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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 26 avril 2026 28 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

A un an de l’échéance, le grand flou autour de la présidentielle 2027

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:34OuverteRéponse directe

    A-t-on déjà vu aussi flou à un an de l'élection présidentielle ?

  • 7:49OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous voyez des lignes qui se dessinent dans ces programmes ?

  • 12:17RelanceRéponse directe

    Je voudrais revenir sur cette question du rapport à la liberté

  • 15:59OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut au moins espérer un vrai débat d'idées ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:52Locuteur non identifiéFait
    « on vit une situation de blocage démocratique, de dérèglement du fonctionnement de la Ve République »
  • 4:35PrésentateurFait
    « le RN est devenu la première force du pays »
  • 5:40InvitéFait
    « Emmanuel Macron avait dit, j'ai un projet, pas un programme »
  • 6:01InvitéFait
    « les mesures à prendre, c'est le discours qu'avait tenu François Béroux quand il a fait son suicide politique au moment de son départ de Matignon »
  • 13:36PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron ne comprend pas la vie politique »
  • 20:45InvitéFait
    « le principal syndicat dit il faut ajouter un jour férié maintenant »
  • 21:50PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron dans son diagnostic qu'il fait en 2016-2017 met le doigt sur un vrai problème »

Temps de parole

  • Présentateur31 %
  • Invité17 %
  • Invité 217 %
  • Invité 316 %
  • Invité 415 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Locuteur non identifié

Avec ce livre, je veux me livrer aux Français. Leur dire d'où je viens, ce que j'ai vécu, qui je suis, ce que je veux pour le pays, ce que je crois nécessaire pour le pays. C'est un vrai moment de vérité et je veux passer plusieurs semaines à me déplacer partout en France, aller à leurs rencontres, échanger avec eux. C'est un début de campagne, ça. Et à l'issue de ce moment-là, je prendrai une décision et je l'annoncerai. J'ai vu votre annonce, là. République cherche président, CDD 5 ans, logé, nourri, blanchi, salaire à déterminer, à auto-déterminer même, grande responsabilité.

Je me suis dit, comme les précédents n'ont pas complètement donné satisfaction, peut-être que vous allez voir changer de profil.

0:53
Invité

Nous venons d'entendre Gabriel Attal dans l'émission 7 à 8 sur TF1, dimanche 19 avril et François Ruffin hier, samedi 25 avril, lors d'une réunion publique à Lyon, un an avant l'élection présidentielle, dont le second tour est prévu par la Constitution le 25 avril ou le 2 mai 2027. Au terme du second mandat d'Emmanuel Macron, la campagne s'accélère. Et la liste est longue entre les candidats potentiels, pressentis, déclarés ou putatifs.

Outre les deux qu'on vient d'entendre, Bruno Retailleau, désigné par les adhérents LR le 19 avril, Édouard Philippe, parti très tôt, le RN qui attend le sort de Marine Le Pen fixé au 7 juillet, Jean-Luc Mélenchon, appelé par les siens les tenants de la primaire de gauche, comme Clémentine Autain ou Marine Tondelier, ceux qui n'iront pas à cette même primaire, comme Raphaël Glucksmann, sans oublier, les autodéclarés Nicolas Dupont-Aignan, David Lissnard, ou Jérôme Gage, en tout une vingtaine de candidatures identifiables en vue du scrutin tant attendu de l'an prochain. Dépassera-t-on le record de 16 candidats au premier tour en 2002 quand Jean-Marie Le Pen accède au second ?

Les divisions au sein de chaque camp pourraient aller en ce sens, mais un écrémage aura lieu avec les primaires, si elles ont lieu, le décrochage naturel et le filtre des 500 signatures d'élus locaux à recueillir dans 30 départements différents. Beaucoup de questions et d'inconnus autour de ce qui ressemble déjà à un embouteillage. Est-ce déjà arrivé un an avant l'échéance suprême et comment l'analyser ? Pour en discuter, nous sommes toujours en compagnie de Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l'ESCP Business School, de Sylvie Kaufmann, journaliste au Monde, de Luc Rouban, directeur de recherche émérite au CNRS Politiste, Anne-Sophie Moreau, rédactrice en chef chez Philosophie Magazine.

