Audition de représentants de festivals et des académies des Césars et des Molères - 03/12/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 48 %Attaque 20 %Défensif 32 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 32:48OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur le mouvement de libération de la parole et l'omerta dans le cinéma ?
- 34:43RelanceRéponse directe
Quels phénomènes rendent l'omerta possible et comment l'améliorer ?
- 41:08OuverteRéponse directe
Comment gérez-vous les lieux festifs en dehors de l'organisation stricte de vos festivals ?
- 42:38OuverteRéponse directe
Quelles sont les conditionnalités de l'argent public que vous recevez ?
- 42:44OuverteRéponse directe
Avez-vous mis en place des dispositifs pour remonter des faits de violences sexistes et sexuelles dans ces lieux ?
- 43:47RelanceRéponse directe
Pouvez-vous préciser ce que sont ces référents et leur fonctionnement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:11Iris KnoblochFait
« En tant qu'employeur, dès 2019, nous avons renforcé la formation des équipes avec des programmes spécifiques dispensés au personnel permanent. »
- 7:50Iris KnoblochFait
« Dès 2017, lors de l'avènement du mouvement MeToo, nous avons réfléchi aux mesures à mettre en place et créé en 2018 une cellule d'écoute, harcèlement, violence multilingue et accessible à tous les accrédités. »
- 43:38InvitéFait
« on a mis en place des chartes avec des référents qui n'existaient pas jusqu'alors »
- 43:52InvitéFait
« c'est un binôme idéalement paritaire qui est bénévole et qui garantit la confidentialité de la parole »
- 44:04InvitéFait
« ces binômes n'ont pas vocation à prendre des décisions mais à remonter avec évidemment si la victime présumée en exprime le souhait la violence dont elle aurait été victime »
- 46:05InvitéFait
« nous avons un référent à l'année pour l'équipe parisienne »
- 46:29InvitéFait
« il y a 5 personnes dans cette agence qui sont sur ces sujets-là »
- 48:54InvitéFait
« chacune de ces trois entités a nommé un référent en ce qui concerne ses propres employés pour cette cérémonie »
- 1:01:15InvitéFait
« en 2014 en tant que producteur j'ai défendu un spectacle qui s'appelait Chatouille »
- 1:01:56InvitéFait
« les comportements des agresseurs quand ils ont été chez nous et quand ils ont été dénoncés ça a permis de sensibiliser beaucoup la société »
- 1:07:00InvitéFait
« la révolution MeToo commence à l'automne 2017 »
- 1:07:26InvitéChiffre
« seulement 82 réalisatrices avaient été sélectionnées en compétition dans l'histoire du festival »
- 1:08:25InvitéFait
« moi je m'intéressais pas du tout à la question de Johnny Depp »
- 1:13:01InvitéFait
« à ce moment-là Philippe Cobert a été lavé de tout soupçon »
- 1:15:23PrésentateurFait
« en 2020 l'affaire avait été classée sans suite »
- 1:15:33PrésentateurFait
« Mediapart révèle que la police a mené une enquête à charge contre la plaignante »
- 1:15:48InvitéFait
« en 2022 deux procédures judiciaires étaient intervenues »
- 1:29:09InvitéFait
« j'ai été violée par un membre de la comédie française »
- 1:35:33InvitéFait
« je ne dis pas qu'on a féminisé enfin qu'on a disons favorisé la parité des membres de l'académie hommes-femmes pour cette seule raison là »
- 1:36:45InvitéFait
« il faut qu'on soit soutenu pour que quand on dit ben c'est ça en fait le Respect par exemple propose cette oeuvre collective »
- 1:39:10InvitéFait
« on n'est pas d'accord sur le titre de la grande famille du cinéma il y a 40 ans peut-être »
- 1:40:10InvitéFait
« j'ai employé le terme de grand ami donc je vais le retirer pour la troisième fois »
- 1:43:15InvitéFait
« si une personne est mise en examen au moment où il serait nommé il ne sera pas mis en lumière »
- 1:45:10InvitéFait
« il y a des rapports de pouvoir totalement disproportionnés et qu'une personne peut tenir une pièce »
- 1:46:21InvitéFait
« je n'utiliserai pas le terme excommunier vous avez bien raison je vais utiliser le terme écarté »
- 1:50:32InvitéFait
« quand on décide de retirer de la lumière un nommé dont on apprend en cours de route qu'il pourrait être mis en examen »
- 1:52:15PrésentateurFait
« un festival ne peut pas devenir un tribunal et ne doit pas se substituer à la justice »
- 1:57:20InvitéFait
« chaque production s'engage à ce que le film présenté ait été produit fabriqué dans des conditions de respect de la sécurité des personnes »
- 1:57:54InvitéFait
« vous ne l'avez pas entendu le monde de la culture et du cinéma se remet en cause »
- 1:59:23InvitéFait
« dans nos règlements il y a des choses qui ne figuraient pas qui figurent désormais »
Temps de parole
- Présentateur22 %
- Invité16 %
- Invité 213 %
- Invité 311 %
- Invité 410 %
- Invité 510 %
- Invité 67 %
- Invité 76 %
- Invité 85 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci à tous et toutes de venir dans cette commission d'enquête. Alors, j'ai le plaisir d'accueillir pour cette première audition de la journée qui va en compter de nombreuses et d'importantes les représentants des principaux festivals et cérémonies du cinéma et du théâtre. Donc, pour le festival, Madame Iris Knobloch, présidente du festival, Monsieur Thierry Frémaux, délégué général, Monsieur François Derousseau, secrétaire général. Bonjour à vous trois. Madame Aude Esbert, directrice générale de Public Système Cinéma pour le festival du cinéma américain de Deauville. Bonjour. Monsieur Patrick Sobelman, présidente de l'Académie des Césars et Madame Ariane Toscan Duplantier, vice-présidente.
Bonjour à tous les deux. Monsieur Jean-Marc Dumonté, présidente de l'Académie des Molières. Enchanté. Madame Daniela Elstner, directrice générale d'Unifrance, organisme chargé de promouvoir le cinéma français à travers le monde. Enchanté. Comme vous le savez, notre commission d'enquête cherche à faire la lumière sur les violences commises contre les mineurs et les majeurs dans le secteur du cinéma, de l'audiovisuel et du spectacle vivant notamment. Nous avons souhaité vous entendre aujourd'hui afin d'aborder la question de la contribution de vos organisations à la lutte contre les violences, notamment sexisté sexuelle, dans le monde de la culture.
Vos cérémonies ont pu être le lieu de prise de parole forte, et on en a tous la mémoire, et de décisions polémiques ou courageuses. C'est une question de point de vue s'agissant de certains réalisateurs ou metteurs en scène ou membres de vos jurys. De fait, vous constituez les lieux symboliques essentiels à la consécration des œuvres, voire à la sacralisation des artistes, qui, on le sait, contribuent ensuite à une forme d'omerta. Comment traiter une œuvre abîmée ? Comment concilier l'absence de mise en lumière d'un agresseur avec la reconnaissance d'un travail collectif ? Que doit-on faire des monstres sacrés du cinéma ou du théâtre français ?
Je mets à dessein l'accent sur le mot « monstre », comment pouvez-vous contribuer à la prévention des violences, mais aussi à la libération de la parole ? Je rappelle que cette audition est ouverte à la presse et qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale. Avant de vous laisser la parole et d'entamer nos échanges pendant environ deux heures, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes entendues par une commission d'enquête de prêter serment et de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Je vous invite donc successivement, en commençant par vous, Mme Knobloch, à lever la main droite et à dire « je le jure », micro ouvert.
Je le jure. Je le jure. Je le jure. Je le jure. Je le jure.
Merci beaucoup. Je vous laisse la parole pour un propos liminaire peut-être, et ensuite nous procéderons en question. Qui veut commencer ? Alice.
Madame la Présidente, Monsieur le rapporteur, Madame et Messieurs les députés, nous tenons tout d'abord à saluer les travaux importants de la commission, et nous exprimons tout notre soutien et tenons à rendre hommage au courage des victimes. Je suis la présidente du Festival des Cannes depuis 2022, et la première femme à occuper cette fonction dans l'histoire de l'institution. Je souhaite à cette occasion rappeler mon engagement pour la juste place des femmes au sein de notre industrie tout au long de ma carrière. Il est important que la parole se libère enfin, même si le chemin à parcourir reste encore long.
Je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions, ainsi que Thierry Fremaud, délégué général du Festival, et François Desrosseaux, secrétaire général. Le Festival de Cannes est une association reconnue d'utilité publique. Son conseil d'administration est composé de 28 membres, des représentants de l'État d'une part, mais aussi majoritairement, et ce qui fait sa force, les grandes organisations professionnelles du cinéma, qui apportent leur expertise sur toutes les questions stratégiques. La manifestation est majoritairement financée par des fonds privés.
Chaque année, le Festival de Cannes propose une sélection officielle de 60 à 70 films internationaux et organise un marché du film le plus grand du monde. Il réunit 40 000 professionnels du cinéma accrédité, venus de 160 pays, auxquels s'ajoutent tous ceux qui se placent des places à Cannes pour faire vivre la manifestation. Chaque année, deux semaines au mois de mai, la ville de Cannes voit sa population tripler. Si je me permets d'insister sur l'importance de l'événement, c'est pour faire prendre conscience des attentes de la profession vis-à-vis du Festival et en particulier du cinéma indépendant. Ce dernier est confronté depuis quelques années à un contexte économique très préoccupant.
Pour lui, le Festival représente un des derniers bastions où il est défendu. Cette mission, ce prestige, nous oblige. Pour autant, cela ne nous exonère pas de nos responsabilités. Commençons par la parité. La parité est l'un des enjeux sur lesquels le Festival s'est positionné de manière nette dans le cadre de ses activités propres. Par exemple, le comité de sélection des films est paritaire, cinq hommes et cinq femmes. La composition des jurys est paritaire. Elle est depuis 2002 pour le grand jury et dans le rassemblement, la présidence de ces différents jurys est paritaire depuis 2013.
Par ailleurs, la sélection des films d'école est assurée par une femme, comme celle des cinéastes de la résidence du Festival. Enfin, le personnel permanent qui organise le Festival de Cannes et le marché du film est composé à 63% des femmes. La deuxième question qui nous réunit ici est évidemment celle de la lutte contre les violences et je m'attarderai sur ce sujet. Nous sommes toujours préoccupés de l'accueil et de la sécurité des festivaliers et de nos collaborateurs. En tant qu'employeur, dès 2019, nous avons renforcé la formation des équipes avec des programmes spécifiques dispensés au personnel permanent.
Notre politique de prévention et de lutte contre les violences repose sur une large communication de procédure. Nous encourageons victimes et témoins à signaler tout comportement inapproprié à un responsable hiérarchique au référent harcèlement ou à la direction. Selon le cas, ces signalements peuvent donner lieu à une enquête paritaire avec un représentant de la direction et le référent harcèlement. Concernant les festivaliers, dès 2017, lors de l'avènement du mouvement MeToo, nous avons réfléchi aux mesures à mettre en place et créé en 2018 une cellule d'écoute, harcèlement, violence multilingue et accessible à tous les accrédités.
L'objectif, c'est lui de recueillir les témoignages des victimes et les accompagner dans leur démarche médicale et juridique. Une communication de l'ensemble de ces dispositifs a été mise en place. Elle s'est faite notamment par notre guide d'accueil destiné aux équipes, mais aussi par le bias d'affichage du numéro de la cellule d'écoute à toutes les entrées du palais du festival, au bureau des accréditations, au point d'information et dans le moindre de ce récoin. Par ailleurs, une lettre est très largement diffusée quelques jours avant la voiture du festival à tous les accrédités afin de procéder à une ultime sensibilisation avant leur arrivée sur la croisette.
Un dispositif policier particulièrement important est également déployé pendant le festival afin d'assurer la sécurité de tous. Nous travaillons en concertation étroite avec la ville de Cannes et la préfecture de police, qui en ont la compétence sur l'ensemble des questions de sécurité publique hors du territoire naturel de la manifestation que sont le palais du festival et le marché du film. La mise en place de ces mesures ne sont pas seulement des obligations légales ou administratives. Elles représentent aujourd'hui l'état d'esprit de notre institution et ses convictions sont partagées par l'ensemble du personnel.
C'est pourquoi le festival n'hésite pas à associer sa parole à celle des engagements contemporains, notamment depuis la révolution MeToo. Ainsi, ce fut le cas en 2018, lors de l'organisation avec le collectif 50-50, d'une montée des marches de 82 femmes avec une prise de parole puissante d'Agnès Varda, au lors de la projection en 2024 de « Moi aussi » de Julie Gaudrech, venue accompagner de nombreuses femmes livrant leurs témoignages dans son film. Pour ce qui est de la sélection de films, notre ligne de conduite est la suivante. Le délégué général et le comité de sélection sont entièrement autonomes.
Avant d'être soumises au conseil d'administration à la mi-avril, leurs décisions artistiques relèvent d'une indépendance totale afin d'assurer la constitution de la sélection officielle. Inscrite dans nos statuts, cette indépendance constitue un pilier fondamental du Festival de Cannes, garantissant la qualité et l'exigence de ce choix artistique. Ce travail de sélection demande rigueur et discernement, et chaque situation problématique est étudiée avec neutralité, film par film et sur la base des informations que le comité de sélection possède à sa disposition.
Conformément à ses missions, le délégué général entraîne la réflexion collective qui mènera à la révélation mi-avril de la sélection officielle qui sera soumise au conseil d'administration avant que la presse n'en prenne connaissance. Nous ne faisons pas face à des prises de décisions délicates et complexes. Un film présenté au Festival n'en est qu'au début de sa carrière parce qu'il n'est pas encore sorti en salle. C'est aussi une œuvre collective, et chacune de nos décisions, souvent prises dans des délais très courts, peut pèser lourd sur son avenir et sur celui des dizaines, voire des centaines de personnes qui ont contribué à sa fabrication, parfois pendant plusieurs années.
