Rachida Dati entre en campagne - C à Vous - 18/11/2019
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:55OuverteRéponse directe
Bonsoir Rachida Dati.
- 1:08OuverteRéponse directe
Votre regard sur les événements de ce week-end à Paris avec les Gilets jaunes.
- 4:17RelanceRéponse directe
C'est ce qu'il fallait faire ? Interdire ces manifestations ?
- 6:38OuverteRéponse directe
Vous dénoncez les violences, mais vous comprenez les revendications des Gilets jaunes ?
- 7:32OuverteRéponse directe
Vous écrivez que vous ne faites pas partie du sérail et qu'on vous renvoie une image déformée.
- 8:39OuverteRéponse directe
On vous a reproché d'être trop bien habillée, de trahir votre condition sociale.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:18Invité politiqueChiffre
« une mobilisation estimée à 28 000 participants partout en France, un peu plus de 4 000 à Paris. »
- 3:14InvitéFait
« Hier, ce qu'on a vu, c'est effectivement peu de manifestants, mais par contre des bruts, des voyous. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Quand vous avez des manifestations, le droit de manifester, c'est un droit constitutionnel. »
- 6:59Invité politiqueFait
« Le pouvoir d'achat n'est pas réglé ? »
- 12:45Invité politiqueFait
« Moi, je n'ai jamais été féministe par idéologie ou par marketing, mais par survie. »
- 23:19Invité politiqueFait
« Déclarés au Parlement européen, à la Haute Autorité et aux services fiscaux. »
- 26:23Invité politiqueChiffre
« 83% des victimes sont des femmes et que 80% des plaintes sont classées sans suite. »
- 28:00Invité politiqueFait
« J'avais dit une femme victime de violence, c'est une femme vulnérable. »
- 28:33Invité politiqueFait
« on a adoubé une proposition de loi communiste. C'était l'éviction du conjoint violent. »
- 28:41Invité politiqueFait
« Ce qu'on a instauré et ce qu'on a mis, c'était les psychologues et les travailleurs sociaux dans les commissariats et les gendarmeries. »
- 29:47Invité politiqueFait
« Quand j'étais garde des Sceaux, j'ai mis une politique pénale sur les violences faites aux femmes. »
- 29:50Invité politiqueFait
« C'est interpellation, défermant et à l'audience de requérir le mandat de dépôt. »
Temps de parole
- Rachida Dati82 %
- Invité7 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On est en 2003, lorsque les téléspectateurs de France 3 découvrent le visage et le parcours d'une jeune conseillère de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Je suis née en fait à Saint-Rémy, qui est la ville, qui est une toute petite, un petit bourg qui jouxte Chalons-sur-Saône. Effectivement, j'ai commencé mes études, j'ai eu mon bac à Chalons-sur-Saône, j'ai commencé mon DEUG à Dijon, et une rencontre avec le garde des Sceaux de l'époque, qui était Albin Chalandon, m'a permis de venir à Paris. J'ai commencé effectivement mes études, j'ai perçu mes études à Paris, et de là, ensuite, ma carrière a pris un autre tournant.
En 2019, plus besoin de présenter Rachida Dati, devenue en 2007 garde des Sceaux et éconne de la diversité en politique, aujourd'hui maire du 7e arrondissement de Paris et candidate investie par les Républicains à la mairie de Paris. Rachida Dati raconte son parcours dans un livre, La confiscation du pouvoir. Elle est ce soir notre invitée.
Bonsoir Rachida Dati.
Merci de votre présence ce soir sur le plateau de CETA. J'avoue, on va revenir dans un instant sur votre ouvrage, mais d'abord votre regard, celui d'ancien ministre de la Justice et d'actuel maire du 7e arrondissement, sur les événements de ce week-end. Paris a été le théâtre de nouveaux affrontements, dégradations, voire saccages, notamment Place d'Italie à l'occasion de l'acte 53 des Gilets jaunes, qui entendaient célébrer une année de manifestation, avec une mobilisation estimée à 28 000 participants partout en France, un peu plus de 4 000 à Paris.
C'est combien de temps que vous manifestez-vous ? Depuis le 17 novembre. Je suis démarré sur les ronds-points, et puis après on a continué les manifestations. Là je viens de Nancy parce que c'est l'anniversaire sur Paris. Je vais pas vous dire qu'au crève de femmes, on n'arrête plus à payer les factures, qu'ils nous redonnent un peu de pouvoir d'achat, qu'on puisse aller au restaurant, au moins au cinéma, parce que ça on peut même plus se le payer. C'est que les barricades, les voitures retournées, ça sert à rien ? Non, non, ça sert à rien, c'est justement donner une mauvaise image des Gilets jaunes, c'est dire qu'on est des casseurs, des destructeurs, qu'on est pas du tout ça.
