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Conférence de presseFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 1 octobre 2024 37 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asileRetraites

Discours de politique générale

Au micro : Fabienne SintèsSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 27 %Attaque 40 %Défensif 33 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on le met sous vert, Xavier, parce qu'il doit être à peu près le seul à dire, mais je vous en prie, augmenter mes impôts ?

  • 2:25RelanceRéponse partielle

    Sur cette remarque de Xavier, est-ce qu'on peut considérer qu'il y a une demande de justice fiscale ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ce discours nous dit sur la stratégie politique ?

  • 5:02OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il pouvait faire autre chose de ce discours de politique générale ?

  • 9:06OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il pouvait en être autrement ?

  • 10:59FerméeÉludée

    C'est quoi cette phrase 'Je pars avec le gouvernement d'un vote populaire' ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17PrésentateurFait
    « on a entendu impôts bien sûr un effort demandé aux plus grandes entreprises et aux plus fortunés »
  • 0:20PrésentateurFait
    « on a entendu retraite avec des aménagements possibles »
  • 0:26PrésentateurFait
    « on a entendu sécurité »
  • 0:27PrésentateurFait
    « on a entendu immigration »
  • 0:29PrésentateurChiffre
    « on a entendu SMIC, revalorisation à 2% »
  • 3:11PrésentateurFait
    « il dit quand même qu'il va augmenter les impôts, alors de manière ciblée, puisqu'il dit que cette hausse va porter... Éprovisoire, d'ailleurs. »
  • 3:25PrésentateurChiffre
    « le fameux ras-le-bol fiscal sous François Hollande représentait à peu près 30 milliards d'euros »
  • 4:29IntervenantFait
    « on a également un élément qui permet de dire, regardez, regardez, regardez, on va faire payer les plus riches »
  • 5:15PrésentateurFait
    « il a coché la case fin de vie, en disant que le dialogue serait quand même rouvert »
  • 5:16PrésentateurFait
    « la loi agriculture, elle serait reprise »
  • 5:59PrésentateurFait
    « Les annonces de hausse de fiscalité peu claires et qui méritent d'être précisées ne vont pas dans le bon sens économique. »
  • 11:59PrésentateurFait
    « Michel Barnier arrive sans mandat il a juste été choisi par Emmanuel Macron »
  • 16:53PrésentateurFait
    « Marine Le Pen a fait sa liste des courses sa liste de demandes »
  • 31:51IntervenantFait
    « vous avez une proportionnelle »
  • 31:54IntervenantFait
    « une partie des députés qui sont élus en circonscription »
  • 32:03IntervenantFait
    « ça donne un poids aux appareils politiques qui est moindre »
  • 32:15IntervenantFait
    « ça peut créer de vraies distorsions de problématiques et de représentations »
  • 33:33PrésentateurFait
    « on peut faire beaucoup de choses dans l'éducation sans passer par la loi »
  • 34:55PrésentateurFait
    « il était très fier de pouvoir interdire la BAYA sans aucune loi et à partir d'une circulaire »

Temps de parole

  • Présentateur30 %
  • Présentateur 228 %
  • Intervenant22 %
  • Présentateur 320 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter France Inter Fabienne Sintès Vous avez comme nous j'imagine retenu quelques mots-clés dans ce discours de politique générale on a entendu impôts bien sûr un effort demandé aux plus grandes entreprises et aux plus fortunés on a entendu retraite avec des aménagements possibles, on a entendu proportionnel en tout cas dialogue autour de la question, on a entendu sécurité on a entendu immigration on a entendu SMIC, revalorisation à 2%, on est aussi entendu ce gouvernement ne fera pas de miracle et on l'a entendu sous le brouhaha permanent de la France Insoumise qui a brandi sa carte d'électeur tout au long de l'heure et demie ou à peu près de ce discours on a entendu, vous allez en débattre avec nous, un Premier Ministre essayé au fond de ménager sans contenter tout le monde mais presque donné ici et là à picorer à chacun des groupes que compose l'Assemblée il a voulu parler aussi d'une nouvelle méthode de gouvernement ce nouveau Premier Ministre basé sur 3 mots écoute, respect, dialogue même si le respect n'est pas réciproque a-t-il ajouté en sortant probablement de son texte voilà où nous en sommes en tout cas, pas de censure, pas de question de confiance non plus, c'est là-dessus que démarre notre émission c'est le téléphone sonne et soyez les bienvenus et ce soir vous le savez, en raison d'un mouvement de grève, on ne peut pas prendre vos questions par téléphone, mais nous pouvons les lire, donc surtout continuer à nous appeler, nous envoyer des messages par WhatsApp, nous avons Xavier par exemple qui nous dit ceci, je suis électeur de centre-gauche, CSP++ nous dit-il, je suis fier de payer des impôts et je pourrais en payer plus, ce discours de politique générale m'a déçu, dit Xavier, c'est dommage de ne pas augmenter les impôts seulement par idéologie et par idéologie.

L'idéologie de droite même ajoute-t-il, je trouve que cette question est intéressante, c'est par là qu'on va commencer, je vais vous présenter les invités qui sont autour de cette table, il y a Ivan Trippenbach, bonsoir, peut-être grand reporter au Monde, il y a Benjamin Morel, bonsoir, peut-être maître de conférences en droit public à l'université Panthéon-Assas, vous avez notamment écrit le Parlement Temple de la République aux éditions passées composées, c'était cette année en 2024, il y a Maxence Lambrecq, chef du service politique de France Inter, bonsoir, je voudrais avoir votre avis, Ivan Trippenbach, par exemple, sur cette remarque de Xavier, est-ce qu'on le met sous vert, Xavier, parce qu'il doit être à peu près le seul à dire, mais je vous en prie, augmenter mes impôts ?

