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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 3 octobre 2025 54 minComplaisantDivertissementAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesSolidarités & familleCulture, médias & sport

Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir choisi une carbonade flamande, plat identitaire du Nord ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    La table est-elle un lieu de confrontation politique ou de partage ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    La gastronomie nordiste est-elle sous-estimée ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Êtes-vous bon cuisinier ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Les recommandations de manger moins de viande vous heurtent-elles ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Êtes-vous flexitarien ou viandard assumé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Sébastien ChenuFait
    « La bière c'est vraiment la boisson du Nord, que ce soit la Belgique, que ce soit la Picardie ou que ce soit le Nord-Pas-de-Calais. »
  • 10:00Sébastien ChenuFait
    « Moi, je n'aime pas le côté aseptisé, hygiéniste de nos sociétés. »
  • 12:00Sébastien ChenuFait
    « Je mange ce que j'ai envie de manger. »
  • 26:00Sébastien ChenuFait
    « La Choulette d'Hordain a une particularité. Ils ont eu un prix d'or pour la blonde, si mes souvenirs sont bons, et un prix d'argent pour l'ambrée. »
  • 48:00Sébastien ChenuFait
    « C'est là que je l'ai découverte. Et en la quittant, j'ai compris que j'allais la suivre. »
  • 56:00Sébastien ChenuFait
    « On fait sortir l'agriculture des accords de libre-échange. On la protège. »
  • 1:00:00Sébastien ChenuFait
    « On taxe plus fortement ces pays qui importent des productions qui utilisent des produits qui ne sont pas permis pour nos agriculteurs. »
  • 1:06:00Sébastien ChenuFait
    « La frite, c'est un plat populaire, c'est un plat de partage. »
  • 1:10:00Sébastien ChenuFait
    « Dalida, c'est la liberté. C'est probablement la plus française des chanteuses égypto-italiennes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique --- --- Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politiques à Table, une nouvelle saison avec des députés gourmands, des reportages savoureux et des discussions passionnantes sur notre alimentation et notre agriculture. Un plaisir que j'ai l'honneur de déguster avec vous, cher Jean-Pierre Montanay. -Bonjour. -Et bonjour, Sébastien Chenu. -Bonjour à tous. -M.

Chenu, vous plongez dans la marmite de la politique dès 2001 et pendant plus de 13 ans, vous serez adjoint au maire de la ville de Beauvais, dans l'Oise et vice-président de la communauté d'agglomération de Beauvais, d'abord au fourneau de l'UMP. C'est aujourd'hui avec les casseroles du Rassemblement National que vous améliorez vos recettes. Député de la 19e circonscription du Nord depuis 2017.

Vous avez d'abord siégé parmi les non-inscrits avant de vous asseoir officiellement sur les bancs du groupe présidé par Marine Le Pen. Sur votre piano, vous surveillez la cuisson de plusieurs plats en même temps. La commission des affaires étrangères, le groupe d'amitié avec le Royaume-Uni et le groupe d'études sur les discriminations LGBTQI-phobie.

Un dossier qui vous tient. particulièrement à coeur, vous, le fondateur de GayLib, association française qui milite pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et trans. Alors au menu de jour, vous avez choisi des spécialités du Nord que Jean-Pierre va nous décliner. -Oui, du Nord, une carbonade flamande et en dessert, une tarte à la rhubarbe. -Dans le Dessous des plats, on va revenir sur la mobilisation des agriculteurs et les raisons de leur colère. -Dans les pieds dans le plat, que serait la cuisine du Nord sans frites ?

Avant de répondre, regardez ce reportage tourné à la friterie du Nord avec le champion du monde de la frite. -Voilà pour le menu. On passe à table avec Cuisine et confidence.

Jingle -Ah, décidément, cette émission porte très bien son nom. Et oui, la table est devenue tellement politique. Et ce n'est pas votre menu, Sébastien Chenu, qui va nous inciter à penser le contraire.

Vous, l'esprit curieux, gourmand, qui, une fois à table, doit se passionner pour toutes les cuisines et oublier la tambouille de la politique. Je pensais donc être surpris, voire désarçonné par votre choix culinaire. Certes, je ne m'attendais pas de votre part à un couscous, un plat pour le coup, politique, préempté ici en général par nos invités écolos ou France Insoumise.

Mais force est de constater que choisir une carbonade flamande, plat culte de la cuisine du Nord, votre territoire politique, marqueur identitaire de la patrie des Ch'tis, c'est un peu claironner entre deux bouchées, "On est chez nous", slogan entonné les soirs de meeting du RN. Vous allez crier à la caricature. Et je l'admets, car on peut aussi voir dans ce choix un hommage sincère pour un terroir, des spécialités qui font la fierté d'une région souvent stigmatisée.

Et d'ailleurs, savez-vous qui dans cette émission a déjà demandé, comme vous, une carbonade ? -Non. Eh bien, un autre Ch'ti de l'Assemblée nationale, Fabien Roussel, le communiste !

Moralité, la table n'est pas que politique, c'est aussi une affaire de coeur et de tripes, c'est ça ? -Oui, vous avez raison. C'est autour d'une table que souvent les discussions qui peuvent être animées commencent, mais sur lesquelles on peut échanger sérieusement, on peut échanger plus légèrement, mais la table réunit les individus.

Et dans le Nord, c'est vrai que, comme partout en France, on aime bien la table, on aime bien manger, mais c'est vrai qu'on peut être éloignés politiquement et se retrouver autour d'un plat pour confronter nos idées. C'est, je crois, aussi une spécificité française. En Italie, il y a ça aussi, mais l'idée de se retrouver autour du plat et de se confronter plus sereinement, en tous cas, que lors des joutes d'hémicycle, ça fait partie de notre histoire. -Vous avez résumé un peu toute l'essence de cette émission.

On va la goûter, cette carbonade flamande qui a été réalisée par le restaurant Le Bourbon. Et surtout, vous allez nous dire si elle est comme vous l'aimez, cette carbonade. Est-ce que vous pouvez nous expliquer déjà pourquoi vous avez choisi ce plat ? -Oui, c'est un plat, typiquement, vous l'avez dit, du Nord.

C'est un ragoût de viande avec de la bière qui est à l'origine cuit sur des braises. Alors, je ne sais pas si nos cuisiniers du Café Bourbon à côté de l'Assemblée nationale l'ont cuit sur des braises. Mais en tous cas, il allie l'amertume de la bière, la viande et la cassonade.

Donc, il y a un petit goût sucré. Ca, c'est sur la recette. C'est un plat qui est dans tous les restaurants du Nord.

Quand je vais au Vauban, à Bouchain, dans ma circonscription, ou dans les restaurants, on a un estaminet qui a été, à Thiant, qui a été célébré comme le meilleur estaminet. C'est le nom, effectivement, des endroits dans lesquels, historiquement, on se retrouvait dans le Nord, c'est-à-dire à mi-chemin entre un café et un restaurant. A Thiant, c'est l'estaminet de 2024.

On sert de la carbonade. On la sert dans tous les endroits à la mode, dans tous les restos à la mode, à Lille, etc. Mais également dans les petits estaminets, dans les campagnes.

C'est vrai, c'est un plat typique. Il y en a d'autres, le waterzoï en fait partie. -Goûtez-le. -Je vais la goûter.

Elle est bonne quand elle est chaude. -Exactement. -On ne peut pas vous poser des questions et vous demander de manger en même temps, mais quand même, c'est un peu la cousine du boeuf bourguignon.

Entre les deux, pour vous, il n'y a pas photo ? -Elle est bonne. Ils sont bien débrouillées.

