Le testament de François Hollande #cdanslair 02-12-2016
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 46 %Défensif 44 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 13:54OuverteRéponse partielle
Avec ce désistement, la gauche a-t-elle un petit espoir d'être au second tour avec la droite ?
- 14:40OuverteRéponse directe
Quand François Hollande a-t-il pris sa décision ?
- 16:35OuverteRéponse directe
Est-ce que Manuel Valls a forcé la main du président ?
- 18:01OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce qu'il a été empêché ?
- 22:25OuverteRéponse directe
Est-ce que la défaite de Nicolas Sarkozy a influencé son choix ?
- 23:35OuverteRéponse directe
Est-ce qu'avec quelques jours de plus, on sait ce qui s'est passé entre Manuel Valls et François Hollande à l'Élysée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:57PrésentateurFait
« Je n'ai qu'un seul regret. Je veux ici l'exprimer. C'est d'avoir proposé la déchéance de nationalité, parce que je pensais qu'elle pouvait nous unir alors qu'elle nous a divisés. »
- 11:33PrésentateurFait
« Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle. »
- 20:16PrésentateurFait
« Il y a ce boulet de l'inversion de la courbe qu'il a lui-même forgé à la fin de l'année 2012 en disant fin 2013, l'inversion de la courbe du chômage sera faite. »
- 20:29PrésentateurPromesse
« Je ne me représenterai pas si j'échoue sur le chômage. »
- 28:59PrésentateurFait
« Un président ne devrait pas dire ça. »
- 33:27InvitéFait
« Ça n'a pas été un bon communicant. »
- 37:12InvitéFait
« Tout le monde se disait « Pourquoi cette loi ? Pourquoi c'est la gauche qui tout d'un coup choisit de bousculer le Code du Travail ? » »
- 38:20InvitéFait
« il a cru ça. Et quand il a vu le livre, c'était pas du tout ce qu'il attendait, bien évidemment. »
- 38:45InvitéFait
« Tout ce qu'il a dit qui était collationné un peu comme ça pour faire de l'effet, pour faire du buzz et ça en a fait. »
- 39:43PrésentateurFait
« il a tenté avec le pacte de responsabilité d'aider les entreprises. »
- 39:48PrésentateurChiffre
« la création d'emplois est repartie dans ce pays. »
- 39:50PrésentateurFait
« il y a eu des réactions aux attentats qui ont été celles d'un État puissant et organisé. »
- 40:07PrésentateurFait
« C'est la déchéance de nationalité. C'est-à-dire qu'il regrette d'avoir proposé cela. »
- 40:18PrésentateurFait
« Ça lui a coûté Christiane Taubira qui a quitté le gouvernement alors que la déchéance n'a même pas pu passer la barrière du Congrès. »
- 41:01PrésentateurFait
« Jamais son honnêteté personnelle n'a été touchée par ses affaires. »
- 41:14PrésentateurFait
« Sa vie privée, sa vie politique, Cahuzac, Tevenou, c'est désastreux. »
- 41:44InvitéFait
« Effectivement, s'il n'y avait eu que la campagne de la primaire, je pense que c'était plus facile de faire ce qu'il a fait, le retournement, la politique de l'offre, etc. »
- 41:59InvitéFait
« un certain nombre de gens de gauche ont pu, à bon droit, penser qu'à un moment donné, on ne faisait quand même pas ce qu'on avait dit qu'on ferait. »
- 42:27InvitéFait
« Il s'est engagé dans cette politique de l'offre parce qu'il a bien vu que les politiques que menait la gauche ne résolvaient pas le problème du chômage. »
- 44:22InvitéFait
« Le choc fiscal du départ qui a été quand même terrible pour les classes moyennes. »
- 44:35InvitéFait
« Et c'est là qu'a commencé le bashing. Le Holland bashing, j'ai retrouvé une coupure du monde qui date du vendredi 7 septembre 2012, c'est-à-dire tout au début, et qui titre sur le Holland bashing, une tendance éditoriale et un philo. »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Invité16 %
- Invité 23 %
≈ 1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Ce sera donc sans lui. François Hollande a provoqué un séisme politique hier soir en renonçant à la prochaine présidentielle. C'est la première fois dans l'histoire de la Vème République qu'un chef de l'État ne brigue pas un deuxième mandat. Jusqu'au bout, François Hollande aura maintenu le suspense, annonçant à la dernière minute qu'il allait prendre la parole à 20h. Jusqu'au bout, il aura espéré se présenter et rassembler la gauche malgré une impopularité record. Jusqu'au bout, ce quinquennat aura été anormal pour celui qui voulait être un président normal. De l'avis de nombreux observateurs, c'est un formidable aveu d'échec.
La fin d'une carrière politique riche qui aura conduit un petit garçon de Normandie jusqu'à l'ENA et un député de Corrèze jusqu'au sommet du pouvoir. François Hollande a en quelque sorte livré son testament hier soir en 10 minutes devant 14 millions de téléspectateurs et non sans une grande émotion. Beaucoup de questions ce soir. Pourquoi le président a-t-il été empêché de concourir à la prochaine campagne ? Comment a-t-il pris cette décision ? A qui en a-t-il parlé ? Que restera-t-il de ce quinquennat dont il a esquissé le bilan hier soir ? Quelle empreinte, enfin, laissera-t-il dans l'histoire ? On en parle avec nos invités.
Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express. Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos. Gérard Grimbert, vous êtes politologue, spécialiste du PS et directeur de recherche émérite au CNRS. Hélène Pilichowski, vous êtes journaliste et éditorialiste politique. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à ce C'est dans l'air en direct. Nous attendons vos questions comme chaque soir, bien sûr, par SMS, sur Internet et sur les réseaux sociaux. 20h, hier soir, sur toutes les chaînes, François Hollande apparaît, visage fermé, la voix blanche. Il va annoncer sa décision.
Mes chers compatriotes, je m'adresse à vous ce soir pour vous faire connaître la décision que j'ai prise dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. Ça, c'est le tout début. Quand il démarre, Christophe Barbier, on écoute les premiers mots, les premières minutes. On se dit qu'il va annoncer sa candidature parce qu'il dresse un bilan plutôt positif. Les premières secondes, on se dit, avec cette mine-là et cette voix-là, il n'y va pas. Oui. Le petit soupir quand il arrive. Et puis dans les premières minutes, juste après, il peint son bilan tellement en rose. Ce qu'il a fait, ce qu'il a réussi, ce qu'il avait promis.
On se dit, voilà, c'est le socle d'une déclaration de candidature. Et puis non. Finalement, quand il commence à dire, bon, le chômage, ce n'est pas vraiment ça. Et puis j'ai un regret. La déchance de nationalité, on se dit, ben voilà, il va dire qu'il n'y va pas. On a fait l'essuie-glace pendant ces dix minutes, comme on a fait aussi l'essuie-glace entre il y va, il n'y va pas, pendant les dix jours précédents.
Parce que la machine hollandaise, la famille hollandaise, n'a cessé de pilonner les médias avec la détermination du président qui voulait griller Valls, après son interview dans le JDD, surprendre avant la réunion de la belle alliance populaire du 3 décembre, éventuellement être candidat en annonçant qu'il ne passerait pas par la primaire parce que la situation est exceptionnelle.
Enfin bref, on a eu droit à un rideau de fumée, très politique, qui correspondait aussi sans doute à une hésitation profonde du président entre l'homme hollande qui lui disait sans doute depuis plusieurs mois de ne pas y aller pour s'épargner lui-même, pour épargner la famille, et puis l'animal politique qui lui disait qu'il y avait encore une chance, avec un fillon marqué à droite, avec une gauche qui n'avait pas de leader naturel, qu'il fallait jusqu'au bout regarder si au bout du tunnel il n'y avait pas une petite lumière synonyme d'espoir.
On dit qu'il a écrit cette intervention lui-même, que personne ne l'avait lue, on dit aussi que c'est son meilleur discours, Brice Tinturier, vous diriez ça aussi ? Non, je ne crois pas que ce soit son meilleur discours, il a fait des discours intéressants et marquants, et forts à d'autres occasions, je pense à celui de la Salle Neuagram, mais durant la campagne électorale de 2011 également. C'est un discours en revanche qui a pu générer, je crois, chez les sympathisants de droite de la joie, voire de la jubilation, chez les sympathisants de gauche de la tristesse et du soulagement en même temps.
Et c'est ça qui est intéressant peut-être, c'est ce mélange d'émotions, probables je suppose, à la fois un peu de tristesse, parce qu'il y avait une gravité, quelque chose dans cette déclaration qui relevait de cela, et en même temps sûrement aussi beaucoup de soulagement, tellement la situation était limitée, difficile, avec notamment la question de la primaire, pas seulement de la présidentielle, mais la possibilité de perdre la primaire, qui aurait été la fin d'une gauche de gouvernement, la fin d'une certaine vision de la fonction présidentielle et de beaucoup d'autres choses. Gérard Grimbert, c'est historique ? Ah bah oui, ça c'est historique. Pour une fois, le mot n'est pas galvaudé.
Non, non, c'est effectivement la première fois qu'un président ne se représente pas. Je crois aussi qu'il faut remarquer quand même que l'affaire de la primaire a joué un rôle très très important. Et précisément, il n'y avait pas de primaire dans les époques reculées. Ça a beaucoup joué. C'était plus facile de se lancer comme ça. Je pense d'ailleurs qu'on ne le saura jamais. Mais je pense que s'il n'y avait pas eu de primaire, il n'est pas absolument certain qu'il n'y aurait pas été. Il aurait tenté de même plus tard. Peut-être. Tandis que là, vraiment, il s'est dit, et il avait raison entre nous, il s'est dit que ça ne va quand même pas être très très amusant cette primaire, franchement.
Alors, on dit que personne n'était au courant, Hélène Pilischowski, vraiment. C'est si rare le secret en politique.