Vous avez bien vu, il y a plein de black box, on peut pas leur dire arrêtez, parce qu'ils vont se retourner contre nous. C'est plus le rôle de la police de faire ça, c'est pas notre rôle à nous. Un an après les Gilets jaunes, vous tirez quel bilan vous ? Aucun bilan, au contraire, ça va tirer. Un exemple tout court, parce que l'essence va augmenter, le gaz va augmenter, l'électricité va augmenter, il y a rien, il y a rien qui a eu, rien. Il a donné un petit peu d'un côté pour reprendre de l'autre côté. Il y a 60 balais, je viens, c'est pour mes enfants, mes petits-enfants. Il y a les continuer à manifester là, toutes les semaines. On viendra samedi prochain, on reviendra.
Reportage signé Tancred, Bonora et Stéphane Châtour pour cet avou des violences qui ont inspiré hier ce commentaire au ministre de l'Intérieur, Christophe Castamère.
Hier, ce qu'on a vu, c'est effectivement peu de manifestants, mais par contre des bruts, des voyous, qui étaient venus pour se battre, pour en découdre avec les forces, pour empêcher les pompiers d'agir et de préserver quelquefois des vies. Si vous regardez précisément, ils ne s'en prennent pas au monument en hommage au maréchal Juin. Ils fabriquent des armes par destination. Ils cassent les plaques de marbre parce qu'ils ont bien conscience qu'elles sont particulièrement dangereuses. Ce sont aussi des imbéciles. Vous savez, on peut être à la fois imbécile, brut et voyou. Hélas, certains n'ont pas le monopole.
Des imbéciles, des brutes, des voyous, vous auriez employé les mêmes adjectifs, les mêmes termes que Christophe Castamère ? Ce sont des délinquants. C'est-à-dire que cette violence, elle est inacceptable. Quelles que soient vos revendications, même si elles peuvent, pour certains, apparaître légitimes, la violence est inacceptable. Et d'ailleurs, ça délégitime certaines revendications. C'est ça qui est déplorable. Mais cette violence n'est pas acceptable. Et on ne peut pas indéfiniment, tous les week-ends, se dire qu'on va barricader Paris par crainte de violence. Au vu de ces incidents, la manifestation qui était autorisée a été finalement annulée. C'est ce qu'il fallait faire ?
Et il faudra dorénavant interdire ces manifestations ? Quand vous avez des manifestations, le droit de manifester, c'est un droit constitutionnel. Mais quand ces manifestations dégénèrent ou sont infiltrées, à un moment donné, vous pouvez, pour des raisons d'ordre public, les interdire. Mais est-ce que ça règle tout ? Ça ne réglera pas tout. Et donc, à un moment donné, je pense qu'il faut avoir des discussions possibles. Moi, je considère que si j'avais été, par exemple, maire de Paris, j'aurais reçu les organisateurs de ces manifestations. On peut discuter avec des représentants des Gilets jaunes.
Vous savez, quand il y a eu, vous vous souvenez, quand à un moment donné, il y avait eu une intrusion dans le ministère... Dans le ministère de Benjamin Grégoire. Exactement. La mairie du 7e est en face. Et effectivement, à un moment donné, moi, j'étais à la mairie, parce que je passe mes week-ends quand il y a des manifestations un peu comme ça, difficiles. Je suis à la mairie. Et à un moment donné, certains m'appelaient pour que je sorte de la mairie. Vous l'avez fait ? Je suis sorti. J'ai discuté avec eux. Ensuite, ils sont rentrés. Je pense que pour certains, ça ne savait même pas que c'était le ministère de Benjamin Grégoire. D'ailleurs, il aurait pu sortir au lieu de...
De se barricader ? D'être exfiltré, d'ailleurs, je crois. Moi, j'ai discuté avec eux. Effectivement, il y a un ras-le-bol, il y a une colère. Et ils ne m'ont pas agressée. Ça n'a pas été violent. Ça a été un peu, j'allais dire, viril. Musclé ? Un peu musclé. Mais j'ai pu discuter avec eux jusqu'au bout. Et donc, je pense qu'à un moment donné... Moi, je pense que le manque de dialogue radicalise.
Mais il n'y a pas d'organisateur, il n'y a pas de représentant.
Mais vous pouvez... Quand vous déposez une demande de manifestation, une déclaration de manifestation, il faut bien que quelqu'un la dépose... Pour les manifestations autorisées, oui, il y a quelqu'un. En tout cas, en l'occurrence, elle a été autorisée. Elle a été autorisée. Donc, on peut les voir en amont. D'abord, vous pouvez discuter avec eux en disant, est-ce que le lieu est peut-être opportun ? Moi, j'ai un échange avec la préfecture de police. Pour les lieux, les parcours. On essaye, nous, que ça ne vienne pas à l'intérieur de l'arrondissement, d'une part. Et d'autre part, c'est vrai que moi, je compte... Enfin, j'ai beaucoup compté sur les habitants du 7e, notamment.
Et c'est important de le dire. Par exemple, les gardiennes et les gardiens d'immeubles, de manière très anticipée, même s'ils ne sont pas concernés par les immeubles ou les commerces environnants, rangent toutes les poubelles. On n'a rien qui traîne. C'est comme ça qu'on a peu d'armes par destination, comme le dit le ministre de l'Intérieur. Et on n'a pas de poubelle brûlée ou des choses qui puissent inciter à la dégradation. Ou en tout cas, démultiplier la violence. Vous dénoncez les violences, mais vous comprenez les revendications des Gilets jaunes. Ce sont deux choses différentes. Moi, je ne peux pas accepter aucune excuse à la violence. Aucune excuse à la violence.