Oui, c'est un peu la cousine du boeuf bourguignon, vous avez raison. Ca fait partie de ces plats qui ont une histoire, qui font que, évidemment, ils sont l'identité de notre pays. Le Nord, c'est un territoire d'identité.

Vous l'avez dit, quand on va dans les Flandres, ou quand on va dans le Hainaut, ou quand on va dans l'Avesnois, avec le Maroilles, bien connu, j'ai évité l'éternelle caricature du Nord associée au maroilles, mais ce sont des plats d'identité. Ce sont des plats qui disent beaucoup de notre histoire, qui disent beaucoup du fait que le Nord, historiquement, avait été rattaché aussi aux Pays-Bas espagnol. Il y a toute cette histoire aussi à travers notre cuisine.

Et je crois que, qu'on soit nordiste ou qu'on soit sudiste, c'est un élément de fierté régionale. -Fierté, je l'ai dit, car souvent, ces régions sont un peu stigmatisées et c'est dans la cuisine, dans ses recettes, qu'on retrouve des moments d'être heureux, de vivre dans ses terroirs. -Et justement, en 2023, les Hauts-de-France ont obtenu le label de région européenne de la gastronomie.

Qu'est-ce que vous pensez de cette reconnaissance ? Ce genre de titre est important, ou pas vraiment ? -Oui, on est un territoire populaire et que souvent on associe l'aspect populaire à la moindre qualité.

On mange très bien dans le Nord. Je vous ai cité quelques plats. Il y a des plats tout simples.

Quand les gens ont quelques minutes, ils vont à la friterie, je sais qu'on en parlera. Ils vont manger ce qu'on appelle un américain, quelque part le cousin d'un burger. Mais on mange aussi très bien une cuisine élaborée.

La bière est un élément, la cassonade est un élément. Les viandes, que ce soit le lapin, que ce soit le veau, que ce soit le porc, le boeuf, sont toutes très bien travaillées dans les restaurants du Nord. Et c'est vrai que la gastronomie nordiste vaut le coup d'oeil.

Ce n'est pas uniquement les harengs de Dunkerque, ou les moules frites de la braderie de Lille. Il y a des choses plus élaborées. Et c'est vrai que j'invite les uns les autres à venir faire un peu le circuit touristique et gastronomique du Nord.

Pour ceux qui en ont le temps, ils découvriront, et se feront surprendre par des goûts et saveurs qui sont assez uniques. -Vous parlez de la cuisine, mais est-ce que vous êtes bon au fourneau ? Tout à l'heure, dans son portrait, on se dit : "Il est au piano", mais est-ce que vous faites de la cuisine vous-même ?

Dites-le ! -Non, je suis nul. J'aimerais être bon cuisinier.

D'abord, je pense qu'il faut du temps. Souvent, en politique on manque de temps. Mais le temps, il faut savoir le prendre.

J'ai autour de moi des gens qui cuisinent très bien et qui savent prendre le temps de le faire. Mais moi, je suis assez médiocre. Et je suis épaté.

Moi, j'adore manger. -On le sent. J'adore ça. -Vous seriez incapable de faire une carbonade ? -Capable, je n'en sais rien.

Je serais peut-être raté. Mais j'adore manger. J'adore manger de tout.

J'avais tenté à mon époque de chef de cabinet de Christine Lagarde, il y a déjà longtemps, j'avais tenté, quand je l'accompagnais dans nos déplacements, comme elle, de devenir végan. Christine Lagarde est végétarienne. Et je m'étais dit, c'était plus simple, puisque quand on accompagne son patron, son ministre, de commander la même chose que lui à table.

Et je n'ai pas tenu. J'aime trop la viande, j'aime trop les viandes. Et ce n'est pas pour moi l'histoire du véganisme.

Et c'est un rapport au plaisir, c'est un rapport au terroir. -Vous devancez vraiment ma prochaine question. J'allais justement revenir sur ce plat.

Un plat de viande, mais vous venez de le dire, vous avez cité le lapin, le boeuf, le porc, etc. Quand on vous dit, quand vous lisez, quand vous écoutez, même certaines recommandations médicales qui préconisent de manger moins de viande, ça vous fait mal ? Ca vous heurte ? -Non, mais moi, je n'aime pas le côté aseptisé, hygiéniste de nos sociétés.

On est responsable, il faut faire attention. Moi, je suis très gourmand, j'adore le sucre. Ce n'est pas pour ça que je vais me jeter dessus.

J'essaie d'avoir une discipline parce que tout consommer de façon excessive peut avoir des inconvénients. Mais je pense qu'il ne faut pas se limiter. La nourriture, c'est nécessaire, c'est essentiel, mais ça doit aussi être, quand c'est possible, du plaisir.

C'est des moments de plaisir, se retrouver à table avec des amis, en famille, entre collègues, répondre à une invitation à déjeuner. aller au déjeuner du dimanche en famille, découvrir, vous l'aviez vu chez Emmanuel Taché en Camargue, la viande de taureau, découvrir des nouvelles sensations, des nouveaux goûts, je pense que c'est important. Et le goût de la viande, pour moi, il est lié non seulement à notre pays, à notre histoire, mais je n'aime pas qu'on pose des interdits.

Bien sûr, il faut diversifier, j'aime bien les poissons également, mais il faut diversifier sa nourriture. Mais l'idée de faire culpabiliser les gens, je trouve que ça va à contrario de nos valeurs. -J'aime la viande, il n'y a pas beaucoup de députés qui disent ça.

Vous êtes viandard, vous avez failli passer végan mais c'était trop compliqué pour vous. Etes-vous entre les deux, c'est à la mode, flexitarien ? On mange moins de viande mais de qualité. -Oui, je ne raisonne pas comme ça en essayant de me définir.

Je mange ce que j'ai envie de manger. Mais j'ai une espèce de particularité un peu psychorigide. Quand je vais au restaurant, je mange toujours le même plat dans le même restaurant.

Si je vais au Bourbon et j'ai l'habitude au Bourbon de manger un burger, je mangerais toujours, si je l'ai trouvé bon, un burger dans ce restaurant-là. Mais dans le restaurant d'à côté, je mangerais...

Ca me prive probablement de découvertes d'autres plats. C'est un peu un côté psychorigide. Et c'est vrai que quand je vais, je disais, au Vauban à Bouchain, si je mange là-bas de la carbonade flamande, je mangerai toujours une carbonade flamande dans ce restaurant.

Après, j'adore manger italien. -C'est pratique pour les restos quand ils le voient arriver. -Ils savent d'avance. -Mais j'aime beaucoup les cuisines dites du monde.

J'adore le couscous, j'adore manger italien. -Comme la plupart des Français. -Bien sûr. -On a un excellent italien à Denain qui s'appelle Chez Peppone.

Quel bonheur d'y aller ! Il ne faut rien s'interdire. C'est vraiment le plaisir.

Et puis, je suis très reconnaissant à nos agriculteurs de nous donner une viande de qualité. Le mal qu'ils se donnent. Je sais qu'ils traitent bien leurs animaux.

Je sais qu'on a cette chance dans notre pays. Il faut la préserver. Il y a des gens du bout du monde qui rêvent de venir en France pour manger, pour découvrir nos assiettes.

Et c'est vrai que quand on compare aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne...

La comparaison ne tient pas deux secondes. Franchement, c'est en France qu'on mange le mieux. Ca veut dire que vous mettez plutôt en valeur, à l'honneur, ces agriculteurs et agricultrices qui travaillent plutôt en raisonné, qui ont des petites exploitations pour que leur boeuf, leur porc soient de meilleure qualité, peut-être même bio.

