Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 29 juillet 2026 11 min

Comment aider les entreprises touchées par les incendies ? Le ministre de l'Industrie Sébastien Martin promet sur RTL des aides ciblées

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Vincent Derosier, RTL Matin. Et bonjour Sébastien Martin. Bonjour. Ministre délégué chargé de l'industrie, on vient de l'entendre avec Mathilde Piquet. Il y a en France 250 000 sapeurs-pompiers volontaires. Sur le terrain, il en manque, nous disent les pompiers. Est-ce que les entreprises font tout bien pour libérer tous ceux qui sont volontaires et qui veulent partir ?

0:19
Locuteur 1

Je pense qu'on va toujours trouver des exemples où certains chefs d'entreprise sont un peu moins volontaires, on va dire, pour libérer leurs sapeurs-pompiers volontaires. Mais vous savez, moi, avant d'être ministre, pendant 12 ans, j'ai été élu local en Saône-et-Loire. J'ai vu des dizaines et des dizaines de conventions signées entre les entreprises et les services des sapeurs-pompiers. Et dans l'ensemble, c'est ce qui a été dit aussi. Tout le monde y trouve un intérêt parce que c'est aussi un sacré avantage d'avoir quelqu'un qui est capable de porter les premiers secours dans une entreprise.

0:45
Locuteur 2

Bien sûr, beaucoup d'entreprises y trouvent un intérêt, laissent leurs salariés partir. Mais il manque à peu près 50 000 pompiers volontaires sur le terrain. C'est ce que nous disaient les pompiers qui combattent les flammes. Le refus des employeurs, il est fréquent. Là, l'État peut faire quelque chose ?

0:59
Locuteur 1

Il y a peut-être parfois le refus des employeurs. Mais je pense que la question des sapeurs-pompiers volontaires, c'est aussi une forme... Vous savez, on dit dans ce pays, parfois, il peut y avoir une crise de l'engagement. La question de l'engagement, il y a un travail qui est fait pour sensibiliser les jeunes. On peut devenir d'abord jeunes sapeurs-pompiers, les JSP, pour ensuite pouvoir devenir sapeurs-pompiers. Je veux juste dire qu'on ne devient pas sapeurs-pompiers comme ça du jour au lendemain. C'est un parcours et parfois, c'est exigeant. Et donc, il y a des gens qui aiment s'engager dans la société, mais qui parfois, face à l'exigence de ce qu'est être sapeur-pompier volontaire...

Je n'ai jamais vu une caserne de sapeurs-pompiers refuser des sapeurs-pompiers volontaires. Je vois plutôt des casernes, parfois, aller chercher de nouveaux sapeurs-pompiers volontaires. C'est un parcours exigeant. Donc, il faut qu'on continue avec les collectivités locales, avec les entreprises, à sensibiliser nos concitoyens à cet engagement.

1:45
Locuteur 2

Bon, si je vous écoute, il n'est pas question de mettre la pression ou de sanctionner d'une façon ou d'une autre les entreprises qui diraient « Non, non, il y a un dossier à boucler avant d'aller combattre les incendies ».

1:53
Locuteur 1

Non, mais elles ont des règles à suivre qui sont dans les conventions qu'elles ont signées avec les services départementaux d'incendie et de secours. Et ces conventions doivent être appliquées.

2:00
Locuteur 2

Alors, l'urgence pour vous, c'est la situation économique. 13 000 entreprises évacuées en Gironde, près de 15 000 touchées, selon la Chambre de commerce. On va être sur un quoi qu'il en coûte... 130 000 salariés. 130 000 salariés. On va assister à un nouveau quoi qu'il en coûte, comme après le Covid ?

2:15
Locuteur 1

Non, écoutez, je crois que jusqu'à présent, et d'ailleurs les Français nous en sont grés, nous avons, face à chacune des crises, essayé d'apporter des réponses extrêmement concrètes, ciblées et précises. Là, il s'agit d'arroser les forêts. Il ne s'agit pas de lancer à nouveau un système d'arrosage automatique à l'aide et à la subvention. Il y a plusieurs dispositifs qui existent. Je pense qu'on va y revenir. Et ceux-ci sont mobilisés. Dès lundi, Roland Lescure a réuni l'ensemble des filières, et le matin, localement, et l'après-midi, l'ensemble des filières nationales concernées par cette crise. Il y a une nouvelle réunion demain après-midi à Bercy pour faire un point.

Mon collègue Serge Papin, Jean-Pierre Farandou, sur ces sujets-là, seront amenés à faire sans doute un certain nombre d'annonces et de précisions. Mais on n'est pas sur du quoi qu'il en coûte, on est sur de l'efficacité.

3:04
Locuteur 2

Donc là, aujourd'hui, on connaît le nombre d'entreprises touchées, le nombre de salariés, les pertes économiques. Vous pouvez les chiffrer même de façon imparfaite ? Non, c'est beaucoup trop tôt.

