Depuis Sèmè City, le Président Emmanuel Macron échange avec des étudiants.
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- 6:00Claude BornaChiffre
« Seuls 15 % des vingt millions de diplômés chaque année sur le continent trouvent un emploi formel. »
- 9:01Emmanuel MacronFait
« Ce qu'on est en train de faire, c'est un vrai modèle de partenariat réciproque et équilibré. »
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Excellence, Monsieur le Président de la République française, Mesdames et Messieurs, en vos rangs et qualités respectifs, bienvenue à cette cérémonie d'échange avec des jeunes, et de signature de partenariat entre Sèmè City, des institutions académiques et des entreprises. Je suis Gladys Johnson Akinosho, journaliste, et ce soir, je serai votre maître de cérémonie. À l'entame de cette séance, j'aimerais inviter sous vos ovations Madame Claude Borna, la directrice générale de l'Agence de développement de Sèmè City, pour l'allocution d'ouverture.
Excellence, Monsieur le Président de la République française. Excellence, Monsieur le Président de la République française, avec le micro, cette fois-ci ! Mesdames et Messieurs les membres des délégations française et béninoise, chers invités.
Je suis très heureuse de vous accueillir ici à Sèmè City, la Cité internationale de l'innovation et du savoir, où se révèlent les talents des jeunes du continent africain. Mes colocataires, mes jeunes colocataires, c'est d'abord à vous que je m'adresse. Nous avons démarré Sèmè City ensemble, en 2018, avec des formations conçues par Epitech et avec l'école de Design Nantes-Atlantique, le partenaire de Africa Design School.
Vous étiez à peine une trentaine et vous aviez une telle soif de connaissances et d'innovations que vous nous avez sortis de nos bureaux pour les transformer en salles de classe. En 2020, nous avons déménagé ici, à Sèmè One, notre premier campus de 4 500 mètres carrés. Cette année, vous serez près de mille, plusieurs centaines de chercheurs et plus de mille entrepreneurs dans un écosystème qui s'agrandit chaque jour.
Mais notre aventure ensemble ne fait que démarrer. Nous construisons pour vous une éco-cité de 330 hectares à Ouidah, à 40 kilomètres d'ici, afin de créer les conditions pour que des milliers d'entre vous, du Bénin et d'ailleurs, puissent s'épanouir et réaliser leurs plus folles aspirations professionnelles. L'Afrique a besoin de nombreuses compétences : des menuisiers, des informaticiens, des mécaniciens formés aux techniques de pointe et aussi des ingénieurs spécialistes des matériaux innovants, des data scientists, des chiefs managers, j'ai entendu cette expression aujourd'hui, et puis des designers, du métavers, et j'en passe.
Notre ambition est que vous transformiez l'Afrique par vos compétences pertinentes et adéquates aux besoins du continent. C'est ce qui amène Sèmè City, aujourd'hui, à signer de nouveaux partenariats avec des institutions académiques et des entreprises françaises de premier plan. Les enjeux sont réels, urgents et sérieux : fuite des cerveaux, immigration clandestine vers l'Occident, pénurie de main d'œuvre qualifiée.
Il est facile de baisser les bras quand on parle des débouchés des jeunes sur le continent. Nous, à Sèmè City, ce sont des enjeux qui nous préoccupent et qui nous motivent. La collaboration entre étudiants, chercheurs, entrepreneurs, formateurs, encadrants nous apprend tous les jours à devenir de véritables acteurs du changement.
Et là, je me tourne vers vous, chers futurs partenaires. Dans quelques minutes, nous allons signer cette feuille de papier. Surtout, ne pensez pas que c'est juste une signature de plus.
Nous allons faire beaucoup plus ensemble. Nous allons nous engager à ce que cette feuille débouche sur des actions concrètes, ambitieuses, adaptées à nos réalités. Nous en attendons des impacts très forts en matière d'emploi, de produits et de services reconnus comme innovants, de solutions qui pourront s'exporter bien au-delà du continent.
Ensemble, développons ce pôle régional, avec des programmes de pointe, qui vont permettre aux entreprises d'avoir les profils dont elles ont besoin, ici, en Afrique. Résolument tournés vers l'avenir, assurons-nous également que nos jeunes ont l'opportunité d'acquérir les compétences pour créer eux-mêmes des emplois qui n'existent pas encore sur le continent. Excellence, Monsieur le Président de la République Française, chers décideurs, entreprises, institutions académiques, et vous, mes chers jeunes, cet accord n'est pas juste un accord de plus.
Il représente un engagement, un engagement très fort à co-construire ensemble les succès africains de demain, un engagement à travailler dès maintenant avec vous et tous ceux qui partagent nos convictions. Je suis Claude Borna, directrice générale de l'Agence de développement de Sèmè City, et je m'engage à relever ce défi. J'espère que vous aussi.