Mais les Gilets jaunes d'avent-poing, vous sentez ? Bien sûr, il y a une colère des Français. Vous n'allez pas me dire. Vous suivez l'actualité. Vous pensez que le pays est apaisé ? Vous pensez qu'on a tout réglé ? Le pouvoir d'achat n'est pas réglé ? Il y a des mesures qui ont été prises. Mais pour ces familles-là, ils sentent bien que les mesures ne sont pas pérennes. Donc on a des mesures transitoires. On dit faire une taxe. On exonère pendant un certain temps. Puis on discute. Et puis il y a une nouvelle réforme. Même si elle n'est pas faite, elle suscite encore de l'angoisse. Donc tout ce climat est assez anxiogène. Vous êtes senti aussi humilié, méprisé, non considéré.
On entendait beaucoup ces mots-là dans la bouche des Gilets jaunes. Et c'est ce que vous avez ressenti tout au long de votre parcours également, Rachida Dati. Alors, d'abord, c'est pas... Moi, j'ai toujours refusé d'écrire un livre ou d'expliquer. D'ailleurs, certains d'ailleurs, c'est ce qu'il y a... Victimaire, oui, de faire de vous une victime. Non, mais ou d'instrumentaliser même ma vie, mon parcours, mes épreuves ou les épreuves de ma famille. Je n'ai jamais souhaité en parler. C'est pour ça que certains ont toujours spéculé. Ils spéculaient sur mon mode de vie. Parce que, quoi qu'on puisse en dire, je n'ai jamais exposé ma vie privée, jamais ma vie intime.
Quand elle a été exposée, elle a été exposée à mon insu, à mes dépens. Mais elle n'a jamais été exposée et elle n'a jamais été expliquée. Je n'avais pas envie d'expliquer. Mes parents sont décédés maintenant. Je le fais, d'une part, parce qu'effectivement, moi, j'ai été très frappée dans les discussions que j'ai pu avoir avec des gens qui travaillent, qui n'ont plus de perspective pour eux et qui n'ont plus de perspective pour leurs enfants. C'est l'origine de mon combat, c'est l'origine de ma vie. Si, à un moment donné, vous n'avez plus de perspective, pour vous-même et même plus pour vos enfants, ça interroge pour un pays comme la France.
Vous écrivez, on aurait voulu que je fasse profil bas, que je n'ose pas prétendre trop, que je me satisfasse de la place qu'on voulait bien me donner. Notamment quand on vous reproche d'être trop bien habillée et de trahir votre condition sociale, Rachida. Il y a plusieurs aspects là-dedans. Vous racontez un épisode très précis. Quand une éditorialiste de magazine Féminin vous demande, quand on vous reproche d'être bien habillée, ce que l'on vous reproche, en réalité, n'est-ce pas de trahir votre condition ? Je la cite dans le livre. Effectivement, on a une interview où elle voulait faire un portrait de femme. Et elle me dit, oui, mais elle pensait être empathique avec moi.
Et je trouve que c'était encore vrai. Elle m'a dit, oui, mais quand même, c'est peut-être pas normal que vous soyez si bien habillée, même trop bien habillée. Vous n'avez pas le sentiment que vous trahissez votre condition. Mais je trouve ça un peu violent. On a été scolarisés, mais maman a toujours mis un point d'honneur à ce qu'on soit bien habillée, bien coiffée. Elle était couturière, elle nous faisait nos vêtements. D'ailleurs, ça faisait rire tout le monde parce qu'elle achetait du tissu. Elle faisait des draps, des coussins, les rideaux et les vêtements dans le même tissu. Mais j'ai trouvé... Moi, j'ai dit, attention, parce que la deuxième question, c'est peut-être pas...
Est-ce qu'il est normal que je sois propre ? D'ailleurs, je cite dans le livre, on était... Ça devenait parfois affreux, ça, les méchants. C'est-à-dire que je dis, mais je ne comprends pas votre question. Et elle ne comprenait pas pourquoi je lui répondais ça en plus. Oui, parce que ce que vous dites là n'a jamais été écrit dans le journal. Non, non, parce que... En question, ce que vous ne citez pas. Elle considérait que c'est un détail, mais du genre sur... Elle me donnait presque un conseil, ne soyez pas trop bien habillée, c'est peut-être mieux pour vous. On vous a effectivement reproché d'être bling-bling, Rachida Dati.
Même le reproche qu'on faisait également à Nicolas Sarkozy, et notamment cette une de Paris Match où vous posez en robe... Que j'explique dans le livre. Vous expliquez que vous l'avez achetée avec vos propres... Oui, non, mais... Mais est-ce que c'était bien la place du ministre de la Justice ? Non, alors... Justement... De poser en robe Dior à la une de Paris Match. C'est pour ça qu'on a ressorti ce Paris Match. Cette année-là, la rédaction s'interroge de dire qu'est-ce qui a été l'événement marquant de cette année 2007. Et ils considèrent que c'est ma nomination au ministère de la Justice. Ils viennent à mon bureau.
