"Une explosion considérable des faits racistes" fin 2023 d'après le baromètre de la CNCDH
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Défensif 90 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:37OuverteRéponse directe
Comment voyez-vous que la société est de plus en plus intolérante ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Et comment l'expliquez-vous ?
- 1:42OuverteRéponse directe
C'est-à-dire qu'il n'y a pas forcément plus de racistes, mais les racistes osent sortir du bois, c'est ça ?
- 2:28OuverteRéponse directe
Et ça pourrait être pire, parce que vous nous dites aussi que toutes les victimes ne portent pas plainte, c'est ce que vous appelez le chiffre noir.
- 3:18OuverteRéponse directe
Alors, au-delà du constat, que faire maintenant ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Avec quels effets ? Qu'est-ce qui s'est passé depuis un an et demi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Depuis que la CNCDH existe, mais spécialement depuis les années 90, nous avons mis en point un indice longitudinal de tolérance »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« L'indice maximum 100 vaudrait dire que la France est très tolérante. Nous sommes au niveau entre 65 et 66, n'est-ce pas ? »
- 1:32Invité politiqueFait
« Il y a à la fois sûrement une montée des intolérances et aussi une libération de la parole. »
- 1:53Invité politiqueFait
« la France n'est pas globalement raciste, parce que l'indice de tolérance est élevé. »
- 2:17Invité politiqueChiffre
« il y a eu une explosion considérable des faits racistes. 284% d'augmentation. C'est considérable, bien sûr. »
- 2:47Invité politiqueFait
« Beaucoup de personnes ne se plaignent pas d'actes racistes à leur rencontre. »
- 2:56Invité politiqueChiffre
« à peine 15% des personnes se plaignent de faits racistes. »
- 3:34Invité politiqueFait
« Hélas, pas grand-chose. »
- 3:51Invité politiqueFait
« plus d'un an après, il ne s'est pas passé grand-chose »
- 5:07Invité politiqueFait
« la notion de préférence nationale, la discrimination envers les binationaux, même pour des postes d'importance, tout cela est contraire au principe que défend notre République. »
Temps de parole
- Invité politique72 %
- Présentateur28 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 6h21, tous les indicateurs du racisme et de l'antisémitisme sont au rouge en France, crimes, délits, infractions. A cela s'ajoute une intolérance croissante vis-à-vis des minorités. C'est ce que montre la dernière édition d'un baromètre qui existe depuis plus de 30 ans. Le baromètre réalisé par la CNCDH, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme. Et je reçois son président. Bonjour Jean-Marie Burkuburu. Bonjour. Je précise que la CNCDH est une institution indépendante et accréditée par les Nations Unies. Alors comment voyez-vous que la société est de plus en plus intolérante ?
Depuis que la CNCDH existe, mais spécialement depuis les années 90, nous avons mis en point un indice longitudinal de tolérance, c'est-à-dire un examen sur les préjugés à l'égard des minorités, à l'égard des personnes d'origine étrangère, à l'égard des maghrébins, à l'égard des personnes de peau non blanche, à l'égard des personnes juives ou supposées juives. Et par des interviews croisées, nous pouvons déterminer quelle est la tolérance à l'égard de ces minorités. Et cet indice a fléchi depuis deux ans, et spécialement depuis l'année dernière. L'indice maximum 100 vaudrait dire que la France est très tolérante. Nous sommes au niveau entre 65 et 66, n'est-ce pas ?
Et comment l'expliquez-vous ?
Il y a à la fois sûrement une montée des intolérances et aussi une libération de la parole.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas forcément plus de racistes, mais les racistes osent sortir du bois, c'est ça ?
Oui, oui. Je dirais encore plus clairement, la France n'est pas globalement raciste, parce que l'indice de tolérance est élevé. Lorsqu'il est supérieur à 60 sur un maximum de 100, on voit que la tolérance est là à l'égard des minorités qui comportent notre pays. Mais en réalité, il y a quand même des faits racistes, et en matière de racisme et d'antisémitisme notamment, on sait bien que la fin de l'année, depuis les événements du 7 octobre, il y a eu une explosion considérable des faits racistes. 284% d'augmentation. C'est considérable, bien sûr.
