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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 25 décembre 2025 24 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

"Starmania", "La Haine", "Le Roi Soleil"... pourquoi les comédies musicales ont-elles autant de succès en France ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Et vous, quelle est votre comédie musicale préférée vu l'énorme succès du genre ?

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Vous dites que la comédie musicale c'est le nouvel opéra. C'est pas rien quand même venant de vous.

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Vous dites que ça a longtemps été considéré comme un sous-genre.

  • 4:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que Paris, même si vous dites c'est parfois exagéré de dire ça, mais est-ce que Paris est en train de devenir une référence du genre comme New York ou Londres ?

  • 6:16OuverteRéponse directe

    Mais même à Paris, ça coûte très cher et c'est une donnée essentielle.

  • 7:03OuverteRéponse directe

    Vous vous souvenez de cet engouement-là, j'imagine, Nathalie Dessay, vous chantiez à l'époque à l'Opéra. Est-ce que vous auriez imaginé faire une comédie musicale à l'époque ou c'était impensable pour une artiste comme vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:01InvitéFait
    « il y a de la création d'abord même si on ne fait pas forcément que des créations mais en tout cas il y en a beaucoup plus qu'à l'opéra. »
  • 2:11InvitéFait
    « c'est la musique de notre temps dans le sens où c'est de la musique amplifiée. »
  • 5:03InvitéChiffre
    « Il y a 15 millions à 20 millions de spectateurs chaque année à Broadway. »
  • 5:06InvitéChiffre
    « Le chiffre d'affaires de Broadway c'est 2 milliards de dollars. »
  • 7:15InvitéFait
    « Moi, si on m'avait dit, quand j'ai commencé à l'Opéra, si on m'avait dit, un jour, tu chanteras de la comédie musicale, en France, j'aurais dit, mais jamais de la vie ! »
  • 10:21InvitéChiffre
    « Starmania, 1,3 millions de spectateurs. »
  • 17:26InvitéFait
    « Moi, ce qui m'impressionne quand je vais aux États-Unis, c'est que dès que vous rencontrez quelqu'un, il a toujours joué Maria ou Tony une fois à l'école, parce que ça fait partie du répertoire. »
  • 21:06InvitéFait
    « il faut 20 comédiens, il faut 20 techniciens, il faut des musiciens. »
  • 21:54InvitéChiffre
    « À Broadway, vous payez 1500 dollars pour aller voir Hamilton et le billet moyen est à 150 dollars. »
  • 22:08InvitéFait
    « on appelle Broadway, il y a 41 théâtres à Broadway et ce sont les théâtres qui ont plus de 500 places. »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Présentateur32 %
  • Invité 227 %
  • Présentateur 23 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il suffit que je vous dise, quand on arrive en ville, le temps des cathédrales, l'envie d'aimer ou... Et hop, vous l'avez en tête pour la journée, ne me remerciez pas. Et vous, quelle est votre comédie musicale préférée vu l'énorme succès du genre ? J'imagine qu'il y en a au moins une que vous aimez. Rien qu'en ce moment à Paris, il y en a au moins une vingtaine qui se jouent. Les Demoiselles de Rochefort, donc on vient de l'entendre, La Cage aux Foles, Chicago, La Petite Boutique des Horreurs, Le Fantôme de l'Opéra, Les Producteurs, La Haine, Notre-Dame de Paris, Le Roi Lion, Le Roi Soleil, et j'en passe.

A tel point que l'on se demande si Paris n'est pas en train de devenir, l'expression n'est pas de moi, je l'ai lu dans Le Monde en préparant cette interview, si Paris n'est pas en train de devenir un Broadway sur scène. Alors on en parle avec, ni plus ni moins que LE spécialiste des comédies musicales, ça fait un peu flatteur mais c'est vrai, Laurent Vallière, bonjour. Bonjour Simon Lesbarons. Producteur de l'émission 42ème rue depuis plus de 15 ans sur France Musique que vous déclinez en beaux livres aux éditions Marabou. 42ème rue, la grande histoire des comédies musicales et une chanteuse et comédienne mondialement connue, ça fait un peu flatteur mais c'est vrai, Nathalie Dessay, bonjour.

