G20-G8 : conférence de presse de Monsieur Nicolas Sarkozy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 79 %Attaque 11 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 27:43OuverteÉludée
Comment faire avancer la bonne gouvernance quand les jeunes du Maghreb demandent des emplois et que la corruption des dirigeants est flagrante ?
- 30:10OuverteRéponse directe
Les objectifs du G20 ne risquent-ils pas d'apparaître déconnectés des préoccupations françaises ?
- 33:14OuverteRéponse directe
Quels résultats concrets en matière agricole sur la transparence des stocks ?
- 39:21OuverteRéponse partielle
Le G20 pourrait-il se passer de Dominique Strauss-Kahn si son mandat changeait ?
- 41:40OuverteRéponse directe
Quel soutien avez-vous pour réformer le système monétaire global ?
- 47:09OuverteRéponse directe
Vous avez évoqué la question des financements innovants... une taxe sur les activités financières ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:30PrésentateurChiffre
« En 2050, la Chine pourrait devenir la première économie devant les États-Unis, l'Inde la troisième, le Brésil la quatrième. »
- 6:32PrésentateurChiffre
« Depuis 40 ans, on a recensé 125 crises bancaires. »
- 7:31PrésentateurChiffre
« Le volume quotidien de transactions a dépassé 4 000 milliards de dollars par jour. »
- 9:05PrésentateurChiffre
« La volatilité des prix des matières premières agricoles sur les 20 dernières années a été multipliée par 3. »
- 11:05PrésentateurPromesse
« Nous avons prévu et promis 100 milliards de dollars par an aux pays en développement à partir de 2020. »
- 13:35PrésentateurFait
« Des hedge funds qui sont aujourd'hui régulés et qui ne dépendaient d'aucune autorité auparavant. »
- 13:43PrésentateurFait
« Des taxes bancaires instaurées pour limiter le risque systémique. »
- 13:48PrésentateurFait
« L'encadrement des bonus qui aujourd'hui fait consensus. »
- 14:09PrésentateurChiffre
« Depuis avril 2009, 600 conventions de transparence fiscale et d'échange d'informations signées. »
- 14:19PrésentateurChiffre
« 13 pays ont renoncé au secret bancaire à des fins fiscales. »
- 17:46PrésentateurFait
« Certains ont même parlé de guerre des monnaies. »
- 43:57PrésentateurChiffre
« 85% des transactions mondiales sont libellées en dollars »
- 49:50PrésentateurFait
« La taxe sur chaque transaction pénalisera plus le spéculateur que l'acheteur »
- 50:33PrésentateurChiffre
« Le monde a pris à Copenhague un engagement de 100 milliards de dollars pour les pays les plus pauvres »
- 55:04PrésentateurFait
« L'organisation internationale du travail a adopté huit normes fondamentales »
- 1:22:15Locuteur non identifiéFait
« nos deux jeunes compatriotes n'ont pas été tués, ils ont été lâchement assassinés »
- 1:22:49Locuteur non identifiéFait
« il y était depuis exactement une heure »
- 1:24:04Locuteur non identifiéFait
« les autorités du Niger nous avaient demandé de les aider à arrêter un convoi bourré de terroristes avec deux de nos jeunes compatriotes dedans »
- 1:24:51Locuteur non identifiéFait
« ce ne sont pas nos soldats qui ont tiré les premiers »
- 1:25:14Locuteur non identifiéFait
« la France discute chaque fois que l'on peut discuter »
- 1:25:35Locuteur non identifiéFait
« il n'y avait pas de volonté de discuter de la part des terroristes »
- 1:25:42Locuteur non identifiéFait
« la position de la France c'est face au terrorisme il n'y a que la fermeté »
- 1:29:30Locuteur non identifiéFait
« l'importance que j'attache à la paix au Moyen-Orient »
- 1:33:30Locuteur non identifiéFait
« la France se sert de cette amitié pour dire à la Syrie que le Liban est indépendant et doit le rester »
- 1:33:54Locuteur non identifiéFait
« le groupe de contact je n'y ai pas renoncé »
- 1:36:00Locuteur non identifiéPromesse
« la France notamment proposera l'organisation d'une conférence des donateurs pour le futur État palestinien »
- 1:36:56Locuteur non identifiéFait
« tout le monde le sait, tout le monde le sait »
- 1:43:24Locuteur non identifiéFait
« les sanctions en la matière commencent à produire leurs effets »
Temps de parole
- Présentateur91 %
- Invité2 %
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Mesdames et messieurs, bonjour. Merci pour ceux qui se sont levés. Ce n'est pas obligatoire. Enfin, j'y suis sensible malgré tout. Monsieur le Premier ministre, cher François, mesdames et messieurs les ministres, pour la première fois, le corps diplomatique est convié à une conférence de presse. Et comme cette rencontre coïncide avec la période des voeux, je voudrais d'emblée, monsieur le nonce, mesdames et messieurs les ambassadeurs, vous demander de transmettre à vos chefs d'État les voeux chaleureux que la France forme à leur intention, et bien sûr à travers eux, au peuple qu'il représente.
