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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 12 juin 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalSantéÉconomie & entreprises

Levée des brevets sur les vaccins, taxe mondiale sur les multinationales et fin de l'opération Barkhane... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Louis Bourlanges

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Au-delà du symbole, au-delà des égards, Jean-Louis Bourlange, a-t-on toutes les raisons de se réjouir de ces retrouvailles avec les États-Unis ?

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Ce bloc soudé que veut Joe Biden, les Occidentaux d'un côté, face à la Chine, face à la Russie, vous vous y croyez ? Vous pensez que c'est une bonne chose ?

  • 4:50RelanceRéponse partielle

    Alors, attendez un instant, j'aimerais qu'on parle de l'OTAN juste après, parce qu'il y a quand même cette rencontre, vous parliez de la Russie, Biden-Poutine, ça c'est mercredi, dans quatre jours.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    À quel genre de face-à-face peut-on s'attendre ? Et est-ce qu'au-delà, au fond, d'une hostilité affichée de Biden vis-à-vis de Poutine, le contraire de ce que faisait Trump, on va être dans une rupture, États-Unis et Russie, ou dans la continuité ?

  • 9:49OuverteRéponse directe

    Alors, quelle clarification stratégique pour la France, notamment Jean-Louis Bourlange ?

  • 10:31FerméeRéponse partielle

    Il faudrait remettre en cause sa présence au sein de l'alliance atlantique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « Il faut quand même voir qu'au cours des dernières années, l'Amérique du président Trump a rompu avec tout ce qui faisait la solidité de son lien avec l'Europe. »
  • 1:04Invité politiqueFait
    « Sur le plan géopolitique, ils ont dit que ça ne les intéressait plus, que l'Europe c'était un vieux continent, que ce qui comptait c'était uniquement le Pacifique. »
  • 1:10Invité politiqueFait
    « Sur le plan idéologique, Trump a pris toutes ses distances par rapport aux valeurs qui sont les nôtres et a frayé sans aucune sorte de gêne avec le Nord-Coréen, avec les Russes, avec tout le monde, sans se soucier du tout qu'il y ait un rapport entre nous. »
  • 1:25Invité politiqueFait
    « Et même sur nos intérêts, il a clairement affiché son hostilité à l'Allemagne sur le plan économique et clairement marqué son opposition à l'Union européenne, en soutenant par exemple la démarche anglaise sur le Brexit. »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « D'abord, est-ce qu'on doit avoir un adversaire privilégié ? »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « L'option fondamentale de Biden, c'est qu'il faut se concentrer sur la Chine et que l'effort à terme, ça doit être de dissocier, ce qui est logique géopolitiquement, la Russie de la Chine. »
  • 3:14Invité politiqueChiffre
    « ne serait-ce que le climat, on ne va pas faire, on ne va pas lutter contre le réchauffement climatique en faisant abstraction d'un milliard quatre cent millions d'euros. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « On est quand même confronté, nous, Européens, à des menaces de déstabilisation qui sont considérables. »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « du président Poutine à Loukachenko, parce que je pense que c'est Loukachenko qui fait des bêtises. »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « Je puis vous dire qu'ils sont très préoccupés, très vigilants, très inquiets des efforts de déstabilisation de la Russie. »
  • 10:08Invité politiqueFait
    « Le problème numéro un, c'est la Turquie. »
  • 10:44Invité politiqueFait
    « Draghi a tout à coup traité Erdogan de criminel de guerre, je crois. »
  • 13:11Invité politiqueFait
    « Elle héritait d'une politique de Trump, qui était une politique strictement américano-américaine, et qu'elle a concentré tout son effort, avec beaucoup de succès d'ailleurs, tous ses efforts vaccinaux sur sa propre population, »
  • 13:45Invité politiqueFait
    « nous sommes très très conscients depuis le début, que la stratégie, et c'est pour ça que nous sommes multilatéralistes, on nous a reproché, on a reproché à la France de jouer l'Europe, à l'Europe de jouer la carte de la multilatéralité vaccinale, »

Temps de parole

  • Jean-Louis Bourlanges67 %
  • Invité11 %
  • Présentateur11 %
  • Invité 28 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

France Info.