Luc Rouban, je me tourne vers vous. A-t-on déjà vu aussi flou à un an de l'élection présidentielle ?

2:38
Présentateur

Alors écoutez, on a déjà vu des situations où on avait de nombreux candidats, de petits candidats qui étaient éliminés par la règle des 500 signatures, ça c'est vrai, mais il est tout aussi vrai que nous sommes dans une situation tout à fait originale, parce que si vous voulez, on arrive à une situation aujourd'hui, on vit une situation de blocage démocratique, de dérèglement du fonctionnement de la Ve République, je vais faire la liste, d'affaiblissement des partis politiques, d'où la multiplication de candidatures, chacun se disant, après tout, j'ai ma chance, pourquoi pas moi ?

Je dirais de transformation du rapport aux politiques, alors ça, c'est vraiment ce qui a accompagné le macronisme, alors on peut en parler tout à l'heure, mais c'est vrai qu'en arrière-fond, vous avez à la fois une défiance très profonde à l'égard des Français, à l'égard des institutions politiques, et en même temps, la recherche de solutions nouvelles, mais qui n'ont pas pu germer ou se développer avec le macronisme, qui pourtant promettaient ce renouveau.

Donc, on a une attente très forte de renouvellement, une attente de réforme de la société, et chacun, il va de son livre, chacun y va de son projet, avec des partis politiques qui sont quand même, alors dans des situations assez contrastées, parce que du côté, effectivement, de la gauche, vous avez, je dirais, le débat, enfin le conflit plutôt entre LFI et, disons, la gauche socialiste, la gauche socialiste qui reprend du poids dans l'opinion en ce moment, on le voit très honnêtement, avec la décomposition de l'électorat macroniste, vous avez un nouvel attrait pour le socialisme, vous avez LFI qui reste aujourd'hui, alors là, le parti le plus rejeté est considéré comme le plus dangereux par les enquêtés pour la démocratie, de manière extrêmement forte, donc avec un, je dirais, l'ostracisme porte beaucoup plus maintenant sur LFI que sur le RN, qui, au contraire, lui, s'est parfaitement intégré au paysage politique, je dirais, du point de vue des, en tous les cas, du point de vue des enquêtés qu'on peut suivre, et vous avez de l'autre côté, alors, à droite, les LR, c'est effectivement la foire aux candidatures, une décomposition du macronisme et, effectivement, une convergence des droites avec, en leadership, le RN, leadership plus ou moins disputé, enfin, je dirais, malencontreusement, avec difficulté par LR, mais c'est vrai que le RN est devenu la première force du pays.

Et donc, vous avez forcément cette course à l'Elysée avec l'idée de tout changer en 2027 et là, peut-être qu'on aura, effectivement, des grosses déceptions.

5:09
Invité

Jean-Marc Daniel ? Oui, moi, ce que je trouve intéressant dans ce qui se passe, c'est que je pense qu'on est plutôt dans une phase warholienne de la politique. C'est-à-dire, tout le monde cherche à avoir son quart d'heure de gloire. Peut-être que quelqu'un va se déclarer ici. Voilà, donc, vous sortez un livre, vous dites, je suis candidat à la présidentielle, vous espérez comme ça vendre un peu plus de vos livres par rapport au score que font les livres de politique qui sont en général assez décevants, entre guillemets. Et puis, ce que j'ai trouvé intéressant dans ce qu'a dit Luc Rouban, c'est qu'ils ont des projets.