Passons donc aux signatures. Merci Madame Claude Borna pour cette ouverture pleine d'enthousiasme. Comme annoncé, nous allons dès maintenant passer à la signature.
Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires, je vous inviterai, les uns après les autres, à bien vouloir venir apposer votre signature sur la convention-cadre. Pour les institutions académiques, j'appelle Monsieur Antoine Rosy, conseiller pour la stratégie internationale à la présidence de Sorbonne Université ; Madame Cécile Blondel, directrice du développement international des Gobelins, l'École de l'image ; Monsieur Adnane Boukamel, directeur adjoint de l'École Centrale Casablanca et représentant du groupe des Écoles Centrales ; Madame Elise Masurel, directrice générale de l'école Ducasse ; Monsieur Guillaume Gellé, président de l'Université de Reims Champagne-Ardenne et vice-président de France Universités. Merci !
Pour les entreprises, je prie d'avancer pour signature de l'accord-cadre, Madame Karène Katari, directrice des Services pour l'État de la Société béninoise des infrastructures numériques ; Monsieur Charles-Emmanuel Berc, président de Vipp Interstis ; Madame Yolande Zossoungbo, directrice des ressources humaines de la Société Béninoise de Brasseries ; Monsieur Paul Assogba, directeur des agences RMT et Eiffage Énergie Systèmes Bénin ; Madame Karine Degla, directrice des ressources humaines à la Société Générale Bénin ; Monsieur Dan Tieng, directeur administratif et financier de Vinci et Sogea-Satom Bénin ; Enfin pour Sèmè City, j'invite Madame Claude Borna à venir apposer sa signature sur la convention. [ INAUDIBLE ] Nous procédons à présent à la prise de la photo de famille pour immortaliser ce moment. Sous vos ovations, j'invite chacun à regagner sa place.
Merci. C'est un honneur de participer à la signature de cette convention qui, nous en sommes sûrs, changera la donne en termes de formation, d'insertion professionnelle et d'accompagnement d'innovation pour de nombreux jeunes Béninois. Actuellement, potentiel exceptionnel, la jeunesse africaine pourrait devenir dans quelques années l'une des plus grandes problématiques de nos pays si nous ne changeons pas les paradigmes pour offrir à cette génération de meilleures perspectives.
En effet, seuls 15 % des vingt millions de diplômés chaque année sur le continent trouvent un emploi formel. Une ironie pour une Afrique qui manque cruellement de ressources humaines. Mais nous pouvons changer la donne.
Nous pouvons former nos jeunes à des métiers de l'avenir, qui leur permettront de participer à la construction de leur pays. Nous pourrons optimiser leur insertion professionnelle et encourager l'innovation qui fleurit au milieu d'eux. J'ai avec moi aujourd'hui quatre jeunes brillants de Sèmè City qui désirent partager avec nous leurs histoires, leurs aspirations et leurs questionnements sur ces enjeux.
Alors, sous vos ovations, j'accueille avec moi Monsieur Olafèmi Adjinda. Bonjour, je suis Olafèmi Adjinda, j'ai 26 ans, je suis entrepreneur, et depuis trois ans j'étudie le design numérique à Africa Design School. Né dans une campagne, sans électricité ni Internet, je sais à quel point avoir accès à Internet, cette immense source de savoirs, a changé ma vie.
C'est la chance d'une éducation de qualité qui fait que je me tiens devant vous aujourd'hui. Et je me réjouis qu'à travers ce partenariat, beaucoup de jeunes auront la même opportunité. Étant jeune étudiant, notre environnement nous demande aussi d'être des professionnels.
À ce titre, j'ai créé ORTA Services, une entreprise de design d'identité de marques et de produits digitaux depuis 2018, et sans financement. Aujourd'hui, j'emploie six braves hommes et quatre brillantes femmes. Et aujourd'hui ma question, je nous la pose : comment, ensemble, on crée un environnement favorable à l'entrepreneuriat d'innovation, dans un contexte où le financement n'est pas disponible et où l'entrepreneuriat n'est pas inclus dans les cursus de formation ?
Je vous remercie. Merci Olafèmi. Nous accueillons à présent Brad Boiron.
Bonjour, je suis Brad Boiron. Je suis issu de la première promotion d'Epitech Bénin. Je travaille pour avoir de l'impact.
Pendant mon bachelor à Epitech, j'ai été lauréat du challenge ACT Covid-19, organisé par Sèmè City et l'Unicef, et cela parce que j'ai réalisé une application mobile pour favoriser l'engagement citoyen, une application qui aujourd'hui est déployée à l'échelle nationale et même internationale. Mais ce n'est pas tout. Aujourd'hui, je pilote un projet de type e-santé, de l'association française Echopen, financée par la Fondation Sanofi, soutenue par l'APHP International ainsi que par la Fondation Pierre Fabre.
