Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le village olympique et paralympique.
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- 1:00Emmanuel MacronFait
« le projet qui a été défendu paraissait fou à certains. En effet, il consistait à faire des jeux exemplaires qui permettraient aussi un héritage, en particulier pour Paris évidemment, mais aussi pour la Seine-Saint-Denis, pour l'ensemble des Franciliens »
- 2:00Emmanuel MacronChiffre
« les équipes de la Solideo, l'ensemble des entreprises en lien avec tous les élus locaux, les aménageurs, les architectes, etc., ont fait un travail extraordinaire qui fait que c'est le plus grand projet d'aménagement et de création de logements et de bureaux de France »
- 3:00Emmanuel MacronChiffre
« sur ce chantier, il y a eu quatre fois moins d'accidents que normalement dans un chantier moyen en France »
- 4:00Emmanuel MacronChiffre
« il y a eu jusqu'à 4 000 personnes qui ont travaillé par jour, compagnons et collaborateurs des entreprises, plus de 40 000 au total »
- 6:00Emmanuel MacronFait
« on a transformé trois communes et une bonne partie du territoire avec ce village olympique, et on a accéléré beaucoup de projets de déplacements, de gares et d'accès entre Paris et le département »
- 8:00Emmanuel MacronPromesse
« on va lancer 22 grandes opérations à l'échelle nationale, dans des territoires où il faut aller plus vite et plus fort, et c'est, si je puis dire, la méthode Solideo qu'on va déployer »
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Peut-être une question, pour commencer, sur votre première impression après avoir visité le site. Est-ce qu'on est prêts, maintenant ? Est-ce qu'on s'approche de la ligne d'arrivée, pour reprendre la métaphore un peu sportive ?
Écoutez, en tout cas, c'est une étape essentielle de ces Jeux Olympiques et Paralympiques. Quand on était tous ensemble à emporter cette compétition l'été 2017, le projet qui a été défendu paraissait fou à certains. En effet, il consistait à faire des jeux exemplaires qui permettraient aussi un héritage, en particulier pour Paris évidemment, mais aussi pour la Seine-Saint-Denis, pour l'ensemble des Franciliens et pour tous les territoires qui sont embarqués dans les Jeux Olympiques et Paralympiques, qui tiendraient un budget et des délais, et qui seraient exemplaires en matière sociale et environnementale.
On le sait, c'est souvent là que les difficultés apparaissent quand on prépare des jeux. Aujourd'hui, dans ce moment symbolique où le directeur général de la Solideo, monsieur Ferrand, dont je veux vraiment saluer le travail et l'engagement avec toutes ses équipes, a remis les clés du village olympique à Tony Estanguet, c'est la démonstration que nous sommes au rendez-vous des engagements qui avaient été pris. D'abord, c'est la démonstration que la France est une nation de bâtisseurs.
Au moment même où on est en train, en temps là aussi, d'achever la reconstruction de Notre-Dame de Paris, ce chantier aura été livré en temps et en heure et au budget. Malgré le Covid, malgré les deux ans d'inflation et malgré la guerre en Ukraine, les équipes de la Solideo, l'ensemble des entreprises en lien avec tous les élus locaux, les aménageurs, les architectes, etc., ont fait un travail extraordinaire qui fait que c'est le plus grand projet d'aménagement et de création de logements et de bureaux de France, et il a été fait dans un temps absolument record.
Donc on bâtit et on avance. Ensuite, ça a été fait dans des conditions sociales exemplaires, qui ont été intégrées dès le début. Je veux vraiment remercier l'ensemble du comité de la Charte, les travaux de l'ensemble des organisations syndicales et patronales et l'engagement de Bernard Thibault qui font que, sur ce chantier, il y a eu quatre fois moins d'accidents que normalement dans un chantier moyen en France, ce qui vous montre l'exemplarité sociale.
Il y a eu une exemplarité en termes d'insertion. Vous savez que c'est un chantier pour lequel il y a eu jusqu'à 4 000 personnes qui ont travaillé par jour, compagnons et collaborateurs des entreprises, plus de 40 000 au total. Vous avez eu des jeunes et des moins jeunes.
