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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 23 mai 2024 15 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéOutre-merInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Le Président Emmanuel Macron rencontre les élus et les acteurs économiques de Nouvelle-Calédonie.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronChiffre
    « Au moment où je vous parle, il y a 3 000 forces de sécurité intérieure en Nouvelle-Calédonie, et dans les prochaines heures arriveront les compléments. Donc il y en aura 3 000 dans quelques heures, et 23 GM et équivalents, ce qui est inédit. »
  • 4:00Emmanuel MacronPromesse
    « ces forces resteront aussi longtemps que nécessaire, même durant les Jeux olympiques et paralympiques. »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « Nous sommes, et j'ai pris cette décision avec le Conseil des ministres il y a quelques jours, en état d'urgence. La situation le justifiait. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « Personne ne peut accepter, aucun combat ne peut justifier ça. Et c'est aussi la responsabilité de tous d'appeler vraiment, pas simplement au calme de manière générique, à la levée des barrages, à l'arrêt de toute forme d'attaque. »
  • 7:00Emmanuel MacronFait
    « Il ne sera levé, très clairement, que si chacun, en sa responsabilité, appelle à lever les barrages, ce qui au moment où je parle n'est toujours pas le cas, avec cette clarté. »
  • 8:00Emmanuel MacronFait
    « Je sais la grande détresse de beaucoup de nos compatriotes sur les questions de santé, d'accès aux soins. Je recevais encore, en étant dans l'avion pour vous retrouver, une lettre des associations représentant les patients dialysés. »
  • 9:00Emmanuel MacronFait
    « Mais personne ne peut accepter qu'on puisse avoir accès à la nourriture, à l'alimentation, parce qu'on a telle ou telle couleur de peau, telle ou telle origine. »
  • 12:00Emmanuel MacronFait
    « Les maires qui sont ici présents et les collectivités le savent, on a besoin, là aussi, d'avoir un soutien très rapide. »
  • 14:00Emmanuel MacronFait
    « Et l'objectif est évidemment de faire l'évaluation, suite aux réunions qui ont été tenues par le ministre de l'Économie et des Finances, de pouvoir mobiliser les éléments de trésorerie, de liquidités, d'assurance, de remboursement, d'évaluation, avec déjà des engagements qui ont été pris, et on pourra vous les détailler, obtenus des assureurs, des banquiers, et que nous déploierons. »
  • 15:00Emmanuel MacronPromesse
    « Je pense aux écoles, parce qu'on ne peut pas accepter que ça prenne du temps, à tous les bâtiments publics, et de l'aide aux collectivités locales. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci de votre présence. Je vous en prie, pardonnez-moi. Bien.

Merci à toutes et tous, en vos grades et qualités, je vous fais grâce des titres, d'être présents. Évidemment, je me retrouve devant vous avec les ministres, et merci Monsieur le Haut-Commissaire, de nous accueillir ici, dans un moment extrêmement grave, lourd, et dont on mesure tous la solennité. Et avant que nous ne rentrions dans les discussions, si vous m'y autorisez, je voudrais qu'on ait une minute de silence pour celles et ceux qui sont tombés durant ces derniers jours.

Je vais dire leurs noms : l'adjudant-chef Xavier Salou, le gendarme Nicolas Molinari, Chrétien Neregote Stéphanie Dooka, Pierre-Yves Girold et Jibril Salo. Merci pour eux, évidemment. Je commence cet échange en ayant présent à l'esprit, comme vous, le fait que nous sommes dans un moment qui est aussi un moment de recueillement et de deuil pour leurs familles et leurs proches.

L'objectif de cette rencontre, sous cette forme institutionnelle, politique, mais aussi avec l'ensemble des maires, avec les forces économiques, l'ensemble des services, est pour moi avant tout avec l'idée de faire très librement le point sur la situation et de commencer à trouver un chemin pour avancer. Et donc c'est vraiment avec un esprit constructif, de dialogue, d'apaisement, que je suis là devant vous, mais aussi avec la responsabilité qui est la mienne, et donc celle d'essayer de bâtir ce chemin dans un cadre que nous connaissons, que le peuple a choisi. La première chose, c'est l'ordre, le calme, la paix, et la situation qui est encore aujourd'hui en cours, évidemment, nous préoccupe.