Pas pour François Hollande. C'est un homme très secret dans ses décisions, ça c'est vrai. Et ce qui a pu parfois user son entourage, qui n'arrivait jamais à savoir ce qu'il pensait, ni même ce qu'il allait décider. On sentait bien que Manuel Valls piaffait depuis un certain temps. Il le laissait voir d'ailleurs ouvertement, si vous voulez. Donc, je pense qu'il y avait très très peu de monde. Je ne suis dans aucune confidence à ce niveau-là, si vous voulez. Il y a beaucoup de personnes très informées qui ont dit que seuls deux ou trois, l'ami fidèle, par exemple, Julien Drey, qui revoyait beaucoup ces temps derniers, c'est sans doute vrai. Je ne sais pas.
Et Manuel Valls même, on ne sait pas lui-même quand est-ce qu'il l'a appris. C'est-à-dire, à l'issue de ce fameux déjeuner, on a vu ressortir effectivement, de lundi dernier, nous sommes vendredi, on a vu Manuel Valls ressorti plutôt rasséréné, si vous voulez, alors qu'il était très tendu, qu'il avait fait sa sortie dans le journal du dimanche. On s'est dit, ça y est, il y a quelque chose qui a quand même rassuré Manuel Valls. Quoi ? On se demandait quoi. Il y avait plusieurs hypothèses qui étaient émises.
Ce qui est intéressant, c'est que certains font le parallèle avec Jacques Delors, qui avait annoncé, vous vous souvenez-vous, qu'il renonçait à la présidentielle. Ça vous paraît justifié ce parallèle ? Tout à fait. C'est justifié dans la forme, parce que le secret est gardé jusqu'au bout. Rappelez-vous, Jacques Delors, le 11 décembre 1994, fait toute une émission avec Anne Sinclair, avant, à la fin, de lire un papier en disant les raisons pour lesquelles il n'est pas candidat. Et puis, il y a aussi une sorte de transmission filiale entre Delors et Hollande. Hollande était l'animateur du courant Delors. Il était un peu son fils spirituel.
Donc, il y a une vraie continuité, avec une différence quand même. Delors n'a pas voulu tenter une présidentielle. Bien sûr. François Hollande a raté un quinquennat. Et il a été président.
Non, non, moi, je ne partage pas du tout cette idée de comparaison avec Jacques Delors sur le sujet. D'ailleurs, je me souviens, François Hollande parlait de Jacques Delors à l'époque. Il disait, non, non, il n'ira pas. Mais c'était simplement des allégations, s'il voulait. Et on savait qu'il hésitait, que c'est un homme qui hésitait, qui avait beaucoup de mal à passer à l'action, s'il voulait. François Hollande, c'est différent. Enfin, c'est le président sortant. C'était absolument pas... Bien sûr.
Enfin, il y a l'idée de ne pas y aller.
Du secret. Gris-Tinturier.
Je voudrais parler de l'introduction de Christophe Barbier, parce qu'il nous a expliqué que finalement, durant cette allocution, on passait par toutes les couleurs, en ne sachant pas ce qui allait arriver, ce qu'allait nous dire François Hollande. Et finalement, c'est ce qui s'est passé durant tout son quinquennat. Et c'est bien le mystère de cet homme qui, à la fois, est très secret, à bien des égards, dans ses décisions... Insondables. Vraiment insondables. Et qui, en même temps, se livre à des journalistes, comme peu de présidents, comme aucun président ne l'a jamais fait.
Et en permanence, il y a ce jeu d'ombre et de lumière, de sincérité et de normalité apparentes, et en même temps, de clair-obscur et de mystère très très profond. Il y a un mystère, François Hollande. Oui, mais d'abord, je voudrais revenir quand même à la comparaison. Parce qu'il y a quand même un élément, c'est pas exactement la même chose, mais quand même qui me paraît établir quand même une comparaison et expliquer, en partie, dans les deux cas, ce qui s'est passé. C'est quand même, il faut se rappeler qu'en fin 94, début 95, la situation était qu'un parti socialiste...
Le parti socialiste était en train de revenir très à gauche au Congrès de Liévin, avec Emmanueli, qui avait dit de Delors, lui c'est lui, moi c'est moi, lui il fera ce qu'il voudra, mais le parti fera ce qu'il voudra. Et au fond, aujourd'hui, c'est un peu pareil. On a cette éternelle, quand même, cette éternelle histoire du parti socialiste, où le parti, d'ailleurs, ça m'avait frappé, j'en ce point le disais quand il était pour le secrétaire, il disait, le parti est aux côtés du pouvoir. Et donc, le parti c'est le parti, le pouvoir c'est le pouvoir.
Et je crois que là, au fond, François Hollande, il s'est dit, j'ai les mêmes difficultés, il va falloir que je rencontre à nouveau le parti socialiste, que je me batte contre une partie du parti socialiste pour être candidat. Alors, ce n'est pas exactement la même chose, mais je crois qu'il y a quelque chose... Il y a peut-être une autre comparaison à faire, c'est avec, justement, Lionel Jospin. Oui. L'humiliation du 21 avril, il était quand même aux premières loges, François Hollande.
Je trouve que Delors, Jospin, Hollande, vous avez une vraie filiation, d'abord idéologique, en termes de positionnement, de social-démocratie, de rapport à l'économie, et le valsisme, ce n'est pas exactement cela, ce qu'incarnent Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon non plus. Et finalement, vous avez là trois personnalités qui ont incarné cette sensibilité politique et qui, quelque part, ont tout échoué à un moment donné. Jacques Delors, puisqu'il renonce à la candidature, Lionel Jospin, puisqu'il n'est pas qualifié pour le second tour, et François Hollande, puisqu'il ne peut pas, il est empêché en réalité, il ne peut pas être candidat pour de nombreuses raisons.
On va y revenir longuement tout au long de cette émission. D'abord, donc, l'intervention de François Hollande en direct de l'Elysée. Elle a duré une dizaine de minutes, je le disais, elle a été suivie par 14 millions de téléspectateurs. Les plus proches collaborateurs du président ont appris sa décision en regardant la télévision, comme tous les Français. Retour sur cette annonce historique avec Barbara Steck et Thomas Buyer.
L'annonce est tombée peu après 19h. Le président va s'exprimer de manière imminente. Une intervention organisée à la hâte, dans le petit studio du 2 rue de l'Elysée, habituellement utilisé pour les déclarations du porte-parole. Loin des ors de la République, le décor est sobre. François Hollande apparaît le visage grave, visiblement ému.
Mes chers compatriotes, je m'adresse à vous ce soir pour vous faire connaître la décision que j'ai prise.
Les premières minutes sont consacrées à son action politique. Des comptes publics assainis, au mariage pour tous, François Hollande vende son bilan. Il reconnaît cependant des résultats tardifs sur le front du chômage et admet avoir fait des erreurs.
Je n'ai qu'un seul regret. Je veux ici l'exprimer. C'est d'avoir proposé la déchéance de nationalité, parce que je pensais qu'elle pouvait nous unir alors qu'elle nous a divisés.
Sur sa candidature, il aura entretenu le mystère jusqu'au dernier moment et même jusqu'à la quasi-dernière minute de sa déclaration. Et les mots ont parfois du mal à sortir.
Aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle.
Seuls quelques traits proches, sa famille, Ségolène Royal, étaient dans la confidence. Comme les 14 millions de Français devant leur télévision, au palais de l'Elysée, beaucoup de conseillers ont appris la nouvelle en direct. Parmi eux, Bernard Poignan, pourtant un intime du président.
Nous étions plusieurs à écouter l'intervention. Au début d'ailleurs, on ne prévoyait pas la fin. On attendait le bilan, etc. Et puis, il y a eu un moment dans l'intervention, je ne sais plus à quel moment, tout d'un coup, on a cru comprendre qu'il s'acheminait vers une non-candidature. Voilà, et on en a tous pris acte, mais l'ambiance à l'Elysée était... Personne n'était au courant.
Hier soir, alors que François Hollande annonce qu'il ne brigera pas de second mandat, une centaine de militants et de représentants socialistes étaient réunis dans l'Est parisien. Beaucoup ne souhaitent pas commenter cette nouvelle. Ils veulent d'abord la digérer. Nous, on ne répond pas, moi je ne me souviens pas d'être. La première chose que je crois que c'était partagée ce soir, c'est qu'on est très émus. Voilà, c'est une aventure qu'on aurait souhaité qu'elle aurait pu se finir mieux. Certains camarades regrettent, d'autres sont soulagés. Il n'a pas voulu forcer un destin qui, malheureusement, s'était déjà écrit depuis un certain nombre de mois.
Je le regrette, parce que je crois qu'il en a la responsabilité et la capacité. Voilà, je crois que c'est extrêmement respectable de faire jouer le pays au lieu de faire jouer lui-même.
Ce n'est pas un soulagement de le voir ne pas être candidat, c'est un soulagement de le voir prendre une décision. Et maintenant, on va pouvoir partir sur de bonnes bases pour faire notre primaire.
Ce militant lui s'inquiète de voir le parti encore plus divisé. Je ne sais pas vous dire à ce stade des opérations si c'est une bonne ou une mauvaise chose pour la gauche. Certains plaient la clarification, ils l'auront peut-être dans les jours qui viennent. Et je ne sais pas qui pourrait remplacer la position centrale qu'occupait François Hollande, malgré tout. Car à défaut de tenir sa majorité, François Hollande, l'homme de la synthèse, était peut-être paradoxalement l'élément de stabilité d'un parti socialiste très éclaté.
Avant d'essayer de comprendre pourquoi et comment François Hollande a pris cette décision, première question SMS. Pris-Tinturier, avec ce désistement, la gauche a-t-elle un petit espoir d'être au second tour avec la droite ? La gauche se retrouve de toute façon à devoir régler de très nombreux problèmes qui ne sont absolument pas réglés par la non-candidature de François Hollande. Elle est en retard sur le processus de clarification et de désignation de son candidat. On ne sait pas d'ailleurs lequel il sera et donc elle est en retard aussi sur la ligne majoritaire qu'elle va porter.