Vous avez eu de l'insertion et beaucoup d'emplois créés dans le département, et une exemplarité en termes de sécurité du chantier qui va nous inspirer. C'est un chantier qui est exemplaire, vous le voyez ici. Vous aurez les logements des athlètes des deux côtés de la Seine et demain, des bureaux, des commerces et beaucoup de logements, plusieurs milliers de logements.
Ça a été fait dans des conditions exceptionnelles sur le plan des matériaux et de l'organisation, ce qui fait qu'ici on tient les engagements du bâtiment de 2040. Donc ça a été fait avec des matières. Vous avez tous les logements qui sont là, qui sont prêts pour les conditions climatiques de 2050 et donc sans climatisation, gardant la chaleur l'hiver et évitant qu'elle ne rentre l'été, ce qui là aussi est exemplaire et au cœur de nos ambitions.
Donc engagement tenu grâce aux équipes. Vous avez parlé de la guerre en Ukraine. Que pensez-vous de la présence des athlètes russes, des civils russes qui vont être bannière neutre ?
Qu'est-ce que vous pensez de leur présence et comment ça va se passer en termes de sécurité et en termes géopolitiques ? En termes de sécurité, nous assurons évidemment, c'est une obsession depuis le début. C'est un des autres chantiers, si je puis dire, de ces Jeux Olympiques et Paralympiques.
Ils mobilisent le ministre, le préfet de police, là aussi l'ensemble des élus et tous les partenaires, parce que vous savez qu'on a nos policiers, nos gendarmes, nos polices municipales de sécurité privée, mais aussi nos forces militaires qui seront déployées pour sécuriser beaucoup de sites. On a un travail colossal qui est fait en amont, qui a d'ailleurs commencé à être expliqué et qui sera détaillé par les préfets. Sur toute la partie fluviale, le préfet de région, avec l'ensemble des acteurs, l'aménage aussi.
Donc tous les acteurs sont mobilisés et là-dessus, nous serons au rendez-vous comme sur chacun des points. Ensuite, le Comité international olympique, par les discussions qui sont les siennes, définit les règles d'engagement. Je pense qu'elles sont proportionnées.
Je pense que le sport doit permettre l'unité et l'apaisement. Le choix qui a été fait, c'est un choix que nous assumerons collectivement. Nous soutenons l'Ukraine et nous avons sanctionné la Russie.
Il faut que les sportifs sous bannière neutre, avec des conditions aussi de respect et de sobriété, si je puis dire, puissent défendre leur travail et leur sport. Justement, Monsieur le Président, en parlant de Russie, ce matin Vladimir Poutine...
Je ne ferai pas de commentaire géopolitique ici parce que ce ne serait pas le lieu. Il vous menace, le président Poutine, ce matin ? Je ne ferai pas de commentaire géopolitique ici parce que ce ne serait pas le lieu.
Ce sont des sujets suffisamment graves. Chacun des mots que je prononce sur cette matière est pesé, pensé et mesuré, et je pense que ce n'est pas aujourd'hui qu'il faut en parler ou répondre. Monsieur le Président, sur les athlètes israéliens ?
C'est la même chose. Vous savez, on sait très bien que, quand il y a des crises internationales géopolitiques, les Jeux Olympiques et Paralympiques sont toujours des cibles. On en est conscients.
On en a beaucoup parlé avec les élus dès le début. C'est pour ça qu'il y a une préparation et un accompagnement. Nous serons prêts et on sera au rendez-vous. [INAUDIBLE].
Non, là-dessus, c'est un dialogue avec le Comité international olympique. Ce ne sont pas des choix d'opportunité que nous faisons. On ne sent pas encore vraiment la fièvre olympique.
Beaucoup de gens se plaignent et râlent. Est-ce que vous pensez que c'est le point de départ de quelque chose, cette inauguration ? Vous savez, partout dans les pays où les Jeux Olympiques et Paralympiques se sont organisés, vous avez en effet des désagréments qui arrivent à la fin.
Moi, je me souviens, on était avec la maire de Paris et plusieurs ici aux Jeux de Tokyo. Il y avait, je crois, 82 % d'impopularité des Jeux une semaine avant. On est très loin de ça.