Je sais la très grande fatigue de beaucoup de familles, l'inquiétude, et je veux ici remercier aussi nos forces de sécurité intérieure, notre haut-commissaire, une fois encore, pour tout le travail qui a été fait. Il a été fait avec un grand professionnalisme, parce que nous avons connu par le passé des situations de tension extrême, comme celle-ci, qui avaient donné lieu à des affrontements directs, les morts que j'ai cités. Les enquêtes sont en cours, mais c'est aussi un très grand professionnalisme de l'intervention de toutes nos forces de sécurité intérieure, auquel je veux rendre hommage.

Au moment où je vous parle, il y a 3 000 forces de sécurité intérieure en Nouvelle-Calédonie, et dans les prochaines heures arriveront les compléments. Donc il y en aura 3 000 dans quelques heures, et 23 GM et équivalents, ce qui est inédit. Et d'ores et déjà, depuis plusieurs jours, il n'y en a plus qu'il n'y en avait au moment du troisième référendum.

Je vais être ici très clair, ces forces resteront aussi longtemps que nécessaire, même durant les Jeux olympiques et paralympiques. D'aucuns pourraient penser que à ma demande, le ministre de l'Intérieur et des Outre-Mer, et je le remercie, a organisé les choses pour qu'il y ait des relèves qui s'effectuent. Et donc les effectifs qui finiront de se déployer dans les prochaines heures se maintiendront aussi longtemps que nécessaire.

Nous sommes, et j'ai pris cette décision avec le Conseil des ministres il y a quelques jours, en état d'urgence. La situation le justifiait. Je pense pour ma part que cet état d'urgence ne devrait pas être prolongé, parce que je vous l'ai dit, je suis là parce que je crois profondément que le dialogue est nécessaire, mais j'en appelle à la responsabilité de tous les dirigeants qui sont ici présents : il ne sera levé, très clairement, que si chacun, en sa responsabilité, appelle à lever les barrages, ce qui au moment où je parle n'est toujours pas le cas, avec cette clarté.

C'est une phrase simple, et elle va le mieux en le disant parce qu'elle peut être suivie d'effets. Et donc c'est ce que je demande. Le suivi pénal sera exemplaire pour tous, et vous aurez noté d'ailleurs que déjà les enquêtes ont commencé, avec détermination et clarté.

Au moment où je vous parle aussi, je sais la grande détresse de beaucoup de nos compatriotes sur les questions de santé, d'accès aux soins. Je recevais encore, en étant dans l'avion pour vous retrouver, une lettre des associations représentant les patients dialysés. Personne ne peut accepter, aucun combat ne peut justifier ça.

Et c'est aussi la responsabilité de tous d'appeler vraiment, pas simplement au calme de manière générique, à la levée des barrages, à l'arrêt de toute forme d'attaque. Je sais aussi la détresse qu'il y a en termes d'approvisionnement, d'alimentation, avec un racisme qu'on ne pensait pas voir revenir, il faut le dire. Mais personne ne peut accepter qu'on puisse avoir accès à la nourriture, à l'alimentation, parce qu'on a telle ou telle couleur de peau, telle ou telle origine.

Il y a une situation encore très difficile dans certains quartiers, je le sais, qui suscite, même au moment où je vous parle à coup sûr, de la part de nos compatriotes, une forme d'incompréhension, quand on dit : "les effectifs sont là", aussi parce qu'il y a un modus operandi, le ministre y reviendra en fonction de vos questions dans le débat, et on pourra aller au fond des choses, parce qu'il y a une intervention qui se fait dans un cadre très professionnel pour respecter les vies humaines. Mais il y a des organisations véritablement et des prises de certains quartiers qui en quelque sorte expliquent le temps que cela prend pour recouvrer l'ordre, en saluant le grand professionnalisme. C'est pour cela que dans les prochaines heures, pour ce faire, le ministre de l'Intérieur retrouvera l'ensemble des forces de l'ordre présentes et leur commandement pour faire un point sur la sécurité.