À Epitech, en 2018, nous étions 21. Cette année, nous serons 600 ; avec le pôle régional, bientôt des milliers. Ce que nous attendons, cet accord qui vient d'être signé, c'est que des milliers d'autres jeunes aient accès à des expériences pratiques, avec des outils modernes, au travers de stages, d'alternance, au Bénin ou à l'international, qu'avec des formations qualifiées, on puisse répondre demain à des offres favorablement productives et surtout inspirantes.
Cela étant dit, qu'y a t-il de prévu par vos entreprises dans ce sens ? Je vous remercie. Merci Brad.
Je prie à présent Paola Crino de bien vouloir...
Bonsoir, je m'appelle Paola Crino, je suis étudiante en deuxième année de design numérique à Africa Design School et je suis une boîte à idées. Donc si vous avez un problème, je me ferai un plaisir de vous aider à trouver une solution. On entend trop souvent parler de pénurie de main d'œuvre qualifiée et je sais que vous, entreprises, avez besoin de compétences comme les miennes.
Mais un des freins pour avoir accès à des programmes donnant ces compétences recherchées, c'est le coût. Je sais que des frais de scolarité d'un montant relativement élevé sont nécessaires pour nous assurer que nous avons une formation et des équipements de qualité. Mais il y a des jeunes, au Bénin, qui sont très talentueux et qui n'ont pas les moyens de s'offrir des formations à un tel coût.
Alors, au-delà des bourses que l'État pourrait offrir, pourquoi ne pas imaginer un partenariat entre les écoles et les entreprises qui, d'une part vous engagerait à investir dans nos formations, afin qu'un plus grand nombre y ait accès, et d'autre part nous engagerait, nous, étudiants, à mettre à profit nos compétences au sein des entreprises pendant une période donnée. Merci ! Merci Paola.
Alors, Monsieur Yasinda Gloria, la parole est à vous. Bonsoir, je suis Yasinda Gloria, docteur en génie civil, chercheur en matériaux durables, et j'ai 32 ans. Après mes études à [ INAUDIBLE ] Lokossa, ici au Bénin, j'ai pu obtenir une bourse d'excellence, qui m'a permis de faire mes recherches de master et doctorat au Brésil, où je vis depuis presque une décennie.
Je vous laisse donc imaginer, en tant que jeune de la diaspora, ce dilemme que je vis chaque jour, entre l'envie de rester ici au Bénin, ma patrie et celle de continuer au Brésil, ce pays qui m'a si bien accueilli. Savez-vous qu'en Afrique et au Bénin évidemment, nous continuons de construire nos maisons avec des matériaux souvent inadaptés à notre climat ? Et face aux problèmes de réchauffement climatique, l'enjeu devient délicat.
C'est d'ailleurs pour cela que mes recherches portent, justement, sur comment résoudre ce problème de façon pragmatique. Et pour cela, je m'engage à continuer mon cycle au Bénin, surtout, après avoir participé la semaine dernière à une université d'été brillamment organisée par Sèmè City et Sorbonne Université. J'espère que les accords aujourd'hui signés permettront de créer des mécanismes à travers lesquels des laboratoires, des programmes, ainsi que des chaires de recherche, de façon rapide et concrète, nous aideront à mieux construire en Afrique.
Et pour finir, j'ai une préoccupation à deux volets : comment faciliter le retour de profils comme le mien, qui aimeraient s'intégrer et agir pour le bien de l'Afrique ? Et surtout, comment freiner cette fuite des cerveaux vers l'étranger, qui pénalise notre continent ? Je vous remercie.
Merci Yasinda. Ces attentes légitimes sont partagées par la plupart des étudiants, chercheurs et entrepreneurs béninois. Nous sommes d'ailleurs sûrs qu'elles ont dû inspirer les partenaires ici présents.
Je demanderai donc à deux d'entre eux de bien vouloir venir partager avec nous leurs réponses et leurs engagements sur les différentes options qui ont été levées par les jeunes. Madame Karène Katari, la parole est à vous. Excellence, Monsieur le Président de la République française, chers invités, en vos rangs et qualités, j'ai l'honneur et le plaisir délicat de prendre la parole devant vous et d'être la représentante des entreprises présentes ici pour signer ce partenariat.
J'en profite pour les remercier pour leur confiance. Avant de répondre à vos questions, chers étudiants, je vais vous raconter une histoire, la mienne. Vous savez, j'ai eu la chance d'avoir des parents qui, très tôt, m'ont envoyée en France pour terminer mes études.