Et elle est à ce jour profondément divisée entre Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, bien d'autres encore, et le candidat du parti socialiste. Donc avant d'espérer pouvoir rééquilibrer les choses et à fortiori être qualifiée pour le second tour, il faut qu'elle règle sans déchirement trop traumatisant, et on n'en prend pas le chemin, il faut qu'elle règle tous ses problèmes. Alors François Hollande, quand a-t-il pris sa décision, Christophe Barbier ? Je pense que la décision définitive politique de ne pas se représenter, elle est tardive. Elle est tardive.
L'homme, il l'a dit, est resté lucide, donc il a bien vu la dégradation de son rapport aux Français, l'équation impossible qui devenait la sienne dans une gauche divisée, et puis des sondages qui étaient des sondages de dissuasion nucléaire envoyés par l'opinion envers le président. En revanche, la situation politique pouvait lui laisser des espoirs. Sarkozy gagnant la primaire, ça changeait tout. C'est pas Juppé, c'est Fillon. Ah, c'est quand même un candidat très à droite, il y a un espace. Le chômage baisse, le chiffre du mois d'octobre publié fin novembre n'est pas mauvais. Le risque terroriste demeure, mais ça bouge à Mossoul et à Raqqa.
Donc tout cela pouvait donner l'impression, y compris avec les avancées de Poutine et l'élection de Trump, qu'une aventure politique serait possible. Mais la porte qui s'est refermée, je crois, c'est à partir du livre. Le livre de Davé et l'homme, un président ne devrait pas dire ça, a déclenché la guerre des Hollandais contre Hollande. Beaucoup de ses proches politiques ont commencé à le lâcher, et surtout ça a déclenché l'offensive de Valls. Bon, soyons clairs, il voulait être candidat. Bien sûr, bien sûr. Hélène Pilischofsky, il n'y a pas de doute là-dessus.
Bien évidemment, il l'a dit, moi il me l'a dit personnellement, il y croyait il y a quelques mois, vraiment dur comme fer. Il croyait en ses chances, on sait bien que c'est quelqu'un de très optimiste. Et puis ce qu'il a fait que ses hésitations ont perduré, si vous voulez, c'est d'abord sa nature bien évidemment, mais qu'il sentait bien qu'il n'y avait personne qui s'imposait à gauche PS. Autant les candidatures se multiplient, il y en a déjà plusieurs qui sont là pour la primaire, si vous voulez, autant il n'y a pas vraiment quelqu'un qui peut rassembler, puisque c'est le maître mot, puisqu'il a dit hier, comme raison principale de son renoncement, je ne suis pas en mesure de rassembler.
Mais qui d'autre ? Qui d'autre ? Parce que Manuel Valls, qui soudain apparaît comme le candidat naturel, comme si c'était le successeur programmé, si vous voulez, est loin d'être capable de réaliser le rassemblement voulu pour le Parti Socialiste. Loin de là, si vous voulez.
Gérard Grimberg, je voudrais qu'on regarde ensemble la une de l'Obs du 13 octobre. C'est hier, le 13 octobre. Je suis prêt, c'est ce que disait François Hollande. C'est le jour où sort le livre aussi. Il y a le télescopage avec le livre des journalistes Gérard Davé et Fabrice Lhomme. Il avait un plan pour être candidat, pour mener cette campagne présidentielle ? En tout cas, une philosophie ? En tout cas, il voulait l'être. Il voulait être candidat. Et ce qui me frappe, c'est... D'abord, je suis tout à fait d'accord avec Christophe Barbier. Le livre... Mais pourquoi le livre a eu cet effet-là ? Il l'a eu parce que c'était ce livre-là.
Mais il l'a eu aussi parce qu'il est arrivé au moment où déjà il y avait un affaiblissement. Le Parti Socialiste, au fond, le soutenait parce que, bah voilà, quoi, voilà, parce qu'on savait pas quoi faire d'autre, parce qu'il en avait envie, parce que voilà. Mais au fond, il n'y avait déjà pas beaucoup d'envie. Et ce qui me frappe, si on essaye de comprendre ce qui s'est passé à ce moment-là, je crois que, et ce qui a fini, à mon avis, par entraîner la décision de François Hollande, c'est sa solitude.
Ce qui me frappe, quand on regarde, pas seulement l'opinion, mais le Parti Socialiste, à tous les échelons du Parti Socialiste, depuis, effectivement, depuis le livre, surtout, eh bien, il n'y avait plus grand monde derrière lui. Pas grand monde qui avait envie de le suivre dans une campagne. C'est très compliqué de faire une campagne quand vous n'avez personne derrière. Et c'est ça qui s'est passé. On reparlera du livre tout à l'heure. On en reparlera longuement tout à l'heure. Brice Saint-Turier, pourquoi est-ce qu'il a été empêché ? Il a été empêché parce que, je vais prolonger quand même quelque chose sur le livre, puisqu'on dit le livre, mais quoi dans le livre et qui dans le livre ?
Moi, je crois qu'il y a quatre lignes qui concernent Claude Bartholone, qui ont eu un effet absolument disproportionné, en tous les cas extrêmement important. Parce que ces quatre lignes sont blessantes pour Claude Bartholone. C'était un des soutiens, et c'est le quatrième personnage de l'État, c'était un des soutiens de François Hollande. Et à partir du livre, il change, il se met à soutenir Manuel Valls et à appeler de plus en plus clairement à ce qu'il y ait un autre candidat que François Hollande. C'est ça qui a joué dans les tout derniers... Partholone, c'est le président de l'Assemblée, c'est un soutien de Hollande depuis le début du quinquennat, et bien avant même.
François Hollande se retrouve de plus en plus seul. L'opinion, non seulement baisse en sa faveur, mais il commence à y avoir un petit début en faveur de Manuel Valls, qui ne fait pas beaucoup mieux, mais deux points, deux points de plus dans les intentions de vote, en popularité également. Donc progressivement, c'est un espace qui se rétrécit, ce sont des soutiens qui disparaissent, et c'est tout ça qui conduit à cet empêchement, parce que c'est un empêchement, je crois, pour François Hollande. Tout s'écroule, alors qu'encore une fois, tout était prévu. Souvenez-vous le discours de Vagram... Vagram, c'est la France fraternelle, mais jeudi dernier... D'autres discours étaient prévus.
Jeudi dernier, donc une semaine avant ce discours de renoncement, il reçoit la même rédaction, la rédaction Glops, il leur parle du patrimoine universel, plutôt que du revenu universel, et il commence à décliner ce que pourrait être son programme, ce que sera son programme. Donc il avait vraiment les deux fers au feu. Je crois vraiment que toujours il a été conscient qu'il y avait une forte probabilité qu'il ne puisse pas y aller, et en même temps, toujours il a construit sa candidature comme s'il allait... Christophe Barbier, vous êtes en train de nous dire que la semaine dernière encore, il se préparait à être candidat. Donc qu'est-ce qui s'est passé ?
C'est Manuel Valls, dimanche, qui provoque la cassure ? Manuel Valls a été au maximum de sa capacité de dissuasion. Il est allé au bord de la ligne rouge avec notamment cette interview. Le menaçant presque d'une sécession, c'est-à-dire d'une primaire fratricide président contre le Premier ministre. Mais je pense que sa décision était mûre, avait mûri sous d'autres auspices. Par ailleurs, par-delà tous les incidents, Barthol, Loll, le livre, toutes choses qui ont été très importantes. Il y a quand même l'échec sur le chômage. Il y a ce boulet de l'inversion de la courbe qu'il a lui-même forgé à la fin de l'année 2012 en disant fin 2013, l'inversion de la courbe du chômage sera faite.
Elle ne s'est faite ni fin 2013, ni fin 2014, ni fin 2015. Elle s'est à peine esquissée là, en ce moment. Et cette règle qu'il a lui-même édictée, je ne me représenterai pas si j'échoue sur le chômage, eh bien c'est cette règle qui a eu raison de sa candidature. Il en parle le 9 septembre 2012 au 20 ans de TF1. Je crois que ce qui a déclenché, et on l'a vu dans les 4-5 derniers jours, c'est la question de la primaire. C'est-à-dire que c'est au moment où les socialistes, et en particulier les Hollandais, ont compris qu'ils pouvaient perdre la primaire.
Et quand vous vous demandiez à tout l'entourage, pourquoi est-ce que dans les derniers jours, ils ont tenté ce truc fou d'ailleurs, à mon avis, qui consistait à dire qu'on va passer par-dessus la primaire. C'est qu'ils savaient bien que là, il y avait un problème. Or, quand même, François Hollande, qui est un vieux politicien et qui sait quand même comment fonctionne la politique, il a bien compris qu'il cassait tout simplement le Parti Socialiste s'il n'allait pas à la primaire. Et donc là, il s'est dit, je ne vais quand même pas perdre, parce que déjà, perdre l'élection présidentielle, c'était déjà facile. Mais perdre la primaire devant M. Montebourg ou M.
Hamon, ça devenait vraiment difficile. Je crois que c'est ça le moment clé.
Il y a aussi les premiers sondages présidentiels qui sont apparus après la victoire de François Fillon. Ça, c'était assez important. Où François Fillon passait en tête, si vous voulez, devant Marine Le Pen au premier tour. Et où François Hollande, malheureusement, était derrière Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron en 4ème, 5ème, voire 5ème place et que tout le monde attendait qu'il arrive à la 6ème, voire à la 7ème. C'est comme sa cote de popularité qui baissait, qui baissait, on était à 7%, on dit on va peut-être être à 4% et pourquoi pas une cote de popularité négative comme les taux d'intérêt.
Si vous voulez, on se demandait, on avait une espèce d'attente un peu morbide d'ailleurs, parfois on peut dire, de la part des médias qui s'appuyaient sur les sondages. Excusez-moi Brice, mais c'est un peu vrai quand même.
Vous croyez que je sais que les médias s'appuient beaucoup de sondages ?
Oui, et quel est l'étiage qui va lui donner le coup fatal ?
Vous croyez qu'il va remonter d'ailleurs ? Oui, bien sûr.
