Entretien avec Benjamin Saint-Huile, Président de la CAMVS
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Benjamin Saint-HuileChiffre
« 450 millions d'euros, 200 emplois en 2019 »
- Benjamin Saint-HuileChiffre
« 2,5 millions d'euros tous les ans à assumer en fonctionnement »
- Benjamin Saint-HuileChiffre
« 500, 600 000 euros de déficit qu'on gommerait »
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Benjamin Saint-Huile, bonjour. Bonjour. Vous êtes le président de la communauté d'agglomération Mobeugeva de Sambre depuis le 18 avril 2014.
Quelles sont les priorités pour l'agglomération Mobeugeva de Sambre aujourd'hui ? Les priorités sont celles qui ont été déclinées dans le projet de territoire. Il y a bientôt 5 ans, les élus de l'agglomération ont défini un projet de territoire avec en toile de fond des priorités, notamment sur le développement économique.
Et au moment où nous arrivons dans la dernière ligne droite, pour le dire comme ça, de notre responsabilité commune, il s'agit de mettre en œuvre ces projets. Ces projets, ils sont aujourd'hui dans une hypothèse favorable qui a été confirmée avec la venue du président de la République sur le territoire, avec une accélération des procédures, une accélération des projets eux-mêmes. Mais donc on est sur le développement économique avec la zone de la Marlière, avec la finalisation du développement de la fibre sur l'ensemble du territoire et après avec des aménagements qui sont des aménagements routiers, des aménagements de voiries, des aménagements de ronds-points, des aménagements de ponts qui ont vocation à faciliter la vie économique, à permettre le développement de zones d'activité pour ou maintenir des emplois, ou en créer de nouveaux et accompagner la dynamique économique qui se veut plutôt positive depuis quelques temps.
Comment avancent les dossiers sur la zone de la Marlière à Féline ? Est-ce que c'est une zone qui est aujourd'hui vacante où on peut se créer des projets importants pour le territoire ? On a plusieurs choses.
On a MCA, qui est la locomotive du territoire, qui a annoncé des choses extrêmement positives, 450 millions d'euros, 200 emplois en 2019. La question c'est comment l'agglomération est capable d'accompagner ce processus en essayant de faire en sorte qu'autour de MCA, il y ait l'environnement qui va bien, notamment sur les questions logistiques. Il y a Ménissé, qui va bien, avec des hypothèses de développement de centres de formation nationale pour l'enseigne Louise, par exemple.
Et puis, il y a la capacité, effectivement, à faire émerger de nouveaux projets sur la zone d'activité de la Marlière, qui doit être aménagée, dont les premiers coups de pioche démarront cette année, où nous avons déjà des porteurs de projets, déjà des gens qui ont fait savoir qu'ils souhaitaient pouvoir acheter des terrains, pouvoir s'installer, pouvoir se développer sur cette zone. Et puis, en toile de fond, on a aussi des projets d'avenir qui seront sur cette zone. Moi, je pense au projet de méthanisation avec les agriculteurs du territoire, qui est un projet très ambitieux, très positif, qui, lui aussi, va commencer à se concrétiser cette année.
Donc, la difficulté, c'est à la fois de faire passer les messages qu'on a des acteurs économiques sur le territoire qui souhaitent se développer, qu'il faut accompagner, j'en ai cité quelques-uns, et en même temps des porteurs de projets qui sont en attente du développement de cette zone d'activité, parce qu'elle est à l'entrée du territoire de l'agglomération de Mauveuge, et parce qu'ils sont très vite connectés au réseau autoroutier qui permet la fluidification des commercialisations. Alors, ce n'est pas vous qui avez communiqué là-dessus, c'est le député de la 3e circonscription du Nord, Christophe Di Pompéo, qui a publié une information comme quoi il avait rencontré un certain M. Chen, le premier importateur de produits européens en Chine.
Il est venu sur le territoire du Val-de-Sembre la semaine passée. Christophe Di Pompéo a indiqué que l'agglomération avait reçu M. Chen.
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur ce M. Chen ? Est-ce que c'est quelqu'un qui peut apporter quelque chose pour le territoire ?
Il fait partie des investisseurs qui sont en contact avec l'agglomération. Il y a toute une partie back-office, en quelque sorte, qui ne se voit pas, qui est celle de la discussion, de la préparation des dossiers. Quand on est au moment de dire, voilà, on est certain d'avoir une entreprise qui revient sur le territoire, ou une entreprise qui se développe avec X emplois à la clé, ça a nécessité un travail à l'amont, qui est un travail important, qui est un travail de construction.