Le Festival de Cannes offre aux artistes du monde entier une tribune et une expression artistique et politique qui contribue édition après édition à interroger notre époque, autant que le cinéma lui-même. Cela en fait le prestige autant que le devoir. Les questions dont nous en avons parlé aujourd'hui en font partie.
Je remercie beaucoup. Peut-être Mme Esbert ? Oui, c'est bon, vous m'entendez. Mme la Présidente, M. le rapporteur, je tiens tout d'abord à vous remercier de me donner la parole dans le cadre de cette commission d'enquête relative aux violences dans le monde du cinéma et du spectacle. Permettez-moi d'abord de me présenter brièvement. Je suis la directrice du Public Système Cinéma que j'ai rejoint en septembre dernier après avoir travaillé aux Etats-Unis dans le secteur de l'audiovisuel. Le Public Système Cinéma, qu'est-ce que c'est ? C'est une structure atypique, unique en son genre, qui est adossée au groupe de communication français OBSCOTCH, auquel elle appartient.
C'est une agence qui a la particularité d'organiser des festivals et des événements cinéma clés en main, que ce soit pour des collectivités ou des associations, et d'accompagner en relation presse tout au long de l'année une vingtaine de films lors de leur sortie en salle ou sur des festivals et notamment sur le Festival de Cannes où nous sommes très présents, puisque toute l'équipe s'y retrouve pour travailler. Nous organisons à ce jour trois festivals, le Festival du film fantastique de Gérard May, le Festival Reims-Polar et le Festival du cinéma américain de Deauville.
Le Public Système Cinéma, c'est une équipe de neuf personnes permanentes qui s'étoffent à l'approche des événements que l'on organise avec des CDD, des contrats freelance, des intermittents, des stagiaires, des bénévoles, pour atteindre parfois des effectifs qui peuvent aller jusqu'à 600 personnes. Nos festivals rassemblent entre 10 000 et 60 000 spectateurs et brassent de très nombreuses populations, ce qui nous impose évidemment beaucoup de vigilance en matière de sécurité et évidemment des mesures de sécurité adaptées.
En tant que directrice de ces festivals, je conçois mon rôle un peu comme celui d'un chef d'orchestre à qui incombe au fond deux types de responsabilités, une responsabilité artistique, dont on vient d'évoquer un peu les enjeux. Et à ce titre, je suis notamment responsable de la sélection des films, du choix des invités qui se rendent au festival, de la composition du jury et plus largement du positionnement et de l'image de l'événement. D'autre part, j'ai une seconde responsabilité que je qualifierais d'organisationnelle et qui englobe la supervision du budget, des équipes, des partenariats, des prestataires.
La question de la prévention et de la lutte contre les violences concerne tous les secteurs de la société, pas seulement celui du cinéma. Mais le cinéma, notamment par l'effet de loupes liées à la notoriété des personnalités impliquées et à la plus grande attention médiatique qu'il concentre, exige de notre part d'anticiper, de protéger et de répondre avec exemplarité à toutes les formes de violence et de discrimination.
Et avant de vous détailler les dispositifs que j'ai mis en place au sein de l'agence, je tenais à formuler deux observations pour essayer de vous faire mieux appréhender la complexité de nos secteurs, leurs spécificités et puis les difficultés structurelles auxquelles on se heurte parfois. La première caractéristique de l'organisation de nos festivals, c'est qu'il est le fruit d'une co-organisation avec de multiples acteurs et que les responsabilités s'en trouvent parfois démultipliées. Les parties prenantes sont nombreuses, ce qui entraîne un partage des responsabilités, tantôt avec une association, avec un partenaire, avec des hôteliers, avec des coproducteurs, des salles de cinéma, etc.
En second lieu, lorsque nous organisons un festival, nous nous trouvons, je dirais, hors du temps. Hors du temps, qu'est-ce que ça veut dire pour moi ? C'est-à-dire que les équipes sont soumises à un rythme de travail très dense, soutenu, concentré sur quelques jours, avec des horaires de travail extensibles, parfois en soirée, parfois même la nuit, des équipes délocalisées dans des hôtels, des appartements, loin de chez Ezel, avec un certain nombre d'événements festifs et nocturnes, et la proximité avec des personnalités influentes. Donc, beaucoup de facteurs de risque.
Donc, je disais hors du temps, mais certainement pas, je l'espère, hors du droit, et j'en ai fait une priorité lors de mon arrivée en septembre dernier au public système cinéma, avec deux types de mesures qui correspondent, je crois aussi, à ces deux temps de festival que je viens de vous décrire. Une première série de mesures concerne la prévention, avec la mise en place de formations désormais obligatoires pour tous les salariés, pas seulement les managers, sur les questions de violence et de discrimination, et une sensibilité renforcée de chaque employé sur ces sujets dès leur intégration dans l'équipe.
Ensuite, une seconde série de mesures qui s'appliquent sur le terrain, donc pendant qu'on organise les festivals, et où se concentre la majorité des risques, avec la mise en place d'une charte qui sera adaptée à chacun de nos festivals. Cette charte sera partagée par toutes les populations mobilisées, les invités, les équipes, les partenaires, les prestataires, et portée à la connaissance de tout l'écosystème, y compris de notre société de sécurité, qui sera alertée tout particulièrement sur les facteurs et les espaces de risque identifiés.
Par ailleurs, cette charte prévoit un binôme de référents destinés à recueillir la parole de victimes potentielles ou de témoins en toute confidentialité, et si nécessaire, d'alerter la direction en accord avec la victime présumée, afin de prendre les mesures nécessaires qui pourraient s'imposer. Des référents existaient à mon arrivée au sein de l'entreprise, mais pas sur le terrain des festivals, et ce sera chose faite en 2025.
Donc, en conclusion, je tenais à dire que sur ces sujets, d'immenses progrès ont été réalisés en peu de temps, notamment grâce au courage de celles et ceux qui ont su surmonter l'omerta, et ont commencé tout juste, je crois, à prendre la mesure du travail qui reste à faire. Nous tentons de progresser rapidement pour combler un retard évident et manifeste en la matière, pour que chaque collaborateur puisse s'évoluer sereinement, sans crainte pour son intégrité physique et mentale, et tout en conservant, je pense que c'est très important, essentiel, sa passion pour le cinéma.
Et je me réjouis que les débats et les travaux de votre commission puissent constituer un catalyseur bienvenu pour la profession sur ces sujets. Merci. Comme c'est bien dit. Qui souhaite ? M. Sobelman.
Bonjour et merci de nous recevoir. Merci à vous, Mme la Présidente, et M. le rapporteur, et tous les députés. Nous avons, avec votre autorisation, je vais partager mon temps de parole avec Ariane Toscor-Duplantier, qui est la vice-présidente de l'association. Nous avons été élus au mois de mars dernier pour un mandat de deux ans. C'est un mandat de président et de vice-président paritaire, statutairement paritaire.
L'Académie, c'est une association, c'est l'association pour la promotion du cinéma, qui est une association qui regroupe 4700 membres environ, qui sont issus de 18 branches professionnelles, qui sont toutes partie prenante du cinéma, au sens où elles créent, elles réalisent, elles fabriquent et elles montrent les films. Donc, elles regroupent la plupart des professionnels de la profession. Depuis 2020, l'association a changé complètement sa mode de fonctionnement et a commencé par ses statuts. Les statuts ont été entièrement révisés en 2020 et ils garantissent une chose très importante, c'est la totale parité des institutions.
C'est-à-dire qu'il y a tous les membres, là, nous ne pouvons pas garantir qu'actuellement, ils soient paritaires, mais je vais y revenir. Par contre, l'Assemblée générale, la Chambre des représentants, le Bureau et la présidence, qui sont toutes les institutions, qui sont le gouvernement et l'Assemblée représentative de l'association, sont toutes paritaires. Et en ce qui concerne les membres, nous partons d'une situation en 2020 où il y avait à peu près deux tiers d'hommes et un tiers de membres parmi les femmes.
Et nous avons, de façon volontariste, assoupli un certain nombre de critères pour que plus de femmes professionnelles puissent rentrer dans l'association consciente que nous devions approcher le plus possible de la parité, voire obtenir la parité. Et actuellement, pour 2025, nous sommes arrivés à un équilierage un équilierage de 55% d'hommes, 45% de femmes, c'est-à-dire 10 points de plus qu'il y a 4 ans. Et nous continuerons certainement à travailler dans ce sens-là. C'est extrêmement important.
C'est une féminisation et un rejeunissement également des membres qui nous font penser qu'un certain nombre de nominations ou même de césariser du passé pour des raisons qui peuvent avoir avec celles qui nous rassemblent aujourd'hui n'auraient certainement pas lieu aujourd'hui, probablement. Et parce que nous avons pris un certain nombre de décisions ou de mesures que va décrire maintenant Ariane qui devrait permettre de ne pas pouvoir se reproduire des choses qui se sont passées dans le passé. Ariane. Bonjour, Madame la Présidente. Bonjour, Monsieur le rapporteur. Bonjour à tous.
Suite à ce que vient d'exprimer Patrick, l'APC a engagé depuis 2022 une modification profonde du règlement de l'Académie. Profonde et nécessaire, de toute évidence. Alors, dès décembre 2022, suite à un cas particulier dans le groupe Révélation, l'association s'est retrouvée confrontée à cette problématique et a tout de suite, un peu dans l'urgence, à moins de deux mois de la cérémonie, décidé d'un retrait de mise en lumière des personnes qui seraient à minima mises en examen pour les violences, évidemment, et harcèlement. Il a été décidé que le point de départ était, en tous les cas, cette année-là, la mise en examen.
Puis, suite à la cérémonie de cette année-là, dès le premier trimestre 2023, nous avons mis en place un groupe de travail dédié qui a consulté diverses associations et personnalités pour essayer de structurer ce qu'on avait fait de manière urgente pour la cérémonie 2022. Ces réflexions ont conduit à une modification du règlement de l'Académie pour reconduire durablement et amplifier cette mesure de non-mise en lumière que nous avions mis en place.
À partir de là, ce principe de mise en lumière s'applique désormais à l'ensemble des dispositifs organisés par l'Académie et permet de recueillir le signalement des victimes de violences en leur proposant de faire appel à une association ou à un organisme de défense, notamment la cellule d'écoute d'audience qui nous accompagne lors de tous nos événements, notamment audience. Ces réflexions ont été reprises et poursuivies en 2024 par un nouveau groupe de travail qui remettra prochainement ses conclusions afin qu'elles soient votées par la Chambre des représentants.
Il est notamment envisagé de doter l'Académie à partir de 2025, qui va dès juin 2024 à l'appel à cotisation d'une charte de lutte contre les violences à laquelle il sera demandé à chaque membre, donc là, on parle des 4 700 membres de l'Académie, d'y adhérer, ce qui permettra, en cas de mise en cause judiciaire d'un membre de l'Académie pour des faits de violence, de prononcer à son égard, selon le cas, une mesure de suspension et le cas échéant d'exclusion pour la durée de la procédure ou de la condamnation. Il y a également un référent VHSS qui va être mis en place et désigné par les membres du bureau de l'APC, sachant qu'ils ont déjà tous suivi les formations mises en place par le CNC.
Je voudrais rappeler qu'on fait, enfin, je pense qu'on va répondre après aux questions plus en détail, mais que lors des cérémonies, alors, je ne parle pas là des coulisses et de l'organisation, où là, ils sont accompagnés par les associations, mais nous faisons un effort tout particulier de ce qui paraît à l'écran, donc que ce soit les remettants, enfin, tout ce qui est mis en place, les binômes qu'on essaye de rendre également paritaires et de donner également la parole à un certain nombre de membres de notre communauté, comme nous l'avions fait avec Judith Godrech l'an passé, en lui donnant dix minutes de parole sur un texte que nous n'avions pas ni lu ni relu, enfin, vous le savez, mais avant qu'elle ne prenne la parole.
Je pense qu'après, on va rentrer dans le détail. Merci beaucoup.
Merci.
Monsieur Dumonté ? Oui, Madame la Présidente, bonjour. Monsieur le rapporteur, bonjour. Mesdames, messieurs, je n'ai pas prévu de propos liminaires, mais j'y souscris volontiers. Je crois que le monde du spectacle et le monde du cinéma sont de formidables caisses de résonance. Et dans ce combat qui est mené depuis quelques années, avec effectivement le déclenchement de MeToo, je pense que nos métiers doivent accompagner comme toute la société, doit accompagner cette prise de conscience forte et nécessaire. Et je me réjouis effectivement de cette audition aujourd'hui puisque c'est le sujet de tous et de toutes si nous voulons vaincre ces fléaux. Caisse de résonance.
Pourquoi je dis caisse de résonance ? Parce que nos activités parfois, effectivement, soulignent les comportements particulièrement scabreux et scandaleux de certains et donc c'est auprès de la société tout entière une prise de conscience mais aussi nos métiers permettent des sensibilisations fortes au travers des œuvres et je crois que c'est important de voir cela. Nous avons tous évoqué évidemment les mesures qui sont prises au quotidien pour garantir une plus grande sérénité et protection de tous et de toutes mais je pense qu'il faut aussi mettre en lumière ce travail et ces œuvres que nous créons et qui sensibilisent les publics.
Je m'occupe des Molières depuis 10 ans Conseil d'administration des Molières qui est à 75% féminin ou 80% féminin et je m'en réjouis et nous avons intégré au fur et à mesure des clauses pour valoriser la parité au sein des nommés même si c'est un vote grand public mais néanmoins par exemple sur les autrices nous avons décidé que s'il n'y avait pas d'autrices qui étaient sélectionnées par les votants par un système de discrimination positive nous dirions une autrice serait malgré tout en lice pour le deuxième tour.
