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Audition parlementairePublic Sénat (sur YouTube)· 26 mars 2026 88 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Situation au Moyen-Orient : débat au Sénat

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 43 %Attaque 40 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Quels sont les moyens militaires déployés par la France au Moyen-Orient ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Comment le gouvernement compte-t-il atténuer l'impact de la hausse des prix de l'énergie sur les Français ?

  • 13:10RelanceRéponse directe

    Pourquoi la France ne participe-t-elle pas directement aux frappes militaires dans la région ?

  • 16:20RelanceRéponse partielle

    La France condamne-t-elle explicitement les frappes israélo-américaines ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Premier ministreFait
    « Il n'y a pas aujourd'hui de risque de pénurie pour notre pays. Nos approvisionnements sont sécurisés, nos stocks sont mobilisables. »
  • 10:10Premier ministreFait
    « La baisse de la TVA est une mesure inefficace et ruineuse pour les finances publiques comme à la fin pour les consommateurs. »
  • 0:15Fait
    « les dégâts collatéraux, y compris pour les Iraniens, ont-ils été mesurés ? La réponse est il n'y a pas de stratégie et les dégâts collatéraux sont passés par pertes et profits. »
  • 0:25Fait
    « Trump s'est assis sur les avertissements des rares qui ont eu le courage de lui dire ce qui allait à l'évidence se passer. »
  • 0:35Fait
    « le blocage du détroit d'ormous, l'extension de la guerre à tout le proche-orient et enfin les contre-coups dans le monde entier. »
  • 0:45Chiffre
    « L'Iran disposait de 6000 kg d'uranium enrichi, soit 30 fois plus que la limite fixée par l'accord qui avait été trouvé il y a 10 ans. »
  • 0:55Fait
    « le temps nécessaire à la constitution d'une bombe avait été fixé par ce même accord à une année, il était avant la guerre des 12 jours de quelques jours seulement. »
  • 1:15Fait
    « aucun pays européen ne s'est déclaré comme partie prenante à cette guerre et qu'aucun pays européen n'y participe d'une manière ou d'une autre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans 100 % Sénat. Après 3 semaines de conflit au Moyen-Orient, le Premier ministre participait hier soir à un débat au Sénat.

L'occasion de répondre aux inquiétudes sur la hausse du prix du carburant. On réécoute ensemble ce débat. Ce qui se joue aujourd'hui au proches et au Moyen-Orient n'est pas une crise lointaine.

Ce n'est pas une crise de plus. C'est une guerre qui s'étend, qui frappe des infrastructures civiles, qui menace la sécurité maritime et qui déstabilise durablement toute une région et qui peut aller jusqu'à une forme, on le sait et on peut le redouter, de globalisation. Ce serait facile dans un tel moment de s'abandonner au découragement et de peindre l'avenir en noir.

Facile de décrire un monde livré à la force brute, à la loi du plus fort, à la domination des rapports de puissance. facile de dire une humanité toujours plus dépendante des malédictions de l'or noir. Ce serait vrai mais ce serait insuffisant car le rôle du gouvernement n'est pas de commenter le chaos du monde, il est d'agir, d'agir pour protéger les Français, d'agir pour défendre les intérêts de la nation, d'agir avec nos partenaires et d'assumer devant vous les conséquences complexes que cette situation impose à notre pays.

Car oui, cette crise nous concerne directement. Elle nous concerne par les centaines de milliers de français présents dans la région. Elle nous concerne par nos forces déployées.

Elle nous concerne par nos partenaires stratégiques avec qui nous avons des intérêts communs. Elle nous concerne par la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération nucléaire. Elle nous concerne par la liberté de navigation et elle nous concerne enfin par l'énergie et donc par notre économie et le pouvoir d'achat des Français.

Elle interroge aussi profondément nos dépendances et de cette réalité découle pour la France deux conséquences immédiates et concrètes. La première est militaire, la seconde est énergétique. La première conséquence est militaire parce que la France est présente historiquement dans la région parce qu'elle agit parce qu'elle doit assumer ses responsabilités globales.

Aujourd'hui, plus de 5000 soldats marins et aviateurs sont engagés au proches et au Moyen-Orient. Au sud Liban, 700 militaires français sont engagés au sein de l'opération de maintien de la paix de la finule. Nous sommes aussi présents en Irak et en Jordanie avec l'opération chamale de lutte contre Daesh et de formation de nos partenaires.

Nous avons des accords de défense avec le Qatar, le Kuwait et les Émirats arabes unis. Dans ce dernier pays où la ministre était récemment, 1000 militaires sont déployés au sein d'un régiment curasscier d'une base navale et d'une base aérienne. Dès le début de la crise, des capacités aériennes et des moyens de défense sol air ont été envoyés en renfort.

Ils ont contribué à la protection de l'espace aérien, notamment des Émirats. Enfin, la Marine nationale engage un volume de bâtiments important articulé autour du groupe aéronaval Charles de Gaulle, de Frégat et de P de porte hélicoptère amphibie. Ils sont déployés en Méditerranée orientale, en mer rouge et dans l'océan Indien.

Ils assurent des missions de renseignement, de surveillance et de protection en mer et dans les airs, c'est-à-dire de réassurance au profit de nos alliés et partenaires de la région. La France est un partenaire fiable, on le dit souvent. Nos armées sont réactives.

Peu d'armées, mesdames et messieurs les sénateurs, sont capables de se déployer comme les nôtres. La France l'a fait et si la France est écoutée, c'est parce qu'elle est sur place. Et bien souvent, on finit en de pareilles circonstances par n'écouter que ceux qui sont effectivement sur place.

Ce choix a un sens, mais il a aussi clairement un prix. Et c'est précisément pour cela que nous devons en tirer toutes les conséquences. Je veux ici remercier le parlement d'avoir adopté il y a 3 ans la loi de programmation militaire.

Entre 2017 et 2027, le budget de nos armées, vous le savez, aura doublé. Ce n'est pas un détail, c'est un choix stratégique. C'est un choix structurant.

Mais ce choix doit être aujourd'hui amplifié. La guerre au proches et au Moyen-Orient comme celle en Ukraine nous montre une chose simple, le retour des conflits de moyenne et haute intensité et avec lui le retour des exigences de masse, d'agileté, de vitesse, d'endurance, mais aussi en même temps de saut technologiques aussi brutaux qu'essentiels, sans oublier les fonctions de soutien et de préparation des forces qui ont hélas trop fait les frais des décisions prises au début des années 2000. Mesdames et messieurs les sénateurs, il faut accélérer l'examen de la loi de programmation militaire.

C'est pourquoi elle sera actualisée dès le mois d'avril. Elle sera présentée par la ministre des armées au conseil des ministres du 8 avril prochain, inscrite la semaine du 4 mai à l'Assemblée nationale et ici même le 1er juin au Sénat. Je remercie les parlementaires et particulièrement vous, monsieur le président Cédric Pin, d'accepter cette accélération et cette modification du calendrier.

Mais vous le savez, nous ne pouvons pas faire autrement et surtout nous ne pouvons pas attendre. L'urgence, ce sont évidemment les munitions. Nous prévoyons d'investir 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commande entre 2026 et 2030 qui s'ajoute aux 16 milliards d'euros de la loi de programmation militaire votée en 2023, monsieur le rapporteur Christian Cambon.

C'est indispensable et c'est colossal. Au total, c'est comme si le budget annuel des armées au début des années 2000 avait été exclusivement consacré à l'achat des seules munitions. Cette programmation militaire aura ainsi consacré aux munitions un effort financier quatre fois plus important que la précédente.

L'effort portera aussi sur la défense sol a le meilleur système de défense au monde sur l'alerte avancée sur les drones et en particulier la lutte antidrone dont les drones intercepteurs et les munitions téléopérées qui doivent pouvoir être enfin produit en masse et à coup maîtrisé. Car nous devons revoir désormais profondément nos modèles quand un drone à quelques milliers d'euros mobilise un missile à plusieurs millions d'euros. C'est toute notre conception de l'armement qu'il faut repenser.

C'est un des enseignements de cette guerre. Comme pour l'Ukraine, plusieurs sociétés innovantes françaises sont en capacité de produire des drones intercepteurs. J'inaugurai avec la ministre des armées dans les sones dans les prochaines semaines une nouvelle usine de production d'où sortiront des milliers de drones par mois.

C'est un des effets des décisions que nous avons prises. Nous envoyons enfin le résultat. Quantité et qualité, coût et efficacité, innovation et rapidité, munition de saturation mais aussi munition de précision et donc de décision.

C'est un enjeu militaire, c'est aussi un enjeu industriel et donc un enjeu de souveraineté. Et mesdames et messieurs les sénateurs, cette priorité appelle désormais de nouveaux investissements urgents. D'abord pour aider à la transformation de notre industrie civile avec un nouveau plan industrie dual de 300 millions d'euros pour relocaliser des chaînes de production de composants critiques utiles à la défense, pour en moderniser d'autres et pour aider les industries civiles à investir dans l'innovation de défense.

Les industriels prennent des risques pour la défense du pays. Donc l'État doit les aider davantage. Les ministres présenteront précisément ce plan dans les tout prochains jours.

Ensuite avec la création imminente de la plateforme France France Munition qui sera un grossiste de munition pour répondre aux besoins des armées françaises mais aussi de nos alliés et clients à l'export. Elle permettra de massifier les commandes aux industriels, donc d'accélérer enfin la transformation de l'outil de production industrielle et finalement d'augmenter la production de munition en France. C'est indispensable.

Le financement devra être assuré à la fois par l'État de l'argent public mais aussi par des investisseurs privés car ils ont aussi une responsabilité dans les fort de réarmement. D'autres mesures seront présentées par les ministres de l'économie et des armées dès demain. C'est la première fois depuis très longtemps que les ministères civils se mobilise autour de celui des armées.

C'était une des conditions pour réussir. Nous y sommes enfin arrivés. Cet effort passera aussi par une mobilisation européenne car si la défense est une affaire de souveraineté et donc relève de la seule compétence des États, il serait par ailleurs absurde dans un marché commun de ne pas organiser entre États européens une stratégie industrielle et financière cohérente.

La base industrielle et technologique de défense européenne est une nécessité. Elle est aussi une opportunité pour la France car nos industries doivent se montrer plus offensives auprès de nos voisins immédiats. Il n'y a pas de fatalité et elles doivent adapter une bonne fois pour toutes leur stratégies vis-à-vis de nos voisins et clients potentiels.

Alors, pourquoi ces décisions comptent-elles aujourd'hui ? Parce que si la France est présente en Méditerranée, dans le Golf, au Liban, à Djibouti, en Roumanie, dans la Baltique, c'est parce que des décisions ont été prises hier par nos grands anciens. Nous ne décidons jamais seulement pour aujourd'hui.