D'ailleurs, les photos qui sont à l'intérieur ne correspondent pas du tout à celles qui étaient en couverture. Ils viennent pour une interview. On fait une interview sur la justice, sur mes réformes. Pas un mot sur autre chose que mes réformes. Et puis, je me souviens, parce que cette robe, je l'ai portée, lors d'une conférence qui avait eu lieu à l'Élysée, au moment de la remise du rapport par Denis Oliven sur la licence globale. Et ensuite, j'ai eu un déjeuner presse, avec notamment certains journalistes de Paris Match. Il y a eu des photos de fêtes. Mais à aucun moment, un, j'ai validé la une, j'ai validé la photo, et je ne savais même pas qu'elle allait être en couverture.
Alors, bien sûr, vous pouvez faire des erreurs. Mais moi, j'ai fait simplement... C'en était une, en l'occurrence ? C'en était une, parce que j'aurais peut-être dû demander quelle était la photo qu'ils allaient mettre en une. On va poser avec une robe Dior. Non, mais cette photo est en mouvement. C'est pas une photo où je pose, mais elle est en mouvement. Moi, je ne le reproche pas non plus au magazine, ni au photographe. Peut-être que j'aurais dû demander en disant, mais attention, peut-être, quelle est la photo que vous allez mettre ?
Il y en a d'autres à l'intérieur, je me souviens. C'était trois doubles pages avec les photos. On voit vos collants résilles aussi.
Non, mais M. Cohen, j'ai le droit de porter les collants que je veux, les chaussures que je veux, je me souviens, c'était des bottes.
Non, c'était des bottes, mais c'était des photos posées.
J'étais effectivement, c'était à l'issue du déjeuner, mais à aucun moment, M. Cohen, on m'a dit que ces photos allaient servir pour la une de Paris Match ou pour illustrer l'article, parce que l'article à l'intérieur, je me souviens exactement, j'avais une chemise blanche, une jupe bleu marine, et j'étais à mon bureau de ministre. Donc voilà, ils ont pris une photo pour illustrer l'intérieur. Les autres photos qui n'étaient pas destinées à cela ont illustré, voilà, ça ne s'est jamais reproduit, parce que j'ai compris après qu'on pouvait demander à un magazine éventuellement quelle était la photo qu'on pouvait mettre.
Vous écrivez que vous ne faites pas partie du serail et qu'on vous renvoie une image de vous que vous trouvez déformée. Vous ne vous reconnaissez pas dans l'image de l'intrigante, partie de rien, arrivée à tout par des moyens douteux. Pas intrigante, mais tenace, ça c'est une certitude. C'est pas la même chose. Un désir farouche d'indépendance et d'ascension sociale, un premier boulot à 14 ans, de la vente en porte-à-porte, femme de ménage, réceptionniste, aide-soignante. Votre leitmotiv, c'était jamais le sort de ma mère, jamais la citée. Comment vous dire ? Intrigante, c'est pas tenace. Vous savez, quand vous commencez à...
Moi, j'ai vécu dans un milieu où vous parliez des femmes il n'y a pas si longtemps que ça. Moi, je n'ai jamais été féministe par idéologie ou par marketing, mais par survie. Quand vous vivez dans une cité ouvrière où la plupart des femmes sont interdites de sortir, y compris de leurs appartements, et je l'écris, le prétexte de sortir était la PMI. Je disais, on a été peut-être les bébés les plus pesés de France. Parce qu'elle disait à mon père, oui, il faut qu'on emmène les enfants pour peser. Toutes les femmes se retrouvaient dans ces endroits.
J'ai appris de cette solidarité collective quand il y en a une qui ne voulait pas avoir un enfant supplémentaire, quand il y en a une autre qui voulait avoir une contraception. Donc, de tout cela, je me suis dit, jamais ça. Ça aurait pu vous engager ? Vous vous donnez envie de vous engager à gauche, Rachida Dati ? Mais je suis l'enfant de la cité ouvrière. Mon père était engagé, il était presque par obligation communiste syndiqué CGT. C'était presque un automatisme dans l'usine où il était. Moi, j'étais contente des cités ouvrières. La cité ouvrière, c'est quoi ? Le bibliobus, c'est quoi ? J'ai découvert la montagne, il y en avait une sortie scolaire, les colonies de vacances.
Non, mais vous n'êtes pas tombée à gauche, c'est ça que vous dites, Elisabeth.
Non, mais pourquoi ? Parce qu'au moment où je passe mon bac, c'est en 1983, nous sommes sur la marche pour l'égalité des droits qui a été transformée en marche des beurres. C'est-à-dire qu'on nous renvoie une image qui n'est pas nous. Moi, je n'ai pas de lecture communautaire ou ethnique de ma vie, de mon succès, notamment à l'école. Les clés de ma liberté. Mais c'est toujours... C'est vrai que quand vous dites intrigante, on ne fait pas cette même remarque à un homme qui a super bien réussi. C'est du sexisme ? Tout est fou. Parce qu'elle n'est pas totalement insultée, cette réputation.