Je pense que tous nos métiers font des efforts pour d'une part lutter contre les violences et d'autre part pour aller vers la parité et que ce chemin est en cours et je suis heureux qu'ils ont contribuant tous. Voilà ce que je voulais vous dire en propos liminaires et je me tiens évidemment aux dispositions sur les mesures plus concrètes que nous pouvons prendre et les uns et les autres.
Je vous remercie Madame Elstner peut-être pour la dernière présentation.
Bonjour Madame la Présidente Monsieur le rapporteur merci c'est un peu peut-être aussi ce qu'on est on est un peu en bout de chaîne avec Unifrance qui fait donc la promotion du cinéma et de l'audiovisuel français à l'étranger donc souvent nous accompagnons des films qui voient le jour au festival de Cannes et plus d'un an après nous on va avec ces mêmes films à l'étranger ce qui pose d'autres problèmes parce qu'on fait beaucoup de voyages donc Unifrance pour vous donner une idée est une association financée en majorité par les pouvoirs publics notamment le CNC on a 55 salariés actuellement on ne grossit pas tant que ça on n'en passe pas à 600 tout d'un coup mais des fois évidemment on a des bénévoles à l'étranger pour nos festivals car nous en organisons à l'étranger pour la promotion ça peut être audiovisuel ou cinéma comme au Japon New York etc donc on a évidemment une grande question c'est l'interne et disons l'association et ses salariés là on a fait plus de 49 salariés donc forcément on a un CSE on a fait les formations VHSS on a mis des référents harcèlement moral et sexuel par ailleurs en place donc on s'est beaucoup structuré les deux dernières années sur ces questions là donc là je suis à disposition on a plutôt une parité homme-femme en interne donc tout ça est disons plutôt en cours enfin c'est géré où on est en train d'y travailler maintenant ça pour moi c'est un côté qui est presque disons le plus encadré peut-être le plus facile à mettre en place si on peut dire dans ces cas là mais après on a effectivement on a 1000 membres donc qui ne sont pas salariés évidemment de l'association les 1000 membres se composent par beaucoup d'artistes des producteurs des exportateurs ceux qui vendent des films tout ça pour les deux secteurs audiovisuel et cinéma et donc ça fait beaucoup de monde qui se retrouve évidemment dans nos conseils d'administration etc.
mais avec lesquels en fait il faut qu'on travaille sur qu'est-ce qui se passe sur nos festivals qu'on organise à l'étranger voire en France des marchés aussi avec des professionnels venant soit de l'Europe ou du monde entier et quelles sont en fait nos responsabilités car évidemment par définition on ne les embauche pas ces personnes invitées ni les personnes qu'on emmène en promotion donc c'est notre responsabilité on n'a aucun lien salarié enfin employeur-employé donc là-dessus on s'est penché cette année notamment avec des cabinets externes et nos salariés on est en phase de présenter quelque chose à notre comité directeur qui aura lieu dans deux semaines on s'est évidemment beaucoup inspiré surtout de ce que par exemple le festival de Cannes a fait en termes aussi d'alerte ça nous on l'a déjà pratiqué ça c'est la première chose à faire forcément c'est dire on a des cellules on a des référents harcèlement sur les manifestations les numéros les lettres etc donc tout ça c'est déjà fait néanmoins il y a évidemment cette question de mise en retrait de jusqu'à quel moment on n'emmène plus un film sachant que nous souvent sur nos sélections on n'est pas forcément nous sélectionneurs mais on travaille avec des personnes à l'étranger qui nous aident ou bien même avec des distributeurs qui ont acheté le film pour le territoire dans lequel nous on va donc c'est le distributeur qui va demander un film dans un de nos festivals et là aussi il faut qu'on ait des explications claires et fortes si jamais on dit on ne sélectionne pas le film pour une telle ou une telle raison et ça nous typiquement c'est quelque chose sur lequel on va travailler avec notre comité exécutif qui est quand même composé de 20 personnes et le comité directeur où on est 60 et toutes les associations et syndicats français y sont donc c'est un vrai travail en cours voilà j'ai évidemment des détails mais peut-être c'est pas le moment mais en tous les cas c'est une question qui nous préoccupe et par ailleurs après il y a aussi la complexité et ça c'est un vrai travail qu'on fait quand on va au Japon par exemple nous avons environ 50 bénévoles au Japon tous les pays ne sont pas au même stade que la France ou l'Europe donc là il y a aussi une vraie question comment on aborde ces questions donc on les aborde on a des partenaires locaux aussi à qui on en parle mais voilà on jongle aussi avec des pays qui ne sont pas tous au même stade et où il faut faire une sensibilisation peut-être des fois plus forte même que quand la manifestation se déroule en France
merci beaucoup merci à tous et toutes pour ces propos liminaires nous allons procéder aux questions alors est-ce que tu veux commencer ? allez vas-y Erwann Balanant rapporteur
merci déjà pour vos propos liminaires vous avez été plusieurs à montrer l'importance que vous avez pour le monde du cinéma et l'importance pour le monde de la culture on connaît le festival de Cannes on connaît les Molières on connaît les Césars évidemment on sait ce qu'ils représentent dans ce monde vous avez tous aussi parlé d'exigence de responsabilité et c'est à ce titre que évidemment on a un certain nombre de questions à vous poser déjà une première question un peu large et un peu pour commencer à approfondir le sujet d'un point de vue culturel quel regard déjà portez-vous sur ce mouvement de libération de la parole et ce moment aussi de libération de la parole parce qu'on entend parfois et on le constate durant nos auditions c'est pas vraiment la parole qui s'est libérée c'est parfois l'écoute qui s'est rendue possible et je voulais avoir votre opinion sur un point que j'ai souligné lors d'une audition et qui revient souvent c'est la question de l'omerta pourquoi dans le cinéma il y règne une certaine omerta sur les propos les actes d'un certain nombre de personnes quel est selon vous le phénomène qui rend cette omerta possible est-ce que vous pensez que cette omerta est aujourd'hui brisée et comment améliorer cette question de la parole et de l'écoute ce sera une première question un peu large après on aura des questions plus précises évidemment
merci
qui souhaite répondre allez-y c'est clair qu'il y a une prise de conscience de deux côtés moi je suis convaincue que les femmes ont plus de confiance en elles-mêmes et sur le fait qu'elles puissent maintenant parler et je crois c'est très important et de l'autre côté je crois le message semble beaucoup plus facilement reçu je crois ça reste quand même ça prend énormément de courage de témoigner ça relève souvent des faits très intimes et je suis aussi convaincue qu'il reste encore une peur économique de témoigner de perdre son emploi de perdre ses moyens financiers ou de pas avoir les moyens financés pour financer un long chemin juridique pour moi c'est vraiment il faut de plus en plus renforcer les cellules d'écoute et l'accompagnement des victimes c'est vraiment très très important le plus loin qu'on puisse aller juridiquement psychologiquement d'un point de vue médical mais en termes de l'industrie elle-même j'ai vraiment le sentiment que nous avons fait des parts et des parts importants et ce qu'on a complètement brisé je crois il y a encore du chemin à faire
merci est-ce que oui allez-y
alors l'âge à l'avantage on se souvient comment on a débuté dans ce milieu moi j'ai débuté à l'âge de 22 ans côté cinéma venant d'Allemagne en plus donc j'avais pas forcément tous les codes ça a été une omerta totale sur tout et là je vous parle de l'industrie je vous parle même pas des actrices acteurs etc je vous parle de tout ce qui est derrière ce qui à l'époque m'avait pas trop fait souffrir parce que de toute façon ça faisait partie du gaming enfin du jeu je pensais que c'était comme ça et j'étais pas la seule du tout quand j'ai eu après ma propre entreprise notamment dans le commercial enfin des ventes à l'international des films j'ai beaucoup alerté mes jeunes collaboratrices de tout ce qui pouvait se passer dans excusez-moi excusez-moi Thierry dans un festival de Cannes mais ça peut être un festival de Berlin ou Venise que des convocations dans des chambres d'hôtel ça n'est pas normal que on n'est pas obligé d'aller à minuit quelque part etc on peut refuser et que moi j'étais à l'écoute je l'avais je dois dire un peu oublié que je faisais ça mais ça m'a été rappelé post MeToo on m'a dit mais toi tu nous l'avais toujours dit et ensuite ce MeToo je crois a vraiment vraiment changé les choses parce qu'aujourd'hui certes je suis d'accord avec Iris il y a encore des zones grises il y a tout n'est pas brisé mais je crois qu'aujourd'hui il y a heureusement une prise de conscience énorme suivie d'un travail alors je ne dis pas que c'est facile et souvent ça se retourne encore contre les victimes et je l'entends tous les jours enfin pas tous les jours heureusement mais enfin régulièrement disons dans des moments où on me dira mais là elle exagère ou il exagère mais non en fait il n'y a pas d'exagération dans ces sujets-là il faut les prendre vraiment au sérieux prendre l'autre en compte et l'écouter à l'endroit où il est où elle est et je crois que là-dessus il y a encore un gros travail à faire mais ça commence effectivement je crois par ce sentiment de responsabilité que nous avons tous et toutes ici je crois que celui aujourd'hui il existe donc maintenant il faut qu'on soit soutenu aussi c'est-à-dire que plus on avance sur nos chartes sur nos propositions sur des choses qu'on a bien réfléchies bien mises en équilibre il faut qu'ensuite ça soit par vous par les pouvoirs publics par nos tutelles comme le CNC etc ce qui est le cas aujourd'hui bien bien partagé et qu'on soit soutenu dès qu'on enfin on décide aussi des choses ou on prend des actions où il ne faut pas que le backlash commence par nous quelque part enfin au disant le backlash il faut qu'il en fait qu'il n'existe plus dans l'idéal mais quand bien même que voilà nous on soit un peu accompagnés aussi sur ces questions-là mais en revanche je tiens vraiment à le dire parce que j'ai vu cette évolution-là et je crois quand même aujourd'hui il y a un espace d'écoute surtout vous avez raison je crois plus que de paroles d'écoute et des fois il faut encore aller chercher des fois il faut voir que les gens se sentent pas bien et il faut aller chercher pourquoi et essayer de comprendre ça n'est pas si évident de dire les choses ça je suis d'accord
merci vous vouliez ajouter quelque chose allez-y
oui enfin évidemment je suis totalement d'accord avec ce que dit Danila je voudrais revenir sur la question au départ et pourquoi je pense que le secteur du cinéma comme d'autres secteurs sont des secteurs qui sont dans la lumière et que la notoriété des personnalités qui sont touchées soit en tant de victimes soit en tant qu'agresseurs évidemment est beaucoup plus difficile à gérer dans la prise de parole je pense que c'est déjà difficile dans une société de tous les jours et ça l'est encore plus de mettre en lumière quelqu'un de très connu qui jusqu'à il y a encore peu de temps avait facilement des droits de réponse plus que les droits de la victime et je pense qu'il y a aussi quelque chose de très important dans notre métier c'est le rapport de pouvoir qui peut exister entre certains métiers et que probablement la peur la peur la peur pour soi la peur de ne plus travailler la peur du regard des autres dans un métier comme le cinéma évidemment a pris le dessus pendant des années et c'était juste une petite complémentarité parce que je me souviens de mes débuts et je rejoins tout ce qu'a dit Daniela mais le rapport de pouvoir est tellement fort parfois dans la hiérarchie de nos métiers que probablement qu'il a aidé à l'OMERTA et c'est ce qui change totalement aujourd'hui par tout ce qu'on met en place tous
merci merci pour ces premières réponses moi je vais commencer mes questions sur l'organisation et puis après j'aurai d'autres questions sur la mise en lumière les jurys etc mais d'abord sur l'organisation en fait vous êtes sur des lieux donc ça c'est ma première question sur l'organisation vous êtes sur des lieux où il y a des moments festifs des moments en dehors de l'organisation stricte de vos festivals ou de vos remises de prix et la question c'est comment vous gérez ces lieux en dehors et c'est sans doute pas je commence sans doute pas par la question la plus facile mais je voudrais quand même avoir votre réflexion là dessus notamment les fêtes etc vous parliez de ce qui se passe en dehors et en dehors des fêtes aussi c'est à dire ces moments par exemple où vous êtes invité dans une chambre d'hôtel on sait que par exemple c'était un des un des modes opératoires de plusieurs des personnes qui ont été ciblées par des témoignages est-ce que vous informez de manière officielle et non pas officieuse pas par le bouche à oreille mais est-ce que vous informez les personnes toutes les personnes concernées que ça n'est pas possible de donner un rendez-vous dans une chambre d'hôtel est-ce que vous mettez des salles à disposition est-ce que vous avez comme ça une véritable politique pour éviter l'enfermement d'une personne dans une situation compliquée autre question vous parliez de la promotion mais tout à l'heure vous n'avez pas précisé quel était le statut des personnes lors de cette promotion de qui dépendait-elle vous disiez que ça n'était pas de vous mais du coup de qui dépendait-elle autre chose sur l'argent public est-ce que vous avez eu des conditionnalités dans l'argent public que vous pouvez éventuellement recevoir et enfin la dernière question c'est que j'ai vu en relisant et en préparant ces auditions évidemment j'ai relu pas mal de témoignages qui étaient sortis dans la presse et il apparaît de manière assez massive que les premières réactions des personnes qui subissent des violences sont soit de se réfugier dans les toilettes soit de se réfugier auprès de personnes de leur connaissance est-ce que vous avez mis en place des dispositifs pour que dans ces lieux-là ou avec ces personnes-là il y ait la possibilité aussi de remonter des faits de violences sexistes et sexuelles merci je peux répondre écoutez pour tout ce qui est de l'organisation dans les festivals et je le mentionnais c'est effectivement très important puisque c'est le terrain où les risques sont démultipliés et c'est pour ça qu'on a mis en