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interviewBLAST (sur YouTube)· 2 août 2025 32 min

FUIR POUR SURVIVRE : ET SI C'ÉTAIT VOUS ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue dans Doc Doc Doc. Je vais commencer comme le rat de bibliothèque que j'ai été avec une citation de Victor Hugo qui dans les contemplation écrivait "Ah un sensé qui croit que je ne suis pas toi !" Cette phrase est un remède à l'indifférence qui ronge notre époque parce qu'on les voit les Retaillot, les Bardella qui par cynisme choisissent leur stratégie des yeux secs.

On les voit sortir des graphiques des choses qui font sérieux pour éviter toute identification. On les voit parler d'immigration. souffler sur les mêmes vieilles braises qui attisent la peur de l'autre comme un réflexe.

Ce que je veux dire, c'est que les clandestins ne sont pas les bienvenus en France de la façon la plus ferme et la plus définitive. Un pays, c'est des frontières, c'est-à-dire un dedans et un dehors. Mais c'est même plus de la peur d'ailleurs.

L'autre n'existe plus. On se met pas à sa place. On ne se demande jamais ce que ça nous ferait de quitter notre terre, notre langue, notre culture pour aller tenter l'avenir ailleurs.

La déchirurelle, le danger, l'inconnu que ça représente. À quel point on devrait soutenir ceux qui tentent cet odysée au lieu de les désigner comme des coupables, des menaces. Mais pour ça, il faudrait soutenir leur regard et raconter leur histoire.

Ce que tous les éditocrates éviteront soigneusement pour continuer de ne pas offenser la main qui les nourrit. Ils iront toujours dans le sens des préjugés qui triomphe en tête des sondages. La France fait sa part.

Mais il faut ce message d'universalisme. Moi, je ne suis pas indifférent et nous devons être humain accueillir en particulier ce qui fuit des conflits. Mais on doit aussi être rigoureux parce que on a un modèle social qui est généreux et on peut pas accueillir toute la misère du monde.

Alors comme ça on peut pas accueillir toute la misère du monde ? C'est pas une question de pouvoir ou non. Moralement on le doit c'est tout.

Parce que les épreuves qu'il traversent pour atteindre nos rivages doivent être considérées et honorées. Ça devrait être notre preuve d'humanité et de solidarité la plus évidente. Je veux donner à ressentir à travers trois films ce que ça signifie l'exil.

Démasquer l'indignité des discours qui humilient les exilés quand ils sont des exemples de courage et plus profondément reconnaître en eux des semblables des frères. renverser le récit avec des récits. Comment on se construit quand on hérite d'une mémoire qu'on ignore, quand on est de la seconde génération ?

Comment porter le deuil d'une terre qu'on a jamais connu ailleurs que sur les vieilles photos ? Comment comprendre la poésie d'une langue que nos parents parlaient et pas nous ? Comment renouer avec ce fil ?

Ces derniers temps, on a entendu parler du concept de créolisation, le fait que nos identités nationales seraient en réalité composé de bien des horizons différents. Notre âme est composée d'ailleurs. Ce premier film, c'est l'histoire d'une fille née à Paris qui sonde les souvenirs de sa mère.

Cette dernière a quitté les rives du lac de Tibériade en Palestine pour devenir actrice. Le film s'appelle Bye bye Tibériade de Lina Soalem et il est disponible sur Je suis née à Paris. Ma mère m'a transmis sa langue à moitié.

Elle m'a transmis un bout de langue. Quand j'étais petite, elle m'emmenait passer tous les étés dans son village palestinienna. Ce village, elle l'a quitté il y a plus de 30 ans pour réaliser son rêve de devenir comédienne.

Elle m'a jamais parlé de son départ. À chaque fois que je la questionne sur son histoire, elle me répète : "N'ouvre pas les douleurs du passé." Les enfants veulent briser les silence, entendre le passé et les poèmes qu'ils contiennent, raviver les douleurs d'une blessure originelle pour tisser le lien avec ce nom dit qu'ils ressentent, cette part d'eux même qu'ils ignorent.

L'exil porte en lui une amnésie qui rejaillit sur les générations suivantes. Les images d'hier se superposent sans cesse à celle d'aujourd'hui. [Musique] En me filmant, mon père m'inscrit dans l'histoire des femmes de ma famille.