Nous décidons pour les crises de demain. Nous décidons jamais pour le temps d'une gestion de crise ou d'une guerre, mais aussi pour les suivantes et pour le temps long. Au fond, la conclusion est simple.

Si nous voulons être indépendants conformément à l'héritage gauliste, nous devons être capable de nous défendre par nous-même. Et si nous voulons être capable de nous défendre, nous devons investir encore davantage pour maintenant et pour demain. Mais cette réponse ne peut pas être seulement budgétaire, elle est aussi organisationnelle, elle est aussi juridique, elle est aussi nationale et donc politique, intellectuelle et culturelle.

Car la réalité des crises contemporaines est claire. Elles sont rapides, hybrides, imprévisibles. Elles mêle le militaire, l'économique, le cyber, l'informationnel.

Elle vise nos intérêts mais aussi notre capacité collective à réagir. Elle se cumule plus qu'elle ne se succède. Face à cela, l'État doit être prêt.

C'est le sens du nouveau régime d'état d'alar de sécurité nationale que nous vous proposerons dans la loi de programmation militaire. Un nouveau cadre qui permettra, en cas de menace et lorsque les circonstances l'exigent, d'adapter temporairement nos règles pour accélérer les décisions, simplifier les procédures, élever les blocages qui ralentissent aujourd'hui la conduite de nos projets stratégiques. C'est le sens d'autres mesures qui vous seront proposées par le gouvernement sur la lutte anti-drone, la gestion des stocks stratégiques ou des réserves pour lesquelles nous poursuivrons nos efforts.

Car mesdames et messieurs les sénateurs, il ne serait pas acceptable que face à une menace imminente, la nation soit entravée par ses propre lenteur. Nos compétiteurs ne s'imposent pas ces contraintes. Nous ne pouvons pas être les seuls à nous les imposer lorsque notre sécurité est en jeu.

Il ne s'agit certainement pas de remettre en cause l'état de droit. Il s'agit de lui donner les moyens d'être efficace en temps de crise. Cela vaut pour la production de munition.

Cela vaut pour les programmes industriels de défense. Cela vaut aussi pour la mobilisation de nos capacités civiles et militaires. Au fond, il s'agit d'une même exigence.

Adapter un état conçu pour le temps de paix à un monde qui ne l'est plus tout à fait. La mise à jour de la programmation militaire ne sera donc pas que budgétaire. Elle viendra tirer aussi des conclusions plus profondes sur notre propre organisation, notamment entre l'État militaire et l'État civil pour nous adapter aux crises actuelles et futures.

Mesdames et messieurs les sénateurs, la deuxième conséquence, je le disais, est évidemment énergétique car le premier effet de cette guerre pour les Français, c'est évidemment le prix de l'énergie. Nous le disions cet après-midi lors de la séance de question gouvernement. Mais pour bien comprendre ce qui se joue, il faut remettre de l'ordre et de la clarté sur le constat de ce qui se passe.

D'abord, nous sommes face à une crise de volatilité des cours, une volatilité liée à l'imprévisibilité des acteurs de ce conflit, une volatilité liée à l'incertitude sur sa durée, une volatilité enfin alimentée par des comportements spéculatifs qui amplifient les mouvements de marché et importe donc une inflation. venu de l'extérieur. Mais au fond, cette crise est avant tout et pour l'instant une crise de la circulation.

Car ce qui est en cause aujourd'hui, ce sont les routes maritimes, c'est la liberté des tancaires, ce sont les flux. Le détroit d'Ormous par lequel transite une part essentielle du pétrole et du gaz mondial est plus que sous tension, vous le savez. Les déclarations d'hier de l'Iran sur le passage désormais possible des navires non hostiles, je cite, est peut-être un signe d'un changement de phase dans cette crise.

Il nous faut bien entendu rester vigilant pour ne pas dire plus. Les déclarations les plus contradictoires s'enchaînant presque sans trêve depuis plus de 3 semaines alimentant précisément cette volatilité des prix. Et nous devons tout faire pour que cette crise de circulation ne devienne pas une crise de la production.

Car si les infrastructures énergétiques venaient à être durablement frappées dans la région dans une escalade tant verticale qu'horizontale, alors nous changerions de nature de crise. Nous basculerions dans une crise plus profonde, plus durable, beaucoup plus difficile à maîtriser. Mais je veux être très clair devant la représentation nationale.

Il n'y a pas aujourd'hui de risque de pénurie pour notre pays. Nos approvisionnements sont sécurisés, nos stocks sont mobilisables. Notre système tient.

Nous ne sommes pas dans la même situation qu'en 2022 ou 2023 où nous avions une dépendance vis-à-vis de la Russie et où notre parc nucléaire aujourd'hui est dans une situation de rendement bien supérieure par rapport à 2022. Nous sommes mesdames et messieurs, les sénateurs face à un problème de coût de l'énergie, pas un problème d'accès à l'énergie. Et c'est précisément sur ce terrain que le gouvernement oriente et adapte son action.

Il agit évidemment en aval, là où les Français subissent directement les effets de la crise. Nous avons engagé un travail étroit avec les distributeurs pour maîtriser les marges et éviter tout effet d'oben. Nous disposons d'outils de coercition mais le dialogue a été privilégié et il a produit des résultats.

Je veux poser néanmoins un principe simple et le redire ici même. Les prix ne peuvent pas monter très vite quand les marchés s'emballent et redescendre plus lentement quand ils se détendent. C'est une question de respect du consommateur et ce principe nous le ferons respecter.

La DGCCRF est pleinement mobilisée. Je salue le travail des agents. Les contrôles sont massifs et je le reduis je le redis, ils ont produit leurs effets et nous n'hésiterons pas à utiliser tous les outils à notre disposition si cela est nécessaire. les ministres ayant préparé les différents outils et décrets.

Mais nous agissons aussi sur la chaîne de production et de transformation. C'est le sens de la décision qui a été prise de permettre à la raffinerie de Gravenchon d'augmenter ses capacités parce que dans une crise comme celle-ci, chaque maillon compte approvisionnement, raffinage et distribution. Mais je veux également évacuer une piste d'emblé.

Aucun chèque général, aucune mesure globale à l'aveugle ne seront efficaces dans la crise actuelle. Cela a été tenté par le passé. C'est très coûteux pour les finances publiques et derrière un chèque très vite se cache en général un impôt ou une répercussion très grave pour les déficites publics.

Pour ceux parfois avides de mimer ce que font nos voisins européens, nous l'avons aussi entendu aux questions gouvernement cet après-midi, je rappelle que l'Italie a annulé des crédits du ministère de l'éducation nationale, de l'intérieur et de la santé pour financer ces mesures de remise à la pompe. C'est aussi une leçon que nous avons collectivement tiré des débats budgétaires, je crois de cet automne dernier. Beaucoup de propositions ont été faites ou refaite ou redit pour baisser le coût de l'énergie.

Certains veulent réduire la TVA sur l'énergie. D'autres pays l'ont tenté, notamment la Pologne en février 2022. Au final, vous le savez ou je vous le rappelle, la TVA a été captée par les acteurs intermédiaires et le prix à la pompe n'a pas bougé.

Pire, quand la TVA a été rétablie, les prix ont augmenté car les intermédiaires ont conservé leur marge. La baisse de la TVA est une mesure inefficace et ruineuse pour les finances publiques comme à la fin pour les consommateurs. D'autres proposent de revenir à la taxe flottante sur les produits énergétiques mieux connus sous son acronyme de TIPP.

Je veux rappeler que cette expérience a coûté 2,7 milliards d'euros aux finances publiques pour un effet moyen de 2 centimes d'euros seulement par litre. L'efficacité d'une telle manœuvre est donc quasi nulle. La Cour des comptes avait ensuite estimé que cette mesure avait engendré une perte de 600 millions d'euros sur l'année ou la seule année 2004 pour une raison simple évidente quand le prix augmente les quantités vendues diminuent.

Une nouvelle fois, la classe politique, me semble-t-il ne peut pas ne pas tenir compte des expériences passées et des retours d'expérience qui vont avec. Pour autant, il n'est pas question d'abandonner les acteurs, les Françaises et les Français les plus exposés. Les pêcheurs, directement frappés par la hausse du carburant, font l'objet de premières mesures d'urgence avec des dispositifs de trésorerie, des reports d'échéance et un accompagnement renforcé.

C'est demandé au ministre compétent d'aller plus loin. La Commission européenne a été saisie ce jour pour un certain nombre de projets de mesure et le Conseil de lundi doit nous permettre d'avancer. Les agriculteurs confrontés à la hausse des prix du carburant mais aussi du prix des engrais sont également soutenu et au-delà de l'urgence nous préparons un plan enrais pour réduire notre dépendance et renforcer notre souveraineté agricole.

Ce plan vise à limiter les besoins d'apport en engrais, à substituer autant que possible des apports organiques par rapport aux engrais minéraux et à produire en France enfin des engrais minéraux décarbonés. Il faut le dire, nous avons du retard en la matière. Cette crise doit nous permettre de le rattraper.

D'autres secteurs sont également concernés. Je pense notamment aux professionnels de santé libéraux, aux secteurs industriels comme la chimie, fortement exposé, vous le savez, au coût de l'énergie. Des annonces ont été faites, d'autres viendront.

Car mesdames et messieurs les sénateurs, dans une crise de cette nature, il faut savoir adapter nos réponses en permanence. Il est évident que la crise va évoluer et il va nous falloir collectivement être très souple et très adaptable. J'ai demandé à l'ensemble des ministres de se préparer à tous les scénarios, y compris les plus difficiles ou les plus graves.

Mais il faut aussi dans le même temps tordre le coût à une idée fausse peu, il est vrai, relayé dans cet hémicycle davantage de l'Assemblée nationale. Non, l'État ne profite pas de cette crise. Déjà, car l'État, faut-il le rappeler, c'est la nation tout entière.

Ce qui pourrait, c'est la deuxième chose qu'il faut rappeler, être perçu comme un gain d'un côté et compensé tout le temps par une perte avérée de l'autre par ailleurs. Soutien aux filières, dépenses publiques supplémentaires, impact sur l'activité économique dans la baisse de la consommation et inévitablement diminution des rentrées fiscales. D'ailleurs, sous le contrôle du ministre de l'économie et des finances, les prévisions de l'INC publié hier table sur un ralentissement de la croissance de 0,3 % à 0,2 % sur les deux premiers trimestres.

Enfin, la crise fait monter les taux d'intérêt souverains. Il devient déjà plus cher pour la France d'emprunter pour financer sa dette. Le taux d'emprunt de la dette française a augmenté de 15 % depuis le 27 février dernier.