Donc il y a des jeux auxquels nos compatriotes adhèrent, et on est très vigilants sur ce point. D'abord, je pense que ce qu'on vient de vivre tous ensemble devrait au contraire créer un maximum d'adhésion. Parce que ces Jeux, c'était un des engagements qu'on avait pris dès le début, c'est qu'il y a un héritage et que, pour là où les Jeux se font, qui créent parfois beaucoup de désagréments, on le sait, pour les habitants, et rendent leur vie plus compliquée, et c'est le cas pour les habitants de Seine-Saint-Denis, il y a un héritage.
C'est-à-dire qu'on a transformé trois communes et une bonne partie du territoire avec ce village olympique, et on a accéléré beaucoup de projets de déplacements, de gares et d'accès entre Paris et le département. C'est un des héritages des Jeux. Sans les Jeux, on ne serait pas là aujourd'hui pour créer des milliers de logements, pour créer tant de bureaux et avoir toutes ces facilités qui vont rester après les Jeux pour les habitants.
Donc ça doit être un facteur d'adhésion. Évidemment, le bon déroulement de ces Jeux nous permettra de faciliter cela. Puis après, c'est à nous d'expliquer.
On s'est aussi beaucoup attachés en innovant avec cette billetterie sociale. On a acheté plusieurs centaines de milliers de billets, à la fois pour les fonctionnaires nationaux et territoriaux qui sont engagés dans ces Jeux, et pour les habitants, pour leur permettre à eux, leur famille et les enfants, d'aller à des épreuves. Parce qu'on sait que, même si on s'est attachés à ce qu'il y ait un prix qui soit tenu, que ce soit aussi accessible.
Est-ce que les transports seront aussi au rendez-vous, sachant qu'il y a des doutes qui ont pu être exprimés, notamment par la maire de Paris ? Mais on travaille tous main dans la main. Moi, ce qui m'intéresse, vous savez, ce sont les résultats et, étape par étape, c'est qu'on soit au rendez- vous des résultats.
Donc on regarde, à chaque point d'étape, ce qui fonctionne et qui ne fonctionne pas. On se mobilise, il n'y a que des bonnes volontés. La France, c'est une équipe, on avance et on sera tous au rendez-vous.
Cela fait longtemps que les Parisiens râlent quand même, parce que leur vie va être très fortement perturbée pendant la compétition. C'est exact. C'est pour ça qu'on l'explique, ca a été présenté par le préfet, avec madame la Maire et le ministre.
On fait le maximum pour tenir une cérémonie d'ouverture qui sera en particulier une première mondiale, qui nous rendra tous fiers et qui sera formidable, qui va créer des contraintes, mais en même temps beaucoup de fierté. Donc il faut l'expliquer. Il faut aménager au maximum pour que ces contraintes soient proportionnées et après, on va rendre la vie le plus simple possible.
Mais je pense qu'on le sait, c'est aussi un moment unique. Donc on le rendra habitable et vivable pour chacune et chacun. Mais, pour les Parisiennes et les Parisiens, il y aura aussi des héritages importants sur des aménagements, et en particulier la Seine.
On sait que, pour la Seine et la Marne, il y a eu un investissement extraordinaire qui a été fait par les communes et par l'État. La préfecture de région s'est beaucoup engagée sur ce sujet en coordonnant tous les acteurs, agences de l'eau ou autres. Mais, pour les Franciliens, on aura fleuve et Marne qui auront changé de visage et d'usage le jour d'après, et ça c'est formidable. - Vous allez vous y baigner après ? - Et comment, oui !
Il y a eu des engagements pris. Et vous, vous allez vous baigner ? - Oui, j'irai. - Quand ?
Je ne vais pas vous donner la date, vous risqueriez d'être là. Pour revenir au sujet, comment trouvez-vous ce village ? On l'a vu, c'est magnifique.
D'abord, ça a été un travail remarquable derrière, je le disais. Moi, j'ai une pensée pour l'ensemble des compagnons, des femmes et des hommes qui ont donné des années de leur vie sur ce site. Je veux remercier l'ensemble des élus qui, on l'a vu, par l'enthousiasme qu'ils avaient, ont pensé leur territoire et d'ailleurs, pour beaucoup, avaient des projets d'aménagement avant.