Bonjour. Vous êtes Madame Rose dans Gypsy qui a triomphé à la Philharmonie de Paris et qui part en tournée en France notamment à Caen et à Reims très bientôt. Venez vous aussi, vous qui nous écoutez, nous parler de vos comédies musicales au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Alors Nathalie Dessay, mettons les pieds dans le plat d'entrée de jeu si vous voulez bien. Vous êtes produite dans les plus grandes maisons d'opéra du monde entier et vous dites la comédie musicale c'est le nouvel opéra. C'est pas rien quand même venant de vous.

1:52
Invité

Oui, c'est-à-dire qu'il y a de la création d'abord même si on ne fait pas forcément que des créations mais en tout cas il y en a beaucoup plus qu'à l'opéra. Et puis c'est la musique de notre temps dans le sens où c'est de la musique amplifiée. Donc on se sert du micro qui fait qu'on peut être beaucoup plus dans les mots et dans l'histoire qu'on raconte qu'à l'opéra où il faut quand même produire un son très beau bien sûr mais surtout très fort pour passer l'orchestre. Parce que là du coup on n'a pas l'aide du micro donc c'est un autre exercice en fait.

2:29
Présentateur

On va essayer de comprendre ensemble les raisons de ce succès mais c'est une époque où on rend justice en quelque sorte Laurent Vallière à la comédie musicale. Vous dites que ça a longtemps été considéré comme un sous-genre.

2:39
Invité

Alors je me méfie toujours moi des périodes de Noël parce que c'est généralement la période où tout d'un coup tous les médias disent la comédie musicale revient en France et en fait Broadway sur scène il n'y a pas que le monde qui l'a écrit là. Vous regardez tous les journaux depuis dix ans à chaque été à chaque Noël vous avez un journal qui fait Broadway sur scène. Alors par contre ce qui est vrai c'est que Broadway sur scène ça a démarré cette saison depuis octobre. Et vous avez fait la liste des dix spectacles, des vingt spectacles à l'affiche.

Ils sont à l'affiche depuis octobre à Paris et ce qui est intéressant c'est que ce n'est pas seulement dans des théâtres qui ont l'habitude on va dire de faire des comédies musicales comme le théâtre du Châtelet. Mais ça peut être aussi dans des théâtres privés. Vous avez parlé de la petite boutique des horreurs. C'est au théâtre de la Porte Saint-Martin qui certes avait créé R en français avec Julien Clerc il y a 40 ans. Mais enfin qui n'est pas habitué forcément aux comédies musicales. Et effectivement vous avez parlé du Roi Lion. Le Roi Lion est à l'affiche depuis cinq ans à Paris avec une troupe française. C'est ça aussi la nouveauté.

C'est que tous les spectacles que vous avez cités sont en français. Généralement on a l'habitude à Noël de recevoir des troupes anglo-saxonnes du Royaume-Uni, d'Amérique avec des formidables acteurs. Là tous les spectacles que vous avez cités sont en langue française avec des acteurs qui ont grandi ici. Et c'est vrai qu'on voit aujourd'hui une nouvelle génération de talents fleurir qui permettent d'avoir 20 spectacles à l'affiche simultanément.

3:55
Présentateur

Alors on va écouter une chanson mais c'est en anglais celle-là. Mais oui je vous ai demandé quelle chanson peut-être était votre préférée de toutes les comédies musicales.

4:10
Invité

Alors c'est-à-dire que là c'est surtout ma comédie musicale préférée mais c'est aussi Funny Girl. Voilà Funny Girl avec Barbara Streisand bien sûr. C'est aussi un film évidemment et c'est une histoire, enfin tirée d'une histoire vraie puisque c'est l'histoire de Fanny Brice qui était une meneuse de revue on dirait ça en français. Une grande vedette à Broadway. Et c'est surtout la comédie musicale préférée de ma fille Neyma et je lui souhaite de la chanter un jour parce qu'elle a tout pour ça. Et c'est en pensant à elle que j'ai cité donc Barbara Streisand et Funny Girl.