C'est pourquoi nous prendrons un engagement simple, la transparence totale en la matière. Elle permettra de répondre aux questions, de dissiper les doutes, d'entraver les fantasmes ou les mensonges qui nuissent au consentement à l'impôt et porte atteinte, je le dis clairement, au patriotisme. Car les seuls profiteurs de cette crise sont les pays producteurs d'énergie fossiles dont nous sommes malheureusement encore trop dépendants.

Et celles et ceux qui pointent du doigt l'État sont les mêmes qui il y a seulement de cela 3 semaines refusaient la décarbonation de notre modèle énergétique. Ceci étant dit, le parlement sera donc pleinement associé. Une première restitution interviendra dès le mois d'avril et chacun pourra juger sur pièce de la réalité des effets budgétaires de cette crise.

Mais je le dis aussi clairement, chacun devra partager la contrainte car les choses ne sont jamais aussi simples qu'elles sont parfois présentées par certains, surtout entre deux campagnes électorales. Mais au-delà de la gestion immédiate, cette crise, je le disais, nous rappelle une réalité plus profonde. Notre dépendance aux énergies fossiles demeure trop importante et c'est pourquoi la réponse ne peut pas être uniquement conjoncturelle, elle doit être stratégique et de long terme.

Car hélas, les deux guerres que nous connaissons ne sont que le début de nombreux dérèglements. Le monde que nous avons connu avant 2022 aas vécu et nous devons hâter la transformation structurelle de notre économie mais aussi de nos usages. Depuis des années, la France fait un choix clair.

Le nucléaire et les énergies renouvelables. Les deux. Parce qu'il nous faut une électricité abondante, parce qu'il nous faut une électricité décarbonée, parce qu'il nous faut une électricité souveraine.

La programmation plusannuelle de l'énergie s'inscrit dans cette logique. Elle doit être non seulement tenue, mais elle doit être aussi accélérée. Hier, une crise de cette nature aurait mis immédiatement notre économie à terre.

La guerre en Ukraine l'a déjà montré. Beaucoup pensaient que l'Europe ne pouvait pas se passer du gaz russe. Elle l'a pourtant fait.

Pourquoi ? Parce qu'il y a eu anticipation, parce qu'il y a eu coordination, parce qu'il y a eu solidarité. La leçon est claire.

Seule l'indépendance énergétique protège durablement et les déclarations américaines de cette nuit nous renforcent dans cette conviction et nous incite à aller plus loin et beaucoup plus vite. La décarbonation n'est pas seulement une exigence climatique, c'est une exigence de souveraineté, donc de liberté. Chaque français peut s'en rendre compte à la pompe, produire davantage chez nous, électrifier nos usages, réduire nos dépendances.

Tirer les leçons de la crise, c'est investir utilement l'argent des Français pour les protéger et certainement pas de dépenser de l'argent du contribuable pour financer l'économie fossile de pays lointains. C'est arrêté de subir ni cette crise ni les suivantes car on le sait malheureusement il y en aura d'autres. Comme je l'ai annoncé lors de la publication de la PPE, il y aura un plan d'électrification des usages afin de diminuer nos dépendances aux hydrocarbure dans le logement, dans la mobilité, dans l'industrie ou l'artisanat.

Un plan sera présenté la semaine prochaine pour décarboner la mobilité des particuliers, des artisans, des professionnels ou encore pour réduire la dépendance aux hydrocarbures de certaines filières. Au fond, c'est toujours la même logique. Tirer de chaque crise non pas seulement des mesures d'urgence, mais des décisions durables.

Parce que là encore, nous ne décidons pas seulement pour aujourd'hui, nous décidons pour les crises de demain. Mesdames et messieurs les sénateurs, agir ici tout de suite avec des mesures d'urgence, agir ici tout de suite pour demain avec les mesures qui anticipent les crises du pétrole à venir et qui seront désormais, nous le savons, plus personne ne peut le nier à répétition. agir là-bas à la source, aux proches au Moyen-Orient pour protéger nos ressortissants, nos intérêts et nos valeurs.

Face à cette situation, la France n'est pas spectatrice. La France est une puissance responsable et en tant que telle, elle agit. Elle agit diplomatiquement en permettant des scénarios de des escalades.

Elle agit, monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, au Conseil de sécurité des Nations- Unies. Elle agit avec ses partenaires européens qui ont affiché une position commune. Elle agit en tant que présidente du G7.

Elle agit sur le terrain au côté de ses partenaires et ses alliés. et elle propose l'arrêt des frappes notamment contre les infrastructures civiles, une solution diplomatique globale, la cessation des hostilité au Liban, le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, le renforcement de l'armée libanaise, une solution politique. Et je vais saluer les décisions particulièrement courageuses prises ces derniers jours et ces dernières semaines par les autorités libanaises.

Pouvons le dire, ces décisions sont historiques. Dans tous les cas de figure, une fois cette guerre achevée, il faudra nous reposer la question de la présence internationale au Liban, pays dans lequel la ministre déléguée se rendra tout prochainement. Et lorsque les conditions seront réunies, la mise en place d'une mission internationale destinée à garantir la liberté de navigation dans les détroits d'Ormous dans une logique de protection comme nous avons su le faire pendant plusieurs mois en mer rouge.

Mais je veux être clair, la France n'est pas partie au conflit. Elle ne participera pas à des opérations de guerre pour ouvrir ce Détroit par la force. Elle ne se laissera pas entraîner dans une guerre qu'elle n'a pas choisie.

Mais elle est prête à prendre ses responsabilités pour sécuriser les routes maritimes dans le cadre du droit international et avec ses partenaires, car c'est son rôle de membres permanents du conseil de sécurité et de grande puissance maritime mondiale. Enfin, mesdames et messieurs les sénateurs, je veux dire un mot pour conclure de nos ressortissants. Près de 400000 français sont présents dans la région, résidents ou de passage.

Le qu d'orsé, nos ambassades, nos consulats sont pleinement mobilisés pour les protéger et les accompagner, les aider à revenir en France. De nombreux vols ont été affrêté pour leur retour en France. D'autres sont encore prévus.

Nos agents consulaires sont mobilisés depuis le début de la crise et continueront de l'être jusqu'à son terme. Je veux les en remercier. Mesdames et messieurs les sénateurs, au fond, cette crise pose une question simple.

Le monde peut-il encore être organisé autour de la sécurité collective, du multilatéralisme et quelles sont les nations encore capable de les défendre ? La France, je le crois dans sa permanence en est une parce qu'elle a une politique de défense, parce qu'elle a une politique étrangère, parce qu'elle a une politique énergétique, parce qu'elle a une politique de partenariat qui refuse l'alignement, parce qu'elle veut agir concrètement là où d'autres pays se condamnent malheureusement à commenter. Et pour reprendre les mots du président de la République, pour être libre, il faut être puissant.

À nous collectivement et queles que soient nos convictions politique sur ces bancs de continuer d'en tirer toutes les conséquences pour la République et pour la France. Je vous remercie. Merci monsieur le Premier ministre.

Dans la suite du débat, la parole est aux orateurs des groupes. Tout d'abord, le président Cédric Perin pour le group républicain [applaudissements] vous avez la parole. Monsieur le président, monsieur le président, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, en vous entendant, monsieur le premier ministre, j'ai cru que vous aviez changé d'avis et que vous aviez décidé ce soir de lancer le débat sur la loi de programmation militaire que nous avions prévu d'initier au Sénat, mais ce moment viendra et je crois que la soirée était consacrée à la question du proche et du Moyen-Orient.

Et donc, je vais venir sur ce sujet. Et ce qui se joue au proches et au Moyen-Orient depuis le 28 février n'est pas un nouvel accès de fièvre. C'est une crise supplémentaire ni une crise supplémentaire dans une région familière des convulsions les plus violentes.

Ce qui se joue, c'est une déflagration régionale d'une exceptionnelle gravité, un basculement potentiel aux répercussions d'ors et déjà planétaires. Il faut toutefois l'admettre d'emblé. Le cours des événements évolue avec une telle rapidité et dans une telle incertitude qu'il est à cette heure bien impossible d'en percevoir l'issu.

Il est possible en revanche d'en retracer les origines et c'est dans doute sans doute par là qu'il faut commencer par cette vérité première qu'il convient d'affirmer. Oui, la situation actuelle est avant tout imputable à la politique menée depuis un demi-siècle par la République islamique d'Iran. N'oublierons jamais ce qu'elle est un régime totalitaire dont la violence s'exerce à l'extérieur, mais aussi est d'abord contre son propre peuple.

Récemment, la répression sanglante du mouvement femme vie, liberté, celle plus cruelle encore des grandes manifestations du mois de janvier, ont à nouveau éclairé la nature réelle d'un pouvoir fondé sur la peur, la brutalité et la soumission. N'oublions pas non plus sa matrice doctrinale qui depuis 50 ans prêche sans relâche la destruction d'Israël et la haine de l'Occident. Cette idéologie ne s'est jamais limitée à des proclamations.

Elle s'est traduite par des actions concrètes et persistantes. Le développement de capacité balistique de grande ampleur, la poursuite d'un programme nucléaire à vocation militaire, la structuration d'un réseau de proxy dans toute la région. Amas, Esbola outi, milit en Irak.

Tous forment un système cohérent et agissant. Un système organisé, financé et armé par l'Iran. Un système qui n'a eu de cesse de conduire des attaques terroristes contre Israël et qui s'est finalement rendu coupable des atrocités du 7 octobre.

Un système qui de ce fait a enclenché l'engrenage qui nous a conduit à la situation actuelle. N'oublions pas enfin que la nature terroriste du régime iranien et que l'Europe vient enfin de reconnaître après des années d'attermoiement ne se limite pas au Moyen-Orient. Elle se manifeste aussi sur notre continent, dans notre pays avec des dizaines d'attentats réussis ou des joués depuis 1979.

Ce que nous devons nous ne devons jamais oublier, c'est que les molas iraniens, comme l'ensemble de la galaxie terroriste qu'il contrôle, ont du sang frais français sur les mains. Celui de nos parachutistes assassinés dans l'attentat du Dracard de 1983, celui de nos concitoyens morts dans l'attentat de la rue de Renn en 1986, celui il y a quelques jours à peine de l'adjudant chef Arnaud Frion, mort pour la France à Airbille en Irak. À sa famille, à ses frères d'armes blessés, je veux adresser mes pensées les plus fidèles et dire le soutien de la nation toute entière.

Car le deuil des armées est toujours en vérité le deuil de la France elle-même. Et à travers sa mémoire, c'est à l'ensemble de nos forces que je souhaite rendre hommage de la Méditerranée orientale à la mer rouge du Levent au golfe Persique. Elles sont aujourd'hui engagées sur des théâtres exposés et accomplissent leur mission avec un sens du devoir et un courage qui nous oblige.