J'ai eu mon baccalauréat, j'ai eu un diplôme d'ingénieur en réseau et télécoms, j'ai travaillé plusieurs années en France, et puis à un moment, j'ai décidé de rentrer pour contribuer à l'effort national de construction et de développement de ma nation, du Bénin. C'est un parcours classique. Je ne suis pas seule dans ce cas.
Beaucoup de personnes ont fait ce même chemin. Alors, j'ai une question pour vous. Pensez-vous qu'à l'époque, quand mes parents ont fait ce choix de m'envoyer en France, pensez-vous que s'ils avaient vu au Bénin une formation de qualité qui réponde à leurs attentes, est-ce qu'ils m'auraient envoyée à l'étranger et contribué à l'exode dont nous parlons tous ?
Je ne le crois pas. Et en cela, je vais répondre à vos questions, chers étudiants, sur trois points. Je vais parler de label, je vais parler d'employabilité et je vais parler d'innovation.
Label, pourquoi ? Quand je vous parle, ici, d'université, de l'Ivy League, aux États-Unis, quand je vous parle d'Oxford, de Cambridge, au Royaume-Uni, quand je vous parle de la Sorbonne, de Centrale, de X, en France, en tant que recruteurs, vous savez que c'est un gage de qualité. C'est ça, Sèmè City, pour nous les entreprises, un gage de qualité !
Ensuite, je parle d'employabilité par la proximité géographique. Voyez-vous, nous avons tendance, toujours, à aller chercher ailleurs ce qu'on peut avoir sur place. Sèmè City est à côté, Sèmè City est au Bénin, pour les entreprises localisées au Bénin.
Sèmè City permet aux entreprises que nous sommes d'avoir de la main d'œuvre de qualité, en leur fournissant des formations de qualité, au travers de ses partenariats avec les écoles, au travers de ses programmes et au travers de tout ce que Sèmè City met en œuvre pour fournir, sur le marché du travail, des étudiants, des jeunes, dans des secteurs de pointe, avec des formations dans des secteurs de pointe. C'est ça, Sèmè City ! Et c'est ce que Sèmè City représente pour les entreprises que nous sommes, un gage d'employabilité.
Et le dernier point, je parlais d'innovation. Le partenariat, par rapport à nos pôles, en tant qu'entreprises, nos pôles d'innovation, nos pôles de recherche et développement constituent tout ce qu'il faut mettre en place pour éviter la fuite des cerveaux, comme je l'ai entendu tout à l'heure. Avoir sur place des structures comme Sèmè City pour mettre à disposition des jeunes, des étudiants des laboratoires, des centres d'incubation, c'est autant de choses, c'est autant d'infrastructures qui permettent de retenir les cerveaux, de retenir la force vive.
Je ne vais pas prendre trop de temps, cependant, pour terminer mon propos. Je m'en voudrais de ne pas citer un grand leader de ce monde qui a dit : " c'est dur d'avoir 20 ans en 2020 ". Je vais le reprendre à mon compte, s'il me le permet, en disant : " c'est dur d'avoir 20 ans et plus au XXIᵉ siècle, et encore plus au Bénin et en Afrique ".
Alors pour répondre à cette problématique, ce partenariat que nous signons aujourd'hui avec les entreprises et avec Sèmè City, permet de répondre à ces problématiques. Je vous remercie. Merci madame Katari pour le partage.
Je prierais à présent Monsieur Guillaume Gellé, de bien vouloir venir partager avec nous ce que lui ont inspiré les questionnements des jeunes Merci ! Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, Mesdames les Ministres, Mesdames et Messieurs. Tout d'abord, c'est un plaisir et un honneur d'être présent ici parmi vous pour signer, au nom de mon université bien sûr, ce protocole d'accord, mais aussi avec un message du président de France Universités, Manuel Tunon de Lara, qui observe avec beaucoup d'attention ce qui se fait ici, tout simplement parce que nous sommes dans une vision, il me semble, qui est très proche de ce que l'on appelle maintenant l'émergence de pôles universitaires d'innovation.
Et c'est ce qui est impressionnant avec ce projet de Sèmè City, et je voudrais d'ailleurs saluer la directrice générale Claude Borna et l'ensemble de ses équipes pour le travail qui a déjà été réalisé depuis plusieurs années, et qui n'est, je l'ai bien compris, qu'un début. Je crois que vous pouvez aussi compter sur les institutions françaises, qui sont à vos côtés, pour accélérer, et en tout cas tenir le tempo et faire en sorte que le Harvard à l'africaine naisse ici, à Cotonou. Alors, en écoutant ces jeunes que je voudrais féliciter pour leur engagement, pour leur esprit d'innovation et d'entrepreneuriat, et puis à travers ces quatre exemples, l'ensemble des jeunes qui sont ici, à Sèmè City, je voudrais dire que je crois effectivement que vous êtes précurseurs, peut-être, d'un nouveau mouvement de coopération entre les universités françaises et les établissements d'enseignement supérieur français et l'Afrique, un mouvement qui est basé sur la co-construction de cursus d'écosystèmes, qui correspondent à des attentes qui sont des attentes locales sur les territoires, et on va dire pour lesquelles nous avons aussi une approche similaire, également en France métropolitaine, par rapport à nos campus et aux écosystèmes qui les entourent, et je crois que nous avons donc un fort intérêt à cette coopération mutuelle, qui doit être une coopération gagnant-gagnant.