place des chartes avec des référents qui n'existaient pas jusqu'alors de manière à ce que les victimes potentielles puissent avoir un confident en cas de problème sur les référents vous pourriez nous préciser un tout petit peu ce que c'est ces référents est-ce qu'il y en a un pour tout le festival est-ce qu'il y en a plusieurs il y en a c'est un binôme idéalement paritaire qui est bénévole et qui garantit la confidentialité de la parole ces binômes n'ont pas vocation à prendre des décisions mais à remonter avec évidemment si la victime présumée en exprime le souhait la violence dont elle aurait été victime pour qu'on puisse ensuite prendre des mesures adaptées pour pouvoir caractériser la violence et prendre les mesures adaptées donc ça c'est un premier point le second point c'est de de vraiment sensibiliser les équipes au fait qu'on va se délocaliser qu'il y aura des problématiques lors des fêtes de dire que le droit du travail s'applique même au sein de ces soirées de ces fêtes qu'on est dans un cadre professionnel et que l'alcool ou l'invitation dans les chambres d'hôtel ne sont pas des circonstances atténuantes pour l'alcool et ne doivent pas avoir lieu pour les invitations dans les chambres d'hôtel qui a un cadre essayer de rappeler le cadre ce qui n'a pas toujours été le cas et moi je compte bien en fait avant chaque festival en réunion d'équipe rappeler ces grands principes c'est important je pense qu'il n'y a pas que des règles et le droit et les contrats et les conventions collectives bien sûr le droit est important mais ce qui est important c'est aussi de le rappeler et de sensibiliser les équipes pour établir un état d'esprit aussi quant à la conditionnalité de l'argent public reçu je pense que c'est très intéressant nous on dépend très peu du CNC on est plutôt soutenu par les collectivités territoriales mais j'ai pu échanger avec le CNC sur ces sujets là et je pense que le CNC c'est important est en train de réfléchir justement comme ils le font sur la production à la conditionnalité des aides à des critères que pourraient remplir les festivals merci merci nous les auditionnons tout à l'heure nous leur poserons la question est-ce qu'il y avait d'autres éléments de réponse oui
madame la présidente monsieur le rapporteur monsieur les députés alors deux points en ce qui nous concerne il faut je pense séparer d'une part ce que nous faisons vis-à-vis du personnel et ce que nous faisons vis-à-vis des festivaliers donc vis-à-vis du personnel comme Iris l'a rappelé nous avons un référent à l'année pour l'équipe parisienne puisqu'il faut avoir en tête qu'on a une équipe d'une trentaine de personnes on a l'année qui monte jusqu'à 80 personnes quand on quitte Paris et on passe brutalement à 1000 personnes à Cannes donc c'est pas du tout la même dimension nous avons un référent pour la période parisienne et nous passons à plus de référents pour la période cannoise puisque l'agence qui est en charge du recrutement de tous les personnels cannois est aussi fait office de référent pour ces personnels donc il y a 5 personnes dans cette agence qui sont sur ces sujets-là et je rejoins Aude sur le fait que pour le personnel la question est moins l'existence des textes de loi eux-mêmes qui sont à mon avis assez précis et clair et exhaustif que leur connaissance par le personnel et donc on multiplie les initiatives le personnel en arrivant dans les bureaux à Paris savoir mettre un document assez complet assez pratique sur différentes choses dans lesquelles l'existence des dispositions des référents des candidats adoptés est explicité on le renouvelle évidemment à Cannes puisque à Cannes c'est là que les facteurs de risque sont plus importants c'est également indiqué sur le portail auquel a accès tout le personnel donc ça c'est pour la partie du personnel et puis les formations qui se multiplient qu'on avait réservées jusque là au personnel parisien et qui sont désormais extendues au personnel cannois à partir de l'année prochaine sont évidemment une bonne manière de faire connaître les dispositifs ce qui est la clé du succès de telle procédure en ce qui concerne les festivaliers comme Iris s'est également expliqué donc il y a ce numéro de harcèlement en violence qui a été mis en place en 2018 sur lequel nous faisons une communication très large également avec ce mailing qui part à tous les festivaliers juste avant le festival avec une communication à tous les endroits du festival comme Iris le disait et dans les moindres recoins puisque oui dans les toilettes également nous avons communiqué sur ce numéro et voilà quant aux fêtes en revanche nous en organisons très peu nous directement en réalité on en organise une à deux fêtes par an avec un dispositif de sécurité ad hoc et dans lequel nous n'avons jamais eu à déplorer de débordement la majorité des fêtes en fait sont organisées par les professionnels qui viennent à Cannes mais qui ne dépendent pas directement de nous voilà et pour la conditionnalité des aides d'argent public non en l'occurrence pour l'instant il n'y a pas de conditionnalité si ça marche voilà alors en ce qui concerne les César pour la cérémonie donc nous nous avons des répétitions pendant plusieurs jours donc l'opération de la soirée c'est par définition une seule journée mais nous faisons des répétitions pendant trois jours donc pendant toute la semaine nous mettons en place plusieurs dispositifs le premier c'est qu'il y a c'est une coproduction entre les César Canal Plus et Flab qui est le producteur exécutif dépendant de Canal Plus qui est une filiale à 100% de Canal mais qui est le producteur exécutif de la soirée chacune de ces trois entités a nommé un référent en ce qui concerne ses propres employés pour cette cérémonie pour cette semaine il y a par ailleurs des flyers qui sont mis partout des kakemonos qui sont mis absolument partout dans les coulisses et tout autour de l'Olympia et pour la cérémonie elle-même et pour les invités les invités sont nominatifs c'est-à-dire que toutes les personnes il y a une traçabilité de tous les invités le soir de la cérémonie pour la place à l'Olympia mais également pour la soirée au Fouquet ce qui s'ensuit et là aussi il est plus facile de comment dire de vérifier voilà il y a une traçabilité
disons
en ce qui concerne les autres opérations puisque les Césars organisent également le broche du court-métrage le César des arrêts techniques la soirée des révélations nous avons à chaque fois un partenaire qui n'est pas forcément Canal+, qui est nos partenaires qui sont tous des partenaires privés nous ne dépendons d'aucun argent public il n'y a pas d'argent du CNC mais avec nos partenaires privés et Audiance qui est un des partenaires d'une des opérations des Césars des arrêts techniques mais nous avons élargi avec Audiance sur cette question de la prévention à tous les autres dispositifs pour qu'il y ait une cellule d'écoute organisée avec Audiance et avec d'autres partenaires pour répondre à cette question
Merci c'est bon alors allez-y
nous on a mis en place donc tout un protocole de gestion VHSS lors de nos événements donc pareil on a trois référents renforcés d'une task force avec donc trois référents Unifrance sur place plus deux référents qui sont à Paris parce que nous on a cette complexité d'être à l'étranger donc évidemment un local dédié aussi pour l'isolation de la victime accompagnement police, hôpital et autres et puis ensuite ce qui est un peu plus compliqué c'est la mise à l'écart du mis ou de la mise en cause qui n'est pas si simple parce qu'au début c'était on les renvoie direct dans l'avion mais il y a la présomption d'innocence etc donc c'est plutôt enfin il faut mettre à l'écart faire l'enquête etc et ensuite voilà voir ça dépend des pots de plainte etc mais c'est des vraies questions qu'il faut vraiment penser jusqu'au bout et on travaille avec des juristes là-dessus aussi
ok vous ne m'avez pas répondu sur la promotion monsieur Balanon
je voulais juste revenir sur pour les festivals vous organisez les festivals vous organisez des fêtes vous avez fait tout pour celles que vous organisez pour qu'elles se passent bien et puis il y a toutes les autres et toutes les autres vous nous l'avez bien vous nous l'avez bien mentionné elles sont organisées par des festivaliers d'ailleurs parfois elles ne sont pas organisées parce que c'est peut-être le concept de la fête ça commence et puis on ne pensait pas qu'on allait faire une fête et puis on fait une fête mais qu'est-ce que vous faites pour faire de la promotion sur l'usage des stupéfiants on sait que que c'est pas pendant ces moments-là qu'il y a le moins de consommation de drogue sur l'usage de l'alcool est-ce que déjà vous vous admettez ces phénomènes tout simplement que sur ces fêtes-là ce ne sont pas des fêtes où on ne boit que du pamplemousse et de l'eau gazeuse donc déjà le constat est-ce que vous l'admettez et quels sont les moyens pour vous pour éradiquer ces pratiques et surtout responsabiliser les festivaliers parce que je crois que c'est le sujet je ne doute pas que vous ayez des bonnes intentions sur ces sujets-là mais comment vous faites pour faire comprendre à des festivaliers des producteurs enfin ces producteurs ce n'est pas pour les stigmatiser j'ai dit producteurs j'aurais pu dire des acteurs des comédiennes que ces fêtes-là sont des fêtes qui sont dans un cadre et quelque part elles vous engagent aussi elles engagent aussi la responsabilité enfin la réputation des festivals ou des cérémonies que vous organisez
merci je vous laisse répondre après monsieur Elmerchel
bonjour à tous oui là vous soulevez une question importante dont peut-être que notre réponse vous décevra car souvent c'est pas seulement qu'on est impuissant c'est qu'on n'en sait rien c'est à dire qu'en effet à l'intérieur des manifestations que l'organisation contrôle bien entendu que la question de l'alcool est tout à fait sous contrôle la question des comportements nous avons les services de sécurité nous avons tout ça la question de l'avroque est encore autre chose on dit même qu'il arrive que des gens sortent de séance tout à coup quelqu'un se lève pendant un film c'est parce qu'il va aux toilettes pour se droguer bon voilà ce qu'on entend dire bon moi c'est pas du tout mon truc donc je sais pas de quoi on parle et donc il y a les fêtes extérieures en effet dont vous avez raison de dire puisqu'il y a des témoignages et qu'il y a une histoire même et qu'il y a presque une légende de la fête canoise dont on peut penser qu'en effet les débordements de tous égards étaient nombreux et pas seulement sur ces questions qui relèvent quasiment de la santé publique et de la police c'est à dire que consommer de la drogue à ce que je crois savoir est interdit bon donc c'est pour ça que je dis qu'on va vous décevoir en disant que on est assez impuissant on sait pas c'est déjà bien assez le palais des festivals est un immense un immense bâtiment plein de recoins et nous y veillons et il ne s'y passe jamais rien à notre connaissance et quand on dit à notre connaissance ça veut dire non seulement de ce qu'on pourrait savoir mais de ce qui pourrait nous être dit voilà ce que je peux vous dire de ces questions là maintenant vous soulevez une question importante la pédagogie dont on parle qui est une pédagogie que nous élargissons à tous les festivaliers et même la lettre de recommandation pour l'appeler comme ça qui est envoyée aux festivaliers elle est publique même ceux qui ne viennent pas au festival de Lecane et qui sont abonnés à notre lettre d'information sont informés de la vigilance dont nous faisons preuve à cet égard c'est de la pédagogie et vous avez raison de souligner ça peut-être qu'on doit aller plus loin que ça et que quelqu'un par exemple un accrédité qui se rend coupable de quelque chose dans une fête qui n'a rien à voir avec nous peut-être que nous pouvons prendre la décision nous de lui retirer son badge afin qu'il n'asse c'est pas dans nos règles mais pourquoi pas tout à coup on est en train de se parler bon c'est pas dans nos règles voilà ben pourquoi pas c'est pas dans nos règles non non non non mais là parce que vous connaissez la question et votre question nous oblige à y répondre pourquoi pas
monsieur Amir Chahit
merci mesdames messieurs bonjour bon le cinéma n'est pas le seul concerné par les actes crimes et délits relatifs aux violences sexistes et sexuelles la politique l'administration le monde du sport l'église il y en a bien d'autres mais voilà c'est dans le monde du cinéma qu'a commencé MeToo et donc vous êtes dans cette révolution le point de départ on sait pas jusqu'où ça va nous conduire mais le point de départ de cette révolution qui en est authentiquement une c'est chez vous et dans deux ans un peu plus de deux ans on fêtera je sais pas mais en tout cas on célébrera les dix ans de MeToo et je me demande ce que vous aurez à dire en tant que professionnel de la grande famille du cinéma et du théâtre de ce qui aura été fait ou pas fait et de ce point de vue là je veux pas du tout vous accabler parce que c'est un événement qui a pris tout le monde de court mais pas tout à fait non plus parce que lorsqu'on écoute Madame Elstner et d'autres personnes qui sont intervenues on parle de tabou absolu donc de choses qu'on savait mais qu'on ne disait pas il n'y a pas une audition dans laquelle cette chose-là ne s'est pas dite pas une seule et donc ça interroge aussi sur non pas vos responsabilités individuelles mais sur ce qu'a été votre rôle après 2017 vos déclarations vos responsabilités vos prises de position moi je ne suis pas un spécialiste de vos métiers ni des métiers de ceux que vous accompagnez que vous encadrez mais j'observe en tant qu'amoureux des arts du spectacle et du cinéma que vous avez été la main sur le frein c'était manifeste selon moi c'était manifeste je crois que je ne suis pas le seul à le ressentir je ne dis pas que vous n'avez rien fait depuis vous en avez donné quelques exemples mais fondamentalement des exemples qui ressemblent un peu aux autres dans les autres auditions alors un référent un courrier etc autant de choses qu'il faut faire pour protéger les gens les victimes potentielles pour prémunir de toute agression pour vous protéger aussi j'imagine mais au fond à quel moment la grande famille du cinéma réunie a dit a apporté un grand message unie en disant c'est terminé ça ne se repassera plus comme ça on en a conscience je ne vois pas je ne me souviens pas que la grande famille du cinéma et du théâtre vous ensemble ayez de façon forte pris des positions de nature à donner à comprendre que vous avez saisi avant même les politiques d'une certaine façon ce qui se passait parce que d'une certaine façon l'existence même de cette commission d'enquête c'était pas à Judith à Judith Gaudray je l'ai demandé particulièrement c'était peut-être à vous et c'est peut-être aussi le signe d'un échec global dans le milieu vous ne voyez pas de critique directe vous concernant individuellement je n'en suis pas là je conçois bien qu'il y a deux problèmes bien sûr c'est pareil l'artiste de l'oeuvre c'est un sujet infini bien sûr d'un côté la parole des victimes et d'autre côté la présomption d'innocence mais moi j'ai plutôt le souvenir d'avoir entendu que Johnny Depp on s'en foutait un peu j'ai entendu en 2024 en 2024 dans le Figaro je crois une interview que vous donniez monsieur Frémont je crois que c'est vous si c'est pas vous je vous prie de m'excuser on a décidé de faire un festival de Cannes sans polémique mais cette phrase même est terrible pour les personnes qui sorties de l'ombre ont eu envie de faire parler de leur situation ont demandé à ce qu'on les écoute on demande à ce qu'on les entende dire je veux un festival de Cannes sans polémique c'est silence c'est silence dans les rangs et donc c'est très violent de ce constat ma présidente me presse d'aller à ma question c'est bien vous m'avez j'en ai une j'ai une interrogation vous parlez du rendez-vous dans 2027 et au-delà de ce que nous préconiserons sur la base des recommandations du rapporteur et que vous serez amené donc à faire si ça se traduit par une disposition législative qu'est-ce que vous avez fait ou qu'est-ce que vous comptez faire ensemble vous qui vous autoproclamez la grande famille non mais c'est pas méchant qui est la grande famille du cinéma et des arts