Je voudrais également vous présenter à vous, mesdames et messieurs de la presse et des médias, mes meilleurs voeux pour 2011, une année riche d'actualités, mais également, je le souhaite pour vous, riche de bonheur et de succès. Chacun comprendra que j'ai une pensée émue pour votre confrère, photographe, notre compatriote, Lucas Mébrouc de Léga, mortellement blessé alors qu'il couvrait les événements en Tunisie. Aujourd'hui, je pense à sa famille, à ses proches, à tous ceux qu'il aimait. Lucas Mébrouc de Léga accomplissait son devoir de journaliste, il ne faisait rien d'autre que son métier, un métier difficile, exigeant, qui demandait de la passion et du courage.
Et Lucas ne manquait ni de l'un ni de l'autre. Il était bien connu ici à l'Élysée, où il venait souvent travailler avec la gentillesse, la discrétion et le grand professionnalisme qui le caractérisaient. Il était apprécié de tous. Et je sais qu'aujourd'hui, beaucoup d'entre vous ont le cœur serré d'avoir vu partir un photographe de talent, et j'imagine que pour vous, c'était un ami. J'ai également une pensée toute particulière pour Hervé Guesquière et Stéphane Taponnier, vos deux confrères otages en Afghanistan. 391 jours dans une angoisse insupportable. Tous les services de l'État sont pleinement mobilisés pour obtenir leur libération.
Nous n'épargnerons aucun effort pour essayer de mettre fin le plus vite possible à leur calvaire, comme nous le faisons pour tous les otages dans le monde. Mesdames et Messieurs, l'actualité internationale est riche, du Liban à la Tunisie, à la Côte d'Ivoire. Si vous le voulez bien, j'évoquerai dans un deuxième temps de cette conférence de presse toutes ces questions. Et je voudrais dans un premier temps me consacrer au G20 et au G8. Si vous le voulez bien, je ferai un petit propos liminaire, puis je répondrai à vos questions. Et enfin, on ouvrira un deuxième temps de la conférence de presse sur ces questions. Il me semble que c'est plus cohérent.
Au cours des deux derniers mois, j'ai consacré beaucoup de mon temps à consulter. Consulter des chefs d'État et de gouvernement, bien sûr, mais également des organisations internationales, des syndicats, des représentants des entreprises, des économistes, des chercheurs, d'anciens chefs d'État et de gouvernement étrangers. Je tire de ces consultations le message suivant. Si le G20 veut rester légitime, il doit demeurer efficace. Notre objectif est donc d'ouvrir des chantiers de fond, qui ne peuvent plus attendre, de façon à être en mesure de présenter des résultats concrets à une opinion publique de plus en plus impatiente. Plusieurs réunions ministérielles seront engagées.
Pour le G8, les ministres des Affaires étrangères se réuniront pour préparer le sommet de Deauville. Les ministres de l'Intérieur se verront pour travailler sur la lutte contre les trafics de drogue et, en particulier, de la cocaïne. Pour le G20, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales seront mobilisés. Mes deux autres réunions ministérielles seront programmées auxquelles j'attache une grande importance, celles des ministres du Travail et de l'Emploi, et celles des ministres de l'Agriculture.
Des colloques ou des séminaires alimenteront également la réflexion collective, et j'aurai l'occasion de me rendre auprès du président Oujín Tao pour un premier séminaire sur la réforme de l'ordre monétaire international en Chine à la fin du mois de mars. L'ambition de notre président, c'est simple, nous vivons dans un nouveau monde, nous avons donc besoin de nouvelles idées. Ce nouveau monde est marqué par un extraordinaire changement dans l'équilibre des puissances économiques mondiales. Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, c'est-à-dire quand le monde a créé l'ONU, le FMI, la Banque mondiale, le GATT, les États-Unis représentaient 45% du PIB mondial.
En 1975, lorsque le G7 a été créé, les États-Unis et l'Europe de l'Ouest représentaient à eux seuls les deux tiers du PIB mondial, depuis la fin des années 90, nous assistons à un bouleversement extraordinaire de cet équilibre. Le poids de la Chine en 10 ans, enfin, 2000-2010, a plus que doublé, dépassant le Japon comme deuxième économie du monde. En 2050, la Chine pourrait devenir la première économie devant les États-Unis, l'Inde la troisième, le Brésil la quatrième. On voit bien que tout ce qui a été créé en 1945, reposait sur des équilibres qui, aujourd'hui, ne sont plus les mêmes.