Derrière ces images de l'enfance se cache la réalité d'un lieu menacé de disparaître à tout moment. Ces images sont le trésor de ma mémoire que je ne veux pas laisser échapper. Je sais qu'elle risque elle aussi de tomber dans l'oubli.

Quand on parle de doc, depuis suffisamment longtemps, on voit des ponts entre eux. Ce sont toujours des images pour lutter contre l'oubli. Une superstition ancienne disait que la photographie volait un peu de l'âme de ceux qui y sont représentés.

Il y a cette prétention de mémoire et d'éternité. Se dire que si les gens meurent, les endroits disparaissent, on gardera leur trac dans l'éternel présent d'une pellicule. Dans les films de famille, il y a ça aussi.

Inscriir, se dire "Ça a été, on lutte contre la disparition des témoins et des lieux. On réunit les racines dispersées. Je les vois erré de village en village à la recherche d'un refuge.

Arrivé à la frontière avec le Léban, il s'arrête. [Musique] C'est là que Ali apprend que sa fille est née Hosney est déjà de l'autre côté en Syrie et veut la suivre mais son mari refuse. Tout ce qui a été perdu en 1948 lorsque la famille est expulsée de Tibériade, quand les aïeux ont eu le destin brisé et que celui de leur descendant a commencé dans une rupture originelle.

Une vie d'exode étrange, enquête d'une nouvelle terre hospitalière et d'un nouveau départ. Les expulsés ont dû tout recommencer dans la perte totale du monde qu'il connaissaiit. Ce chagrin fonde leur nouvelle vie.

Les questions restent sans réponse face à l'absurde de l'histoire. Leur sol s'est dérobé sous leurs pieds. Il a fallu survivre.

Hosni est inconsolable. Jour et nuit, il interpelle dépassant au bord de la route. Avez-vous vu, mes vaches ?

Avez-vous vu mon âne ? J'entends l'écho de cette question posée au monde encore aujourd'hui. Avez-vous vu mes vaches, mon âne, ma vie ?

Hosn perd la raison et meurt de chagrin. Em se retrouve seul. Il a huit enfants et une machine à coudre pour les faire vivre.

Ça vous guettete dans les silences, les deuils que vous ne comprenez pas, dans les poèmes de sa mère que cette fille découvre, les sons évaporés, les musique douce, les anciennes caresses qui dormaient dans les mots, tout ce qu'on ne dit pas et l'origine des larmes, la nostalgie des bonheurs d'avant les destins brisés. Quand une famille entière est morte, une première fois, on ne se remet jamais des blessures de ce passé. التي عرفتها عندما كنت اعيش في طبريه فمنذ 50 عاما لم تطا قدمي هذه البلده وتغيرت الحياه منذك الحين ليس في طبريه فقط وانما في جميع انحاء البلاد [Musique] نادى الانجليزيون وامرونا بترك بيوتنا بحجه ان اليهود كانوا قد اعلنوا الحرب على الفلسطينيين [Musique] وسوف Les mémoires sont en ruine.

Les filles de trois générations tentent d'en revisiter les vestiges, les souvenirs ressassés sur les vagues du lac, les généalogies interrompues, il s'agit de transmission. Les anecdotes, même celles qui font rire aux éclats, deviennent des temps retrouvés, des mystères résolus. On efface la distance entre elles et leur passé car la douleur affleure dans un appel à la grand-mère laissé au pays.

À quoi ressemble ce monde dont le regard des vieux est ené ? Eux qui ont connu une guerre qui éclata alors qu'ils n'avaient pas 16 ans. Les drames qu'ils contiennent et dont leurs enfants n'ont pas aidé mais gardent la douleur.

L'armée britannique l'escorte vertriade. Elle a à peine le temps de retrouver sa famille qu'ils sont aussitôt expulsés de la ville. Nmat ne sait pas encore que les choses ont changé pour toujours. [Musique] Elle ne verra plus jamais la maison de son enfance.

Malgré le destin qui s'acharne, Nat n'abandonne pas son rêve. Elle réussit à devenir institutrice. Elles reviennent sur les lieux du passé et dans les appartements vidé souvenir.

Les murs sont bien souvent indifférents au destin qu'ils abritent. Celle qui part aura toujours ce doute. Elle voulait être actrice, connaître une autre vie, quitter les siens, sa grand-mère.

