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interviewAssociation des Maires de France· 20 novembre 2025 6 min

Cédric Vial: AESH "Il faut que chaque enfant puisse bénéficier de l'accompagnement dont il a besoin"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour monsieur le sénateur. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation.

Ça va faire plus d'un an que l'État doit à nouveau prendre en charge le financement des AH pendant la pause méridienne. Pourtant dans certains départements, on on a vu, il y a eu des manquements. Est-ce que la situation elle s'est améliorée aujourd'hui ?

Je l'espère. On n pas encore les chiffres pour cette année scolaire. En fin d'année dernière, la ministre Ellisabeth Borne nous avait donné le chiffre de environ 70 % d'enfants qui avaient été pris en charge sur le temps méridien. 70 % des enfants qui devaient l'être ont été pris en charge.

Ça veut dire quand même que 30 % ne l'était pas encore. C'est 30 % c'est environ 6000 enfants. C'est beaucoup trop et c'était à la fin de l'année.

C'est veut dire que la situation s'était déjà améliorée en cours d'année. On n pas les chiffres cette année mais je crains que la situation soit à peu près similaire à celle qu'on avit connue fin d'année dernière dans le meilleur des cas. J'ai d remonter dans tous les Je pense qu'aucun département n'échappe à ce problème.

Euh c'est un vrai sujet et un vrai problème qui que le ministre de l'éducation nationale doit prendre un bras le corps. Malgré une augmentation des moyens financiers et humains dédiés aux AOSH, on voit qu'à chaque rentrée, certaines familles se retrouvent sans solution. Pourquoi est-ce que c'est dû à au manque d'attractivité du métier d'esh selon vous ?

Alors, il y a deux choses. Un, on commence à avoir des difficultés à recruter des AH. Pourquoi ? parce qu'on a recruté déjà énormément.

Aujourd'hui, c'est près de 150000 à SH avec un flux des personnes qui l'ont été, qui ne le sont plus. Donc, on a le vivier devient de plus en plus faible. Après, vous avez raison, le l'attractivité du métier est un problème euh parce que c'est des temps partiels.

Alors, certaines personnes cherchent des cherchent un complément d' un complément de salaire, un complément d'activité pour ell ça leur satisfait. Mais pour beaucoup d'entre elles, euh c'est un temps partiel subi et donc dans ce cas-là, il faut qu'on arrive à trouver un vrai statut. Je je disais un peu de manière provoquante, il faut en faire un vrai métier.

Un vrai métier, c'est-à-dire que il faut faire une formation, il faut qu'il y ait un statut, il faut qu'il y ait des perspectives de carrière, il faut qu'il y ait un encadrement. Ça manque encore. On le ministère continue à gérer la coorte des AH comme quand c'était des emplois aidés il y a il y a un peu plus de 10 ans.

Il faut qu'il change de de logiciel et qu'il s'en occupe réellement. Il y a un vrai problème d'attractivité mais pas seulement. Il y a aussi le fait qu'aujourd'hui la est devenu le recours absolu.

À chaque fois qu'il y a un problème lié au handicap, on va recruter un AESH. Il y a aussi d'autres solutions d'accompagnement qu'on appelle d'accessibilité. euh l'accessibilité pédagogique, ce qu'on appelle le le plan incliné pédagogique.

L'objectif, vous savez, comme un plan incliné, c'est de faire en sorte que la personne en situation de handicap puisse accéder tout seul au savoir. On va s'apercevoir que beaucoup d'enfants en situation de handicap peuvent arriver à s'en sortir tout seul avec des mesures d'accessibilité et quand il y a besoin, on rajoute un Aage ou alors on met un AUSage au début pour l'accompagner et le rôle de de l'institution, c'est d'accompagner ses enfants vers l'autonomie ou quand c'est pas possible vers plus d'autonomie. On a tendance à vouloir mettre unage pour tout et tout le temps.

Ça devient une problématique. On a aujourd'hui des des classes. J'étais dans une classe Ulisse l'autre jour où l'enseignante me dit "Moi, j'ai été formé pour accompagner des enfants en situation de CAP, une classe Ulisse.

Normalement, il y a un AESH collectif. Là, il y avait 8 AESH dans la classe Ulisse pour 14 enfants. On c'est c'est plus possible.

On on on est allé un petit peu trop loin. Alors le problème est beaucoup plus large, hein. C'est-à-dire qu'il faut qu'on arrive surtout à ce que chaque enfant soit euh bénéficie de l'accompagnement dont il a besoin.

De recrutement d'AESH recule alors que les prescriptions d'aide humaines émises par les MDPH ne cessent d'augmenter. Est-ce un signal inquiétant pour l'école inclusive selon vous ? Alors, on recrute moins que les années précédentes, mais on recrute plus d'USH quand même.

C'est 1200 postes, je crois que c'est 1200 supplémentaires cette année, me semble-t-il. Donc, c'est on était à 2500 l'année dernière, on était plutôt sur un RIT de 4 ou 6000 l'année dernière. C'est surtout que ça augmente moins vite que les prescriptions.

On est à peu près à 10 % d'enfants reconnus en situation de handicap de plus par an. 10 % c'est énorme 520000 enfants aujourd'hui. Le ministère en plus a choisi de de mettre en place un dispositif aujourd'hui qu'on appelle les passes qui va prendre en charge non seulement les enfants en situation du handicap mais tous les enfants dit à besoins particuliers.

Donc on va augmenter le nombre d'enfants qui vont être pris en charge sans qu' j'ai réussi à obtenir de chiffres pour l'instant combien c'est 800000 1 million on sait pas mais par contre en face les moyens ne sont ne sont pas à la hauteur de cette augmentation c'est pour ça qu'il y a il y a vraiment une urgence parce que l'adéquation entre les moyens et les besoins n'est plus là et donc si on fait pas quelque chose on ça veut dire qu'on laisse des enfants sans accompagnement et et c'est le cas aujourd'hui et c'est à chaque fois c'est des drames dans les familles dans les classes qu'aujourd'hui L'inclusion, l'inclusion scolaire c'est un enjeu de société majeur. Tout le monde est favorable à cette inclusion scolaire. C'est le droit à la différence, faire en sorte que que tout le monde soit viv ensemble dans dans la même classe.

Si on met pas le bon accompagnement en face, si on n pas le bon suivi en face, on commence à avoir un retournement de gens qui commencent à dire "Bah nous, on veut plus d'enfants en situation de handicap dans nos classes parce que ça déstabilise le fonctionnement de la classe, le fonctionnement de l'école." et on le voit que ça ça pèse aujourd'hui sur les recrutements y compris des enseignants. Donc faisons très attention parce que à laisser ces problèmes de côté, on risque de déstabiliser tout tout le système et on risque de faire l'effet contraire de ce que l'on veut, c'est-à-dire d'une d'une école inclusive où tous les enfants aient leur place, mais une place qui soit adaptée.

Il faut mettre en un enfant en situation de handicap dans un contexte où où lui se sent mal à l'aise, où il est pas il est pas à sa place. c'est aussi lui faire violence. C'est pas au au nom du principe de l'inclusion, c'est aussi lui faire violence.

Donc il faut faire très attention. Le je pense que le plus important c'est que chacun ait le droit à l'accompagnement dont il a besoin et qu'on accompagne chacun vers l'autonomie ou plus d'autonomie. C'est ça la clé.

N'oublions pas que il y a des moyens effectivement, mais tout ce que l'on fait c'est pour ses enfants. Voilà.