0:03
Présentateur

Bienvenue dans le 8.30 du week-end avec Myriam Ancawa, bonjour.

0:07
Invité

Bonjour Jules, bonjour à tous.

0:09
Présentateur

Journaliste à la chaîne parlementaire, l'invité de France Info ce matin, Jean-Louis Bourlange, bonjour. Bonjour. Député des Hauts-de-Seine, président de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale. On a beaucoup de sujets à aborder avec vous. Le sommet du G7, l'axe Europe-États-Unis, la France au Sahel. Commençons d'abord par cette visite du président américain Joe Biden en Europe pour le G7.

0:30
Invité

Oui, Joe Biden a donc choisi le vieux continent européen pour son premier voyage. Au-delà du symbole, au-delà des égards, Jean-Louis Bourlange, a-t-on toutes les raisons de se réjouir de ces retrouvailles avec les États-Unis ?

0:42
Jean-Louis Bourlanges

On a certainement énormément de raisons de se réjouir. Il faut voir ce qui n'exclut pas des désaccords, des discussions qui peuvent être difficiles, mais il faut voir d'où on vient. Il faut quand même voir qu'au cours des dernières années, l'Amérique du président Trump a rompu avec tout ce qui faisait la solidité de son lien avec l'Europe. Sur le plan géopolitique, ils ont dit que ça ne les intéressait plus, que l'Europe c'était un vieux continent, que ce qui comptait c'était uniquement le Pacifique.

Sur le plan idéologique, Trump a pris toutes ses distances par rapport aux valeurs qui sont les nôtres et a frayé sans aucune sorte de gêne avec le Nord-Coréen, avec les Russes, avec tout le monde, sans se soucier du tout qu'il y ait un rapport entre nous. Et même sur nos intérêts, il a clairement affiché son hostilité à l'Allemagne sur le plan économique et clairement marqué son opposition à l'Union européenne, en soutenant par exemple la démarche anglaise sur le Brexit. Donc on revient de très très loin. Et Biden fait tout le contraire sur ce plan-là.

Il affiche une solidarité idéologique, il affiche une solidarité géopolitique, et il affiche son souci d'une pacification des relations économiques et son soutien à l'Union européenne.

1:56
Présentateur

Eh bien on va l'écouter, Joe Biden, Donald Trump c'était « America first », eh bien Joe Biden est arrivé en Europe en disant « Democracy first ».

2:03
Invité

« Nous ferons clairement savoir que les Etats-Unis sont de retour et que les démocraties du monde entier se rassemblent pour relever les défis les plus difficiles et s'attaquer aux questions les plus importantes pour notre avenir. »

2:16
Présentateur

Ce bloc soudé que veut Joe Biden, les Occidentaux d'un côté, face à la Chine, face à la Russie, vous vous y croyez ? Vous pensez que c'est une bonne chose ?

2:23
Jean-Louis Bourlanges

Je crois qu'il y a deux, il faut, maintenant on met tout ça sur la table et on discute franchement avec les Américains, donc c'est au moins sans arrière-pensée, on voit les choses. Il y a deux questions fondamentales à poser. D'abord, est-ce qu'on doit avoir un adversaire privilégié ? Le président Biden a eu une formule, à mon avis, assez malheureuse d'hostilité à Poutine, mais en réalité malheureuse parce qu'elle ne correspondait pas à son option fondamentale. L'option fondamentale de Biden, c'est qu'il faut se concentrer sur la Chine et que l'effort à terme, ça doit être de dissocier, ce qui est logique géopolitiquement, la Russie de la Chine.

Bon, nous nous disons, c'est peut-être bien, mais d'abord, vis-à-vis de la Chine, on doit quand même garder une politique de coopération parce qu'on a des enjeux à gérer ensemble, ne serait-ce que le climat, on ne va pas faire, on ne va pas lutter contre le réchauffement climatique en faisant abstraction d'un milliard quatre cent millions d'euros.

3:20
Invité

Il y a un intérêt à se lancer dans le même affrontement avec Pékin, nous les Européens, que les Américains, qui sont dans une guerre commerciale très dure aussi.