C'est donc dans ce contexte sous-jacent d'une menace iranienne au long cours devenue existentielle pour Israël avec le 7 octobre et l'accélération de la perspective nucléaire que doit être analysée la guerre en cours. Il est évident que celle-ci, à l'instard de celle du des 12 jours dont elle est le prolongement se situe aux marches aux marges aux marges les plus reculées du droit international. Cela pose des questions légitimes et il serait hasardeux de les balayer d'un revers de main.

Cependant, force également de constater que depuis de nombreuses années, la communauté internationale a tenté par des voies diplomatiques, juridiques ou économique de contenir la menace iranienne. Résolution, négociation, accords successifs, sanctions. Tous ces instruments ont été mobilisés et pourtant aucun n'a permis de ramener réellement l'Iran vers une forme de normalisation, de l'inciter à s'engager de bonnes fois dans la construction d'un environnement régional plus apaisé.

Là encore, ce constat doit être assumé car il éclaire infiné le recours à la force armée. Il faut également souligner un autre aspect tout à fait fondamental. Les frappes israélo-américaines ont suscité un espoir considérable pour beaucoup et avant tout pour la population iranienne elle-même.

Au mois de juin dernier, les bombardements conduits avec une redoutable efficacité par Israël puis par les États-Unis n'avait pas seulement mis en évidence une large supériorité militaire. Ils avaient surtout révélé un incroyable niveau de pénétration de la société et du régime iranien par les services de renseignement israélien. [grognement] Au moment de l'élimination du guide suprême, ce précédent a donc laissé entrevoir la mise en mouvement de possibles relais internes et la perspective d'une chute du régime, non pas uniquement provoquée de l'extérieur, ce qui est toujours à considérer avec la plus grande réserve, mais essentiellement précipité de l'intérieur.

Pendant un temps, cette hypothèse apparut crédible. Mais à mesure que les jours passent, elle semble sétioler. Bien sûr, il convient de faire preuve de prudence.

Le brouillard de la guerre est particulièrement dense et nous ne disposons que d'une vision très partielle des opérations menées. Mais pour l'heure et bien qu'il soit considérablement affaibli, le régime iranien démontre une forte capacité de résilience. Il conserve ses structures et et resserre son emprise sur la population.

Il garde sa capacité de ripost asymétrique et dans une stratégie de guerre perlée plus économe en moyens cherche autant à frapper qu'à durer. Et bien sûr, il maintient le blocage sélectif du D3 d'Ormous, en réalité un raquette à grande échelle et déplace ainsi le centre de gravité du conflit en lui conférant une dimension globale. Et partout dans le monde, les conséquences économiques, vous venez de le dire, monsieur le Premier ministre, sont déjà parfaitement tangibles et demain, si le conflit devait durer, elle pourrait devenir catastrophique.

Or, malgré leur évidente supériorité militaire, Israël et les États-Unis ne paraissent pas à ce stade en mesure de maîtriser et d'orienter réellement le cours des événements. Et pour tout dire, l'administration américaine n'a aucune idée de leur point d'arrivée. Or, en matière militaire, l'absence de cap stratégique se paye cher dans les alliances, dans les opinions, sur les marchés et surtout elle se paye sur le terrain en vies humaines.

L'inquiétude dès lors monte d'un cran car l'histoire contemporaine regorge d'intervention commencé dans l'illusion de la maîtrise et poursuivie dans les affres de l'improvisation. À chaque fois, on entre dans la guerre avec des certitudes, puis on y rencontre des déconvenus et enfin on s'y enlise avec des contradictions et des risques toujours plus grands d'escalade incontrôlé. Dans ce contexte, la position de la France a été définie avec discernement et nous en donnons acte à l'exécutif.

Car si le combat contre le terrorisme et le totalitarisme islamique, c'est est bien et bien est bel et bien le nôtre, il n'en demeure pas moins que cette guerre n'est pas celle de la France, ni celle de l'Europe ou de l'OTAN. D'abord parce qu'elle a été décidée en dehors de tout cadre collectif sans qu'aucune démarche d'information préalable n'a été entreprise. Or, il n'est concevable pour notre pays de s'associer aujourd'hui à des opérations militaires dont il n'a eu à connaître, ni la planification tactique, ni la définition des objectifs.

Ensuite, parce qu'une participation directe dans les conditions actuelles ne ferait que participer à l'élargissement du conflit, ajouter chaos et danger au danger ambiant et exposer nos forces dans un contexte que nous ne maîtrisons pas. À l'évidence, pourtant, nous ne pouvons nous désintéresser de ce conflit qui engage nos intérêts, notre sécurité, nos alliance et plus largement la stabilité internationale. Dès lors, si la France doite à ce stade mobiliser les instruments de sa puissance, c'est avant tout pour confirmer qu'elle est un acteur prévisible, capable d'agir avec constance, un allié fiable, soucieux d'honorer ses engagements, un allié solide, apte à protéger des partenaires, des partenaires qui en l'occurrence s'emploient pour l'instant à contenir le conflit plutôt qu'à l'étendre.

Dans un second temps, n'excluons pas que notre pays prenne toutes ses responsabilités internationales en matière de liberté de navigation, mais dans un cadre qui devra être concerté, agréé et autant que possible maîtrisé. C'est dans cette capacité à conjuguer engagement et maîtrise que résiste aujourd'hui que réside aujourd'hui notre devoir comme notre valeur ajoutée. Et dans la grande recomposition géopolitique que cette guerre ne manquera pas d'engendrer au Moyen-Orient, c'est aussi dans cette ligne de conduite que la France pourra espérer retrouver dans cette région du monde le un peu d'influence qu'elle y exerçait auparavant.

Et puis bien sûr, il y a le Liban, [grognement] éternelle victime collatérale des conflits qui traversent la région. À nouveau, il se retrouve emporté dans la tourmente et dans cette épreuve, il tourne naturellement son regard vers notre pays. Là aussi, soyons clair, en ouvrant un nouveau front contre Israël, le Hzbola porte la responsabilité première de ce nouveau drame libanais.

Et de la même manière que le Hamas a trahi le peuple Gazaoui en l'entraînant siamment vers l'abîme, le Esbola a une nouvelle fois trahi le peuple libanais. Constatons par ailleurs que malgré les résolutions des Nations Unies, malgré la présence indispensable de Na Finule, malgré le cesser le feu et les engagements pris, le Esbola n'a jamais eu la moindre intention de désarmer, de se conformer à un cadre étatique ou de cesser de menacer Israël. Il n'a en réalité jamais eu d'autres d'autres intention que de servir les intérêts du seul maître qu'il qu'il connaissent, le régime de Teran.

Mais il faut également le rappeler, le peuple libanais n'est pas le esbola. Il aspire à autre chose, à exercer sa souveraineté, à garantir sa sécurité, à renouer avec la prospérité. Il aspire à une normalité retrouvée et exprime désormais son ambigu sans ambiguïé sa volonté de tourner la page du Esbolain.

Cette aspiration est une opportunité. Une opportunité fragile mais réelle. Une opportunité que le gouvernement israélien le moment venu ne devra surtout pas faire l'erreur d'ignorer.

Car rien ne serait pire que de franchir la mince frontière qui sépare le courage d'affronter ses ennemis de l'urbis qui viserait une domination militaire sans lendemain politique et qui condamnerait à un état de guerre permanent. Dès lors, la France est dans son rôle lorsqu'elle cherche à établir des canaux de communication et à poser les termes d'une discussion future. Toutefois, il faut le dire avec lucidité, rien n'adviendra tant que l'État libanais demeurera privé des moyens nécessaires pour en finir avec l'emprise du Esbolain.

Restaurer son autorité, présenter des garanties de sécurité crédible à Israël. Enfin, si notre pays a un rôle à jouer dans ce conflit, il a aussi des enseignements à en tirer. Le premier, c'est que l'Atlantique continue manifestement de s'élargir chaque jour un peu plus et qu'il est indispensable pour les Européens d'accélérer leur adaptation face à cette nouvelle réalité.

Le second, c'est que nos nos moyens militaires, eux aussi, doivent accélérer leur MU. Car si les événements confirment l'importance de notre loi de programmation militaire, ils en illustrent aussi les limites. En effet, l'accent mis sur la cohérence de nos armées leur permet aujourd'hui de faire ce qu'aucun autre pays européen n'est en capacité de réaliser, à savoir déployer rapidement des moyens navals et aériens robustes et opérationnels et dès lors faire valoir une véritable autonomie d'action.

Mais dans le même temps, c'est 80 % de notre flotte hauturière qui est aujourd'hui mobilisée en complément de notre unique porteavion. ce qui dégarnit considérablement ces autres théâtres de déploiement. Dans le même temps, c'est le stock de missile antiaérien de nos rafales qui font comme neige au soleil.

Dans et dans le même temps, c'est notre capacité à défendre nos soldats, nos emprises et plus largement nos territoires face aux attaques de drones et de missiles qui apparaît largement perfectible. Tout cela rappelle une évidence que nous connaissons que trop bien. La France est un pays militairement capable mais au moyen trop limité.

Certes, la cohérence est indispensable, mais la masse est fondamentale. Nous n'avions cessé de vous le dire en 2023, monsieur le premier ministre. Nous prenons acte évidemment de votre souhait de créer la plateforme France Munition.

Mais monsieur le Premier ministre, madame la ministre, imaginons juste un instant où en serait aujourd'hui nos stocks de munition si le Sénat avait été entendu en 2023 et que nous avions réellement passé les commandes dont nous avions besoin. Quant à la capacité d'innovation et d'adaptation, pour les matériels comme les doctrines, il s'avère plus que jamais incontournable. L'actualisation prochaine de la loi de programmation militaire devra être l'occasion de s'engager plus avant sur ces axes.

Car rappelons car rappelons-nous que soutenir nos armées, ce n'est pas seulement s'incliner lors d'un lorsque l'un des leurs tombe au champ d'honneur, c'est avant tout leur donner les moyens de protéger, de durer et de vaincre. Je vous remercie. Merci monsieur le président. [applaudissements] La parole est notre collègue Michael Valé pour le groupe socialiste écologiste et républicain.

Vous avez la parole. Merci monsieur le président, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues. Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par citer le New York Times, un journal de référence pour tout bon atlantiste qui se respecte.

Le 5 janvier, le New York Times a clairement tiré la sonnette d'alarme en confirmant une accélération du programme nucléaire iranien et la capacité de Tréran à développer une bombe atomique en moins de 5 ans. C'était le 5 janvier mais c'était le 5 janvier 1995. Le Time Magazine de son côté confirmait, je cite, le caractère extrêmement avancé du programme nucléaire mais c'était en 2003.