3:13
Locuteur 1

Je veux rappeler quand même que cet épisode d'incendie, en tout cas sur la Gironde, il y a eu les Landes dans un premier temps. Maintenant, il y a la Gironde. Et sur ce secteur tout particulier, ces méga-feux qu'est la Gironde, a commencé en deuxième moitié de semaine dernière. Nous sommes aujourd'hui mercredi. C'est à partir de ce week-end que la préfète a indiqué que les salariés ne pouvaient pas retourner dans leurs entreprises. On est donc à trois jours, effectivement, où les salariés ne peuvent pas retourner dans leurs entreprises. Je crois qu'il faut raison garder, regarder les choses très concrètement. L'État sera aux côtés des entreprises.

Nous l'avons dit, nous le sommes déjà en ayant clairement dit que le recours au chômage partiel pour les entreprises qui sont dans le secteur évacué, comme celles qui ne sont pas dans le secteur évacué, pouvaient être ouvertes aux entreprises. C'est un premier niveau d'aide. Il y aura aussi des mesures d'étalement sur les quotas.

4:06
Locuteur 2

Le chômage partiel, ce sera 100% pour les salariés au SMIC, vous disiez. C'est un peu moins ensuite.

4:10
Locuteur 1

C'est moins, c'est plutôt autour d'un peu plus de 60% du brut et puis ensuite avec une prise de participation de l'État qui est apportée sur le chômage partiel. Mais c'est quand même un soulagement pour le chef d'entreprise que de pouvoir avoir recours à cette mesure de chômage partiel. Il y a aussi tout le secteur des travailleurs indépendants qui n'ont pas forcément beaucoup de salariés ou pas de salariés. Qu'est-ce que vous leur dites aux travailleurs indépendants ? Il existe un système de protection sociale des travailleurs indépendants qui fait qu'ils peuvent avoir en ce moment, du fait de cette urgence, une aide qui peut aller jusqu'à 2000 euros.

Mais je sais que mon collègue Serge Papin travaille sur cette mesure spécifique et que peut-être des détails ou des compléments vont être apportés dans la journée. Mais les travailleurs indépendants, c'est les boulangers, les artisans, les commerçants, des artisans du bâtiment ou autre qui doivent intervenir, qui devraient travailler en ce moment, qui ne le peuvent pas, qui peuvent avoir cette aide d'urgence.

5:04
Locuteur 2

Un salarié évacué de chez lui mais dans l'entreprise ou l'usine qui tourne, a-t-il droit au chômage partiel si l'employeur refuse son absence par exemple ?

5:12
Locuteur 1

Ça fait partie des sujets en fait, aujourd'hui vous avez quelqu'un qui, je prends un exemple, il est effectivement dans une commune évacuée, il est peut-être hébergé dans un centre d'hébergement, il n'a plus ses affaires, il a peut-être laissé son véhicule derrière lui, il doit s'occuper de reloger sa famille, d'envoyer ses enfants chez ses parents.

C'est compliqué pour lui d'aller travailler, nous on est en train de regarder ces cas précisément, on pense qu'effectivement un patron pourrait avoir recours au chômage partiel pour ce type de situation, en tout cas c'est ce qu'a dit Serge Papin hier, beaucoup de souplesse, beaucoup de réactivité dans l'analyse de ses dossiers et beaucoup d'humanité surtout dans l'analyse de ses dossiers. Mais je rappelle que les demandes de chômage partiel, effectivement, elles sont déposées par le chef d'entreprise, après si le chef d'entreprise décide de ne pas avoir recours au chômage partiel, il rémunère son salarié.

6:01
Locuteur 2

Sébastien Martin, il y a la question des saisonniers, vous avez vu ces terrasses vides, il y a les vendanges qui arrivent un peu plus tard, il y a les campings qui sont évacués, tous ceux qui devaient travailler en Gironde, ils auront droit au chômage partiel ?

6:13
Locuteur 1

Ce qui compte, c'est la prise effective du poste. Donc les saisonniers qui aujourd'hui avaient pris leur poste et qui, dans une des communes évacuées, ne peuvent pas retourner travailler, ils sont bien évidemment bénéficiaires du chômage partiel.

6:29
Locuteur 2

Ce n'est pas la promesse d'embauche qui compte, c'est le contrat signé.

6:32
Locuteur 1

C'est un, vous devez avoir un contrat et deux, vous devez avoir pris votre poste. Si vous avez pris votre poste, vous êtes bénéficiaire du chômage partiel. La question est pour ceux qui vont arriver, qui ont signé un contrat mais qui n'ont pas encore pris leur poste. Là, c'est difficile de répondre parce que, je ne sais pas moi, si les choses s'arrêtent d'ici cette fin de semaine et que les contrats démarrent la semaine prochaine, il n'y a pas de question.