Quand les journalistes d'Avey et l'Homme du Monde racontent que quand vous vous êtes incrusté au bluff dans une réception à l'ambassade d'Algérie pour rencontrer Albin Chalando, ancien patron d'Elf, pour lui dire que vous rêvez d'être patron d'entreprise, ou quand vous poursuivez Jean-Luc Lagardère jusque dans les toilettes, pour lui dire que vous voulez travailler pour lui. C'est plus que du culot, Rachida. Je vais vous expliquer exactement et je l'écris. Et les personnes... Jean-Luc Lagardère, paix à son âme, qui était un homme formidable. Vraiment un industriel formidable. Un homme d'une grande qualité. Albin Chalando est encore là et Catherine Ney est encore là.
Ils ont été témoins de mon parcours. Pierre de Bousquet, qui est coordinateur du renseignement, il était chef de cabinet d'Albin Chalando. J'ai eu une invitation pour la réception à l'ambassade d'Algérie. Maman est algérienne. J'y vais, mais le sort et le hasard, c'est que quand je travaillais de nuit à l'hôpital, à la clinique, j'ai commencé, j'avais 16 ans. Et donc, quand vous travaillez de nuit, on a après, on se retrouvait avec les infirmières et les soignantes, j'ai après tricoté d'ailleurs là-bas, et on lit la presse. Moi, je disais, je récupérais la presse qui était dans les cabinets médicaux. Il y a un grand portrait d'Albin Chalando.
Et je suis intriguée par le prénom, pour tout vous dire. Donc, je lis l'article. Et c'est un portrait d'Albin Chalando. Quelques semaines plus tard, je me rends à cette réception. L'huissier annonce Albin Chalando. Je me dis, mais ça correspond à l'article que j'ai lu. Et donc, me revient à la mémoire tout son parcours. Donc, effectivement, je l'aborde, je dis, je sais qui vous êtes. J'aimerais discuter avec vous. J'aimerais pouvoir parler avec vous. Parce que j'étais en doc d'économie, mais j'étais toujours à l'hôpital et à la clinique. Je me disais, il faut à un moment donné que j'ai un stage en entreprise qui corresponde à mes études. Donc, je discute avec lui.
Et il me dit, il me dit, appelez mon bureau. Je dis, ben non, dites-moi oui ou non, on se rend compte. Il m'a donné son adresse chez lui. Et je lui écris, c'est comme ça que je l'ai rencontré. Et c'est vrai que ma vie a changé. Concernant Jean-Luc Lagardère, pour tout vous dire, c'est pas, je ne suis pas allée au culot, le suivre. Je vais vous dire, ma soeur qui a eu, ma soeur aînée, qui a eu de lourdes épreuves dans sa vie. Très, très lourde. Elle est au Maroc. Je la fais revenir, grâce à Simone Veil, notamment. Et elle revient. Et à un moment donné, elle a eu une rupture dans ses études. Il y a la fondation de la vocation qui existe.
A l'époque, il y avait Robert Ersan, qui était impliqué dans cette fondation. Et il y avait effectivement Marcel Bernstein Blanchet. Et c'est en 89. Et cette année-là, c'est les 30 ans de la fondation. Ma soeur est lauréate. Et un grand donateur, c'est Jean-Luc Lagardère, que je connaissais. J'étais très intéressée par ces hommes-là qui correspondent à une France. Je suis allée l'aborder, c'est vrai. Je lui ai dit, vous savez, je peux travailler pour vous. Il m'a répondu, il n'y a pas de raison que je me prive d'un tempérament comme le vôtre. Il m'a reçu la semaine d'après. Je suis rentrée, j'ai travaillé chez Matra. Voilà, chez Matra.
Paris et municipale, c'est votre tour. En 2013, vous vouliez déjà, vous avez finalement renoncé à la primaire UMP face à Nathalie Cossus-Comorisé. Cette fois, c'est vous et vous seul. Dans votre livre, vous décrivez un pari à l'abandon. Pour quel projet ? Quel pourrait être le pari de Rachida Dati ?
Quand j'arrive à Paris en 1987, vous imaginez, je fais Paris, je suis à Chalence-sur-Saône. Déjà, je commence mes études à Dijon. Je faisais les arriers-retours et je me souviens à l'époque, pour prendre les trains les moins chers, vous vous souvenez, les trains militaires étaient les moins chers. Vous preniez la nuit, parce qu'on était, j'étais à 10 francs près. Et je travaillais. Et donc, quand j'ai eu l'opportunité de venir à Paris, j'ai eu le sentiment, mais franchement, c'était le Graal. Et donc, cette ville m'a donné ma liberté. J'ai pu rendre heureuse maman avant qu'elle ne décède. Ça, pour moi, c'était important pour des tas de raisons.