Vous vous souvenez que dans la campagne de 2017, Emmanuel Macron avait dit, j'ai un projet, pas un programme. C'est-à-dire, j'ai une vision globale de la situation du pays et pas des mesures... Il avait fini par faire un programme, mais il avait écrit un livre qui s'appelait Révolution où il disait, j'ai un projet, c'est la Révolution. Et c'était du blabla, il n'y avait pas grand-chose de concret. On l'a obligé après à faire un programme. Or, quand vous regardez quand même la situation du pays, les mesures à prendre, c'est le discours qu'avait tenu François Béroux quand il a fait son suicide politique au moment de son départ de Matignon.

C'était, il va falloir remettre le pays au travail, donc je supprime deux jours de congé. Il va falloir faire des efforts sur le commerce extérieur, donc on va arrêter les chèques pour baisser le prix de l'essence. Il va falloir se poser la question de l'état social, puisque, comme je disais, l'Union soviétique a échoué parce qu'on ne peut pas avoir beaucoup de dépenses militaires, un système très généreux et une performance économique. Donc, il y a un moment où il va falloir faire des choix. Or, pour l'instant, personne ne fait ses choix.

Et la dernière remarque que je ferai, c'est que Tony Blair, faisant le bilan de sa carrière politique, disait l'autre jour, enfin, il y a un certain temps de ça, il avait dit, je pensais qu'en politique, on faisait campagne en poésie et on gouvernait en prose. Il dit, en fait, je pense que nous sommes arrivés à une situation, il faut faire campagne en prose, dire aux gens la vérité et gouverner en poésie, c'est-à-dire les faire rêver par les mesures qu'on prend, c'est-à-dire être efficaces. Or, là, on est de nouveau dans la phase de poète, mais de poète assez confus.

Donc, je maintiens, je pense que tout ça, c'est assez médiatique de court terme, d'autant plus que dans la liste que vous avez annoncée, vous n'avez pas parlé de Nathalie Arthaud, qui sera là, forcément, parce que Lutte Ouvrière a toujours ses 500 signatures, de tout un tas de gens dans les... Je n'ai pas cité tout le monde, je suis rendu excuse auprès d'eux. Oui, oui, mais il y a des gens qu'on ne voit pas en ce moment qui sont, eux, dans une logique où ils cherchent les 500 signatures, ils avancent, il n'y a pas de livre, et ils seront là. Et avec, effectivement, je ne suis pas de la prose ou de la poésie, mais je pense qu'on ne les voit pas encore, ceux-là.

Il y a une thématique qui semble se dégager, puisqu'il y a quand même aussi cette semaine le programme du Parti Socialiste, qui a été dévoilé par Chloé Riedel, qui l'a rédigé. C'est un programme, là. C'est pas un projet. C'est un programme, et dedans, par exemple, il y a la semaine des 4 jours, donc ce n'est pas du tout ce que proposait François Bayrou au mois d'août. Anne-Sophie Moreau, est-ce que vous voyez des lignes qui se dessinent dans ces programmes ? Je pense, par exemple, à La Liberté, qui est mise en avant par Gabriel Attal dans son interview au point « Je suis presque prêt », enfin, vous vous souvenez de cette une de la semaine dernière ? En homme libre.

En homme libre, c'est son livre. Nicolas Dupont-Aignan qui sort aussi un livre chez Fayard 2027, « La Liberté ou la Mort », et Chloé Riedel dans ce programme du PS qui parle de liberté, ce qui n'est pas toujours le cas au Parti Socialiste. Oui, c'est très paradoxal parce qu'Emmanuel Macron, en un sens, était censé être le président de la liberté. C'est quand même le seul président, le seul candidat français qui a fait sa campagne sur le libéralisme, qui est tout de même une idée pas très française au départ. Le libéralisme, c'est plutôt un idéal de la pensée et de la politique anglo-saxonne. fondé plutôt sur la liberté des individus et la liberté du commerce.

