Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingCigref· 20 novembre 2025 15 minAutoproduitFond programmatiqueNumériqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & international

IA, souveraineté et compétitivité - par Damien Michallet

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 92 %Attaque 3 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Damien MichalletFait
    « L'IA ne se résume pas à la seule performance technologique. Elle touche à la souveraineté de nos infrastructures »
  • Damien MichalletFait
    « La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit »

Modèle claude-haiku-4-5-20251001 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir à toutes et à toutes, Guten Haben ! Je salue Monsieur le Président Emmanuel Sardet. Merci de votre invitation.

Madame la Présidente Véronique Torner, pour ce petit temps officiel. Mais je vais, je vais en reparler, vous saluer toutes et tous acteurs de l'équipe de France du numérique. J'espère repartir avec un badge.

Ça me plairait d'emmener ça au Sénat. Et puis je n'ai pas été très protocolaire, mais je salue notre ministre, ma chère Anne. On a une ministre d'abord, c'est bien, mais en plus, une ministre du numérique qui reprend, et l'intelligence artificielle, qui reprend dans l'ensemble de son périmètre tous les sujets de la filière.

Madame la ministre, on en a parlé avant que vous ne soyez nommé ce soir. On est deux fois heureux, heureux d'être Cigref et heureux d'avoir une ministre du numérique. Et permettez moi d'abord parce que c'est, je crois, votre première sortie officielle.

Vous commencez par le meilleur, ça va être dur ensuite. Mais permettez moi de partager avec vous l'histoire très rapide d'Anne, puisque l'on a travaillé ensemble et j'ai rencontré Anne il y a deux ans à la commission. Oui, à la Commission supérieure du numérique et des postes, puisque Anne était une actrice très importante politiquement, tant à la Commission qu'à l'Assemblée nationale.

Et comme j'ai souvent plaisir à le dire, le numérique, c'est quand même politique et je sens que ça va le redevenir très sérieusement. Alors d'abord, bien sûr, je tiens à vous remercier pour la rédaction de ce guide de mise en œuvre du règlement sur l'intelligence artificielle que vous m'avez remis, que vous m'avez remis ce soir à travers vous. J'aimerais également saluer l'ensemble des équipes du Cigref et de nous pour la rigueur, la clarté et la portée opérationnelle de ce guide.

Car ce document est bien plus qu'une publication technique, c'est un travail et, vous l'avez dit, un travail essentiel qui permet de traduire la norme européenne en actions concrètes, rendant les actes accessibles, compréhensibles et applicables. Nous disposons là donc d'un outil pragmatique, fondé sur une approche claire et structurée, une méthode, une analyse des risques, une clarification des obligations, autant d'éléments qui aideront nos entreprises à aborder leur mise en conformité avec confiance et discernement. Il s'agit d'un outil qui, alors de la révolution de l'IA, permet à chaque organisation de disposer d'une gouvernance robuste et adaptée à ses spécificités, de manière à ne pas rater le coche et saisir les opportunités que cela représente.

Enfin. Ce guide est à mon sens le symbole d'un écosystème mature, responsable et constructif qui ne se contente pas d'attendre la norme, que nous tardons parfois à produire, mais qui se l'approprie pour la transformer en levier de compétitivité et de confiance. Je tiens à saluer cet esprit collectif, cette équipe numérique de France qui contribue à faire de l'écosystème numérique français un modèle de cohérence et de responsabilité.

Pour le parlementaire que je suis, le sujet de la compétitivité des organisations françaises est plus que jamais central, particulièrement dans le contexte budgétaire et économique que nous traversons aujourd'hui. C'est précisément à ce moment que l'IA s'impose comme un levier stratégique majeur, un levier de croissance et d'efficacité pour l'ensemble de nos organisations, organisations publiques comme nos organisations privées. À condition, bien entendu que son adoption soit accompagnée, que ces acteurs soient soutenus.

Et c'est là tout le sens du travail que nous menons au sein de la Commission supérieure du numérique et des postes, que j'ai l'honneur de présider depuis février 2024. Alors, pour celles et ceux qui ne connaissent pas la CSNP, alors la CSNP, ce n'est pas encore un truc, c'est quelque chose d'important. J'ai votre attention.

Donc la CSNP, c'est une commission supérieure, c'est donc une commission bicamérale. Elle est composée de sept députés, de sept sénateurs et de trois personnalités qualifiées, qualifiées donc du secteur. Évidemment, on retrouve dans ces personnalités une personnalité que vous connaissez assez bien.