Elle retrouve des vieilles photos dans des boîtes, des bracelets mystérieux, des objets qui la relient assez disparu. Mais les exilés au fond portent toujours la culpabilité du départ. À quel âge tu m'as amené la première fois ?

Et pourquoi cette arm pas venue à Paris pour ma naissance ? La mère tente de rétablir le lien avec ses aïux à la naissance d'un enfant. C'est comme une réconciliation avec la famille.

Peut-être qu'il y a quelque chose qui nous relie plus fort à nos parents quand on le devient à notre tour, quand on ne rêve plus d'être une page blanche, mais une continuation, quand on n'est plus seul comme dans l'enfance ou la jeunesse, quand on prend conscience aussi de l'époque, du chaos qui nous entoure. Sa mère a eu le courage du retour après avoir eu celui du départ. Elle doit aller au bout d'une forme de deuil.

Le mari de ma tante Bina est très patriote. Sa famille aussi s'est réfugié à Darhan. Ils sont originaires d'un village qui s'appelle Shajara dont ils ont été expulsés en 48. [Musique] Chajara se situait à 14 km de Tibériade.

Le village est aujourd'hui détruit. Arrive un moment de l'existence où on s'aperçoit qu'on ne connaît pas forcément le monde de ses parents. On entend la jeune Lina en voie off le découvrir, tentant de comprendre et de résoudre les mystères dans le regard de sa mère.

Au fond, on s'arrête jamais vraiment pour regarder nos mères. On ne les voit que par rapport à nous. Les découvrir comme des femmes qui existent hors de nous, leurs enfants, c'est également l'objet de ce film.

Sa mère a été celle qui a rompu et la continuité. Les mariages qui réunissent la famille et les villages entiers, l'ombre des terres dont ils ont été expulsés, plane sur les images des grandes fêtes. Un pays disparu sonne aussi la fin de l'unité des familles qui y vivaient.

Les militaires et les contrôles routiers pèsent sur la vie des villes. Le pays natal devient inhospitalier même pour ceux qui ont toutes leurs attaches. C'est l'origine de l'exil.

Cette respiration qu'on espérera plus facile ailleurs. C'est aussi une histoire d'émancipation pour échapper au patriarcat et au dessins tout tracé. Tout m'étouffé.

Même les gens que j'aimais m'étouffaient. [Musique] [Musique] On parlait pas avec tes sœurs ? Avec mes sœurs, j'ai l'impression que on n jamais parlé vraiment de mes choix.

Et vous avez jamais parlé de ton travail d'actrice ? En rigolant, pour se moquer ou pour me dire pourquoi tu as fait ça ? Le malaise sur les images, le regard triste et perdu de cette femme qui cherchait sa liberté, si différente de ses sœurs et des conventions auxquelles elle ne se pliait pas.

Elle commettait le crime de préférer son métier à sa famille, s'exiler pour tenter de s'appartenir. Mais toujours cette mère portera la trace de sa rupture, le déchirement de son envol. Ma mère a choisi de partir.

Je suis née de ce départ, de cette rupture entre deux mondes. [Musique] Elle me dit quand on s'envole, ça fait mal à ce qu'on quitte et à soi-même. Il y a toujours déchirement.

Je me demande si on parvient à se retrouver pleinement dans un monde qu'on s'est inventé. C'est dur de retrouver son unité et sa cohérence quand on a tout quitté. Peut-être que c'est avoir le courage d'échapper à sa condition aussi, à tout ce qui nous empêchait.

Les exilés tentent d'atteindre ce qu'ils rêvent de devenir et de chasser les démons de leur histoire. Ils doivent s'inventer un récit dans le monde et en eux avant de se reconstituer peut-être dans le regard de leurs enfants et trouver enfin la force des retrouvailles et la nostalgie des anciens parfums. Parfois, un film fait vivre une expérience.

Il nous fait ressentir immédiatement une réalité que l'on contemple habituellement de loin. On entend parler des migrants qui s'entassent sur des canaux de fortune pour traverser la Méditerranée. On voit les politiques qui jouent les gros bras qui ferment leur frontières pour s'attirer à bon compte les faveurs de leurs opinions publiques.

Parfois, la photo d'un enfant mort sur nos rivages nous réveille quelques jours mais jamais davantage. Mais les images d'un film, on les reçoit, on les ressent. C'est ce qui fait la force du cinéma documentaire.