Et ce que j'observe dans le projet de Sèmè City, c'est que vous avez bien, on va dire, œuvré autour du triptyque entre la recherche, la formation et l'innovation. Ce triptyque est vraiment nécessaire pour créer de la valeur ajoutée, comme vous l'avez dit, Monsieur le Président de la République, de la valeur ajoutée ici, en Afrique, en mêlant dans des clusters, dans des entreprises, des jeunes avec l'esprit d'entreprendre, des innovateurs et puis le monde académique. Alors, tout cela doit reposer aussi sur des bases solides et c'est pour cela que la recherche est importante, y compris la recherche que l'on pourrait qualifier de fondamentale, parce que c'est là aussi que naissent, on va dire, les innovations de demain.
Et donc c'est extrêmement important d'asseoir sur cette stratégie de recherche, les choses. Mais ce qui est important aussi, bien sûr, c'est d'avoir cet effet d'entraînement sur la formation, de faire percevoir, quel que soit le niveau de formation, cet esprit, qui naît par la recherche, d'interrogation, cet esprit critique qui fait qu'on se comporte, en fait, comme un véritable acteur des solutions que l'on a à trouver, et pas uniquement en appliquant quelques recettes toutes simples. Donc je crois que c'est la première base et je l'ai entendu à travers pas mal d'interventions.
Alors je vais peut-être, pour ne pas être trop long, revenir un peu sur sur les expressions. Alors Paola et Brad, je crois, ont parlé de formations professionnalisantes et de formations que je pourrais qualifier de professionnelles. Il m'est difficile de dire ici, peut-être, quelles sont les solutions qui pourraient fonctionner, mais je pense que vous allez les trouver, vous allez forcément vous approprier, en regardant ce qui se passe un peu ailleurs, les choses, et sûrement trouver le modèle qui correspond, ici, à votre pays, mais je crois qu'au niveau français, nous avons vécu, en 2019, un instant décisif dans le monde de la formation professionnalisante et dans le monde de la formation professionnelle.
C'est la mise en place, Monsieur le Président de la République, de la Loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel, qui a permis, en fait, de doubler en très peu de temps le nombre d'apprentis dans nos entreprises. Nous avons eu dans l'enseignement supérieur, la création de plus de 200 000 postes d'apprentissage grâce aux entreprises, aussi, qui ont fait confiance à nos institutions et nous sommes aujourd'hui à plus de 700 000 apprentis dans les institutions françaises et dans les entreprises françaises. Donc ça, je crois que c'est un modèle, peut-être, qu'il faut regarder, et regarder comment le transposer ici.
Alors, les entreprises sont fondamentales dans ce type d'approche et les liens qui sont noués entre les instituts de formation, écoles, instituts, universités sont aussi des liens, derrière, qui au-delà de cette formation professionnalisante, amènent aussi à des partenariats qui parfois sont des partenariats très innovants, et parfois également sur de la recherche extrêmement en amont. Donc voilà un exemple. Je crois que c'est Olafèmi, Je ne voudrais pas me tromper.
C'est ça ? Olafèmi parlait d'entrepreneuriat, comment on développe l'entrepreneuriat dans les cursus de formation. Les universités françaises ont démarré assez tard sur cette idée d'intégrer l'entrepreneuriat dans les cursus.
Les écoles, je me tourne vers la représentante de l'École Centrale, les écoles ont démarré beaucoup plus tôt avec cette approche, mais ce qu'on constate, c'est que les attentes des étudiants d'aujourd'hui ne sont plus celles d'hier et beaucoup d'entre eux n'envisagent plus de trouver un métier qui pourrait être un métier stable, et le même peut-être, pourquoi pas toute leur vie. Non, ils ont envie de créer leur propre entreprise, ils ont envie de lancer leur activité et ils ont envie de s'intéresser aux métiers de demain, ceux qui sont émergeants, qu'on ne connaît pas encore et qui vont être très nombreux, parce que dans les transitions que nous avons à affronter, que ce soient les transitions écologiques, la transition climatique et bien sûr la transition numérique, nous ne connaissons pas encore tous les métiers. Et donc c'est vrai que ç'a été abordé.