Le ministre des Armées, je le remercie aussi de sa présence, fera de même, avec les [INAUDIBLE]. À dessein, j'ai tenu nos forces armées à part, parce que je tiens ici à le redire, nos forces armées ont toujours été présentes et sont intervenues dans un cadre qui est clair, ce n'est pas celui de gérer des émeutes urbaines ou des violences, parce que c'est pas la vocation de l'armée française. Néanmoins nos forces armées tiennent des positions, ont un rôle important et je sais l'attachement de l'ensemble de la population de Nouvelle-Calédonie à celles-ci.

Elles continueront de le faire. Et il fera aussi le point sur l'apport, et je remercie nos forces armées de ce qu'elles ont pu déjà faire en termes d'approvisionnement, d'aide aussi en termes de soins et d'accès aux médicaments, et de sécurisation de certaines emprises. Dans les prochaines heures et les prochains jours, ce seront de nouvelles opérations massives qui seront programmées partout où c'est nécessaire.

Et c'est la totalité de l'ordre républicain qui sera rétabli, parce qu'il n'y a pas d'autre choix. Je souhaite qu'ensuite on ait une discussion sur la reconstruction. Les éléments économiques, je ne vais pas être long ici.

Cet après-midi, dans la foulée, on aura l'échange en profondeur ici, dans la foulée de cette réunion. La ministre déléguée aux Outre-Mer, je l'en remercie, tiendra une réunion spécifique dédiée à ce sujet. Monsieur Antony Roquin est avec nous, qui va mener sous sa supervision une première mission d'évaluation et d'urgence.

Et l'objectif est évidemment de faire l'évaluation, suite aux réunions qui ont été tenues par le ministre de l'Économie et des Finances, de pouvoir mobiliser les éléments de trésorerie, de liquidités, d'assurance, de remboursement, d'évaluation, avec déjà des engagements qui ont été pris, et on pourra vous les détailler, obtenus des assureurs, des banquiers, et que nous déploierons. Et puis évidemment, également, avec des décisions très concrètes et rapides de reconstruction, je pense aux écoles, parce qu'on ne peut pas accepter que ça prenne du temps, à tous les bâtiments publics, et de l'aide aux collectivités locales. Les maires qui sont ici présents et les collectivités le savent, on a besoin, là aussi, d'avoir un soutien très rapide.

Plus largement, il y aura de toute façon un cadre à bâtir, là aussi, on y reviendra, dans la durée, la question économique dépassant amplement celle de la reconstruction, mais enfin, elle vient l'aggraver. Et enfin, je veux que nous ayons un débat franc, direct, ouvert sur les questions politiques, institutionnelles et de projet, dans un cadre que j'ai toujours rappelé quand j'étais parmi vous, celui que j'ai posé en 2018, dans mon discours, respectant l'histoire de ce territoire, de ce peuple, celui aussi qui a été avancé ces dernières années par les trois référendums, puis les deux chemins que j'évoquais il y a quelques mois avec vous. Maintenant, il nous faut reprendre l'intégralité des choses et voir aussi comment trouver ce que j'appellerais l'apaisement constructif, c'est-à-dire retrouver le calme, la capacité de trouver du dialogue et une solution.

Mais l'apaisement ne peut pas être le retour en arrière. L'apaisement ne peut pas être de ne pas respecter l'expression populaire, qui s'est déjà jouée. L'apaisement ne peut pas être de nier en quelque sorte un chemin qui a déjà été fait.

Néanmoins, nous devons remettre toutes les parties prenantes autour de la table. Et vous représentez ici pour moi celles et ceux qui les représentent. Il faut le faire avec calme, mais en avançant.

Je ne serai pas plus long. Et l'objectif est qu'on ait vraiment un débat libre, entre nous, qui va être confidentiel. Mais je voulais en tout cas vous dire que j'étais ici pour le retour à la paix, au calme, à l'ordre, que ça passe par un engagement de l'État sur le plan régalien, et qui sera assumé dans la durée, que ça passe par une très grande clarté sur ce sujet, mais aussi par un engagement économique et un engagement politique, que la journée permettra de définir.

Et moi je compte sur l'esprit de responsabilité de toutes et tous, ici. Nous y arriverons, parce que la Nouvelle-Calédonie le mérite, et parce que ça a toujours été la vocation dans cette région de la France, je crois pouvoir le dire. Voilà.

Je propose maintenant qu'on ouvre les débats. On peut structurer les choses, si vous êtes d'accord, sur peut-être la question de l'ordre et de la sécurité, dans un premier temps.