Donc, M. Chen, c'est un investisseur potentiel sur le territoire, qu'on accompagne, à qui on propose des solutions potentielles pour le développement de ces activités, et qu'on va essayer de suivre au fur et à mesure des semaines et des mois qui viennent, parce qu'effectivement, à chaque fois qu'il y a des gens qui s'intéressent à ce territoire, il faut pouvoir les recevoir, les accompagner, leur proposer une offre packagée, en quelque sorte, sur l'ensemble des besoins qui sont les leurs, pour essayer, au bout du bout, de construire des projets qui représentent de l'emploi et des perspectives économiques, mais aujourd'hui, il est trop tôt pour le dire. Et le pôle économique, quel bilan vous faites un an, plus d'un an et demi après son ouverture ?
Le pôle économique, le pôle éco, c'est quelque chose que nous avions souhaité, dans le projet de territoire, avoir un guichet unique pour recevoir l'ensemble des acteurs économiques. Ça s'est fait sur la base du retrait des ruches d'entreprises par le département du Nord. On a saisi l'occasion qui nous était donnée, à la fois pour accompagner l'entreprise qui était dans ce bâtiment.
Aujourd'hui, elles sont plus nombreuses qu'au moment où on les a intégrées dans le dispositif pôle éco. Donc on a plus d'entreprises qui sont dans ce siège du pôle éco et on a la capacité à avoir une couveuse, à accompagner les créateurs d'entreprises. Donc moi, je me réjouis parce que c'était une situation difficile avec des porteurs de projets qui disaient, mais finalement, ma perspective, c'est quoi ?
Puisque ce n'est pas le département qui va pouvoir m'accompagner. C'est terminé avec les changements réglementaires et c'est l'agglomération qui a pris sa place aujourd'hui. Et on a un outil de très bonne qualité pour accompagner les entreprises qui démarrent sur le territoire et aussi pour accueillir les porteurs de projets, celui que vous avez cité et d'autres, dans de bonnes conditions et essayer de démontrer la capacité à faire de ce territoire.
Alors, autre sujet, c'est toujours un petit peu dans le développement économique ou plutôt l'économie en manière générale pour les habitants, c'est la gratuité des transports dans le Val-de-Sambre. Alors c'est une info qui a été reliée, je suis donc en train de la Voix-du-Nord, de la Sambre, qui en ont fait même la une. On sait que ça marche très bien du côté de Dunkerque, mais c'est vrai que les moyens de Dunkerque ne sont pas les moyens du Val-de-Sambre.
Est-ce que c'est utopique d'y penser aujourd'hui ? Est-ce que vraiment le Val-de-Sambre peut y penser aujourd'hui ? La gratuité des transports.
Y penser, ça coûte rien. Le mettre en œuvre, c'est autre chose. Être un objectif à terme pour le territoire, ça me semble nécessaire, louable et à accompagner.
Dire aux gens, je suis, nous sommes, vous êtes tous ensemble pour la gratuité des transports, c'est sympa. Personne ne vous le reprochera. Porter des messages positifs comme ceux-là, il n'y a rien de plus facile.
La question, c'est pas, est-ce qu'on est capable de dire, je suis pour la gratuité ? Bien sûr que la question de la mobilité, c'est un vrai sujet. Depuis longtemps, en tant que président du JIP, Réussi en Sambre-Avenois, par exemple, j'y travaille avec les acteurs de la mobilité, sur les permis de conduire, sur les locations de véhicules, sur ce genre de choses.
Les garages solidaires et compagnie. Mais parler de la question de la gratuité des transports, c'est poser la question de savoir qui va payer. Parce que si l'usager ne paye pas le transport, ce qui est une bonne chose dans sa mobilité personnelle, la question c'est qui paye le transport ?
Qui va payer ? C'est évidemment le contribuable. C'est évidemment l'acteur public.
Aujourd'hui, le transport sur le territoire, c'est l'agglomération qui a délégué cette compétence au syndicat mixte des transports urbains de la Sambre, qui s'appuie sur l'ASPL-TISA, STIBUS pour ceux qui l'appellent comme ça, pour mettre en œuvre les choses. Donc moi, je suis de ceux qui ont dit depuis longtemps qu'il fallait pouvoir réfléchir à la question de la gratuité. Mais vous avez vu les débats et les positions des uns et des autres.