Bien sûr, il va prendre 10 points dans très peu de temps.
J'en suis convaincue. Attendez, j'aurais demandé à Brice Nathurier si la défaite de Nicolas Sarkozy a influencé son choix. Je partage tout à fait ce que dit Gérard Grimbert. C'est la primaire qui est l'élément déterminant. Et précisément à propos de cette primaire, il y a l'éviction dès le premier tour à 20% de Nicolas Sarkozy qui a certainement joué. Parce que ce que nous disaient les Français à travers les enquêtes d'opinion depuis très longtemps, c'est qu'ils ne voulaient ni de Nicolas Sarkozy, ni de François Hollande. Ils ont prouvé à tout le monde, à l'occasion de la primaire de la droite, qu'ils pouvaient sortir celui dont ils ne voulaient plus.
Et ce risque, bien évidemment, était aussi réel pour le chef de l'État. Je pense que ça a été un élément déterminant parce qu'une défaite, encore une fois, à la présidentielle, je ne veux pas dire que ce n'est pas grave, mais on s'en remet une défaite à la primaire. C'était un abaissement de la fonction présidentielle, une humiliation personnelle et la mise en cause de la possibilité d'un socialisme de gouvernement ou dans la tradition précisément de Jacques Delors, de Lionel Jospin et de François Hollande. On essaie de refaire le film, ce soir, dans cette émission. Vous nous disiez, Christophe Barbier, il y a encore huit jours, il pensait pouvoir y aller.
Et puis finalement, chaque jour apporte une mauvaise nouvelle. Alors, il y a ce déjeuner de lundi dont finalement, très peu de choses ont filtré. Est-ce qu'avec quelques jours de plus, on sait ce qui s'est passé entre Manuel Valls et François Hollande à l'Élysée, ce jour-là ? Tout le monde attend un règlement de compte glacial, une punition du Premier ministre quasi félon par le président. Que voit-on ? On voit Manuel Valls qui sort rassuré, cordial, souriant, qui prend l'avion de la présidence de la République pour se rendre en visite en Tunisie et qui semble très épanoui.
Alors, était-ce réconciliation ou n'était-ce pas plus tôt que François Hollande lui a dit qu'elle allait être le salarié de la semaine et lui a demandé de se préparer ? Je précise la question. Est-ce que Manuel Valls a forcé la main du président ? Moi, je pense que quand Manuel Valls donne cette interview au journal du dimanche, il convainc un homme convaincu. Et donc, chez François Hollande, qui était à ce moment-là à Madagascar, ce n'est pas une attaque, c'est une évidence, c'est une constatation. Alors, sans doute, a-t-il dit à Manuel Valls, laisse-moi mettre de mon calendrier, j'ai dit début décembre, je sais ce que je vais faire, ne viens pas parasiter mon parcours.
Mais je ne pense pas que Hollande se soit senti injustement attaqué. Manuel Valls ne dit qu'une seule chose dans cette interview. Il constate l'impossibilité pour le président d'y aller et de son devoir de représenter la majorité sortante, la majorité de la majorité, l'exécutif. Hélène Klichovski, est-ce qu'il a pris...
Ah pardon, peut-être, je voulais juste ajouter, peut-être qu'on le saura un jour. Ce matin, j'ai entendu Gérard Davé et Fabrice Lott, les deux co-auteurs du fameux livre, qui étaient interviewés, donc, et ont posé la question, est-ce qu'il y aura une suite ? C'est-à-dire, est-ce que François Hollande pourra leur raconter la fin du quinquennat ? Ils ont répondu, nous, on aimerait bien, mais on ne s'est pas certain qu'il les choisira,
il les choisira tous les deux pour se livrer. Visiblement, les liens sont rompus avec eux.
Les liens sont rompus, mais sans apparente hostilité, sans rancune et sans le prévu. Alors, laissez-moi vous poser une question.
Oui, pardon. Est-ce qu'il a pris la bonne décision, selon vous ?
Ah, ça, c'est difficile de porter un jugement.
Moi, je pense que oui.
Je pense que oui, parce que les deux décisions qu'il pouvait prendre étaient toutes les deux mauvaises, en fait. C'est-à-dire, terrible. Si vous voulez, pour lui, aujourd'hui, c'est un aveu d'échec, l'éditorial du Monde commence comme ça, donc un aveu d'échec, si vous voulez, et puis ne pas y aller, c'était, on disait, y aller, si vous voulez, c'était au contraire, aller finalement, j'explique quasi certain, si vous voulez. Donc, bon, que faire, en fait ? Quoi qu'il choisisse, quoi qu'il choisisse, il était pris, si vous voulez, il était pris. Il n'avait pas d'issue, c'est terrible, ce qui s'est passé.
Enfin, il fallait quand même faire un choix. Il fallait faire un choix. Il a pris cette décision.
Tout le monde va piaffer autour de moi, tout le monde va me dire que je vais diviser la gauche, que je vais faire perdre la gauche à la présidentielle, et bon, et je renonce, et bien ça veut dire que je crée un précédent incroyable dans l'histoire de la Ve République, je suis quelqu'un qui n'a pas de courage, or j'ai toujours voulu montrer que j'avais du courage, donc...
Oui, moi je crois qu'il a pris la bonne décision, ça absolument, parce que si on continue sur l'affaire de la primaire, quand même, il avait le choix entre faire ce qu'il a fait, c'est-à-dire partir, l'ensemble des gens disent quand même, plutôt dignement, il a fait ce qu'il fallait, et puis partir par la toute petite porte de la primaire, battue dans son propre parti, par un candidat qui aurait dit tout ce qu'a fait le partialiste, c'est absolument le pouvoir d'art. Ça, c'est une vraie humiliation quand même.
Donc là, il n'est pas humilié, bon, il est effectivement, tout le monde dit, il est battu, il a perdu, c'est un échec, incontestablement, c'est un échec, mais enfin, c'est pas l'humiliation d'être battu à la primaire. Et s'il l'avait gagné ? Et puis, il y a encore une autre question, c'est que... Brice Tinturier. Il a bien mis en avant dans les raisons de sa non-candidature qu'il était lucide sur le fait qu'il ne pouvait pas rassembler sa famille politique, qu'il était même un obstacle à ce rassemblement. J'ai envie de dire, maintenant, il passe le bébé aux autres, et on va bien voir, c'est-à-dire ceux qui ont cherché, justement, volontairement, ou par d'autres choix.
Non, sans parler de revanche, je pense que ce n'est pas ça qui l'anime, mais simplement sur la réalité de ce qui est en train de se faire, du côté-là de l'échec politique. Quand on voit déjà la véhémence des affrontements, des prises de position d'un Benoît Hamon, d'un Arnaud Montebourg, immédiatement par rapport à Emmanuel Valls, on se rend compte que ce n'est pas simplement la personne de François Hollande qui est en cause. C'est vraiment un éclatement au sein de la famille socialiste qui est profond et qui va au-delà des enjeux de personnalité. Néanmoins, en se présentant, Hollande prenait le risque d'un double désastre pour sa famille et pour sa fonction.
Le premier désastre, le pire, perdre à la primaire. Que devenait-il le 29 janvier s'il était battu par Montebourg à la primaire ? Mais il n'était même plus capable de rester à l'Elysée. Enfin, ça devenait une fin de quinquennat infernale. Ou bien d'être quatrième ou cinquième. Il est tombé à six ennemis dans certains sondages d'intention de vote du premier tour. Tandis que là, commence la pré-Hollande. On sait bien que la gauche a très peu de chances de gagner la présidentielle et les législatives. Mais la gauche socialiste, la gauche de gouvernement, n'a pas le droit d'être quatrième, cinquième ou sixième.
Elle doit à tout prix être troisième pour sauver les meubles aux législatives, incarner l'opposition officielle sans céder ce rôle au Front National et rebâtir un parti socialiste, une gauche réformiste. Le congrès du PS qui suivra ses probables défaites sera sans doute mené par le présidentiable s'il n'a pas été écrabouillé. Donc quelque chose a commencé hier soir qui doit commencer à donner des racines et des fruits au mois de juin, au mois de juillet dans le congrès du PS. Le moment, on l'a dit, où tout bascule pour François Hollande, c'est probablement le jour où sort le livre des journalistes Gérard Davé et Fabrice Lhomme. Un président ne devrait pas dire ça. C'est une déflagration.
Les confidences du chef de l'État provoquent la stupeur dans son propre camp et même la honte, comme le dira Manuel Valls. Romain Becker et Arnaud Forat. Passé entre les gouttes, avancé à couvert, François Hollande en avait fait sa marque de fabrique. Le 12 octobre dernier, sa stratégie s'est écrasée contre un mur de 670 pages. Ce jour-là, paraît, un président ne devrait pas dire ça au titre prémonitoire. Gérard Davé et Fabrice Lhomme ont passé près de 100 heures aux côtés du chef de l'État, pour une fois déconcertant de franchise.
Il y a eu un décalage immense entre ce que Hollande dit en général en privé, en petit comité, dans lequel il s'exprime de manière cash, plutôt d'ailleurs toujours courtoise, mais très ferme, très claire, et son discours public, qui est un discours fait de langue de bois, il est engoncé, il se contraint en permanence, il n'exprime aucune spontanéité, donc il y a un décalage abyssal. Et c'est vrai que c'est ce que le livre a mis en lumière. Et je pense que le contraste, si vous voulez, c'est comme quelqu'un qui passe de l'ombre à la lumière d'un seul coup, et qui est totalement aveuglé.
Le livre a joué un rôle de catalyseur, de déclencheur, de mauvais sentiments, mais surtout, je pense que c'est cette incapacité à faire valoir un bilan qui lui pose un énorme problème. parce que le bilan de quelques bouts qu'on le prenne, il n'est pas ridicule. Mais il a été incapable de l'expliquer. Dans l'ouvrage, François Hollande se met à nu et livre les coulisses du pouvoir. Plus grave, certains l'accusent d'avoir dévoilé des informations confidentielles sur la sécurité de l'État. C'en est trop pour le Premier ministre jusqu'alors solidaire du Président.