Cela montre combien ce village a poursuivi le travail qui se faisait à Saint-Ouen, à l'Île Saint-Denis ou à Saint-Denis. Donc on voit bien qu'il y a eu un travail et une pensée urbanistique, les aménageurs, les architectes, tous, et on voit que c'est beau. C'est-à-dire que la manière dont ça se fond dans le paysage, dont les équilibres sont tenus et dont l'accessibilité a été pensée sur cette passerelle qui a été faite, coordonnée par le département comme, on l'a vu tout à l'heure, sur l'accès au cœur du village, côté Saint-Ouen et Saint-Denis, c'est absolument magnifique.
Donc c'est beau, ça rendra la vie belle et la ville belle, ce qui est aussi l'un des héritages de ces Jeux, pour moi. Ce chantier, c'est aussi une vitrine pour nos entreprises françaises et les petites entreprises ? Oui, vous avez raison de le dire, beaucoup de PME et de TPE, d'ailleurs de la France entière, parce que, je le disais, il y a eu beaucoup d'emplois qui ont été sur le territoire.
Mais vous avez des entreprises, et on vient d'en voir, d'Occitanie, de la région lyonnaise, d'Anjou et de Bretagne qui ont pu travailler ici. Donc c'est une expérience pour ces entreprises. C'est aussi une expérience pour nous.
Ce qui a été fait grâce au travail de la Solideo, des aménageurs, de ces entreprises et de nos architectes, c'est de tenir ce chantier dans les conditions sociales, environnementales, de qualité et d'accessibilité avec le budget et dans les temps. Au moment où on vit des grandes difficultés en matière de logement, ça a été d'abord de l'activité pour nos entreprises, mais surtout, ça va être, pour moi, le démonstrateur et le laboratoire de ce qu'on veut faire et de ce que le gouvernement a lancé dans ces 22 territoires. On va lancer 22 grandes opérations à l'échelle nationale, dans des territoires où il faut aller plus vite et plus fort, et c'est, si je puis dire, la méthode Solideo qu'on va déployer.
C'est-à-dire d'avoir des recours qui sont beaucoup mieux encadrés, d'avoir un acteur unique qui agrège toutes les complexités, ce qui fait que, là où d'habitude il faut avoir 10 ou 15 portes auxquelles on frappe pour avoir l'autorisation de ceci ou cela, vous avez un acteur qui agrège tout, des marchés qui sont plus simples et, en même temps, dès le début, on prend en compte la qualité, la sécurité au travail, l'accessibilité et la durabilité. Je crois que, ce qui s'est fait ici, c'est en effet, pour nos entreprises, une immense chance, mais c'est surtout le début d'une expérience qu'on va généraliser avec ces 22 territoires et qui va nous permettre de faire du bâtiment autrement. D'ailleurs, dès la semaine prochaine, la France accueille, et le ministre y sera, ce Forum du bâtiment durable et des bâtiments innovants qui va permettre aux acteurs du monde entier de venir se déployer en France.
Juste une question, à quoi vont ressembler les 12 tableaux ? Mais je ne ferai pas de scoop ici parce qu'à chaque jour suffit sa peine et qu'elle sera dévoilée en temps et en heure. J'ai juste une question sur le football.
En rapport avec le sport, vous avez reçu aussi Kylian Mbappé il y a quelques heures à l'Élysée. Est-ce qu'on peut dire que c'était aussi un peu le dîner pour tenter encore de le retenir ? Non, pas du tout.
Il n'y a pas eu de discussion là-dessus, et je laisse aux dirigeants du club le soin de faire ça. Pas du tout, c'était normal qu'il soit là. C'est un grand champion qui a contribué à animer la finale de l'équipe de France qui s'était tenue au Qatar, et le club du PSG, compte tenu de son actionnariat...
Cela fait quand même 7 saisons au PSG. On sait que votre relation avec lui est un peu particulière aussi. Vous le suivez depuis quelques temps.
Mais je pense que tous les Françaises et les Français admirent ce très grand joueur d'avenir. Mais il n'y a pas eu de discussion sur ce point. Vous pensez quoi de son départ du PSG ?
Bien tenté. Merci. Merci à tous et toutes, et un grand bravo aux équipes.
Emmanuel Macron