Et les mensonges de 2003, nous les connaissons. Cette année-là, Coline Powell, une main sur le cœur et l'autre agitant une fiole d'entraxe, garantissait au monde l'existence d'armes chimiques en Irak. Trump change d'avis et de but de guerre comme de cravate.

Mais ce qui ne change pas depuis des décennies, c'est la capacité des États-Unis d'Amérique à se proclamer garante de la stabilité du monde en déclenchant des guerres illégales sur des fondements fallacieux. Et George W. Bush avait montré la voix.

Rassurons-nous ou inquiétons-nous, l'agressivité américaine n'est pas la seule constante des relations internationales. Le caractère terroriste, sans doute aucun, du régime iranien et de ses affidés, déçoit rarement lui aussi. Ne serait-ce que ces dernières années, nous avons assisté le cœur lourd au massacre d'un peuple par ses propres dirigeants, par dizaines de milliers depuis le début de l'année 2026 et après une répression déjà inédite par son ampleur contre les femmes qui ont montré à tous leurs compatriotes la voix de la résistance.

Au groupe socialiste, nous sommes fiers d'avoir été à cet égard parmi les premiers à demander l'inscription du corps des gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes. Une autre constante depuis quelques années est celle de l'expansionnisme israélien et de la disproportion de ces initiatives. Intensification de la colonisation et volonté d'annexion en six Jordanie, massacres et contrôles des territoires à Gaza, répétition d'opération de contrôle du sud-liban, sont autant de marques de l'UBris. des gouvernements israéliens.

Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, ce qui nous intéresse ce soir, ce n'est pas la revue de presse des malheurs du monde, mais la position de la France, la réalité de ses marges de manœuvre et de sa capacité à peser sur les événements d'une région où sa voix à porté dans un passé encore récent à travers ce qu'on a appelé la politique arabe de la France. La France n'a pas voulu cette guerre. Ceux qui respectent le droit international n'ont pas voulu cette guerre.

Et ceux qui l'ont voulu peinent à la justifier. Car comment la justifier ? Par l'effondrement du régime, outre le fait que l'histoire nous a appris que les peuples n'aiment pas les missionnaires en armes, le cas d'espèce du régime iranien semble infirmer cette possibilité à court terme.

En s'assurant de l'anéantissement des capacités militaires du régime, quels services de renseignement peuvent aujourd'hui le garantir ? Si ce sont les mêmes que ceux qui avaient proclamé le désarmement effectif du Esbola il y a quelques mois, nous sommes autorisés à douter. En garantissant que l'Iran n'atteindra pas son objectif nucléaire militaire, capacité de projection comprise, les déclarations des haut gradés récemment démissionnaires aux États-Unis ont infirmé l'iminence du danger.

Et d'ailleurs, monsieur le Premier ministre, de quelles informations disposez-vous quant à la réalité des capacités de charge nucléaire comme de projection du régime iranien ? C'est ma première question. Si les guerres continuaient à être menées au nom du doute comme les assassinats politiques au nom de l'efficacité militaire, le monde pourrait connaître un embrasement généralisé.

Qu'urait-on dit à l'époque si un dirigeant d'un pays arabe avait frappé avec une frappe évidemment chirurgicale la maison de Coline Powell avec sa famille et d'ailleurs l'assassinat du terroriste n sera là pour quel résultat ? Nous assistons à un de ces moments de l'histoire où les gains de court terme privent les peuples de dirigeants avec la hauteur de vue nécessaire pour construire un long terme enviable. Trump est celui, personne ne le rappelle, qui a mis fin à l'accord sur le nucléaire civil iranien.

Les molas sont de ceux qui choisissent de faire couler le sang de leurs compatriotes plutôt que de perdre leur pouvoir. Et Netaniau sème les germes de la haine sur plusieurs générations plutôt que de chercher la stabilité et la paix par la prospérité. de ses voisins, ils sont très loin les accords d'Abraham.

Cette guerre illégale, je crois que c'est important de le dire. Ce n'est pas seulement une guerre que nous n'avons pas voulu ou une guerre pour laquelle il n'y a pas eu de concertation. C'est une guerre illégale en dehors du droit international. n'apportera ni la liberté aux Iraniens, ni la stabilité aux Libanais, ni la sécurité aux Israéliens et aux États-Unis comme le soulligne nombre d'experts.

Car nous vivons ce moment de bascule où même les formes illusoires de la règle de droit sont pulvérisées à coup de missile patriote par l'ubrice de la puissance militaire. Washington n'a jamais tiré la leçon d'Athène dans la guerre du Péloponise. Imaginant un dialogue entre les habitants de l'île de Mélos et les Athéniens, Tucidi décrit alors que la justice n'entre en ligne de compte dans le raisonnement des hommes que si les forces sont égales de part et d'autres.

Dans le cas contraire, les forts exercent leur pouvoir et les faibles doivent leur céder. Les États-Unis ont pourtant déjà connu ce moment mélien au Vietnam, en Irak et même au Venezuela récemment. cédant à la tentation de régler par la force et le coup d'état ce que le droit international ne permettait pas.

Il y a 2400 ans, le peuple mélien a fini massacré par Athènes. Seuls les femmes et les enfants furent épargnés. Tel pas le cas des écoliers tués par la frappe américaine sur la ville de Minab.

Tel ne fut pas le cas des 3200 iraniens tombés sous les bombes israélo-américaines. Tel ne fut pas le cas des 1100 morts au Liban tués par des frappes israéliennes. Tel ne fut pas le cas des 1000 morts en 6 Jordanie depuis l'automne 2023.

Et aucun de ces morts ne conjurera l'horreur l'horreur absolue du 7 octobre. L'Occident américanisé se veut civilisation. Mais qu'y a-t-il de civilisé à faire passer la guerre pour un jeu vidéo ?

Les publications sur X de la Maison Blanche assimilant les frappes à des jeux sportifs sur Nintendo. Vous pouvez aller vérifier ou celles couplant les images de la guerre à la musique de Star Wars comme le fait l'armée israélienne dans sa communication grand public et officielle sont indignes. La guerre n'est ni un jeu vidéo ni un jeu d'enfant.

Elle est dans les quartiers sud de Beou, le fracas des explosions qui terrorise les civils, contraint de respirer l'odeur du phosphore blanc parmi d'autres substances dont il craignent la composition chimique. La guerre illégale de Trump et Netaniau, c'est déjà la mort d'un soldat de la France, un soldat de trop et nous nous joignons à l'hommage rendu ce soir. Si cette guerre n'a pas de but clairement affiché, si aucune victoire revendicable ne semble apporter de vue, si chaque jour le décomte des morts inutiles croit, alors pour qui et pourquoi cette guerre ?

Pas pour les peuples de la région, eux qui voient la mort en face à chaque bombardement, pas plus pour les peuples européens. Je ne parle pas des Français qui étaient à l'investiture de Trump et qui sont à l'abri, mais je parle du français qui n'a d'autre choix que d'aller à la pompe pour aller travailler. Celui-là même qui a pris de son temps et de son salaire pour occuper les ronds-points en 2018, car c'est le même.

Alors, à qui bénéficie cette guerre ? Pas à l'État, évidemment. Vous l'avez dit, monsieur le premier ministre, et ce genre de délires complotistes ne sont pas dans nos discours fort heureusement.

Mais comme en 2022 aux sociétés pétrolières et gazières et à leurs actionnaires. Madame la ministre de l'énergie a déclaré cet après-midi au Sénat que ce que le contribuable ne payait pas aujourd'hui, il devra le payer demain. Mais de quel contribuable parlons-nous ?

Le capital a toujours besoin qu'on lui torde le bras pour qu'il se montre patriote. Ce n'est pas aux classes populaire de pays les peaux cassés. Y êtes-vous prêt et comment au-delà du dialogue avec les acteurs de l'énergie et des mesures sectorielles ?

C'est ma deuxième question. Et la France et l'Europe dans tout cela. Au Front commun qui s'est formé après l'agression russe de 2022, c'est substitué une cacophonie européenne.

Je cherche la position commune des Européens que vous avez évoqué dans votre discours, monsieur le Premier ministre. La présidente de la Commission européenne se prend pour la chef d'orchestre qu'elle n'est pas. Le chancelier allemand compte à lui soutient la logique de l'attaque israélo-américaine et la rectification faite hier par le président allemand n'y change rien.

Le chancelier n'a pas non plus repris le président américain lorsque celui-ci a proféré des menaces inadmissibles à l'encontre de Pedro Sanchez. J'aimerais savoir votre position, monsieur le Premier ministre, sur ces déclarations comme sur celle beaucoup plus indiquée du président du gouvernement espagnol qui a marqué avec les outils dont il disposait son opposition à une guerre illégale. Où se situe la France entre ces différentes options ?

C'est ma troisème question. Nous saluons évidemment et sincèrement la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU par le président Macron, mais nous regrettons notre timidité diplomatique. D'abord, ni le président Macron ni le gouvernement n'ont condamné l'agression israélo-américaine.

Constater qu'elle se fait en dehors du droit international ne suffit pas. Nous vous donnons l'occasion ce soir d'éclaircir les choses, de les nommer pour ce qu'elles sont et de condamner. C'est ma 4e question.

Ensuite, qu'est-ce qui retient la France d'imposer un rapport de force au gouvernement israélien ? La prudence diplomatique ne peut se confondre avec la naïveté. Monsieur le ministre, pourquoi nous contentons-nous de mesures sans effet telles que des sanctions financières contre les colons violents et les ministres extrémistes du gouvernement israélien ?

L'annexion de facto de la Sjordanie, l'occupation du Sid Liban qui risque de devenir, comme l'a déclaré aujourd'hui Antonio Goutér Gaza et le risque d'épuration dans les territoires palestiniens colonisés. sont ordonné par le premier ministre Netaniaou lui-même. À la suite de votre déplacement, vous avez déclaré, monsieur le ministre des affaires étrangères, que les autorités israéliennes vous avaient assuré qu'elle mettrai tout en œuvre pour préserver les populations et les infrastructures civiles au Liban.

Comment les croire après ce qui s'est passé à Gaza ? Quand on sait que le ministre Smotrich a promis de faire de Darier un nouveau Hanunes, cette ville du sud de Gaza entièrement rasée. Comment dire notre refus de voir le Liban devenir une variable d'ajustement ?

Quel moyen de pression envisagez-vous d'activer si le gouvernement ne respectait pas son engagement, gouvernement israélien, ce qui sera le cas. C'est ma 5e question. Récemment, le président Macron a déclaré, vous l'avez rappelé, monsieur le Premier ministre, que pour être libre dans ce monde, il fallait être craint et que pour être craint, il fallait être puissant.

