lignes s'expriment aujourd'hui au sein du mouvement.

D'un côté, celle de B.Retailleau. Celle du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale présidé par L.Wauquiez.

Au coeur de leurs divergences, la participation au gouvernement Lecornu 2. B.Retailleau ne veut pas en entendre parler et réclame l'exclusion des 6 ministres concernés. ...

Un désaccord qui vire à la guerre entre députés et sénateurs sur la censure. Retailleau et ses troupes poussent pour sanctionner le gouvernement. Les députés portés par L.Wauquiez s'y refusent.

La consigne est presque unanimement respectée. Une crise interne pas vraiment du goût des militants un peu déboussolés. Sur les réseaux sociaux, des publications avec des cartes d'électeurs déchirées interpellent.

Les Républicains sont-ils en train de céder? Au siège du parti, le président des jeunes LR dénonce une tentative de déstabilisation. - C'est des cartes qui datent de 2021 ou 2020.

Ce ne sont pas les cartes d'aujourd'hui. Les cartes sont différentes d'année en année. Je pense que c'est un phénomène accentué par Twitter, par nos opposants qui veulent aussi s'en prendre à nous.

En même temps, ça ne doit pas non plus éluder le fait qu'il y a une déception chez les militants. - Ca viendrait de qui? - On a d'anciens amis de la maison qui sont partis bien loin et qui essaient aujourd'hui d'exister.

Je pense qu'ils sont un peu dans l'ombre. Je pense notamment à l'UDR. Ils sont dans l'ombre du RN. - L'UDR et son patron, E.Ciotti.

Il invite les sympathisants LR déçus à le rejoindre. ...

Des militants très courtisés aussi par le RN et son président, J.Bardella. - J.Bardella: Je suis convaincu qu'aux Républicains, il y a une partie des militants, des sympathisants, mais aussi des cadres et des parlementaires qui ne souhaitent pas se fondre dans le macronisme.

Je suis parfaitement prêt à leur tendre la main sur un accord de gouvernement. - Une alliance en cas de législatives anticipées plébiscitée par les électeurs. Selon un sondage Ifop, plus de 8 sympathisants sur 10 des Républicains et du RN aimeraient voir leurs formations gouverner ensemble. - A.Casse: Question. - V.Schneider: Oui, parce que c'est le dernier à droite qui a gagné.

N.Sarkozy a de toute façon une position à part dans l'univers de la droite et pour les électeurs de droite. C'est le dernier à avoir gagné une élection et tous ceux qui s'y sont frottés après ont échoué.

On l'a vu dans ce sujet. Les Républicains, anciennement UMP, n'en finissent pas de se disloquer et de mourir, à l'image du PS dans le camp opposé. Ils gardent une position à part, même si de moins en moins se réfèrent à lui parce qu'il y a un renouvellement aussi au sein de la droite.

Ils représentent moins pour les jeunes générations que par le passé, mais ils restent une figure. - A.Casse: C'est intéressant de voir à quel point les lignes bougent dans son discours.

Il dit que le RN a toute sa place dans la République. Il a reçu J.Bardella.

Comment vous analysez ce rapprochement avec J.Bardella, d'ailleurs, plus qu'avec M.Le Pen. - L.Vigogne: Oui.

Il a très peu de liens avec M.Le Pen. Il l'a appelée il y a quelques jours pour la remercier du mot qu'elle avait eu après sa condamnation.

N.Sarkozy reproche toujours à M.Le Pen de ne pas l'avoir soutenu dans l'entre-deux-tours.

N.Sarkozy sent l'évolution qui travaille en ce moment le peuple de droite, qui est celle d'une union des droites, d'aller un peu plus à droite. En donnant des gestes comme ça, en accordant des brevets au RN, il accompagne ce mouvement.

Il montre bien ce qui travaille en ce moment l'opinion de droite. - A.Casse: N.Sarkozy en prison aujourd'hui, c'est une bonne ou une mauvaise chose pour le RN?

Etant donné qu'il y a ce parallèle avec la situation de M.Le Pen... - V.Schneider: Je pense que c'est une bonne chose.

Ca permet au RN de faire oublier qu'eux aussi ont beaucoup de problèmes avec la justice. C'est bien quand l'attention est portée sur les autres. Le RN prospère aussi sur cette idée que tous les anciens partis sont corrompus, pourris, qu'il faut changer tout ça et donner la chance à ceux qui n'ont pas gouverné, c'est-à-dire eux-mêmes.

Tout ça ne peut qu'arranger leurs affaires et leur positionnement. - L.Vigogne: Ca alimente le débat sur l'exécution provisoire dont on parlait tout à l'heure. - A.Casse: Question. - A.-C.Bezzina: Elle en a déjà, de toute façon, du souci sur cette question de l'inéligibilité.

Après, les appels sont encore pendants. C'est important de les attendre. Il ne faut pas oublier que les juges appliquent la loi.

C'est l'évolution de la loi que d'aller vers les exécutions provisoires, d'aller vers une plus grande probité des gouvernants. On a pu appeler ça l'éthique publique ou la transparence. La législation a évolué là-dessus.

Le sentiment qui prédomine chez N.Sarkozy, c'est la constatation de l'isolement des LR. En 2022, c'est lui qui avait proposé dans l'entre-deux-tours le partenariat avec la droite macroniste en disant qu'il fallait une coalition de droite centriste.

Il y a une vengeance dans l'idée d'aller de l'autre côté de la droite pour aller chercher des alliances. Ce qu'il a raison de faire, c'est de considérer que dans la logique de notre Ve République, le groupe le plus faible va être avalé par le plus fort. C'est plutôt la droite nationale, maintenant.

Les LR ont tout intérêt à tendre la main. - A.Casse: On peut lire cette phrase dans "Le Figaro" du jour. "A terme, N.Sarkozy veut la grâce présidentielle.

C'est pour cela qu'il adoube J.Bardella." - A.-C.Bezzina: Pour avoir la grâce, il faut déjà se reconnaître coupable.

Ca semble manquer dans son histoire. - A.Casse: C'est ce qu'il dit au JDD:

Qui dirige la droite ? — Nicolas Sarkozy · Pourquijevote