3:27
Jean-Louis Bourlanges

Nous avons une guerre commerciale, effectivement, nous partageons les logiques d'inquiétude du président Biden, mais nous disons, il s'agit d'oser jusqu'où devons-nous aller dans la combinaison de la résistance à la Chine et du maintien d'une coopération parce qu'il faut parler avec tout le monde. En politique extérieure, on ne discute pas qu'avec les gens avec qui on est d'accord. Et puis, donc, vis-à-vis de la Russie, il ne faut pas baisser la garde. On est quand même confronté, nous, Européens, à des menaces de déstabilisation qui sont considérables.

On a vu ce qui s'était passé autour de la Biélorussie et du soutien, d'ailleurs, à mon avis, assez habile, du président Poutine à Loukachenko, parce que je pense que c'est Loukachenko qui fait des bêtises. En réalité, la Biélorussie est de plus en plus dans l'orbite de la Russie. Mais moi, j'ai discuté cette semaine avec mes homologues des assemblées parlementaires baltes. Je puis vous dire qu'ils sont très préoccupés, très vigilants, très inquiets des efforts de déstabilisation de la Russie. Alors, première question, faut-il baisser la garde vis-à-vis de la Russie au nom du combat contre la Chine ?

Deuxième question, faut-il sur la Chine mettre le paquet et exclure la poursuite d'une sorte de coopération ? C'est la question. La deuxième question, c'est celle de l'OTAN.

4:50
Invité

Oui, alors, attendez un instant, j'aimerais qu'on parle de l'OTAN juste après, parce qu'il y a quand même cette rencontre, vous parliez de la Russie, Biden-Poutine, ça c'est mercredi, dans quatre jours. On se souvient, et vous l'aviez mentionné, Biden avait traité de tueur Poutine après l'empoisonnement de l'opposant Alexei Navalny. À quel genre de face-à-face peut-on s'attendre ? Et est-ce qu'au-delà, au fond, d'une hostilité affichée de Biden vis-à-vis de Poutine, le contraire de ce que faisait Trump, on va être dans une rupture, États-Unis et Russie, ou dans la continuité ?

5:23
Jean-Louis Bourlanges

J'ai déjà esquissé ma réponse en disant que, à mon avis, la réponse de la brutalité de Biden vis-à-vis de Poutine était une maladresse. Quand on regarde le film, on voit bien que c'est un journaliste qui lui pose la question « Est-ce que M. Poutine est un tueur ? » et un peu décontenté, il répond « Oui ». Il n'a pas dit « Poutine est un tueur ».

5:43
Invité

Mais il avait l'air d'assumer le mot, quand même, de sa réponse.

5:45
Jean-Louis Bourlanges

Oui, oui, bien sûr, c'est un homme politique, et quand on fait une gaffe, on l'assume pas trop longtemps, mais on l'assume un certain temps, au moins pour que ça se voit pas trop. Bon, mais après, en réalité, les signaux qui sont envoyés ces dernières semaines sont plutôt des signaux que je comprends, parce que le problème de Poutine, Poutine mène une politique vis-à-vis de la Chine et de l'Europe qui est absurde. Par solidarité antidémocratique, par aversion pour le régime que nous représentons, le respect des droits, les libertés personnelles, etc., il s'attaque en priorité à l'Union européenne, qui ne le menace en rien.

L'Union européenne, c'est vraiment pas une menace géopolitique pour la Russie. En revanche, nous sommes prêts à faire beaucoup de coopération avec la Russie. En revanche, il affiche une solidarité avec la Chine, qui est son véritable rival. L'autre jour, on me disait que le président Xi, le président chinois, avait regardé une grande carte de la Sibérie, il me dit, oh là là, c'est grand et c'est vide. Quand on voit le dirigeant chinois dire cela, je pense qu'on a lieu de s'inquiéter.