Mais ajoutons que pour être puissant, il faut être crédible. Monsieur le ministre, la France n'est pas de ces nations qui entre la violence et le droit. La France est crédible dans la reine mondiale quand elle parle au peuple plutôt qu'aux empires et quand elle accorde la parole pardon quand elle accorde ses paroles à ses principes.

Dès lors, condamner fermement l'agression américaine et convaincre nos partenaires européens de faire de même participer du repositionnement du continent européen sur la scène géopolitique. Renouer un dialogue approfondi et constant avec le sud et pas seulement au moment le plus aigu de la crise, nous en avons déjà parlé dans d'autres débats 50-réens est une de ces conditions de notre crédibilité. Dans le cas d'espèce, nous avons besoin de l'Inde, du Brésil et de la Chine pour peser sur l'Iran, pour donner corps concrètement aux exhortations fait à Teran de reprendre le dialogue et qui sont absolument nécessaires.

Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, la guerre en Iran, après les droits de douan l'année dernière, le coup d'état au Vénézuela et les menaces sur le Groenland n'est pas la dernière de nos peines face à Trump. Il est enfin l'heure pour nos amis et partenaires européens de dessiller leurs yeux. Nous devons les y aider car qui d'autre que nous à part peut-être les Espagnols, l'héritage golomitérandien de la France nous permet d'être les plus à mêmes de réagir à ce moment de bascule.

La naïveté serait létale, la renonciation au principe coupable et le monde a besoin de la voix de la France. Nous ne demandons qu'à vous entendre encore plus clairement que ce n'est le cas aujourd'hui. Je vous remercie.

En février 2022, un fou dangereux, ivre de grandeur a allumé en Ukraine une mèche qui a fait exploser un baril de poudre et bouleverser l'ordre mondial. La guerre devait durer une semaine. Elle entre sa 5e année.

En février 2026, un autre fou dangereux a allumé au proche-rient une autre mèche qui remet à nouveau en cause l'équilibre international. La guerre devait-elle aussi durer une semaine ? Un mois plus tard, le monde entier se pose la question : "Qu'est-ce qui va se passer ?" La réponse simple, courte et précise est la suivante : Dieu seul le sait.

Il y a un an ici même, je comparais la présidence de Trump à la cour de Néron. "Je me trompais, c'est la cour des miracles." Un antivax, ancien héroïnomane et ministre de la santé. un climatoceptique, ministre de l'éconologie, un animateur téléalcoolique, ministre des armées, une ancienne agent du Qatar, ministre de la justice, une groupie de Poutine, ministre de la sécurité nationale.

Un proverbe turc dit quand un clown s'installe dans un palais, il ne devient pas roi. C'est le palais qui devient un cirque. Cette fine équipe a décidé de créer un concurrent de l'ONU.

Depuis que son conseil de la paix existe, Trump a déclenché plus de frappes militaires que Biden durant tout son mandat. Chaque fois que la Fre EPSine ressurgit, les bombes explosent quelque part dans le monde et font diversion. Bombarder plus pour gagner plus.

Il n'y a pas un pays où Trump n'est profité de la situation pour s'enrichir sans jamais oublier sa famille. Boeing personnel offert par le Qatar. investissement dans tous les projets du golf ou d'ailleurs, manipulation des cours de bourse dont bénéficie quelques initiés.

Un seul de ces conflits d'intérêt aurait provoqué ici une procédure immédiate de destitution. Mais nous ne sommes pas ici. Nous sommes dans l'Amérique Maga conduite des affaires publiques au service des intérêts privés.

Après les doigts de douane, le Genland, le Groenland, le lâchage de l'Ukraine, l'humiliation des alliés, l'aller-retour inefficace au Venezuela et tant d'autres, une nouvelle aventure insensée commence. Qu'on me comprenne bien, je suis le dernier à me plaindre de la décapitation du régime des Mola et le premier à réclamer la liberté pour le peuple iranien. Mais quelle est la stratégie pour y parvenir et les dégâts collatéraux, y compris pour les Iraniens, ont-ils été mesurés ?

La réponse est il n'y a pas de stratégie et les dégâts collatéraux sont passés par pertes et profits. Tout comme lorsqu'en janvier Trump a appelé les Iraniens à descendre dans la rue pour les laisser ensuite être massacrés par les basij. Après le prétexte de la bombe atomique iranienne imminente contredite par la directrice du renseignement américain elle-même, puis l'argument du changement de régime, c'est Marco Rubio qui finalement crache le morceau.

Nous y sommes allés parce que nous avons suivi Netaniaou. Autrement dit, nous n'avons aucun objectif propre. Trump s'est assis sur les avertissements des rares qui ont eu le courage de lui dire ce qui allait à l'évidence se passer. le blocage du détroit d'ormous, l'extension de la guerre à tout le proche-orient et enfin les contre-coups dans le monde entier.

Dans une dernière intox dont le seul but est de calmer le prix du pétrole et les bourses qui chutent, il annonce que des négociations sont en cours. Le président du parlement iranien dément dans les heures qui suivent. C'est la première négociation internationale où une des parties découvre qu'elle négocie en regardant le journal télévisé.

Les pétroliers sont bloqués dans le golfe. Les Émirats ferment leur espace aérien. Les influenceurs sur la plage à Dubaï supplient qu'on vienne les rapatrier.

Les raffineries et les champs de pétrole sont en feu. Après avoir rassemblé la plus puissante armée du monde, échoué à gagner une guerre contre une puissance moyenne, exploser le prix du pétrole et du gaz et tenu des discours sans que ni tête, le golfeur de Maralago avoue sans honte être stupéfait par la riposte iranienne, pourtant parfaitement prévisible et appelle à l'aide ses alliés qui l'insultaient hier. Et ceuxci lui répondent : "Vous n'avez consulté personne.

Vous n'avez pas de plan et nous n'avons aucune raison de vous suivre à l'aveugle dans le brouillard. Trump, le seul éléphant au monde qui se promène avec son propre magasin de porcelaine, n'a plus le choix qu'entre deux solutions aussi mauvaises l'une que l'autre. se retirer piteusement en prétextant sans convaincre personne avoir atteint ses objectifs ou déclencher l'escalade avec les résultats connu d'avance depuis le Vietnam, l'Irak ou l'Afghanistan, l'endisement et à la fin le départ honteux en laissant le champ libre à l'époque aux communistes, à Daesh ou au taliban.

Le programme le problème de l'Europe, c'est qu'on ne peut stopper un désastre avec de belles phrases en supplayant Israël et le Esbola de ranger leurs armes et en déclarant Cormous n'est pas notre guerre. C'est vrai, mais cela ne fait que souligner notre impuissance. À court terme, la position de la France est la bonne.

Nous ne participons pas à une offensive sans but, sans stratégie et sans visibilité, mais nous tenons nos engagements internationaux en protégeant nos alliés dans le golf et en Méditerranée et en étant prête à concourir à la libre navigation dans le D3. car nous sommes le seul pays européen à avoir conservé des forces aéronavales opérationnelles. [grognement] Cette position doit être soutenu mais il va bien falloir aussi que les 27 commencent à résoudre leurs problèmes urgentes et graves.

Les guerres en Ukraine et au Prochrient nous envoient un message simple et clair. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. De Gaul l'avait compris le premier, voici 60 ans.

Son message a été oublié par les Européens. Il est plus que temps d'en tenir enfin compte. L'Europe a trois défis majeurs.

Garantir sa propre sécurité, produire un système de décision efficace et s'inscrire dans la grande révolution technologique, cognitive et financière du 21e siècle. Sinon, l'alternative sera simple, la vassalisation par nos alliés ou la soumission à nos ennemis. L'objectif devenir une Europe puissance militaire par un réarmement qui se pose une réindustrialisation et des investissements massif.

Devenir une Europe puissance politique avec entre autres l'extension des décisions à la majorité qualifiée. Enfin redevenir une Europe puissance économique et commerciale par la mise en œuvre des rapports dragui et l'État. Tout le monde le sait mais peu de choses se passent.

En 2022, on nous a dit que l'Europe entrait en économie de guerre. 4 ans plus tard, les commandes ne sont pas à la hauteur. La grande œuvre européenne, le marché unique reste loin des objectifs de 93.

Quant à la révolution technologique, nous sommes à des années lumières de la mise en place des instruments financiers indispensables pour rattraper les économies, les États-Unis et la Chine. La France occupe une place paradoxale dans cette problématique. Elle est le pays européen qui comprend mieux la situation, le seul qui ait conservé une armée autre que symbolique et une force de dissuasion.

Mais elle est aussi aujourd'hui après 40 années de démagogie et de promesses intenables en grande difficulté budgétaire. John Adams, le 2e président des États-Unis disait "Il y a deux façons d'inservir une nation. La première par les armes, la deuxième par la dette.

Malgré ces difficultés, vous nous avez annoncé, monsieur le premier ministre, une augmentation sensible des budgets de la loi programmation militaire et une actualisation de ses objectifs après que vous l'ayez déjà fait il y a 3 ans. C'est un effort que je tiens à saluer, mais c'est aussi un défi. La campagne pour l'élection présidentielle commencera bientôt.

La démagogie des deux extrêmes qui ne vont cesser d'appeler à la GAPJ financière et d'expliquer qu'on peut avoir le beurre et l'argent du beurre fera peser sur les candidats raisonnables un terrible handicap. Pourtant, il est impératif de relever le double défi de notre sécurité et la remise en ordre de nos dépenses publiques. La question cruciale qui se pose aujourd'hui est la suivante : comment en convaincre nos concitoyens ?

Depuis 3 semaines, le Moyen-Orient s'embrasse de nouveau. 3 semaines d'escalade continue. 3 semaines durant lesquelles la situation n'a cessé de se dégrader, faisant peser des risques considérables sur la stabilité de toute une région et au-delà sur l'équilibre du monde.

Dans ce contexte, les prises de parole de l'exécutif ont permis d'exprimer la position de la France. Mais il est essentiel et même nécessaire que le Parlement puisse pleinement jouer son rôle, débattre, éclairer, contribuer au choix qui engage notre pays. Ce qui se joue aujourd'hui dépasse de loin une crise régionale.

C'est une rupture profonde, une rupture dans l'équilibre du monde, une rupture aussi dans le respect du droit, une rupture dont nous mettrons des années à mesurer toutes ces conséquences. Face à cela, notre groupe souhaite parler clairement et avec responsabilité. Nous condamnons sans ambiguïé la guerre d'agression menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.