4:44
Présentateur

Et justement comédie musicale mythique de Broadway, on revient à cette expression Broadway sur scène. Est-ce que Paris, même si vous dites c'est parfois exagéré de dire ça, mais est-ce que Paris est en train de devenir une référence du genre comme New York ou Londres ?

5:01
Invité

Alors il faut quand même poser les choses. Il y a 15 millions à 20 millions de spectateurs chaque année à Broadway. Le chiffre d'affaires de Broadway c'est 2 milliards de dollars. Donc on en est très très loin.

5:11
Présentateur

On a un chiffre à Paris ou en France ?

5:14
Invité

Non on n'a pas de chiffre. Le chiffre qu'on a c'est qu'il y a eu, et c'est peut-être pour ça qu'il y a eu un regain cette saison de comédie musicale. Vous savez, la comédie musicale en France ce sont des cycles. Il y a eu Notre-Dame de Paris, succès 98 et tout d'un coup Le Roi Soleil. Ça a été la folie. Les 10 commandements, c'était la folie. Et puis après fin d'un cycle. Et là il se trouve qu'il y a eu Starmania, 1,3 millions de spectateurs. Et tout d'un coup, c'est Dovathia qui le dit, lui qui est derrière Le Roi Soleil.

5:38
Présentateur

La nouvelle version Starmania par Thomas Joly.

5:40
Invité

La nouvelle version Starmania par Thomas Joly. 1,5 millions de spectateurs. Et tout d'un coup, tous les producteurs se disent, ah, peut-être Jackpot. Donc on n'a pas les chiffres. Par contre, ce qui est vrai, et ça c'est un chiffre du Centre National de la Musique, c'est qu'un Français sur deux, un Français sur cinq, pardon, a été voir une comédie musicale, au moins une comédie musicale l'an dernier, alors qu'il y a 10 ans, c'était un Français sur 20. Donc effectivement, il y a un progrès. Je ne sais pas si on en est encore. On n'est pas, vous savez, un spectacle à Broadway, ça vaut au bas mot 20 millions de dollars à monter. On n'en est vraiment pas là aujourd'hui à Paris.

6:14
Présentateur

Oui, on va parler justement du coût. Même à Paris, effectivement, même si on n'est pas dans des budgets aussi pharaoniques, ça coûte très cher et c'est une donnée essentielle. Mais Nathalie Dessay, qu'est-ce que vous pensez de ceux qui disent, de toute façon, on ne fera jamais aussi bien que les Américains ?

6:29
Invité

Pour l'instant, c'est vrai qu'on n'y est pas parce que ce n'est pas notre culture. Mais par exemple, en ce qui concerne les artistes, on a une jeune génération qui est formée, qui arrive et qui est magnifique. Donc, oui, c'est vrai, on n'est pas encore au niveau des Anglo-Saxons, c'est vrai, mais on y arrive petit à petit.

6:51
Présentateur

Laurent Vallière parlait du tournant des années 90-2000 dans la foulée de Notre-Dame de Paris en 1998. Il y a eu Roméo et Juliette, Leroy Soleil, Mozart, l'Opéra Rock, Les Dix Commandements, des énormes succès. Vous vous souvenez de cet engouement-là, j'imagine, Nathalie Dessay, vous chantiez à l'époque à l'Opéra. Est-ce que vous auriez imaginé faire une comédie musicale à l'époque ou c'était impensable pour une artiste comme vous ?

7:15
Invité

Moi, si on m'avait dit, quand j'ai commencé à l'Opéra, si on m'avait dit, un jour, tu chanteras de la comédie musicale, en France, j'aurais dit, mais jamais de la vie ! Je n'osais même pas en rêver, mais surtout, je n'osais même pas penser que ce serait possible et qu'il y en aurait, simplement, des comédies musicales.

7:35
Présentateur

Peut-être que vous auriez eu peur des moqueries ?