On dit souvent qu'il a une valeur pédagogique. C'est vrai, on y apprend des choses. Mais plus profondément, je dirais qu'il a valeur de souvenirs.

Et quand on a saisi grâce à lui une part de réalité, il devient intime et personnel comme une part de nous. C'est ce que j'ai éprouvé en découvrant ce film Sav Souls de Jean-Baptiste Bonnet. Il est visible en salle et il est magnifique.

Il fait le pari du temps long et de l'image nu sans commentaire. Alors la distance est abolie et le spectateur devient témoin à bord du bateau. Au début, on scrute l'horizon et il n'y a rien.

On voit des gens se relayer aux jumelles, interroger le silence et les éclats de lumière qui saintillissent sur la mer. La tension monte doucement dans l'appréhension de l'inconnu et des périls qui s'annoncent. [Musique] Liban leave us alone.

We are international waters are. Le bateau des gardes-caes et sa sirène hostile s'élève malgré la protection des eaux internationales. Il s'approche comme une menace étrange, presque absurde.

Cette scène dit notre monde à la fois terrible et hubuesque où on tire sur ceux qui tentent de porter secours. Devant ce moment, on songe à la flottie de la liberté et à toute notre réalité qui fonctionne à l'envers. [Musique] Thank you.

No one noing. You are safe if you follow our order. C'est pour ça qu'ils ont embarqué sur ce bateau, pour recueillir ces gens en péril sur leurs canaux à moitié dégonflés, mettre fin au moins temporairement à une forme de chaos.

On devine l'angoisse et l'attente de ceux qui dérivaient. Les activistes sont là pour les traiter avec considération, leur rendre leur dignité. Songer à ce qu'il y a dans ces mots porter secours et à quel point il est rare de voir des gens se montrer à la hauteur de ça.

Il serait jamais arrivé ser jamais arrivé et la plupart du temps, c'est comme ça. [Musique] On voit ici pourquoi c'est un scandale, pourquoi il se noie dans la mer, ils embarquent sur des bateaux qui coulent et ils meurent dans l'indifférence du monde entier. Beaucoup n'arrivent pas au bout de leur périple et le pire est que nos gouvernements, bien souvent s'en félicitent implicitement.

C'est ça la réalité effective du racisme. C'est pas une opinion, c'est une indifférence criminelle et une condamnation à mort. Prétendre que ces gens doivent rentrer chez eux, c'est nier toute la force du désespoir qui les a incité à partir. [Musique] Ok [Musique] sur le bateau qui les sauve.

On demande leur nom au naufragés, leur histoire en détail. On les soigne, on fait attention à eux à hauteur d'hommes et de femmes. On leur rend leur mots en même temps que toute leur intégrité.

Sans doute, il y aura-t-il des bonnes âmes pour me dire que c'est trompeur, que ça sert à rien, que c'est une goutte d'eau qui règle rien, à un problème généralisé, mais ce n'est qu'un prétexte à la résignation, à la lâcheté. Les lâches brandissent tous le même slogan, ce bouclier de bonne conscience où il est écrit "On peut rien y faire." Unage dit pourtant que sauver une vie, c'est sauver l'humanité entière. اه رجعوا رجعوا الحمد لله احنا عدينا من على الصراحه اللي بيفعش عندك [Musique] dans leurs mots la violence et l'horreur sont audibles.

On entend les autorités qui n'ont pas de limite. Ces dangers qui les guettent partout, les passeurs qui les dépouillent ou les flics corrompus qui les arrêtent, les prisons qui les torturent. Leur voyage est jalonné de traumatisme.

Au fil du film qui avance et de leur confiance qui grandit, leurs paroles se libèrent comme si en parlant à l'équipage, ils prenaient la mesure de ce qu'ils ont vécu. How many how long did you pass in in Libya? We are more than one year more than one year.

Yeah. This time they don't like us. They can even take us to walk.

We work for them. They will not pay us. What?

They will not pay us. Work for them. They will not pay us rather beat us with our life.

Niggeria. Ce monde là ne fait pas la une des journaux. Pourtant, la vraie insécurité, ce sont eux qui la subissent.

On les maltraite, on les bat, on les insulte et on ne les paye pas quand ils travaillent. Souvent, ils meurent. Je vois le réconfort de cet homme qui dit qu'il est heureux de se sentir enfin en sécurité.