C'est l'idéal de John Locke et non pas l'idéal du républicanisme à la française qui est plutôt un modèle d'ordre et d'épanouissement personnel mais fondé sur la protection voire même l'intrusion permanente de l'État. Et on peut tout de même se dire que Macron ça a été l'échec total du libéralisme dans la mesure où il n'a absolument pas porté de programme libéral lorsqu'il était là. Il y a eu quelques baisses d'impôts mais qui étaient assez timides et globalement on a eu un exercice du pouvoir plutôt ferme voire même qui contribuait aussi à neutraliser ses adversaires.

C'est l'essayiste Raphaël Lorca qui disait qu'on était passé d'un macronisme qui était l'image même du neutre une neutralité et en même temps qui était censé se nourrir de toutes les idées mais qui finalement avait viré à une neutralisation de ses adversaires.

Donc l'idéal du libéralisme macroniste n'a pas vraiment été réalisé et la question c'est quelle est cette liberté que les candidats essayent de remettre en avant chez Gabriel Attal est-ce que c'est l'idée de se dire que dans ce champ de ruines finalement qu'a laissé Emmanuel Macron en mettant fin au bipartisme classique en créant cette espèce de centrisme qui finalement ne laissent de la place que pour les extrêmes et où le PS et la droite ne savent plus où exister est-ce que finalement il s'agit de retrouver l'élan premier d'Emmanuel Macron qui était d'être un homme providentiel et qui là pour le coup est quand même un modèle très français on a une sorte de nostalgie du monarque éclairé qui réussirait à naviguer en temps d'incertitude sans s'attacher à des idéologies déjà déterminées ou bien ou bien est-ce qu'il s'agit de véritablement renouer avec un libéralisme profond pas sûr et surtout je ne suis pas sûre que c'est ce que veulent les français parce que le PS parle du mot d'ordre de vivre libre mais en même temps de quelle liberté il s'agit parce que finalement l'état de droit a été beaucoup attaqué beaucoup rogné on n'a pas attendu le RN pour rogner l'état de droit en France depuis les attentats de 2015 la manière dont on a vécu le Covid ça a été aussi un grand moment de fermeté étatique de privation de liberté les français ont même accepté récemment qu'on interdise la cigarette sur les plages et le dernier moment de vraie rébellion en France c'était les gilets jaunes là dernièrement on a eu le mouvement bloquons tout mais ce n'est pas vraiment un souffle de liberté c'est plutôt au contraire une terreur du changement de l'incertitude et moi il me semble que l'idéal des français aujourd'hui c'est plutôt un idéal de sécurité à la fois régalienne sur le plan international mais aussi de sécurité sociale sécurité sanitaire voilà et ce que voit bien le PS aussi lorsqu'il parle d'insécurité environnementale de désirs médicaux donc voilà ce n'est pas vraiment les libertés individuelles mais plutôt une sorte de souveraineté de sécurité qu'on défend Anne-Sophie Moreau parlait à l'instant de baisse d'impôts timide ce n'est pas ce que pense la gauche qui elle va remonter les impôts dans le programme publié cette semaine on voit l'attaque Zuckman et la taxe sur les successions de plus de 200 000 euros Luc Rouban