Donc, je crois que Biden veut actuellement plutôt, mais ça sera le résultat, on verra comment il se passe, comment ça se passe, il veut plutôt se présenter comme l'instrument d'une mobilisation sur un adversaire prioritaire. Alors, il va se rendre avec Poutine en Suisse, à Genève, il va discuter avec lui. Alors, après avoir vu tous ses alliés, je ne sais pas s'il sera pour autant le mandataire de tous ses alliés. Ce n'est pas parce qu'il a vu M. Johnson, l'Union européenne, l'OTAN, etc., qu'au bout du compte, il aura un mandat. Mais effectivement, il parlera avec Poutine, après avoir fait, après avoir consulté et discuté avec tous ses alliés, ce qui est en soi une chose satisfaisante,

7:36
Présentateur

parce qu'on va lui dire des choses. Jean-Louis Bourlange, on s'interrompt une minute, parce qu'il est 8h40, et c'est donc l'heure de rappeler l'essentiel de l'actualité en ce samedi matin, le Fil Info avec Diane Ferchit.

7:46
Invité

Manifesté, ça sert à rappeler qu'il ne faut pas rester saisi par des dynamiques que nous jugeons dangereuses, précise sur France Info Dominique Soppo, le président de SOS Racisme, l'une des associations qui appelle aujourd'hui à manifester aux côtés de partis et de syndicats de gauche. En 44 marches, des libertés sont organisées partout en France contre la montée de l'extrême droite et des lois jugées liberticides. Une fête improvisée sur l'esplanade des Invalides après le couvre-feu la nuit dernière des jeunes, rassemblés par centaines sans respect des règles sanitaires. La police a dû intervenir pour les disperser.

La situation sanitaire est 30 millions de personnes devraient avoir reçu au moins une dose de vaccin d'ici demain. 15 millions de Français seront protégés par leurs deux injections. Un homme en garde à vue, suspecté d'avoir tué son ex-compagne, à Moneto, près d'Auxerre. Hier, elle a été touchée par deux coups de feu en pleine rue. C'est le 52e féminicide commis depuis le début de l'année. La victoire exceptionnelle de Novak Djokovic hier soir face à Rafael Nadal à Roland-Garros.

Un exploit qui entre dans le top 3 de mes matchs, commente le Serbe, un match effectivement historique auquel les spectateurs ont pu assister jusqu'au bout grâce à une dérogation au couvre-feu accordé par les autorités. Novak Djokovic jouera la finale demain face au grec Stéphano Stissipas. Et à 15h, cet après-midi, ce sera la finale dame. La tchèque, Barbara Kréchikova face à la russe. Anastasia Pavlyouchenkova, ce sera à suivre sur France Info.

9:09
Présentateur

France Info. Jean-Louis Bourlange, président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée Nationale, est avec nous. Il y a le G7 en ce moment. Cette rencontre entre le président américain Joe Biden et Vladimir Poutine dans quatre jours. Et entre les deux, ce sommet de l'OTAN, cette alliance militaire malmenée par le président américain Donald Trump avant que Joe Biden n'arrive, qu'il a trouvé trop coûteuse. Le président français Emmanuel Macron avait lui parlé d'une OTAN en état de mort cérébrale. Écoutez comment il en a parlé jeudi lors de sa conférence de presse avant le G7.

9:40
Invité

L'OTAN aujourd'hui est dans une situation qui nécessite une très grande clarification stratégique. On a besoin de dire qui est notre ennemi et où.

9:49
Présentateur

Alors, quelle clarification stratégique pour la France, notamment Jean-Louis Bourlange ?

9:54
Jean-Louis Bourlanges

La France fait partie de l'OTAN. On a, je crois, assez bien clarifié, pas complètement, les relations avec les Etats-Unis sur ce plan-là. L'alliance doit être ressoudée, relancée, etc. Le problème numéro un, c'est la Turquie. Nous avons un partenaire, grand partenaire, respectable à bien des égards, un acteur politique majeur dans le monde méditerranéen et moyen-oriental, et européen aussi, et donc nous devons, et qui ne joue pas le jeu pleinement, c'est le moins qu'on puisse dire, avec l'OTAN.

10:31
Invité

Il faudrait remettre en cause sa présence au sein de l'alliance atlantique ?

10:33
Jean-Louis Bourlanges

Non, il ne faut pas, alors dans ce domaine-là, il n'y a certainement pas de solution manichéenne complète. D'abord, on ne les trouverait pas. Les Européens eux-mêmes sont assez divisés. Les Italiens étaient assez favorables aux Turcs. Ils ont changé la vie. Draghi a tout à coup traité Erdogan de criminel de guerre, je crois. Les Espagnols sont également très ouverts sur la Turquie. Nous avons une négociation difficile sur la Libye. Tout ça est très complexe. Nous avons des accords qui sont d'ailleurs très logiques, à mon avis, que je ne conteste pas du tout, sur la gestion des immigrés. Les Turcs hébergent un grand nombre d'immigrés venus de la Syrie.