C'est ça que vous défendez ? -Moi, je défends une agriculture qui puisse vivre de son travail. Qu'elles soient de grandes ou de petites exploitations, ce que je vois c'est que nos agriculteurs sont face à un modèle qui est en train de disparaître parce qu'ils croulent sous les normes.

Ils croulent sous les charges. Ils croulent sous une concurrence qui est absolument non maîtrisée. Et évidemment, à la fin, ça amène plus de difficultés.

D'abord, ça amène la disparition de beaucoup de nos agriculteurs, et agricultrices. Mais on a une diversité de modèles dans notre pays et il faut la préserver. C'est très dur de nourrir le pays aujourd'hui. -Quels sont les plats de votre enfance ?

Parce que souvent, ça dit quelque chose du personnage. Est-ce que vous mangiez de la carbonade étant en culotte courte ? -Chez nous, on a toujours mangé de la viande sous toutes ses formes et toutes les viandes.

Je crois que là-dessus, il n'y a pas d'interdit. Il y a des choses que je n'aime pas. Je ne suis pas du tout fort sur les abats.

Et puis, longtemps, j'ai eu une réticence sur les huîtres. Et on me disait toujours, et j'étais très lassé d'entendre autour de moi : "Les huîtres c'est super bon, tu devrais..." J'avais un blocage presque physique.

Et un jour j'ai décidé de faire sauter, comme quoi tout repose sur l'inconscient, de faire sauter ce blocage moi-même. Je suis arrivé en Charente, dans un restaurant où on faisait des huîtres. Et j'ai dit à partir d'aujourd'hui je vais aimer les huîtres.

J'ai commandé un grand plat d'huîtres. Je les ai mangées et j'ai adoré ça. Et depuis, j'adore les huîtres.

En fait, mon blocage était psychologique. Et j'ai fait sauter moi-même le verrou. Et aujourd'hui, je comprends qu'on puisse adorer les huîtres.

Je trouve ça remarquable. -Si je ne dis pas de bêtises, c'est un peu gras, non ? -Vous avez tout. -Elles peuvent l'être mais c'est moins gras qu'une côte de porc. -Vous allez comprendre mon raisonnement.

La carbonate, c'est assez riche. Les huîtres aussi. Vous faites attention à votre ligne ? -Oui, c'est même l'espèce d'obsession dans ma vie et de désespoir. -Ah ! -Comme je suis gourmand... j'ai du mal à résister, et si j'ai du mal à résister, ça peut avoir des conséquences fâcheuses sur ma ligne.

Donc je contrebalance en faisant du sport, de façon à ne pas terminer comme la légende le veut, chaque député entrant à l'Assemblée nationale prend un ou deux kilos par an, ce qui fait qu'au bout d'une mandature de cinq ans, on a pu prendre 10 kilos, donc j'ai évité cela, et je fais attention, et je compense par une hygiène de vie, on en parlera, moi je ne bois pas beaucoup, j'essaie de faire du sport, mais c'est vrai que j'aime bien manger. -Vous ne faites pas spécialement attention, vous rattrapez ailleurs. -Voilà, le cadre global s'équilibre. -Carbonade à midi, haricots vers le soir ? -Oui, il faut compenser. -Pour préparer une bonne carbonade, vous allez nous donner quelques conseils, Jean-Pierre. -Trois choses à savoir pour réussir sa carbonade.

On a dit tout à l'heure que c'était une cousine du boeuf bourguignon. C'est vrai, mais il y a quand même quelques différences. La principale étant que c'est la bière qui remplace le vin.

Le vin de Bourgogne, normal. Mais évidemment, ils ont mis du vin, les bourguignons, dans leur boeuf bourguignon. Au Nord, on met de la bière.

Ce choix n'est pas anodin, car elle va plus ou moins parfumer cette carbonade. Donc, si vous l'aimez plutôt forte, optez plutôt pour une blonde, qu'on a sous les yeux. Si vous voulez un goût plus corsé, vous prenez une plus maltée ou une bière ambrée.

On en a eu une aussi apportée par M. Chenu. Les bières belges, bien sûr, sont bienvenues pour les carbonades.

La différence aussi avec le bourguignon, c'est la sauce parfumée avec des ingrédients qui font le sel de la carbonade. C'est la vergeoise. C'est un sucre brun et quelques miettes...

Je ne sais pas s'ils les ont mises dans cette carbonade que je trouve excellente, des miettes de pain d'épices. Voilà pour la note sucré-salé. Le pain d'épices contient un peu d'épices, de la cardamone, de la cannelle, et ça va aussi infuser dans les saveurs de cette carbonade.

Un peu de moutarde, du vinaigre de vin et un bouquet garni. Enfin, il faut être vigilant sur le choix de la viande de boeuf. Les morceaux de palerons, jarrets, joues, macreuses sont à privilégier.

Ce sont des morceaux pas très nobles donc plus économiques que le faux filet ou la côte de boeuf. Et puis, une petite astuce, je ne sais pas si M. Chenu la connaît, faire mariner la viande dans de l'eau pétillante pour adoucir le collagène et la rendre encore plus tendre.

Attention, temps de cuisson au moins trois heures, donc une carbonade, ça s'anticipe. -Ca prend du temps. Et pour accompagner ce plat, on en parlait, vous nous avez apporté une boisson très particulière, une bière, la Choulette, si je ne dis pas de bêtises.

Elle nous vient directement du village d'Hordain, à quelques kilomètres de Valenciennes. Pourquoi ce choix ? -Tenez, la bouteille. -D'abord parce que c'est bon.

Elle existe sous deux formes, ambrée et blonde. La bière c'est vraiment la boisson du Nord, que ce soit la Belgique, que ce soit la Picardie ou que ce soit le Nord-Pas-de-Calais. La bière, c'est vraiment le berceau de cette boisson.

La Choulette d'Hordain a une particularité. Ils ont eu un prix d'or pour la blonde, si mes souvenirs sont bons, et un prix d'argent pour l'ambrée. C'est à Hordain, dans ma circonscription.

C'est encore des rares endroits en France où on fait la bière sur place et où on peut, lorsqu'on déjeune, allez voir, en tous les cas, la fabrication de la bière. Et c'est vrai que ça reste très associé au plat. J'ai parlé tout à l'heure du waterzoï, on parle de la cassonade, de tous les arômes et de tout ce qui est ajouté.

Mais on peut parler aussi de la fricadelle. C'est cette saucisses dans lesquelles on dit qu'on ne sait pas ce qu'il y a dedans. Et c'est vrai que souvent, bière plus fricadelle, bière plus frites, bière plus viande, on la met aussi, j'allais dire, à toutes les sauces, la bière.

Et on la met effectivement dans la carbonade aussi. -Vous en buvez tous les jours ? Vous buvez régulièrement ?

Voilà, vous avez un peu effleuré le sujet. L'alcool, ce n'est pas vraiment votre truc ? -Je ne suis pas un grand buveur.

Je ne bois pas beaucoup d'alcool. -Par principe ? -Par discipline.

Je fais attention. Mais c'est vrai que j'aime bien cette bière. Là, j'ai pris de la blonde.

Je crois qu'on vous a servi de la blonde également. Cette bière est très bonne. Et on a aussi en France, toute une catégorie, depuis les champagnes jusqu'au vin de Bourgogne que vous avez cité. -Donc vous buvez du vin aussi par ailleurs ? -Oui, je peux boire du vin aussi.