on a des questions pour vous ne vous inquiétez pas
je vous la livre je vous la livre pour rien ensuite je voudrais bien avoir les messages dont vous avez parlé vous avez dit pour les fêtes ou pour les à chaque cérémonie on envoie des messages on voudrait bien avoir des exemplaires de ces messages si on peut en avoir et enfin dernière question qu'est-ce qui vous manque concrètement pour franchir ce pas même si ce sont des outils législatifs le cas échéant je serais bien curieux de savoir lesquels à titre de conseil
merci merci monsieur il y avait beaucoup de questions alors on vous laisse répondre allez-y monsieur Dumonté
on va essayer d'être consensuel je vis assez mal votre question et tant mieux je la vis assez mal j'ai envie de vous dire mais qu'a fait l'Assemblée Nationale pourquoi on n'a pas été dessiné avant pourquoi il faut que ça soit Julie Blodrèche qu'est-ce que vous avez fait qu'est-ce que vous avez fait nous on est comme les autres moi en 2014 en 2014 en tant que producteur j'ai défendu un spectacle qui s'appelait Chatouille j'en étais le mécène c'est devenu un film j'étais le mécène de ce spectacle pendant 4 ans avant d'en être le producteur j'ai dépensé beaucoup d'argent et j'étais extrêmement heureux extrêmement fier de ce spectacle j'ai défendu beaucoup de spectacles et on est très nombreux à avoir défendu des spectacles et des films qui à mon sens ont participé à cette sensibilisation je m'inscris en faux je m'inscris en faux à croire que nous serions totalement vermoulus non non mais je préfère vous le dire je m'inscris totalement en faux et je considère que nous sommes une caisse de résonance avec beaucoup d'aspects positifs à cette résonance parce que les comportements des agresseurs quand ils ont été chez nous et quand ils ont été dénoncés ça a permis de sensibiliser beaucoup la société nous avons accompagné peut-être pas assez bien pourquoi pas mais je ne crois pas à la fiction de la famille du cinéma ou du théâtre ça n'existe pas on est des entités qui essayons de faire progresser progresser si si vous reprenez c'est une fiction c'est une fiction ça n'existe pas la famille c'est comme si je parlais de la famille politique y a-t-il une famille politique de la classe politique alors parlons-en
mais en fait là c'est pas le sujet non non mais c'est intéressant
parce qu'il faut il faut quand même chasser ces fantasmes qu'on chevauche par moments donc je m'inscris assez en faux sans doute on n'en fait pas assez mais je crois que nous vivons parce qu'il faudrait être aveugle pour se dire que tout va extrêmement bien mais nous avons vécu une révolution très profonde avec des événements très heureux comme la sensibilisation des jeunes générations dans nos entreprises dans nos festivals dans nos associations les jeunes femmes sont totalement épidermiques et pas une jeune femme qui a 25 ans ou 30 ans aujourd'hui ne supporterait ce qui était supporté ne serait-ce qu'il y a 10 ans donc cette sensibilisation elle est très fortement en marche et je pense que nos secteurs sont assez angardistes donc je m'inscris un peu en faux sur votre mise en cause en revanche si c'est un appel à ce qu'on aille plus loin et plus fort tant mieux et vous avez raison de nous aiguillonner et donc on saura reprendre mais je pense qu'on ne fait pas partie du problème on est au contraire des éléments de réponse au problème
merci pour cette réponse monsieur Erwan Balanant
mais je ne suis pas
on va continuer
oui merci parce que cet échange est assez révélateur en fait du point où nous sommes parce qu'on va tous pouvoir se rapporter ce qu'on a fait ce qu'on n'a pas fait vous avez juste dit qu'avez-vous fait les politiques vous avez un code du travail aujourd'hui le code du travail il ne date pas d'hier le code du travail tel qu'il est aujourd'hui tel qu'il existe pour toutes les entreprises alors c'est justement un des sujets de notre commission d'enquête est-ce qu'il est suffisamment adapté à vos milieux mais aujourd'hui on a vu qu'il n'est pas toujours respecté dans votre milieu vous savez en 2000 dans le nôtre peut-être oui mais bon dès 2017 l'Assemblée nationale avait avant même me too au même moment était sur la législation et on a créé l'outrage sexiste et sexuel qui n'existait pas etc etc donc je crois qu'il faut qu'on travaille effectivement vous avez raison collectivement le problème du cinéma qui n'est pas son problème qui est ce qu'il est c'est qu'il est le reflet de notre société il est le reflet et le miroir de la société donc c'est en ça que vous avez une part de responsabilité aussi pour passer d'un monde où se sont produits des faits délictuels criminels graves dans une certaine omerta à un cinéma qui est un cinéma prescripteur d'un certain nombre de enfin d'être un cinéma qui est en réalité rôle modèle de notre société et sur ce sujet qu'est-ce que vous faites aujourd'hui et qu'est-ce que vous pouvez faire parce que effectivement la question par exemple sur la présence de Johnny Depp en 2023 c'est un vrai sujet moi j'adore le festival de Cannes depuis mon enfance et en 2023 j'ai été choqué sur la présence de Johnny Depp donc sur Johnny Depp est-ce que vous pouvez nous expliquer vous l'avez déjà fait mais est-ce que vous pouvez l'expliquer ici dans cette commission d'enquête
ok merci monsieur Frémont
oui d'abord je voudrais vous préciser monsieur qu'il faudrait regarder l'interview en entier je n'ai pas dit que ce serait un festival de Cannes sans polémique et encore moins au regard de ce que vous laissez supposer que ça signifierait c'était parce qu'on était en pleine polémique d'une prétendue liste de personnalités qui étaient des violeurs et j'étais sous le feu de questions sur ce qui se passerait et je disais que de notre point de vue du point de vue du festival et précisément au regard de ce que l'année précédente il y avait eu Johnny Depp à l'ouverture nous ferions en sorte qu'il n'y ait pas polémique qui vienne de nous donc confondons pas exactement ce que j'ai pu dire et ce que vous m'attribuez comme quoi je ne regarderai rien que je ne voulais pas et que je bafoue la parole d'éventuelles personnes qui feraient polémique en parlant ça n'est évidemment pas notre intention c'est ça que j'ai compris pardonnez-moi
sur le fond
alors sur le fond là on rentre aussi dans des questions assez fondamentales ça a été dit sur l'éveil des consciences et sur la manière dont ce métier évolue d'abord je veux redire que la révolution MeToo commence à l'automne 2017 et que le festival de Cannes intervient pour ce qui nous concerne dès le mois de mai suivant et nous organisons cette prise de parole elle a eu lieu elle a eu lieu la présidente du jury de cette année là Gaëte Blanchette ainsi qu'Agnès Varda comme grande pionnière de la question de la présence des femmes dans le monde du cinéma et puis 82 personnes 82 femmes pourquoi parce que seulement 82 réalisatrices avaient été sélectionnées en compétition dans l'histoire du festival face à des centaines et des centaines de garçons donc ce sont des choses que nous avons pris assumées et sur lesquelles nous nous sommes volontiers exposées pour dire une situation d'abord une situation qui nous précédait de loin alors sur Johnny Depp en 2023 bon je vais pas vous raconter nos cuisines mais il y a un film d'ouverture qui est sélectionné chaque année et il se trouve que ce film là était candidat le film de Maïwen Dubari et avec en effet Johnny Depp nous voyons le film nous réfléchissons collectivement nous soumettons la sélection de ce film nous l'annonçons le film ne soulève aucune aucune et j'ai eu une autre parole malheureuse je mets les guillemets c'est que un jour j'ai dit que moi je m'intéressais pas du tout à la question de Johnny Depp en effet j'aurais pas dû dire ça comme ça puisque c'était une affaire privée et au moment où nous sélections notre film le procès de Johnny Depp et de son ex-femme date d'il y a plus d'un an et en effet ça n'est pas dans nos dans nos esprits pas plus qu'on ne savait qu'il y avait eu un problème entre la réalisatrice et un organe de presse qui nous est aussi revenu en boomerang dès lors que le film a été annoncé alors est-ce qu'on le ferait aujourd'hui ?
sans doute pas sans doute pas pour de nombreuses raisons mais sans doute pas pour ne pas prêter précisément puisqu'on s'est pris une pétition d'emblée dont de notre point de vue vous comprendrez qu'on l'a trouvé excessive mais qui sur le fond était vrai ça donnait le sentiment que nous valorisions un artiste qui avait été donc sans doute qu'on ne le ferait pas je veux juste revenir sur le moment où on le fait et Dieu sait que d'une certaine façon et tout ça n'est pas grave mais on en a été très très critiqué donc l'explication elle est technique elle est organisationnelle et aujourd'hui oui sans doute qu'on ne le ferait pas il y aura d'autres exemples qui vont nous venir
enfin là dessus juste une précision c'est que il venait enfin le procès d'Epp Amber Heard était quand même emblématique emblématique
oui mais il datait d'un an donc en fait
oui mais enfin il y avait quand même quelque chose de l'ordre de l'emblème et du symbole qui était extrêmement fort et ça vous ne pouviez pas l'ignorer avant la nomination et la montée sur scène moi j'aurais d'autres questions pardon parce que
mais puis je vous interromps en vous disant que ça aussi c'est une règle et c'est un des discussions qu'il faut que nous ayons précisément qu'est-ce qu'on peut puisque en effet Johnny Depp n'était l'objet d'aucune procédure juridique le film est sorti Johnny Depp il y avait de la publicité
il a été condamné il a été condamné par les tribunaux anglais par exemple
oui sur une attaque en information par rapport à la presse mais ça n'a rien à voir avec le sujet et tout
ah si si il a été condamné en Angleterre il a été condamné en Angleterre
une première fois
oui mais voilà moi je parce que j'entends que vous enfin soyons clairs nous ne nous ne considérons pas que le sujet est simple nous considérons en revanche et je pense pouvoir utiliser le nous que vous avez une responsabilité immense et peut-être d'ailleurs bien plus grande en fait que vos la manière dont vous disposez de le gérer c'est à dire qu'en fait c'est sans doute quelque chose vous dépasse dans ce moment là ça je n'en doute pas par contre évidemment votre responsabilité est grande donc j'avais par exemple une question moi sur un monsieur Dumonté c'est que par exemple Philippe Cobert Philippe Cobert 2022 c'est pas 2000 c'est pas 2000 c'est pas 2001 ou 2003 c'est 2022 Philippe Cobert donc qu'est-ce que par exemple comment vous agissez vis-à-vis de cela dans la situation d'un Philippe Cobert
pardonnez-moi je ne comprends pas votre question sur Philippe Cobert peut-être que le sujet est que vous ne la compreniez pas non non madame ben non mais non mais qu'est-ce que vous voulez dire par là est-ce qu'il faut excommunier Philippe Cobert c'est ça c'est ça votre la question ça n'est pas
de l'excommunication c'est comment vous gérez une situation comme celle-ci une personne qui est accusée comment vous la gérez comment vous gérez les choses
non mais moi je attendez à quel titre je veux dire je ne suis pas le producteur de Philippe Cobert je ne produis pas ses spectacles je ne comprends pas quelle est votre question
vous lui avez mais de même que Polanski au festival de Cannes vous avez remis un prix
absolument pas absolument pas vos informations c'est pour ça d'où ma surprise s'il vous plaît
sur le seul en scène
non non mais
c'est moi qui me trompe alors
ah oui ou alors c'est moi qui fais preuve seul en scène en 2020
ah non il a été nommé il a été nommé pardon il a été nommé il n'a pas eu le prix
voilà
donc comment vous gérez cette chose là justement
comment je gère ça enfin il n'a pas eu le prix enfin je gère Philippe Cobert à ce moment là et si vous voulez si on rentre sur de l'anominème c'est extrêmement gênant et je pense que c'est pas l'objet de rentrer sur des cas particuliers parce que je ne connais pas assez le cas de Philippe Cobert mais il me semble à ce moment là qu'il a eu une procédure judiciaire et qu'il a été qu'il aurait été pardonnez moi parce que je ne connais pas le cas assez qu'il aurait été la vie de tout soupçon donc soit je me trompe complètement et merci de m'éclairer mais vous pensiez vous même en ayant préparé cette audition qu'il avait eu le prix il ne l'a pas eu donc à mes yeux à ce moment là Philippe Cobert a été lavé de tout soupçon je me trompe peut-être vraiment j'utilise le conditionnel j'ai à gérer quoi si quelqu'un qui a été lavé de tout soupçon et il y a un vote d'une académie des Molières de 3500 personnes parce que nous ne sommes pas dans le cadre d'un festival comme à Cannes où c'est un jury là c'est la profession qui vote donc si monsieur Cobert a été lavé de tout soupçon je ne connais pas la décision judiciaire je ne connais pas assez son dossier qu'on soit bien clair mais s'il a été lavé de tout soupçon s'il est nommé par ses pairs qu'est-ce que vous attendez de moi d'accord donc c'est ça mais non non je vous pose la question madame la présidente madame la présidente à ma connaissance à ce moment là il aurait été lavé de tout soupçon par une décision judiciaire j'utilise vraiment le conditionnel