Nous acquittons, nous les aidons financièrement à faire cela. Mais il faut se dire les choses et sortir dans l'amiguïté. Tout ça, ça pèse très lourd. Mais en revanche, il faut effectivement que les Turcs clarifient leur position vis-à-vis des Russes ou alors qu'on s'organise à l'intérieur de l'OTAN de façon différente. L'autre question qui est posée par l'OTAN, c'est le degré d'implication. Là où nous avons un désaccord avec les Américains, me semble-t-il, qui n'est pas un désaccord final, mais nous avons des approches initialement différentes. Les Américains qui se remettent dans l'OTAN veulent qu'on y participe financièrement. Ils ont raison.

Si l'Europe veut signifier quelque chose sur le plan international, elle doit payer pour sa sécurité et ne pas s'en remettre simplement aux autres. Mais est-ce que l'OTAN doit devenir une machine à tout faire, où il n'y a plus d'obligation de théâtre, où ça sert à la fois à gérer les relations avec les menaces venant de la Russie, de la Chine, de tout le monde ? Est-ce que ça doit impliquer des enjeux militaires, des enjeux économiques, des enjeux civils ?

12:19
Invité

Est-ce qu'il peut y avoir une puissance européenne aussi qui prenne une autonomie plus forte ? Tout est ouvert sur ce sujet. Vous êtes d'accord à ce stade ?

12:26
Jean-Louis Bourlanges

Sur ce plan-là, nous, nous voulons que l'OTAN, nous les Français, nous voulons que l'OTAN se concentre sur ses missions, qu'elle réaffirme sa doctrine sur le plan nucléaire, très important, le nucléaire pour nous, pour la sécurité de l'Europe. Et nous voulons qu'elle reste concentrée sur cette mission, qu'elle ne soit pas une machine à tout faire.

12:46
Invité

La crise sanitaire était également au cœur de ce G7 en Angleterre, avec une nouvelle donne, pourrait-on dire, ce don d'un milliard de doses de vaccins aux pays pauvres, et la moitié sera donnée par les États-Unis de Joe Biden. Joe Biden, philanthrope, après avoir été plutôt égoïste sur cette question vaccinale ?

13:05
Jean-Louis Bourlanges

Oui, écoutez, c'est clair que l'administration américaine était en contradiction profonde. Elle héritait d'une politique de Trump, qui était une politique strictement américano-américaine, et qu'elle a concentré tout son effort, avec beaucoup de succès d'ailleurs, tous ses efforts vaccinaux sur sa propre population, alors que le message de M. Biden était un message d'ouverture au monde, de solidarité, etc. Donc il fallait vraiment qu'ils en sortent. Nous, nous ne sommes pas en Europe, nous ne sommes pas dans cette situation.

Nous avons un peu de peine à vacciner tout le monde chez nous, on met un peu plus de temps que d'autres, mais on le fait, et donc ce qui nous gêne, nous, c'est qu'on n'a pas tout à fait assez des vaccins pour faire tout, mais nous sommes très très conscients depuis le début, que la stratégie, et c'est pour ça que nous sommes multilatéralistes, on nous a reproché, on a reproché à la France de jouer l'Europe, à l'Europe de jouer la carte de la multilatéralité vaccinale, nous sommes convaincus que la lutte contre la pandémie est une lutte multilatérale, car c'est une lutte mondiale, il faut aider les pays à se vacciner.

14:10
Invité

Sur les brevets, par exemple, Jean-Louis Borlange, là encore, c'est Joe Biden qui donne le là, qui marque le tempo, puisqu'il s'est déclaré, c'était surprenant, favorable à la levée des brevets.