Si tout le monde se dit favorable, la question qui n'est pas posée aujourd'hui, c'est qui va payer ? 2,5 millions d'euros, c'est trop ? Non, ce n'est pas ce que je dis.
C'est un choix politique à mettre sur la table. Mais 2,5 millions d'euros tous les ans à assumer en fonctionnement, la question c'est qui va le payer ? C'est l'agglomération ?
Moi, je suis prêt à poser la question au conseiller communautaire. Mais vous conviendrez que ce n'est pas à 10 ou 15 mètres de la ligne d'arrivée que je vais interroger sur notre capacité à revenir sur une stratégie globale. Le mandat 2020-2026 pourrait être, devrait être, le mandat de l'ambition sur les transports.
Et à ce moment-là, l'agglomération sera légitime à s'interroger sur sa capacité et sa volonté à accompagner l'hypothèse de gratuité. Et puis, de quelle gratuité il s'agit ? Il s'agit de la gratuité pour les jeunes, la gratuité pour nos seniors, la gratuité pour tous.
Dans quelles conditions ? Il y a beaucoup de choses à décliner. C'est un sujet complexe qu'il faut pouvoir poser sur la table, mais qui forcément coûtera de l'argent.
Et puis, si c'est une offre de gratuité de transport, mais avec une offre kilométrique qui est peut-être un peu resserrée, est-ce que ça correspond à l'ambition qu'on se fixe sur les transports ? Parce qu'il y a toutes ces questions qui sont derrière. Donc, moi, je suis très attentif au débat et je suis plutôt satisfait que les uns et les autres de tendances politiques différentes posent la question de la gratuité.
Il faudra qu'on se pose, avec les élus en responsabilité, la question du financement et de la capacité des outils à financer. Vous savez, l'agglomération, elle reste relativement fragile dans sa santé financière. Si aujourd'hui, on devait lui demander d'abonder le budget des transports, elle ne pourrait pas le faire en tant que telle dans les conditions qui sont souhaitables pour imaginer la gratuité des transports.
Qui va payer ? Les entreprises du territoire, elles sont déjà mises à contribution. Le versement de transport, il est déjà à un niveau élevé, qui est réglementaire et qui est acceptable.
Mais il faut aller plus loin. Qui va payer ? J'entends des collègues qui me disent « Tournez-vous vers les autres intercommunalités pour construire le syndicat de demain sur les transports ».
Très bien, mais est-ce que les autres intercommunalités, est-ce que nos voisins ont envie de voir les entreprises du territoire payer le versement de transport si elles ne le paient pas ? Je ne suis pas certain que dans les territoires où cela n'existe pas, il y ait une velléité, une volonté des élus de poser la question de la fiscalité des entreprises dans cette période. Je ne le crois pas.
Donc, à l'échelle de l'agglomération, on a un versement de transport élevé depuis quelques années, qui s'est construit notamment sur l'ambition qui est la nôtre sur le projet ViaVille et autres. Donc, on pose la question de la gratuité. C'est un élément de débat extrêmement intéressant et j'y suis à titre personnel favorable, mais il ne faut pas faire croire aux gens que ça va se passer demain matin, parce que c'est une décision politique qui a un poids, qui a du sens, qui nécessitera qu'on organise aussi les transports sur le territoire, peut-être de manière différente, qu'on essaye d'organiser les choses à être ensemble efficient et encore plus efficient, et ça posera la question de savoir qui paie.
Et vous savez, quand personne ne paie, c'est évidemment la puissance publique qui est au rendez-vous, c'est son rôle, mais c'est un choix politique et le temps de le poser se fera sans doute après la démocratie pour les élus qui seront en responsabilité. Donc le débat reste ouvert là-dessus ? Il est plus ouvert que jamais, mais je me réjouis que les élus posent la question.
Je serais intéressé d'entendre l'ambition sur le champ du transport dans les mois qui viennent pour ceux qui souhaitent porter l'avenir du territoire. Alors, on a interrogé ce matin l'association Aldeva de Leval, l'association locale de défense des victimes de l'amiante en Sambre-Vénois. Ils réclament l'ouverture des déchetteries pour l'amiante et ils vous ont sollicité justement sur ce dossier-là.
Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez, j'imagine, vu cette revendication, cette demande ? Qu'est-ce que vous leur répondez à cette association ? Je leur réponds qu'on est toujours prêt à discuter avec eux.
Je leur précise, mais ils le savent bien, que l'agglomération est venue en soutien financier d'une association qui était au bord de l'asphyxie financière, après le retrait du département des financements la concernant, et que les élus de l'agglomération ont souhaité envoyer un signal sur le champ des maladies liées à l'amiante et au travail qui est mené. Mais l'agglomération ne peut pas être la seule et l'unique réponse à chaque fois que les associations du territoire sont en difficulté. Je l'ai dit lors des voeux de l'agglomération.
Je souhaite en 2019 qu'on pose l'hypothèse sur la table d'une enveloppe complémentaire pour le tissu associatif. Parce que je les vois bien. Les acteurs culturels, les acteurs sportifs, les acteurs de l'insertion, les acteurs de la santé, ils sont en difficulté.
D'autres collectivités, pour des stratégies qui leur reviennent, qui sont les leurs et que je n'ai pas à discuter aujourd'hui, ont décidé de réduire un certain nombre de financements. L'agglomération, elle est l'acteur de proximité, celle qui est repérée. La porte qu'on vient ouvrir, celle à laquelle on frappe, en disant finalement j'ai un acteur qui peut peut-être m'accompagner.
Mais encore une fois, l'agglomération, elle ne peut pas tout, toute seule. Chacun doit prendre sa part. Donc, aux membres de cette association, je veux dire à quel point nous sommes attentifs.
Je sais que le maire de Leval a été de ceux qui l'ont beaucoup porté pour faire en sorte qu'on apporte une réponse positive. Je me réjouis que l'agglomération ait été en capacité d'envoyer un signal avec une subvention d'agglomération. Je les ai entendus au vœu du maire de Ferrière-la-Grande.
Ce soir-là, ils ont oublié de dire que l'agglomération les avait financés. Bon, je le regrette, mais ce n'est pas très important. Mais pour l'avenir, travailler sur des collaborations étroites, oui, mais l'agglomération ne peut pas venir systématiquement en contrepoids là où il y a des gens qui disparaissent au fur et à mesure des financements.
Justement, vous avez plus ou moins répondu à la question. Il y a des zones à Maubeuge, notamment dans le quartier de Sous-le-Bois. Il y a beaucoup trop d'amiantes dans ces maisons-là.
Il y a un programme en rue qui est en cours. Ça, c'est des solutions de recours. Le programme en rue, ça permettait de faire table rase un petit peu sur ce passé d'amiante sur le territoire.
Ce n'est pas aussi simple que ça parce que l'amiante, ça a été un sujet très global, qui n'est pas uniquement lié aux maisons, qui est lié aussi aux conditions de travail, vous le savez bien. Mais effectivement, ça participe à une réponse globale. L'agglomération, elle a des grandes compétences qui sont fixées par la loi.
Et au-delà de cela, elle va bien au-delà, elle va bien plus loin sur des compétences qu'elle prend de manière volontariste. Moi, je me réjouis de vérifier que l'agglomération, elle est aujourd'hui une des agglomérations de France qui a constitué le plus de compétences à comparaison des périmètres que les autres intercommunautés de France. Et en même temps, il faut parler de notre capacité financière, la fiscalité, qui a été un des sujets de ce mandat.
Si vous regardez aujourd'hui la fiscalité de l'agglomération de Maubeuge, que vous la comparez à mes collègues de comité de commune autour de nous sur l'arrondissement d'Avennes, nous sommes les moins élevés. Si vous comparez la fiscalité de l'agglomération avec Valenciennes, avec Denain, et avec nos collègues autour de nous, avec Douai et compagnie, la seule intercommunauté qui est légèrement en dessous de nous, légèrement, c'est la communauté commune de Saint-Amant, la communauté d'agglomération de Saint-Amant. Vous permettrez de dire que nous n'avons pas, contrairement aux portes du NO, ni source thermale, ni casino.
Et donc, on n'est pas tout à fait dans la même logique. Mais à l'exception de cet intercollat, nous sommes dans une pression fiscale qui est en dessous de toutes les autres. Alors que nous assumons bien plus de compétences que tous les autres.