Henri, Henri d’Agrain qui est délégué général du Cigref que je salue ce soir, mais que je remercie sincèrement pour son implication pour accompagner le législateur en transpirant parfois sur sur les sujets autour du numérique. Alors notre commission est transpartisane. Ça a du sens dans la séquence qu'on vit.

Elle est transpartisane, c'est à dire qu'il y a toutes les diversités, toutes les sensibilités politiques, et elle a pour mission d'éclairer le gouvernement, d'éclairer le Parlement sur les grands enjeux stratégiques liés au numérique en formulant des recommandations que les politiques publiques pourraient pourraient conduire pour accomplir cette pour accomplir sa mission. La CSNP s'appuie sur un dialogue permanent avec l'écosystème, les entreprises, les autorités, administrations, chercheurs, les associations, etc. Nous attachons une importance particulière au rôle des corps intermédiaires comme le Cigref ou comme qui apportent une expertise précieuse pour bâtir une législation éclairée, réaliste et opérationnelle.

A ce titre, la CSNP constitue une instance unique dans notre paysage institutionnel. Elle se veut un pont entre l'expertise de terrain et la décision politique. Un espace d'écoute, d'analyse et de synthèse.

C'est dans cet esprit de dialogue et de construction collective que la CSNP a engagé plusieurs travaux au sujet de l'intelligence artificielle, avec notamment la publication d'un avis consacré au développement de l'IA, articulée autour de quatre axes complémentaires l'intérêt général, la souveraineté, la sécurité et la sobriété. Ces réflexions ont fait apparaître une évidence l'intelligence artificielle constitue sans aucun doute l'un des leviers de compétitivité les plus importants de notre époque. Elle ouvre des perspectives immenses en matière de productivité, d'innovation et de transformation des organisations dans tous les secteurs.

Elle permet d'optimiser les processus, d'améliorer les qualité de service, de renforcer la prise de décision et d'accélérer la recherche. Elle représente aussi une formidable opportunité pour nos entreprises de gagner en agilité et en performance. La France dispose d'atouts indéniables pour tirer pleinement parti de cette dynamique.

Une excellence scientifique reconnue, un écosystème, un écosystème de start up particulièrement actif dans le domaine et une attractivité internationale indéniable pour cause. Notre pays se classe aujourd'hui cinquième au global et High Index, preuve de la richesse de nos talents et du dynamisme des acteurs de cette filière. Mais cette révolution ne va pas sans défis majeurs.

Elle appelle une approche lucide, exigeante et sans naïveté, car l'IA ne se résume pas à la seule performance technologique. Elle touche à la souveraineté de nos infrastructures, à la maîtrise de nos compétences et à la préservation de notre cohésion sociale. Elle interroge profondément notre capacité collective à former, à protéger, à encadrer les usages et à orienter les progrès technologiques dans une direction conforme à nos valeurs démocratiques et à nos priorités nationales.

Ce sont là des choix structurants. Ils détermineront la place que la France occupera demain dans la compétition mondiale. C'est dans cet équilibre entre innovation et responsabilité, entre efficacité économique et maîtrise politique que se jouera la réussite du déploiement de l'intelligence artificielle dans notre pays.

C'est ainsi que trois axes de vigilance se dégagent, lesquels devront nécessairement être pris en compte pour déployer une stratégie nationale de l'IA cohérente et efficace. Le premier concerne notre souveraineté et nos dépendances. Ce constat est désormais partagé et nous en parlions tout à l'heure avec certains d'entre vous.

Notre économie numérique demeure fortement, fortement d'acteurs, demeure fortement dépendante d'acteurs non-européens, qu'il s'agisse des infras au niveau cloud ou encore des puces ou des capacités de calcul. Cette situation crée un risque majeur. Celui d'une perte de contrôle sur nos données stratégiques, sur nos chaînes de valeur et, à terme, une forme de vassalisation économique et technologique.

En juillet dernier, Anne, alors vice présidente de la fameuse CSNP, et moi même, animons le colloque Intelligence artificielle et souveraineté ont animé ce colloque à l'Assemblée nationale aux côtés d'acteurs essentiels du secteur. Une. Une conviction s'était alors imposée la souveraineté ne se décrète pas, elle se construit, Elle se construit dans nos lois, bien sûr, mais également dans nos choix industriels et dans nos usages publics.