12:17
Présentateur

oui alors je voudrais revenir un petit peu sur cette question du rapport à la liberté bon c'est certain que nous avons des programmes de gauche qui reviennent en force et sur le terrain fiscal effectivement étant donné la situation budgétaire et l'endettement de la France mais je pense que si vous voulez ce qui se passe c'est que finalement le macronisme c'était pas je ne serais pas totalement d'accord c'était pas un libéralisme le macronisme c'est un managérialisme c'est quelqu'un qui vient qui vous dit je ne suis ni de gauche ni de droite ou qui vous dit d'abord je suis de gauche et de droite puis après ni l'un ni l'autre mais dans le fond c'est toujours cette vieille idée qu'on retrouve dans l'histoire politique française qu'il y a une façon gestionnaire de traiter les questions publiques en dehors des idéaux en dehors des philosophies politiques et au bout du compte on se retrouve avec une espèce de vide qui fait que dans le fond vous avez une forme de cynisme dans le macronisme c'est un peu un cynisme qu'on retrouve aujourd'hui dans d'autres pays c'est à dire dans le fond la vérité du politique se trouve dans son effectivité c'est à dire dans son efficacité or l'efficacité n'a pas été au rendez-vous alors ça c'est un premier point donc un managérialisme raté en quelque sorte un modèle de l'entreprise privée qui n'arrive pas à être vraiment projeté et utilisé dans le milieu politique Emmanuel Macron ne comprend pas la vie politique on le voit bien alors moi je trouve qu'il y a un moment extraordinaire c'est juillet 2024 après les élections législatives quand Emmanuel Macron dit bon voilà très bien bon mon parti il a perdu les élections mais c'est pas grave qui se débrouille entre eux qui trouvent un premier ministre bon moi c'est pas mon affaire moi j'ai autre chose à faire etc et là on sent qu'il y a quand même quelque chose qui se passe parce qu'on sort un peu je dirais vraiment de la vie politique d'ailleurs il le dit clairement et ça c'est vraiment ce qui va caractériser le macronisme c'est dans le fond la politique c'est un job comme un autre je viens du privé je fais la politique je repars dans le privé d'ailleurs c'est ce qu'il vient de dire bon maintenant c'est terminé moi j'ai eu ma période politique bon voilà j'ai fait ce que j'ai pu bon très bien au revoir merci maintenant je vais aller faire autre chose et là il y a quand même quelque chose qui trouble beaucoup les français donc il y a un retour du volontarisme politique et alors pour répondre à votre question après un très long détour mais pour répondre à votre question effectivement il y a un retour du volontarisme politique le problème c'est que vous avez en même temps je dirais une incrédulité des français face à ce volontarisme ou à ce volontarisme potentiel c'est à dire que les français et là je reviens vers le libéralisme ça c'est le deuxième point les français attendent je dirais une forme d'émancipation alors c'est pas le libéralisme au sens budgétaire du terme où il s'agirait de couper dans les budgets des services publics des fonctionnaires bon il y en a pas tellement qui défendent ça ce qu'on voit vraiment dans les enquêtes c'est une appétence pour l'entreprise pour l'autonomie économique notamment chez les jeunes vous savez vous avez la moitié des gens de mon 34 ans qui voudraient créer leur entreprise et qui voudraient quitter le salariat ou échapper au salariat donc il y a quand même cette idée qui maintenant s'est diffusée aussi du côté de la gauche socialiste évidemment pas du côté de l'FI qu'il faut renouer finalement avec la première promesse du macronisme c'est à dire une forme de social libéralisme c'est à dire protéger les services publics mais permettre aux individus d'avoir plus d'autonomie et donc là on n'est plus effectivement dans je dirais l'égalité ou l'égalitarisme qui caractérisait la gauche classique disons la gauche marxisante on est beaucoup plus dans l'équité ce qui est en fait une logique libérale effectivement mais sans forcément le libéralisme conservateur qui lui propose une situation beaucoup plus à la John Locke