ok sur l'état actuel
de mes connaissances mais on peut regarder tout de suite sur google et on va avoir tout de suite des informations qui permettront de détailler nos propos
monsieur Erwann Man
oui bon moi je pense que souvent rien ne sert de pleurer sur le lait renversé et peut-être tournons-nous vers la suite parce que moi c'est un des vrais sujets c'est-à-dire sur cette responsabilité que vous avez comment vous pouvez vous faire en sorte de d'accélérer ce mouvement de faire la promotion alors c'est des choix éditoriaux mais que vous avez de faire la promotion de films qui sont entre guillemets vertueux de films qui font la promotion d'un certain nombre de nos valeurs ça ne veut pas dire qu'ils ne le font pas pour ceux qui ont parfois déjà été sélectionnés mais quels sont les leviers là-dessus et quelle est votre volonté quelque part je vais être grandiloquent de changer ce monde
qui souhaite répondre qui souhaite répondre alors je précise pour monsieur cobert avant de vous redonner la réponse qu'en 2020 l'affaire avait été classée sans suite ce qui ne veut pas dire la vie de tout soupçon je le répète qu'en 2021 Solveig à loin a été condamné pour diffamation qu'en 2024 Mediapart révèle que la police a mené une enquête à charge contre la plaignante et qu'en 2023-2024 donc actuellement il est mis en examen pour abus sexuels sur mine qui souhaite répondre à monsieur Erwann Balanon
je me permets pour qu'on soit très clair de bien dire que donc en 2022 deux procédures judiciaires étaient intervenues et qu'en 2022 ils n'étaient pas encore sous le coup d'une nouvelle procédure judiciaire parce que vous parlez de 2023-2024 si votre question c'est de dire et pardon d'être un peu iconoclaste mais on est au coeur du sujet au fond on est au coeur du sujet quelqu'un a été accusé la justice a rendu des décisions à deux reprises ça ne veut pas dire effectivement qu'il est lavé de tout soupçon le classement sans suite ça peut être effectivement pour des questions de prescription ou d'insuffisance bon que fait-on c'est une question c'est une question très fondamentale c'est la question très fondamentale est-ce qu'on se substitue à la justice vraiment c'est pour poser les choses est-ce qu'on se substitue à la justice et on dit que définitivement nous tranchons nous tranchons et nous piétinons les droits de quelqu'un y compris de quelqu'un qui peut être un agresseur mais ce n'a pas été prouvé et que nous l'excommunions donc de notre profession ou est-ce qu'on considère et effectivement ce n'est pas exemplaire par rapport au combat que vous menez mais c'est une vraie question de présomption d'innocence et d'état de droit est-ce que nous considérons que cette personne n'ayant pas été condamnée mérite toujours de participer à notre métier c'est une vraie question madame
et est-ce que aujourd'hui compte tenu des nouvelles mises en examen vous l'accepteriez dans les nommés
je n'en sais rien à l'instant non mais madame très bien j'entends vos réponses non mais je peux jouer à la vertu et vous dire qu'on le condamnerait mais moi je ne fais pas je ne fais pas une réponse à nominem sur une personne en particulier et je pense que nous nous dévoyons nous nous dévoyons nous nous dévoyons quand nous jouons ce jeu là et vous le savez bien madame
alors non je ne sais pas que nous nous dévoyons je pense qu'au contraire précisément parce que ce sont des remises de prix et donc de la mise en évidence en valeur en lumière une reconnaissance du métier une reconnaissance de non pas la famille puisque j'ai entendu votre remarque sur le fait que ça n'était pas la famille mais vous parlez depuis tout à l'heure vous avez plusieurs fois utilisé le terme excommunier donc de la religion puisque tel est le sujet et bien c'est quand même la question de la représentation et monsieur Sobelman l'a bien dit c'est à dire comment on fait pour ce qu'on veut mettre en valeur ou ne pas mettre en valeur les personnes à quel moment on s'arrête à quel moment on recommande et parce que vous savez que c'est un des éléments importants pour que la parole se libère pour que les personnes aient confiance pour qu'elles ne soient pas la mesure les objets de rétorsion ou de mesure contre elle d'invisibilisation d'omerta etc et ces moments là sont des moments importants sont des moments très importants donc comment on fait pour gérer monsieur Erwan Balanant et je vous laisse la parole juste après
oui c'est le sens de ma question si on veut aller après c'est comment on fait pour justement avoir un monde de la culture qui c'est déjà le fait sur beaucoup d'aspects puisque dans le monde de la culture il y a quand même la promotion d'un certain nombre de nos idéaux démocratiques et heureusement mais comment on fait pour aujourd'hui éviter des films qui posent problème parce qu'il y en a encore aujourd'hui je peux vous citer des exemples de films que j'ai vus encore récemment qui moi en les voyant me dit mais comment c'est possible et on posera la question peut-être au CNC comment on fait tout simplement pour faire en sorte que le monde de la culture change dans ce rapport à l'omerta comme le dit madame la présidente pour que des victimes mais aussi des témoins et le courage de témoigner est-ce que vous vous estimez que vous avez une responsabilité sur par exemple votre programmation et est-ce qu'on pourrait pas imaginer une programmation une année du festival de Cannes qui soit complètement sur cette idée de libérer la parole au moment pourquoi pas des 10 ans de MeToo c'est évidemment des exemples un peu lancés en l'air comme ça mais je crois que vous avez et c'est tant mieux peut-être un pouvoir incroyable c'est-à-dire que vous êtes prescripteur et comment vous faites pour que ces prescriptions soient des prescriptions qui participent au changement de paradigme sur ces questions-là
monsieur Dumonté puisque merci
madame la présidente oui nous avons une responsabilité et nous devons l'assumer et je peux vous parler que de ce que je connais je vais vous parler des Molières dans la liste des remettants l'année dernière Caroline Vigneault présentait la cérémonie et Caroline Vigneault a décidé d'écarter des personnes qu'elle soupçonnait à tort ou à raison qu'importe d'être susceptible d'avoir eu des comportements déplacés et nous l'avons fait c'est vraiment une décision que nous avons prise ensemble et j'ai appelé parce qu'il s'agissait d'acteurs au pluriel j'ai appelé les acteurs concernés pour leur dire qu'ils ne remettraient pas un prix donc si vous voulez mais ça c'est un travail assez invisible et elle pourrait vous le confirmer Caroline Vigneault c'est un travail assez invisible qu'on ne va pas répandre sur les toits parce que je le répète quand il s'agit de décision ad nominem je n'ai pas envie de jeter en pâture des noms donc lors de la cérémonie des Molières très régulièrement et très spontanément de ma part nous avons décidé de donner la parole à un certain nombre d'associations féministes pour qu'elles puissent s'exprimer et notamment sur la création parce que dans le monde du cinéma le monde du cinéma est assez en avance par rapport au monde du théâtre parce que le monde du théâtre c'est une économie beaucoup plus modeste les Molières c'est un salarié et demi ça fera halluciner tout le monde autour de cette table c'est un salarié et demi donc ça donne la proportion des choses si vous voulez et dans les théâtres c'est des toutes dans le théâtre privé moi je suis un producteur de théâtre privé les hâtres privés c'est des toutes petites équipes donc beaucoup moins structurées et lors des Molières j'ai incité à des prises de parole pour qu'effectivement nous créions dans chacune de nos structures des références sur les violentes sexuelles donc si vous voulez j'espère que nous le faisons tous ce travail nous ne le négligeons pas et nous posons des mesures fortes mais ces mesures fortes effectivement c'est pas pour moi jeté en pâture des noms et les personnes qui ont été l'année dernière recalées alors qu'on les avait pressenties pour remettre des prix nous ne l'avons pas expliqué publiquement
merci qui souhaite intervenir allez-y monsieur Frémont
oui d'abord je crois qu'il faudrait qu'on se redise à nous tous et à nous-mêmes que nous pensons sans doute les mêmes choses sur ces questions-là et qu'il n'y a pas vous avez dit vous-même à la présidence dans une précédente audition que vous étiez la présidente d'une commission et pas d'un tribunal et donc je crois qu'il est important que nous redisions qu'ici si nous sommes tous là c'est pour contribuer à la progression des mêmes combats des mêmes choses et des mêmes et des mêmes et des mêmes idées dire également que oui nous faisons nous dans l'action culturelle publique vous faites vous dans l'action politique publique et que de ce point de vue-là aussi nous souhaitons contribuons là où nous sommes chacun à changer le monde et il se trouve que le cinéma le théâtre aussi la littérature aussi le cinéma en tout cas c'est notre conviction contribue à rendre le monde meilleur et le festival de Cannes spécialement par les films qu'il peut montrer par les films qui peuvent être récompensés aide à voir le monde d'une manière différente alors à votre question c'était quoi c'était comment faisons-nous pour pour en juger un peu finalement bon donc il y a des il y a des comités de sélection et en effet on est tous des cinéphiles on va dire et je mets les guillemets des intellectuels de la question on se pose ces questions-là en effet pas seulement d'ailleurs sur la question de la représentation des violences sexistes et sexuelles mais de la violence en général de la représentation de l'histoire de la représentation de la diversité de la diversité géographique de la diversité à tous égards et le festival de Cannes et c'est tout à fait vérifié dans les statistiques fait en sorte de par exemple ne pas donner une seule vision du monde qui serait celle du monde occidental en gros dans un dialogue Europe-Hollywood puisque c'est à ça bien souvent qu'on résume le cinéma non il y a un cinéma d'Afrique du nord de l'ouest et maintenant un cinéma d'Afrique de l'est il y a un cinéma asiatique un cinéma latino-américain etc je rentre pas dans les détails mais en tout cas oui nous faisons en sorte de dire au monde des choses quand les oeuvres sont là j'en prends et en effet j'en prends pour exemple un film qui a été montré l'année dernière à Cannes avec beaucoup de succès qui sort avec beaucoup de succès qui a eu des prix dont le personnage principal est un personnage et une personne transgenre sans doute que sur la question du regard porté sur cette partie-là de l'humanité le film a contribué contribue à améliorer l'image qu'on peut qu'on peut en avoir donc oui on peut l'avoir alors après on n'est pas non plus à l'époque de monsieur Danoff à vouloir absolument que l'art soit au service d'une vision du monde et il arrive parfois que nous-mêmes au regard de ce qui nous est également soumis comme film il arrive qu'on soit qu'on soit qu'on soit toujours complètement juste dans nos choix ça a pu arriver y compris des choses qu'on rède d'ailleurs on le paye en général immédiatement bon mais je voudrais aussi dire que comme ça a été dit par monsieur Dumontet par exemple dans la la cérémonie qui a suivi la révolution MeToo dans la cérémonie de 2018 nous avons invité pour remettre un prix une des personnes qui avait été l'une des fères de lance de de cette révolution MeToo c'était une façon de lui donner la parole sans contrôle évidemment du moindre discours donc chaque fois là où nous sommes que nous pouvons agir et je ne dis pas ça pour me faire pardonner je mets aussi des guillemets la présence de Johnny Depp dans un film d'ouverture mais il y a là quelque chose qui doit être jugé à chaque fois sur une demi-décennie ou sur une décennie c'est à dire en quoi nos manifestations culturelles contribuent à à faire ce que vous dites et avec quoi je suis parfaitement d'accord nous sommes parfaitement d'accord changer le monde en tout cas en faire un monde d'ailleurs l'art est destiné à ça
merci monsieur Erwan Balanant après moi j'ai d'autres questions
c'est bon vous avez parlé de justement des cérémonies et des discours qui peuvent être faits bon généralement vous les contrôlez pas vous donnez des cartes blanches à Cannes ok au Molière on sait qu'il y a eu une polémique parce que ça a été relaté par la presse alors excusez-moi on va croire que moi qui aime le théâtre je suis un peu mais il y a eu une polémique sur en 2022 l'association MeToo Théâtre était invité à s'exprimer et vous avez visiblement revu le texte alors je crois avoir votre réponse parce que c'est tout simplement parce qu'il y avait des faits des personnes nommées qui étaient nommées et c'est ça que vous avez souhaité retirer c'est pas du tout je veux avoir une confirmation succinctement vous racontez la genèse j'ai pris personnellement contact avec la représentante de MeToo Théâtre j'ai pris nous nous sommes rencontrés dans mon bureau à deux reprises il était convenu qu'elle appellerait j'en parlais à l'instant à la création de cellules au sein des théâtres et c'était la meilleure expression possible lors de la cérémonie des Molières puisqu'il y a beaucoup de directeurs de théâtre présents à la création de cellules pour recueillir la parole des victimes je lui avais demandé que ça ne soit pas ad nominem puisque cette personne donc est dans une cadre d'une affaire judiciaire avec quelqu'un de la comédie française parce qu'il me semblait que ce n'était pas la place de dévoiler une affaire d'ordre privé même si ça a une dimension évidemment publique et la personne a rencontré ensuite à deux reprises mon délégué général c'était à nouveau confirmé et elle nous a envoyé son texte qui démarrait ainsi j'ai été violée par un membre de la comédie française et elle citait le nom et ça il me semblait que ce n'était pas la place et ce n'était pas nos accords et je répète et c'est important pour vous parce que c'est une initiative dont j'étais heureux que c'est moi qui ai pris contact avec cette personne pour qu'elle prenne la parole voilà cette affaire cette affaire avait été largement dévoilée dans la presse et traitée par la presse voilà et ce soir-là pardon une association féminine avait pris le relais féministe voilà