Je fais vraiment attention, là aussi c'est une discipline à laquelle je m'astreins, mais comme pour la nourriture, comme je pourrais manger des dizaines de plats différents, je pourrais boire des dizaines d'alcools différents, tant la variété, la gamme, l'offre en France est formidable. -C'est vrai. -Ce qui est intéressant, c'est que autant la consommation de vin rouge, notamment, décline, les vins blancs se maintiennent, mais la consommation de bière augmente.

Ca vous étonne ? -Non, la bière, c'est un produit populaire, facile d'accès. Il y a aussi... -Féminin, maintenant. -Ce que j'allais dire, pour tous les âges, assez intergénérationnel, hommes, femmes, qu'on soit dans une manifestation sportive, culturelle, etc.

Partager une bière, c'est très simple, c'est très facile. On a l'impression que c'est la boisson du partage, la bière. Et ça va bien avec le Nord.

Le Nord, vous savez, c'est le travail et la bonne humeur. Eh bien, la bière, c'est un peu ça. Je trouve que c'est la boisson qui réconforte et qui rend joyeux. -Il est maintenant l'heure de tester vos connaissances culinaires, c'est tout de suite avec les Quiz.

Jingle -Vous avez déjà fait du placement de produits en parlant de la pizzeria Peppone mais justement vous savez grâce à vos posts Instagram que vous étiez fan de ce restaurant. Donc vous êtes sans doute fan de la cuisine de la botte, autrement dit de l'Italie. Alors sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou sont fausses ?

Les pâtes à la Norma sont préparées avec des crustacés. -Non, faux, je ne crois pas. -Non, faux, avec des aubergines et de la ricotta sèche.

C'est une recette sicilienne. La pinza est une sorte de pizza dont la pâte est confectionnée à partir de farine de maïs. Vrai ou faux ? -Je ne crois pas non plus. -Non, mais c'est une farine, la pinza est une sorte de pizza qui est un peu à la mode et qui est une pizza ou une pinza romaine avec trois farines, riz, soja et blé, riz la rend croustillante, blé un peu élastique, et c'est très très bon.

Vous allez voir maintenant, dans toutes les pizzerias, il y a des pinzas. La mozzarella au lait de vache bénéficie d'une AOP. Vrai ou faux ? -Je pense que oui. -Non, faux, parce que c'est la mozzarella au lait de burrata. -D'accord. -... depuis 1996, qui est la mozza noble et la mozza de vache est un peu le second rang.

La fregola est une pâte en forme de bille originaire de Sardaigne. -Alors là, c'est probablement la question sur laquelle je vais vous dire oui. -Oui, bien vu. -Je l'imagine, je la vois, mais... -C'est des toutes petites billes, c'est une pâte, et elle se cuisine comme un risotto, et c'est excellent, et c'est une recette sarde peut-être il y en a chez Peppone. -Certainement.

On quitte l'Italie, retour en France, et plus précisément dans l'Oise, où vous avez grandi. Des racines picardes qui vont certainement vous aider à nous dire si les prochaines affirmations sont vraies ou non. Le gâteau battu.

Spécialité locale qui remonte à 1900 a droit à sa propre confrérie du gâteau battu. -Je crois que oui. -Oui, vous avez raison.

Et chaque année, elle désigne le meilleur gâteau battu à l'issue d'un concours, évidemment. La ficelle Picard, cette crêpe aux champignons, a été inventée par un cuisinier d'Amiens, en 1856. -Je vais dire oui, mais je peux me faire piéger sur la date ou sur la localisation. -Il est bon. -Bonne intuition, parce que c'est faux.

Sur la date, en effet. -D'accord. -C'était en 1956, servi souvent en entrée, mais ça, vous le savez.

Et elle est protégée aussi par la confrérie des compagnons de la ficelle picarde. Troisième affirmation, la flamiche au poireau est préparée avec une pâte brisée. C'est vrai ou c'est faux ? -Oui, je pense, avec une pâte brisée.

C'est pâte feuilletée ? -Avec une pâte feuilletée, exactement. -Je ne suis pas bon en cuisine pour la réalisation. -J'ai essayé de vous piéger avec le ton, mais bon.

Dernière affirmation, l'anguille fumée de la Somme est aussi appelée cacheux. -Je crois que oui. Parce que c'est un nom qui résonne bien à mon oreille.

C'est un mot picard, cacheux. -Oui, exactement. C'est l'anguille fumée qui se mange froide avec du citron.

Et des pommes de terre, les picards l'appellent le cacheux. Allez, on poursuit tout de suite. -Bon quiz, M.

Chenu. -Quand on aime bien la bouffe... -C'est ça, on a les noms qui restent en tête.

On poursuit ce déjeuner avec la Brève de comptoir. Jingle Pour cette émission, on vous a demandé d'aller chercher dans vos souvenirs un moment qui mêle politique et gastronomie. Et vous avez choisi de nous parler d'un dîner avec la présidente de votre groupe. -Oui, c'est un dîner qui a été un tournant dans ma vie.

Il y a des dîners comme ça, comme quoi se retrouver autour d'une assiette, ça peut changer votre vie. Ma première rencontre, la première fois de ma vie que j'ai vue et que j'ai rencontrée Marine Le Pen, c'était pour dîner avec elle chez Gilbert Collard, tous les trois. Et c'était autour d'une table.

Et c'était autour, je crois qu'on avait bu du champagne ou du vin blanc. Ou du champagne et du vin blanc. Et en tous cas, c'est là que je l'ai découverte.

Et en la quittant, j'ai compris que j'allais la suivre. Parce que je l'avais trouvée courageuse, authentiquement républicaine. Et autour de cette table, j'ai pu lui poser toutes les questions que moi qui étais, vous l'avez rappelé, à l'époque militant de l'UMP, j'avais envie de lui poser.

Je venais de voter pour sa liste pour la première fois aux élections européennes de 2014. J'assumais mon vote, sans problème. Mais intellectuellement j'avais quitté l'UMP.

Et c'est cette rencontre, quelques semaines après l'élection européenne chez Gilbert Collard, avec elle autour d'une table, autour d'un verre, qui a permis d'aller plus loin et qui m'a donné la conviction que cette femme avait quelque chose de particulier. Et je nous revois encore trinquant à la fin de notre rencontre et en me disant : "Je suis en train d'écrire une nouvelle page de ma vie politique à ses côtés." Je ne savais pas jusqu'où ça me mènerait.

Moi qui étais picard, c'est Marine qui m'enverra dans le Nord, qui me fera découvrir le Nord à ses côtés pendant la campagne régionale de 2015. La Picardie et le Nord-Pas-de-Calais avaient été réunis, c'était les nouvelles élections régionales. J'avais pris beaucoup de plaisir.

C'est Marine qui m'a nommé patron de la Fédération du Nord. Et tout ça est né ce soir-là, autour d'un dîner. -On parle de dîner, de gastronomie, de cuisine du Nord et d'ailleurs.

Pour mettre toutes ces bonnes choses dans nos assiettes, il nous faut des agriculteurs et des agricultrices. Une profession qui souffre, des paysans en colère. Tout de suite dans le Dessous des plats.

Jingle Partout en France, vous trouverez des agriculteurs qui peinent à vivre de leur travail. Il y a celles et ceux qui ont choisi l'agriculture raisonnée, malheureusement pas assez soutenue, ni rentable. Et il y a les autres qui refusent l'interdiction de l'acétamipride, un pesticide banni en France depuis 2020, pourtant utilisé dans le reste de l'Union européenne.

