Peut-on encore critiquer Donald Trump aux États-Unis ?
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France Inter. Bonjour et soyez les bienvenus sur France Inter. Si vous nous rejoignez, peut-on encore critiquer Trump aux Etats-Unis ? C'est la question que nous nous posons ce matin dans le débat de midi. Il en est un qui semble en avoir fait les frais. Stephen Colbert, dont le Late Show diffusé sur CBS, l'un des piliers de la satire télévisée américaine, prendra fin en mai 2026. Officiellement, CBS évoque des raisons budgétaires, mais cette explication tient-elle vraiment la route ? Il faut rappeler que Colbert est depuis près de 10 ans l'une des voix les plus critiques à l'égard de Donald Trump. Chaque soir, il attaque frontalement le président à travers des monologues acerbes.
Or, la décision de mettre un terme à son émission survient quelques jours seulement après qu'il ait qualifié de « bon gros pot de vin », un versement de 16 millions de dollars effectué par Paramount, maison mère de CBS à Donald Trump. Ce règlement visait à mettre un terme à une procédure judiciaire engagée par Trump qui réclamait 20 milliards de dollars à la chaîne pour avoir diffusé une interview de Kamala Harris, sa rivale démocrate en 2024 pendant la campagne, une interview que Trump estimait biaisée.
Ce calendrier devient encore plus étrange quand on apprend que la Federal Communication Commission, le gendarmerie américain des télécoms, vient d'autoriser le rachat de Paramount par Skydance, une société dirigée par David Ellison, à un milliardaire perçu comme proche de Trump, montant de l'opération 8,4 milliards de dollars. Dès lors, une question se pose. Paramount a-t-elle sacrifié Colbert pour s'assurer les bonnes grâces de l'administration Trump et faire passer la fusion ? L'émission, pourtant numéro un en audience et culturellement influente, aurait-elle été victime de pression politique ? On le comprend bien. Ce qui est en jeu dépasse largement le destin d'un talk show.
C'est une affaire de pouvoir, de satire et de liberté d'expression. Alors, simple coïncidence ou sanction politique ? Ou, plus largement, la satire politique a-t-elle encore sa place dans les grands médias américains ? On en débat jusqu'à midi 45.
France Inter. Le débat de midi. Saskia de Ville.
Et, chers auditeurs, chers auditrices, vous pouvez participer à ce débat. Vous tenez-vous au courant ou restez-vous à l'écart de ces démêlés outre-Atlantique ? Vous pouvez désormais réagir sur l'application France Inter ou nous envoyer vos notes vocales sur le WhatsApp de l'émission. On vous attend au 01 45 24 7000. 01 45 24 7000. Pour en débattre ce matin, j'ai le plaisir d'accueillir en studio Romain Huret. Vous êtes historien des Etats-Unis, président de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Bonjour Romain Huret et bienvenue à Nicolas Conquer, représentant des Républicains Américains en France via Republicans Overseas.
Bonjour Madame.
Et par téléphone, Adrien Desnouettes, critique et auteur de cet ouvrage Nick Taras, une histoire du rire en France, paru aux éditions Façonnage. Bonjour Adrien Desnouettes.
Bonjour.
Et puis nous aurons aussi le plaisir d'entendre Corinne Laine, correspondante du journal Le Monde à San Francisco. Je commence avec une question qui s'adresse à vous tous évidemment. Comment définiriez-vous le degré de liberté d'expression aux Etats-Unis, Nicolas Conquer ?
Alors la liberté d'expression et notamment la liberté de la presse, elles sont consacrées par le premier amendement de la Constitution qui permet un grand champ d'application sous toutes ses formes et qui permet à ce que toute presse puisse contester le pouvoir en place, pouvoir de la satire et même de la diffamation qui ont été consacrées par des articles de la Cour suprême entre New York Times et Sullivan dans les années 60. C'était un accord très important qui permettait de ne pas tenir des organes de presse responsables s'il y avait des diffamations. Donc c'est un pouvoir qui, ce n'est pas pour rien, qui est considéré comme le quatrième pouvoir aux Etats-Unis.
Donc le pouvoir est assez large. Il n'y a pas de démission ou de connivence. ni même d'inféodisation du pouvoir par rapport à la presse. Et il y a des codes qui viennent régir tant les médias traditionnels que des codes de communication qui visent aussi à régir ce qui va être les réseaux sociaux qui officient désormais comme un cinquième pouvoir. Donc en soi, de vouloir dire qu'il y aurait une presse qui serait muselée alors qu'à tort et à travers on tombe sur Trump. Vous pouvez regarder n'importe quel organe de presse. Aujourd'hui, vous trouverez un titre dégradant, calomnieux, désinsinuations. On peut le voir dans le dossier Epstein ou d'autres dossiers.
Sans cesse, il y a des critiques quotidiennes sur Trump sur lesquelles on a cherché à se faire une rente, un fonds de commerce et en fait, ça ne prend plus. Ces éditorialistes sont tombés dans l'activisme et c'est surtout ça le problème où le journaliste a quitté sa déontologie pour devenir une caisse de résonance d'une certaine manière de penser très progressiste et anti-Trump. Romain Huret. C'est un droit qui est fondamental et ça a été dit mais il a une extension qui est même beaucoup plus large qu'en France. Aux Etats-Unis, dans l'histoire du pays, on a même vu des nazis défiler dans les rues. On peut soutenir ouvertement Hitler sans être inquiété.
Il y a une très grande conception et extension de la liberté d'expression et tout le monde la défend, je crois. Aujourd'hui, elle est sous tension, vous l'avez dit, elle est sous tension parce qu'on est, depuis une cinquantaine d'années, plongé dans une guerre culturelle qui est très profonde, qui est très violente, avec des oppositions qui viennent d'être évoquées entre deux camps qui s'accusent mutuellement de vouloir empêcher l'autre camp de parler. Il faut bien oublier que derrière ce qu'on reproche aujourd'hui à Trump, il y a une accusation qu'on entend depuis très longtemps du côté conservateur de museler la parole de ces mêmes conservateurs.
Les progressistes auraient longtemps développé une pensée unique à travers un réseau de télévision, de radio et ils auraient empêché pendant des années les conservateurs de prendre la parole et ils auraient mis en place une sorte de pensée unique comme on l'appelle en France qui aura empêché toute contradiction. La chaîne Fox News qu'on connaît tous a été fondée sur le slogan de Fair and Balanced avec l'idée qu'il fallait une parole plus équilibrée. Il fallait compenser ce qu'on entendait sur les grandes chaînes de télévision et les grandes radios aux Etats-Unis en faisant entendre une autre voix, un autre son de cloche pour aboutir à quelque chose d'équilibré.
Donc aujourd'hui, on insiste à un énième rejeu de ces guerres culturelles. Cela prend une tournure avec Trump très brutale parce que le personnage est brutal et sa politique l'est et notamment il tape au portefeuille on va en reparler mais en tout cas je crois que là on a une mise à l'épreuve de la liberté d'expression aux Etats-Unis comme on ne l'a pas eu depuis très longtemps.
Adrien Desnouettes qui est avec nous par téléphone.
Oui, je souscris à ce qui vient d'être dit et il faut vraiment s'enlever de la tête même si les soupçons sont très très gros de loin mais il faut vraiment s'enlever de la tête que le pouvoir politique aurait supprimé ou censuré un animateur de télévision en appuyant sur un bouton rouge. Ça ne s'est pas passé comme ça et ça ne peut pas se passer comme ça aux Etats-Unis. J'en veux pour preuve aussi pour vraiment appuyer sur le fait que la culture américaine et la culture de la liberté d'expression est extrêmement vivante là-bas j'en veux pour preuve tout simplement la nomination de Stephen Colbert dont on parle depuis tout à l'heure.
En fait Stephen Colbert il a remplacé quelqu'un en 2015 à ce fameux light show qui s'appelait David Letterman et David Letterman s'il n'était pas quelqu'un de particulièrement consensuel ou corvéable n'était pas aussi teinté politiquement que Stephen Colbert. Ça prouve bien que sur une chaîne majeure comme CBS le fait même de nommer Stephen Colbert en 2015 c'est-à-dire quand même dans un contexte de préélection présidentielle aux Etats-Unis où la menace Donald Trump avec les propos très radicalisés qu'il portait en fait c'était une prise de position de la part de la chaîne fortement teintée d'opinion que de nommer Stephen Colbert à cette place-là.
Donc en fait ça n'est que la preuve qu'en fait la liberté d'expression aux Etats-Unis est non seulement très importante mais sacralisée.
Colbert était néanmoins plus mesuré à l'époque c'est vraiment en se positionnant justement au moment des élections sur Trump que ses audiences ont explosé et qu'il a vraiment emprunté ce chemin-là. Andréa Denouet je précise quand même que vous êtes pas par téléphone mais dans le studio d'ici qu'un père qui vous accueille je vous remercie c'est plus exact en vacances mais avec nous dans le débat de midi aujourd'hui vous évoquiez Stephen Colbert je vous propose de l'écouter.
ils ont fait une seule erreur celle de m'avoir laissé en vie
alors pour les dix mois
qu'il me reste je vais pas me retenir pour dire tout ce que je pense
de Donald Trump. Voilà donc les propos de Stephen Colbert je vois Nicolas Pouca vous faites simuler On est au lendemain
de cette annonce de la suppression par la chaîne par la chaîne CBS qui dit on va arrêter votre show d'infotainment ça fait dix ans que vous le faites mais hélas vos audiences elles sont en train de décliner vous avez perdu 30% d'audience durant ces cinq dernières années
et financières
vous faites 40 millions de déficit par an c'est considérable ce show il est produit par 200 personnes 200 salariés qui produisent une émission qui coûte 100 millions de dollars il faut se mettre en compte les enjeux sont considérables l'autre Stephen Colbert on essaie de le passer pour un martyr mais il prend entre 10 et 15 millions de dollars de salaire par an à mettre en perspective par rapport à ce qui anime le JT mais j'enfernie avec cette parenthèse là ils arrêtent ce show-là pour des raisons financières et c'est une saine décision de gestion imaginez un instant que vous financiez à perte des shows ça ne serait pas tenable autre que sur un service public peut-être mais en tout cas il lui laisse encore un an et là il avait la véritable occasion un petit peu moins d'un an 6 mois 6 mois donc en mai l'année 2026 je pense bon bref il ne s'est pas coupé en plein chaud vous voyez on essaie de dire comment on sera arrivé on a débranché les micros ce n'est pas du tout ça dont il est question il avait une occasion inespérée de donner le plus grand pied de nez qu'il pouvait par rapport soit à Trump soit à sa maison de production et de faire véritablement quelque chose de drôle à la place il les a insultés avec ce qu'on appelle le F-bomb le mot en F que je ne vais pas dire à la radio mais qui montre qu'il n'y a plus ce talent et ça s'est érodé il faut quand même dire qu'on arrive à la fin d'un cycle culturel le late night show ça fait 40 ans que ça dure c'est en déclin et désormais il y a d'autres sources on le voit vous avez des podcasts il y a du streaming il y a une autre offre les gens ne s'informent c'est pas qu'ils ne s'informent plus ils s'informent différemment
justement vous évoquez la réaction assez forte de Stephen Colbert à l'on
c'est pas subversif du tout absolument
je vous propose de l'écouter
comment osez-vous est-ce qu'un homme dénué de talent serait capable d'un tel trait d'esprit comment osez-vous est-ce qu'un homme dénué de talent serait capable
d'un tel trait d'esprit
voilà on l'a même entendu deux fois pour le plaisir je ne vous traduis pas à la fin vous avez bien évidemment compris de quoi il est question est-ce selon vous Romain Urey comme le disait Nicolas Conquer à l'instant une sage décision de gestion
c'est une décision qui appartient de toute façon à la télévision je pense qu'elle a le droit de supprimer toute France Inter et d'autres médias le font on décide de supprimer telle ou telle émission il y a semble-t-il des enjeux économiques il y a peut-être des enjeux politiques aussi on est entré là depuis l'élection de Trump l'arrivée de Trump dans une nouvelle ère politique une nouvelle ère médiatique et culturelle beaucoup d'institutions des universités aux chaînes de radio cherchent à répondre à ce nouvel environnement général ce nouvel environnement intellectuel et économique on sent que l'Amérique change que des idées qui étaient peut-être plus dominantes plus présentes sont en ce moment mises sous le tapis ou non plus
je pense
à toute une série de propositions qui sont faites sur le genre ou sur la race on a vu des grands groupes on a vu Facebook Meta changer complètement d'avis sur cette question-là Facebook et Meta avec leurs patrons ont longtemps été des grands défenseurs de ce qu'on appelle le multiculturalisme aux Etats-Unis la défense du genre la défense de l'égalité raciale etc cette entreprise en faisait l'un de ses cheveux de bataille en estimant que c'était essentiel de défendre ces idées-là on a vu Meta tourner sa veste dès le mois de janvier en estimant que Zuckerberg avait dit estimé qu'il y avait trop de femmes je crois dans l'entreprise ça pouvait être nocif au fonctionnement de l'entreprise donc il y a un climat qui change et des entreprises privées mais aussi des universités ont décidé plus ou moins de s'adapter au nouveau climat qui est le sien avec à nouveau la mise sous tension de la liberté d'expression puisque se pose la question qu'est-ce qu'on peut dire ou ne pas dire je rappelle que l'administration Trump a décidé de ne plus financer des projets de recherche qui contiennent 200 mots interdits ce qui est quand même pour le moins une mise très forte sous tension de la liberté d'expression et de recherche aux Etats-Unis Nicolas Conquer pour revenir sur CBS donc la chaîne sur laquelle était diffusé ce show d'infantanement dont les audiences étaient en train de se dégrader évidemment c'est pas remplacé ils n'ont pas placé un pro-Trump à la place ils ont arrêté ce show-là et ils rediffusent un show qui est très connu très caustique South Park dont le premier épisode est venu et gratinait Trump vous voyez donc ça serait vouloir montrer qu'il n'y a plus de contestation plus de causticité plus de satire c'est tout sauf le cas allez-y
Adrien
j'entends quand même des propos assez mesurés sur ce qui vient de se passer il y a quand même une limite au bénéfice du doute il y a la concordance des événements et notamment de cette négociation avec Paramount et le fait aussi que ce n'est pas n'importe quel scalp qu'on coupe à CBS il ne faut pas oublier qui est Stephen Colbert parce que vous le présentiez depuis tout à l'heure comme quelqu'un qui depuis 10 ans serait le satiriste l'histoire de Stephen Colbert et son haut fait d'arme c'est pas du tout depuis 10 ans et le light show c'est bien avant en fait Stephen Colbert c'est si vous voulez le Géronimo de la satire dirigée contre le parti républicain et son fait d'arme et c'est là que Trump en fait obtient le scalp de quelqu'un très important pas seulement pour lui et son programme politique mais pour toute sa famille politique son principal fait d'arme c'était 2006 le dîner des correspondants de presse où il avait tourné en dérision pendant 22 minutes George Bush Jr et en fait c'était une scène qui avait été invisibilisée par les médias parce que tout le monde l'avait un peu mal pris
et ça avait créé le scandale justement cette invisibilisation comment ? ça avait créé le scandale justement cette invisibilisation ça avait créé le scandale
exactement c'est un des premiers scandales du 21ème siècle entre guillemets d'internet puisque c'est internet qui avait mis au devant de la scène sur Youtube ce moment de 22 minutes et c'est les médias qui avaient fait un mea culpa devant la pression populaire en disant mais pourquoi vous nous avez soustrait cette information et en fait Steven Colbert était déjà connu en fait depuis 1997 sur Comédie Centrale et donc c'est quelqu'un je veux dire symboliquement si vous voulez de la part de Trump et pour asseoir sa place dans l'histoire et aussi un petit peu tamiser tout ce qui se passe autour de lui autour de l'affaire Epstein et tout ça il vient d'obtenir un scalpe très important donc je pense qu'on ne peut pas parler de censure à stricto sensu il n'y a pas de bouton rouge mais je pense que ça faisait quand même partie des négociations et j'en veux pour preuve le communiqué même de la chaîne de CBS qui est quand même on ne peut plus circonspect sur les raisons en tout cas dans le ton sur les raisons de cette annulation d'émission
et on va continuer à en parler dans ce débat de midi les médias sont-ils soumis à une pression peut-être plus importante que par le passé je vous propose à midi et 19 minutes de faire une petite pause musicale avec Miso et son titre pop
Peut-on encore critiquer
Donald Trump aux Etats-Unis ?
On continue d'en débattre ensemble jusqu'à midi 45 avec nos invités Romain Huret historien des Etats-Unis et président de l'école des hautes études en sciences sociales Nicolas Conquer représentant des républicains américains en France via Republicans Overseas Adrien Denouet en studio à Issy Kemper critique et auteur de l'ouvrage Nick Taras et histoire du rire en France et puis aussi avec nous la correspondante du journal Le Monde à San Francisco bonjour Corinne Laine bonjour Saskia vous venez de consacrer un long article à ce sujet je posais la question juste avant de lancer cette deuxième partie de débat les médias sont-ils soumis à une pression plus importante que par le passé aux Etats-Unis ?
Oui c'est ces pressions du business
qui est beaucoup plus forte beaucoup d'un degré Trump a tout amené enfin à un degré supérieur par rapport à son premier mandat et ça c'est une expression d'ailleurs de John Stewart donc qui est un grand complice de Colbert qui est lui aussi en fait sur Comédie centrale et qui a vraiment dénoncé ça donc par solidarité aussi avec Colbert dénoncé cette cette soumission anticipée et c'est vrai que c'est cette idée qu'en fait si vous ne plaisez pas au président vous êtes en fait un peu en péril en danger de perdre quelque chose
Est-ce que Adrien Desnouettes ou Nicolas Conquer ou bien enfin voilà est-ce que vous souhaitez rebondir justement sur ce qui vient d'être dit ?
Hormis la satire je vais reprendre un fait d'actualité qui a quand même fait peut-être trembler l'administration Trump qui était les révélations du rédacteur en chef de The Atlantic vous vous souvenez il y a quelques semaines il y avait ce qu'on appelle le Signal Gate et une révélation qui était assez fracassante contre le ministre de la Défense américain qui a été révélée par Jeffrey Goldberg qui est tout sauf quelqu'un qui est aligné par Donald Trump cette personne a pu publier entièrement ses conversations a même été reçue à la Maison Blanche pour des entretiens avec Donald Trump par la suite donc il y a un climat sous tension parce qu'effectivement ça montre également qu'il n'y a aucune interdiction quelconque et ça montre aussi une forme de transparence de Donald Trump qui réunit des points à presse quasi systématiquement que ça soit à bord de son avion au bord de la Maison Blanche et donc il y a une véritable transparence un lien qui est peut-être houleux mais qui est beaucoup plus transparent que ce à quoi on a pu assister au préalable et qui montre aussi que parfois la presse a pu être plus complaisante plus...
voire même en connivence avec notamment l'état de santé de Joe Biden sur lequel il y a eu une omerta totale et aujourd'hui ça y est subitement il se révèle en faisant des révélations C'est-à-dire
on a aussi beaucoup parlé de la décision de Trump de refuser à Associated Press l'accès à ces conférences de presse
D'accord ça c'est un détail et c'est pas un droit
C'est pas un détail ?
Bien sûr c'est-à-dire qu'ils ne sont pas bannis c'est-à-dire qu'il y a un privilège qui est de pouvoir accéder au bureau Oval et à Air Force One ils n'ont pas souhaité accéder aux décisions de Donald Trump qu'il a passées par décret présidentiel ils assistent ils sont toujours dans la briefing room personne n'est interdit Associated Press ont tout à fait leur droit et il y a des poules presse quand vous ferez des voyages il y a certains journalistes qui sont habités et d'ailleurs l'administration de la Maison Blanche a réaccrédité beaucoup de journalistes voire même des nouveaux journalistes qui évoluent dans la sphère des podcasts des influenceurs de créateurs de contenu pour avoir aussi un rapport plus transparent avec cette Maison Blanche
Alors pour en revenir à ce que disait Corinne Laine un petit peu plus haut Adrien Desnouettes qui est avec nous depuis le studio ici qu'un père Trump met-il en pratique tout ce qu'il n'a pas pu faire lors de son premier mandat c'était quelque chose que Corinne Laine soulevait
Oui oui totalement on dirait que c'est un peu la mise en application et en pratique de ce qu'il n'avait fait qu'annoncer pendant le premier mandat et c'est ça je veux dire c'est pas du tout subversif de le dire c'est ce qui se voit c'est ce qui se remarque depuis 6 mois par contre j'ai envie de rebondir quand même fortement sur le mot de transparence qui vient d'être utilisé sur le plateau il y a quand même un autre phénomène de transparence chez Trump c'est la façon dont il a jubilé justement de cette annulation du light show de Colbert qui là pour le coup ne laisse presque aucun doute sur le fait qu'il y ait une satisfaction personnelle qui soit avouée et pourquoi pas même une intention ou même un rôle joué dans cette histoire là donc ça me fait un peu quand même rire quand on me dit que Trump est dans la transparence et qu'il a invité à la Maison Blanche et dans les rangs de la presse de Nouvelles Voix parce qu'on sait qui sont les Nouvelles Voix en fait les Nouvelles Voix c'est des podcasts et ce sont des gens qui viennent d'autres sphères journalistiques qu'on pourrait même qualifier d'assez anarchiques et pour ne pas dire populistes anarchiques en tout cas dans la façon dont c'est produit je ne parlais pas d'opinion mais de manière assez populiste et j'ai envie de vraiment de rebondir sur tout ce qu'on se dit pour se dire qu'en fait il y a quand même une victoire très importante de Trump sur le terrain de la satire et c'est là que c'est le plus important en fait c'est que Trump selon moi il a réussi et ça c'est vraiment sa grande victoire et c'était déjà une grande victoire du premier mandat il a réussi à rendre la satire progressiste donc en gros la satire libérale au sens américaine à laquelle appartient Stephen Colbert il a réussi à la rendre prévisible parce qu'en fait il est tellement déjà caricatural il est tellement déjà une espèce de spectacle à lui tout seul qu'en fait c'est très difficile de ne pas répondre à ce qu'est Donald Trump sur le terrain de l'humour en ne faisant qu'une surenchère et j'en veux pour preuve quelque chose qui a été cité tout à l'heure South Park oui certes South Park est toujours produit par Paramount parce que South Park c'est une série satirique qui a énormément d'audience donc elle est presque intouchable c'est business is business comme disait tout à l'heure la correspondante à Washington sauf que si vous regardez bien les blagues qui sont faites sur Donald Trump dans South Park et notamment celles sur lesquelles il a réagi moi je ne trouve pas incroyable on est dans une surenchère d'une caricature que Donald Trump propose déjà quotidiennement sur la scène de stand-up qui est devenue la Maison Blanche donc en fait pour moi la principale victoire de Donald Trump et c'est un peu inquiétant c'est qu'il a rendu la satire et toute forme de réaction satirique absolument prévisible et je terminerai là-dessus à la satire à la génération émergente c'est-à-dire celle d'après Stephen Colbert qui a déjà maintenant plus de 60 ans à la satire de trouver de nouveaux ressorts de trouver de nouvelles façons de non pas de réagir mais de dialoguer avec le pouvoir en place
Mais la satire actuelle alors est-ce qu'elle va trop loin ? Est-ce qu'elle devient de plus en plus vulgaire ? C'est une question aussi que j'ai posée à Corinne Laine notre correspondante du journal Le Monde à San Francisco
effectivement les humoristes de plus en plus et dans les manifestations on le voit aussi enfin on dit fuck maintenant partout ce qui était quand même quelque chose qui n'aurait pas été prononcé dans des manifestations parce qu'il y avait des enfants et qui n'est toujours pas prononcé d'ailleurs dans les dans les dans les chaînes publiques et donc même quelqu'un comme Colbert quand il le prononce en fait il y a un petit bip mais on sent qu'il y a une sorte de vulgarisation on le voit aussi avec le South Park on y voit vraiment Trump se rouler dans le sable nu essayant de sauver l'Amérique c'est absolument dévastable
Merci beaucoup Corinne Laine correspondante du journal Le Monde je le rappelle qui était avec nous dans le débat depuis San Francisco mais parlons-en justement de cet épisode de South Park je ne sais pas si vous l'avez regardé Romain Huret
Non je ne l'ai pas encore regardé mais je vais le faire rapidement
Peut-être une réaction est-ce que justement la satire va-t-elle trop loin la satire actuelle
elle est toujours allée très loin aux Etats-Unis moi qui ai travaillé un peu sur Richard Nixon les satires sur Richard Nixon les propos les chansons les dessins c'est sûr qu'aujourd'hui elle a adapté à de nouvelles manières de parler à un rythme beaucoup plus rapide peut-être à des propos qui semblent plus vulgaires aujourd'hui par rapport à ce qui a été dit dans les années 60-70 mais c'est son rôle d'aller très loin c'est son rôle précisément de pousser le plus loin les frontières de ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas peut-être deux réactions par rapport à ce qui a été dit la première ce que nous dit cette affaire et il faut toujours faire attention parce que Trump a tendance à mettre l'accent sur des individus et à cibler des cas particuliers et donc on parle beaucoup des cas particuliers mais il y a deux choses beaucoup plus profondes qui se jouent en ce moment en lien avec les médias et la liberté d'expression la première chose c'est une très grande concentration des médias aux Etats-Unis très grande concentration économique depuis 40 ans et aujourd'hui si CBS et d'autres médias sont dans une situation difficile et sont de plus en plus regardants sur les taux d'audience et les rendements des émissions c'est parce qu'il y a eu cette concentration économique et ils sont de plus en plus dépendants d'actionnaires et de fusion et de fusion et de grands groupes etc donc ça c'est une tendance lourde et ce qui explique aussi la possibilité qu'a Trump de faire pression et tout le monde est très vigilant là-dessus peut-être un deuxième point dont on ne parle pas c'est les médias publics on assiste là à un quasi-démantèlement de la radio publique nationale National Public Radio qui est dans une situation extrêmement difficile dont très peu de gens parlent d'ailleurs et c'est assez paradoxal puisqu'on soutient Colbert et on ne soutient pas NPR qui est dans une situation extrêmement difficile et qui est une radio publique d'information ce qui se joue peut-être là je crois si on met en lien ces deux éléments la très grande concentration économique et l'effritement ou l'effondrement des chaînes publiques de radio et de télévision c'est la création d'une information publique dans le pays et ça c'est un des grands combats que mènent les conservateurs depuis longtemps et peut-être le vrai débat il est à ce niveau-là Nicolas Conquer avant de réagir sur l'audiovisuel public aux Etats-Unis je veux juste dire sur la satire elle est en train de prendre une nouvelle dimension désormais elle ne se joue plus sur scène ou sur des plateaux de late night ça se fait sur internet avec les mêmes vous savez qui sont ses détournements voire même l'IA vient aussi s'inviter dans des détournements et effectivement il n'y a pas de limite donc c'est assez violent mais il y a des nouveaux codes qui sont en train de se mettre en place elle a toujours existé et elle est pratiquée à gauche comme à droite avec aussi ses détournements on en voit beaucoup sur Trump sur J.D.
Vance et c'est une manière aussi de montrer un petit attachement et de prendre ça avec un peu de légèreté on dit de own it c'est-à-dire l'accepter telle qu'elle est par le principe que ça fait partie du jeu ça c'est sur la satire sur la deuxième vous l'avez mentionné il y a NPR PBS qui sont des offices de radio et de télévision d'état qui étaient financés et pas pendant des proportions considérables mais sur lesquels on parle quand même
de plusieurs millions de dollars
ça représente tout juste 15% de leur budget de financement et il y avait toujours une question à l'époque par ceux qui ont été à la tête de ces organismes de dire mais est-ce qu'on ne se rend pas dépendant du pouvoir en recevant ces financements donc il y avait déjà cette préoccupation de dire est-ce qu'on n'est pas un Féodé et de deux est-ce qu'on ne se rend pas dépendant aujourd'hui ces pourcentages de financement ils peuvent très bien être et ils ne vont pas s'arrêter de fonctionner le jour au lendemain ça va permettre à ce qu'il y ait des philanthropes privés qui viennent investir ce qu'il faut rappeler c'est que c'est financé par le contribuable on parle en français de c'est Nicolas qui paie vous savez cette révolte un peu fiscale de dire on finance des choses qui ne sont pas prioritaires il y a le doge qui avait été monté par Musk donc de l'efficience gouvernementale aux Etats-Unis qui visait un peu dégraisser un petit peu l'état fédéral et donc ça faisait partie des propositions c'est pas un décret présidentiel ça a été voté dans la loi donc ça encore une fois c'est pas un choix de Donald Trump c'est le congrès qui a été validé par le Sénat de couper ces 9 milliards dans lesquels faisait partie NCR et PBS ce qu'il faut dire c'est que c'est une structure qui est complètement caduque désuète et qui est également idéologisée caduque parce qu'il y a à peu près 1000 stations de radio dans les Etats-Unis à l'heure où aujourd'hui vous pouvez faire du streaming et accéder à des choses centralisées la deuxième c'est qu'il y a évidemment un parti pris gauchisant, libéral voire même de propagande assez éhontée qui montre que ça ne représentait pas du tout et ça ne servait pas du tout les intérêts stratégiques des Américains dans leur intégralité
L'amour fou entre Donald Trump et les médias publics, privés aux Etats-Unis on continue à en parler dans la troisième partie de notre débat juste après ce titre de Junior Amourfou Si rien n'est sûr
on ne prend goût pour toujours à jamais l'infini
si rien n'est dur
on y joue on t'amoure aux petits amis
et si
c'est un temps ça c'est un dossier
c'est un dossier d'amour impossible Amourfou si d'aventure on s'en met d'eau au grand jour Amourfou Amourfou
le nouveau titre de Junior à Midi 35 sur France Inter
Le débat de Midi Saskia Deville sur France Inter
Je trouve qu'une partie de vos invités est quand même très très naïve vis-à-vis de ce qui se passe puisque l'argent est devenu réellement le moyen de pression en menaçant les grands réseaux les grandes chaînes de payer des amendes énormes des dommages d'intérêt énormes je trouve que c'est réellement un changement par rapport à avant et c'est une réelle atteinte à la liberté d'expression aux Etats-Unis en France il y a peut-être des problèmes aussi mais on n'en est pas là heureusement
Voilà un vocal laissé par notre auditeur David sur l'application France Inter pour cette émission le débat de midi mais finalement j'ai envie de vous poser la question à tous les trois Romain Duré Nicolas Conquer et Adrien Denouet cette façon de régler finalement les conflits avec de l'argent n'est-ce pas l'image aussi d'une certaine mentalité américaine
En tout cas c'est la mentalité de Donald Trump il tape toujours au porte-monnaie il le fait sur les droits de douane il le fait avec les universités aux Etats-Unis il le fait avec les médias aux Etats-Unis donc il y a une manière de faire qui s'avère plutôt efficace si on en juge par un certain nombre de résultats qu'il a pu obtenir à droite à gauche en mettant la pression là où ça fait le plus mal dans les comptes dans les budgets il a obtenu ce qu'il voulait de l'université Columbia il a obtenu ce qu'il voulait de l'Union Européenne il est en train d'obtenir une grande partie de ce qu'il souhaite avec les médias donc finalement cette stratégie du portefeuille fonctionne assez bien ça ne date pas uniquement de Trump cette judiciarisation de la société américaine on peut porter plainte pour le moindre défaut ou la moindre contrariété ce qu'il faut dire c'est que on le voit il y a des transactions qui ont été abouties notamment avec CBS pour ce qu'il appelait une ingérence dans la dernière campagne avec un détournement une manipulation dans une interview vous pourriez dire réalisée par Kamala Harris
un rétrécissement d'une interview
pour justement éviter à ce que le public soit réellement informé de la position de Kamala Harris sur notamment le Proche-Orient et donc du coup il vaut mieux une bonne transaction qu'un mauvais et long procès et c'est comme ça que ça se règle généralement aux Etats-Unis avec des transactions c'est l'usage 16 millions par rapport à d'autres amendes ou d'autres transactions qui ont lieu c'est assez epsilonesque et c'est encore une fois c'est pas ça qui démontre le pouvoir de l'argent il y a d'autres shows qui continuent à se maintenir et qui critiquent à tort et à travers sur Trump quotidiennement on peut regarder The View et j'en passe mais une fois ça s'affadit c'est-à-dire que ça ne prend plus les gens ont assez de cette absence de nuance si on revient juste sur Colbert vous savez initialement c'était un show d'infotainment avec un peu de légèreté ils ont fait venir des invités politiques sur la dernière saison c'est 45 invités démocrates zéro républicain pourquoi pas c'est la liberté éditoriale il n'y a pas d'agence de régulation comme l'ARCOM en France depuis Reagan aux Etats-Unis
Trump était déjà venu sur des plateaux de l'Echo il y a quelques années avant sa première élection
il y a eu 176 invités démocrates sur The Late Show un seul républicain maintenant ce que ça montre c'est qu'en plus le type et c'est pour ça que les audiences s'effondrent c'est que c'est des gens comme Elisabeth Warren qui n'ont aucun charisme aucun avenir et qui ne mobilisent pas les foules encore une fois dernière chose sur la typologie c'est que Colbert avait pour mission de rajeunir l'audience de sa chaîne CBS sur The Late Night Show il est arrivé ils avaient 60 ans ils quittent la moyenne d'âge ils étaient 70 ans ils ont vieilli avec elle il n'a pas réussi à renouveler il a perdu son pari et c'est comme ça que ça marche on le sort
Est-ce que vous êtes en train de me dire que l'Echo est donc un contre-pouvoir une forme de contre-pouvoir je vois qu'aussi vous Romain Gras vous souhaitez réagir
Je souris d'entendre un représentant des républicains en France demander plus de régulation des médias je rappelle qu'en 1983 ce sont les républicains c'est Ronald Reagan ce sont les conservateurs qui ont souhaité démanteler la régulation qui a été mise en place 50 ans plus tôt par le président Roosevelt donc si vous le souhaitez je suis extrêmement heureux d'entendre le dire qu'il y a des formes de régulation qui permettent précisément l'équilibre je suis très heureux qu'il y ait une régulation des temps de parole et qu'on puisse précisément et pour répondre à votre éditeur ce qui différencie les médias français des médias aux Etats-Unis c'est que précisément nous avons des instances de régulation qui permettent un équilibre des temps de parole qui sont biaisées aux politiques et qui visent à censurer à museler l'opinion en France et à émerger à ce qu'il y ait des nouvelles powers il y a quand même des temps paroles avec abusif et ça dépend pas du législateur mais là on dérape il y a une vraie régulation des temps de parole que ce soit pendant les campagnes ou il y a une régulation
je propose qu'on continue le débat et on reviendra peut-être là-dessus un petit peu plus tard et qu'on se recentre sur ce qui nous intéresse aujourd'hui notamment aussi avec notre invité qui est dans les studios d'ici Quimper Adrien Dénouet vous souhaitez réagir vous à ce que notre auditeur nous a dit
il a parfaitement raison et je m'inscris en faux sur ce qui vient d'être dit sur le fait qu'il y ait ingérence ou pas autour de l'argent l'argent est devenu un levier d'ingérence l'argent est devenu un ressort l'argent est devenu un argument même pour mener à bien des réformes comme celles que vous avez parlé tout à l'heure avec PBS et l'audiovisuel public aux Etats-Unis et j'ai envie de dire que vous me faites une passe décisive pour faire un comparatif avec la France parce que c'est l'argument principal qui est avancé aujourd'hui pour réaliser ce même type de réformes en France autour de l'audiovisuel public vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a une tentative très très forte c'est plus qu'une tentative c'est en train d'être mis en oeuvre par Rachida Detsi donc la ministre de la Culture il y a la tentative de réunir sous la forme d'une holding Radio France et France Télé or les principaux arguments qui sont avancés c'est toujours des arguments économiques or la force d'un service public et notamment la force du service public français on y est c'est justement de ne pas avoir comme premier critère d'appréciation et de barème sa rentabilité et c'est là en fait que ça fait contre-pouvoir et c'est là qu'il y a vraiment une question de parallèle et de comparaison possible entre la France et les Etats-Unis évidemment qu'il y a une comparaison à faire entre ce qui se passe en France et aux Etats-Unis évidemment qu'il y a des pressions de l'ingérence qui n'est jamais direct mais qui vient du pouvoir sur des orientations éditoriales sur de l'opinion qui se diffuse sur les chaînes de radio publiques et j'ai envie de dire que pas que dans le service public C'est ça que j'allais dire
et je vais juste vous lire excusez-moi Adrien un message reçu par un auditeur alors je ne sais pas si c'est Sylvie Sylvain Sylve bonjour il est aisé de parler des Etats-Unis et de leur déboire démocratique c'est si loin un moyen commode de ne pas aborder ce qui se passe en France que pensez-vous de la concentration des médias dans les mains des milliardaires en France
alors ça c'est ce sur quoi j'allais rebondir c'est ça le premier parallèle c'est pas ce qui se passe dans le service public c'est ce qui s'est passé il y a 10 ans exactement avec le rachat de Canal Plus par Bolloré et en fait ce rachat de Canal Plus par Bolloré c'est un copier-coller avec à peu près 20 ans d'écart de ce qui s'était passé aux Etats-Unis avec Fox News et Rupert Mordoc et Fox News et Rupert Mordoc qu'est-ce que ça a produit ?
ça a produit sur la base du même argument qui est en fait un argument que j'entends depuis tout à l'heure sur le plateau à savoir qu'il n'y aurait pas suffisamment de diversité d'opinions sur les médias dominants et bien en fait sur la base de ce même argument se sont avancés se sont créés ont été produits ont pris de plus en plus d'importance des médias privés qui entendaient rétablir l'équilibre des opinions dans les médias ce qui est par ailleurs un argument assez recevable et Bolloré a fait exactement la même chose en France et qu'est-ce qui a sauté qu'est-ce qui a migré en tout premier lorsque Bolloré a racheté Canal Plus et bien ce sont Entertainment qui était fortement teinté quand même d'opinion plutôt de gauche qui a été sur le groupe TF1 et TMC et puis c'est surtout la désactivation en deux temps la déprogrammation on a débranché en deux temps ce qui pour moi était la principale satire et cette fois-ci politique certes mais non orientée idéologiquement qui était les guignols et ça c'est très grave c'est très grave ce qui s'est passé avec les guignols parce qu'en fait c'est presque ce sur quoi je voulais arriver c'est qu'en fait certes Stephen Colbert c'est quelque chose d'important c'est une prise de position politique très symbolique pour Trump d'accord mais c'était pas lui elle est politique mais qu'elle n'est pas orientée idéologiquement c'est qu'en la satire elle peut taper sur tout le monde et les guignols c'est ce que ça faisait en fait les guignols ou même les inconnus au début des années 90 dans la télé des inconnus que vous soyez d'extrême droite d'extrême gauche du centre libéral, conservateur peu importe tout le monde pouvait se prendre une balle à un moment et ça ça a vraiment disparu des services publics ça a disparu de la télévision privée de grandes audiences et ça pour moi ça a été un marqueur très important et les comparatifs sont totalement possibles entre la société française et la société américaine
Je vais poser une dernière question à tous les trois qui est avec nous aujourd'hui sur France Inter alors Trump prédit dans cette suite la disparition d'autres laits de show il cite notamment Jimmy Kimmel ou Jimmy Fallon est-ce à qu'invendre ou alors est-ce que les laits de show vont-ils satiriques j'entends ont-ils les ressources de se réinventer ailleurs Romain Uré ?
Ils ont été ça a été dit très concurrencés par de nouvelles formes de prise de parole ils ont été un peu ringardisés ils sont créés dans les années 90 ils attirent beaucoup de monde ils vont révolutionner la télévision et c'est la dernière tranche horaire qui devient un rituel aux Etats-Unis il est certain qu'Internet et des nouvelles formes de présentations médiatiques ont un peu ringardisé les laits de show aux Etats-Unis donc je pense que ce qui menace avec Trump les laits de show c'est les transformations numériques de l'espace public je pense que c'est un peu facile de vouloir blâmer Trump c'est comme s'il y avait une émission française qui était en échec et qui venait à blâmer l'Elysée il faut prendre ses propres responsabilités se réinventer je pense qu'il y a tout à fait de la place pour une satire de gauche comme une satire de droite il y a une émission sur Fox qui marche très très bien avec un satiriste aussi qui est assez piquante et qui a le mérite d'exister et je pense qu'il faut arriver à se réinventer et peut-être faire le deuil de ce late night show ça a duré 40 ans reste une pisse
et pour vous Adrien Denouet Oui oui je suis assez d'accord
je suis assez d'accord avec ça le late night show est un format du 20ème siècle il est temps que la satire de tous bords confondus quelle que soit la satire se réinvente et s'adapte évidemment aux nouveaux médias du 21ème siècle
Merci beaucoup à tous les trois d'avoir été avec nous Romain Huret je le rappelle historien des Etats-Unis directeur d'études à l'EHESS Nicolas Conquer représentant des Républicains Overseas en France Merci aussi à Corinne Laine correspondante du journal Le Monde à San Francisco qui était avec nous et enfin merci à Adrien Denouet Merci ici Quimper de vous avoir accueilli pour ce duplex Voilà qui vient mettre un terme à ce débat de midi pour l'heure Merci à toute l'équipe Louise Morfois et Aurore Mancipe à la programmation Merci à nos stagiaires Anaïe Balista et Ryan Saibi Une programmation musicale de Thierry Dupin Cette émission a été réalisée par Antoine Marché avec avec évidemment Alex Otinois à la technique Midi 46 c'est l'heure de retrouver le jeu des 1000 euros avec Nicolas Stoufflet Rendez-vous à la Trinité dans les actes maritimes émission déjà diffusée en septembre 2024
Chers amis bonjour toujours dans cette ville de la Trinité 10 000 habitants ville résidentielle juste à côté de Nice commune populaire commune encore de culture maraîchage mais aussi une spécialité il y a deux domaines spécialisés dans une culture quel est ce fruit cultivé ici à la Trinité particulièrement et bien c'est l'olive deux domaines réputés le domaine les satinis et l'exploitation champ soleil l'olive à l'AOP protégée donc appellation d'origine protégée olive de Nice c'est une petite olive d'ailleurs de la variété caillette poussant sur un olivier appelé le cailletier voilà une spécialité de cette commune de la Trinité qui a été une ville industrielle il y a encore des activités industrielles d'ailleurs une petite entreprise comme Facotec qui fabrique des machines à café et un laboratoire d'un chocolatier le chocolatier lac sur le territoire de la commune de la Trinité tout près de la vallée du Payon qui est donc le fleuve qui se jette dans la baie des anges dans la méditerranée le Payon un fleuve côtier de 35 kilomètres qui prend sa source au nord de Nice à 1300 mètres d'altitude la Trinité n'est pas juste en bord de mer c'est sa voisine la commune d'Aise EZE qui descend jusqu'à la Méditerranée et donc nous sommes dans cette ville pour toute la semaine on est au palais des sports ça s'entend peut-être ça résonne un petit peu voilà c'est l'ambiance palais des sports dans cette ville qui est la ville de naissance et d'enfance du rappeur Necfeu soit dit en passant donc ici palais des sports médiathèque école de musique et et dans quelques années une toute nouvelle salle culturelle qui se trouvera face à l'observatoire de Nice voilà on est heureux d'annoncer la naissance peut-être en 2026 de cette nouvelle salle culturelle de la Trinité ville dans laquelle nous jouons avec vous sur France Inter en compagnie de Virginie Ricetti et de Paul Montoreau que nous accueillons le plus chaleureusement possible et je vous fais confiance bonjour Virginie bonjour vous êtes niçoise oui j'habite au col de ville franche c'est une ville que vous aimez oui beaucoup dont vous profitez de quelle manière par exemple je marche beaucoup je fais aussi du vélo je m'occupe comme administratrice d'un lycée professionnel les palmiers qui est un lycée très intéressant très bien dirigé très bien géré formidable une ambiance excellente pour aider les jeunes en difficulté quelles sont les spécialités de ce lycée professionnel il y en a alors la sécurité la couture les transports c'est très très complet oui et administratrice bénévole bénévole bénévole bravo Virginie vous êtes avec Paul Montoro bonjour Paul bonjour niçois aussi paul niçois d'adoption d'adoption d'accord depuis combien de temps on va dire 13-14 ans 13-14 ans vous êtes très jeune Paul quel âge avez-vous 34 ans 34 ans bienvenue sur France Inter et au jeu des 1000 euros vous travaillez dans le financement de l'innovation oui vous voulez dire quelque chose sur cette activité oui c'est un vaste domaine où on cherche des financements pour des activités innovantes comme son nom l'indique oui je m'en serais douté oui oui des subventions des fonds régionaux des fonds européens des fonds fonds nationaux donc toutes sortes de oui d'accord toutes sortes de de financements publics en fait donc vous allez taper aux portes exactement on va discuter avec des financeurs très bien beaucoup de sport Paul oui lesquels par exemple principalement course à pied et vélo c'est pas mal dans la région pour la course à pied et le vélo ça s'y prête bien oui ici on est plutôt bien lotis c'est vraiment une très belle région pour ces activités pleine nature comme on dit Virginie Rissetti Paul Montoro bonne chance avec les questions tirées au sort tout le monde joue avec vous c'est le plaisir du jeu le plaisir de la curiosité avant toute chose Louise Loyou habite Montbrun-les-Bains dans le département de la Drôme et elle vous demande un verbe que l'on emploie pour parler du cri du chameau blatéré blatéré oui car le chameau blatère c'est le nom donné au cri du chameau donc le chameau blatère et parfois certains humains déblatèrent aussi question bleue également de Michel Bretodeau dans le 11ème arrondissement de Paris quelle fécule issue des racines du manioc est utilisée comme épaississant pour les soupes et les desserts mais aussi pour la confection des plats sucrés ou salés le tapioca oui fécule issue des racines du manioc le tapioca question classique de culture générale Alain Tamalet de Laveyron à Salle-la-Source vous pose cette question bleue je n'en suis que l'interprète le porte-parole quel département a pour sous-préfecture Argentan et Mortagne aux Perches quel département a pour sous-préfecture Argentan et Mortagne aux Perches en Normandie oui oui est-ce que c'est L'heure et Loire peut-être non pas L'heure et Loire proposez des réponses dans le premier l'heure l'heure non le Calvados le Calvados non plus la Seine-Maritime pas la Seine-Maritime Argentan Mortagne aux Perches question reposée tout à l'heure pour un peu de suspense autre question mais maintenant une question blanche envoyée sur carte postale d'ailleurs par une auditrice de Matoury en Guyane française Catherine H ou Hac le chat féral est un chat domestique retourné à l'état sauvage mais on peut donner un autre nom à ce type de chat quel nom donc on peut dire que c'est un chat féral ou un chat quand on parle d'un chat domestique retourné à l'état sauvage
l'autre nom chat féral
donc ça commence par chat oui on dit chat et ensuite oui ça commence par chat c'est pas le nom d'une espèce non c'est le chat ensuite arboricole pas arboricole non on dit chat féral ou chat et ça commence par un H le mot à trouver c'est pas vraiment mon point fort les animaux le chat hirsute il peut être hirsute s'il croise un ennemi par exemple il peut dresser son poil évidemment ce n'est pas évidemment la réponse qui correspond à cette question donc quel est le synonyme de féral quand on parle d'un animal et notamment d'un chat domestique retourné à l'état sauvage question blanche aussi envoyée sur franceinter.fr par Evelyne et Hervé Hargout à Chambéry quel président de la république a été assassiné le 24 juin 1894 à Lyon décédé le 25 juin à minuit 40 précisément président de la république assassiné à Lyon je pense que c'est Sadi Carnot mais je pense Sadi Carnot vous avez raison Paul c'est Sadi Carnot assassiné à Lyon en 1894 question rouge écrite par Fabien Aoustin à Nior quel plat traditionnel alsacien consiste en un assortiment de viande de porc de bœuf et d'agneau mijoté dans une terrine avec des légumes des pommes de terre des épices et du vin blanc donc plat traditionnel alsacien avec ses viandes cuites dans une terrine cuites doucement au four dans une terrine avec des légumes des pommes de terre des épices et du vin blanc Bacoff Bacoff c'est presque ça ça ne se prononce pas exactement comme ça Bacoff Bacoff oui c'est ça le Bacoff alors c'est vrai que ça s'écrit B A E C K E O 2 F E et je crois qu'en Alsace on dit Bacoff mais encore je ne suis pas absolument certain de prononcer parfaitement ce mot alsacien littéralement four à pain ou four du boulanger puisque c'est un plat qui cuit au four en effet c'est un plat populaire tout à fait délicieux et à la fois très nourrissant Virginie Ricetti Paul Montoro je vous repose deux questions maintenant d'abord cette question à propos d'un département qu'il faut trouver à l'intamalais dans l'Aveyron vous demande le département qui a pour sous-préfecture Argentan et Mortagne au Perche 15 secondes une seule réponse La Manche c'est l'Orne préfecture à Lançon mais donc sous-préfecture Argentan et Mortagne au Perche qui a pour spécialité Mortagne au Perche le boudin ah oui d'accord on est loin on est loin de la cuisine gastronomique niçoise entre le BQOF et le Boudin de Mortagne donc la bonne réponse c'est le département de l'Orne et Alain Tamalais à salle La Source dans l'Aveyron recevra 15 euros je vous repose la question blanche sans bonne réponse alors qu'il est au nom de Catherine H si ce n'est pas comme ça qu'on prononce le nom de Catherine qu'on prononce votre nom Catherine vous m'enverrez un petit message pour me corriger Catherine habite Matoury en Guyane française merci de nous suivre d'ailleurs y compris en Guyane française bien sûr le chat féral chat féral est donné à un chat domestique ce n'est pas un chat sauvage qui est une espèce à part une espèce particulière mais là le chat féral c'est un chat domestique qui est retourné à l'état sauvage soit parce que hélas il a été abandonné soit parce qu'il s'est échappé etc comment l'appelle-t-on aussi le chat féral on dit que c'est un chat et ensuite c'est un mot qui commence par un H une réponse une proposition sans risque on arrive au bout des 15 secondes non pas d'autre idée hurlant hurlant non ce n'est pas un chat hurlant je tends le micro à monsieur dans la salle dans ce palais des sports bonjour monsieur quel est votre prénom Thierry bonjour bonjour où habitez-vous Thierry à Nice très bien bienvenue enfin merci de nous accueillir chez vous et surtout c'est plutôt dans ce sens là qu'il faut dire les choses Thierry quelle est votre réponse le chat arrêt H-A-R-E-T chat arrêt Thierry t-shirt France Inter naturellement pour Catherine H à Matoury en Guyane française 30 euros je reviens à vous Paul et Virginie tiens d'ailleurs je viens d'y penser Virginie et Paul Paul et Virginie sur scène nous nous arrêtons là vous avez gagné 105 euros je vous offre aussi le cahier de vacances pour adultes du jeu des 1000 euros avec 200 questions pour jouer pour vous cultiver dans l'esprit du jeu des 1000 euros bien sûr tenez par exemple parmi les nombreuses questions posées dans ce cahier de vacances celle-ci quel est le plus long fleuve d'Irlande de l'île d'Irlande à votre avis Virginie et Paul vous sauriez de donner la bonne réponse on joue juste pour plaisir c'est ça le plus long fleuve d'Irlande bonne question excellente question excellente question ça commencerait pas par un S la réponse ça commence par un S mais j'ai pas le reste bon d'accord c'est un bon début et bien c'est le Shannon le Shannon le plus long fleuve d'Irlande voilà une question parmi d'autres dans ce cahier de vacances du jeu des 1000 euros coédition France Inter et Marabout en vente dans les librairies très bonne journée et à demain si vous le voulez bien
merci Nicolas Stoufflet on vous retrouve demain même heure même adresse à la Trinité dans les Alpes-Maritines pour les jeux des 1000 euros