en fait là la question qui occupe nos débats depuis maintenant plusieurs semaines d'audition c'est les rapports de pouvoir dans le monde du cinéma et en fait c'est un milieu qui est particulièrement difficile de ce point de vue-là qui est particulièrement à risque de ce point de vue-là le nôtre aussi la politique aussi de la même manière parce qu'en fait on est face à ah j'étais encore oubliée excuse-moi alors je termine ma question je te donne la parole avant la réponse comme ça tu auras la possibilité donc c'est un monde de rapports de pouvoir et un monde de rapports de pouvoir où les personnes qui ont du pouvoir ont presque aussi une capacité de vie ou de mort sur d'autres personnes qui seraient plus fragiles ou plus vulnérables dans le métier en tous les cas c'est comme ça que plusieurs fois on nous a évoqué la difficulté à parler puisque si vous êtes en situation de vulnérabilité économique si vous êtes moins connu que la personne que ce soit homme ou femme d'ailleurs si vous avez une carrière débutante ou une carrière plus fragile et bien vous dépendez complètement d'un effet de réputation dans le milieu qui évidemment peut être mis à mal par un témoignage et on l'a vu quand Adèle Haenel par exemple quitte le cinéma moi je trouve que c'est un aveu d'échec énorme mais énorme de son parcours et de la manière dont le cinéma a sans doute réagi à sa parole et en fait derrière cela j'interroge les structures de pouvoir que par la loi nous pourrions éventuellement faire évoluer pour qu'il n'y ait pas ce différentiel trop important et donc dans ce cadre là je m'interroge sur comment dans vos structures vous pensez cela et comment vous voyez les évolutions législatives possibles ou les évolutions tout court d'ailleurs pour modifier les rapports de pouvoir et faire en sorte qu'une personne qui soit accusée n'ait pas droit de vie ou de mort sur une autre personne avant de vous donner la réponse pour la parole et parce que je l'ai oublié deux fois et mes excuses chères pour Amir Chahi je te donne la parole
merci mais en fait je vais appuyer ce que vous dit ce que vient de dire la présidente j'ai bien précisé tout à l'heure que tous les milieux le sport la politique et d'autres étaient concernés donc il ne fallait pas me renvoyer la balle monsieur Dumontet d'autant que ce n'est pas l'objet et vous avez raison monsieur Frébault de rappeler que ce n'est pas un tribunal mais c'est une commission d'enquête et dans l'enquête c'est-à-dire qu'on essaie de comprendre avec les acteurs avec la société qui vient à l'Assemblée ce qui selon vous a manqué et lorsque la présidente évoque par exemple l'arrêt de carrière cinématographique de Adèle Haenel c'est un des exemples il y en a d'autres j'en ai cité des exemples donc la question c'est de quelle façon vous avez réfléchi à ces grands loupés j'en ai cité un c'est le sentiment de ne pas avoir entendu de messages puissants de la part des grandes institutions et les grands moments du cinéma et du théâtre pour dire nous avons compris maintenant c'est terminé il y aura un avant et un après j'ai ce sentiment peut-être qu'il est infondé mais en tout cas je voulais vous je réitère ma question mais comme la présidente vient de le redire en gros c'est qu'est-ce qu'il vous manquerait désormais à un épargne moment de ce que vous pouvez faire ici ou là avec des dispositions particulières qu'est-ce qu'il vous manque désormais pour pouvoir agir et donner ce message qui à mon avis n'a pas été porté par les grandes institutions du cinéma en tout cas pas assez je ne dis pas encore une fois il n'y a pas d'attaque à nominem ni de mise en cause de vos institutions mais il y a quand même ce sentiment d'avoir raté une révolution et quand on rate une révolution en général on ne s'en remet pas
merci alors vos réponses monsieur Sobelman
oui je ne sais pas si c'est une réponse je vais tenter une petite explication d'abord la grande famille du cinéma moi personnellement ça fait longtemps que je travaille dans le cinéma je ne sais pas trop ce que c'est la grande famille du cinéma ensuite il faut et je pense que vous l'avez vu depuis le début de votre commission d'enquête c'est que les situations sont extrêmement diversifiées depuis l'écriture d'un scénario jusqu'à l'exposition la dernière exposition du film dans un festival à l'étranger organisé par Annie France les situations et les des situations dans lesquelles on est confronté sont extrêmement diverses même si le sujet est un sujet unique ce sont les violences des VHSS mais en même temps elles se passent à des moments extrêmement différents suivant qu'il y a ou pas un lien de subordination suivant ou pas que l'affaire a lieu au moment de l'événement ou à dehors il y a plein de situations différentes et également historiques c'est à dire qu'à un moment donné nous on s'est rendu compte par exemple à l'académie qu'il y avait à arbitrer où était le curseur entre la nécessaire croyance de la parole des plaignantes et la présomption d'innocence voilà pardon
plutôt que la croyance mais le respect de la parole et l'instruction
le respect et donc le curseur était placé à différents endroits pour plein de personnes c'était très très ça demandait ça demandait un temps et par exemple au César on a pris ce temps là pour essayer de voir où était l'équilibre entre tout ça moi je pense que l'une des solutions que nous avons à l'académie je ne sais pas si elle est bonne c'est de dire que plus elle sera féminisée moins il y aura de problèmes parce que la question du pouvoir aujourd'hui n'est pas n'est pas sans lien évidemment avec toutes les questions qui ont à voir avec le patriarcat avec la domination masculine telle qu'elle c'est et telle qu'elle c'est personnellement je le pense d'autres ne le pensent pas mais en même temps je ne dis pas qu'on a féminisé enfin qu'on a disons favorisé la parité des membres de l'académie hommes-femmes pour cette seule raison là mais je pense que ça sera une des conséquences de cette féminisation
c'est une dimension importante mais non suffisante bien sûr
et par ailleurs
les femmes ne sont pas toutes non plus nous avons toutes et tous des exemples en tête M. Erwann ah pardon Mme Esner et M. Erwann
je crois que il y a récemment le groupe Respect qui a beaucoup travaillé les dernières semaines enfin les derniers mois surtout sur toutes ces questions parce que je crois que c'est là où on voit bien on est 3-4 associations autour de ces tables et c'est très compliqué en fait de se baser sur quelque chose parce que nous on a nos mille membres on a un comité directeur qui doit décider des choses d'autres associations ont autre chose donc je crois que notre complexité aujourd'hui de pouvoir dire ben communement on dit voilà ce qu'on va faire c'est enfin franchement presque impossible si on n'y travaille pas et je pense quand même aussi au CNC sur ces questions là avec une vraie responsabilité de nous donner à nous c'est ce que je disais tout à l'heure il faut qu'on soit soutenu pour que quand on dit ben c'est ça en fait le Respect par exemple propose cette oeuvre collective qui si on a fait ça et ça et ça ben on peut quand même aller le promouvoir alors pas forcément avec la personne qui est en cause effectivement on ne va pas l'envoyer à droite à gauche mais l'oeuvre n'est pas punie c'est une vraie question c'est-à-dire est-ce qu'on doit punir l'oeuvre parce qu'il y a eu là en l'occurrence par exemple à quelque chose sur le tournage qui a été traité donc là la question de respect c'est non si ça a été traité si on dit on peut quand même continuer à promouvoir l'oeuvre à le sélectionner en festival etc quelle est la mise en cause d'un article dans la presse d'un ou d'une réalisateur sur avec aucune plainte par exemple quelle est notre responsabilité là-dessus est-ce qu'on dit c'est fini ben c'est compliqué parce qu'on commence par là c'est pour ça que je le dis et communement on n'a pas de réponse là-dessus peut-être aussi
peut-on juste poser une chose à ce stade de la réflexion c'est que ce qui sort dans la presse peut-être n'a pas pu être traité en interne des instances cinématographiques diverses avant de sortir dans la presse en tous les cas c'est ben enfin il faut quand même se le poser cette question pourquoi ça sort dans la presse parce que je pense que ça n'arrange en fait personne que ça sorte dans la presse il faut quand même se dire ça donc si ça sort dans la presse peut-être est-ce le résultat d'une succession soit d'échecs soit d'impasses soit de sentiments d'inefficacité des dispositifs qui font qu'à la fin finalement ce qui reste encore le plus efficace ce serait un article dans la presse donc c'est pour cela aussi qu'il y a une forme de responsabilité j'entends que vous dodelinez de la tête pour montrer votre désaccord vraiment pour nous qui sommes ici en train d'organiser cette commission d'enquête nous essayons de enfin nous parlons évidemment avec beaucoup de victimes
juste la presse elle adore dire beaucoup de choses vous le savez bien mais enfin bon
ces victimes par exemple refusent de venir ici publiquement tellement elles ont peur elles sont terrorisées donc en fait il y a quand même un sujet où est-ce que cette parole peut-elle être posée comment et comment elle peut être instruite correctement
tout à fait mais je crois quand même on ne peut pas nier justement le fait qu'on n'est pas d'accord sur le titre de la grande famille du cinéma il y a 40 ans peut-être non mais il y a 40 ans enfin 30 ans voire 20 ans quand j'ai commencé on aurait peut-être dit oui oui c'est une grande famille aujourd'hui on ne le dit plus et je trouve ça très très bénéfique parce qu'une famille on sait ce que ça pose comme problème donc aujourd'hui on se voit plus là-dedans donc moi pour moi c'est un avantage aujourd'hui mais effectivement je crois que la vraie question elle est dans ce déséquilibre néanmoins je vraiment je le vois au quotidien alors peut-être mais je le vois surtout parce que nous on a vraiment on a tout le monde tout le temps constamment je crois quand même il y a une vraie prise de conscience il faut aussi le dire parce que si on continue publiquement de dire qu'il n'y en a pas les victimes vont encore moins oser sortir et je crois vraiment il faut dire que c'est pas assez mais il y en a eu il y en a merci
nous ne doutons pas de la prise de conscience nous doutons de son ampleur monsieur Erwann Balanant et après
je peux juste très rapidement la réponse est non parce que c'est de ma faute j'ai employé le terme de grand ami donc je vais le retirer pour la troisième fois pour vous dire ça m'est venu moi je suis un ancien travailleur social et il se trouve qu'effectivement la famille quand j'avais des dévoilements de situation c'était pas le plus joli donc je comprends
la famille est le premier lieu
de violence exactement
donc c'est peut-être pas anodin qu'on parle de grandes faibles
voilà et en même temps donc permettez-moi de constater juste la chose suivante monsieur Balanant et madame Rousseau ont convoqué pour cette réunion toutes les parties prenantes de ce que je n'ai pas appelé la famille d'accord les scénaristes les scénaristes les producteurs les techniciens les assureurs les réalisateurs etc je vous ai donc demandé la chose suivante vous qui à vos endroits respectifs incarnez ces grands mouvements de création dans toute la chaîne de création qu'avez-vous dit comme message fort et puissant dans le cadre de cette révolution c'était ma seule question mais je la reposerai par écrit de façon plus précise pas de problème
merci monsieur Erwan Balanant et moi j'avais quand même ma question sur les rapports de pouvoir sur lesquels j'aimerais bien que vous répondiez allez-y
rapidement on est là quand même au coeur d'une vraie question parce que pour reprendre ce que vous avez dit sur les propositions du groupe respect vous votre travail vous tous c'est de récompenser des films donc récompenser des films récompenser les sélectionner évidemment et puis ensuite les récompenser et la question qui est une question légitime est une question qu'elle je n'ai pas de réponse à titre personnel complète c'est quel type de film on récompense est-ce qu'on récompense un film sur lequel il s'est passé quelque chose de grave mais c'est un chef d'oeuvre ça peut arriver c'est ça qui est terrible aussi dans ce dans ce dans ce dans ce que vous faites c'est que des gens qui ont parfois des attitudes terribles peuvent créer des chefs d'oeuvre c'est un vrai problème c'est le problème qui est soulevé par Geneviève Cellier sur le culte de l'auteur dans notre pays sur lequel on a peut-être été trop loin je vais trop loin je vais revenir plus pragmatiquement est-ce que concrètement vous aujourd'hui un film qui sort que vous estimez être un film qui d'un point de vue esthétique politique a le mérite d'être récompensé mais dans lequel vous savez que il s'est créé il s'est produit un fait délictueux voire criminel mais qui a été bien traité vous voyez ce que je veux dire vous voyez un peu les étages est-ce que vous le sélectionnez aujourd'hui encore est-ce que vous le primez encore c'est une question et j'ai pas de réponse parce que comme vous dites madame si ça a été bien fait si les procédures ont été bien faites pour traiter et si les victimes ont été aussi bien traitées c'est une vraie question
alors qui souhaite répondre à ça monsieur sobelmanet après monsieur Dupont oui
je réponds à ça à deux endroits la première c'est parce que au César nous ne sélectionnons pas les films nous prenons tous les films qui sortent et ensuite ce sont les membres les votants voilà donc nous ce que faisons simplement c'est que si une personne est mise en examen au moment où il serait nommé il ne sera pas mis en lumière il ne viendra pas chercher son César nous avons fait cette décision mais le groupe Respect qui a fait un travail considérable a parlé de cette histoire de films abîmés et de certification c'est à dire que si effectivement un film c'est une oeuvre collective c'est un travail collectif qui engage des centaines de personnes qui les pensent qui les fabriquent et qui les montrent à un moment donné est-ce que le fait que alors évidemment ce n'est pas tout à fait la même chose si c'est le réalisateur l'acteur principal ou d'autres collaborateurs ce n'est pas la même chose parce que le film n'est pas abîmé de la même façon mais pour autant il y a des centaines de personnes qui ont travaillé il y a des considérations économiques qui rentrent en compte et morales qui rentrent en compte et je trouve que ce qu'a fait Respect de créer cette certification pour les films abîmés à partir du moment où tout ce qui pouvait être fait a été fait est une mesure qui prend en compte la dimension dont vous parlez
il y avait monsieur Dumonté qui avait une réponse