Une des solutions, c'est bien, à un moment donné, de permettre à l'étudiant, dans son cursus de formation, d'avoir une part, accompagné bien sûr par des mentors, dans le cadre d'un incubateur, mais une part de son travail consacré à son projet d'entreprise. Et on constate que ça fonctionne très bien, en fait. Et nous avons des belles réussites dans ces incubateurs, au sein de nos établissements, au sein de nos universités.
Et puis après, ces étudiants vont dans des accélérateurs pour pouvoir vraiment développer leurs entreprises, qui sont plutôt à une échelle plus régionale ou alors plus thématique, mais on voit qu'on a quand même des taux de réussite qui sont très satisfaisants. Et puis, dans le monde de l'entreprise, il n'y a pas que la réussite qui compte. Il y a déjà l'idée d'entreprendre.
Eh oui, l'échec existe, mais ce n'est pas grave. Ça permet aussi de mieux rebondir. Et je crois qu'il faut qu'on apprenne de cette démarche, qui n'est pas naturelle, en tout cas du moins pour les gens de ma génération.
Et puis Yassine nous a parlé de son expérience de recherche, donc son expatriation au Brésil pour faire son doctorat et continuer ses travaux là-bas. Je crois que vous avez raison, Yassine, la recherche, c'est le socle, on va dire de la formation au meilleur niveau, et c'est ce qui permet surtout de se renouveler, c'est ce qui permet d'acquérir les nouvelles connaissances, c'est ce qui permet, aussi, derrière, en lien avec le monde économique, de créer de la valeur ajoutée, de créer des richesses économiques sur un territoire. Et donc il faut développer au sein, bien sûr, de structures et au sein de Sèmè City.
Un projet de recherche est un projet de recherche bien sûr fort. C'est ce qui sera la garantie de la solidité pour demain. Je crois qu'il y a plusieurs approches.
Moi, je vais peut-être reprendre l'approche de ma propre université, donc l'Université de Reims Champagne-Ardenne, qui travaille depuis maintenant quelques années pour développer une infrastructure de recherche, ici à vos côtés, le X-TechLab, et qui maintenant se lance dans la réflexion de co-construire ensemble un master en ingénierie durable et puis un projet de laboratoire commun de recherche, entre l'université de Reims et puis ici Sèmè City, pour pouvoir justement asseoir ce master, pour pouvoir trouver un cadre, on va dire, qui permette aux formateurs, aussi, d'acquérir de nouvelles connaissances et de pouvoir les transmettre. Donc voilà un peu les quelques réflexions que je voulais partager avec vous. Donc, comme je vous l'ai dit, je suis vraiment très heureux d'avoir ce temps d'échange mais avant de conclure, ce que je voudrais vous dire, c'est que nous sommes aussi à peu près 115 institutions présentes au sein de France Universités, donc l'ensemble des universités publiques françaises mais aussi l'ensemble des écoles publiques françaises, nous sommes tout à fait disposés à regarder avec vous comment, peut-être, trouver de nouveaux partenariats pour enrichir l'accord-cadre en troisième version, mais pour regarder aussi comment on peut échanger, comment on peut monter des écoles d'été comme celles qui ont été... enfin des écoles comme celles qui ont été proposées par Sorbonne Université.
Donc tout cela, je pense, peut vraiment se discuter et nous serions ravis de pouvoir contribuer à faire naître ce cluster. Et puis, je vois ma collègue, également, de Paris-Saclay, qui est ici et qui travaille avec vous sur la médiation scientifique. Et je voudrais dire que la question des sciences et de la société est une question majeure, et je crois que la crise du Covid nous l'a fait vraiment, l'a révélé vraiment au grand public.
Et il me semble que vous avez dans votre projet, également, cette question d'intégrer cette dimension autour de la médiation scientifique et des sciences de la société. Je crois que c'est vraiment une excellente stratégie et encore une fois, comme je vous l'ai dit, ce que vous êtes en train de faire ici, nous nous en inspirons aussi, puisque nous essayons de mettre en place, au sein de nos régions, ces approches qui sont communes. Donc ces partenariats seront forcément gagnant-gagnant, et je crois que c'est ce qui dessine aussi les relations entre les universités françaises et les universités africaines à venir.
Merci aussi Monsieur Gellé pour ces belles idées. Merci Messieurs les partenaires pour vos réponses et pour votre engagement à propos de ces enjeux. Nous allons à présent accueillir sous vos ovations Monsieur le Président de la République Française pour son allocution dans le cadre de cet échange.
Merci. Je vous rassure, je ne vais pas être long. Tout a été dit.