14:19
Jean-Louis Bourlanges

On verra, tout ça, le diable se réfugie dans les détails. Il y a deux principes dans cette affaire qui doivent être combinés. Le premier principe, c'est que quand on fait de la recherche, quand on est un labo, on investit à perte dans des travaux de recherche pendant très longtemps. On est soutenu par les États aussi dans ces recherches. Oui, pas toujours. Regardez, Pfizer n'a pas tellement reçu d'argent, mais vous avez raison, c'est ça le point d'équilibre. C'est de savoir ce qui a été dû à payer par la collectivité publique et fait par les laboratoires. Donc on a, il ne faut pas tuer, non pas la poule aux œufs d'or, mais la poule aux vaccins d'or, si je puis dire.

C'est-à-dire la capacité de ces entreprises à produire des merveilles. Ce qui s'est fait scientifiquement depuis deux ans et les perspectives que ça ouvre pour le traitement des cancers, c'est quand même dû à des initiatives de laboratoires et d'entreprises privées. Mais à côté de ça, il ne s'agit pas, au nom du profit, de faire que la moitié de la planète ne puisse pas se vacciner. Donc il faut effectivement trouver le juste équilibre et les laboratoires doivent, d'une manière ou d'une autre, contribuer à cet effort. Ça, c'est vraiment un équilibre politique à trouver.

15:33
Invité

Sur la question fiscale, il y a une semaine, le G7 Finance a abouti à un accord sur une taxe sur les multinationales avec un taux minimum de 15% pour éviter l'optimisation fiscale des géants du numérique, des très grandes entreprises. Là encore, merci Biden ou pas ?

15:50
Jean-Louis Bourlanges

Merci, merci tout le monde, parce que c'est évidemment une idée qui a toujours été la nôtre. Quand elle est portée par les États-Unis, ça marche un peu mieux, si vous voulez. On est relayé. Moi, j'ai eu une réunion avec tous mes homologues qui étaient à l'initiative de notre collègue britannique, tous les homologues des commissions des affaires étrangères, des parlements du G7. On a eu une petite conférence jeudi sur ces sujets et j'ai insisté là-dessus. J'ai dit qu'il fallait vraiment que ce qui était important, c'est cette initiative du G7. Parce que pour la première fois, on aborde ces problèmes de fiscalité au bon niveau, qui est le niveau mondial.

On ne peut pas mener des petites politiques fiscales dans nos coins, dans nos nations, dans nos États. Et même sur le plan européen, c'est parfois un peu étroit. Il faut, si on veut avoir une politique fiscale, alors c'est insuffisant, on peut dire 15% c'est déjà ça, mais c'est un premier pas vers quelque chose qui est important, qui est l'établissement d'une règle commune. Et les libéraux qui défendent toujours le level playing field doivent en être satisfaits.

16:55
Présentateur

Pour l'instant, c'est entre 7 pays seulement. Il faudra aller plus loin, notamment remettre ça au G20.

17:00
Jean-Louis Bourlanges

De toute façon, à un moment, il faut quand même, si je puis parler de façon brutale et un peu bismarckienne, il faut un peu tordre le bras des paradis fiscaux. On a vu à quel point les Américains avaient été efficaces pour contribuer au lever du secret bancaire en Suisse. Il faut aller dans le même sens. Et là, je pense qu'Européens et Américains doivent marcher la main dans la main.

17:22
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, dans un instant, on va parler de la présence française, présence militaire au Sahel, qui va changer de forme la fin de l'opération Barkhane. C'est juste après le fil info à 8h50. Diane Ferschit.

17:32
Invité

Un rassemblement festif sur l'esplanade des Invalides. Hier soir à Paris, interrompu par les forces de l'ordre, des centaines de personnes, surtout des jeunes, réunis après le couvre-feu au mépris des règles sanitaires, précise la préfecture. Et sur France Info, le député modem du Calvados, ancien patron de discothèque Christophe Blanchet, appelle à rouvrir les boîtes de nuit dès le 1er juillet. La fête aura lieu quand même, prévient-il, à la levée du couvre-feu prévue pour le 30 juin. Le plan Paul Marter pour protéger le littoral activé en Corse après la détection d'une pollution hydrocarbure à l'est de l'île de Nappes, d'une longueur d'environ 35 km qui dérive en direction des côtes.