oui mais juste sur cette question parce que c'est important la certification qu'elle propose et c'est très bien c'est juste le respect de la loi c'est oui mais certifier quelque chose qui respecte la loi vous voyez qu'on se retrouve dans des situations qui peuvent être un peu complexes
déjà on respecte la loi
oui mais justement non mais elles ont et elles proposent et c'est très bien elles ont fait un travail remarquable juste le respect de la loi alors il y avait
monsieur Sobelman monsieur Dumonté et après on passe à une dernière salve de questions
oui c'était juste pour signaler que c'est un sujet éminemment complexe vous avez parlé madame la présidente du rapport de pouvoir c'est évident qu'il y a des rapports de pouvoir totalement disproportionnés et qu'une personne peut tenir une pièce une personne peut tenir un film et que une personne que c'est une réputation donc vous avez totalement raison dès qu'il y a des jeux de pouvoir quel que soit le milieu que ce soit dans l'église que ce soit dans la politique que ce soit dans l'entreprise il est évident qu'il y a un décalage total total entre la puissance absolue de quelqu'un et des gens en plus précaires dans notre métier parce que ce sont des intermittents la plupart du temps donc pas protégés c'est à dire qu'ils ne pourront pas retrouver du travail donc là vous avez éminemment raison sur ce décalage là où c'est éminemment complexe et c'est ça que je voulais apporter à votre réflexion quand on a parlé de monsieur Polanski c'est pas par rapport à des dérapages qui s'étaient produits sur le tournage c'était pas pendant la réalisation du film c'était surtout son background c'est totalement différent quand vous parlez de Johnny Depp c'est pas pour des problèmes qui auraient été rencontrés sur le tournage de Barry c'est pour une affaire d'ordre privé d'ordre privé avec son ancienne compagne qui a été jugé donc je n'utiliserai pas le terme excommunier vous avez bien raison je vais utiliser le terme écarté mais que fait-on que fait-on dans un cas comme ça et si vous avez une position tranchée et limpide et très simple je suis heureux et je serai heureux qu'on y réfléchisse tous mais la polémique qu'il y a eu autour de monsieur Polanski c'était pas du tout sur le film en lui-même et la plupart des polémiques qui se tiennent c'est pas sur des films mais c'est parfois sur des comportements d'ordre privé dans la sphère privée d'acteurs et donc là ça pose éminemment des problèmes parce que c'est un travail collectif c'est un travail collectif et est-ce que on décide effectivement de ruiner tout un travail collectif je pose la question vraiment
je voudrais juste faire une petite insise sur votre sémantique parce qu'en effet écarté ça peut même être temporaire le terme écarté peut être temporaire alors que le terme excommuné
je l'ai corrigé immédiatement
non mais ça n'est pas rien laver tout soupçon excommuné vous voyez en fait il y a aussi de notre point de vue à nous une prise de conscience qui se mesure précisément aux mots qui sont utilisés pour traiter ces affaires dont on a extrêmement conscience du fait qu'elles sont toutes très compliquées toutes très compliquées il n'y a pas de solution simple dans cette
mais je ne voudrais pas je ne voudrais pas que sur un élément de langage vous en teniez des conclusions et pardon non non non je n'aimerais pas ça parce que ce serait contrevenir à titre personnel tout ce que je fais j'ai eu la chance il y a très longtemps madame de vous accueillir pour jouer je crois les monologues du vagin au théâtre libre donc vous voyez j'ai décidé de faire les monologues du vagin et je vous avais invité et à l'époque madame non mais et madame et madame à l'époque vous n'étiez pas représentante de notre pays donc je vous avais invité parce que j'avais été éminemment choqué par par la la maltraitance que vous aviez subie dans une émission de télévision voilà donc mes engagements que ce soit à partir de 2014 bien avant mitou autour de chatouille sur les monologues du vagin sur la série je ne serai pas arrivé la scie avec Julie Gaillet et Judith Henry sur des grandes paroles de femmes sur le spectacle que je fais en ce moment sur l'avortement qui s'appelle l'interruption depuis deux ans ne mérite pas d'être balayée par juste une petite question sémantique qui ne traduit pas contrairement au petit procès sous-jacent que je sens venir qui ne traduit juste une maladresse et pas un propos de fond d'accord je suis heureux de vous le dire
mais vous vous justifiez à chaque fois que vous produisez des spectacles et des pièces de théâtre et c'est très bien mais on sent quand même qu'il y a un truc sur les situations très concrètes que vous participiez à la bataille culturelle j'ai envie de la poser comme ça c'est sans doute très maladroit de ma part de représentations différentes de la parole des femmes de mise en scène des évolutions sociétales qui sont en cours quelque part ça je l'entends et je vous en donne acte il n'y a aucun problème après la question c'est quand on rentre dans le dur de situations très concrètes moi je voudrais juste vous interroger et alors pardon parce que peut-être cela va-t-il vous paraître très frontal mais telle est ma mission sans doute je je je souhaiterais vous interroger sur vos positions de pouvoir à vous parce qu'en fait la question est vous avez quand même un pouvoir énorme dans les positions dans lesquelles vous êtes est-ce que vous avez est-ce que vous avez conscience de ce pouvoir c'est-à-dire votre nomination les voies de votre nomination les voies de votre maintien les mandats que vous avez est-ce que vous avez conscience du fait que c'est en soi un pouvoir qui du coup vous donne aussi une responsabilité tout aussi grande que le pouvoir que vous avez
alors je me permets de prendre la parole on en a d'autant plus conscience que quand on décide de retirer de la lumière un nommé dont on apprend en cours de route qu'il pourrait être mis en examen ou en tous les cas qu'il est impliqué dans une affaire on va bien au-delà de ce que la loi nous demande et pour un jeune acteur pour qui être dans cette liste dans cette préliste des révélations est si importante pour sa carrière future quand on lui enlève cette lumière c'est une décision très dure pour nous alors elle est prise dans un premier temps dans l'urgence avec la responsabilité qui est la nôtre et derrière de déclencher un groupe de parole en rencontrant des associations et des gens pour nous aider nous éclairer parce que c'est pas parce que nous sommes à nos postes que nous sommes plus éclairés que d'autres on est obligé de s'entourer et de faire voter par la chambre des représentants pour que ça soit dans le règlement et d'avancer sur les chartes dont on est plusieurs à mettre ça en place ça veut dire qu'on va au-delà grâce à nos responsabilités nous faisons avancer nos structures avec nos responsabilités donc je pense que oui on en a plus que conscience avec les risques que ça comprend de casser une carrière des deux côtés
je vous remercie madame Esbert oui en effet effectivement ça fait absolument partie du pouvoir les violences sexuelles les sexistes effectivement relèvent du pouvoir et de l'exercice du pouvoir en général donc il faut se remettre en question en permanence sur ces sujets là on a du pouvoir sur nos équipes on a du pouvoir sur les films que l'on sélectionne et on doit être à ce titre exemplaire et essayer de multiplier je pense les contre-pouvoirs de manière à ce que l'équipe puisse avoir une parole libre y compris en dehors de la direction sans avoir peur de sanctions il faut que un festival ne peut pas devenir un tribunal et ne doit pas se substituer à la justice mais en revanche on a un devoir d'exemplarité qui me paraît important et quand on invite un hommagé un membre enfin un artiste et qu'on lui qu'on met de la lumière sur un festival il bénéficie autant de l'image du festival que nous bénéficions de son image et on doit se poser des questions morales qui ne sont pas nécessairement et incompatibles avec des décisions de justice donc je pense qu'on a vraiment un rôle à jouer chacun c'est pas quelque chose de collectif puisque c'est vraiment une question qui va se poser au cas par cas mais on a un rôle à jouer une révolution ça ne se fait pas en un jour pour répondre à la question qui a été posée la libération de la parole ça ne se décrète pas mais on doit pouvoir mettre en place les dispositifs qui permettront cette libération de la parole merci beaucoup madame Knobl
non je crois que le festival de Cannes est très conscient de son pouvoir et c'est aussi intéressant de voir comment le festival l'institution évolue et que des sélections qu'on avait fait peut-être il y a quelques années on le regarderait très différemment ou autrement aujourd'hui et je crois ça c'est important c'est important qu'on évolue avec le temps et qu'on prend les responsabilités qui sont à prendre d'un point de vue d'aujourd'hui et qu'on accepte avec tous les éléments et les points de vue qu'on a aujourd'hui qu'on peut être on ne ferait pas la même chose et on se pose toujours les questions vraiment est-ce que le festival de Cannes est vraiment créé sur la valeur de l'humanité et de le respect et ça c'est notre ligne directrice dans le choix des oeuvres dans tout ce qu'on fait mais c'est clair que le regard change avec le temps et c'est important mais je le ressens très fort et on est très conscient de notre responsabilité
je vous remercie beaucoup est-ce que vous avez une dernière question monsieur le rapporteur
et après on en remercie une question c'est qu'en réalité je ne sais pas si c'est nous qui pouvons complètement vous aider je crois que la réponse n'a pas été complètement faite c'est comment par vos sélections vous pouvez être prescripteur d'une nouvelle façon de faire du cinéma et d'une nouvelle façon de voir le monde mais c'est compliqué l'audition l'a bien démontré et vous l'avez dit madame Esber une révolution ça ne se fait pas en un jour une révolution ça coupe souvent beaucoup de têtes et on a déjà eu beaucoup des victimes je crois donc peut-être essayons de la conduire assez doucement cette révolution mais sûrement et de façon extrêmement déterminée vous, nous et tout cet écosystème qui souffre aussi de cette image détériorée donc moi la question dernière question que je vous pose c'est est-ce que dans les réflexions que vous vous êtes faites et que vous pouvez avoir d'ici la conclusion de nos enfin d'ici les conclusions de notre mission et des propositions que nous allons faire est-ce que vous voyez des angles morts législatifs des choses qui vous aideraient parce que par exemple la question de j'imagine quand vous voyez une liste noire arriver une liste noire avec comme cet été c'était au printemps une soi-disant liste avec une liste et que cette liste elle n'est pas sortie au bout du compte mais ça fait planer quelque chose d'extrêmement dur sur ces sujets-là est-ce qu'il y a des moyens de vous aider aussi enfin voilà nous n'hésitez pas à nous donner c'est ma conclusion pour ces questions des propositions d'angle mort législatif que vous voyez pour pas nous refaire après le reproche de ne pas avoir fait voilà de ne pas avoir évolué dans les évolutions nécessaires oui prescripteur nous le sommes nous le sommes et nous avons conscience de l'être et donc nous veillons à ce que nous prescrivons à travers les films qui sont choisis encore une fois entre eux dans ce dialogue permanent de fond et de forme de contenu et d'art mes prescripteurs nous le sommes ensuite ce que vous dites vous avez raison comment pouvez-vous nous aider au fond tout ce dont on parle aujourd'hui c'est qu'il n'y a pas de règles donc nous nous faisons nous-mêmes nos règles avec des appréciations parfois judicieuses et parfois qui ne le sont pas et donc vous imaginez bien que nous parlons entre nous au sein de nos organisations mais même entre nous en général de ce que tiens j'aurais pas fait ça bon parce que il n'y a pas grave et en l'occurrence pour ce qui est de nos métiers qui consiste à montrer des films bon nous venons nous au festival de Cannes puisque la l'ouverture des inscriptions vient d'être faite nous venons de rajouter deux lignes c'est à dire que chaque production s'engage à ce que le film présenté ait été produit fabriqué dans des conditions de respect de la sécurité des personnes etc c'est une phrase qui n'existait pas
bon
et on ira même d'ailleurs ensuite plus loin pour les films sélectionnés donc on trouve tous un peu nos et je reviens à nos manières et je reviens à votre question monsieur qui est au fond peut-être qu'on peut le décider faire un acte un discours puisque vous ne l'avez pas entendu on l'a tous fait mais visiblement pas assez vous ne l'avez pas entendu le monde de la culture et du cinéma se remet en cause on est convaincu que ça a bougé et en effet il vaut mieux parler de l'avenir que du passé parce que d'abord le passé on a quasiment tous la même manière de l'apercevoir et sans oublier les victimes bien sûr et même sans oublier ce qu'on ignore qu'elles l'ont été parce que l'histoire du cinéma c'est un autre sujet sur la question de la place des réalisatrices dans l'histoire du cinéma mais il y a peut-être quelque chose à quoi nous pouvons réfléchir si vous avez le sentiment que nos milieux du cinéma du théâtre par la présence de Jean-Marc ici mais n'ont pas marqué assez sensiblement voire fortement les convictions qui sont les nôtres sans doute devons-nous y réfléchir avec tout ce qu'on a tenté de vous dire c'est qu'on fait des métiers complexes avec des situations qui à chaque fois sont complexes et délicates et sur lesquelles en général on légifère de manière spontanée et en urgence mais c'est peut-être quelque chose que cet après-midi peut nous apporter c'est-à-dire nous inciter à nous revoir sans vous ou avec vous et de décider puisque nous sommes en début de saison d'une certaine façon de décider de marquer un peu plus ça nous le festival local on en a tout à fait l'intention dans nos règlements il y a des choses qui ne figuraient pas qui figurent désormais
merci beaucoup pour vos réponses je terminerai juste par une phrase qui est sur les suffragettes parce qu'elles ont gagné et on ne le sait pas suffisamment grâce notamment à l'aide discrète mais solide des suffragettes ce qu'on a appelé les suffragentes c'est-à-dire des hommes de pouvoir qui les ont aidés à gagner le droit de vote et qu'en fait peut-être qu'il n'y a pas de révolution féministe qui n'aboutisse s'il n'y a pas des complicités bienveillantes dans les organes de pouvoir vous en êtes et j'espère que vous serez ces accompagnants bienveillants merci à vous tous et toutes merci