Non, plus sérieusement, vous avez parfaitement décrit la situation, les défis du Bénin, de son économie et de sa société, du continent africain, et je dirais les nôtres, parce que ce défi est commun. Au fond, nous vivons sur une planète, où il y a de plus en plus d'habitants, avec une démographie de plus en plus complexe, parce qu'il se trouve qu'un continent comme le continent africain a une force extraordinaire, sa jeunesse, mais elle n'a pas suffisamment d'opportunités, aujourd'hui, de formation et de débouchés économiques, et d'autres continents comme le nôtre, qui ont une force historique développée mais une population vieillissante, et donc sans doute de moins en moins de capacité à créer les richesses qui vont permettre de financer leur modèle social. Il ne faut pas croire que pour nous, tout va bien et que les choses sont tout à fait tranquilles.
Nous avons des ressources qui sont limitées, nous avons le défi, nos générations, de créer de la richesse en prenant mieux soin de la planète que les générations précédentes et nous avons huit milliards d'habitants sur cette planète et on va continuer de monter, et il se trouve que la dynamique démographique est plutôt du côté des régions où il y a des perspectives de développement, mais enfin des vrais défis. C'est ça, la grande...
Je veux dire la grande description, la grande histoire que nous avons en commun. Et au fond, si on fait comme on fait depuis des décennies, il n'y a aucune chance qu'on réussisse. Aucune.
Parce qu'on va continuer d'essayer d'exploiter et de permettre à des régions moyennement développées ou en voie de développement de progresser un peu, mais pas trop vite, et donc on aura de plus en plus un modèle qui est en train de se terminer dans ses perspectives de croissance, et surtout la démographie que je décrivais, qui est déjà un défi à l'échelle de la planète, sera dans des dynamiques qui ne sont pas soutenables, qui seront celles, vous l'avez très bien dit, d'un investissement insuffisant sur le capital humain, là ou il y a une jeunesse présente, qui est une chance, et du coup d'une mobilité subie, et des tensions politiques qui vont avec, dans toutes les géographies où cette mobilité subie arrive. C'est ça, notre histoire du moment. Et au fond, il faut qu'on arrive à convertir notre modèle.
Je dis "notre modèle" parce que ce qu'on est en train de faire, ce n'est pas uniquement pour le Bénin, c'est aussi pour la France, je vous le dis en toute franchise. Je crois beaucoup à ce qu'on est en train de faire parce que je pense que c'est un chemin commun, c'est de réussir à convertir les choses pour investir dans le capital humain, permettre à ce capital humain de fructifier, du coup de transformer le pays et le continent, de lui donner toutes ses chances et de convertir, en quelque sorte, les dynamiques, pour qu'il y ait beaucoup plus de mobilité, mais qu'elle soit choisie, harmonieuse, réciproque, et pas subie sur les routes de la misère. Ce qu'on est en train de faire, c'est ça.
Ici, vous avez des autorités politiques, on en a longuement parlé avec le président Talon et ça fait, je dois dire, depuis cinq ans maintenant qu'on en parle tous les deux, qui ont clairement fait le choix d'un projet économique de développement sur tous les segments, mais avec un projet très clair sur le plan culturel, touristique, mais également avec la volonté de consolider le modèle agricole, de développer une industrie créant l'autonomie stratégique renforcée de la région et de développer le numérique. On l'accompagne et je remercie toutes nos entreprises qui font partie de la délégation, qui investissent, qui parfois investissent depuis plusieurs années, parce qu'elles contribuent à ce projet aussi. On veut aller plus loin.
Mais surtout, il a compris, il veut créer ici les formations pour pouvoir donner ces opportunités à la jeunesse béninoise et, au fond, mettre en œuvre ce que je viens de décrire, et qui est absolument clé, qui est le seul moyen de réussir. Ce que vous avez fait ici ces quatre dernières années est une petite révolution, et je le dis pour tous nos partenaires, et je remercie vraiment les écoles, instituts, universités françaises qui viennent de signer. Simplement, comme ç'a été dit, attendez-vous à la vitesse parce que je voyais le premier local d'Epitech avec vingt-et-un élèves.
Je crois que l'un d'entre vous l'a dit, ils sont maintenant 600, en quatre ans. Donc ça va vite mais c'est une très bonne chose et donc notre volonté, à nous, c'est d'accompagner ce mouvement, qui est de former ici la jeunesse, de la former aux besoins de l'économie du Bénin, de la sous-région, mais aussi, dans le même temps, de la former à la recherche fondamentale, à l'excellence scientifique, comme vous l'avez dit, d'abord parce que c'est bon pour l'écosystème d'innovation et de création et c'est ce qui permet, dans la durée, de pouvoir, justement, réussir à avoir les objectifs que j'évoquais. Nous avons déjà participé à deux campus.