Ces transformations, nous les avons pris en compte, partiellement, et c'est notamment ce qui explique la création du G20, qui représente 85% du PIB mondial. Le deuxième constat qu'on peut faire après ce changement d'équilibre, c'est que nous vivons dans un monde totalement interdépendant, de plus en plus volatile, où les déséquilibres, non seulement ont augmenté en rapidité, ils se succèdent, mais ont augmenté en dimension. Alors, cette volatilité, nous la retrouvons partout. En préparant cette conférence de presse, j'ai voulu compter le nombre de crises bancaires et de crises financières, c'est assez extraordinaire.
Depuis 40 ans, on a recensé 125 crises bancaires, et si on prend les 40 dernières années, on s'aperçoit que ces 125 crises bancaires ont eu tendance à s'accélérer extraordinairement sur les 20 dernières années. C'est-à-dire que, non seulement les déséquilibres ne ralentissent pas, mais deviennent de plus en plus importants, et se succèdent de plus en plus rapidement. Mais si nous regardons les mouvements de capitaux internationaux, depuis 1990, le monde a connu 42 crises d'arrêt brutales des flux de capitaux. Ainsi, entre 2008 et 2009, les flux de capitaux vers les pays d'Asie ont été divisés par deux en quelques semaines, voire en quelques jours.
Comment les pays peuvent-ils résister et gérer une telle instabilité ? C'est absolument impossible. Sur les marchés d'échange, là aussi, les chiffres donnent le tournis, sont extraordinaires. Le volume quotidien de transactions a dépassé 4 000 milliards de dollars par jour. Je sais bien que ces chiffres n'ont aucune signification pour nos concitoyens, mais ce sont des réalités. Il faut les affronter. 4 000 milliards de dollars par jour, au volume quotidien de transactions, sur le seul marché d'échange, en augmentation de 20% depuis 2007, après une augmentation de 72% entre 2004 et 2007.
Là aussi, ce qui me préoccupe, bien sûr, c'est une idée très banale, que de dire qu'il y a de l'instabilité dans le monde. Mais ce qui est moins, c'est de montrer par des chiffres que ça s'accélère à une rapidité stupéfiante. Donc que les conséquences seront de plus en plus graves. Mais cette volatilité sur le marché d'échange, sur les crises financières, sur les crises bancaires, vous la trouvez exactement la même sur le marché des matières premières énergétiques. en 2008, le cours du pétrole sont passés en 6 mois, en 6 mois, de 140 dollars le baril de Brent à 40, divisé par 3. En 6 mois. Et je ne pense pas que la consommation d'énergie, les besoins, ont été divisés par 3 en 6 mois.
Mais si vous regardez les matières premières agricoles, la volatilité des prix des matières premières agricoles sur les 20 dernières années a été multipliée par 3. Et ça, c'est parallèle à la financiarisation croissante de ces marchés. Et c'est d'autant plus extraordinaire qu'il faudra une hausse de 70% de la production agricole d'ici à 2050 pour nourrir les 9 milliards d'hommes et de femmes qu'on comptera notre planète. C'est là où vous voyez combien la France sera forte en défendant la politique agricole commune, deuxième agriculture du monde, l'agriculture européenne, alors que les besoins de production agricole devront augmenter de 70% d'ici à 2050.
Ce n'est vraiment pas le moment de démanteler la politique agricole commune. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Les prix agricoles sont repartis à la hausse. A la fin décembre, le prix des matières premières agricoles a dépassé à la fin décembre 2010 les pics atteints en 2008. 2008 n'est pas une année que j'ai choisie au hasard puisque ça a été l'année des émeutes de la faim. On est déjà plus haut qu'au pic de 2008. Enfin, les désordres monétaires internationaux dans lesquels nous vivons ont rendu possible un creusement sans précédent des déséquilibres de balance des paiements. Alors là, c'est très simple, les déséquilibres des balances des paiements ont doublé depuis l'année 2000.
Troisième caractéristique, je viendrai aux solutions, mais je pense qu'il est impossible d'essayer d'amorcer des perspectives de solutions si on n'essaie pas de nourrir un diagnostic partagé avec nos partenaires. car naturellement, si le diagnostic n'est pas partagé, il est inutile d'espérer trouver des solutions communes. La troisième caractéristique, c'est les défis globaux, changement climatique, défis du développement qui demandent des réponses globales. Je rappelle et je rappellerai d'une manière inlassable que nous avons prévu et promis 100 milliards de dollars par an aux pays en développement à partir de 2020. C'est une promesse. C'est Copenhague.
Comment tenir cette promesse alors que nos pays connaissent des déficits budgétaires sans précédent, sans poser la question des financements innovants ? Elle est, cette question des financements innovants pour la France, une question cruciale. Le G8 nouveau devra offrir le débat public au niveau politique. et j'étais très heureux, notamment, dans ma rencontre avec le président Obama, de l'accord qui était le sien, pour que nous parliez en G8 de façon très informelle d'Internet. Je précise qu'il ne s'agit nullement de vouloir brider le développement d'Internet et de ses contenus. Internet est un progrès, c'est incontestable.