7:38
Invité

Pas du tout, parce que moi, je m'en fiche toujours de ce que pensent les autres. Donc, ça, ça ne m'importe absolument pas, mais j'aurais simplement pensé que ça n'arriverait pas parce qu'il n'y en aurait pas, pour moi. Parce que moi, en plus, ce qui m'intéresse, c'est surtout la comédie musicale américaine et je ne pensais jamais qu'on monterait de la comédie musicale américaine.

7:57
Présentateur

Qu'on adapterait aussi bien des classiques.

7:59
Invité

Voilà, qu'on adapterait aussi bien. Là, par exemple, dans Gypsy, on joue en français, mais on chante en anglais, ce que je trouve, moi, complètement idéal. Mais je ne pensais jamais qu'on arriverait à faire ça.

8:10
Présentateur

Mais, justement, Laurent Vallière, le vrai tournant, aujourd'hui, c'est que les barrières sautent. Il y a Nathalie Dessay dans Gypsy, il y a Laurent Lafitte dans La Cajofolle en Zazanapoli.

8:20
Invité

Il n'y a même pas qu'au théâtre. Alors, moi, ce qui m'avait marqué, quand même, c'est que Léos Carax, qui est quand même un cinéaste de films d'art et d'essai, se met à réaliser Annette il y a trois ans, avec le parcours dont on se rappelle au Festival de Cannes. C'est aussi le fait que, par exemple, Jacques Odia réalise aussi une comédie musicale Emilia Pérez. Et là, on entend, effectivement, La Cajofolle.

8:47
Présentateur

Alors, c'est Aïam Wataïam. Voilà. Ça, c'est la version Broadway. Qui est adaptée en français par Olivier Piotet du Châtelet avec Laurent Lafitte de la comédie française, s'il vous plaît, en un mot.

8:59
Invité

Et en fait, ce projet repose entièrement sur Laurent Lafitte, il faut savoir. C'est-à-dire que le producteur des Visiteurs du Soir est allé voir Laurent Lafitte en lui disant « Tu aimes la comédie musicale ? » « Laquelle tu veux monter ? » « On va la monter pour toi. » Et ce qui est incroyable, parce que ça veut dire que c'est grâce à des personnalités comme ça. On peut aussi penser à Alexis Michalik, qui a décidé d'adapter les producteurs, cette comédie musicale de Mel Brooks, qui a été un carton à Broadway. Et puis, voilà, 20 ans plus tard, il a réalisé son rêve.

Et en fait, on a l'impression qu'effectivement, quand vous dites que les barrières sautent, il y a ces gens, ces personnalités, qui arrivent autour de leur nom à convaincre des producteurs et des théâtres de monter, effectivement, et avec le succès que l'on connaît, ces productions.

9:37
Présentateur

– Nathalie Dessé, je crois même que c'est vous qui avez été à l'initiative de ce projet Gipsy ?

9:43
Invité

– C'est surtout Laurent Pelly, en fait. – Le metteur en serre ? – Laurent Pelly, on se connaît depuis 30 ans. Oui, c'est ça, oui. Et c'est Laurent qui est fan, qui monte beaucoup d'opéra par ailleurs, mais qui est fan de comédie musicale, qui m'a dit « Tiens, tu ne voudrais pas faire Gipsy ? » Gipsy qu'on avait vu tous les deux à New York quand on y était, je crois, pour la fille du régiment, je ne sais plus. et dont on se disait que c'était un truc absolument génial à faire, quoi. – En fait, Gipsy, les Français ne connaissent pas du tout. Ça fait 50 ans que c'est un énorme carton à Broadway, c'est-à-dire que c'est remonté tous les 10 ans régulièrement avec une nouvelle star.

– On dit que c'est la mère des comédies musicales ? – Alors, c'est là une des mères avec West Side Story, parce qu'en fait, ce sont les mêmes auteurs. C'est le même librettiste, Arthur Lawrence, c'est le même chorégraphe génial de West Side Story, Jérôme Robbins, c'est juste pas le même compositeur, c'est pas Léonard Bernstein, c'est Julie Stein. Mais ça raconte l'histoire, c'est une histoire féroce. – Et Stephen Sondheim pour les paroles. – Pardon, et Stephen Sondheim pour les paroles, qui est le dieu de la comédie musicale, il était le dieu de la comédie musicale, qui avait écrit aussi les paroles de West Side Story. – Elle est dure, cette histoire. – C'est une histoire terrible d'une bar.