Non, il a raison au sens où il y a une demande de justice fiscale qui s'est exprimée lors des législatives et qui a décidé de prendre en compte Michel Bernier, parce qu'en fait, dans son discours de politique générale, il dit quand même qu'il va augmenter les impôts, alors de manière ciblée, puisqu'il dit que cette hausse va porter... Éprovisoire, d'ailleurs.

Pierre Bernier et son allié naturel qui est le bloc central, enfin les macronistes, parce qu'en fait, on ne sait pas exactement quelles vont être les économies par ailleurs, et surtout, les impôts, s'il doit dégager 15 à 20 milliards d'euros, en sachant que le fameux ras-le-bol fiscal sous François Hollande représentait à peu près 30 milliards d'euros, on n'en est pas très loin, et avec les mesures qu'il a évoquées dans son discours, on n'atteint pas ce qu'il va vouloir dégager en termes de ressources. Je disais, en commençant cette émission, Benjamin Morel, qu'on avait l'impression qu'il avait à la fois ménagé tout le monde et donné un petit peu à picorer à chacun.

Qu'est-ce que ça nous dit ? Comment vous en êtes sortis, vous, de ce discours-là ?

3:51
Intervenant

En effet, on a un discours qui revient sur un certain nombre de lignes rouges des différents groupes politiques pour tenter de les modérer, revient également sur un certain nombre de sujets qui sont des marottes, on parlera peut-être proportionnel, immigration, etc., de certains groupes politiques, et ensuite, on a du très flou.

On a du conditionnel qui ouvre des concertations qui peut-être demain pourraient amener à une réforme, etc., parce qu'il s'agit de trianguler du modem au RN, il s'agit de ne fâcher personne, et il s'agit de permettre à chacun de ces groupes de trouver au moins une raison, parce qu'ils n'ont pas forcément intérêt à censurer, mais de ne pas aller vers la motion de censure. Donc, on a quelque chose de très vague pour ne pas fâcher et pour, je dirais, plaire à tout le monde.

Et sur cette question des impôts, on a également un élément qui permet de dire, regardez, regardez, regardez, on va faire payer les plus riches, ce qui permet de rendre plus supportables des coupes secs dans les dépenses, dont, en général, les moins aisés sont souvent les premières victimes, et peut-être une augmentation d'autres impôts qui ne toucheront peut-être pas que les classes supérieures. Donc, en mettant ça en avant, on donne un sentiment de justice, et ça permet d'aller autre part, parce que ce n'est pas forcément là qu'on trouvera en effet les 20-30 milliards.

4:55
Présentateur

Avec les 2% de SMIC aussi, pour satisfaire les mêmes, effectivement, une augmentation, d'augmentation même anticipée, c'est ça, deux mois plus tôt. Est-ce qu'il pouvait faire autre chose de ce discours de politique générale, Maxence Lambret ? Non, vraiment, je pense qu'il a coché absolument toutes les cases, petit à petit, en une heure et demie.

C'était assez remarquable, puisqu'il a coché la case fin de vie, en disant que le dialogue serait quand même rouvert, et la loi agriculture, elle serait reprise, infirmière, infirmiers, le programme Hippocrate, il y a eu aussi toute la partie sur les services publics, sur les maisons France Service, on a eu à peu près tout ce qui était transpartisan et consensuel. C'est vrai qu'il a très peu de chances de faire adopter des lois dans les 6 prochains mois. Il aura évidemment le budget qui va prendre beaucoup de place dans le calendrier parlementaire. Et derrière, il sait très bien que l'ordre du jour doit être partagé.

Il dit, je fais une fleur au groupe de l'Assemblée, et l'ordre du jour sera davantage partagé demain qu'hier. Mais au fond, il n'y a pas d'autre choix que de le faire. Juste sur les hausses d'impôts, il y a Gérald Darmanin qui vient de faire un petit communiqué sur Facebook. Je vous lis juste une phrase. Les annonces de hausse de fiscalité peu claires et qui méritent d'être précisées ne vont pas dans le bon sens économique. Les impôts en augmentation ne sont jamais une bonne nouvelle pour l'emploi. Il faut rappeler que c'était le même Gérald Darmanin, le premier, qui avait sonné l'alarme sur les impôts. Même pas d'ailleurs, y compris récemment, la nomination de Michel Pagno.

Fortement, c'était il y a un an, au moment où il a lancé sa rentrée de Tourcoing, en disant que la marmite sociale était prête à exploser. Et là, en effet, il s'oppose quelques minutes après le discours de politique générale dans un long message. Et il est dubitatif sur d'autres choses aussi, sur la Nouvelle-Calédonie, la Corse, etc. Enfin, un vrai message d'amitié et de soutien. J'allais dire, Yvan Trivenbach, à chaque fois qu'on tend la main, j'allais dire, ça fait pas mal.

La fameuse conférence sur l'eau, qui ne peut pas être d'accord avec une conférence sur l'eau, enfin, faisons une conférence sur l'eau, sur la proportionnelle, discutons-en, mais en même temps, est-ce qu'on ira au bout en deux ans ? On n'en sait rien, mais allons-y. Sur les réformes de société, la PMA, le mariage pour tous, etc. Ça fait du bien à entendre, mais ça fait mal nulle part. La Nouvelle-Calédonie, c'est pareil. Enfin, on a vraiment ce sentiment-là. On tend la main, on donne à tout le monde, mais au fond, qu'est-ce qui peut être tangible ? On a un peu du mal à le comprendre.

C'est très juste, et d'ailleurs, on en est presque à se réjouir que Michel Barnier rappelle son attachement à l'état de droit après les déclarations de Bruno Retailleau. Donc, on est effectivement, on se contente de peu. Non, mais en revanche, ça nous livre une information importante sur la posture de Michel Barnier, c'est qu'il a envie de durer. Il a envie que ça dure deux ans et demi. Voilà, il a envie que ça dure. D'ailleurs, il le dit à un moment, ma feuille de route, voilà la feuille de route que je vous présente pour les deux ans et demi à venir.

Et puis, en miroir, d'ailleurs, ça nous livre une autre information qui est que Marine Le Pen va sans doute lui laisser le bénéfice du doute et de pouvoir faire ses preuves puisqu'elle lui a demandé une loi immigration pour le printemps. Donc, il a comme un sursis, alors même qu'il y a quelques jours encore, on disait, bon, l'épreuve du budget de cet automne, ça va être terrible pour lui, il pourrait être renversé. Et il y a quelques jours, un proche d'Emmanuel Macron me disait, bon, Michel Barnier, en fait, vous allez voir, il va vouloir durer, il va godiller, en référence à son amour du ski.

Et puis, un député du ski et de la Savoie et un député du Nouveau Front Populaire, en l'écoutant tout à l'heure, disait, j'ai l'impression d'écouter un Premier ministre qui fait du slalom au ralenti. C'est vraiment ça, en fait. Il a slalomé entre les injonctions contradictoires à la fois des macronistes et de Gérald Darmanin et Gabriel Attal qui l'attendent au tournant, effectivement, sans trop mécontenter l'extrême droite qui tient la survie du gouvernement entre ses mains. On a un message sur WhatsApp qui dit « Je suis effaré par le non-respect des partis d'opposition qui n'écoutent pas le discours du Premier ministre.

Le sentiment qu'il râle par plein de principes et c'est affligeant, nous dit cet auditeur. On a un autre qui dit « Que penser de l'attitude de l'effilure de ce discours ? Je suis militant écologiste, je soutiens le Front Populaire, mais je trouve que cette attitude ferait du tort à la gauche et rajoute des arguments à ceux qui cherchent à nous discréditer. » Et j'ai envie de vous poser exactement la même question que tout à l'heure. Est-ce qu'il pouvait en être autrement ? Est-ce qu'on pouvait imaginer qu'il en serait autrement, Benjamin Morel ?

9:10
Intervenant

Non, d'abord parce qu'en effet, ça fait partie d'une stratégie de la France insoumise de mise en visibilité de leurs revendications. Et vous avez eu la gentillesse de citer mon livre tout à l'heure. Le brouhaha à l'Assemblée, on n'a pas attendu la FI, ni même la Ve République pour le trouver. Sous la Révolution, vous n'existiez que si vous criez. Et quand vous ne criez pas, de toute façon, vous n'étiez pas entendus. Les meilleurs orateurs en Révolution, c'est ceux qui avaient la plus grosse voix. J'ai souvenir de lectures, de débats, notamment sur la réforme EDF en 2005, où la droite était arrivée avec des maillots de rugby, mais avec une cravate parce que c'était dans le règlement.

Et vous aviez Pierre Lelouch à l'époque qui trimballait une tortue tout autour de l'Assemblée. Vous aviez la gauche qui chantait à l'international, la droite la marseillaise. Donc on n'a pas inventé la mise en scène, le brouhaha, etc. Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, c'est beaucoup plus médiatisé qu'à TikTok, etc. qu'à une stratégie de mise en scène beaucoup plus pensée et que, d'une certaine façon, l'impact médiatique est différent et évolue différemment en effet par la France Insoumise.

10:06
Présentateur

Très d'issue de ce discours, nous dit Benjamin sur Whatsapp, à ne vouloir froisser personne, on ne contente pas grand monde. Et finalement, la vraie politique générale, ce sera le vote du budget. Et là-dessus, il a raison. Ivan Trippenbach, notre ami auditeur, le juge de paix, sera le budget, quoi qu'on ait entendu ce soir. Oui, sans doute, parce qu'à l'occasion du budget, il sera obligé de préciser ce qu'on se disait tout à l'heure, c'est-à-dire la politique fiscale et les mesures d'économie. Et par exemple, sur les lois de programmation, il n'a rien dit. Il a dit qu'il respecterait les lois de programmation, mais on ne sait pas dans quelle mesure, si c'est à l'euro près ou non.

Sur les économies, on a une mesure qui ressort du discours, c'est la fusion des agences. C'est très faible et ça ne permet pas de dégager des milliards d'euros d'économies. Donc tout ça reste assez flou et il sera obligé de sortir du bois à l'occasion de ces débats-là. Et puis les oppositions l'attendent évidemment au tournant, vont l'obliger à prendre position. Comment vous avez lu cette phrase vous Maxence ? Je pars avec le gouvernement d'un vote populaire qui vous a élu et traduit des attentes fortes et justifiées. C'est quoi cette colle ? Non, je vous promets, c'est lui et moi aussi j'ai pissé les yeux à un moment, je me suis dit mais qu'est-ce que ça veut dire ?

Oui, c'est au début du discours. Exactement. Et du coup, je me suis demandé si ça voulait dire je sais et j'ai bien compris que certains d'entre vous ont été élus par les autres et ce qui rend les choses extrêmement complexes. Est-ce que c'est ça qu'il faut lire ? Moi, c'est un peu ce que j'ai lu ou est-ce que ça dit je n'oublie pas que ce vote n'a donné la majorité à personne et ne l'oubliez pas non plus en fait ?

Il le dit qu'il n'a rien gagné, qu'il construit aussi une légitimité à partir de ce programme et qu'il a besoin de marquer quasiment cette défaite dans les urnes de son parti évidemment arrivé cinquième aux législatives de ce socle commun entre guillemets comme il souhaite qu'on l'appelle et de laisser cette porte ouverte mais de fait là Michel Barnier arrive sans mandat il a juste été choisi par Emmanuel Macron il essaye de construire une légitimité avec ce programme assez transpartisan et c'est comme ça qu'il imagine durer comme les disaient le Dijven Treppenbach pour essayer de se projeter parce que sans projection à un an ou deux ans c'est quand même très difficile d'être à la tête d'un état c'est-à-dire d'une administration parce que Michel Barnier aujourd'hui il doit se faire respecter et ses ministres aussi or l'administration elle est là en train de dire mais qui êtes-vous qui sont ses ministres combien de temps vont-ils rester et donc il est obligé de se projeter il est obligé de faire acte aussi d'autorité et d'essayer de lister même s'il ne voulait pas faire un catalogue c'était un catalogue parce que voilà il faut que derrière il y ait une autorité et que des décisions soient prises qu'elles soient respectées qu'on n'ait pas l'impression qu'il soit là juste pour quelques semaines on a Chris qui nous écoute et qui dit mais parce que l'EFI doit être content parce qu'il a écouté ce qu'on disait sur l'auditeur précédent en disant que l'attitude n'était pas la bonne vous ne respectez pas les électeurs nous dans l'Allier c'est un monsieur de l'Allier donc nous avions le député à la blouse qui a aussi révolutionné l'Assemblée et les huées du nouveau conf populaire sont plus ludiques que les méchancetés des mainstream voilà ce que nous dit Eric on a juste une autre remarque qui nous vient d'un autre Eric qui n'a rien à voir Benjamin Morel c'est pour vous juste une petite remarque peut-être un peu au sujet dit-il et encore que non au sujet des gens qui veulent absolument la proportionnelle mais l'Assemblée Nationale est déjà morcelée si elle était en proportionnelle ce serait guère différent donc je ne vois pas bien l'intérêt nous dit-il

13:28
Intervenant

alors oui et non c'est-à-dire qu'on considère que le mode de scrutin majoritaire à deux tours produit toujours des majorités c'est pas le cas ça n'a pas été le cas sous toute la Troisième République le mode de scrutin majoritaire à deux tours c'est le mode de scrutin qui existe depuis le Second Empire il n'a pas donné de majorité absolue avant 1962 il ne donne des majorités absolues que quand vous avez une forte bipolarisation de la vie politique et un télescopage des élections au moins l'un de ces deux facteurs aujourd'hui semble avoir au moins à court ou moyen terme disparu donc l'idée qu'on aurait demain des majorités absolues c'est loin loin d'être évident en revanche il y a mille formes de proportionnelle regardez le mode de scrutin à l'effet le plus majoritaire que je connaisse il est proportionnel et il est français c'est les municipales vous avez à côté de ça un mode de proportionnel à la néerlandaise où tous les partis qui font plus de 1% sont représentés et là en effet on a une multitude de partis en Allemagne où vous avez la proportionnelle mais un seuil de représentation de 5% autrement dit si vous faites moins de 5% vous n'êtes pas représenté il y a 6 groupes politiques au Bundestag contre 11 à l'Assemblée Nationale donc en fait la question qui va se poser et pour revenir sur le discours politique général de Michel Barnier c'est pas pour ou contre la proportionnelle ça c'est très très caricatural c'est quelle forme de proportionnelle la proportionnelle selon le modem c'est pas la même proportionnelle que selon le RN le RN est toujours pour la proportionnelle mais il a changé de vision de la proportionnelle il veut maintenant une prime majoritaire qui lui permettrait avec la proportionnelle qu'il propose d'avoir une majorité absolue donc vous voyez que le débat sur la proportionnelle va être un débat très technique mais très politique parce que si je choisis le mode néerlandais le mode allemand ou le mode municipal la française je change totalement la figure de mon hémicycle et je permets ou pas à un parti d'avoir une majorité absolue

15:00
Présentateur

mais dans tous les cas ça revient à écoute respect dialogue que nous a annoncé le premier ministre en disant encore une fois et en plagiant je crois ou en citant en tout cas Michel Rocard le compromis n'est pas une compromission Ivan Trippenbach il va bien falloir qu'on y arrive et a fortiori d'ailleurs si on finit par discuter de proportionnelle est-ce qu'on est vraiment prêt à ça est-ce que notre état d'esprit nous dit là et y compris après le discours de politique générale absolument on va être totalement capable de se parler à écouter les discours des chefs d'opposition ensuite oui il y a quand même une chance qui est laissée à Michel Barnier par exemple Marine Le Pen elle est extrêmement conciliante pour du Le Pen en tout cas elle est assez vive dans les termes mais elle dit voilà on va laisser Michel Barnier on va le juger sur ses actes et non pas le censurer a priori et d'ailleurs c'est amusant parce qu'elle se raccroche en tout cas ses cadres et ses députés se raccrochent à cette proposition de scrutin proportionnel pour dire regardez finalement Michel Barnier nous écoute et nous a donné des gages or ça reste quand même assez faible sachant que le Rassemblement National attendait Michel Barnier plutôt sur l'immigration ce qu'on appelle le champ régalien et sur ce plan là Michel Barnier s'est montré plus prudent que ce qu'on imaginait en tout cas il n'a pas complètement suivi son ministre de l'Intérieur et toutes les mesures qui avaient été listées par exemple l'aide médicale d'Etat il n'en a pas du tout parlé l'augmentation de la durée de rétention administrative c'est très flou on ne sait pas exactement ce qu'il entend par là il n'a pas osé s'aventurer sur le terrain des accords bilatéraux enfin de l'accord bilatéral avec l'Algérie que Marine Le Pen mentionne tout le temps y compris là dans son discours bref sur l'immigration il a été assez prudent si bien que le RN ne peut pas parler de victoire idéologique comme ils le font souvent sur ce plan là mais demandent comme vous l'avez précisé tout à l'heure effectivement une loi immigration restrictive comme dit Marine Le Pen oui tout à fait il y a un carnet de commandes en quelque sorte il y a un carnet de commandes absolument Marine Le Pen a fait sa liste des courses sa liste de demandes comme elle le dit et Michel Barnier n'a finalement donné très peu de gages au Rassemblement National même s'il vante cette culture du compromis et du côté du Blanc Central de la même manière il oscille entre hausses d'impôts et quelques projets de loi qui sont repris dans le sillage du bilan du gouvernement Borne et du gouvernement Attal donc oui la culture du compromis il va tenter de le faire après on a bien vu qu'à la fois ses alliés et ses opposants l'attendent au tournant il y avait une petite phrase aussi dans son discours à l'endroit de ses propres ministres à un moment il dit voilà je remercie ceux qui m'ont rejoint dans mon équipe dans l'équipe de France et je leur demande en gros de travailler de manière solidaire et de travailler ensemble ça ça fait référence à ce qu'on a vu ces deux dernières semaines deux trois dernières semaines avec beaucoup de tiraillements et puis les couacs des derniers jours avec l'opposition très frontale notamment entre la justice et l'intérieur

17:58
Intervenant

Benjamin Morel oui je crois qu'il il faut bien comprendre que le RN est le dernier à avoir envie aujourd'hui que le gouvernement chute tout bêtement parce qu'il a tout à fait intérêt à cette situation ça lui permet de désactiver le front républicain en disant au électorat de gauche regardez regardez regardez ne faites plus front républicain parce que le centre s'appuie sur nous en disant l'électorat du centre si jamais vous avez un budget c'est grâce à qui ?

c'est grâce à nous et donc dans cette situation là qui plus est Marine Le Pen est un procès une chute du gouvernement Barnier n'est pas forcément une bonne nouvelle ce que cherche le RN c'est pas des gains idéologiques c'est pas que Michel Barnier fasse la politique dont il rêve parce que paradoxalement ça renverrait le RN à une forme d'inutilité idéologique ce que cherche le RN c'est des excuses pour ne pas renverser le gouvernement il a intérêt à cette situation mais évidemment du point de vue de son électorat c'est compliqué à justifier le fait de ne pas faire tomber ce qui est son principal opposant politique et donc il a besoin que Michel Barnier lui donne des gages symboliques pour trouver une excuse pour ne pas le renverser

18:54
Présentateur

juste pour rebondir dans ce que dit Benjamin Morel Maxence Lambrec effectivement le RN en l'état n'a absolument pas intérêt à ce que le gouvernement tombe mais vous allez nous expliquer si la gauche a vraiment intérêt à ce stade à ce que le gouvernement tombe est-ce qu'au fond personne ne le dira mais tout le monde est finalement soulagé au final que la patate chaude soit dans les mains de Michel Barnier et de ses ministres non ?

bien sûr là en ce moment c'est Bernard Cazeneuve qui quand même prépare la suite il était avec François Bayrou ce week-end à Guidel on sent bien que l'ancien Premier ministre a très envie de retourner à Matignon et il se dit quand même que ça sera l'alternative c'est-à-dire qu'une fois que Michel Barnier aura échoué sans doute que les regards se retourneront vers lui donc c'est Bernard Cazeneuve qui en ce moment en tout cas prépare ça et l'un des seuls en effet à gauche à se dire qu'il y a quelque chose à écrire il y a quelque chose à faire après le départ de Michel Barnier autrement oui Lucie Casté était dans les manifestations aujourd'hui à Paris sans grande enfin elle-même dans son expression lâcher l'affaire si l'on peut dire et pour répondre à Eric sur la proportionnelle ce que ça changerait assez concrètement c'est évidemment la fin du nouveau Front Populaire puisque chaque parti pourrait défendre ses couleurs dès le premier tour au second tour aussi et chacun aurait son groupe et évidemment que les compromis seraient très différents il n'y aurait pas un seul et même chef à la gauche on est en train de discuter de ce discours de politique générale dans le téléphone ce soir avec Maxence Lambrecht du service chef du service politique de France Inter avec Yvain Trippenbach du Monde avec Benjamin Moral qui est maître de conférence en droit public à l'université Panthéon-Assas vous pouvez nous appeler au 01 45 24 7000 même si ce soir on ne prend pas vos questions au téléphone mais on peut les lire il y a celle de Dominique par exemple qui nous dit ceci un discours qui n'est pas jupitérien au fond ça fait du bien c'est ce que dit Dominique et quand même Yvain Trippenbach est-ce qu'on n'a pas entendu quelques tacles en direction d'Emmanuel Macron je pense par exemple au passage sur la réforme des retraites qu'on peut éventuellement retravailler et le faire en reprenant le dialogue je le cite Michel Barnier avec les organisations syndicales est-ce qu'il n'y avait pas quand même de trois tacles sur la méthode sera différente est-ce que vous avez entendu ça ou pas du tout ?

Oui alors c'est vraiment entre les lignes et vraiment parcimonieux mais effectivement quand il dit on redonne la parole aux partenaires sociaux notamment sur la réforme des retraites et il n'est pas admissible de leur opposer une fin de non recevoir sur des sujets aussi fondamentaux oui on peut y voir un petit acte à Emmanuel Macron en plus ajouter à cela le fait qu'il n'a pas mentionné le président de la république ou très peu dans son discours tout comme Gabriel Attal tout comme Gabriel Attal oui alors on sait que leurs relations sont excécrables fraîches excécrables ok donc froides c'est un discours complètement opposé à celui du mois de janvier en termes de même de forme c'était incroyable entre le discours de la déclaration de politique générale de Gabriel Attal l'année enfin non cette année en début d'année mais ça paraît il y a très longtemps et celle-ci je trouve qu'on était sur un tout autre rythme un tout autre ton même une autre une autre audace une autre ambition quoi et puis après c'est paradoxal parce que Michel Barnier d'un autre côté était dans une posture extrêmement humble il n'a pas par exemple affirmé sa propre légitimité à diriger la politique de la nation il a été il faut dire qu'il avait les cartes des lecteurs des insoumis brandis sous son nez donc voilà il sait qu'il est à la tête d'un gouvernement fragile et tout dans sa posture et dans ses ses concessions puisque c'est un discours de concession de compromis le montre après oui effectivement peut-être que c'est on a un retour comme on dit de l'ancien monde avec cette valorisation des corps intermédiaires et du parlement parce qu'il a beaucoup insisté aussi sur la légitimité du parlement et sur les attentes des français et enfin on lit entre les lignes aussi qu'il il prendra à témoin l'opinion publique et les français s'il n'a pas les moyens de mener sa politique mais ça veut dire quoi prendre à témoin en fait ça veut dire j'ai fait ce que j'ai pu mais on m'empêche il m'empêche c'est ça que ça veut dire exactement les partis la république des partis m'empêche d'aller au bout de ma tâche donc je m'en vais ou pas ?

ah bah ça l'histoire ah non mais je veux dire vous nous avez expliqué qu'il n'était pas exactement dans cet état d'esprit là la menace peut marcher on a eu un doute il y a quelques semaines il y a eu une démission préparée par Michel Barnier là on a deux moments très importants qui montrent qu'il s'accroche dans la composition du gouvernement puisqu'il a fait des concessions énormes aux macronistes qui sont présents en nombre alors assez faibles donc on les entend peu par rapport à Bruno Retailleau mais il a fait de vraies concessions à ce moment-là dans les négociations avec ses alliés et deuxième moment c'est celui qu'on est en train d'analyser ensemble c'est la déclaration de politique générale qui est une sorte de mélange de plein de concessions sans ligne directrice très claire et non pas la ligne droitière qu'on imaginait en même temps Benjamin Morel y compris effectivement il y a une dizaine de jours maintenant quand on a cru qu'éventuellement il avait mis sa démission sur la table on a un peu le sentiment aussi que ça ressemblait à retenez-moi je fais un malheur et donc tout le monde a fini par serrer les rangs en disant alors ça va être encore pire donc allons-y c'est un peu ça le sentiment que ça a laissé

24:15
Intervenant

chez les français quand même on l'a dit mais aujourd'hui personne n'a réellement intérêt à ce que Michel Barnier tombe le rassemblement national pour les raisons qu'on a données la gauche parce que aujourd'hui se lancer dans une nouvelle élection législative en cas de dissolution de l'arrangerie guerre et qu'il n'y a pas forcément d'options alternatives le NFP étant minoritaire en termes de siège et ne pouvant pas vraiment avoir d'alliance quant aux macronistes ils sont contraints à des alliances avec LR s'ils ne veulent pas faire alliance avec la gauche et aujourd'hui lorsque vous avez été élu grâce à des reports de voix de gauche et que vous vous appuyez sur un gouvernement qui tient grâce au rassemblement national c'est une position extrêmement inconfortable en cas de dissolution donc tout le monde a plutôt intérêt à ce que Michel Barnier reste et Michel Barnier a plutôt envie de rester la question c'est comment est-ce qu'on arrive à justifier tout ça et donc on va assister à une forme de théâtralisation de tout ça c'est-à-dire que Marine Le Pen va dire je voterai la motion de censure si vous faites ci si vous faites ça finalement elle ne la votera probablement jamais en tout cas à moyen terme du côté de la gauche on va déposer des motions de censure dont on sait très bien qu'elles ne seront pas adoptées quant aux macronistes ils feront monter les enchères en disant nous ne sommes pas des soutiens inconditionnels nous n'aimons pas tout à fait ce que fait ce gouvernement mais malgré tout nous ne le censurerons pas cette situation-là entre guillemets conduit à une forme de théâtralisation parce que personne n'a intérêt à renverser mais personne non plus n'a intérêt à se montrer totalement solidaire de Michel Barnier

25:31
Présentateur

Et en même temps on lit dans ce jeu-là effectivement vous nous décrivez Benjamin Morel est-ce que ça peut tenir deux ans et demi vraiment que chacun joue cette partition-là dont nous savons tous qu'elle est écrite d'avance ?

25:40
Intervenant

Écoutez pour l'instant ce gouvernement il tient sur cinq il tient sur cinq personnalités Vous allez dire

25:46
Présentateur

cinq présidents comme vous y allez ?

25:47
Intervenant

Exactement Laurent Wauquiez Gabriel Attal François Bayrou Édouard Philippe Marine Le Pen ils veulent tous devenir président de la République pour l'instant ça tient parce que leurs intérêts convergent mais vous comprenez bien que comme ils veulent tous devenir président de la République à terme leurs intérêts vont diverger et à un moment il y en aura un qui aura intérêt à ce que le gouvernement tombe et à ce que la situation évolue et lorsque ce sera le cas les jours de Michel Barnier quelles que soient ses grandes qualités la grande politique qu'il aura mené et ses merveilles du ministre les jours de Michel Barnier au gouvernement seront probablement comptés