Quel que soit notre collègue Kadi est parti, mais je ne doute pas que ça lui sera rapporté sur notre écoutez, je vais le dire. Quelle que soit notre position intransigente avec le régime iranien, quels que soient les combats que nous menons depuis toujours et nous étions parfois bien seuls pour les libertés, les droits humains et plus particulièrement le droit des femmes, rien ne saurait justifier une telle violation du droit international. La notion de guerre préventive invoquée aujourd'hui ne repose sur aucun fondement solide.

L'histoire pourtant nous enseigne une chose simple. On n'impose pas la démocratie par la guerre. On ne construit jamais la liberté sur la destruction.

La remise en cause des règles communes par les États-Unis et Israël est une attaque en règle à la construction d'un monde moderne pacifié. Ce qui se déroule sous nos yeux est une agression qui franchit des lignes rouges extrêmement graves. Les éliminations ciblées de dirigeants constituent des exécutions extrajudiciaires.

Elles remettent en cause les principes fondamentaux du droit international. Mais plus grave, elle prive le peuple iranien. Celui qui vit en Iran comme celui qui vit en exil, celui qui a dû fuir le régime islamiste.

Elle le prive de jugement, elle le prive de vérité et elle le prive de réparation et donc de reconstruction. Elle fragilise ainsi l'avenir et repousse au lointain la construction d'un Iran pacifié et démocratique. Elles ouvrent de fait une période d'instabilité dont nous ne pouvons aujourd'hui mesurer l'ampleur.

En 3 semaines, le conflit a changé de nature. Il s'est étendu. Le Liban est touché, l'Irak est déstabilisé, les tensions gagnent l'ensemble du golfe.

La logique est celle d'une escalade mais d'une escalade sans fin. Et comme toujours, ce sont les peuples qui paient le prix. Des milliers de morts, des centaines d'enfants tués, des millions de déplacés, des villes détruites, des infrastructures essentielles anéanties.

À cela s'ajoute des risques écologiques majeurs, notamment après les frappes sur des installations sensibles. Nous sommes donc bien face à un danger global, un danger qui dépasse cette région du monde. Et la fermeture du D3 d'Ormous en est une illustration immédiate.

Les prix de l'énergie augmentent, les conséquences se font sentir jusque dans notre pays. Et une question demeure : qui pai ? Qui en profite ?

Nous refusons que la guerre devienne une opportunité de spéculation. Spéculation sur l'essence, le gaz, les engrais, de la pêche à l'agriculture en passant par la plasturgie. Ce sont des pans entiers de notre économie qui sont menacés.

Une menace dont personne ne peut prédire à la durée. Une menace qui pèse sur le long terme car rien ne peut garantir que les spéculateurs d'aujourd'hui seront les bienfaiteurs de demain, faisant revenir les prix à ceux de fin février 2026. La guerre économique est là et nous la subissons.

Et pour combien de temps nos concitoyens vont subir ces hausses ? Pour combien de temps choisir entre se déplacer ou se nourrir va s'imposer à nos concitoyens ? Monsieur le Premier ministre, de nombreux pays européens ont d'ors et déjà pris des mesures diverses.

Que comptez donc vous faire concrètement pour nos concitoyens ? Au-delà de ce qui est en jeu, c'est l'ordre international lui-même. Une ligne de fracture apparaît alors clairement entre celles et ceux qui défendent le droit international et celles et ceux qui s'en affranchissent.

C'est une question qui traverse aujourd'hui l'ensemble de la Communauté européenne internationale. L'Europe a su à juste titre défendre le droit dans d'autres contextes, mais aujourd'hui sa parole apparaît plus hésitante. Cette hésitation fragilise le droit lui-même car le droit n'est crédible que s'il est universel.

Nous faisons pour notre part un choix clair. Le choix du droit, le choix de la justice, le choix de la paix. Et ces choix impliquent des actes concrets.

Refuser toute annexion, sanctionner toute violation de la souveraineté des peuples et ces principes doivent s'appliquer partout, y compris à Gaza, en SJ Jordanie et au Liban. Au Liban qui devient de fait un pays occupé. Ce sont plus de bombes qui sont tombées ces trois dernières semaines que sur l'Iran.

Les souffrances des populations civiles, les destructions massives, les déplacements forcés imposent une responsabilité internationale à la hauteur. Et enfin, quel devenir pour le peuple ukrainien soutenu ici comme ailleurs face à l'agresseur russe alors même que l'interdiction des importations de pétrole russe vient d'être retirée de l'agenda à court terme de Bruxelles. Quel message renvoyons-nous collectivement à nos peuples ?

Y aurait-il les méchants d'un jour et les méchants d'un autre jour ? Enfin, quel avenir pour nos ressortissants Cécile Coler et Jacques Paris. Certes libéré des géoles iraniennes mais toujours assigné à l'ambassade de France.

Que pensz des propos de l'ambassadeur d'Iran en France qui affirme avec un certain cynisme, je cite, qu'il est possible qu'il revienne un jour en France. Face à cette situation, la France a une responsabilité particulière. Membr permanent du Conseil de sécurité, seul pays de l'Union européenne a possédé l'arme nucléaire.

Elle doit porter une voie indépendante, forte et cohérente. Cela implique de ne pas participer à cette guerre, ni directement ni indirectement. Cela implique de garantir que notre territoire ne soit pas utilisé à des fins contraires au droits international.

Cela implique aussi de parler clairement à nos alliés, de dire non quand le droit est bafoué, de dire non à la logique de guerre. Au-delà du au-delà du cesser le feu indispensable, des mesures concrètes doivent être prises. Embargot sur les armes, sanctions, fin des complais avec un certain nombre de ces dirigeants.

Je l'ai dit, ce qui est en jeu dépasse la seule crise régionale. Finalement, c'est notre capacité collectiv collective à faire respecter le droit qui doit être démontré dans les jours à venir. Renoncer à ce principe, c'est accepter un monde où la force prime, un monde de conflit permanent, un monde d'instabilité.

Et ce monde- là, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, nous ne l'acceptons pas. Nous ne l'accepterons jamais. Dans un contexte déjà marqué par des bouleversements majeurs climatiques, économiques et sociaux, nous n'avons ni le temps ni les moyens de renoncer au droit.

C'est pourquoi nous continuerons à porter avec constance, détermination, le respect du droit international, la paix et la souveraineté des peuples parce que c'est au fond, à nos yeux, la seule voix d'avenir, la seule voix pour un monde de paix capable de projeter vers un monde meilleur les habitants de notre planète. Le président Cédric Perin a évoqué la situation au Liban où le esbola a entraîné le pays dans une guerre qui n'avait pas choisie. Et vous avez eu raison, monsieur le président, de rappeler que le Esbola ça n'est pas le Liban et qu'il faut faire la différence.

Dans une guerre qui n'avait pas choisie et et qui n'est pas sans nous rappeler l'escalade militaire entre Israël et le Esbola du mois d'octobre 2024. Et lorsque je me suis rendu à Beyouth la semaine dernière, j'ai rencontré des familles libanaises qui se trouvaient une nouvelle fois dans les mêmes abris dans lesquels elles avaient trouvé refuge il y a un peu moins d'un an et demi. une une attaque du Esbola sur Israël qui a appelé de la part d'Israël une des représailles qui ont provoqué plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacements de de Libanais et de Libanais du sud vers le nord.

Et dans ce contexte, nous avons salué et soutenu les décisions très courageuses du gouvernement libanais qui après avoir adopté le 5 août dernier un plan de désarmement du Esbola ont plus récemment décidé de déclarer illégales les activités militaires du Esbola. Ordonner à l'armée de procéder à leur interruption désarmement de la milice et cette semaine renvoyer expulser le l'ambassadeur d'Iran au Liban. Parallèle, le président Aoun a proposé qu'un dialogue de haut niveau puisse se tenir entre gouvernement libanais et gouvernement israélien pour la première fois dans les l'histoire de ces deux pays qui n'ont jamais réellement établi de coexistence pacifique, ce qui est évidemment une marque de courage politique que nous avons là aussi soutenu.

Puis nous tenons au côté de des forces armées libanaises. Nous devions accueillir à Paris le 5 mars une conférence internationale dédiée à ce renforcement qui a été reporté, mais nous sommes en lien avec les les forces armées libanaises pour définir la manière dont au moment où la la finule va mettre ou va terminer sa mission, que les contingents qui figurent puissent si toutefois nous trouvons un terrain d'entente et un cadre juridique convenable puisque soutenir d'une manière ou d'une autre les forces armées libanaises dans les différents efforts qu'elles doivent mener. Et quant à Israël, nous avons exhorté les autorités à s'abstenir de toute incursion terrestre, à s'abstenir de toute frappe sur les infrastructures civiles, à préserver les civils tout simplement, les zones d'enseignement peuplé, en particulier la banlieue sud de Beyouth et le centre de Beyrout qui a été euh ciblé, ce qui ne s'était pas produit depuis longtemps au Liban.

Et puis nous les avons euh très fortement poussé à saisir la main tendue par les autorités libanais pour engager ce dialogue de haut niveau qui doit pouvoir dessiner les conditions d'un d'un cesser le feu durable du d'un désarmement coordonné et ordonné du Esbola qui doit rendre ses armes et puis euh d'une coexistence pacifique, c'est-à-dire d'arriver jusqu'au point euh de mettre fin à l'état de guerre permanent qui en réalité subsiste depuis 1949, même si c'est les deux pays sont en trêve. Euh nous facilitons par ailleurs les discussions entre le Liban et et son autre voisin. La Syrie, le président de la République a a réuni présidents pour une visioconférence qui elle aussi avait un caractère assez historique.

Et donc nous souhaitons que l'escalade s'arrête le plus rapidement possible et que s'engage un travail des autorités libanaises, de l'armée libanaise, mais avec les les deux voisins pour que la paix et la stabilité puissent revenir au Liban, qui puissent se doter d'un état fort souverain disposant du monopole des armes capable d'assurer la sécurité de toutes les communautés et notamment la communauté chit et d'assurer cette coexistence pacifique avec ses voisins. Michael Valet a a soulevé un certain nombre de questions. D'abord, en revenant sur les motifs parfois invoqué par les autorités américaines pour expliquer le déclenchement des opérations militaires le 28 février dernier, il a semblé s'interroger, vous avez semblé vous interroger, monsieur le sénateur, sur la menace que que soulève le le programme nucléaire iranien.

Euh, il ne m'appartient pas de justifier des opérations militaires que nous n'avons pas approuvé et que nous ne participons pas. Mais il m'appartient de rappeler quelques éléments euh qui attestent du fait que euh les le développement du programme nucléaire iranien ces dernières années et euh contrevient au droits international et à tous les engagements que l'Iran a pris. L'année dernière, avant le déclenchement de la guerre des 12 jours, monsieur le sénateur, d'après les rapports de l'AIEA, l'Iran disposait de 6000 kg d'uranium enrichi, soit 30 fois plus que la limite fixée par l'accord qui avait été trouvé il y a 10 ans.