Internet, c'est une possibilité pour chacun d'avoir accès à une connaissance universelle et ne viendrait à l'idée de personne de brimer ce développement positif. Mais Internet ouvre, pour les responsables que nous sommes, de grands sujets de réflexion. Le G8, c'est 8 économies extrêmement modernes où Internet se trouve extrêmement développé. C'est le lieu pour en parler. La France organisera à la veille du sommet de Deauville un forum avec les principaux opérateurs de l'économie numérique des pays du G8.
Je crois qu'il est venu le temps maintenant de se faire confiance les uns les autres et de construire un modèle en additionnant nos compétences, en écoutant ce qu'ont à dire les grands opérateurs d'Internet, dont je suis certain qu'ils sont profondément responsables, en écoutant ce qu'ils ont, que eux écoutent ce que nous avons à leur dire, pour trouver un chemin pour un Internet civilisé. Alors, j'ai souhaité vous donner un aperçu des défis. Bien sûr, nous ne partirons pas de rien. Notre première priorité en tant que présidence, c'est de nous assurer que les décisions que nous avons prises au cours des 5 précédents sommets du G20 sont bien mises en œuvre.
C'est le cas en particulier de la régulation financière. En moins de 2 ans, il y a eu des progrès considérables qui ont été accomplis, même si cette idée a du mal à passer dans l'opinion publique, ce que je sais bien, il n'en reste pas moins qu'elle est juste. De nouvelles règles sur le capital des banques, des hedge funds qui sont aujourd'hui régulés et qui ne dépendaient d'aucune autorité auparavant, des taxes bancaires instaurées pour limiter le risque systémique, l'encadrement des bonus qui aujourd'hui fait consensus. Je vois que Morgan Stanley a annoncé que dorénavant, 60% des bonus versés seront versés avec un décalage, un peu plus même que ce que nous avions demandé.
Des paradis fiscaux longtemps intouchables, il y a eu, depuis avril 2009, 600 conventions de transparence fiscale et d'échange d'informations signées. 13 pays ont renoncé au secret bancaire à des fins fiscales et nous disposerons des premières évaluations du Forum mondial sur les cadres juridiques nationaux qui nous permettra de prendre des décisions. Le développement sera un deuxième enjeu majeur pour le G20. Je souhaite que notre double présidence fasse de l'Afrique sa priorité. Nous ferons porter nos efforts sur le développement, sur les infrastructures.
Au sommet de Cannes, nous adopterons une liste de projets concrets avec leur financement qui seront mis en chantier immédiatement et le panel de haut niveau chargé sera présidé par Tidiane Thiam, président du groupe mondial d'assurance prudentiale, ancien ministre ivoirien du plan et du développement. Je le remercie d'avoir accepté cette mission. Troisième élément, les financements innovants. J'en disais un mot il y a un instant. La France est favorable à une taxe sur les transactions financières. La France considère que cette taxe est morale compte tenu de la crise financière que nous venons de traverser, que cette taxe est utile pour dissuader la spéculation.
Je pourrais m'en expliquer si vous aviez des questions. Et que cette taxe est efficace pour trouver de nouvelles ressources pour le développement. Je sais bien que cette taxe a de grands ennemis ou de grands adversaires sur son chemin. Nous essaierons de les convaincre nous travaillerons avec M. Méles, Premier ministre d'Ethiopie, qui a fait un excellent rapport. Et la France confiera une mission à une personnalité de la société civile pour trouver des solutions innovantes à la lisière entre le secteur privé et le secteur public.
La France considère que la taxe sur les transactions financières est la meilleure, mais qu'elle ne peut pas épuiser à elle seule toute la question des financements innovants. Donc nous sommes prêts à discuter d'autres solutions, même si cette taxe sur les transactions financières, et en répondant à vos questions, je pourrais m'expliquer dessus, nous semble être la meilleure des formules. Dans le domaine de l'emploi et des questions sociales, les partenaires sociaux seront totalement associés aux travaux du G20. Nous organiserons pour la première fois un sommet social à la veille du sommet du G20, parallèlement à un sommet des chefs d'entreprise.
Il n'y a pas de raison qu'il y ait un sommet des chefs d'entreprise, ce n'est pas un sommet social. Et la question pour la France, c'est comment donner davantage de poids à l'Organisation internationale du travail dans la gouvernance mondiale. La France souhaite que nous réfléchissions à la mise en place d'un socle de protection sociale universelle. Ce n'est pas un modèle social unique qui n'a pas de sens, mais un socle. Et la France ne se résigne pas à ce que les huit conventions de l'Organisation internationale du travail sur les droits fondamentaux du travail ne soient pas ratifiées par tous les membres du G20. Par ailleurs, pour la plupart, membres de l'OIT.