26:16
Présentateur

Maxence Lambret Non je voulais vous parler de théâtralisation ça me fait penser à l'un des grands écarts qu'on n'a pas forcément senti dans sa déclaration de politique générale vis-à-vis des collectivités locales puisque évidemment qu'il se veut le chantre des collectivités locales lui l'élu de terrain le président de département etc or dans les énormes dépenses en moins dépenses publiques en moins il y aura les collectivités locales et donc elles seront en première ligne Mais en accord avec les collectivités locales etc j'ai entendu le nota bene Oui oui ça n'existe pas les collectivités locales clairement vont payer et vont passer à la caisse et là Catherine Vautrin qui fait tous les congrès de toutes les associations d'élus ça ne suffira pas à calmer cette espèce de nouveau nouveau partenariat qui l'esquisse et c'est vrai que là on a senti entre le début de son discours la fin de son discours de c'est un peu comme avec l'écologie aussi Ah non c'est intéressant que vous le disiez parce qu'on a Sophie qui arrive à l'instant non mais justement et l'écologie dans ce discours nous dit Sophie c'est incompréhensible et terrible pour moi de voir que la préservation de notre vie sur terre passe après le rétablissement du budget et on envisage de taxer les plus riches pour le budget mais pas pour la transition écologique alors il a parlé d'écologie assez vite deuxième point assez vite qu'est-ce que ça nous raconte ça aussi Maxence ?

Franchement on ne l'attendait pas la dette écologique en deuxième c'était donc la dette d'abord les finances publiques puis la dette écologique dont il avait parlé lors de sa passation de pouvoir lui l'ancien ministre de l'environnement mais quelques minutes plus tard il parle en effet des éoliennes qui posent problème en tout cas il faudra regarder du zéro artificialisation nette des sols qu'il faudra aussi revoir puisque ce projet empêche la construction de logements il y a comme ça plein de petits points on sent que la planification et la relance bon soit la conférence sur l'eau on est curieux on est impatients et sur le reste c'est vrai que oui on reste plein de questions à vrai dire et je partage l'interrogation de Sophie notre auditrice c'est ça c'est Sophie j'ai perdu la question c'est celle de Joël qui nous parle de servilité à l'égard du rassemblement national qui nous dit-il est effarante et là-dessus Yvonne Trippenbach on a beaucoup dit effectivement que puisqu'elle ne vote pas la censure Michel Barnier était un peu dans la main de Marine Le Pen et est-ce qu'au fond on le verra très concrètement le jour où il l'emploiera ces mots-là la loi immigration restrictive le jour où il lui donnera sur un plateau est-ce que est-ce qu'on l'envisage ça ?

est-ce que ça va jusque-là ?

alors ça ne nous est pas dit comme ça alors certainement jamais pour le moment Michel Barnier n'a pas repris encore une fois les mesures formulées par Bruno Retailleau donc on n'en est pas là dans les faits concrets après dans le symbole politique le fait qu'il ait passé un coup de fil à Marine Le Pen la semaine dernière pour s'excuser en tout cas lui passer du liant après la sortie de son ministre de l'économie ici même Antoine Armand voilà c'était voilà c'était extrêmement maladroit et ça a donné l'image effectivement d'un premier ministre qui qui était complètement soumis au Rassemblement National donc disons que dans le récit politique qui est fait autour de son gouvernement et de ses débuts à Matignon c'est quelque chose qui qui va voilà qui va qui va imprimer et dont il va devoir se dégager peut-être que le fait qu'il n'ait pas donné de gage trop évident dans sa déclaration de politique générale est un premier pas pour s'en extraire d'autant que effectivement on a mentionné que Marine Le Pen est en procès ça n'est pas rien c'est-à-dire qu'elle fait concrètement elle fait des allers-retours entre le Palais Bourbon et le Tribunal Correctionnel de Paris depuis hier parce que elle assiste enfin elle comparait dans un procès historique pour son parti pour détournement de fonds publics donc elle est plutôt en position de faiblesse ce qui permet aussi à Michel Bernier peut-être de s'en dégager un peu au moins symboliquement

30:17
Intervenant

oui en deux mots symboliquement on en discutait d'ailleurs un peu dans les coulisses on demande aux constitutionnalistes depuis deux semaines étant en cohabitation c'est pas vraiment un sujet en réalité c'est-à-dire qu'on est dans une coalition dont le parti du président de la république est membre c'est quelque chose de très commun en Europe et dans l'histoire ce qui en revanche est assez exceptionnel et à mon sens relativement inédit c'est qu'on a un gouvernement qui est dans les mains de son principal opposant politique et ça en effet ça met une situation qui est une situation très particulière parce que ça veut dire que si le principal opposant politique vous soutient c'est qu'il y a intérêt et que donc en continuant à survivre vous donnez un petit peu des gages et vous faites le jeu de ce principal opposant et ça ça conditionne une situation tout de même très précaire

30:57
Présentateur

Est-ce que ça veut dire qu'il aurait fallu mettre le pouvoir dans les mains de son principal opposant politique pour le mettre au pied du mur est-ce que c'est ça que ça peut dire aussi ?

31:04
Intervenant

Alors le RN n'avait de toute façon pas de majorité donc il était impossible de donner le pouvoir au RN même de manière temporaire mais en revanche

31:11
Présentateur

Et le RN non plus n'avait pas de majorité donc à ce stade on aurait pu jouer à peu près à ce qu'on veut

31:14
Intervenant

Justement dans une situation de blocage le seul groupe d'opposition qui avait intérêt à soutenir Gouin-Mombarnier c'était le Rassemblement National il le fait il ne le fait pas gratuitement

31:24
Présentateur

On a cette c'est toujours pour vous Benjamin Morel monsieur le constitutionnaliste on a cette remarque de Catherine qui dit vos débats sur le mode de scrutin me font penser à une question plus large Les députés sont basés sur des circonscriptions mais sont censés représenter la nation française Depuis la décentralisation les politiques régionales et départementales sont menées au niveau des régions et des départements par conséquent est-il pertinent de conserver le système des circonscriptions législatives ?