Et ça pourrait être pire, parce que vous nous dites aussi que toutes les victimes ne portent pas plainte, c'est ce que vous appelez le chiffre noir.
Oui. D'une manière générale, le chiffre noir existe pour toutes sortes de crimes et délits en France. Ce sont les délits qui ne sont pas révélés, qui ne sont pas connus, qui ne sont pas recherchés, et spécialement en matière raciste. Beaucoup de personnes ne se plaignent pas d'actes racistes à leur rencontre. Donc, ça n'apparaît pas dans les statistiques. Et ce chiffre noir est très important, puisqu'à peine 15% des personnes se plaignent de faits racistes. Et lorsqu'ils se plaignent, ils ont dit difficulté à mettre en place leur plainte. Et lorsque leurs plaintes sont reçues, il est rare qu'elles soient poursuivies et condamnées.
Donc, il y a un vrai problème, alors que le racisme, on le rappelle, n'est pas une opinion, mais une infraction, un délit.
Alors, au-delà du constat, que faire maintenant ? Je sais qu'en janvier 2023, vous étiez présents lorsque la première ministre de l'époque, Elisabeth Borne, a présenté un plan national d'action contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations. Avec quels effets ? Qu'est-ce qui s'est passé depuis un an et demi ?
Hélas, pas grand-chose. Malgré l'espoir qui s'est levé, Mme Borne réunissait une dizaine de ministres, et nous y étions, à l'Institut du Monde Arabe, pour lancer ce plan contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations, sur un plan 2023-2026. Eh bien, plus d'un an après, il ne s'est pas passé grand-chose, et au-delà de ces affirmations, que je considère comme de bonne foi, la mécanique n'a pas suivi, les instructions n'ont pas été données, la prise de conscience politique n'est pas assez forte, et elle nuit à notre pays.
Et en parlant de politique, vous avez appelé à faire barrage aux candidats de l'extrême droite, pour les législatives qui arrivent. C'est seulement la seconde fois de son histoire que votre commission sort de sa réserve. Vous êtes si inquiet que ça ?
Écoutez, la CNCDH n'a pas pour mission de faire de la politique. Nous sommes indépendants, nous sommes le conseil indépendant du gouvernement en matière de respect des droits fondamentaux. Nos avis ne font pas toujours plaisir au gouvernement, mais pour autant, il y avait une ligne rouge que nous avons franchie exceptionnellement pour la deuxième fois.
Et en fait, dans des circonstances voisines, puisque la première fois, c'était en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen est arrivé au deuxième tour de l'élection présidentielle, cette année, nous avons jugé nécessaire, le bureau a jugé nécessaire, mes deux vice-présidents et moi-même, de lancer un appel, parce que le programme, pour le dire clairement, du Rassemblement national, est un programme qui foule au pied les droits fondamentaux. M. Bardella l'a encore dit récemment, la notion de préférence nationale, la discrimination envers les binationaux, même pour des postes d'importance, tout cela est contraire au principe que défend notre République.
Nous ne voulons pas aller plus loin, nous demandons aux électeurs de voter et de mesurer la gravité de leur vote.
Et est-ce que vous êtes inquiet, si jamais le RN arrive au pouvoir, pour une institution justement comme la vôtre, pour l'existence, la subsistance d'une institution comme la vôtre ?
Non, nous ne sommes pas inquiets, parce que nous restons en République, du moins nous l'espérons bien, et il faudrait une loi pour abolir l'existence de notre commission, qui a été créée en 1947 par René Cassin, prix Nobel de la paix, et dont le statut remonte actuel actuel à 2007 par une loi votée par le Parlement. C'est une autre loi qu'il faudrait prendre. Je ne veux pas croire qu'elle sera votée.
Merci beaucoup Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH, Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme, qui rend aujourd'hui son baromètre annuel sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie.