SARKOZY : CONDAMNÉ PAR LA JUSTICE, GRACIÉ PAR LES MÉDIAS
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est confirmé, Nicolas Sarkozy aura un numéro d'écrou bientôt, comme c'est le cas pour ceux qui ont été condamnés par la justice à une peine de prison. Dans la valise du condamné, avec le numéro d'écrou et la fiche pénale, il y a tout un tas d'informations, état civil, description physique, empreintes et relevés anthropométriques. L'ex-président de la République est donc reconnu coupable, cette fois par la Cour d'appel de Paris, dans le dossier Bismuth pour "corruption et trafic d'influence".
La Cour l'a condamné le 17 mai à trois ans de prison, dont un an ferme. Il faut le reconnaître, ça en jette. Le jugement de la 14e Chambre correctionnelle le précise.
Nicolas Sarkozy va devoir porter un bracelet électronique comme un vulgaire multirécidiviste qu'il est. C'est important d'être précis quand il s'agit de justice. Les opinions c'est bien, ça soulage, ça permet d'évacuer, Mais les faits, c'est ce qui compte en la matière.
Condamné pour la seconde fois, la première c'était l'affaire Bygmalion qui reviendra en appel en novembre, Nicolas Sarkozy a réagi. Le Figaro, journal peu amène avec les repris de justice, lui a aimablement ouvert ses colonnes pour un grand entretien au lendemain de cette déconvenue. La rédaction s'est mobilisée, ses plus belles plumes, les plus gradées, ont coproduit cet exercice de débriefing exclusif.
Parce que non seulement Sarkozy est un combattant, le Figaro le dit, mais il se bat, c'est également écrit, pour faire triompher non pas seulement sa cause, mais les principes essentiels de notre démocratie. Justement, pourquoi Nicolas Sarkozy est-il cette fois encore condamné ? Lisons quelques passages du jugement, ça ne fera pas de mal, vu la façon dont cette affaire est couverte par la presse et commentée par les éditorialistes.
Le prévenu Sarkozy a usé de sa position et de son pouvoir pour faire miroiter une nomination au magistrat dont il souhaitait obtenir des informations. Des informations, ajoute le jugement de la Cour d'appel de Paris, qu'il n'avait pas à lui communiquer. Ce magistrat s'appelle Gilbert Azibert.
Il est à l'époque des faits premier avocat général de la Cour de cassation. Azibert, ancien secrétaire général de la justice des ministères Dati et Alliot-Marie, a un rêve, s'installer au soleil. Il aimerait obtenir un poste à Monaco.
L'avocat et ami de Nicolas Sarkozy s'appelle Thierry Herzog. Maître Herzog est un ténor du barreau, craint et puissant. Ce que la presse appelle avec déférence un grand pénaliste.
Il cherche à l'époque à se renseigner sur une procédure qui menace son client. Elle concerne l'affaire Bettencourt. T'inquiète pas, mais bien sûr, je le dis, t'inquiète pas.
Laissons passer tout ça et comme c'est pas avant mars que la personne prend sa retraite, tu auras toujours le temps de voir le président. Il te recevra, tu le sais très bien. Parce qu'il veut travailler à Monaco ?
Oui, parce qu'il va y avoir un poste qui se libère au Conseil d'État monégasque et il est très bien placé. Mais simplement, il me dit "je n'ose pas demander, peut-être qu'il faudra que j'ai un coup de pouce". Je lui ai dit "tu rigoles avec ce que tu fais ?" Non, t'inquiète pas.
Dis-lui, appelle-le aujourd'hui en disant que je m'en occuperai parce que moi je vais à Monaco et je verrai le prince. Entre l'avocat entreprenant, le magistrat sur la réserve et le président reconnaissant, on s'accorde en ce début d'année 2014. C'est l'entente parfaite.
Bon, la démarche a été faite, ouais. Oui. Oui, ok.
Euh...
La démarche à Monaco a été faite. Oui, ben c'est sympa. Euh...
Je te dirais de vive...
Non, c'est la moindre des choses. C'est sympa, effectivement. Et ces sympathiques manœuvres constituent bien au regard du droit pénal des infractions.
Là, c'est moins sympa, évidemment. Elles valent aujourd'hui à chacun des protagonistes de cette triangulation une condamnation à une peine de prison. Face à ce retentissant jugement, on pouvait s'attendre de la presse et des médias.
Il fonctionne ainsi à un emballement et à une série de Unes pétaradantes, de commentaires en plateau et d'articles ravageurs vu le sujet. Une décision infamante condamnant un ex-chef de l'État à de la prison ferme. Ce n'est pas tous les jours qu'on a ça à se mettre sous la dent, c'est même la première fois dans l'histoire de la République en France.
Pourtant, ce n'est pas exactement ce qui s'est passé. À la place, on a entendu ça. Nous sommes parfaitement fondés à commenter ce jugement qui frappe Nicolas Sarkozy.
Et en l'espèce, je dois dire qu'il me semble ahurissant et j'ajouterais franchement scandaleux. Il semblerait que toutes les règles de droit, et même les plus élémentaires, aient été contournées, détournées, tordues, dans le seul but d'arriver à la condamnation la plus lourde et la plus infamante possible pour Nicolas Sarkozy. Et il est établi que le dit magistrat n'est pas intervenu auprès de ses collègues, dont la décision n'a pas été favorable à Sarkozy, et que l'ancien président n'a pas sollicité les autorités monégasques en faveur de ce magistrat que d'ailleurs il ne connaissait pas.
Voilà pour le Figaro qui complète ses rigoureuses investigations après l'interview exclusive du 18 mai, celle où Nicolas Sarkozy révèle qu'il est un combattant et la victime d'un complot. Puisqu'on parle de droit, soyons précis là encore. En matière de presse, les journalistes qui recueillent une interview qu'ils publient et diffusent en sont les co-auteurs avec l'interviewé.
Au moins, c'est plus clair. Mais il n'y a pas que Le Figaro qui fait honneur à la rigueur journalistique. Sur CNews, la démonstration est épatante tous les soirs.
C'est un festival. Tous les observateurs qui ont suivi le procès de Nicolas Sarkozy dans l'affaire dite des écoutes soulignent la disproportion qu'il existe entre la peine infligée à l'ancien président de la République, un an de prison ferme et l'objet du délit. Les juges ont un problème avec les élites en général.
Je pense qu'on a changé de monde, qu'aujourd'hui la justice dit "les abus, les dérives, ça suffit, et donc on va faire des exemples". Et je pense qu'aujourd'hui, personne n'osera officiellement, publiquement, au niveau gouvernemental ou au niveau des responsables publics, s'offusquer de ça, parce que tout le monde baisse la tête en disant "Ouh là là, ouh là là, ouh là là", et on les laisse faire. Sur la peine, c'est un sujet qu'on va discuter à la Cour de cassation et probablement à la Cour européenne des droits de l’Homme.
Non, je ne suis pas sûr que tout ceci se termine dans de bonnes conditions pour le système judiciaire français, car elle est plus anglo-saxonne et beaucoup plus sensible au secret des communications entre un avocat et son client. C'est-à-dire que la Cour européenne des droits de l'homme pourrait déjuger toute la procédure française ? Oui, ça arrive.
Il me semble que lorsque la justice juge un ancien président de la République, elle doit être au-dessus de tout soupçon. Que rien ne doit instiller le doute, qu'on n'imagine jamais un règlement de compte, qu'on ne subodeure pas une décision politique. On parlait tout à l'heure de la pulsion d'interdire, là il me semble qu'il y a une pulsion aujourd'hui de vouloir pénaliser la vie politique.
Et qui est un peu à l'image de cela, qui a commencé peut-être avec Jacques Chirac, le procès de Jacques Chirac, qu'on a vu pendant la crise sanitaire, certains qui voulaient faire des procès à un certain nombre de ministres, et qu'on voit particulièrement dans le cas... - Les actions en cours... - Qu'on a vu aussi dans la décision de mettre Patrick Balkany en prison ferme pour des actes qui, généralement, ne conduisaient pas à la prison ferme, et qu'on voit dans le cas de Nicolas Sarkozy.
La question, à mon avis, qui se pose, c'est que, évidemment, du point de vue de la justice, il s'agit de dire que quand on représente l'État, on doit être exemplaire. Et que donc, si on fait un délit quelconque, c'est encore plus grave, c'est doublement grave. C'est vrai ça, intellectuellement.
Mais il me semble que les politiques sont punis surtout, et dans le cas de Nicolas Sarkozy, on l'a vu, ils sont punis dans les urnes. Et si vous voulez, je pense que le danger de pénaliser les anciens politiques, surtout les anciens, qui sont entre guillemets inoffensifs, qui ne reviendront pas, ça va avoir quoi comme conséquence ? Ça va avoir que dans ma génération, les gens les plus talentueux, les gens les plus audacieux ne feront jamais de politique.
Sarkozy l'a dit au Figaro, il est innocent. Tout le monde le sait. Alors, puisque tout le monde le sait, tout le monde le dit.
Le Point aussi a su faire son travail, repérer puis dénoncer le scandale. Tout le monde le sait. Le journal du dimanche ne pouvait pas manquer à son devoir.
Le 18 mai, l'endemain de la décision de la Cour d'appel de Paris, le JDD sort donc un scoop. sous ce titre. Le juge qui a condamné Nicolas Sarkozy était en désaccord avec sa réforme de la justice.
D'après le JDD, c'est la preuve que le condamné Sarkozy l'a été par une juge rouge. Pour apprécier pleinement ce spectacle, quelques éclaircissements sont nécessaires. Vous allez voir, c'est réjouissant.
Mais d'abord, équipons-nous d'une montre. Regardez-leur, ça permet d'y voir plus clair. Le 18 mai, l'endemain du jugement qui condamne Sarkozy, Le JDD sort donc son scoop sur son site internet à 14h54.
Le même jour, le 18 mai, Le Figaro met en ligne l'entretien avec Nicolas Sarkozy à 18h. Je vous glisse une autre info. À qui appartient le JDD au fait ?
Il a été repris il y a peu par Vincent Bolloré et rattaché au groupe Lagardère que pilotait Arnaud Lagardère, un autre grand ami de Nicolas Sarkozy. Ces deux-là sont même des frères. Arnaud Lagardère en a toujours été très fier. et Sarkozy est administrateur du groupe propriétaire du JDD.
Vous voyez, le scoop du JDD a été bien accompagné. Dans cette belle triangulation journalistique, ce n'est pas fini. Dans son entretien au Figaro, le combattant Sarkozy révèle ceci. "Certains magistrats sont dans un combat politique.
Ils l'ont dit publiquement. Ce n'est pas un fantasme. Comme un journaliste l'a révélé mercredi, la présidente de la Chambre qui m'a condamné s'en est prise à moi nominativement en 2009.
En jetant en pâture le nom d'une magistrate pour ramener sa condamnation à une affaire de personne, précisons que cette magistrate s'était prononcée en 2009 sur une réforme qui la concernait comme tous les juges, alors que les décisions de justice sont collégiales, Nicolas Sarkozy fait quelque chose de stupéfiant. Aidé par la crème de la rédaction de Figaro qui n'y trouve rien à redire. Car le complot doit être dénoncé.
Cette séquence a obligé le premier président de la Cour d'appel de Paris à faire une mise au point. Dans un état de droit démocratique, la critique d'une décision de justice ne doit en aucun cas s'exprimer par la mise en cause personnelle du magistrat auteur de la décision, rappelle Jacques Boulard dans un communiqué vendredi dernier, le 19 mai. Mais revenons à la presse qui sait et qui révèle.
Le scoop du JDD, celui de 14h54, révélé par le journal dont Nicolas Sarkozy et membre du conseil de surveillance du groupe qui en est propriétaire, va nourrir l'article du Figaro qui sort quelques heures plus tard à 18h. Vous suivez ? Je vous l'accorde.
Ce travail d'enquête en pool est à enseigner dans les écoles de journalisme et d'horlogerie. Alors, disons les choses, ces médias, propriétés d'Ernol Lagardère, Vincent Bolloré ou François Pinault pour le point, mènent depuis des années la guerre contre la justice, dans le cas présent, pour sauver Nicolas Sarkozy. C'est un travail de sape.
Au passage, ce sont les mêmes qu'on retrouve récemment, comme un hasard, dans des manipulations et du blanchiment d'informations pour faire retirer à Anticor son agrément pour saisir la justice. Blast l'a raconté ce début de semaine. Allez lire notre enquête, l'enquête de Xavier Monnier.
Ces médias, ce livre a du blanchiment d'informations. Avant cet épisode de la Cour d'appel, le pompon dans ce grand exercice de journalisme, ainsi qu'il se présente, est revenu une fois encore au Journal du dimanche. Le 14 mai, Jérôme Béglé, directeur de la rédaction, a pris sa plus belle plume pour pondre un article dont il a le secret.
Il s'est appliqué, Jérôme Béglé, car il voulait dénoncer un complot de la justice. Et on a rarement lu pareil inepties. Le 11 mai dernier, le procureur de la République financière a demandé le renvoi de 12 personnes devant un tribunal correctionnel, parmi lesquelles trois anciens ministres, un député en titre et Nicolas Sarkozy, pour les chefs de recelles de détournement de fonds publics, corruption passive, financement illégal de campagne électorale et association de malfaiteurs. dans le cadre de l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
Sous le titre "Sarkozy-Libye, les lacunes de l'instruction", Jérôme Béglé dénonce de fausses accusations. Celles en particulier de l'intermédiaire Ziad Takieddine, principal accusateur dans ce dossier qui a changé plusieurs fois de version. Là, on atteint des sommets et Béglé y est fièrement planté tout en haut.
Jérôme Béglé est devenu directeur de la rédaction de l'hebdo pour assurer la mainmise de Bolloré sur le titre qu'il a racheté. qui l'immense Béglé a remplacé à la tête du JDD en provenance du point, Hervé Gattegno. Gattegno était aussi le patron de la rédaction de Paris Match.
Le titre "passé de Lagardère à Bolloré" s'est signalé par un remarquable scoop. Une interview dans laquelle Takieddine revenait sur ses accusations pour disculper Nicolas Sarkozy. Sauf que Gattegno a perdu sa place, laissé donc à Béglé.
Dans cette histoire, la justice a découvert que cette opération a été mise au point avec un homme d'affaires douteux et avec Mimi Marchand, la photographe préférée des peoples du couple Macron et du couple Sarkozy. Hervé Gattegno rendait compte par téléphone à Nicolas Sarkozy. Alors que Paris Match, que vous dirigez, publie les nouvelles confessions de Ziad Takieddine qui opère un revirement pour le moins spectaculaire.
Il dit maintenant que Mouammar Kadhafi n'a pas versé d'argent à l'ancien président de la République. Après avoir dit le contraire, on vient de l'entendre à de nombreuses reprises. Est-ce que c'est lui qui vous a contacté ? parce qu'il avait ces nouvelles déclarations à faire ou est-ce que vraiment vous l'avez recherché et convaincu de vous parler ?
Non, c'est ni l'un ni l'autre, comme souvent. Ça ne vous étonnera pas, je ne vais pas vous révéler tous les secrets du making of de cette interview parce que sinon ça casse le métier, comme on dit. Et puis il y a le secret des sources des journalistes.
C'est ensuite sur la base des déclarations de ce même personnage en 2016 que Nicolas Sarkozy a fini par être mis en examen en 2018 parce que Ziad Takieddine s'accusait lui-même de lui avoir apporté des valises, – Mais c'est sur la base de ce qu'il a dit hier que Sarkozy a aussi réagi dans la foulée. – On va y revenir dans un instant. – Nicolas Sarkozy est suspecté depuis 8 ans et mis en examen depuis 2016, je comprends qu'il se réjouisse de ces nouvelles déclarations.
Moi, je pense que non. Nicolas Sarkozy n'est pas traité comme un judiciaire. Le juge Tournaire ne veut pas se payer Sarkozy ?
Non, on ne peut pas le dire comme ça. Après tout, il y a des soupçons. C'est normal que la justice enquête.
Ce que tous les Français voient et ce que beaucoup de magistrats eux-mêmes disent à mot couvert, c'est qu'il y a une espèce de compétition aujourd'hui entre magistrats pour avoir Nicolas Sarkozy dans son bureau, pour avoir des poursuites contre Nicolas Sarkozy. Ça, c'est pas un fonctionnement de la justice qui est complètement sain. Nicolas Sarkozy est présumé innocent.
Jusqu'ici, dans toutes les affaires dans lesquelles il a été poursuivi, il a été finalement mis hors de cause. Et quand il a été mis hors de cause à chaque fois, il faut reconnaître que c'était par des magistrats et parfois par les mêmes magistrats qu'il avait poursuivis. Superbe, non ?
Lire Béglé évoquer les témoignages contradictoires de Takieddine sans jamais indiquer que les journaux qu'il pilote ont monté une opération de blanchiment d'informations qui lui permet aujourd'hui d'occuper son poste et laisser libre cours à son talent. Pour être complet sur cette histoire, je vous en glisse une autre. Le point d'où vient Béglé, qui dénonce les juges rouges qui complotent contre Sarkozy et où est passé aussi Gattegno, ainsi je le confesse que votre serviteur, a été traversé il y a quelques mois par un scandale.
Aziz Zemouri a été pris en plein bidonnage. Une prétendue enquête sur le couple Garrido-Corbière. Dans l'affaire Étienne Gernelle, le patron de la rédaction du Point a failli perdre sa place.
Pour la conserver, il a limogé Zemouri, qui a pourtant rendu bien des services, par exemple en alimentant un long feuilleton sur Anticor, l'association anticorruption. Quel nom circulait pour remplacer éventuellement Gernel au Point ? Celui d'Hervé Gattegno.
Mais les tenants du complot de la justice et soutien à la cause du condamné Sarkozy ne s'arrêtent pas aux frontières de ces journaux qui le défendent en vase clos. Ni à celle de ce qu'on appelait autrefois la droite républicaine, celle qui en principe respectait les institutions dont la justice, qui avait établi une frontière étanche avec l'extrême droite, et ne faisait pas de la gauche une anti-république pire que l'extrême droite. Avec son numéro d'écrou et son bracelet électronique, l'ancien chef de l'État, on l'a dit, livre le nom d'une juge qui a confirmé sa condamnation et dénonce un acharnement. qui reprend mot pour mot ses propos sidérants pour un ancien ministre, ancien président et ancien avocat au lendemain de l'apparution de l'article du Figaro.
Une jeune femme qui a déjà un long parcours politique malgré son âge. Est-ce qu'un ancien président peut parler comme ça de l'institution judiciaire ? À l'occurrence, je pense que oui.
Il y a de fait dans cette affaire des choses extrêmement inquiétantes. On parle beaucoup de l'État de droit et du respect de l'État de droit. Il y a indéniablement des droits fondamentaux qui ont été violés dans cette affaire.
Aujourd'hui, on a un acharnement contre Nicolas Sarkozy avec une peine dont tout le monde voit bien qu'elle est déraisonnable, disproportionnée par rapport aux faits. Les faits ne sont pas forcément très établis, il y a une sorte de flou, ça devrait conduire soit à une peine mineure, au lieu de ça on voit que les juges s'acharnent. Et là il me semble qu'il y a quand même une forme d'acharnement très agréable qui est probablement liée, je vous le dis franchement, au fait que nous avons quand même une partie de notre justice qui est politisée dans ce pays. et on le voit avec le syndicat de la magistrature notamment, qui a plusieurs reprises a fait la démonstration de son engagement dans le débat politique.
On le voit, tout s'éclaire soudainement. À travers ces condamnations, Nicolas Sarkozy réussit à faire sur son nom ce dont rêvent les Buissons et autres Zemmour, l'union de toutes les droites. Alors qu'il se casse les dents depuis des années sur cette ambition, il aura fallu qu'un ex-président de la République soit condamné à de la prison ferme pour que le vieux rêve enfin se réalise.
Du côté du gouvernement, pendant ce temps, on s'en tient à une réserve de rigueur. Enfin, on essaie. Ce lundi, le ministre Olivier Dussopt était l'invité de la matinale de France Info.
Alors, est-ce que vous estimez qu'il peut continuer à conseiller officiellement Emmanuel Macron après cette condamnation en appel ? Je ne sais pas si Nicolas Sarkozy conseille officiellement. Il y a un lien en tout cas entre les deux hommes.
Officieusement, chacun a le droit de se parler. Chacun a le droit de se parler ? Bien évidemment.
Y compris lorsqu'on a été condamné par la justice ? Je crois que personne n'est condamné au silence. Olivier Dussopt trouve donc normal que Nicolas Sarkozy continue de conseiller Emmanuel Macron malgré sa condamnation, le président en titre.
Il est vrai que ce n'est pas le seul dans ce cas à connaître des soucis judiciaires. Thierry Solère reste lui aussi conseiller officieux malgré ses nombreuses mises en examen et la promesse d'un procès devant un tribunal correctionnel. Personne n'est condamné au silence, explique Olivier Dussopt.
En droit, en matière de justice, il n'y a pas de demi-mesure. La donne est assez simple. soit on respecte la loi, soit on l'enfreint.
Et quand on se retrouve devant un tribunal et des juges, soit on est relaxé, soit on est condamné. Nicolas Sarkozy coche toutes les cases. Pour des questions de dignité, à l'évidence, certains feraient mieux de s'en tenir au silence.
Je considère, là on va commencer le débat dans son effervescence, que la manière dont les médias servent la soupe à un ancien président qui a été condamné et qui a relevé appel de son jugement, il sera peut-être relaxé. Eh bien je trouve ça indigne. - Mais pourquoi vous dites servir la soupe ? - Mais je trouve qu'on... - Pascal, Pascal ! - J'attache...
Mais pas vous Pascal ! - Ah bah oui pas vous ! - Vous n'invitez pas Nicolas Sarkozy ici pour... - Mais servir la soupe, vous me faites...
Mais alors ça vous me fascinez ! - Je pense que le... - Quand je dis que...
Le Figaro est probablement ce soir à TF1. Mais Gilles Bouleau, je peux vous dire qu'il va l'interroger Gilles Bouleau, c'est un journaliste remarquable, il va lui poser des questions. Mais déjà le fait qu'un ancien président condamné… Il n'a pas le droit de parler.
Il n'a pas le droit. Il n'a pas le droit de parler au 21h. N'oubliez pas, Blast est un média indépendant et nos enquêtes ne sont possibles que grâce à votre aide.
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Nicolas Sarkozy