10:55
Présentateur

– Madame Rose, donc, la mère que vous interprétez, Nathalie Dosset, qui veut absolument faire de ses deux filles des stars du musical.

11:03
Invité

– Et une des deux va devenir une star de Broadway, alors pas tout à fait comme elle avait espéré, sans doute, mais quand même une star. – Artiste burlesque de strip-tease. – C'est peut-être la première grande strip-teaseuse, alors les Américains, ils appellent ça strip-teaseuse, nous, on dit plutôt burlesque. Mais c'est une histoire vraie, puisque cette comédie musicale a été faite pour une grande star de Broadway, qui était Ethel Merman, c'est ça ? Et personne n'y croyait. Et c'était à partir des mémoires de Gypsy Rosalie, qui racontait l'histoire de son enfance avec cette mère complètement folle, qui est donc la star en question.

et on raconte l'histoire de cette mère qui a vraiment existé et qui est un personnage hallucinant.

11:45
Présentateur

– La voilà la mère, c'était dans 42ème rue sur France Musique, votre émission Laurent Vallière. Je vous vois faire la grimace, Nathalie Dosset. – Oui, je fais la grimace,

12:05
Invité

parce que c'était la première fois que je chantais en public, et donc j'avais aucune habitude, aucune expérience de ce truc-là. – Je la chante beaucoup mieux aujourd'hui.

12:16
Présentateur

– Votre exigence vous honore, mais ça va, je vous assure. – Non mais… – Je signale d'ailleurs, Laurent Vallière, que 42ème rue fait son show, 8ème édition, c'était il y a deux semaines sur France Musique, et qu'on peut la revoir, l'écouter en podcast évidemment sur l'application de Radio France, et la revoir en vidéo sur YouTube, grand spectacle, et c'est entre autres ce qui nous a donné envie de faire ce plateau sur les comédies musicales. – Merci. – Juste, Nathalie Dosset, puisqu'on vous entendait chanter ce rôle de Madame Rose, qu'est-ce qui vous a plu dans le rôle de cette femme très dure ?

12:47
Invité

– D'abord, c'est le personnage hors normes, comme disent les Américains, plus grand que la vie, c'est-à-dire que le vrai personnage, évidemment moi je ne le connais pas, mais ça a dû être quelque chose, et d'avoir à interpréter une femme aussi déterminée, aussi autoritaire, aussi horrible aussi par moment, mais aussi charmante aussi par moment, c'est génial pour un acteur, comme dirait Jodie Foster.

13:14
Présentateur

– Jean-Louis de Marseille, qui nous écoute ce matin sur France Inter, et qui nous écrit sur l'application de Radio France, dit la comédie musicale comme Gypsy, donc, représente une fusion du genre entre théâtre musical et musique classique, en tant qu'artiste classique de formation, Nathalie Dosset, comment percevez-vous cette évolution ? Pensez-vous qu'il y a des ponts à construire encore davantage entre les genres ?

13:39
Invité

– Oui, simplement il faut dire que c'est toute une autre technique de chanter comédie musicale, par rapport au fait de chanter classique.

13:49
Présentateur

– Vous avez dû désapprendre à chanter ?

13:51
Invité

– Oui, et je continue à me former pour ça, parce que ça n'a rien à voir. Ça n'a rien à voir au point de vue de la respiration, ça n'a rien à voir au point de vue du mélange des registres, ça n'a rien à voir au point de vue du niveau sonore, et apprivoiser le chant avec micro, c'est quelque chose de difficile, déjà pour tout un chacun, mais surtout pour quelqu'un comme moi qui a passé 40 ans de sa vie sans micro et a projeté sa voix avec une voix de tête essentiellement, enfin, c'est compliqué. – Laurent ? – Et inversement, l'opéra se tourne vers les metteurs en scène et les compositeurs de comédies musicales.