En déplacement au Canada, Manuel Valls s'en prend avec une rare violence à François Hollande, comme un Président recadrant un ministre turbulent.
Notre comportement aux uns et aux autres doit être digne et doit être à la hauteur de ce que les concitoyens attendent de la part de ceux qui gouvernent. Il faut de la dignité, il faut de la pudeur, il faut de la hauteur de vue.
En critiquant de manière virulente plusieurs de ses ministres ou encore le Président de l'Assemblée nationale, Claude Bartholone, François Hollande perd aussi plusieurs soutiens indispensables. Ses proches sont déconcertés. Je trouve qu'on est excessif avec le Président de la République, que ça devient maladif, mais qu'il ne se protège pas de cet excès. Il aurait été plus juste d'écrire un livre, mais pas de se confier à tant de journalistes. En ce mois d'octobre 2016, dévastateur pour son image, François Hollande perd aux yeux de beaucoup une stature présidentielle déjà très écornée par un quinquennat pour le moins mouvementé.
Septembre 2014, Valérie Triorweiler, l'ancienne compagne du chef de l'État, dévoile dans un livre l'intimité du couple présidentiel. Un an plus tôt, François Hollande se fait tenser en direct à la télévision par une collégienne expulsée au Kosovo. Au terme de plusieurs jours de psychodrame, c'est l'affaire Léonarda. Léonarda, si elle en fait la demande compte tenu des circonstances, un accueil lui sera réservé.
Il n'a pas bien compris ma situation du tout, le président. Du tout. C'est mort, vous dites, c'est mort. Je vais être avec ma famille, point bas.
Fragilisé par une majorité qui l'aura lui-même contribué à diviser, François Hollande n'aura que trop rarement endossé le costume présidentiel. Ce fut le cas notamment au lendemain des attentats devant une nation traumatisée ou encore au Mali lorsque la France se découvre un président, chef de guerre. Je viens, la journée la plus importante. Une journée que comme tant d'autres, François Hollande n'aura pas su porter à son crédit. Question SMS. L'erreur majeure de François Hollande n'était-elle pas le manque de communication avec le pays ? Christophe Barbier. Ça n'a pas été un bon communicant. Et Gérard Davé et Fabrice Lhomme avaient raison. C'est un excellent communicant dans le privé.
D'abord parce qu'il parle simple. Il est éminemment sympathique. On ne peut pas sortir d'un entretien avec François Hollande sans le trouver chaleureux, sympathique et normal. Et il est un très bon analyste très fin de la situation. Mais communiquer par le haut, communiquer comme président, c'est autre chose. Et c'est vrai que le quinquennat a été émaillé de fautes de communication. Il a très mal géré par exemple cette affaire privée. Julie Gaillet, Valérie Trevailer en janvier 2014. Rappelez-vous les images désolantes du président trempé sous la pluie à l'île de Seyn au mois d'août suivant. En permanence, il y a eu des fautes de communication.
Mais qui ne venaient que compléter des erreurs stratégiques et des erreurs politiques. Et puis aussi, je crois, une erreur de conception de la présidence de la République. Mais alors, le livre, Gérard Grimbert, ce sont les Français qui lui en ont voulu ou ce sont ses amis ? C'est les socialistes. Les socialistes, dans l'ensemble, ont été à la fois, effectivement, ils n'ont pas aimé parce que ça rejaillissait d'une certaine façon sur l'ensemble du parti social. Ils n'ont pas aimé du tout ce livre. Et certains se sont dit mais il a vraiment beaucoup de temps pour voir les journalistes.
Ça a été dit, en particulier par les ennemis, évidemment, mais il se ferait mieux de travailler plutôt que de voir des journalistes, etc. Mais en les écoutant et en voyant ce que disait tout à l'heure Christophe Barbier, je me dis que finalement, il a d'autant plus voulu et besoin de s'épancher devant des journalistes pendant si longtemps, ça a duré pratiquement tout le quinquennat, que précisément, il n'était pas capable de faire en public ce qu'il était capable de faire en privé. Il avait besoin, au fond, de ce contact. C'est ça qui lui le plaisait. On parle politique, parce qu'on parle beaucoup politique dans ce livre. Pas tellement de l'État, d'ailleurs. Beaucoup de politique.
Et donc, je crois que, voilà, il se rendit bien lui compte lui-même qu'il n'a pas réussi à établir un vrai contact avec les Français. C'est presque un psychanalyste qui nous donne son avis. Brice Tinturier. Ce qui est dévastateur, je crois, dans ce livre, ce n'est pas le contenu de quelques paragraphes sur les 670 pages qui ont heurté. C'est plutôt la mise en scène que fait François Hollande du quinquennat et donc de lui-même, non pas de son point de vue à des fins narcissiques, mais qui donne ce sentiment de narcissisme, de quelqu'un qui raconte les coulisses du pouvoir, de ses décisions, de ce qui se passe quasiment au jour le jour.
Or, François Hollande, il s'était construit contre Nicolas Sarkozy et contre une autre forme de narcissisme. Et c'est ça qui est destructeur, je crois, c'est que tout à coup, non pas la grande opinion, mais en tous les cas, beaucoup de proches se disent mais finalement, il est dans ce jeu de miroir permanent avec les journalistes et c'est à contre nature, à contre-courant de ce sur quoi s'était bâti François Hollande. Là, il y a une fêlure qui se crée et qui va au-delà du contenu des déclarations. Hélène Pilischowski.
Il y a surtout le fait qu'il voulait donner du sens à son quinquennat et l'expliquer.
C'était le but du livre.
C'était le but du livre. Quand il les a rencontrés et quand il a tapé sur la main de ses auteurs, c'était avant 2012, en 2011. Il a dit « Ah oui, je veux bien, il avait confiance, c'était deux journalistes du monde en qui il avait confiance pour des raisons diverses. »
Il y avait beaucoup enquêté sur Nicolas Sarkozy.
Ah ben merci de le dire. Voilà. Donc bon, l'affaire est conclue. Très bien, il pose des conditions. Ça a été dit et redit. C'est-à-dire, on enregistre toutes les conversations, il n'y a pas de témoins et il n'y aura pas de relecture à la fin. Voilà, c'était ça. Et ça sera pour la fin du quinquennat. François Hollande tenait beaucoup à ce qui est du sens parce qu'il savait très bien qu'il n'arriverait peut-être pas en même temps à être dans l'action et à la raconter.
Ce qui a été vrai d'ailleurs parce que chaque fois qu'il s'est passé des choses compliquées dans le pays, il n'a jamais pris la parole pour expliquer aux Français ce que les Français attendaient de lui au moment de la loi El Khomri. C'est absolument flagrant, si vous voulez. C'est-à-dire, tout le monde se disait « Pourquoi cette loi ? Pourquoi c'est la gauche qui tout d'un coup choisit de bousculer le Code du Travail ? » Et c'est cette pauvre Myriam El Khomri qui a été lâchée pour expliquer et soutenir ce texte de loi qui était terrible pour la gauche, pour la gauche de la gauche.
Mais s'il avait pris la parole un soir à l'Élysée comme hier soir par exemple, un peu plus flamboyant qu'il n'était hier soir pour dire « Mais voilà pourquoi il faut bouger le Code du Travail. Voilà ce qu'on m'a dit. Voilà ce que les patrons m'ont expliqué. Voilà ce que les syndicats m'ont dit. Je les ai reçus. Je les ai vus. Je sais ce qu'il faut faire. Un président, il tutoie pratiquement tous les journalistes politiques du pays. Si vous voulez, il est très férif. Et il a raté totalement sa communication parce que ses auteurs quand même, quand ils lui ont annoncé au printemps qu'ils allaient sortir le livre à l'automne. Alors il n'y avait pas de...
Bon, la fin du quinquennat c'était un peu vague mais dans son esprit au départ, c'était après son quinquennat ce qui aurait eu beaucoup plus de sens. Comme un verbatim si vous voulez qui racontait tout ça. Et là, c'était à la fin. Seulement, il a réfléchi un peu, disent-ils, et il s'est dit après tout, c'est pas mal, ça sera au moment de la primaire, ça va m'apporter de l'eau à mon moulin et mon bilan va être enjolivé par vos soins. En fait, il a cru ça. Et quand il a vu le livre, c'était pas du tout ce qu'il attendait, bien évidemment.
Parce qu'au lieu d'avoir une histoire avec du sens, avec des chapitres qui allaient, si vous voulez, au fur et à mesure ce qui se passait pour montrer que tout ce qu'il faisait finalement, c'était dans une politique qui était bien décidée, qu'il n'allait pas comme ça, qu'il n'allait pas. Donc voilà, et bien pas du tout, c'était chapitre par chapitre. Tout ce qu'il a dit qui était collationné un peu comme ça pour faire de l'effet, pour faire du buzz et ça en a fait.
Je vous confirme que ce n'était pas aux éditions de l'Elysée. C'était des journalistes indépendants qui en effet ont fait leur... Ils sont très fiers d'eux. À leur façon. Ils sont très contents d'eux. C'est un peu comme le reportage de Iguelan. Oui absolument. Iguelan, ce documentaire qui est sur la vie des communistes de l'Elysée. François Hollande l'avait laissé pendant près d'un an filmer quasiment tout et finalement cette liberté comme ça donnée aux journalistes est absolument dévastatrice pour son auteur.
Il se retourne là aussi contre lui en donnant une image à l'époque d'un président qui passerait son temps à remettre des décorations et qui était totalement à contre-courant de ce que ressentait le pays, la gravité de la situation perçue. Au sujet du Milan, hier, il a dressé son Milan, il l'a fait lui-même. Est-ce qu'il réécrit l'histoire, Christophe Barbier ? Il est assez honnête dans l'écriture de cette histoire. Bien sûr, il montre son bilan sous des jours favorables mais c'est vrai qu'il a tenté avec le pacte de responsabilité d'aider les entreprises. C'est vrai que depuis quelques mois la création d'emplois est repartie dans ce pays.