C'est pourquoi notre ambition doit être claire concernant l'IA, où tout le reste, où tout reste à jouer. Nous pouvons et nous devons construire une offre européenne de l'IA de confiance, de choix et soutenir l'émergence d'acteurs souverains. Je parle souvent, et nous en parlions avec Henri, d'Airbus, de l'intelligence artificielle.

Le deuxième axe est celui des compétences et plus largement du capital humain. L'IA transforme en profondeur tous les métiers. Elle redéfinit les compétences nécessaires, les modes de production, d'organisation et même les formes de management.

Le risque est clair, celui clairement, d'une pénurie de talents qualifiés et d'une inadéquation croissante entre les formations existantes et les besoins réels de notre tissu économique et public. Pour y répondre, il nous faut engager, madame la ministre, un plan massif de formation, à la fois formation initiale, formation continue afin d'accompagner cette transition technologique et de donner à chacun, salariés et dirigeants, étudiants, agents publics, les moyens de comprendre, de maîtriser et d'utiliser l'IA de manière éclairée. Car la réussite de notre stratégie nationale en matière d'IA dépendra autant de la qualité et de la maîtrise de nos modèles que de la compétence de celles et ceux qui les conçoivent, les encadrent et les utilisent.

Enfin, le troisième axe de vigilance touche à l'accès l'acceptabilité sociale de l'IA. Trop souvent, l'IA est encore perçue comme une menace menace de substitution des emplois, de surveillance accrue ou plus largement de déshumanisation du travail. Si nous voulons réussir cette cette transformation, il nous faut instaurer un dialogue social constructif et anticipé, associant pleinement les partenaires sociaux.

Ce dialogue est une construction essentielle de la confiance et d'une adoption réussie au sens large. Il doit permettre de construire des garanties, d'encadrer des usages et de veiller à ce que l'IA soit perçue non pas comme une contrainte, non pas comme une menace, mais comme une opportunité de progrès partagé. L'objectif, au fond, est donc clair faire de l'IA un outil d'augmentation des capacités humaines, un instrument au service du travail et de la qualité de vie et de l'efficacité collective, et non un facteur de fragmentation et d'exclusion.

Mesdames et Messieurs, le développement de l'intelligence artificielle nous place aujourd'hui à une croisée des chemins stratégiques. Elle porte autant d'opportunités que de responsabilité et appelle à une mobilisation collective à la hauteur de ces enjeux. La réussite de son adoption repose sur une responsabilité partagée, celle des acteurs économiques, qui innove et qui expérimente, et celle des pouvoirs publics qui encadrent, orientent et garantissent un cadre de confiance.

Le rôle du Parlement, et notamment et notamment de la Commission supérieure du numérique, est de poser des postes et de veiller à cet équilibre. Transformer la vigilance en actions concrètes au service d'un déploiement maîtrisé de l'IA au service de la compétitivité des entreprises françaises et de nos collectivités. C'est pourquoi les membres de la CSNP et moi même lançons dès novembre prochain un groupe de travail consacré à l'adoption de l'intelligence artificielle par les entreprises françaises.

Ces travaux auront pour mission d'identifier les leviers au bon déploiement de l'IA, mais également d'aborder les enjeux de formation, les implications sociales relatives à l'irruption de l'IA dans les entreprises et les efforts nécessaires au déploiement des solutions d'IA souveraines. Ce soir, j'adresse un appel à contribution à vous toutes et tous, à vous l'écosystème ici présent, vos retours d'expérience, vos analyses et vos propositions seront essentielles pour nourrir ces travaux et faire de cette révolution une réussite française au service de la compétitivité et de la souveraineté de notre économie. J'en appelle aussi plus largement à une mobilisation collective au delà de nos intérêts particuliers, qu'ils soient économiques, politiques ou institutionnels.

L'enjeu de ce moment est trop important pour que chacun agisse isolément. C'est ensemble que nous construirons un cadre de déploiement pour des modèles d'IA fidèles à nos valeurs et à nos ambitions, contribuant pleinement à notre compétitivité. Alors, une nouvelle fois, je tiens à remercier très sincèrement Emmanuel Charlet, le président du CIGREF, pour son invitation et pour la qualité habituelle de cet événement que j'ai eu un grand plaisir à partager avec vous ce soir.

Enfin, je vous remercie toutes et tous pour votre écoute, pour votre engagement sur ces sujets essentiels. Et je vous le redis, c'est mon leitmotiv au Sénat. Le numérique, c'est politiques.

IA, souveraineté et compétitivité - par Damien Michallet — Damien Michallet · Pourquijevote