Donc à un moment donné, la souplesse, l'inventivité des dispositifs, c'est une chose. On ne peut pas aller plus loin. Enfin, il faut se poser les questions de nos moyens et de nos capacités à faire.
Moi, je vais dans les communes du territoire toute l'année pour vérifier qu'on a mis en place des fonds de concours. On a inauguré récemment la salle des fêtes à Noyelles-sur-Sambre. Le maire, il nous dit, j'ai bénéficié de l'enveloppe.
On ira peut-être demain à Marpens sur le stade synthétique qui a été rénové, qui a été porté avec l'enveloppe des fonds de concours. Et je pourrais égrener dans l'ensemble des 43 communes de ce territoire à quel point l'agglomération, à travers le fonds de concours, a pu accompagner des projets et a permis des projets. Il y a une paire de maires qui me disent, moi, s'il n'y a pas l'agglomération pour me co-financer mon projet, je ne suis pas capable d'y aller.
Donc c'est aussi la volonté d'accompagner les communes. On a mis en place en 2018 un fonds local d'animation pour les associations du territoire en disant aux communes, fléchez-nous l'association chez vous que vous avez envie d'accompagner, de valoriser sur un projet et on vous donnera de l'argent dans une enveloppe de 1000 euros par commune. Alors c'est des petites choses.
Mais ça, mis bout à bout, ça fait énormément. Est-ce que vous connaissez beaucoup d'intercommunalités qui portent les voiries ? Avec un abondement en co-financement à 50%.
Mais je veux bien qu'on se regarde le nombril et qu'on considère tout ce qui nous met en difficulté. Et c'est nécessaire, cet examen-là, il est nécessaire. Mais toute comparaison n'est pas raison.
Mais ça a le mérite parfois de remettre l'église au milieu du village. L'agglomération, elle est largement au rendez-vous de la solidarité territoriale et de la capacité à porter les projets. Alors justement, vous me tendez un peu la perche par rapport au fond de l'association puisque lors du dernier conseil communautaire, beaucoup d'élus ont été très en colère après le vote contre de certains élus au Montois.
C'est toujours aussi compliqué la relation avec Aumont aujourd'hui ? Elle n'est pas compliquée, elle n'existe que très partiellement. Elle n'existe pas, j'ai l'impression même.
Malheureusement, j'ai des rapports épisodiques avec les élus au Montois de la majorité au moment où ils ont un intérêt. Il s'est posé la question du port mouillé, du port, de sa gestion, l'agglomération où il y a sa place. Et donc là, j'ai eu des contacts.
On a essayé de fixer ensemble un mode de fonctionnement qui agrée l'équipe municipale. Il s'est posé la question du village des Marques. Et à l'époque, le maire de l'époque, Stéphane Dilmotte, a pris le temps de venir à l'agglomération présenter le projet pour vérifier que nous soyons dans une volonté d'accompagnement, de complémentarité.
C'est plus difficile quand on n'a pas en face de nous les interlocuteurs. Et moi, je regrette que la ville d'Aumont n'ait considéré l'agglomération que comme un guichet ponctuel. Moi, je me retrouve avec des questions de voirie dans toute la ville d'Aumont.
On a beaucoup parlé de la rue Carolimari, mais il y en a d'autres où l'agglomération est interpellée. Enfin, les voiries d'Aumont, elles sont en difficulté parce que depuis longtemps, elles ont manqué d'entretien. J'ai eu des échanges à ce sujet avec le premier adjoint sur les constructions en mâche fer.
On ne va pas rentrer là-dedans. Ça prend du temps. Je l'ai dit lors des voeux de l'agglomération.
Moi, je ne suis pas dans la dispute de personne. Ça ne m'intéresse pas. Si le maire d'Aumont a besoin du relais médiatique et a besoin de jouer chevalier blanc contre l'agglomération, c'est son sujet.
Moi, j'ai 15 000 habitants à Aumont. J'ai des gens qui ont besoin de la solidarité de l'agglomération. J'ai des gens qui ont besoin de croire en l'action publique.
J'ai des gens qui attendent des réponses claires et légitimes auprès de l'agglomération. Mais pour ça, il faut construire des partenariats. Depuis que nous avons abordé les piscines, je n'ai pas eu de discussion avec le maire.
Je n'ai pas eu de discussion avec les élus de la majorité municipale sur la fermeture elle-même, mais au-delà de la fermeture, sur le bâtiment, sur les perspectives, sur le quartier, sur les projets, sur les ambitions. Depuis plusieurs années, l'agglomération porte les projets de Polgar, à Aulnoy, puis à Maubeuge, puis à Gemont. J'ai dit depuis plusieurs années que l'agglomération était prête à accompagner Aumont dans l'hypothèse d'un projet Polgar.
Je n'ai pas de retour. Et donc je le dis avec beaucoup de respect. Le jour où le maire d'Aumont viendra à l'agglomération, portera des projets, et entrera dans une discussion positive avec l'agglomération, je serai là.
Et l'agglomération sera là. Pas pour faire plaisir, pas par sympathie particulière, mais par responsabilité pour les Aumontois. C'est ça, le sujet.
Et donc, le dire, encore une fois, comme j'ai pu le dire dans mon propos des vœux à l'agglomération, la dispute entraîne la dispute et engloutit ceux qui s'y plongent, pour reprendre l'expression que j'avais utilisée de Sénèque. Ça ne m'intéresse pas. S'il y a des sujets, et il y en a.
Alors, traitons-les. Le village des Marques. Il faut le dire, si Stéphane Villemot n'avait pas pris le temps de la pédagogie, de la discussion et de la complémentarité, en disant au maire de Maubeuge, « Je m'engage à ce que les activités qu'il y aura demain sur le village des Marques ne soient pas concurrentielles de celles que vous allez porter sur le Polgar, pour qu'on soit dans un gagnant-gagnant. » Si Stéphane Villemot n'avait pas pris le temps de discuter avec la ville de Louvroil sur, là aussi, les complémentarités potentielles avec les projets qui sont portés sur Louvroil, vous croyez que le maire de Maubeuge aurait validé ?
Vous croyez qu'on ne se serait pas interrogé sur l'asphyxie d'un projet de cette nature par rapport aux centralités ? Enfin, c'est dans le consensus, dans le dialogue que les choses se construisent. Ce territoire, moi j'ai eu la chance de le piloter en tant que président d'agglomération depuis 2014, ça fait 5 ans maintenant.
Ça prend du temps, ça nécessite beaucoup d'écoute, beaucoup de discussions, parfois des concessions, parfois des zones d'intelligence collective. On n'est pas toujours là où on voudrait être, chacun dans son couloir, mais réussir à construire un dialogue de territoire, c'est ça aussi, qui nous permet d'être mieux entendus à Lille, à Paris, au niveau des fonds européens. C'est la capacité à parler d'une seule voix.
Bien sûr que nous sommes différents. Bien sûr qu'il y a des choix stratégiques, des orientations à des moments précis de la démocratie que nous défendons et qui sont différents. Mais enfin, les gens qui vivent à Aumont, les gens qui vivent à Jumont, à Aumoua-Emerie, et dans le territoire à Maubeuge, Louvre, aller ailleurs, ce sont les mêmes, ce sont les mêmes problématiques, ce sont les mêmes attentes, ce sont les mêmes besoins.
Si on n'est pas capables de répondre à ces besoins, alors on se mettra collectivement en difficulté. Moi, ça fait les enjeux de positionnement de l'un ou de l'autre pour pouvoir exister, ça m'intéresse peu. Les deux dernières questions, alors d'abord c'est sur les questions sur le thème sportif, vous savez qu'on est très friands de sport sur Canal FM.
Il y a un an de cela, vous aviez annoncé votre souhait d'avoir un grand club ici, donc un projet de fusion pouvait être mis sur la table. Un an après, on a l'impression que c'est un petit peu en stand-by, enfin en tout cas, il n'y a pas d'avancée concrète par rapport à cette fusion. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez des choses à dire là-dessus, sur cette fusion entre le club de l'entente Fini-Aulnois et de Maubeuge ?
Est-ce que les discussions vont dans ce sens-là, ou alors chacun reste un petit peu sur ses positions ? L'agglomération a versé aux deux clubs une subvention, donc chacune une subvention de 30 000 euros, puisque les deux clubs ont fait savoir qu'ils étaient dans le processus de réflexion d'une fusion. Et donc, dans le courant de l'année 2018, à la fin de l'année 2018, l'agglomération a versé une subvention, puisque en quelque sorte c'était une subvention qui confirmait la volonté d'aller vers une fusion.
Est-ce que fusion il y aura ? Il appartient aux acteurs associatifs de la portée. L'agglomération a dit des choses simples.