Notre reporter Stéphanie Depierre a recueilli les témoignages de deux agriculteurs en colère. Ecoutez. -A l'ouest du plateau de Millevaches, dans la campagne Limousine. -Elle siffle.

J'ai 200 brebis sur un système plein air, sans engrais, sans chimie, basé sur la pousse de l'herbe, avec en race pure Limousine. Ca peut bien marcher, mais on n'est pas très encouragés non plus. -Frédérique Mario pratique une agriculture en phase avec ses convictions écologistes.

Depuis sa séparation il y a cinq ans, elle travaille seule sur la ferme, elle a des tendinites au bras. Si économiquement elle s'en sort, c'est au prix d'un travail sans répit, sept jours sur sept. -Là, mon problème de bras, c'est aussi un problème de renouvellement des générations et d'accès aux fonciers.

Si l'agriculture était enseignée différemment depuis 20 ans, peut-être que ces systèmes d'élevage à l'herbe, auraient plus la cote. C'est pas ça qui est enseigné dans les lycées agricoles. -C'est cette agriculture, à taille humaine, loin des grandes exploitations industrielles, que l'éleveuse veut défendre.

Pascal Verriel, lui, a choisi le modèle conventionnel. En Seine-et-Marne, il cultive plus de 200 hectares de céréales et de betteraves. Depuis 2018, il ne peut plus utiliser de néonicotinoïdes.

Seul remède, selon lui, à la jaunisse. -La betterave pousse, grossit beaucoup moins. Donc on a des volumes de production en baisse.

Ca va être une demi-récolte pour certains. Donc effectivement, encore une année économiquement nulle, voire déficitaire. -Il espérait que la loi Duplomb réautorise l'acétamipride, un insecticide.

Mais le Conseil constitutionnel a dit non. Avec son syndical, la FNSEA, il veut alerter les consommateurs. -C'est quelques photos d'une action qu'on a menée il y a une dizaine de jours sur les grandes surfaces de Seine-et-Marne.

On a sorti des rayons quelques produits emblématiques. Mis dans des caddies. Là, c'est des noisettes qui composent ce produit-là.

Et c'est des noisettes d'importation turques. On sait qu'en Turquie, non seulement ils ont le droit d'utiliser ces produits mais comme ils ne font pas partie de l'Europe, ils ont encore des matières actives encore plus dangereuses non autorisées en Europe. Ce produit antiparasitaire pour les chats contient des néonicotinoïdes qui nous sont interdits à nous à l'usage agricole.

Soit le produit est dangereux, et il est interdit à tout le monde, mais s'il est autorisé pour les uns, il doit être autorisé pour les autres. -Retour près de Limoges. Le 10 septembre, notre éleveuse de brebis et ses amis de la Confédération Paysanne participent au mouvement "Bloquons Tout". -On a réussi, on a bloqué l'A20. -Quelques tracteurs suffisent à bloquer l'autoroute pendant six heures.

C'est la première fois que Frédérique manifeste. -J'attends que le gouvernement, écoute, gouverne à gauche. -Pascal, lui, n'a pas participé au mouvement "Bloquons Tout".

Trop politisé, trop brouillon dans ses messages. Cette année, malgré une récolte qui s'annonce plutôt bonne pour les céréales, son exploitation sera tout juste rentable. -Très clairement, c'est les importations qui nous font concurrence.

On a beaucoup parlé des importations ukrainiennes à droits de douane réduits pour soutenir l'effort de guerre. Il y a aussi d'autres importations de beaucoup d'autres pays. Et puis les importations envisagées avec le Mercosur, ça pèse beaucoup sur les marchés et ça nous fait baisser tous nos prix. -Pascal a donc décidé de manifester le 26 septembre à l'appel de la FNSEA.

Il est d'ores et déjà prêt à se mobiliser à nouveau cet hiver, après les récoltes de l'automne. -Alors au moment où nous enregistrons cette émission, les manifestations du vendredi 26 septembre n'ont pas encore eues lieu. Mais on le voit, la colère est immense chez les agriculteurs.

A les entendre, il n'y a pas d'issue, la concurrence est partout, déloyale. C'est ça aujourd'hui l'agriculture en France ? -C'est ce que ceux qui nous gouvernent ont fait de notre agriculture.

Nous sommes le grenier du monde, le grenier de l'Europe en tous cas, la France. Et on a historiquement un positionnement sur l'agriculture, sur une capacité à nourrir notre pays et l'Europe historique. Les traités de libre-échange, les choix européens ont mis en concurrence de façon totalement irresponsable notre agriculture et celle de pays qui ne répondent pas aux mêmes normes.

Et ils ont ajouté à cela, des normes en quantité incroyable, des interdictions, des obligations qui font qu'en fait on est en train de détruire, d'opérer un plan social. Quand je vois ces deux agriculteurs, je pense à ceux que je connais chez moi, à Maing, Verchain-Maugré, Monchaux-sur-Ecaillon, dans les communes rurales de ma circonscription. Je n'oppose pas ces deux types d'agriculture.

Ils se battent pour la même chose. Pour nourrir la population française. Pour faire des produits de qualité.

Ils se battent pour vivre de leur travail et pas de subventions. Et nous, lorsque nous défendons à l'Assemblée, moi, je suis très impressionné par la détermination de mes collègues qui planchent sur ces sujets-là. Hélène Laporte, députée du Lot-et-Garonne qui défend la filière de la noisette, Marie-France Lorho, la filière fruits et légumes dans le Vaucluse, Emmanuel Blairy, Alexandre Dufossé, c'est des députés qui sont sur leur territoire, pareil, en Camargue, avec le riz, ils se battent pour défendre le bien manger, le bien produire et la rentabilité de façon à ce que ces agriculteurs puissent vivre.

Et c'est là où la loi Duplomb avait un intérêt, c'est qu'elle levait des freins à ces difficultés, elle permettait aux agriculteurs plus de liberté pour pouvoir mieux produire. -Et pourtant, est-ce que vous entendez toutefois le fait que cet acétamipride, cet insecticide, est dangereux pour la santé ? -Il y a un débat là-dessus, parce qu'en fait... -Scientifique je ne crois pas. -Il y a une persistance, moi j'écoute aussi les agriculteurs, la persistance de l'acétamipride est faible.

Mais son efficacité, en revanche, sur des rongeurs ou en tous les cas... -Sur la jaunisse. -Oui, sur ce qui peut tuer des récoltes, elle est prouvée.

Et surtout, elle est utilisée ailleurs. Donc ça veut dire que nous, on va obliger nos agriculteurs à ne pas travailler avec ce type de produit qu'ils ne revendiquent pas en tant que tel. Ils cherchent, c'est miser sur la recherche, aller chercher des substitutions à cela.

Mais de l'autre côté de nos frontières, ils se trouvent en concurrence avec des pays qui, eux, l'autorisent. Donc, on est en train de leur dire : "Acceptez des normes qui vont vous tuer." Ils ne peuvent pas.

Donc l'acétamipride a été censuré. -Pourquoi on ne protège pas plutôt cette façon de faire et cette façon de protéger la santé des Français, de tous les Français, plutôt que de réautoriser un produit ? On ne sanctuarise pas notre façon de faire. -Je pense qu'il y a deux leviers à faire fonctionner en même temps.

Il faut pousser la recherche pour avoir une substitution qui permettent à nos agriculteurs de travailler correctement leurs produits. Mais de l'autre côté, il ne faut pas les mettre dans une situation, parce que le temps qu'on trouve, ils seront morts, nos agriculteurs. Donc, il faut les protéger, les aider, et éviter les situations de concurrence déloyale.