Si vous regardez la programmation du Metropolitan Opera à New York, vous verrez qu'ils font appel à beaucoup de fois à des compositeurs de comédies musicales ou à des chorégraphes de comédies musicales pour un petit peu moderniser et changer du registre habituel de Verdi et autres Puccini.

14:47
Présentateur

– On parle de renouveau ce matin, alors c'est vrai qu'en fait, vous l'avez dit, il y a des époques, il y a eu le succès de Starmania, de R par exemple, à la fin des années 70, début des années 80, puis Notre-Dame de Paris et toutes les autres, 90-2000, puis encore 20 ans plus tard aujourd'hui, toutes ses productions à Paris. Mais peut-être ce qui songe aussi, c'est qu'on voit maintenant des artistes français formés en France. Il y a des écoles de comédie musicale aujourd'hui.

15:12
Invité

– En fait, quand vous parlez, l'émission existe 42ème ou depuis 15 ans et effectivement, au départ, je rencontrais des artistes qui savaient tout faire, mais qui avaient été, alors pour apprendre le chant au conservatoire, pour apprendre la danse dans une école de danse et pour apprendre le jeu dans une école de comédie. Aux Etats-Unis et en Angleterre, vous avez des écoles où on apprend tout. Votre fille Nathalie connaît bien ça, la Royal School of Music, ou encore d'autres... – Royal Academy of Music, oui. – Royal Academy of Music. – C'est la qu'elle est allée, il y en a plein d'autres. – C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a un plus d'écoles.

Longtemps en France, c'était des écoles qui, pour The Voice, si je peux caricaturer, c'est-à-dire c'était la voix qui était le plus important. Mais d'ailleurs, quand vous parlez à Richard Cociante, quand il castait ses artistes pour Notre-Dame de Paris en 1998, il se moquait complètement qu'il sache jouer ou pas. Il voulait des gens, parce que pour lui, c'était un opéra, c'était lyrique. Mais aujourd'hui, effectivement, il y a des écoles comme la classe libre du cours Florent, qui est devenue un petit peu la Rose de tout ça. Parce qu'on se sent des écoles, en fait, qui sont sur audition.

Alors que la plupart des écoles de comédie musicale jusque-là étaient des écoles, alors ce n'était pas des boîtes à fric, mais c'était quand même des écoles où vous rentriez et puis après, bien, Diane Koupoura.

16:21
Présentateur

– Puisqu'on parle de nouvelle génération, effectivement, il y a ce symbole qui est très beau. Vous êtes sur scène, Nathalie Dessay, avec votre fille.

16:28
Invité

– Et mon mari, d'ailleurs. – Ah, il y a le mari aussi. – Oui, parce que Daniel N. Jolobé, qui faisait mon partenaire dans le Gypsy jusqu'ici, lui est dans la petite boutique des horreurs. – Voilà, donc ne pouvait pas venir jouer avec nous à Caen et à Reims. Donc, du coup, c'est Laurent, mon mari, qui vient le remplacer pour, donc, cinq représentations.

16:46
Présentateur

– Et votre fille, Neyma Naloui.

16:47
Invité

– Voilà, et c'est Neyma qui joue le rôle de Gypsy, donc.

16:50
Présentateur

– Évidemment, on est sur un grand classique, West Side Story. C'est vrai qu'on parle de cette génération qui émerge en France, d'artistes formés en France, mais les Américains, les Anglo-Saxons en général, ils ont Grease ou West Side Story au biberon ?

17:17
Invité

– En fait, c'est ça. En France, à l'école, on en est encore joué à réciter des récitations, des poèmes ou à jouer des pièces de Molière. Moi, ce qui m'impressionne quand je vais aux États-Unis, c'est que dès que vous rencontrez quelqu'un, il a toujours joué Maria ou Tony une fois à l'école, parce que ça fait partie du répertoire. Les Américains, ils ont ça dans leur culture. Effectivement, donc, ça les aide aussi.

17:37
Présentateur

– Ce qui peut expliquer aussi le succès de ces comédies musicales, c'est qu'on peut explorer tous les genres. Il y a le jazz à la Michel Legrand, bien sûr, le rock, et même désormais le hip-hop. Il y a quelques années, on n'aurait sans doute pas imaginé la haine, le film culte de Kassovitz, adapté par Mathieu Kassovitz lui-même, d'ailleurs, en comédie musicale.