Elle a pu voir un changement de vie, y compris pour elle. Donc là, je me disais, l'enfant que je suis, je lui ai rendu ce qu'elle n'a pas eu. Et le pari d'aujourd'hui
et le pari de demain ?
Non, mais cette ville, elle était porteuse, c'est ce que je mets, ce n'est pas un slogan. C'est la ville de toutes les promesses pour tout le monde. Les gens qui viennent à Paris se disent, je vais me réaliser, je fuis peut-être quelque chose, y compris pour les réfugiés. Paris, c'est le lieu, c'est le refuge le plus ultime. Je trouve que, depuis toutes ces années, je trouve que Paris, c'est beaucoup dégradé. C'est dégradé en termes de sécurité, il s'est dégradé en termes de propreté, il s'est dégradé en termes de mobilité, il s'est dégradé en termes d'accessibilité, et y compris pour la culture.
Vous savez, on parle maintenant de radicalisation, on en parle comme si c'était nouveau, mais pendant très longtemps, j'ai cru qu'il fallait, et on n'échappe pas à son enfance, je reproduis ce travers avec ma fille. Il faut être bon en maths, bon en français, sur les fondamentaux, la culture est accessoire. Sans culture, mais vous pouvez être dans des états, mes parents ne savaient pas lire et écrire. Vous imaginez ce que pour moi ça veut dire la culture ? D'ailleurs, quand j'étais magistrat dans la pénitentiaire, je demande à ce qu'aux éditeurs, j'ai demandé aux éditeurs, leur livre invendu, ils les mettent au pilon, les envoyer dans les établissements pénitentiaires.
Et alors aujourd'hui, Paris reste une grande ville
de culture ?
Oui, grande ville de culture, pour les très privilégiés. C'est la ville des grands événements. Ah bon ? Le prix du théâtre ? Moi, il y a une chose qui m'a frappé en 2008, les conservatoires. Pour moi, le conservatoire, c'est la culture accessible dans l'excellence. C'est l'excellence accessible. Il y a des listes d'attente, vous ne pouvez pas imaginer. Vous avez surpris cette situation dans le 7e. En tout cas, je l'ai surpris dans le 7e. Et puis les parisiens sont gratuits. Non mais attendez, Bertrand. Non mais qu'ils soient gratuits, c'est une chose. L'accès à la culture, c'est autre chose, M. Cohen. C'est autre chose.
Vous, vous y connaissez, donc vous allez voir un musée, vous vous y connaissez. La culture, ce n'est pas une promenade. C'est quelque chose qui vous enrichit, qui vous apporte quelque chose. On n'y est plus. Les conservatoires, c'est normal que vous puissiez mettre votre enfant sur tirage au sort. C'est ça la reconnaissance du mérite et de la passion ou de l'envie. Plus ou moins de voitures
dans Paris.
Aujourd'hui, ça a été un concept écologique, la lutte entre voitures. Ce n'est pas de dire on a des mobilités alternatives. Moi, je ne suis pas contre de lutter contre la voiture, mais mettez des transports alternatifs, collectifs, dignes de ce nom. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. le métro, les bus, le tramway, même les mobilités dites douces qui ne sont aujourd'hui pas douces puisque c'est anarchique. Donc, aujourd'hui, si on avait une politique de transport public, collectif, plus importante, plus propre, plus accessible, que ce soit sous terre ou sur terre, si je puis dire, je pense que les gens pourraient dire on laisse la voiture.
Regardez, Montpellier, ils ont fait les parkings relais aux portes de la ville. Vous laissez votre voiture, vous prenez... Mais là, ce n'est même pas le cas. Les gens, tout le monde ne peut pas aller prendre un vélo ou une trottinette. Ce n'est pas possible.
Un mot encore, on parlait de justice tout à l'heure. Trois juges d'instruction ont été désignés pour enquêter sur les rémunérations que vous avez perçues du groupe Renault pour des missions de conseil. En cas de mise en examen, est-ce que vous maintenez votre candidature et votre campagne à Paris ?
Je suis déterminée à aller jusqu'au bout. Même en cas de mise en examen ? C'est la question, vous vous donnez tous le mot, c'est devenu la question. Non, je vous explique.
Non, je ne vous ai jamais posé cette question.
Monsieur, parce que c'est la question, dès qu'il y a une enquête ouverte, on considère... Et c'est bien pour les politiques. La question a largement posé sur la campagne de François Fillon à la dernière présidentielle. Mais monsieur Cohen, je ne me laisserai pas faire. J'explique dans ce livre et je les cite, les manœuvres que j'ai pu avoir, les menaces de mort, les doubles des clés de chez moi, les captations de mes correspondances, de mes écoutes téléphoniques. Enfin là, c'est le parc national financier. Non, non, c'est pas sur... Monsieur Cohen, vous pouvez m'exister.
C'est le parc national financier qui a ouvert une information judiciaire.
Alors, je vais vous expliquer. Oui, je vais vous juste... Pardonnez-moi, je ne veux pas vous faire un cours. Je vais juste vous expliquer l'origine. Il y a un avocat, ce n'est pas Renaud qui a déposé plainte. C'est pour ça que d'ailleurs... Moi, je souhaiterais...