C'est vrai qu'il y a eu des réactions aux attentats qui ont été celles d'un État puissant et organisé. Il y a des bonnes choses dans le bilan de François Hollande. Il n'a pas su les organiser. Elles n'étaient pas assez nombreuses et pas sur les points les plus importants aux yeux des Français, c'est notamment le chômage. Mais ce qui était intéressant hier, au-delà de la confession de quelques erreurs, c'est la confession d'un regret, si ce n'est d'un remords. C'est la déchéance de nationalité. C'est-à-dire qu'il regrette d'avoir proposé cela. Il s'est entêté parce qu'avant Noël 2015, on pensait qu'il pouvait l'abandonner avec les honneurs vu les complications parlementaires. Il s'est entêté.
Ça lui a coûté Christiane Taubira qui a quitté le gouvernement alors que la déchéance n'a même pas pu passer la barrière du Congrès. Donc c'est un fiasco sur toute la ligne. Il n'a réussi ni à le faire ni à éviter le prix politique d'avoir tenté de le faire. Et je pense qu'au fond de lui-même, il se dit que la première fâcherie avec son camp, avec la gauche, sa délégitimisation à gauche, c'est la déchéance de nationalité. Le début de la fin. Avant même ça. Le début de la fin. Le début de la fin.
Ce que François Hollande ne dit pas hier soir, et évidemment, ce n'est pas lui de le dire, c'est que son action, l'histoire jugera, mais que son action a été entachée par une série de scandales invraisemblables. du tweet de Valéry Trier-Velleur à l'affaire Cahuzac, en passant par l'affaire Julie Gaillet. Jamais son honnêteté personnelle n'a été touchée par ses affaires. On ne parle pas de financement par un État étranger d'une de ses campagnes présidentielles. On ne l'a pas soupçonné d'avoir reçu des enveloppes. Il n'est pas rattrapé, comme Jacques Chirac, par des affaires qui touchent ses mandats précédents en Corrèze. Les affaires étaient périphériques.
Sa vie privée, sa vie politique, Cahuzac, Tevenou, c'est désastreux. Mais son honnêteté personnelle, intellectuelle et morale n'a jamais été mis en question. Gérard Grabert, est-ce qu'au fond, on peut dire que François Hollande ne s'est jamais remis de sa campagne présidentielle 2011-2012, qui était très à gauche ? Oui. D'abord, ce qu'il faut se rappeler, c'est que la campagne primaire n'était pas la même que la campagne présidentielle. Il ne faut jamais oublier. Je crois qu'il a été élu plus sur la campagne de la primaire que sur la campagne présidentielle.
Effectivement, s'il n'y avait eu que la campagne de la primaire, je pense que c'était plus facile de faire ce qu'il a fait, le retournement, la politique de l'offre, etc. Là où vous avez raison, c'est qu'un certain nombre de gens de gauche ont pu, à bon droit, penser qu'à un moment donné, on ne faisait quand même pas ce qu'on avait dit qu'on ferait. Ça, c'est clair. Parce qu'il faut se rappeler toute la politique, les 75%, etc. Bon. Donc, oui, d'une certaine façon, je pense que beaucoup de gens ont vu une contradiction entre la campagne présidentielle et ce qu'il a fait après. Ça, c'est certain. Mais, mais, c'est ce que lui reprochait Macron. Pourquoi Macron est parti, entre autres ?
C'est parce que, voilà, on a retrouvé le François Hollande de la synthèse. C'est-à-dire, il s'est engagé clairement et courageusement, à tort ou à raison, on ne peut pas être d'accord. Il s'est engagé dans cette politique de l'offre parce qu'il a bien vu que les politiques que menait la gauche ne résolvaient pas le problème du chômage. Donc, il a compris qu'il fallait aider les entreprises. Sinon, il n'y aurait pas de création d'emploi. Mais, il l'a toujours fait en le faisant à demi. Et au fond, il est resté un peu au milieu, ce qui est un peu sa personnalité, finalement. Cette difficulté allait clairement dans un centre.
Et du coup, le résultat, effectivement, quand vous écoutez Macron, il vous dit, bon, ben, voilà, j'ai été déçu parce qu'on n'a pas été aussi loin. Il s'est fâché avec Macron, il s'est fâché avec l'effrondeur. Exactement. Il s'est fâché tous les groupes. À force d'être au centre. Moi, je crois qu'il n'est pas resté totalement au centre. Je pense qu'il y a une direction assez claire de ce quinquennat qui se dégage. En revanche, c'est un impressionniste. Et c'est ça qui tue sa relation, justement, avec les Français. C'est qu'il ne prend pas... Il aurait pris une position très, très, très claire, pardon, pour expliquer ce qu'il faisait.
Même si c'était en relative contradiction avec certains engagements de campagne, cela aurait pu passer. Mais c'est ce qu'il n'a jamais fait. Entrer en relation directe avec les Français pour leur dire ce qu'il faisait et pourquoi il le faisait. C'était toujours par petites touches impressionnistes. Ils vont bien comprendre.
Et sinon,
ils n'ont pas admis.
Oui, parce qu'en fait, il y avait deux choses différentes. Sa politique, proprement dite, et ses choix social-libéralistes, ça, ça l'a fâché avec sa majorité. Ça a été terrible, ce conflit avec les frôneurs tout au long du quinquennat, ou plus du moins des 4 premières années. Ça a été terrible. Mais pas tellement avec le peuple français. Le peuple français était beaucoup plus sensible à son comportement de président. C'est-à-dire, au départ, à cette histoire de président normal qui ne faisait pas président, qu'on dépeignait comme quelqu'un qui hésitait tout le temps. On ne savait pas ce qu'il voulait.
C'était plutôt ça parce que les Français, l'ensemble de la population, si vous voulez, ne se focalisent pas sur des nuances de politique pure, si vous voulez, en se disant, sauf qu'il y a eu le choc fiscal du départ. Pardon, ce qui n'était pas rien, effectivement. Le choc fiscal du départ qui a été quand même terrible pour les classes moyennes. Ça, c'était pas de l'impressionnisme. Il y avait même... C'était plus brutal. Il y avait des gens avec des très petits revenus qui n'étaient pas imposables depuis des années et qui se sont retrouvés avec 2 ou 300 euros d'impôt. Et c'est là qu'a commencé le bashing.
Le Holland bashing, j'ai retrouvé une coupure du monde qui date du vendredi 7 septembre 2012, c'est-à-dire tout au début, et qui titre sur le Holland bashing, une tendance éditoriale et un philo. Voilà.
Avec toutes les unes de ma...
Avec toutes les unes qui commençaient...
On va revenir à présent sur l'itinéraire de François Hollande de ses débuts aux côtés de Jacques Attali et François Mitterrand à l'Elysée jusqu'à la tête du Parti Socialiste. On l'a longtemps surnommé l'homme de la synthèse mais il aura buté sur l'exercice du pouvoir. Yacine Millie, Thomas Jarion, Pierre de Horne et Thomas Buyer. C'est l'histoire d'un animal politique drapé dans un costume d'homme normal. Ce 15 mai 2012, François Hollande gravit la plus haute marche de sa carrière. Vous devenez aujourd'hui le septième président de la cinquième république et le vingt-quatrième président de la république française.
Une présidence quasi surprise que personne ou presque n'a vu venir car le parcours politique de François Hollande est surtout celui d'un outsider. François Hollande est né en 1954 à Rouen. Fils d'un médecin proche de l'extrême droite et d'une assistante sociale de gauche décédée en 2009. Très tôt, il affiche ses ambitions.
Il nous disait quelque chose qui nous faisait toujours rire. Il dit que quand je serais grand, je serais président. Alors on n'y croyait pas du tout. On n'y croit toujours pas d'ailleurs.
Le parcours de François Hollande, celui d'un jeune bourgeois de province. Il accumule les grandes écoles HEC, Sciences Po et Léna où il fait la rencontre d'une certaine Ségolène Royale. François Hollande va ensuite gravir tous les échelons du Parti Socialiste. A l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, il entre comme conseiller à l'Elysée. Il enchaîne ensuite les postes dans les cabinets ministériels, devient député de Corrèze, maire de Tulle et enfin, premier secrétaire du PS. Tout au long de ce parcours, François Hollande va imprimer son style, décidé, sans jamais vraiment trancher.
Quand tout le monde se tapait un peu dessus au Parti Socialiste, il arrivait parfois à François Hollande de s'échapper quelques jours
et puis de revenir ensuite pour faire le conciliateur. Est-ce que c'est une attitude de chef ? Est-ce que c'est une attitude vraiment de chef rassembleur ? Chacun jugera. Simplement, François Hollande, il avait aussi cette habitude de laisser parfois pourrir des conflits,
de ne pas trancher et puis ensuite d'apparaître comme l'homme qui faisait la synthèse. C'est une habileté et d'aucuns diront que ce n'est pas forcément une attitude de chef très rassembleur. En 2002, c'est la claque. Lionel Jospin est éliminé dès le premier tour de l'élection présidentielle. François Hollande reste seul pour relancer la machine. 2007, il est obligé de faire bonne figure face à celle qu'il laisse passer devant lui. Ségolène Royal est candidate malheureuse à l'élection présidentielle. A partir de 2008, François Hollande sort de l'ombre et passe à l'attaque. Son unique objectif devient alors l'Elysée. Il tente le coup en 2011.
J'ai décidé de présenter ma candidature à l'élection présidentielle à travers la primaire
du Parti Socialiste. François Hollande sillonne alors la France. Il veut séduire, façonner son image de président. Pour ça, il soigne le fond mais aussi la forme.
Vous avez fait un régime. A peine, à peine. Non, mais pas de partout. Pas de partout, je ne sais pas.