Et là où le temps nécessaire à la constitution d'une bombe avait été fixé par ce même accord à une année, il était avant la guerre des 12 jours de quelques jours seulement. en tout cas le temps nécessaire à la constitution de la la quantité d'uranium enrichi pour la constitution d'une d'une bombe. Donc à nouveau, je ne dis pas ça pour justifier des opérations militaires, je dis ça pour rappeler à ceux qui semblent parfois l'oublier que l'Iran a violé à de très nombreuses reprises le droit international, ses engagements internationaux, ses engagements relatifs à l'accord sur le nucléaire iranien. et si bien que nous avons décidé à la fin du mois de septembre dernier de réappliquer puisque nous en avions conservé le droit l'ensemble des embargot qui avaient été levé il y a 10 ans.

Embargo sur les banques, embargot sur les équipements nucléaires, embargo sur les armes également. Vous avez évoqué comme d'autres la position des Européens. Alors bien sûr qu'il y a eu quelques différences d'appréciation et différence dans les expressions.

Mais moi que ce que je constate, je préfère regarder le verre à moitié plein. C'est ainsi que je regarde l'Europe pour ce qui me concerne, ce qui m' ne m'empêche pas d'être parfois exigeant. Je constate qu'aucun pays européen ne s'est déclaré comme partie prenante à cette guerre et qu'aucun pays européen n'y participe d'une manière ou d'une autre.

Et puis j'y reviendrai en en réponse à à d'autres questions. Je crois que l'Europe a a montré par la sécurité qu'elle a apporté à ses ressortissants, par la sécurité qu'elle a apporté à ses alliés, son meilleur visage, celui d'une union de pays libres qui ne se laisse pas entraîner dans des guerres qu'ils n'ont pas choisi, même lorsqu'elles sont menées par des alliés, mais qui déploient ses capacités pour tenir les engagements internationaux, les engagements qu'elle a prise auprès d'autres pays. Où se situe la France ?

Nous l'avons dit clairement, il s'agissait là d'opérations militaires dont les buts n'étaient pas précisément définis, qui étaient conduite à l'écart du droit international que nous ne pouvions donc approuver et auquel nous ne pouvions en aucun cas participer. Vous avez évoqué la question des moyens de pression et notamment les moyens de pression sur Israël en semblant écarter de revers de la main les sanctions que nous avions pu prendre à l'encontre notamment des colons extrémistes et violents en 6 Jordanie au niveau national comme au niveau européen. Je veux quand même rappeler que lorsque nous avons au niveau européen d'abord la France et puis un peu plus tard l'Allemagne mis en question l'accord d'association entre les l'Union européenne et et Israël, proposition que la Commission européenne a formulé à la rentrée de septembre dernier, c'est sans doute l'un des éléments décisifs qui a permis la fin des de la guerre à à Gaza, même si le CC le feu depuis a été fragile.

Et puis enfin, peut-être un petit désaccord sur la manière dont vous avez évoqué les le sujet des doubles standards des géométries variables que que certains ont évoqué. Vous avez semblé dire que euh à moins de je dirais de euh à moins de de prendre des positions un peu différentes de celles que nous avons pris, nous risquons d'être euh critiqués par les pays du sud qui, en tout cas, c'est ce que j'ai compris de votre intervention, se trouverait aujourd'hui en soutien de l'Iran. Euh personne, aucun pays du monde, du sud, du nord, de l'Est et de l'Ouest n'est aujourd'hui en soutien de l'Iran qui a décidé de prendre pour cible des pays euh qui euh ne l'avaient pas agressé pour commencer.

Et j'en veux pour preuve l'adoption aujourd'hui par le Conseil des droits de l'homme des Nations- Unies à l'unanimité 47 pays représenté avec des blocs de toutes les les zones géographiques d'une résolution qui condamne euh les les attaques non provoquées perpétrées par l'Iran. Et donc, il faut bien avoir à l'esprit qu'on n'est pas dans la situation d'autres conflits où la communauté internationale se partage, où les pays du sud se rallent d'un côté plutôt que de l'autre. Vous voyez de quel conflit je veux parler.

On est ici face à à à une série de représailles que l'Iran a prise et qui sont condamnés par l'ensemble de la communauté internationale. Claude Maluré euh a rappelé avec beaucoup de force les grands paramètres du moment que nous vivons. En l'écoutant, je ne pouvais pas m'empêcher de penser au au aux premières heures qui ont suivi le déclenchement de ces opérations militaires dont chacun ici a conscience que les buts n'étaient pas précisément définis, ce qui explique une partie du chaos dans lequel nous se trouvons plongé à cet instant.

Et dans les premières heures, il y en a eu sur des plateaux de télévision pour peut-être fasciner par le déploiement de la force militaire d'une certaine manière se se réjouir ou applaudir ces ces ces ces déploiements ou ces opérations militaires sans anticiper les conséquences qu'elles peuvent avoir. et en passant par pertes et profit, ces grands principes du droit international qui ne sont pas là pour je dirais pour le pour le geste mais qui sont le fruit de d'une longue histoire notamment européenne faite de siècles de guerre et de paix qui ont qui nous nation européenne nous ont enseigné que l'intégrité territoriale donc le respect des frontières que l'oté détermination des peuples que le non recours à la force à moins qu'il ne soit prescrit par la communauté internationale sont des principes peut-être un peu simples, un peu peut-être un peu ringard, mais qui sont les seuls qu'on est inventé jusqu'à présent pour garantir la paix et la stabilité. Vous avez ensuite parlé de l'Europe et je crois que là vous avez eu vous avez fait le constat le plus juste.

Ce que nous voyons devant nous, c'est une rivalité croissante entre deux superpuissances et je ne range pas la Russie dans cette catégorie là. la Chine et les États-Unis avec une tension grandissante euh qui va avoir euh si rien n'est fait des conséquences de plus en plus préoccupante sur euh euh nos vies quotidiennes comme c'est le cas aujourd'hui avec la flambée des euh des prix des hydrocarbures. La seule manière d'éviter que cette conflictualité ne dérive et qu'elle nous entraîne nous-mêmes dans des conflits qui ne que nous n'aurions pas choisi du fait de nos dépendances, c'est l'Europe. l'Europe qui se lève, qui assume son destin d'indépendance, qui s'en donne les moyens.

Et c'est vous l'avez dit à la fin de votre intervention, c'est plus facile à dire qu'à faire. Ça suppose un certain nombre d'efforts que le Premier ministre a apporté avec les lois de programmation militaire, avec le le budget euh que nous avons fini par adopter, des efforts sans doute à faire à l'avenir parce que l'Europe ne sera indépendante que si la France ne montre la voie et je crois que le moment l'exige. Cécile Cuckierman a rappelé a raison que la guerre préventive les guerres préventives n'ont aucune justification en droit international.

Le recours à la force n'est justifiable que lorsqu'il relève de la légitime défense ou lorsqu'il est prescrit par le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Et puis vous avez rappelé que ce sont les peuples qui payent le prix le plus lourd de ces conflits. Peuple iranien, peuple israélien, peuple libanais, mais aussi les dans la quinzaine des pays qui sont désormais concernés par cet embrasement régional, certains de nos ressortissants qui vivent avec encore avec l'inquiétude et la peur des bombardements.

Ce qui pose problème, ce sont les institutions qui sont les gardiennes de ces principes et qui ne parviennent plus à les faire appliquer. Et c'est pourquoi quand on est la France et qu'on a la responsabilité principale de membres permanents du conseil de sécurité, on se doit, si on veut être crédible quand on invoque le droit international de proposer des pistes de réforme et en particulier des réformes visant à rendre ces institutions, les Nations- Unies et leur Conseil de sécurité plus légitime et plus efficace, plus légitime en élargissant le cercle des membres permanents du conseil de sécurité qui en réalité, vous vous le savez, est formé de de 15 membres dont les cinq puissances victorieuses de la 2e guerre mondiale et 10 membres élus tous les 2 ans. Il s'agit maintenant de d'élargir le cercle des membres permanents avec les grands émergents Brésil et Inde, avec le Japon et l'Allemagne et avec deux pays africains qui rendront les décisions du Conseil plus légitimes. et puis plus efficace aussi et l'initiative que porte la France depuis ce qui s'est passé en Syrie où le droit international n'a pas pu protéger les 400000 Syriens qui sont morts dans la guerre civile et bien c'est de retirer le droit de véto aux membres permanents du conseil de sécurité lorsque sont constaté des atrocités de masse pour que ces situations ne puissent pas rester impunies et puis méoui avec beaucoup de force et beaucoup de cœur a lui aussi rappelé les géométries la la nécessité des de de d'éviter la diplomatie à géométrie variable.

Mais je veux le redire, la la France ne fait pas de double standard et si le droit international n'a pas suffi à mettre fin à certains conflits au Prochrient ni à mettre fin en conflit en Ukraine puisqu'un membre lui aussi investi de la responsabilité principale du au conseil de sécurité et le principal agresseur du peuple ukrainien. Bien, ça nous empêche pas nous euh de veiller à ce que euh les principes du droit international soient rappelés partout et tout le temps. Vous avez dit l'Espagne a a montrer le meilleur visage de l'Europe.

Moi, je vais vous dire ce que je pense vraiment. Le meilleur de visage de l'Europe, il a été donné par la France et par sa marine nationale qui s'est déployée en un temps record en Méditeranéenée orientale pour démontrer sa capacité à sécuriser nos partenaires européens. Chypre, un pays de l'Union européenne a été euh ciblé, touché et nos moyens militaires étaient déployés pour lui porter secours.

C'est ça l'Europe, c'est la solidarité, c'est la fidélité lorsqu'on prend des engagements vis-à-vis des pays du golf et c'est le refus de se laisser entraîner dans une guerre qui n'est pas la nôtre. Et puis enfin, vous avez rappelé l'importance de ne pas oublier le conflit israélo-palestinien qui est au cœur des convulsion qui secoue la région depuis trop longtemps. Nous avons l'année dernière beaucoup travaillé, vous vous en souvenez, pour faire émerger un consensus international autour de la solution à deux États avec une exigence pour nous qui est la sécurité d'Israël, une exigence pour nous qui est l'autodétermination ou le droit à l'autodétermination du peuple palestinien. et nous allons continuer à œuvrer en ce sens parce que c'est la seule solution susceptible de ramener la paix et la sécurité dans cette région.

Merci à toutes et à tous d'avoir suivi ce débat. Pour plus d'informations, rendez-vous sur notre site publicsena.fr.

Très belle journée à vous. À très vite sur les chaînes parlementaires.