Si on est membre d'une organisation, on ratifie les normes produites et adoptées par cette organisation. Alors, instabilité de l'ordre de monétaire international, volatilité des prix des matières premières. Toute l'année 2010 a été marquée par le débat sur les monnaies. Certains ont même parlé de guerre des monnaies. La vérité, c'est que l'instabilité du non-système international monétaire, nous vivons dedans depuis 1971. Dire qu'il y a un système monétaire, c'est déjà une grave erreur. Il n'y en a pas. Depuis 1971. J'ai lu beaucoup de choses et qu'il me soit permis de préciser un certain nombre de ces points. D'abord, la France ne souhaite pas revenir à un système de change fixe.
D'ailleurs, il y aurait contradiction à vouloir revenir à un système de change fixe, alors que, par ailleurs, nous dénonçons le fait de la volatilité de l'euro qui ne correspond pas à des réalités économiques. Donc, le système de change fixe a comme caractéristique de ne pas s'adapter aux réalités de l'économie. la France ne souhaite pas remettre en cause le dollar qui joue un rôle éminent et doit être une monnaie forte que le déclare si souvent le président Obama. La France n'est pas davantage favorable au contrôle des capitaux. Bon, ça, c'est le socle pour autant.
Une fois qu'on a apporté ces trois négations, y a-t-il une seule personne dans le monde qui peut affirmer que le système monétaire international fonctionne bien et qu'il n'y a pas de problème. Alors, il ne s'agit pas d'aborder ces questions sous un angle idéologique mais sous un angle pragmatique. Notre ambition, c'est de converger avec nos partenaires sur des propositions concrètes. Notre position est simple, elle se résume d'une phrase, l'émergence de nouvelles puissances économiques conduira inéluctablement à l'énergence de nouvelles monnaies internationales. c'est incontournable. La transition en cours peut être un facteur d'instabilité.
Nous avons donc un premier objectif, améliorer notre coopération économique au service de la croissance. Et pour cela, nous allons essayer de mettre d'accord tout le monde sur les indicateurs qui permettront d'analyser les déséquilibres persistants. Avant de s'affronter sur les déséquilibres, la France va essayer de faire converger tout le monde sur la définition des indicateurs qui permettent de mesurer les dits déséquilibres. C'est fascinant. Chacun se reproche ses déséquilibres, mais il n'y a aucune règle, aucun critère pour définir ce qu'est un déséquilibre ou ce qu'est un excédent. Donc ça, c'est notre premier travail extrêmement important.
et j'espère que nous aurons avec les ministres et les gouverneurs des résultats dès le mois de février prochain. Il s'agit ensuite que chaque État présente les actions de politique économique et les réformes structurelles pour réduire ces déséquilibres. Par ailleurs, nous devons répondre à un certain nombre de questions très difficiles. Comment réduire le besoin d'accumulation de réserves ? Évidemment, quand les pays se sont vus se vider des capitaux en quelques jours, ils essayent de s'assurer contre ce risque en augmentant considérablement leurs réserves, en se disant s'il arrive un pépin, j'aurai des réserves. Mais cette accumulation de réserves improductives pèse très lourd.
C'est une stratégie coûteuse. Ils nous font encore progresser pour créer de nouvelles facilités du FMI, comme le FMI a d'ailleurs essayé de le faire. Mais comment prendre mieux en compte le caractère systémique de certaines crises qui touchent toute une région et nécessiteraient non pas une réponse nationale, mais une réponse globale et multilatérale ? Comment mieux réguler les flux de capitaux internationaux ? Le cadre dans lequel nous vivons est aujourd'hui dépassé et la multiplication des mesures unilatérales récentes pose la question de l'établissement de règles multilatérales.
Nous proposerons au G20 d'élaborer un code de conduite en matière de gestion des flux de capitaux et à terme, la conviction de la France, c'est qu'une réforme des statuts du FMI est souhaitable pour que prévalent des règles communes et que le FMI exerce sa surveillance dans ce domaine. Donc vous voyez, on fixe des critères qui définissent les déséquilibres, on demande au FMI d'analyser ces critères, de mettre en surveillance l'application de ces critères et on essaie de faire converger tout le monde dans le respect de ces critères. Enfin, comment assurer la transition vers l'internationalisation des nouvelles monnaies ? Écoutez, le DTS, si on se souvient exact, a été créé il y a 42 ans.
42 ans après la création du DTS, peut-on s'accorder sur le calendrier les modalités de l'élargissement du DTS à de nouvelles monnaies comme le WAN et j'étais très heureux de voir que dans le communiqué de discussion entre le président Obama et le président Eugene Tao, la question de l'intégration du WAN dans le DTS a été posée. Mais c'est déjà immense de poser cette question. Quand la France en avait parlé il y a quelques mois, la première, ça avait suscité un nombre de polémiques. Alors ces questions sont des questions complexes, je suis certain que nous ne réglerons pas tous les problèmes en une présidence mais la France souhaite un débat car le débat ne peut plus attendre.