Ce que nous tenons pour acquis du bon côté de nos frontières. Tout est survie dans ce que cet homme décrit. un rapport au réel qui ressemble à un cauchemar dont il cherche à s'échapper. [Musique] والله هرب قريب اليوم قريب اليوم اقسم بالله العظيم ما تقدرش تطلع تطلع ممكن تبقىاني عايزين عايزين The Doc est fort de ces témoignages toutes ces embûches dont il réchappent de peu pour prétendre à leur avenir ils ont vu l'humain dans ce qu'il pouvait avoir de pire sur le bateau. ont la place de sépcher.

Il s'agit de sauver aussi les âmes comme le dit le titre Sver Souls. It was only you and your mother. No more.

One person but the person is not alive. They also killed him. Yes.

Oh my kill my mother. They killed your mother. Plus loin, ce jeune homme dira même qu'ils ont violé sa mère sous ses yeux.

On discerne la sidération dans la voie de son interlocuteur. On est confronté à l'inconcevable. Mais il a vécu ça, traverser ça.

J'en viens à me demander comment il tient encore debout. Ce genre de chos arri là de notre vivant et dans notre présent qui crée des martyres. Être terre d'asile, ça serait incarné une forme de rédemption, de consolation et d'espoir.

L'idéal est noble. Dommage qu'on l'onore si mal. بعمل بعمل دواليب بعمل مطابخ بعمل سراير بعمل اي حاجه عندي ورشه حتى عندي ورشه في مصر وش انا في مصر سبتها لان الدنيا في مصر الجو نام السيسي مشاريع وطرق وكباري ودمرنا الصراحه دمرنا 30 سنه الصغار دول على كبار وانت هتجيب هتجيب كمان 30 سنه وعندهم سنتين ثلاثه دلوقتي ولا عندهم مثلا خمس سجيب انت تكمل كمان 30 سنه اللي انت عامله كده هتجيبك المجهود ده كله ilagur odysée douloureuse est tout entière tournée versieux plus cléments où ils pourront vieillir en paix est-ce qu'à leur place j'aurai le courage d'aller tout recommencer ailleurs dans les limb Et sur ce bateau, ce film permet d'entrevoir un peu de leur passé et un peu de leurs rêve.

C'est sans doute un répi avant le mauvais accueil qui leur sera fait en accostant. Je crois pas que le cinéma soit fait de genre qui ne communique pas. Parfois la fiction pose un regard si implacable sur la réalité qu'elle la met en lumière avec la même force qu'un documentaire.

Elle est rare cette prise de conscience qui sonne comme un coup de point, mais il faut lui rendre hommage quand on la rencontre. C'est ce que j'ai ressenti en découvrant le film L'histoire de Suleiman. de Boris Lchkin.

Ce paris-là, c'est celui qu'on connaît et qu'on ne voit jamais au cinéma. Celui des métros, des RER, celui des livreurs Uber, de cette lutte des classes incarnées dans nos rues, ceux qui livrent les repas et les autres qui les bouffent. Et ces gens qui viennent de loin exploités jusqu'à la moelle pour servir des victoilles aux bourgeois.

Ceux-là n'ont même plus l'énergie de sortir de chez eux et briser leurs bulles pour se confronter au monde dont ils profitent pourtant. Après leur traversée, les migrants tombent souvent dans les griffes de nouveaux rquêteurs. Ils vont payer pour louer un compte Uber à un usurier d'un nouveau genre.

Il profitera de leur absence de papier pour soutirer une bonne partie de leur salaire. C'est cette corruption généralisée qu'on découvre. Ce business sur le dos des plus nécessiteux, ceux qui n'auront aucun moyen de protester ni de se défendre.

Le vrai visage de lubérisation. Encore ce problème à la con. S'il te plaît Emmanuel, il y a moyen que tu me pay aujourd'h s'il te plaît.

Déjà combien tu as fait là ? Là je suis à 253. 253 c'est minable.

Non il faut bosser bosser boss. Moi je bosse. Tuas pas me dit faut charbonner frérot.

Je t'ai donné le compte pour que tu travailles. Il faut travailler. Il faut travailler frérot.

On n'est pas venu en Europe pour jouer. Ce film raconte une course pour la survie, pour avoir le droit d'être là, pour récupérer et même des droits qui devraient être des évidences. Après le cauchemar de l'oppression dans leur pays d'origine, ils connaissent celui plus insidieux d'une administration qui les exclut.