Sinon, il n'y aura plus d'agriculture en France. -J'ai noté une petite contradiction quand même dans vos discours, pas celui que vous venez de tenir, mais le Conseil constitutionnel a interdit ce pesticide au nom du principe de précaution. -Le 7 août dernier, absolument. -Et moi je vois souvent dans les discours du RN, notamment en matière d'immigration, invoquer le principe de précaution.

Pourquoi vous êtes à géométrie variable, vous allez me dire d'un côté c'est l'immigration et de l'autre la santé, mais quand même ce principe de précaution, ou vous assumez les conséquences pour nos citoyens ? -Moi, je crois que nos agriculteurs sont des gens responsables. Je ne pense pas que les agriculteurs utilisent des produits pour tuer les Français.

Je pense qu'ils ont une agriculture de très grande qualité. -Pour se nourrir, pour survivre, parfois. -Oui, mais ils ont une agriculture de très grande qualité.

Et l'acétamipride sur lequel il y a un débat. Ce n'est pas le meilleur des produits, loin de là. Mais c'est un produit qui, aujourd'hui, je le disais, se dissout assez rapidement, a une persistance faible dans la nature et dans l'organisme.

Donc, il est... acceptable.

Je ne défends pas l'acétamipride. Sincèrement, je préférerais qu'on fasse sans. Mais le jour où on va faire sans, et on trouvera des produits de substitution.

Mais il ne faut pas que notre agriculture meure. C'est ce qui se passe. Cette loi Duplomb, est en train, à travers les accords de libre-échange, de couler notre agriculture. -J'allais y venir, je voulais élargir du cadre très franco-français de l'acétamipride, c'est non au Mercosur, tout bord confondu de la Confédération paysanne à la coordination rurale, en passant même par la FNSEA, tout le monde dit non, est-ce que vous comprenez pourquoi ? -Oui, mais j'aimerais surtout que ça devienne une réalité.

Car c'est l'ouverture de notre marché à l'importation de viande, de volaille, etc. -Pourquoi vous ne le voyez pas dans l'autre sens ? C'est aussi l'ouverture d'un marché pour le vin, et autres... -Il y a dans les accords de libre-échange des choses très intéressantes.

On véhicule, on exporte, nous, des produits et certains sont importés. Mais nous, nous pensons comme on l'a fait sur les biens culturels à une époque, la fameuse exception culturelle française, on devrait sortir l'agriculture de ces accords de libre-échange. On fait des accords sur des tas de choses, dans l'industrie, dans les services, etc.

Mais en revanche, l'agriculture ne fait pas partie, et ça on peut le faire, on l'a fait sur les biens culturels pour les préserver, sinon on serait noyés. on l'est déjà suffisamment, de biens culturels, par exemple anglo-saxons. On a fait l'exception culturelle sur les biens culturels, il faut le faire sur les produits liés à l'agriculture. -Mais le vin, ça va profiter aux exportations françaises. -Mais ce sont les Etats... -700 millions de consommateurs potentiels... -Souvenez-vous le débat sur le CETA, avec le Canada.

On disait : "Ca va couler l'agriculture française." Finalement, j'ai lu un rapport de l'Institut Montaigne récent, le CETA s'est bien déroulé, et a profité à l'agriculture française. Est-ce qu'on ne crie pas un peu avant d'avoir mal ? -Ce sont les Etats qui font les listes de ce qu'on met dans les accords de libre-échange.

Qu'on mette le vin et pas d'autres produits agricoles, ce sont aux Etats de le faire. Mais la double difficulté, est qu'on a, par exemple, la difficulté avec l'importation de volailles, en particulier ukrainiennes, et qu'on se retrouve coincés. -Mercosur, là. -Mais on est coincés entre l'accord libre-échange Mercosur, l'importation de volailles ukrainiennes et que notre agriculture est en train de couler.

Il coule avec des accords de libre-échange déséquilibrés, où on peut mettre des choses, mais pas d'autres. -C'est pas déséquilibré... -Ils coulent...

Des accords qui, je trouve, sont déséquilibrés, mais également des normes en quantité et puis, de toute façon, des prix de revient, des prix planchers qui ne sont pas négociés. -Les clauses de sauvegarde, par exemple, elles ne vous intéressent pas ? Vous les trouvez nulles et non avenues ?

Non, elles peuvent être intéressantes, mais il faut, pour être très honnête, tout remettre sur la table sur cet accord. Mais ça ne va pas se faire, car l'accord sur le Mercosur avance, il est presque abouti. Ce qu'on demande au président de la République, c'est de ne pas l'appliquer en France, et de faire preuve de résistance, d'esprit de résistance, parce que...

Moi, je vous donne rendez-vous dans quelques années. On n'aura plus d'exploitation agricole. Alors, peut-être qu'on imagine que le monde de demain peut se faire sans les agriculteurs.

Moi, je ne le crois pas. Derrière les agriculteurs, derrière la bouffe, c'est la ruralité, c'est les paysages, c'est le rapport à l'eau, à des traditions, à des équilibres. C'est beaucoup de choses.

Ce n'est pas uniquement du commerce et des exportations, des importations. C'est aussi culturellement l'image de la France qui se trouve bouleversée de ça. -Que proposez-vous ?

Que fait-on pour aider cette agriculture française ? C'est exactement ce que vous venez de décrire et de définir. -C'est ce que je viens de vous dire.

On fait sortir l'agriculture des accords de libre-échange. On la protège. Ensuite, on ne la met pas en concurrence déloyale avec des pays qui, à la frontière, parfois pas très loin, en Pologne, parfois juste après des pays de l'Union européenne, après les frontières de l'Union européenne, on ne les met pas en concurrence frontale avec ceux qui utilisent des produits non autorisés ici.

Ou alors, on taxe plus fortement ces pays qui importent des productions, qui utilisent des produits qui ne sont pas permis pour nos agriculteurs. Et puis, on négocie le fait de, chaque année, c'est une demande des syndicats agricoles, des prix planchers, de façon à ce que nos agriculteurs, dans les rapports qu'ils ont avec les sociétés de distribution, de l'agroalimentaire, etc., puissent être rémunérés à leur juste valeur. -Ca, c'est un peu des incantations.

Il faut bien qu'il y ait un marché. Il faut bien qu'on puisse avoir des ouvertures, des exportations, des importations. Ainsi la production s'écoule.

On a d'un côté des taxes américaines élevées, d'un côté des Chinois qui sont extrêmement hégémoniques. Il faut bien qu'on trouve des espaces de liberté avec ces traités pour essayer de négocier avec d'autres continents. Le continent sud-américain, il est énorme.

C'est bien un débouché pour l'économie. Alors, oui, il y a des perdants et des gagnants. C'est sûr.

On ne peut jamais être gagnant. Mais de dire l'exception française, il faut bien la confronter à la concurrence et au marché. -Mais le marché aujourd'hui, il existe. -C'est l'Amérique du Sud. -Pas seulement, d'ailleurs.

Pas uniquement l'Amérique du Sud. Est-ce que le marché, ça veut dire simplement accepter de recevoir et ne pas écouler ? La réponse est non.

Mais ça veut dire sur quel type de produit on se met en concurrence. Nous, on a des savoir-faire sur un certain nombre de produits. On a des savoir-faire, on en parle en agriculture, mais pas uniquement en agriculture.

Mais sur quoi on négocie ? Sur quoi on échange ? Elle est là, la problématique du libre-échange.