Je vous annonce en termes d'organisation que j'ai proposé à Mme Merkel qui l'a accepté que l'Allemagne copréside avec le Mexique qui assurera la présidence du GV en 2012 le groupe de travail qui sera chargé du système monétaire international. Deuxième question urgente, la volatilité des prix des matières premières. Si nous ne faisons rien, nous risquons des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres et par ailleurs un impact très défavorable sur la croissance mondiale. Quatre domaines d'action. Nous voulons la régulation des marchés financiers sur matière première. Sur certains d'entre eux, il n'existe pas de règles de base contre les abus de marché ou les manipulations de cours.
des travaux sont en cours aux Etats-Unis et en Europe. Il nous faut des règles communes. Comment expliquer qu'il est normal de réguler les marchés financiers mais qu'en revanche, on doit s'abstenir de toute règle sur les produits dérivés financiers en matière agricole ? Aucun sens. Nous devons améliorer la transparence sur les marchés physiques pour donner de la prévisibilité. Il faut connaître les perspectives de production, de consommation et les stocks. Nous allons proposer de créer une base de données commune comme celle dont nous disposons sur le pétrole afin de prévenir les crises alimentaires. Il faut renforcer notre dispositif de sécurité alimentaire.
Je pense à un code de bonne conduite pour exenter l'aide alimentaire des restrictions à l'exportation à la mise en place des stocks d'urgence comme extraordinaire que les fonds d'aide alimentaire sont obligés d'acheter les stocks de matières premières au prix le plus fort. C'est-à-dire non seulement la spéculation crée les émeutes de la faim mais les organisations d'aide alimentaire pour éviter que les gens ne meurent sont obligés d'acheter au prix le plus fort. Ça n'a aucun sens et c'est porteur d'une explosion fantastique dans des pays et dans des continents où on n'a pas de quoi se nourrir et c'est inacceptable.
Nous devons développer l'offre agricole que tous mes amis européens entendent cela. Développer l'offre agricole si nous voulons être en mesure de nourrir l'ensemble de la population mondiale. Les ministres de l'Agriculture ont une responsabilité immense dans le cadre du G20. Enfin, je souhaite que nous regardions comment mettre au service des pays les plus pauvres les nouveaux instruments financiers d'assurance pour se protéger des hausses de prix ou des événements affectant les récoltes. Et je viens de confier sur ce point une mission à Pierre Jaquet, l'économiste en chef de l'Agence française de développement. Je vous annonce par ailleurs que M.
Medvedev, président de la Fédération de Russie, a accepté de s'investir plus particulièrement dans le cadre de la présidence française sur ces sujets. Un mot pour terminer en m'excusant d'avoir été sans doute beaucoup trop long. La gouvernance mondiale. Sujet extrêmement vaste. Nous avons réformé le FMI, la Banque mondiale, nous avons créé le Conseil de stabilité financière. J'ai dit notre volonté que le FMI prenne toute sa place dans la surveillance des équilibres mondiaux. Mais il reste qui est énormément à faire.
La création d'une organisation mondiale de l'environnement, la cohérence de toutes les organisations agricoles, l'action des institutions financières par rapport aux normes fondamentales de l'OIT, la création d'un secrétariat permanent du G20 pour suivre la mise en oeuvre de nos décisions entre deux présidences. J'ai demandé au Premier ministre britannique David Cameron qu'il a accepté de travailler plus spécifiquement sur ces sujets. Donc vous voyez, ça décrit une présidence française collective. L'ordre du jour et l'agenda maintenant fait consensus. Les solutions ne font pas consensus, ça c'est certain. Mais on a donc beaucoup progressé sur la méthode de travail et sur l'agenda.
Il nous reste bien sûr à progresser sur les solutions. Mesdames et messieurs, si vous le voulez bien, je me livre à vos questions sur G20, G8, puis dans un deuxième temps sur les autres questions de politique étrangère.
Mireille Lemaresquier, France Info, Monsieur le Président, je suis présidente de la presse présidentielle et au nom de mes confrères, donc je vous présente tous mes voeux. Alors ma question est la suivante. Le G20, c'est aussi la bonne gouvernance. La bonne gouvernance, elle a été mise à mal ces dernières semaines avec ce que l'on voit en Tunisie, ce que l'on voit également en Algérie, ce que l'on voit en Égypte, l'Égypte des membres du G20. Est-ce que vous pensez que... Pardon,
vous corrigez, mais à ma connaissance, l'Égypte n'est pas membre du G20.
L'Égypte, en tout cas, assiste aux réunions du G20, à Séoul, ils étaient là. Voilà, donc ma question, en tout cas, Monsieur le Président, ma question est la suivante. Comment, lorsque vous présidez le G20, peut-on faire avancer la bonne gouvernance quand les jeunes dans le Maghreb ou au Proche-Orient demandent des emplois et quand il y a un fossé entre la corruption des dirigeants et les détournements des fonds publics.