C'est l'avocat du principal prévenu dans l'affaire d'espionnage de Renaud.
Oui, sans doute, oui. Oui, mais ce n'est pas le prévenu.
C'est l'avocat du principal prévenu dans l'affaire d'espionnage de Renaud.
Monsieur Cohen, cet avocat, issu des milieux occidents, a pris son épouse, ce qui est illégal. La plaignante, c'est son épouse.
Quel occident, de quoi parlez-vous ?
Maître Baduel est issu des milieux d'Occident.
Quel rapport avec un mouvement d'issue il y a 50 ans ?
Monsieur Cohen, je vous dis, il est issu de ces milieux-là. Il a pris sa compagne. C'est illégal. Vous ne pouvez pas, comme avocat, prendre votre compagne. Est-ce que je peux juste terminer ? Parce que je voulais terminer.
Terminer, je vous en prie.
Il prend sa compagne comme plaignante. Il achète des actions pour la cause avant une assemblée générale de Renaud et il dépose plainte au moment où j'annonce ma candidature. Voilà.
Mais il a été pris au sérieux par le parquet national financier.
Non, parce qu'il y a un examen de la recevabilité de la plainte.
Il y a un examen
de la recevabilité de la plainte. J'ai déposé plainte.
C'est le postade de l'enquête préliminaire, mais pas pour l'information judiciaire.
Oui, mais l'information judiciaire n'a pas été ouverte contre Rachida Dati. Elle est ouverte dans l'affaire Renault-Nissan. Ce n'est pas Rachida Dati. Je suis très au clair. Et juste une précision, Monsieur Cohen, moi je travaille pour gagner ma vie depuis toujours. Ces contrats d'avocat ont été transparents. Ils ont été déclarés. Ce ne sont pas des revenus, ce sont des honoraires sur trois ans. Voilà. Ce sont 900 000 sur trois ans. Et donc, ce sont des honoraires qui ont été déclarés en toute transparence. Et j'ai fait ça dans toute la légalité. Déclarés au Parlement européen, à la Haute Autorité et aux services fiscaux.
Autre sujet que vous abordez longuement dans ce livre, ce sont les violences faites aux femmes. Sujet d'actualité. Hier était organisée une marche blanche à Oberhofen sur Mauder en mémoire de Sylvia Hochter, tuée à 40 ans par son mari. Une semaine plus tôt, notre reporter, Nelson Jetten, était dans le cortège.
La justice, il faut qu'elle se réveille, honnêtement. Parce qu'on ne peut plus continuer comme ça. Cette femme, je la connaissais. C'était comme deuxième maman. Et j'ai appris ça. Je suis directement venue ici. Je me battrai jusqu'au bout. Je serais que la justice, elle nous entend.
C'est la deuxième marche que je fais cette année. J'ai une amie à moi qui est pareille, qui nous a quittés trop tôt. Et c'est important que les gens fassent quelque chose et qu'on arrive enfin à essayer de plus agir parce que Sylvia était la 131ème. Là, on en est à 134 au jour d'aujourd'hui. 135 aujourd'hui.
Ça veut dire qu'il y a eu encore 4 féminicides cette semaine après Sylvia. Aujourd'hui, vous décidez de mener ce combat avec Stella. Où est-ce que vous trouvez la force de mener ce combat-là ? C'est sa mère. Sa force, c'est elle. Clairement, je n'ai pas d'autre mot à dire. C'est une femme qui ne s'arrêtait jamais de se battre. Elle était toujours là à sourire. Désolé pour le terme et presque à dire « Oh, tu veux que je tente la quine dans la gueule là ? Réveille quoi ! » C'est maintenant « Bouge ton cul ! » C'est... Montre que t'es là. Montre ton existence. Bah toi jusqu'au bout. Sylvia disait toujours « J'ai du plan dans les pieds, je ne reculera jamais.
Aujourd'hui, ce plan nous l'a filé et on reculera pas devant ce qui s'est passé. » Pourquoi c'était important pour vous de rendre hommage à Sylvia aujourd'hui ? Parce qu'on a vécu la même chose que sa maman. Mais en fin de compte, on est encore là. On a pu être sauvé. Il m'avait tiré dessus avec un revolver et j'ai pu me sauver de justesse. C'est le voisin qui m'a récupéré, qui m'a emmené à l'hôpital. Il m'a opéré la balle. Elle était entre la colonne verte émeral et les poumons. Et je n'ai pas déposé plainte. Parce que je savais que je serais obligée de retourner à la maison.
Quand vous n'avez pas de travail, quand vous n'avez pas de voiture, quand vous n'avez rien, quoi, sans votre mari, vous êtes rien, entre parenthèses. Et donc, c'est toujours quand j'entends certaines personnes en commentaire qui disent « Mais elle n'avait qu'à. Elle n'avait qu'à. » Il faut pouvoir. Ceux qui ne l'ont pas vécu ne peuvent pas savoir le calvaire que vivent ces femmes.