Mais sous des airs parfois blagueurs, un peu gauche, sa stratégie est claire et sans pitié, c'est un rouleau compresseur tranquille. François Hollande est une personnalité d'allure aux abords sympathique mais je pense qu'il est un véritable tueur en politique comme le sont tous ces grands animaux que même s'il ne porte pas forcément le coup de poignard il le laisse porter par d'autres. Tous les responsables du Parti Socialiste vous raconteront qu'ils ont eu un jour affaire à une tradition de François Hollande sur une opération interne, un congrès du PS, sur le vote de telle ou telle motion ou de telle résolution au bureau national du Parti Socialiste.
Chacun a une histoire de déception, de trahison et à l'arrivée une forme de ressentiment à l'égard de François Hollande. Celui que personne n'a jamais vraiment attendu a décidé de ne pas se représenter. Mais difficile de croire qu'après plus de 35 ans de vie politique, François Hollande retourne sagement dans l'ombre. Après tout, avec lui, tout est affaire de patience. Mais oui, c'est vrai. Comment voyez-vous l'avenir de François Hollande ? C'est une question SMS. Christophe Barbier ? En rose. En rose ? Je pense que les 4-5 derniers mois de son mandat présidentiel peuvent être des mois très réussis. Il est libéré de cette charge de faire campagne. On pensait à après 2017.
Ensuite, il peut marquer des symboles, être l'arbitre un peu de la campagne. Et après 2017, d'abord, ancien président, il peut aller au Conseil constitutionnel. Ce n'est pas non plus une tâche mineure, surtout avec le juridisme actuel. Par ailleurs, il est encore jeune, il est en pleine forme intellectuelle, il va participer à cette reconstruction de la gauche. Au moins autant, si ce n'est plus, vu son caractère, que Lionel Jospin a pu le faire. Je pense que Hollande peut avoir une influence très positive sur l'avenir de sa famille. Et comme tout ancien président, il va redevenir populaire. Et les gens vont se dire... Je suis beaucoup plus réservé que Christophe Barbier.
Tout de suite, mais après quelques mois de deuil, si j'ose dire. On l'a vu avec Sarkozy aussi, je crois que quand on a été président de la République, c'est très compliqué de revenir en politique. Donc moi, je ne crois pas à ça. Je ne crois pas qu'il reviendra en politique. En plus, il ne faut pas oublier qu'on n'a pas encore vu le bout du bout de ce qui va arriver au Parti socialiste. C'est-à-dire que ça va être quand même très dur, l'élection présidentielle législative. Ça va être très, très dur. Donc même si ce ne sera pas lui qui sera entièrement comptable de cet échec, il aurait été le patron du Parti socialiste qui sera arrivé là.
Donc moi, et puis je ne suis pas sûr que beaucoup de gens le souhaiteront quand même, son retour. Non, mais un retour en politique électorale, non, il ne va pas se représenter en 2020. Mais en influence politique, il n'a plus de pouvoir, il aura de l'influence. Je suis moins convaincu, mais on verra.
Il faudrait qu'il sorte, je crois, de la scène nationale. Alors est-ce qu'il le peut ? Est-ce qu'il le souhaite ? Je n'en sais rien, si vous voulez, mais sur la scène nationale, non, on l'a dit, les présidents qui reviennent, si vous voulez, quelle que soit la manière qu'ils choisissent pour revenir sur la scène nationale, ça ne va plus. On a été au sommet de l'État, on est parti, on ne revient pas en arrière. Mais je pense que peut-être, ça va être très difficile pour lui. Parce qu'il a fait 11 ans au Parti socialiste comme premier secrétaire. Il m'a dit un jour qu'il n'avait jamais passé un dimanche chez lui en famille.
Parce que le dimanche, c'était les fêtes de la Rose dans tous les départements de France et de Navarre. Donc c'est quelqu'un qui ne sait pas ce que c'est que vivre sans la politique. Ça, c'est clair. Et qui n'a pas de passion extérieure connue.
Il est jeune, en effet, 61 ans.
Et puis ce n'est pas quelqu'un qui pratique, qui a un hobby particulier qui pourrait lui permettre de se dire, tiens, je n'ai pas pu faire de la voile, je rêve d'aller sur un voilier, je n'ai pas pu le faire depuis le temps que je fais de la politique. Je ne vois pas du tout comme ça.
Du journalisme, peut-être. Parce qu'il a l'air de s'y intéresser. Il a dirigé le journal.
Pour reprendre les choses au départ, pour essayer de faire des progrès dans la conférence. Ça oui, vous êtes sérieux ? Oui.
Mais il adore ça quand même. Il adore le journalisme, il adore les journalistes. Il adore le commentaire. Je pense qu'il pourrait être un excellent commentaire. Il serait bien ici. Il serait bien, quand c'est dans l'air. C'est dans l'air, voilà. Il pourrait déjà écrire un livre politique dont c'est lui qui tiendrait la plume et qui raconterait sa vérité. C'est plutôt ça. Alors écoutez, c'est quand même l'onde de choc à gauche, bien sûr. Et il y a une question, bien sûr, c'est Manuel Valls, sera-t-il candidat en tout cas la bataille de l'après-Hollande a commencé. C'est la une du monde ce soir.
Pour l'instant, le Premier ministre assure un service minimum, un délai de décence, dit-il à ses troupes. On va l'écouter tout de suite à l'occasion de son déplacement à Nancy aujourd'hui.
Nous devons défendre le bilan. Nous devons défendre cette action. Et je le ferai comme je le fais un l'assemblement dans les fonctions qui ont été les miennes depuis 2012.
Christophe Barbier, il sera candidat ? Il est l'héritier, il sera candidat. C'est sûr. Il sera candidat, c'est sûr. Il sera candidat assez vite sans doute. Il quittera Matignon, ce qui est sans doute une très bonne chose aussi. On ne peut pas être à la fois engagé dans une telle campagne et piloter l'administration de la France. Et il aura après deux défis énormes. Le premier défi, c'est de rassembler la majorité de la majorité de cette famille hollandaise quand même. Ils ne sont pas aujourd'hui très sympathiques avec Manuel Valls, les proches de Hollande. Ils considèrent que Valls a poussé dehors Hollande quand même. Donc il devra rassembler ce premier camp assez rapidement, avant Noël.
Ensuite, il devra proposer un projet et un nouveau cocktail idéologique pour le PS, un social-réformisme, un social-libéralisme, une nouvelle social-démocratie, de manière à s'inscrire d'évidence comme l'homme qui peut faire le meilleur score à la présidentielle et battre Montebourg, Hamon et les autres à la primaire. C'est loin d'être fait. C'est loin d'être fait. Il y a une grande colère à gauche contre ce que Hollande et donc Valls ont incarné comme politique. Et puis il y a aussi à gauche l'impression que foutu pour foutu, un peu romanesque, un vote authentique, un vote de gauche plein de couleurs, c'est-à-dire le vote Montebourg ou le vote Mélenchon.
Peut-il y avoir d'autres candidats qu'on ne connaît pas encore ? Christiane Taubira ? Ségolène Royal aurait pu y aller.
Najat Vallaud-Belkacem.
Najat Vallaud-Belkacem. Il paraît que même
Marisol Touraine ne caresserait.
Et en même temps, quand on leur en parle, Najat Vallaud-Belkacem et Ségolène Royal m'ont dit les yeux dans les yeux si j'ose dire qu'elles n'iraient pas. Et notamment Ségolène Royal parce qu'il considère que c'est trop violent. Maintenant, la donne à changer de pierre. Ce serait des candidatures pour quoi en plus ? Mais pour Manuel Valls, la difficulté, elle est aussi accrue parce qu'il y a Emmanuel Macron. C'est-à-dire que Manuel Valls c'était le réformateur du PS. C'était celui qui à un moment donné avait dit que les 35 heures étaient une erreur, qu'il fallait revenir dessus, qu'il fallait déverrouiller tout un tas de choses. Et là, il ne peut pas aller aussi loin.
D'abord parce qu'il y a Emmanuel Macron qui lui est dans une orbite beaucoup plus libre en dehors de la primaire et qui développe de telles idées. qu'il arrive à rassembler cette gauche et donc une partie d'une gauche qui n'est pas en faveur de l'abolition des 35 heures. Donc son chemin de crête est malgré tout assez difficile.
Et quand vous dites que c'est l'héritier naturel, pas forcément parce qu'il y a tous les puristes quand même du socialisme qui sont contre Manuel Valls. D'abord pour sa ligne autoritaire et tout le courant qui représente le socialisme historique avec Martine Aubry en particulier, si vous voulez, qui elle était d'accord plutôt pour soutenir François Hollande et pour qui Manuel Valls c'était vraiment c'était un repoussoir.
Voici maintenant vos questions SMS. et Internet. François Hollande n'avait-il pas la possibilité de se présenter sans passer par la primaire ? Gérard Gravert ? Non. Il ne pouvait pas ? Non. Ils ont essayé, ils ont lancé l'idée parce que bien sûr ils voyaient bien que le problème c'était la primaire mais là, il faut bien voir que la position qui a été difficile quand même de Jean-Christophe Combedé parce que diriger le parti socialiste dans cette période c'était quand même très difficile. Il a essayé de coller ce qui était normal en tant que premier secrétaire au président de la République mais il y avait déjà eu cette discussion. Ils avaient décidé de faire une primaire.
Au départ, à mon avis à juste titre d'ailleurs le président de la République n'en voulait pas d'une primaire. C'est normal, c'est ridicule de faire une primaire avec un président sortant mais le parti l'a obligé et à un moment donné alors d'ailleurs il n'y a jamais eu de déclaration publique du président de la République mais enfin il a dit quand même à Combedélys oui, faisons d'accord pour une primaire et donc par conséquent à partir de ce moment-là quoi qu'aient dit ses amis dont celui qu'on a vu tout à l'heure dans sa mère de l'Orient etc. Oui, il faut sauter par-dessus la primaire. Ça n'était pas possible parce que le parti cassait en deux à ce moment-là. Tout simplement.