15:59
Invité

est-ce qu'on peut au moins espérer un vrai débat d'idées Sylvie Kaufman on se souvient de la dernière présidentielle où la guerre en Ukraine qui avait surpris quand même s'était immiscée forcément dans l'élection et on a beaucoup dit que le débat d'idées n'avait pas vraiment eu lieu là on a une année puisque Emmanuel Macron ne se représente pas il faut l'espérer mais ce que vient de dire Luc Rouban illustre bien un des décalages de ce début de campagne enfin de l'opinion et de la enfin de ce début de débat politique peut-être actuellement à peu près un an de cette élection présidentielle c'est que c'est ce décalage entre les attentes de la population de la société qu'on relève dans tous les dans tous les sondages dans les études d'opinion et ce que propose le personnel politique on a vraiment là un hiatus qui est énorme et qui va peut-être espérons-le être comblé au cours de la campagne mais pour l'instant l'émiettement des candidatures que vous avez décrites c'est le résultat de la fragmentation du paysage politique et du déclin des partis de gouvernement on voit bien que le parti socialiste et ce qui reste de LR ça conduit à un émiettement des candidatures donc est-ce que tout ça va se regrouper on voit que Gabriel Attal il se lance à sa manière et en même temps il parle de rassemblement aussi beaucoup puisqu'on voit qu'il prépare le terrain avec Édouard Philippe donc il y aura forcément je pense des moments de regroupement en tout cas espérons-le parce que ça ne peut pas vraiment continuer comme ça mais il y a ce décalage il y a un autre décalage il y a deux tendances contradictoires en fait c'est la tendance à la radicalité qu'on voit avec LFI qu'on devrait voir aussi au Rassemblement National même si le Rassemblement National en effet fait tout pour se fondre dans le paysage et ce qui montre que le Rassemblement National a compris l'autre je parle de deux tendances contradictoires donc il y a celle de la radicalité il y a celle du besoin de stabilité d'une partie de la population donc le Rassemblement National joue en fait essaie de jouer sur les deux tableaux et puis il y a un autre décalage qui est celui entre les urgences du moment parce qu'on est quand même dans un contexte à la fois national européen et international qui pose des questions fondamentales vraiment des questions de fond et on n'a pas de réponse pour l'instant dans ces projets ou dans ces programmes le programme du parti surface qui est présenté pour l'instant par Chloé Rydel pour le parti socialiste parle de souveraineté européenne bon donc là on a déjà un axe mais en réalité aucun des candidats déclarés actuellement de ceux dont on sait qu'ils vont probablement se lancer n'a pour l'instant de réponse à ces questions de première urgence donc il faut espérer qu'on n'en est qu'au début et que tout ça va se va se formaliser j'ajouterai juste une chose sur le contexte international c'est un facteur auquel on n'est pas encore sensible en France mais c'est à quel point nos partenaires européens sont inquiets de ce qui va se passer en France en 2027 partout où vous allez en Europe on vous dit mais qu'est-ce qui va se passer à cette élection présidentielle est-ce que l'Europe risque d'avoir on a parlé de la défaite de Victor Orban la semaine dernière mais l'élection d'un président ou d'une présidente du rassemblement national en France en 2027 est vraiment considérée comme quelque chose de majeur une hypothèse majeure parmi nos partenaires européens et voilà ça ne concerne pas que la France cette élection allez-y Jean-Marc Daniel juste très rapidement trois remarques la première remarque c'est que effectivement l'Europe est inquiète et l'Europe est inquiète parce que la France est en train de sombrer sur le plan économique c'est quand même les chiffres qui sortent montrent que la France est avec la Belgique l'endroit où il y a le plus de déficit budgétaire et la Belgique ce n'est pas un modèle en ce moment de réussite politique et de référence politique la deuxième chose c'est qu'une fois que la présidentielle aura eu lieu il faudra trouver une majorité à l'Assemblée or ce qui est intéressant c'est que ce sont beaucoup d'aventures individuelles mais pour avoir une majorité à l'Assemblée il faut avoir un parti il faut avoir des gens derrière des gens qui sont susceptibles de constituer effectivement une ossature politique la cinquième république c'est aussi le fait majoritaire c'est le président de la république et une majorité à l'Assemblée et là on est encore là aussi dans un questionnement voire une impasse et la troisième remarque que je ferais c'est que je pense effectivement on parle beaucoup de riche anti-riche moi je me permets ou d'inégalité d'inégalité moi quand je fais des papiers je dis le véritable enjeu c'est pas riche anti-riche c'est ruche c'est dire le travail c'est à dire que le véritable enjeu c'est or là aussi vous avez parlé de la semaine de 4 jours le principal syndicat dit il faut ajouter un jour férié maintenant alors que effectivement tout le monde dit le véritable problème c'est que la France par rapport notamment à nos partenaires européens ne travaille pas assez donc il va y avoir un réveil et est-ce qu'il y aura des partis politiques pour prendre le relais de ce réveil c'est aussi une question qui dépasse les cas individuels c'est pas simple dans cette période de gagner une élection présidentielle sur le travail et plus