Voilà. D'abord, merci de m'avoir rappelé que vous étiez présidente. Je vous en félicite et naturellement, entre présidents, je ne peux avoir que de la sympathie pour vous. Mais, j'ai organisé la conférence de presse avec deux thèmes. Excusez-moi, parce que sinon, on va partir dans tous les sens. Vous avez pris comme exemple de gouvernance ce qui se passe en Tunisie. Vous m'avez appelé à réfléchir à ce qui se passe en Algérie et en Égypte. Deuxième temps de la conférence de presse. J'y reviendrai, je vous assure. Et quant à l'Égypte, elle peut être invitée. C'est un pays considérable. C'est un pays pour lequel la France a beaucoup d'amitié.
C'est un pays qui a une place stratégique dans le monde arabe. C'est un pays avec qui nous collaborons vraiment quasiment au quotidien. Mais je rappelle que les 20 pays membres du G20 sont ceux qu'ils sont, en Égypte, mais qu'en plus du G20, il y a 5 invités, dont un invité permanent qui est l'Espagne. Et j'aurai l'occasion dans les semaines qui viennent quand j'aurai terminé mes consultations d'annoncer les 5 invités qui seront ceux de la présidence française. Excusez-moi de préciser ça comme cela.
François Bachy, TF1. Monsieur le Président, la mondialisation inquiète. Vous l'avez dit vous-même, les objectifs de ce G20 sont complexes. Est-ce que vous ne craignez pas qu'ils apparaissent un petit peu déconnectés, éloignés des préoccupations françaises, et comment faire pour rétablir le lien ?
Monsieur Bachy, sans doute, je me suis mal expliqué, mais justement, je pense que profondément, le calendrier, l'agenda retenu par la présidence française est de nature à reconnecter les opinions publiques et le G20. Est-ce que franchement, la régulation du prix des matières premières n'est pas un problème quotidien ? Est-ce que vous pensez franchement aller donc demander aux éleveurs du centre de la France si le prix des céréales pour nourrir leurs bêtes, ce n'est pas un sujet quotidien ? C'est profondément un sujet quotidien. Les variations entre l'euro et le dollar, sur les dix dernières années, c'est de l'ordre de 80%.
Aller donc demander aux chefs d'entreprise et donc aux salariés de leur entreprise si la question de la volatilité des monnaies n'est pas un sujet profondément quotidien, mais profondément. Les financements innovants. L'Europe est à 12 kilomètres de l'Afrique. Un milliard d'habitants dans 30 ans, 2 milliards d'habitants. Si l'Afrique n'a pas accès à l'énergie et aux grandes infrastructures, les flux migratoires en provenance de l'Afrique, personne ne les arrêtera. La question des financements innovants, 100 milliards de dollars par an, qui permettra de financer des infrastructures, l'accès à l'énergie, n'est-ce pas un sujet du quotidien ? N'est-ce pas un sujet du quotidien ?
Alors, j'entends bien que c'est toujours difficile de faire la connexion entre l'international et le national, mais le monde d'aujourd'hui, la planète, est devenue un village, c'est devenue une idée tout à fait ordinaire, mais c'est une réalité. La France ne peut pas être abritée derrière une frontière imaginaire. et l'une des satisfactions de la présidence française, c'est que l'agenda, l'ordre du jour, qui était très contesté il y a six mois, très contesté il y a six mois, n'est aujourd'hui contesté par personne. Il me semble que personne ne conteste les sujets que nous mettons sur la table et d'ailleurs, personne ne nous a demandé de mettre un sujet que nous n'avions pas mis.
Donc, au contraire, je crois profondément qu'on a trouvé un équilibre qui me semble intéressant. Tout dépendra, alors maintenant, bien sûr, vous avez raison, des résultats concrets et c'est une tâche extrêmement difficile tant les intérêts sont contradictoires et les sujets complexes.
Arnaud Le Parmentier, Le Monde. Bonjour. Je voudrais avoir des détails sur les résultats que vous voulez obtenir en matière agricole, sur la transparence des stocks. Est-ce que des informations aussi stratégiques peuvent être livrées par l'Inde et la Chine ? Est-ce que vous avez leur accord ? Est-ce que vous avez un moyen pour empêcher la Russie de ne plus mettre d'embargo sur ses exportations quand elle est menacée elle-même de pénurie ? Comment vous garantissez aux pays les moins avancés qu'ils auront, quoi qu'il arrive, accès aux matières premières agricoles ?
Écoutez, les stocks mondiaux, si on prend le blé, les stocks mondiaux sont en baisse de 10% par rapport à l'année dernière. Sur le maïs, les stocks sont en baisse de 14% par rapport à l'année dernière. Ce qui veut dire pour le maïs, très important, ce qu'on appelle les grandes cultures, les stocks sont au plus bas depuis 1974. On pourrait le traduire autre chose, il y avait 174 jours de consommation devant nous, dans le monde, nous sommes tombés à 54 jours. Et nous nous trouvons dans un système où la spéculation nourrit la pénurie et la pénurie nourrit la spéculation. Il y a quelques semaines, sur le marché du cacao, un intervenant financier a acheté à lui tout seul 15% des stocks. Comme ça.