Si vous souhaitez et vous réussissez à mettre en œuvre une fusion, si vous nous garantissez à la fois la capacité à porter un projet sportif qui nous permette d'atteindre le haut niveau, le niveau national, la troisième division française, pour dire les choses clairement, à terme, on est prêt à vous accompagner, à condition que vous organisiez un club de territoire qui soit capable d'accueillir les gamins, qui ne mette personne sur le côté, et qu'on soit capable d'organiser un projet sportif cohérent. Et si c'est le cas, l'agglomération aura même envie d'aller plus loin et de travailler sur le stade des Hauts-Lagrange pour en faire une structure d'accueil plus-plus, en quelque sorte. On a parlé d'Arena pour rentrer dans la sémantique régionale, mais pour accompagner cette logique.
Maintenant, je ne suis pas acteur associatif, ni le maire de Maubeuge, ni le maire de Fé, ni le maire d'Olenoy. Les élus ont dit qu'ils étaient favorables à ce projet. Maintenant, il appartient aux acteurs associatifs de dire s'ils le souhaitent ou pas et dans quelles conditions.
Mais ce qui est certain, c'est que l'agglomération, elle n'a pas vocation à appuyer sur l'ensemble des chevaux en leur disant, courez chacun de votre côté et ça nous conviendra. Enfin, si les gens souhaitent aller plus loin et qu'ils souhaitent que l'agglomération accompagne, ça nécessitera de la cohérence. On ne va pas commencer à accompagner deux clubs dans la durée.
Je le regretterais pour le territoire, pour l'ambition qu'on peut se fixer. Mais c'est la légitimité et la capacité des acteurs associatifs à faire leur choix. Je n'ai pas à le commenter.
Mais je vous dis simplement, l'agglomération accompagnée financièrement, ça veut dire que les deux clubs ont dit, oui, nous sommes toujours dans les processus d'hypothèses de fusion. Alors, vous avez présenté aussi un projet sportif, cette fameuse patinoire à Jemont, dans votre commune, puisque vous êtes le maire de Jemont, on le rappelle. Est-ce que ça, c'est pareil ?
C'est quelque chose que vous y pensez sérieusement ? Est-ce que c'est quelque chose qui peut arriver en 2023 ? Vous avez cité une année.
Est-ce que c'est possible ? Oui, c'est possible. Évidemment, c'est possible.
Sinon, on ne le dirait pas. Vous savez que je dis les choses quand je considère qu'elles sont à un état de maturité suffisant. Oui, c'est possible, parce que je vous ai dit tout à l'heure, l'agglomération a défini un schéma des équipements sportifs.
Dans ce schéma, et c'est légitime, on parle beaucoup des moments de fermeture d'équipements. On a parlé de la piscine d'Aumont. Mais il y a aussi la volonté de diversifier les équipements qui sont portés par l'agglomération.
Et dans cette hypothèse-là, une fermeture de piscine, aujourd'hui, c'est en fonction de la piscine, 500, 600 000 euros de déficit qu'on gommerait. Est-ce qu'on est capable de considérer que le service public porte en lui-même pour partie des questions déficitaires ? La réponse est oui.
Quand vous portez un service public sur un certain nombre de sujets, notamment sur les sujets de loisirs, il y a une logique déficitaire qu'on connaît. Mais si on récupère une hypothèse de 500 ou 600 000 euros de déficit, et qu'on se dit, est-ce qu'on n'est pas capable de construire un nouvel équipement attractif, novateur, qui serait peut-être déficitaire, mais bien moins qu'une piscine, et qui donnerait un nouveau regard à la population ? C'est ça que je souhaite, moi.
C'est qu'à la fois on soit sérieux dans la gestion de nos équipements, quand ils sont extrêmement déficitaires, que c'est de pire en pire, il faut à un moment donné se poser la question de savoir s'ils sont utiles sur le territoire et si on n'a pas des solutions plus intéressantes, c'est le cas des piscines. Et puis après, c'est la question de l'attractivité du territoire. Pourquoi les gens viendraient demain à Jemont ?
Pour la patinoire ? Oui, je le crois. Le seul équipement qui existe, il est à plus de 50 km d'ici.
Quand on se pose la question du PMA, on est dans la continuité des nuits secrètes. S'il n'y a pas les nuits secrètes, vous croyez qu'il y a 70 000 personnes sur trois jours à l'Ouymry l'été ? Enfin, il faut s'appuyer sur nos forces, il faut s'appuyer sur une volonté d'avoir un territoire qui reconstruit une forme d'attractivité et ça passe par des outils comme cela.
Moi, je suis certain que dans quelques années, l'Emeraude sera à un niveau de visibilité qui sera salué par tous parce qu'on sera aussi des ambassadeurs de cet outil. Longtemps, j'ai entendu, l'Emeraude, ça ne marchera pas, c'est dans un quartier où on ne veut pas aller, il va y avoir des problématiques de sécurité. Aujourd'hui, il n'y a aucune problématique de sécurité, ça se passe très bien, les gens qui y vont sont très satisfaits et ceux qui finissent par pousser la porte se disent que finalement, c'est vachement bien.
Donc, il faut pouvoir donner envie aux gens d'y aller. Donc oui, la patinoire, c'est une hypothèse d'études en 2019 pour permettre aux élus en responsabilité de décider en 2020. On sera largement en capacité d'être financés et accompagnés par les acteurs type région.
On est dans le cadre de la rénovation urbaine. Donc, il y a des choses à faire. La rénovation urbaine 2019, c'est Maubeuge sur trois quartiers, Louvre-Algemont, avec des décisions importantes, des décisions de reconstruction d'habitation, des décisions sans doute de démolition, des décisions d'ambition pour ces quartiers.
Ça fait deux ans qu'on en parle. Ça a été le moment des études. Là, on va rendre les études, on va passer les euros en quelque sorte devant les jurys à Paris. et on saura dans quelques mois comment les projets de rénovation urbaine vont se monter.
Alors, vous connaissez les projets de rénovation urbaine. Ça prend cinq, ça prend dix ans, on le sait. Mais c'est quand même des nouvelles absolument fondamentales pour l'image de nos quartiers dans les territoires.
Et évidemment, la patinoire, ça fait partie d'une ambition qu'on est capable de porter, qui coûtera moins cher à l'agglomération que des piscines qui sont obsolètes et qui, en plus, offrira un service nouveau et qui donnera peut-être des perspectives nouvelles aussi à notre jeunesse, parce que c'est ce genre de sujets qui sont portés aujourd'hui par notre jeunesse. Dernière question, elle est très simple. Est-ce que vous serez candidat pour la présidence de la communauté d'agglomération au Bajon et à Decembre 2020 ?
Je serai candidat pour être le maire de Jemont. Si je suis réélu à la mairie de Jemont, alors je serai légitime pour m'interroger si, avec le collectif de l'agglomération, on est capable de porter un projet. Mais ça passera toujours par Jemont.
Moi, mes racines sont à Jemont. Mon travail initial en tant que maire, il est à Jemont. Si le maire de Jemont est confirmé dans ses responsabilités, alors on verra avec les élus en responsabilité, il y aura peut-être des changements, il y aura peut-être des confirmations.
Je suis incapable de vous dire si je serai réélu ou pas en tant que maire. Donc il est évidemment prématuré de lui dire ce que je souhaite fondamentalement et c'est la réponse la plus sincère que je puisse vous faire aujourd'hui. Oui, je serai candidat à la mairie de Jemont et j'essaierai de faire en sorte de démontrer qu'on est sur le bon chemin.
Et puis je serai très attentif par la suite si les choses se passaient bien. Si elles se passent bien, elles ne se passent pas bien. Ce sera à ceux qui seront en responsabilité de conduire l'action publique.
Si jamais j'ai la chance de pouvoir continuer le travail qui est le mien à Jemont, je serai très attentif à ce que ce que nous avons démarré à l'agglomération ne soit pas remis en cause. Le territoire, il a beaucoup souffert parce qu'on remettait en cause les projets, les directions, les stratégies. Ce qui m'intéresse, c'est que le crayon que nous avons porté pendant six ans d'action publique à l'agglomération, avec les élus de toute tendance politique, il puisse être repris par moi ou par qui que ce soit d'autre et que ce trait de crayon puisse continuer.
Benjamin Saint-Huy, merci beaucoup pour cet entretien. Je rappelle que vous êtes le président de la communauté d'agglomération Boboche-Valde-Sambre. Merci à vous et bonne année.
Merci à vous et bonne année.
Benjamin Saint-huile