Beaucoup de questions ce soir on va essayer d'en prendre un maximum. Pensez-vous que sa cote de popularité va remonter à partir de maintenant ? Les Français aiment bien les anciens présidents. Oui, c'est probable parce qu'une partie des sympathisants de droite vont être tout simplement dans une acrimonie moindre. Maintenant, François Hollande, ce n'est plus le sujet, ce n'est plus la question, ce n'est plus l'adversaire désigné. Donc ça devrait faire baisser un peu l'attention de ce côté-là et à gauche aussi, il peut y avoir des soutiens un peu plus affirmés. Hollande va-t-il devenir un président par intérim jusqu'à la prochaine élection faute de pouvoir poursuivre les réformes ?
On a répondu tout à l'heure non, il peut se consacrer à des choses essentielles encore. Je pense qu'en politique étrangère, il va être tout à fait présent pour montrer que justement il a l'expérience.
Il est à Abu Dhabi en ce moment, jusqu'à demain soir.
Je pense qu'il va continuer.
Bien. La question suivante, le renoncement de Hollande n'est-il pas un cadeau empoisonné pour le candidat Valls, son principal collaborateur, nous dit cet internaute ? En politique, il n'y a jamais de cadeau sauf quand ils sont empoisonnés. Donc oui, c'est un cadeau empoisonné. À Valls maintenant qui a tant désiré non pas attendre le désastre et puis essayer de redresser les ruines après, mais participer à cette bataille dès le début 2017, à Valls de nous prouver ce qu'il vaut et ce qu'il veut. Il semble exister deux gauches irréconciliables. La synthèse est-elle possible ? Non, je crois. D'ailleurs, mon interprétation de ce qui s'est passé avec Hollande, au fond, c'est ça.
C'est que je crois que l'échec de Hollande, le fait qu'il ne puisse pas se représenter, c'est d'abord l'idée que véritablement, ces deux ailes-là ne peuvent plus vivre sous un même toit. Ça n'est plus possible et on le voit bien et on va le voir encore avec Manuel Valls. Ça va être sauvage, cette primaire, il ne faut pas se faire d'illusions. Donc non, je crois que ce qu'on vient de vivre là, c'est la fin du parti d'Épinay. C'est la fin du parti qui était né en même temps sur une ambiguïté. L'ambiguïté, c'est à la fois on peut être un parti de gouvernement et de pouvoir mais en même temps, on est là quand même pour faire sinon la révolution, au moins rompre avec le capitalisme, etc.
Ça, je crois que ce qu'on vient de vivre là, ça n'est plus possible. Je crois que le drame, c'est que cette clarification, elle n'a jamais été faite effectivement et elle ne sera pas faite non plus à l'occasion de cette primaire qui se fait sous pression et où il faudra bien à un moment donné, malgré les invectives, malgré la réactivation de ces deux gauches irréconciliables, jouer la comédie de la réconciliation finale et comme c'est une comédie, ça ne pourra pas prendre parce que ça ne repose pas sur une réalité.
C'est Manuel Valls qui avait parlé des deux gauches irréconciliables. Oui, oui, oui, absolument.
Justement, que représente Manuel Valls au PS ? Peut-il suffisamment mobiliser de voix de gauche à la primaire selon vous ?
Moi, je pense que ça va être très difficile surtout si les candidatures, on en est à 7 ou 8 pour l'instant, il y en aura peut-être plus, il y en aura peut-être moins. Ça, on ne sait pas exactement mais ça va être extrêmement compliqué pour lui parce qu'il y en a qui vont se réserver aussi parce que si Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon vont directement au premier tour de la présidentielle, il n'y aura peut-être pas une participation aussi extraordinaire qu'il faudrait si vous voulez et en plus, il y aura trop de candidats. Non, ça va être...
Il y avait un vote de droite, de sympathisant de droite prêt à aller voter pour Montebourg par anti-hollandisme un peu comme on a eu un vote de gauche qui a voté pour Alain Juppé par anti-Sarkozy. Ce vote-là devrait du coup baisser un petit peu. Ça, ça peut avantager à la marge Manuel Valls. Manuel Valls pourrait-il appliquer un programme plus à gauche que celui de François Hollande ? Non, ça n'a jamais été sa ligne. C'est l'homme qui voulait changer le nom du PS. C'est l'homme qui s'est construit à l'intérieur du PS sur un social-réformisme très laïcard, très sécuritaire et assez libéral. Il est même maintenant concurrencé sur ce terrain-là par Emmanuel Macron.
Il ne va pas lui lâcher le territoire. Alors dans la primaire, il va falloir qu'il donne des gages de gauche. Il l'a déjà fait. Depuis ses prises de parole d'octobre et de novembre, on a senti Emmanuel Valls qui s'assouplissait de ce côté-là, qui se socialisait un petit peu. Mais de là à faire un virage à gauche par rapport aux trois années écoulées, non. Alors justement, quelle sera la stratégie de Manuel Valls pour se démarquer de François Hollande tout en gardant une cohérence idéologique avec la gauche ? D'abord, je ne crois pas qu'il ait envie, intérêt de se démarquer complètement que François Hollande parce qu'il l'a dit. Il va essayer au contraire.
Alors je sais que c'est compliqué vu la manière dont s'est passé quand se passe la fin du quinquennat. Mais au contraire, il se présente un peu comme le candidat naturel puisque c'est celui qui est là pour défendre. Je pense que c'est ce qu'il a dit en privé au président de la République. Je vais défendre le bilan. Et c'est pour ça. Voilà, il l'a dit. Et c'est pour ça que ça va être très compliqué pour lui parce qu'il va se retrouver avec les mêmes adversaires que François Hollande plus les gens qui ne l'aiment pas personnellement. Donc c'est pour ça que je suis entièrement d'accord avec ce que vous disiez. C'est-à-dire que je pense que la primaire n'est pas jouée encore.
Il n'est pas jouée du tout. François Hollande n'a-t-il pas soigné sa sortie pour se préparer à être un recours à gauche en 2022 ? Non, je crois qu'on ait fait la figure. Attendez, il aura 66 ans. C'est quand même beaucoup moins qu'Alain Juppé. Et c'est à peu près l'âge de Mitterrand en 81. Mitterrand avait 65 ans en 81. Mais on voit bien à travers l'échec de Sarkozy après l'échec de Giscard que dans ce pays revenir après avoir été président après avoir eu sa chance et bien c'est devenu très très difficile. C'est un ticket qui ne se compose qu'une fois. François Hollande pense-t-il avoir été incompris par le peuple français et espère-t-il que l'opinion changera avec le temps ?
Je ne sais pas s'il le pense mais il n'a absolument pas été compris effectivement par les Français qui ont toujours considéré que sa ligne n'était pas claire et qu'il ne savait pas très bien où il voulait les emmener. Ça c'est quelque chose je crois d'avérer. Les candidats de gauche sont-ils crédibles puisqu'ils ont participé avec le président à un quinquennat catastrophique ? Voilà ce que dit cette personne qui nous regarde ce soir. Oui ils sont crédibles. D'abord on peut avoir été ministre et être critique sur le bilan.
C'est le cas de ceux qui en sont sortis par des accords de Montblour à Macron et c'est aussi le cas de Manuel Valls qui a plusieurs fois dit qu'il fallait aller plus vite plus loin. Regardez comment sur la loi El Khomri Valls n'était pas pour la détricoter il a dû faire des déconcessions. Non le problème de ceux qui ont été au pouvoir pendant 5 ans c'est qu'ils n'ont pas préparé de projet pour le quinquennat suivant. Et ce qu'on a eu dans le discours de Vagram c'était maigre et Valls qui avait eu tellement d'idées avant 2012 on n'a pas produit beaucoup depuis. Ils ont les vacances de Noël maintenant pour coucher ça et faire des livres comme on a vu avec Fillon.
C'était aussi le problème de François Hollande c'était que proposer aux Français ils cherchaient on voit bien qu'ils tournaient entre je serai le président protecteur je vais réserver le modèle social voilà mais c'était vague encore très vague.
Regardez encore une question très intéressante les adversaires les plus dangereux pour François Hollande n'était-il pas depuis le début dans son propre camp ?
Bien sûr c'est le drame de la primaire si vous voulez on s'aperçoit on le savait déjà que c'est le plus grand les adversaires les plus dangereux les primaires mais si c'est très difficile Alors on va laisser
alors on va demander son avis C'est très difficile les primaires Non vous n'y croyez pas vous
Au rassemblement après cette non la primaire c'est quelque chose d'extrêmement difficile mais j'ai commencé allez-y
Non mais la question c'est de savoir si c'est ses proches qui étaient ses pires ennemis Je ne vois pas comment on peut dire ça Non du même camp dans le même camp
Dans le même camp pas les proches
Ah à gauche ? Oui Ah bah oui Voilà C'est une synthèse On fait la synthèse Non mais quelle est C'était ça ? Attendez quand même Dans son propre camp Dans son propre camp Dans son propre camp ce qu'il faut d'abord c'est parce que le camp déjà le parti socialiste c'est quand même depuis trois ans la principale adversaire du gouvernement c'est quand même une partie du parti socialiste Ça c'est vrai Ensuite les communistes les verts absolument on peut dire que c'est là qu'il a eu ses pires adversaires Christiane Taubira Peut-elle jouer les troubles faits lors de la primaire ?
Oui c'est encore une carte possible La gauche de la gauche ne laissera pas Valls gérer cette primaire avec le PS Montebourg et Hamon sont déjà en liste Pourquoi pas Taubira Aubry ça semble exclu Mais à droite aussi de la gauche si j'ose dire Pourquoi une Ségolène Royale Pourquoi d'autres ne tenteraient pas leur chance Il y aura une pré-primaire si j'ose dire dans les jours qui viennent Une toute dernière question François Hollande étant libéré des contraintes de l'élection Peut-il en profiter pour gouverner à sa guise en utilisant des ordonnances notamment ?
Non non non Le temps est écoulé pour la réforme intérieure du pays Merci à tous les quatre Merci à vous Merci à l'équipe qui a préparé cette émission Dans un instant c'est à vous avec Anne-Sophie Lapix Ce soir la Redif est à 22h40 Très bonne soirée sur France 5 A demain