17:57
Invité

– En fait, la comédie musicale, et je reviens sur ce que disait Nathalie, c'est un genre populaire. Donc, en fait, il a toujours utilisé les musiques de son temps. Par exemple, il y a eu très longtemps le jazz, c'était à l'époque de George Gershwin dans les années 30. Après, le rock est arrivé, c'était hair, parce que Elvis Presley a tout bousculé. Et après, c'est devenu la pop. Et aujourd'hui, effectivement, il y a eu une révolution en 2011, c'était Hamilton, une comédie musicale.

Alors, aujourd'hui, c'est incroyable, parce qu'on parlait des écoliers américains, ils apprennent la constitution, ils apprennent la fondation des États-Unis à travers cette comédie musicale qui raconte l'histoire d'un des fondateurs des États-Unis, Alexander Hamilton, c'est lui qu'on voit sur les billets de 10 dollars. Et en fait, ce qui est fascinant, c'est que cette comédie musicale, très inspirée, a dit le compositeur Lin-Manuel Miranda, des misérables, parce que c'est une comédie musicale en costume, mais est entièrement chantée en rap ou en R&B, inspirée, encore une fois, par les musiques de son temps.

18:55
Présentateur

Ce que permet la comédie musicale aussi, c'est l'actualité, d'être actuelle dans les genres, bien sûr, mais aussi les thématiques. Dans les sujets, oui. J'ai voulu être un martyr. La starmania, c'est la critique du capitalisme sauvage, de la société de la surveillance aussi. On a parlé de la haine, les violences policières, la cage au folle, la tolérance, l'homophobie.

19:23
Invité

Oui, ou chère Emma Linsen, sur l'adolescence, et les problèmes de l'adolescence.

19:28
Présentateur

Vous dites, Nathalie Dessay, moi ça ne m'intéresse pas du tout de chanter l'amour.

19:32
Invité

Non, ce n'est pas ça. Non, non, non, ce n'est pas vrai.

19:35
Présentateur

J'ai lu ça dans une interview. Chanter l'amour, c'est trop cucu, ça ne m'intéresse pas.

19:37
Invité

Non, mais c'est-à-dire qu'il y a d'autres choses qu'on peut aussi aborder, disons.

19:43
Présentateur

Et on peut aller chercher cette complexité et cette modernité dans la colonie musicale.

19:47
Invité

Oui, ce qui est intéressant, par exemple, dans le Gypsy, c'est ce rapport mère-enfant, toute cette époque aussi qu'on décrit, qui est cette Amérique de la dépression, qu'on connaît mal, et tous ces circuits de spectacles pour enfants et l'ambition de quelqu'un pour ses enfants, je trouve ça assez beau. Mais Nathalie Dessay citait un spectacle qui est à l'affiche actuellement à Paris jusqu'au 4 janvier, et qui est vraiment hors norme. Il n'y a pas de claquette, c'est de la pop. Et ça raconte quoi ? C'est l'histoire d'un ado de 17 ans. Cher Evan Hansen, c'est-à-dire ?

Cher Evan Hansen, qui est complètement frustré, complètement mal dans sa peau, et qui tout d'un coup va devenir star des réseaux pour une raison très étrange. Et en fait, cette comédie musicale résonne avec nous, en fait, en la regardant, et on s'attend. C'est vraiment le genre de spectacle, on se dit, ah ouais ? Il chante là-dedans ? Et ça marche très bien.

20:36
Présentateur

Le problème, quand même, et vous l'avez évoqué, même si les budgets n'ont rien à voir avec ce qui peut se faire à Broadway, à New York, mais ça coûte très cher. Le directeur de la Porte Saint-Martin, par exemple, où se joue actuellement la petite boutique des horreurs, dit, c'est une perte pour mon théâtre de 800 000 euros, je l'ai fait par fidélité au metteur en scène, mais on ne m'y reprendra plus.