21:05
Présentateur

le couban bah écoutez surtout que la France se caractérise quand même quand on regarde on fait des analyses comparatives avec d'autres pays européens la France se caractérise quand même par un véritable problème de rapport au travail pas en termes seulement de rémunération mais en termes de reconnaissance sociale et c'est pour ça que la réforme des retraites en France est aussi explosive aussi difficile contrairement à d'autres pays par exemple les pays d'Europe du Nord parce que si vous voulez en France bah dans le fond la retraite est considérée comme l'ultime et la seule véritable récompense d'une vie de travail mais le rapport au travail en France il est très mauvais la majorité des personnes qu'on interroge aujourd'hui vous disent mais moi mon travail il n'est pas reconnu je ne suis pas reconnu socialement par ce que je fais donc il y a quand même et là c'est vrai qu'Emmanuel Macron dans son diagnostic qu'il fait en 2016-2017 met le doigt sur un vrai problème c'est-à-dire une société hiérarchisée une société de statut de rang il y a ceux qui ont fait les grandes écoles il y a ceux qui ne les ont pas faites voilà on pourrait multiplier les exemples et après les situations sont bloquées au détriment d'une véritable méritocratie et là on a un vrai problème en France c'est la reconnaissance du mérite la réalité du modèle républicain qu'on nous assène comme une je dirais comme un totem absolu alors qu'en fait sur le terrain plus personne n'y croit vraiment et là c'est un vrai problème comme de fond de lien social aussi de modèle de modèle sociopolitique en arrière-plan et on voit bien que la mobilité sociale en France est beaucoup plus difficile en France que dans d'autres pays on a les rapports de l'OCDE là-dessus donc pour sortir de la pauvreté il faut beaucoup plus de générations en France que dans d'autres pays donc on a ces difficultés mais ça c'est pas simplement un problème politique c'est un problème d'entreprise c'est un problème aussi de service public vous avez aussi toutes les questions de harcèlement de harcèlement sexuel de harcèlement moral et tous ces problèmes sont quand même remontés à la surface depuis une dizaine une quinzaine d'années et donc si vous voulez vous avez quand même maintenant le travail est quand même central dans la prise de décision politique il ne faut pas l'oublier et je rappellerai que quand même dans l'électorat RN vous avez une très grande majorité de gens qui vous disent non moi on ne reconnais pas mon travail je subis le mépris des autres

23:13
Invité

et peut-être qu'on n'est pas aussi assez payé on entend beaucoup ça sur le terrain

23:16
Présentateur

et on n'est pas assez payé et on a un problème de réussite économique

23:23
Invité

et bien on en reparlera dans cette émission l'esprit public en direct sur France Culture il est l'heure de vos coups de coeur Sylvie Kaufman journaliste au monde votre dernier livre Les aveuglés comment Berlin et Paris ont laissé la voie libre à la Russie est disponible en poche

23:44
Locuteur non identifié

alors mon coup de coeur cette semaine pardon je fais l'appel c'est ma nouvelle technique c'est pour vous remercier d'être venu de rappeler aux auditeurs qui vous êtes et pour nous donner votre coup de coeur cette fin d'émission il concerne