C'est vraisemblablement le résultat d'un dégazage. La Maison Blanche l'assure. Les dirigeants du G7 réunis aujourd'hui en Angleterre vont approuver la proposition du président américain Joe Biden d'instaurer un impôt mondial sur les sociétés. Impôt d'au moins 15%. Pas de 14e titre à Roland-Garros cette année pour Rafael Nadal. L'Espagnol éliminé en demi-finale par Novak Djokovic lors d'un match d'anthologie hier soir et une dérogation au couvre-feu pour permettre aux 5000 spectateurs d'assister à la fin de ce duel. En finale, demain, Novak Djokovic affrontera le grec Stéphanos Titipas. L'Euro 2020 de football est la belle entrée en matière des Italiens. Vainqueur de la Turquie hier soir 3-0.

Après cette ouverture réussie, le Pays de Galles affronte la Suisse à 15h, à 18h. Le Danemark reçoit la Finlande et puis à 21h, la Belgique fera face à la Russie. Le match se joue à Saint-Pétersbourg. France Info

18:59
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale. On a appris il y a un peu plus de 24h que la France mettait fin à l'opération Barkhane, que la présence militaire française au Sahel en tout cas allait drastiquement changer de forme. Explication hier matin sur France Info de la ministre des Armées Florence Parly.

19:16
Invité

L'engagement militaire de la France restera très significatif parce que nous considérons qu'il nous faut continuer de combattre le terrorisme et qu'il faut continuer ce travail qui permettra aux forces armées du Sahel progressivement d'être en situation de répondre et de riposter.

19:37
Présentateur

Vous comprenez cette décision de mettre fin à l'opération Barkhane, de changer de forme drastiquement en tout cas ?

19:42
Jean-Louis Bourlanges

Très bien, très bien, je la comprends, on va voir ce que ça donne. C'est en construction cette nouvelle orientation, mais la nécessité d'une nouvelle orientation s'imposer au sein de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, il y a une très très grande inquiétude à ce sujet. Ce que le spectre a évité, c'est celui de l'opération Afghane, où on voit que les Américains partent piteusement après des années de guerre, des milliers de morts, sans avoir aucun résultat. On peut l'éviter.

Et nous considérons, oui, nous considérons que nous avons, qu'il y a un intérêt conjoint des populations africaines et des Européens, des Européens parce qu'il s'agit de se protéger contre le terrorisme et contre les circuits de la drogue, des Africains parce qu'ils ont droit à avoir une région en sécurité, à construire une démocratie et à avoir une vie économique pacifiée et organisée. Donc nous estimons que nous avons des intérêts liés, mais il faut que ça marche. Pour que ça marche, il faut qu'il y ait une société politique constituée. C'est pourquoi nous... Oui, mais on en est très très loin avec le coup d'État au Mali.

20:44
Invité

On a plus l'impression que, faute de partenaires, il y a quand même un aveu d'échec qui ne dit pas son nom.

20:50
Jean-Louis Bourlanges

Nous avons beaucoup de problèmes. Je reviendrai dans un instant, si vous voulez, parce que je vais répondre à la question. Et sur le développement, nous n'allons pas faire la guerre à la place des Africains. Nous voulons faire la guerre avec les Africains.

21:03
Présentateur

Mais on dit qu'on mène une guerre contre le terrorisme qui nous concerne aussi directement en Europe et en France.

21:07
Jean-Louis Bourlanges

Oui, qui concerne tout le monde, qui ne concerne pas seulement... Je vous disais les baltes avec lesquelles j'avais des conversations, j'en ai eu deux séries de conversations cette semaine, c'était très typique. Ils ne m'ont parlé que de ça. Les baltes, ils sont très... Enfin, ils m'ont parlé aussi de la Biélorussie, bien sûr. Mais ils ne m'ont parlé que de ça. Ils sont très impliqués. Les Suédois, je voyais l'ambassadeur de Suède l'autre jour, et je lui disais, est-ce que nous sommes bien conscients que les Suédois sont très très sensibles à la lutte contre la drogue ? Ils ont une attitude très opposée à celle des néerlandais.

21:38
Invité

Mais Jean-Louis Boulange, jusqu'à présent, la France n'a pas réussi à trouver des alliés, des relais en Europe. Si, si. On était quand même très seuls.