31:47
Intervenant

C'est un vrai sujet on parlait tout à l'heure des différents modes de scrutin en Allemagne vous savez vous avez une proportionnelle mais vous avez une proportionnelle avec malgré tout une partie des députés qui sont élus en circonscription parce que ça permet quand même un, d'avoir du lien avec le territoire avec le terrain de faire remonter des idées et ça donne un poids aux appareils politiques qui est moindre alors est-ce que c'est un argument suffisant ?

Peut-être pas mais on se rend compte tout de même que quand vous avez des états-majors qui choisissent uniquement les membres du Parlement ça peut créer de vraies distorsions de problématiques et de représentations c'est peut-être pas si mal d'avoir une forme d'ancrage sur le terrain la fin du cumul des mandats là-dessus a créé des effets très paradoxaux C'est ce qui se passe

32:26
Présentateur

pour les élections européennes où finalement les partis choisissent leurs candidats la liste est ainsi faite c'est un objet de négociation pendant des semaines et à la fin les députés européens n'ont aucune circonscription n'ont aucun ancrage et n'ont aucun terrain donc au fond ce serait une situation similaire dans les grands départements dans les grandes régions si tout ça a été laissé à Paris pour le coup les élus européens vous ne les voyez jamais dans leurs circonscriptions puisqu'ils n'en ont pas il y a Caroline sur Whatsapp qui nous dit ceci je suis enseignante et j'étais d'ailleurs dit-elle gréviste aujourd'hui très inquiète de l'état de l'école pour mes élèves je le suis encore plus après ce discours qui a fait l'impasse sur la jeunesse et sur l'éducation priorité essentielle y a-t-il un pilote dans le navire nous demande Caroline sur l'éducation j'ai trouvé ça assez intéressant il dit à la fois c'est toujours une priorité mais c'est pas la peine non plus d'aller faire une grande réforme oui c'est ça il dit pas de grande réforme c'est-à-dire que tant qu'il peut échapper au parlement et à la procédure législative Michel Barnier va essayer de le faire on peut faire beaucoup de choses dans l'éducation sans passer par la loi donc il a peut-être ça en tête le premier ministre quand il dit ça mais effectivement ça reste quand même assez flou sur tout ce qui concerne l'école et en fait c'est plutôt en écoutant Gabriel Attal ensuite qui avait par moment l'air de faire un contre-discours de politique générale qu'une ligne sur l'éducation nationale semblait affirmée ce qu'il dit peut-être aux enseignants c'est on sait combien il y a eu de ministres de l'éducation nationale ces derniers temps ça a quand même beaucoup défilé Jean-Michel Blancard est quand même resté 5 ans oui c'est vrai mais depuis il y en a eu 3 depuis il y en a eu 3 puisque Gabriel Attal est devenu très très vite premier ministre puisque Nicole Belloubet derrière

34:16
Intervenant

avant Papendiaï

34:18
Présentateur

un raté avec il n'y a pas eu un raté éducation nationale avec l'ancienne ministre des sports que j'ai déjà oublié ou Déacastera merci donc ça commence à faire donc j'entends qu'on dise aux enseignants en ce moment repos sur la grande réforme ça dit aussi ça quand même oui bien sûr après en plus Gabriel Attal parle en tant qu'ancien ministre de l'éducation et proche de l'actuel ministre Anne Jeuneté qui l'a poussé au ministère de l'éducation nationale et donc le lien est direct en effet c'est le domaine où justement il était très fier de pouvoir interdire la BAYA sans aucune loi et à partir d'une circulaire et c'est ce qu'il imagine projeté il est question des professeurs à la retraite c'est ce qui fait aussi réagir j'imagine une partie des auditeurs mais c'est vrai que le survolon à la base du volontariat c'est comme le travail le dimanche mais en effet il a été question pour faire face au manque de profs d'appeler les professeurs en retraite j'ai une dernière question il nous reste une petite minute à tous les trois de Mitch que je vais soumettre à votre sagacité qui dit ceci Michel Barnier est-il un vrai prestidigitateur nous avons plus de questions après qu'avant son discours de clarification est-ce donc un recrutement réussi qu'est-ce qu'on dit à Mitch à Yvonne Trippenbach oui il est assez fort parce que justement Michel Barnier son risque c'était de froisser à la fois ses alliés et ses opposants donc bon il échappe aux premiers obstacles qui se présentaient à lui mais encore une fois ça reste le Premier Ministre donc on va forcément avoir des clarifications dans les semaines à venir et là ça fera peut-être bouger les lignes on aura des clarifications après j'imagine la semaine prochaine avec le budget mais c'est ça après la semaine budget il y aura le budget puis c'est ensuite que l'on va commencer à voir clair

36:09
Intervenant

avec le budget puis beaucoup de choses passeront ça a été évoqué sur l'éducation mais par voie réglementaire donc on n'aura pas forcément de grand texte mais on aura quand même une orientation globale du gouvernement et ensuite en effet son objectif dans ce discours de politique générale c'était de tenir de ne pas ouvrir la voie et le flanc à une motion de censure ce en quoi il a réussi en ne disant pas grand chose mais en mettant une heure et demie pour le faire

36:28
Présentateur

est-ce qu'on y croit ce sera la dernière question vous avez 8 secondes pardon Maxence on y croit à l'idée de rediscuter un peu au moins avec les syndicats de la réforme des retraites ou pas ? sur quelques points ou la supermarge sur quelques points ça sera sans doute possible mais ça offrira d'autres téléphones à qui le dites-vous ? allez merci à tous merci pour vos questions merci d'avoir joué le jeu à très vite