On peut échanger sur tout, mais on sera mis en concurrence avec des pays qui n'ont pas les mêmes normes que nous. Donc je crois que les accords de libre-échange, je l'ai dit, tout n'est pas à jeter. Il y a la capacité à écouler des produits.

En revanche, en termes d'agriculture, je pense qu'il y a urgence à revisiter les listes de ce que nous échangeons ou de ce qui fait partie de nos accords. -On vous emmène à la frontière belge, près de votre circonscription, pour déguster une autre spécialité du Nord. Je ne vous en dis pas plus, c'est tout de suite.

Jingle -Au Nord, Valérie, il y a les corons et les friteries. Direction Comines, près de la frontière belge. C'est là que Philippe Frénoi, champion du monde de frites, attention, dans la catégorie familiale, c'est là qu'il a installé sa baraque à frites.

Secret de fabrication avec Kathia Gilder et Marion Devauchel. Musique -Le temps n'est pas au rendez-vous, mais il y a de l'ambiance. Bienvenue à Comines, dans le Nord, à la frontière belge.

La ville a son festival et la star du jour, la voici. -Elle est croustillante, avec la mayonnaise ça se confond bien, le mélange est bon, voilà, que du régal. -C'est la culture du Nord, c'est la gourmandise, c'est généreux. -Elles sont très bonnes. -Plus qu'un plat, dans le Nord la frite c'est une institution.

Pour un goût authentique, on la préfère maison, ça tombe bien, le champion du monde catégorie frites familiales est là, bien équipé avec son camion, sa friteuse de 300 kilos et une tonne de pommes de terre. -L'idée, c'est de répondre très vite à la demande de frites. Parce qu'ils veulent tous manger des frites en même temps. -Une bonne frite, ça commence par le choix de la patate, comme on dit dans la région. -On est sur une variété de pommes de terre qui s'appelle la trésor.

Hâtive. On est en fin d'été et forcément, il faut trouver rapidement des pommes de terre. -Et si la frite du Nord est si réputée, c'est pour son secret de fabrication, une double cuisson à la graisse de boeuf. -Dans un premier temps, on a la précuisson qui va la rendre moelleuse à l'intérieur.

On aura comme une purée, on va dire. Et la deuxième partie, ce sera de frire la frite. Donc là, dans un bain beaucoup plus chaud.

A 190 degrés. Tandis qu'ici, on reste à 150. L'idée, ce n'est pas de la dorer mais de la cuire en profondeur. -Et le succès est au rendez-vous.

En tout, Philippe aura vendu 3 400 cornets, l'équivalent d'une tonne de patates. -Avec un peu de chance, soyez francs, M. Chenu, notre journaliste aurait pu vous y croiser un cornet à la main ? -Pour manger des frites, je ne vais pas faire la caricature du film "Les Tuches".

Mais c'est vrai que la frite, c'est un plat populaire, c'est un plat de partage, alors cuite dans l'huile ou dans la graisse de boeuf, il y a plusieurs écoles. On trouve des friteries partout dans le Nord. Il y en a une où j'aime aller, c'est à Douchy-les-Mines, la friterie du mineur, et je les embrasse.

Mais il y en a dans toutes les communes de ma circonscription, à Hérin, Denain, Rouvignies. On s'arrête, on mange des frites avec des sauces différentes, avec des viandes, sans viande, avec la fricadelle, sans fricadelle. C'est simple, c'est facile, on les mange avec les doigts. -En fait, vous dites, on va à la baraque à frites.

Les gens du Nord, tous les députés, on ne la mange pas chez soi, la frite ? -Non, parce que c'est un plat de partage. Et on la mange avec les doigts.

On n'a pas besoin de s'asseoir. On n'a pas besoin de formalisme. On la mange avec des plats.

Ca accompagne des choses ou pas. Donc, c'est simple, c'est sympathique et c'est facile d'accès. Il n'y a pas une semaine où je ne mange pas de frites.

Ca ne me viendrait pas à l'idée... -Très bien.

Vous avez l'air de bien vous y connaître. Vous savez les classer, les friteries ? Vous savez dire qu'est-ce qu'une bonne frite, une moins bonne ? -Alors, c'est vrai qu'il y a des prix des friteries dans le Nord.

D'abord, c'est probablement lié aussi à l'ambiance. Moi, je crois que la frite, elle est liée aussi à une certaine forme d'ambiance. Ce n'est pas un plat sophistiqué, la frite, vous l'avez vu.

Donc, une bonne friterie, c'est une friterie dans laquelle il y a un esprit de convivialité, dans laquelle on va retrouver...

Comme dans un bistrot, des gens qu'on connaît, on peut y aller à n'importe quelle heure, et je pense que ça, ça compte beaucoup. Après, il y a plusieurs façons de les cuire. Votre interlocuteur de Comines, à la frontière belge, c'est loin de ma circonscription, ça, l'a dit, mais...

La frite, c'est aussi l'ambiance que ça dégage. -Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous...

L'ambiance, ça compte. Mais si on regarde de très près, une frite, ça dépend de la qualité de la pomme de terre, de sa variété, de la qualité de l'huile, la graisse, de tout ça, de la température des huiles. Il y a quand même plein d'ingrédients.

Des mauvaises frites, on en mange tous les jours. Et des très bonnes frites, que de temps en temps. Vous préférez la graisse ?

La graisse de boeuf ou l'huile ? -Oui, la graisse de boeuf. Ca donne un petit goût très différent. -J'imagine que c'est beaucoup plus cher, non ? -Pas forcément.

Je ne vois pas de différence de prix. Dans le Nord, toutes les frites sont à peu près au même prix. Il y a des grandes friteries qui aujourd'hui ont pignon sur rue dans des tas de communes du Nord.

Mais c'est vrai qu'on peut devenir expert en frites. Je ne suis pas un expert en frites, je suis un consommateur. Mais c'est... c'est symbolique aussi. -Ce n'est pas de la malbouffe pour vous, la frite ? -Non, c'est de la pomme de terre.

C'est vraiment un légume du Nord. Oui, si vous mangez des frites tous les jours, matin, midi et soir, je disais tout à l'heure, tout est une question d'équilibre. Mais la frite, c'est aussi le petit truc du plaisir.

C'est le petit truc en plus. Grignoter des frites. Qui ne grignote pas des frites ?

Même dans un restaurant un peu chic, on vous apporte une assiette de frites. Vous les grignotez avec les doigts. C'est le petit truc en plus. -Quand même.

Vous avez bien raison. Si vous en mangez de temps en temps, mais il faut le dire. C'est un cocktail explosif, surtout avec de la mayonnaise.

Donc, mayonnaise, sel, frites, huile, il faut en manger de temps en temps parce que c'est très bon, et pas des surgelés, plutôt des fraîches comme à la friterie. Mais attention. Vous en mangez quoi, une fois par semaine ? -Oui, une fois par semaine, mais quand je suis dans ma circonscription, tous les week-ends, je mange un peu de frites.

Ca fait partie du truc, avec une petite bière. -Et avec ou sans sauce ? -Non, mais moi je suis un gourmand, donc forcément il y a toujours de la sauce, mais faisons attention, équilibrons les choses, mais n'oublions pas le plaisir. -Je voulais vous demander aussi si vous comparez les baraques à frites à des cantines populaires.

Pour vous c'est l'équivalent d'une cantine populaire ? -Il y a un petit peu de ça, c'est vrai, mais c'est aussi un lieu de rencontre. Vous savez, à la baraque à frites, je parlais de celle de Douchy-les-Mines, de celle du mineur, mais il y a aussi une friterie qu'on appelle Chez les filles.