21:45
Jean-Louis Bourlanges

On était effectivement seuls au départ. Et quand on s'est lancés dans cette affaire Barkhane, on était totalement seuls. Et peu à peu, ça a changé. Et nos alliés, nos amis européens sont... C'est pour ça que je citais ces balles. Quand même, l'Estonien, celui qui est le plus au Nord. Et le Lituanien me disait ça. Nous sommes... Ils sont très sensibles à cela. Et actuellement, nous sommes compris. Avant, il y a cinq ans, les gens disaient, les Français, vous poursuivez votre nostalgie coloniale, Tintin au Congo, Tintin le crabe aux pince-d'or, etc. Tout ça, c'est fini. C'est votre gloire antérieure. Maintenant, ce n'est plus du tout ça.

Ils ont parfaitement compris que le problème numéro un de l'Europe, c'est d'avoir des relations pacifiées, organisées, démocratiquement apaisées à toutes les frontières. Les frontières du Nord, la frontière africaine, et effectivement, le trou noir qu'est le Moyen-Orient. Et simplement, pour répondre précisément à l'affaire de Barkhane, ce qu'il faut, c'est appliquer la phrase de la frontaine, aide-toi et le ciel t'aidera.

Ce que nous disons aux Africains, c'est qu'il faut qu'ils se mobilisent pleinement, qu'on ne fera pas la guerre à leur place, mais qu'on fera la guerre avec eux, qu'on les aidera, qu'on les aidera de nos conseils, de nos formations, de notre assistance financière, de notre expertise, de notre engagement. Il y a beaucoup d'enjeux. Et ça implique quelque chose de différent à construire. Et les Européens, le président Macron l'a dit et a eu raison, les 15 jours qui viennent vont viser à convaincre les Européens du fait, et c'est bien en marche, que cet engagement au Sahel, c'est celui de tout le monde.

23:30
Présentateur

Le président Emmanuel Macron, cet engagement au Sahel, il en a fait l'annonce de ce changement de forme de l'opération Barkhane jeudi soir, sans avoir consulté au préalable le Parlement. Est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que vous demandez qu'il y ait au moins maintenant un débat sur les conséquences de cette décision ?

23:46
Jean-Louis Bourlanges

De toute façon, il est tout à fait normal que le président prenne des initiatives politiques extérieures. Le rôle du Parlement est ailleurs. La Constitution fait que nous contrôlons les OPEX, par exemple. Nous pouvons suspendre les OPEX, les opérations extérieures. C'est en fait ça, on modifie, on renonce à une OPEX au sens classique du terme pour organiser autre chose. Est-ce que vous demandez en débat à l'Assemblée nationale ? C'est un débat qui intervient après, mais je dois vous dire que les pouvoirs publics ont été très corrects avec, en tout cas avec la Commission des Affaires étrangères. Parce que j'ai été informé très précisément par M.

Le Drian de la signification qu'il entend adresser à ça. Et nous avons, mardi prochain, nous avons le bureau de notre Commission à une réunion avec M. Le Drian. Et ça va être absolument au cœur de toutes nos réflexions. Je sais que je suis vigilant sur les droits du Parlement, mais je crois qu'en l'occurrence,

24:40
Présentateur

ils n'ont pas été bafoués. Vous demanderez par exemple si ça va faire faire des économies à la France. C'est une opération qui coûte très cher. Des détails du calendrier peut-être à venir dans les mois et les années à venir ?

24:48
Jean-Louis Bourlanges

Ce qui compte, c'est effectivement des économies. Les économies, moi je suis bien de la Cour des comptes, vous savez, et ce que je crois, c'est qu'il faut, comme disent les Anglais, value for money, il faut avoir l'avantage bénéfice-coût. Là, nous avons ce qu'il faut bien comprendre. Les Français doivent bien comprendre. Ils sont très attentifs à leur sécurité. Ils manifestent et ils ont raison à chaque assassinat qu'en amont des problèmes de sécurité aujourd'hui, il y a tout ce qui se passe là-bas.

25:12
Présentateur

Il faut aller à la racine du mal. Merci beaucoup Jean-Louis Bourlange, député Modem des Hauts-de-Seine, président de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale. Et merci à vous Myriam Ancawa.