Hier, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, déclarait au JDD que la chaîne pénale
contre les violences conjugales n'était pas satisfaisante. C'était à la suite d'un rapport sur les violences conjugales où on en apprenait notamment que 83% des victimes sont des femmes et que 80% des plaintes sont classées sans suite. Un chiffre énorme. La garde des Sceaux a avancé plusieurs idées pour lutter contre ces violences comme lever le secret médical pour que les médecins puissent signaler les violences conjugales même sans l'accord des victimes. Vous êtes d'accord avec ça ? Vous parlez des violences conjugales dans ce livre. Qu'est-ce qu'il faut faire selon vous ? Sur cette question du secret médical, je vous renvoie à une loi du 5 mars 2007. Je me suis battue pendant des mois.
J'ai vu l'ordre des médecins. Dans cette loi, il y a déjà le fait que les médecins puissent délier du secret pour dire que quand ils reçoivent une femme, ils puissent signaler à l'autorité judiciaire les violences. Je me suis opposée à tous les médecins. Ils ne voulaient pas. Ils disaient... D'ailleurs, on l'a mis dans le texte. On a cédé là-dessus parce que sinon, ils ne voulaient pas. Il y avait deux aspects. C'est de dire « Docteur, vous recevez une âme... » Enfin, ceux qui ont connu ça savent très bien comment ça se passe. Signalez-le à l'autorité judiciaire. Ils disaient « Non, parce qu'on se délie du secret médical. » Donc, on a écrit dans le texte, sinon ils n'étaient pas d'accord.
On a mis signalement avec l'accord de la victime. On sait très bien que de toute façon, elles ne veulent pas donner. Mais à l'époque, en 2007, ils n'ont pas voulu céder là-dessus. Il y a eu ce premier point. Et l'autre point, c'est la prise en charge. C'est pour ça que moi, je voulais contourner le fait de dire de ne pas demander l'accord de la victime. Vous savez, il y a un article dans le code pénal s'agissant des mineurs ou des personnes handicapées où les personnes dites vulnérables. Donc, on considère que pour les mineurs, personnes handicapées ou dans le cas des abus de faiblesse. J'avais dit une femme victime de violence, c'est une femme vulnérable.
Et donc, je voulais la mettre dans cet article du code. Et là, j'ai eu des oppositions d'associations de femmes en disant vous ne pouvez pas dire que nous sommes des personnes vulnérables ou diminuées. Donc, on s'est heurté à ça. Mais on l'a mis dans le texte. Donc là, je me réjouis qu'enfin, les médecins acceptent de se délier de ce secret médical et de le signaler à l'autorité judiciaire. Le deuxième point que nous avons pu obtenir, parce que le gouvernement auquel j'appartenais, à l'époque, moi, j'étais que collaboratrice de Nicolas Sarkozy. Et Sarkozy était favorable. Et donc, du coup, on a adoubé une proposition de loi communiste. C'était l'éviction du conjoint violent.
Parce que quand il y a comme ça... Ils quittent le domicile conjugal et pas la femme. Et pas que ce soit la femme et les enfants. Ce qu'on a instauré et ce qu'on a mis, c'était les psychologues et les travailleurs sociaux dans les commissariats et les gendarmeries. On les a mis en place que souvent, vous venez déposer plein, il y a les enfants qui sont avec vous et vous ne savez pas... Et puis, elle repart chez elle avec les enfants. Tout le monde de dire que la justice, la chaîne pénale n'est pas satisfaisante. Je vais vous donner des cas très précis. Pourquoi ce n'est pas satisfaisant ? Ce n'est pas que la justice ou que les magistrats sont inhumains. D'abord, c'est très éloigné.
Une femme va déposer plainte au commissariat. Imaginons, on enlève la question de la main courante. C'est vous déposez plainte, la plainte part au parquet et vous êtes convoquée. Souvent, trois mois plus tard, la femme n'y va pas. Et donc, quand vous avez un retour de la police qui vous dit qu'elle ne s'est pas présentée, on classe. Et donc, c'est là où, effectivement, il faut mettre quelque chose là-dedans. Mais moi, ce que j'aurais aimé entendre du gouvernement, ce n'est pas un grenelle des violences conjugales. Ce n'est pas un grenelle. Moi, j'ai trouvé ça même... Moi, ça m'a un peu heurtée d'avoir un grenelle des violences conjugales. Ce n'est pas le grenelle de l'environnement.
On n'a pas un débat sur le dispositif. C'est une politique pénale globale. Quand j'étais garde des Sceaux, j'ai mis une politique pénale sur les violences faites aux femmes. C'est interpellation, défermant et à l'audience de requérir le mandat de dépôt. Parce que sinon, vous n'y arrivez pas. La sanction, la fermeté, c'est quand même dissuasif. Merci beaucoup, Rachida Dati. Merci. Je renvoie à la confiscation du pouvoir édité chez Plon. Je veux vous raconter sans indulgence l'élite qui dirige la France. Merci. Vous restez avec nous. On va continuer à commenter l'actualité dans le 5 sur 5 de Maxime Switek. Merci.
Rachida Dati