23:59
Invité

la musique au cinéma et deux films un nouveau et un ancien alors le nouveau c'est nous l'orchestre c'est un documentaire de Philippe Béziat qui vient de sortir qui est sorti cette semaine et qui raconte la vie de l'orchestre au sein de l'orchestre de Paris c'est tourné en grande partie à la Philharmonie à Paris et ça n'est pas un film sur la musique c'est un film sur l'orchestre et comment 120 musiciens arrivent à former un collectif donc c'est vraiment la vie et les rapports humains au sein de ce collectif et comment on arrive finalement à jouer ensemble et ce rapport humain au sein de cet orchestre c'est absolument capital c'est vraiment passionnant c'est pas tourné de manière classique mais c'est un film passionnant et ça m'a rappelé un autre film du coup sur la musique et les orchestres c'est vrai que j'ai interdit les doubles coups de coeur mais je fais une exception pour ce matin c'est le même sujet le concert c'est un film de 2009 du réalisateur Rouman Radou et c'est burlesque mais c'est aussi un film très éclairant sur les rapports humains au sein d'un orchestre Jean-Marc Daniel professeur émérite à l'USCP Business School votre dernier livre nouvelle leçon d'histoire économique qui est disponible chez Odile Jacob alors mon coup de coeur traduit une de mes obsessions du moment qui est la démographie dans une précédente émission j'avais recommandé un livre sur la démographie de Pauline Rossi cette fois-ci c'est le livre d'Hippolyte d'Albis qui s'appelle Économie des âges de la vie où la façon qu'il a d'appréhender et d'aborder le problème est assez originale en ce sens qu'il dit qu'il n'y a pas qu'un problème de retraite de génération qui va payer pour une autre génération il dit les transferts ne se limitent pas au système de retraite on a parlé des droits de succession avec le programme du PS il rappelle quand même qu'à l'heure actuelle la succession se fait de retraité à retraité et donc ces droits de succession vont être une ponction sur les retraités pas une ponction sur la population active il rappelle aussi que par exemple quand François Mitterrand s'est passé à la retraite à 60 ans il dit je donne 17 ans de vie supplémentaire dans l'inactivité d'oisiveté à la population et c'est 17 ans et donc il dit si on fait 17 ans aujourd'hui aussi on remporte l'âge de départ à la retraite à 67 ans c'est-à-dire 17 ans ça donne 84 ans d'espérance de vie donc 67 ans donc c'est un livre qui est assez original et qui enfonce beaucoup d'idées de détruire beaucoup d'idées reçues donc c'est un livre qu'il faut absolument lire La démographie et l'immigration et le travail c'est le thème de l'émission de la semaine prochaine dans l'esprit il faut le faire venir Anne-Sophie on a déjà nos 4 invités Anne-Sophie Moreau rédactrice en chef chez Philosophie Magazine essayiste autrice de fermentation kéfir, compost et bactéries pourquoi le moisis nous fascine au seuil oui ma recommandation c'est un essai de la philosophe Audrey Jougla qui sort le 29 avril la semaine prochaine et qui s'appelle La maternité heureuse et c'est un peu lié donc oui un peu lié parce que c'est la démographie aussi oui mais tout à fait parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de la maternité comme d'un poids il y a eu le hashtag regretting motherhood je regrette la maternité sur les réseaux sociaux aujourd'hui quand on est féministe quand on est une femme tout simplement il est de bon ton de se plaindre de ce fardeau qu'est la maternité comme le disait Simone de Beauvoir nous sommes très marqués par cette idée qu'avoir un enfant c'est forcément une plaie un enfer et il ne s'agit pas dans ce livre de dire que les conditions sont faciles aujourd'hui pas du tout mais de retrouver aussi de formuler à quel point l'irruption d'un enfant dans sa vie tout ce temps perdu la réduction à l'animalité on le lira merci beaucoup Luc Rouban directeur de recherche émérite au CNRS au centre de recherche du CEVIPOF auteur de La société contre la politique en un mot

27:38
Présentateur

en un mot écoutez un film un petit peu qui a une dizaine d'années Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve alors je n'arrête pas de le revoir et de le revoir

27:49
Invité

merci infiniment c'est un très bon coup de coeur pour nos éditeurs merci de nous avoir suivis il est déjà midi c'est l'heure de rendre l'antenne merci de nous suivre l'esprit public tous les dimanches en direct de 11h à midi sur France Culture une émission disponible également sur l'application Radio France

A un an de l’échéance, le grand flou autour de la présidentielle 2027 · Pourquijevote