Éric Zemmour: «Sur le climat, l'idée d'un référendum, c'est bien joué»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00ComplaisanteRéponse directe
Vous revenez aujourd'hui sur l'initiative présidentielle de lancer un référendum sur le climat, c'est bien joué non ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Est ce qu'on a besoin encore de réformer la Constitution ?
- 4:01OuverteRéponse directe
L'urgence climatique ne justifie pas un référendum selon vous ?
- 6:01OuverteRéponse directe
Pour vous choisir le thème du climat comme sujet de référendum ce n'est pas anodin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:01Éric ZemmourFait
« Est ce que le climat nécessite un référendum ? Est ce que c'est une question assez importante ? »
- 6:01Éric ZemmourFait
« On a vu lors des dernières municipales, les verts ont fait une percée uniquement dans les métropoles. »
- 8:01Éric ZemmourFait
« Emmanuel Macron prend son risque, il risque de tomber dans ce que Francois Mauriac appelé la maladresse des demis-habile. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Eric Zemmour. Vous revenez aujourd'hui sur l'initiative présidentielle de lancer un référendum sur le climat, c'est bien joué non ? Je pense que c'est la première réaction de tous, c'est bien joué, vous savez en France on n'est pas seulement citoyen on est aussi un peu "afficionado".
On regarde la politique avec les yeux du football d'amateurs de corridas et on dit "ça c'est bien joué, c'est une belle passe, c'est un beau dribble etc". Bon très bien, on se souvient des référendums passés de celui de Chirac sur le quinquennat, même pour les plus anciens se souviennent de Pompidou sur l'entrée de la Grande-Bretagne dans l'Europe en 72 qui avait divisé l'union de la gauche qui à l'époque menaçait son pouvoir. D'accord, tactiquement, c'est bien joué on dit chapeau etc.
Maintenant, derrière, on s'interroge, forcément. Déjà, est ce qu'on a besoin encore de réformer la Constitution ? On a déjà transformé les lois en espèces de textes bavards qui sont des des pétitions de principe etc.
Est ce qu'on a besoin que la Constitution devienne ça aussi. Mais l'urgence climatique ne justifie pas un référendum selon vous ? C'est la question suivante.
D'abord pourquoi transformer encore la Constitution ? Première question. On en a déjà trop fait, on l'a déjà trop modifié.
On a modifié l'équilibre admirable de la Constitution écrite par Debré et part De Gaulle. Deuxièmement, alors là votre question, est ce que le climat nécessite un référendum ? Est ce que c'est une question assez importante ?
Apparemment c'est une question très importante. Mais est ce que ça nous concerne seulement nous français ? Est ce que c'est une question que peut régler le peuple français ?
Je suis pas sûr. En plus est ce que c'est la question vraiment urgente aujourd'hui ? Alors que nous avons une crise sanitaire dont on n'arrive pas à se sortir.
Nous avons une crise sanitaire qui va provoquer une crise économique et sociale énorme et que nous avons des jihadistes qui tuent régulièrement, ponctuellement partout en France, que nous avons une immigration que nous maîtrisons plus qui est devenue depuis longtemps une "invasion" selon le mot du président Valéry Giscard d'Estaing qui vient de mourir et que nous avons des "quartiers islamisés qui se détachent petit à petit de la République Française" selon la fameuse formule de Macron lui même sur le séparatisme. Il y a des sujets qu'on pourrait traiter par référendum. Je suis pas sûr que le climat soit un sujet qu'on pourrait traiter par référendum, dire que oui il faut protéger le climat mais encore.
Pour vous choisir le thème du climat comme sujet de référendum ce n'est pas anodin ? Oui, c'est à dire que l'on voit bien au delà de la tactique : désarmer les verts qui seront obligés de les suivre embêter le Sénat qui sera obligé d'acquiescer sous peine de passer pour un ennemi du climat. Bon voyez le coup tactique qu'on a apprécié au début.
Mais il y a une sociologie qui est révélatrice. On a vu lors des dernières municipales, les verts ont fait une percée uniquement dans les métropoles. C'est à dire il y a une certaine sociologie, les gens qui habitent les métropoles.
Les vainqueurs de la mondialisation, ce qu'on caricature sous le terme de "bobo", c'est eux qui se soucient du climat, c'est eux qui votent vert, c'est eux qui veulent des villes avec des vélos etc. La france périphérique selon la terminologie de Christophe Guilluy, elle, ce n'est pas son sujet, ce n'est pas le sujet principal. Si vous voulez il ya deux France y a la France des métropoles qui se soucient du climat qui craint le grand réchauffement et il y a la France périphérique qui se soucie de social et d'immigration qui craint le grand déclassement et le grand remplacement et entre ces deux France, c'était déjà le clivage de 2017 et il va se coaliser, se coaguler autour de cette question référendaire.
Je ne suis pas sûr contrairement à la présidentielle où il y avait la présence commode de Marine Le Pen voyez pour permettre à Macron d'être largement majoritaire, là il n'y a pas la présence de Marine Le Pen et donc on a les deux France et Christophe Guilluy nous a appris que c'était la France périphérique qui était majoritaire, ce n'est pas la France d'Emmanuel Macron. Donc là ça peut être très intéressant d'ailleurs, on va enfin coaliser c'est deux France. Si les gens vont voter, parce que il y aura le problème de l'abstention, mais si les gens vont voter on aura enfin c'est deux France qui vont se révéler et s'affirmer l'une en face de l'autre et là on verra effectivement parce qu'un référendum ça se gagne quand la question est essentielle.
Les institutions en 58 et en 62 l'Algérie en 61, l’Europe en 92, même si c'était de justesse mais ça se gagne. Mais ça se perd aussi, Chirac l'a perdu en 2005 sur l'Europe, De Gaulle a perdu en 1969 sur les régions parce que personne ne comprenait quel était l'importance de la suppression du Sénat. Donc Emmanuel macron prend son risque, il risque de tomber dans ce que Francois Mauriac appelé la maladresse des demis-habile.
Merci Eric Zemmour.
Éric Zemmour