Nous avons, avec l'Agence française de développement, participé à l'ambition sur les lycées agricoles, avec dix lycées agricoles qui font partie de notre programme, et ce qui est fait ici avec le nouveau partenariat, c'est de pouvoir aller encore beaucoup plus loin et beaucoup plus fort sur l'ensemble des métiers de l'artisanat, des métiers de la gastronomie et de l'accueil jusqu'aux formations fondamentales, le luxe, le numérique. Et donc il y a une variété de métiers auxquels nous voulons contribuer et qui sont au cœur de cette ambition et de cet investissement. Donc je suis très fier d'être parmi vous aujourd'hui, d'avoir assisté à cet échange et à cette signature.
Maintenant, il n'y a que le résultat qui compte. Je peux dire une chose, c'est que vous avez la culture du résultat puisqu'en quatre ans, vous avez réussi, en effet, d'ores et déjà, à former des jeunes, quelques-uns sont ici présents parmi nous, et donner des chances. C'est maintenant ça qu'on doit réussir à développer beaucoup plus fortement.
Je le dis parce que je considère que le rôle de la France n'est pas d'expliquer à la jeunesse africaine que son avenir est, si elle veut s'en bâtir un, d'accéder à un cycle universitaire sur le sol français. Je veux que quand c'est choisi par une famille ou un jeune pour poursuivre ses études, des recherches, un doctorat ou un master 2, on puisse continuer à faire cela, mais on a trop longtemps vécu sur un modèle où, au fond, dès qu'il fallait aller vers l'excellence ou les métiers, au fond il fallait choisir l'exil pendant une ou plusieurs années. Ce qu'on est en train de faire, c'est un vrai modèle de partenariat réciproque et équilibré, où on donne la possibilité à la jeunesse béninoise, mais avec une volonté d'avoir un ancrage régional, et cette vocation régionale, ici, de votre projet pour nous est clé, parce qu'on veut pouvoir vous aider à former ici tous les jeunes de la région et on veut pouvoir attirer aussi tous nos partenaires européens, c'est de dire que c'est ici que ça se passe si vous choisissez de le faire ici, et au fond, que pour vous aussi, quand vous voulez vous former, vous devez avoir le même luxe qu'un jeune Européen, c'est de choisir l'endroit.
Si vous voulez le faire en traversant la rue du lycée, comme dirait l'autre, ça doit pouvoir se faire. Voilà, je ne serai pas plus long. En tout cas merci pour ce qui a été fait.
Bravo chère Claude, Madame la Directrice Générale pour le travail, l'engagement, Monsieur le Ministre et je salue les ministres d'État et du Gouvernement qui sont ici présents. Je veux que vous ayez une chose très claire dans la tête : la France participe à ce changement de mentalité et on est à vos côtés, parce qu'on pense exactement la même chose pour aujourd'hui et pour demain. La France sera à vos côtés pour former.
Et donc merci à nos universités, nos écoles, nos instituts, pour former à des métiers, pour vous aider à avoir des formations courtes, des formations longues, pour vous former à la recherche et à l'innovation. Et la France sera là avec sa force diplomatique, son Agence française de développement, avec des pays France, Business France, l'ensemble de son écosystème et ses investisseurs et acteurs privés, pour investir et accompagner ce mouvement, parce que c'est ce continuum qui va permettre au pays de réussir et de prendre la part du défi que j'évoquais au début de mon propos. Donc, merci à vous.
Vive le Bénin, vive la France et vive l'amitié et l'ambition partagées ! Merci Monsieur le Président pour cette intervention qui clôt brillamment la première partie de ces échanges. Ah, il y a une deuxième partie ?
Une partie informelle ! En attendant de passer à la partie informelle des échanges, je vous demanderais de rester encore avec moi quelques minutes pour prendre des photos de famille avec les partenaires et les jeunes. Merci !
Mesdames et Messieurs, ce fut un honneur de vous avoir avec nous au cours de cet échange et de la signature de ce partenariat. Merci pour votre participation. Je prierais dès à présent les partenaires de bien vouloir venir se positionner avec Monsieur le Président pour la photo de famille.
Alors, venez ! Merci Mesdames et Messieurs les partenaires. Je prierais à présent les jeunes de venir.
Je remercie Messieurs et Mesdames, les partenaires de bien vouloir regagner leurs places pour que les jeunes procèdent à la photo de famille. Merci. Je prierais les jeunes de bien vouloir rejoindre assez rapidement [ INAUDIBLE ] Pendant que les jeunes se mettent en place pour la photo de famille, je prie l'ensemble de l'assemblée de bien vouloir précéder le président sur la terrasse pour la deuxième session, les échanges informels.
Merci. Vous pouvez suivre l'équipe en polos noirs. Ils vous montreront le chemin jusqu'à la terrasse.
À tout à l'heure.
Emmanuel Macron