En fait, on croise tout le monde. Vous croisez les ouvriers qui étaient peut-être sur des chantiers le midi et qui viennent faire leur pause. Vous croisez les commerçants.

Vous croisez les jeunes. Vous croisez les retraités qui viennent...

Enfin, vous croisez tout le monde. C'est des lieux de rencontres, des lieux de convivialité. Et je disais tout à l'heure, dans le Nord, il y a deux éléments structurants du Nord, c'est le travail et la bonne humeur.

La friterie, c'est la rencontre du travail et de la bonne humeur. Après le travail, aller manger dans un endroit simple où on peut croiser tout le monde, le médecin du coin, mais aussi l'employé, je pense que ça fait partie de la grande tradition du Nord. Tout le monde va à la friterie dans le Nord, il n'y a pas de classe sociale. -Il y a une concurrence, quand même, venue de l'étranger.

Les frites de taro, de patates douces, vous aimez ? -Oui, oui, c'est sympathique. Mais enfin, bon, c'est...

Non, c'est un petit truc comme ça, de temps en temps, une fois par an. Une fois par an. -D'accord. -Comme ici, on ne finit jamais un repas sans une note sucrée, on passe maintenant au dessert avec le Péché mignon.

Jingle -Avec une tarte à la rhubarbe. Alors attention, je crois que c'est un dessert qui vient de l'autre côté de la Manche, qui puise ses origines au Royaume-Uni, où la rhubarbe, cette plante aux tiges acides, est très appréciée. Alors depuis le XVIIIe siècle, c'est une tarte traditionnelle aussi aux Etats-Unis.

C'est un totem de la Nouvelle-Angleterre. Pourquoi le Nord l'a adoptée ? -C'est vrai qu'elle est arrivée d'Angleterre au XIXe, vous l'avez très bien dit, mais c'est aussi presque une Madeleine de Proust pour beaucoup, qui n'a pas connu dans son enfance le jardin de sa grand-mère avec la rhubarbe ?

Et on peut en faire des compotes, des tartes, des glaces. Il y a des champions de la rhubarbe dans les Hauts-de-France, je suis conseiller régional des Hauts-de-France, c'est l'exploitation de la famille Vermes à Saint-Riquier, dans la Somme, qui sont des champions, car ils irriguent leur production de rhubarbe. Tous les grands restaurants, les grands hôtels de France, Lucas Carton à Paris fait de la glace à la rhubarbe, le Bristol, que sais-je, enfin les grandes maisons françaises et tout ça vient des Hauts-de-France.

En plus c'est un légume qui est travaillé comme un fruit. On ne sait jamais dire si la rhubarbe, c'est un fruit ou un légume ? Et cette acidité...

Voilà, c'est une plante, c'est une acidité, ce sont les tiges de rhubarbe qui font l'intérêt de ce produit. Et c'est un produit ancien, un produit importé, un produit qui aujourd'hui est principalement cultivé dans les Hauts-de-France, je parlais d'exploitation Vermes mais c'est vrai qu'il y a peu d'exploitants de rhubarbe, mais c'est un produit extrêmement qualitatif, avec un apport énergétique important, et qui est à la fois simple et finalement très sophistiqué, très pointu, il y en a de toutes les couleurs, il y a des rhubarbes très rouges, très vertes, etc. C'est beau à l'oeil aussi, et puis c'est très particulier au goût. -Beau à l'oeil et au goût. -J'en profite. -On vous laisse goûter parce que je voulais préciser, en travaillant sur la rhubarbe, je me suis rendu compte qu'il ne faut pas mettre les feuilles de rhubarbe au compost car elles sont un puissant insecticide et qui risque de nuire à votre compost.

Je ne le savais pas. -Compost, c'est une bonne idée. Mais en tout cas, il ne faut surtout pas les manger. -Non, évidemment !

C'est en général pas très bon... -Non mais c'est surtout ce qu'on dit, c'est qu'il ne faut surtout pas manger quand on a des... -Exactement.

Vous avez l'air de bien vous y connaître là, notamment en rhubarbe, mais ça veut dire quoi ? Vous jardinez ? Vous vous y connaissez en potager ? -Ah non, là, je suis nul aussi.

Je suis très déceptif pour ceux qui vivent avec moi, je ne sais pas cuisiner, je ne sais pas jardiner, je ne sais pas planter un clou, je ne sais pas faire grand-chose, mais j'apprécie que les autres le fassent très bien pour moi et autour de moi. -Ce que je veux dire, c'est qu'au-delà du fait de savoir jardiner ou pas, est-ce que ça vous intéresse ? Est-ce que, par exemple, vous respectez la saisonnalité des fruits et des légumes ?

Ou vous ne regardez pas ? -Pour le coup, je ne suis pas du tout doué sur ça. Comme je suis, je le disais, un gourmand, c'est vrai que je fais confiance à ceux qui savent faire. -Mais vous ramenez les fraises du Chili, du marché ? -Non, mais j'arrive encore à y voir clair de ce côté-là.

Mais je préfère faire confiance à ceux qui savent. Je ne sais pas m'occuper de plantes. Je pense qu'il faut un savoir-faire incroyable, une attention, une connaissance aussi des terrains que je n'ai pas.

Et je suis très admiratif de ceux qui le font. Voilà, j'ai la chance de pouvoir avoir un jardin dans le sud, dans une petite maison que j'ai. Et ce n'est pas moi qui m'en occupe.

Je ne sais pas le faire, mais je suis très admiratif de celui qui s'en occupe. -Et comme toujours, on termine ce repas en musique, avec une chanson que nos téléspectateurs vont tout de suite reconnaître. Laissez-moi danser Laissez-moi...

Laissez-moi danser, chanter en liberté, Tout l'été. Pourquoi ? -Parce que Dalida, c'est la liberté.

C'est probablement la plus française des chanteuses égypto-italiennes. Et que c'est une chanteuse intemporelle. Moi, je suis marqué par cette chanteuse qui touche toutes les générations.

J'ai vu cet été des gamins de 20 ans qui n'ont jamais connu Dalida vivante danser sur du Dalida. Dalida, ça parle à tout le monde. Les bourgeois... comme les milieux populaires, c'est une image de la femme incroyable, elle était sublime.

Moi j'ai la chance de nourrir une vieille amitié avec son frère Orlando. Et c'est vrai qu'on est très amis depuis très longtemps et je lui dis quand même, il y a deux chanteuses dans le monde. Il y a Piaf et Dalida, et puis surtout c'est ce rapport à la liberté.

Une femme libre qui a choisi jusqu'à la fin, sa vie, bien tristement, avec cette dimension tragique. Et c'est vrai qu'elle a été aussi, vous parliez de mes engagements en faveur du mariage et de la cause gay à une époque, auxquels je tiens toujours. Eh bien ça résonne comme ça, la liberté.

Et moi, c'est vrai que dans les valeurs républicaines, j'adore la liberté. J'aime l'égalité. J'aime la fraternité.

Mais rien n'est possible sans la liberté. Qu'elle soit individuelle, qu'elle soit pour des peuples qui luttent pour leur liberté. J'aime la liberté.

Dalida, c'est la liberté. -Eh bien, on vous remercie beaucoup d'avoir partagé ce repas avec nous aujourd'hui. Merci Jean-Pierre.

On remercie le Bourbon qui nous a concocté ce fabuleux repas, évidemment. Et puis, on se retrouve très vite pour un prochain numéro de Politiques à Table. Laissez-moi...

Laissez-moi danser, chanter en liberté, Tout l'été. Musique