Donc tout ça va évoluer dans les 48 heures, je le redis, jeudi après-midi, Roland Lescure convoque une réunion à nouveau avec l'ensemble des fédérations professionnelles pour examiner encore ces cas particuliers, ces situations très précises qu'on veut traiter avec humanité et efficacité. L'État peut aider pour leur trouver du travail ailleurs ? D'ailleurs, j'en profite comme l'a fait Serge Papin hier. La Gironde est un très grand département. Aujourd'hui, on est sur un cas qui est en gros l'ouest de la métropole de Bordeaux jusqu'au nord du bassin d'Arcachon qui est touché.

Mais tout ce qui est au sud du bassin d'Arcachon et puis tout ce qui est au nord, effectivement, là, l'activité touristique est maintenue. Et donc, on incite les gens à poursuivre leurs vacances quand ils ne sont pas du tout dans les zones concernées. Et puis, surtout, à se projeter vers l'avenir, à ne pas annuler par anticipation parce que les gens ne le méritent pas. Il faut apporter la solidarité.

7:45
Locuteur 2

Vous disiez, on ne va pas distribuer ces subventions comme ça, comme des petits pains. Mais par exemple, hier, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, la ville de Bordeaux n'a pas brûlé, mais lui était inquiet. Et vous demandez entre les lignes de l'argent.

7:56
Locuteur 1

Il y a un formidable mouvement de solidarité, d'ailleurs aussi, qui est exprimé par les communes. Je vois beaucoup de communes qui apportent leur aide aux sinistrés, qui apportent leur aide aux collectivités sinistrées. Je dis que nous regardons les situations au cas par cas, que le président de la République a demandé exactement la même chose et que donc, demain après-midi, il y aura sans doute des premiers éléments de réponse qui seront apportés.

8:18
Locuteur 2

Parlons un instant des sites stratégiques. En Gironde, les flammes se sont rapprojés de plusieurs sites classés Céveso, une usine de missiles, une poudrerie, une centrale nucléaire à 50 km même. Tout a bien été anticipé ?

8:29
Locuteur 1

Oui, parce que déjà, vous parlez effectivement de sites Céveso. La catégorie Céveso est une catégorie qui impose une réglementation en matière de sécurité des sites qui est ultra exigeante.

8:42
Locuteur 2

Parce que des travaux, pardon, ont eu lieu en pleine nuit ces derniers jours.

8:46
Locuteur 1

Oui, parce que vous avez déjà un niveau... On a du mal à se dire que c'est complètement anticipé quand des travaux ont eu lieu en catastrophe. Attendez, vous avez un niveau de protection qui est important sur ce genre de site, en matière de sécurité incendie par exemple, en matière de présence de sapeurs-pompiers directement sur les sites, des sites Céveso seuil haut. Vous avez en permanence des pompiers qui sont présents sur ce genre de site. Il y a eu des travaux qui ont été faits pour conforter, pour, comment dirais-je, pour améliorer encore les conditions de sécurité.

On a terrassé tout autour, puisque vous l'avez vu dans la lutte contre le feu, ce qui est important, c'est d'enlever tout type de combustible finalement. Donc on a renforcé encore la sécurité. Et puis surtout, ont été enlevés de ces sites des patières qui pouvaient être considérées comme dangereuses. Vous l'avez dit, certains font des fusées, certains font des poudres qui sont nécessaires pour les missiles. Donc il n'est peut-être pas nécessaire de laisser ça à 15 kilomètres.

9:33
Locuteur 2

Il n'est pas nécessaire de changer la loi, de changer la charte Céveso, de débroussailler plus loin ?

9:37
Locuteur 1

Honnêtement, le système Céveso à la française a d'ailleurs fait l'objet, je vous rappelle, après Lubrizol, après un certain nombre de situations, comme l'explosion à Toulouse, a fait déjà l'objet de révision, de retour d'expérience et d'un certain nombre d'éléments. Il y a des périmètres de sécurité dans les sites Céveso. Par exemple, si vous êtes site Céveso, vous ne pouvez pas avoir un bâtiment autour à un minimum 2 kilomètres ou 5 kilomètres en fonction des rayons que l'on a de sécurité autour de ces sites. Donc c'est une réglementation qui est vérifiée.

Il y a des visites qui sont faites tous les ans ou tous les deux ans par les services de l'État pour vérifier que toutes les conditions sont bien remplies. Et donc il n'y a pas de leçons à tirer de ces méga-feux, mieux former les industriels ? Bien sûr, il y a toujours des leçons à avoir. L'adaptation au changement climatique et donc les conséquences que peuvent en être ces méga-feux font partie aussi des sujets sur lequel on travaille. D'ailleurs, j'ai labellisé dans le Grand Est un territoire qui est volontaire sur ce sujet.

10:31
Locuteur 2

Et merci beaucoup Sébastien Martin, ministre délégué à l'Industrie, d'avoir été là.

Comment aider les entreprises touchées par les incendies ? Le ministre de l'Industrie Sébastien Martin promet sur RTL des aides ciblées — Sébastien Martin · Pourquijevote