20:57
Invité

Oui, voilà, j'espère qu'il ne va pas attendre 40 ans. Parce que la précédente, c'était Chantons sous la pluie au théâtre de la Porte Saint-Martin, il y a 20 ans. Non, mais il explique dans l'interview au monde, il dit qu'il faut 20 comédiens, il faut 20 techniciens, il faut des musiciens. Dans la liste que vous avez donnée, Simon, au début de l'émission, il y a des musiciens partout. Parce que la grande différence avec le Roi Soleil et avec les Notre-Dame de Paris, c'est que ces comédies musicales à la française, d'abord, elles n'ont pas le livret, il faut quand même le dire, l'histoire est un peu pas très travaillée, et surtout, c'est une bande-son. Ça, c'est terrible.

Et les 20 spectacles que vous avez cités, il y a un orchestre. La musique en direct. La musique est en direct. La Cajofolle, la petite boutique des horreurs, Podom, Chicago, Le Roi Lion, c'est dingue. Et ça coûte cher, effectivement.

21:43
Présentateur

Et les prix des billets peuvent rebuter le public aussi ? Ce n'est pas tellement plus cher.

21:51
Invité

Non, non, non. Ce n'est pas si cher. Et par rapport à Broadway, alors là, je vais vous dire... À Broadway, vous payez 1500 dollars pour aller voir Hamilton et le billet moyen est à 150 dollars. Donc, ça reste abordable. Oui, ça reste très abordable.

22:01
Présentateur

Il y a un problème de salles à Paris. Il y a assez peu de salles capables d'accueillir un orchestre.

22:05
Invité

Alors ça, par contre, c'est un problème. Il y a deux salles à Paris. En fait, vous savez, on appelle Broadway, il y a 41 théâtres à Broadway et ce sont les théâtres qui ont plus de 500 places. Et effectivement, il y a la place pour un orchestre. À Paris, vous avez le théâtre libre, je crois, et le théâtre Mogador. Et si vous allez dans les autres théâtres, tous les autres spectacles, en fait, les musiciens sont sur les balcons. Il n'y a pas de fausse d'orchestre. Nous, avec Gypsy, on a un vrai orchestre symphonique. Puisque c'est l'orchestre qui est la vedette. Nous, c'est du semi-stage, comme on dit, c'est-à-dire à moitié mise en scène.

Ce qui n'est pas vrai, en fait, c'est complètement mis en scène. Mais c'est l'orchestre qui est la vedette et qui est vraiment au centre du dispositif scénique. Et nous, on joue autour et devant.

22:44
Présentateur

Et ce qui fait le succès des comédies musicales aussi, avec des biais, finalement, relativement abordables, vous l'avez dit, Laurent Vallière, c'est que c'est aussi un genre de fan. Les gens reviennent 10-15 fois. Pour certains.

22:55
Invité

Oui, c'est exact. Effectivement. Pour le coup, je n'ai pas d'exemple, mais je réfléchissais parce que c'est vrai qu'au théâtre du Chacelet, ça coûte très cher d'aller voir La Cage aux folles. Donc, ça dépend, en fait, des théâtres. Le prix... Mais dans le théâtre privé, je trouve que les billets ne sont pas trop chers. Oui, oui.

23:18
Présentateur

Ça, c'est mon choix, moi. Pour terminer. Daniel Lévy. Voilà. Il chantait bien. Il chantait bien. Il chantait bien. Ah oui. Il chantait bien. Le regretté Daniel Lévy. Ah oui, oui. Il avait une magnifique voix. Voilà. Choix personnel. J'ai le droit. Nathalie Desset, Gypsy, mise en scène par Laurent Pelly, en tournée en France, notamment à Caen, au théâtre de Caen à l'Opéra de Reims, les 10 et 11 janvier. Oui, et en juin,

23:41
Invité

à Strasbourg, à l'Opéra du Rhin.

23:43
Présentateur

Et Laurent Vallière, 42e rue, tous les dimanches sur France Musique et en livre aux éditions Marabou. Grand merci à tous les deux. Merci à vous. La revue de presse à suivre.

23:50
Invité

Et joyeux Noël !