C'est une existence de funambule au-dessus du précipice. Au moindre accro, même à Odin. Souleiman risque de tout perdre.

L'erreur n'est pas permise car elle devient immédiatement une question de vie ou de mort. C'est l'illustration parfaite de la précarité. Mais attends, comment ça te demande tu me dis c'est pas un problème.

Comment ça c'est pas un problème ? Au pays, il y a sa mère malade à la charge de cet homme au téléphone à qui il doit envoyer de l'argent pour payer son traitement. Et c'est là qu'on réalise et ses semblables se retrouvent pris au piège d'un système organisé, mafieux, un capitalisme sans règle.

Ils deviennent des travailleurs corvéables à merci sans recours. Des esclaves modernes dont les revenus sont là pour perpétuer leur asservissement. On profite d'eux et de leur labeur jusqu'à ce qu'ils s'épuisent.

Ils sont des ombres à notre service, des silhouettes qu'on engambe, des galériens aux oubliettes et des victimes désignées d'office que personne ne viendra secourir. Le 19 février 2019, les agents du gouvernement sont venus pour vous annoncer la destruction de vos maisons. Le 22 février 2019, tu as été monsieur, ça va ?

Ça va ? Vous pas vu le feu ? Il suffit d'un rien pour que la machine se grippe.

Une commande refusée parce que le paquet est endommagé et que le client est roi. Un feu rouge grillait dans la nuit parce que Souleiman révisait le récit qu'il devait connaître par cœur pour obtenir le droit de rester en France. C'est une vie toujours tournée vers le coup d'après, toujours à anticiper un avenir incertain.

Se prémunir contre la tuile qui peut lui tomber dessus à chaque instant. Son existence est tributaire d'un risque perpétuel. Les rues de Paris deviennent un desdalles où il se débat en quête d'une sortie.

Sangar Suleiman. Oui, ce sera le 10. Euh, monsieur d'habitude, vous me donnez 42.

Non, j'ai que le 10 ce soir. Mais j'ai mes affaires s'il te plaît. J'ai mes affaires là-bas.

Il a des gens qui attend s'il te plaît. Bonsoir s'il vous plaît. Prenez votre Allez bonne soirée.

D'avoir un compte. Où vivent ces hommes ? Où dorment-ils ?

En lisière et en banlieu à l'abri de nos regards. La solitude leur devient un luxe inaccessible. Tout est fait en groupe.

Ils s'entassent dans des bus en fin de soirée pour avoir une place dans un lit superposé. Le soir tard, on voit le héros enlever enfin ses écouteurs ne plus être relié à ce téléphone qui le flique et qui est sa ligne de vie. Veuillez laisser votre message après le signal. [Musique] [Musique] Le fait est que l'existence qu'il trouve ici est aussi précaire que celle qu'ils ont quitté.

Je ne sais pas s'ils s'attendent à se heurter à nos imperturbables préjugés. S'ils ne sont pas victimes eux aussi déparavant de nos récits, ce qu'ils voi dans les livres, les films ou sur les réseaux. Ce film montre ce que vaut réellement notre accueil, ce qu'il trouve au bout de leur odyssée, cette exploitation de l'humain par l'humain et ses abus dont tout le monde se fout.

Il a vraiment morflé le pays des droits de l'homme. [Musique] Au bout du chemin de l'exil, il y a cette identité à reconquérir, ce lien rompu avec le passé. On passera sa vie à s'en remettre.

Parfois, il faudra dégénération pour guérir de cette blessure. Parce que être exilé, c'est être un intru, un étranger, celui qu'on expulse, celui qu'on exploite. C'est devoir sans cesse fournir la preuve de son humanité.

Du lac de Tibériade au canaux surchargé dérivant sur la mer jusqu'aux rues de Paris, c'est l'inconscient du monde qui nous saute à la gorge dans ces trois films. Il serait temps d'ouvrir les yeux sur le sort qu'on réserve aux exilés. Se dire qu'on en est tous responsables.

Les frontières sont en nous. il serait grand temps de les balayer. Alors si vous aussi vous voulez voir cette histoire raconter autrement, si vous voulez interroger les préjugés dominants qui ne font que flatter nos bases instincts, relever la tête avec des films, avec des docs, avec de nobles combats et avec tout ce que vous voudrez, abonnez-vous à Blast et on se retrouve en septembre pour une nouvelle saison doc Doc Doc. [Musique]