C'est-à-dire que sur ces marchés-là, n'importe qui peut acheter n'importe quelle quantité sans d'ailleurs la payer, la revendre n'importe comment au moment où il le souhaite, empocher la plus-value, sans être obligé ni d'avoir livraison de la carguaison physique, ni d'avoir bloqué une partie de la somme engagée. Voilà la réalité telle qu'elle est. Sur la décision de M. Medvedev, de la Fédération de Russie et de l'Ukraine, vous faites allusion aux décisions d'arrêter les exportations de grandes cultures, notamment au Maghreb. Je ne la conteste pas, bien moins l'idée de contester les choses et de montrer du doigt. Eux-mêmes, en Russie, s'étaient trouvés face à de gigantesques incendies.
Mais je suis persuadé qu'on peut arriver à un accord pour éviter des décisions unilatérales. Car naturellement, cette décision unilatérale que l'on peut parfaitement comprendre renforce la pénurie, renforce la spéculation et renforce l'attrait d'un certain nombre d'opérateurs financiers pour acheter, bloquer une partie des stocks disponibles. D'ailleurs, au moment où cette décision a été prise dans le monde, figurez-vous qu'il n'existait aucun point sur l'état des stocks exacts. Je peux poser une question. Il y a la FAO, il y a des organisations mondiales agricoles. Est-ce trop leur demander que de faire le point sur la transparence des stocks ? Donc, je ne dis pas que c'est facile.
Je veux également, parce que j'ai vu dans un journal ce matin que la France n'avait rien compris, c'est une opinion, et que nous voulions fixer nous-mêmes le prix des matières premières. Est-ce qu'on peut avoir un raisonnement stable sur ces questions entre le tout libéralisme fou et le tout administratisme compulsif ? Il y a peut-être une règle moyenne ? Par exemple, c'est une des règles que proposera la France, demander qu'un intervenant sur le marché des matières premières bloque une partie de la somme qui représente le coût de la quantité de matières premières agricoles qu'il achète, est-ce que c'est anormal ? Est-ce que ça tue le marché ? Nous voulons le marché, mais un vrai marché.
Est-ce que c'est censé qu'on puisse acheter des stocks considérables de matières premières sans prendre le moindre risque, sans bloquer la moindre somme, sans enganger la moindre livraison de cargaison ? Alors, la France dit bien une chose, nous sommes favorables à un marché des produits dérivés financiers en matières premières agricoles, parce que, sans entrer dans le détail, parlant sous le regard vigilant et de Christine Lagarde et Bruno Le Maire, le marché financier des produits dérivés permet à certains opérateurs de se couvrir financièrement selon un processus. Donc, il ne s'agit pas de tuer ces marchés dérivés, il s'agit de le réguler. Or, il n'y a pas de marché sans règle.
La caractéristique d'un marché, c'est d'être régulé, sinon ce n'est pas un marché. C'est une foire d'empoigne, c'est la loi de la jungle, c'est la loi du plus fort. Voilà. Et je suis très heureux que le président Medvedev ait accepté d'animer ce groupe. Je me rendrai d'ailleurs assez prochainement en Turquie en tant que président du G20 pour convaincre nos amis turcs de l'utilité de ce travail de régulation.
Lors de mon voyage en Inde, j'avais beaucoup parlé avec le Premier ministre indien de cette question et il me semble que les paysans chinois, les paysans indiens, les paysans turcs, les paysans européens, les paysans américains ont le même intérêt à la prévisibilité et à la régulation dans un monde où nous aurons besoin de 70% de production agricole de plus. pardon d'avoir été long pour vous répondre, mais c'est vraiment un sujet absolument central. J'admets bien volontiers que ça va être très difficile, mais j'observe qu'il y a six mois, lorsque la France a mis ce sujet, la première sur la table de discussion, ça a été des protestations que vous avez entendues comme moi.
mais de quoi se mêlait-on ? Tout allait bien et depuis, regardez ce qui se passe.
Monsieur le Président, Alba Ventura d'RTL, vous avez loué le rôle éminent du FMI à l'occasion du G20. Alors je voulais vous demander est-ce que le G20 pourrait se passer d'un homme tel que Dominique Strauss-Kahn si toutefois il était appelé à d'autres missions ?
Vous commencez l'année 2011 en pleine forme. Bon, et si en début d'année on raisonnait sur les idées sans personnalisation à outrance ? Je suis président français, j'aurai forcément des successeurs. La France est présidente du G20, elle aura des successeurs. Et l'avenir du FMI ne se réduit pas à la personne de son actuel directeur général. et donc ma conviction c'est qu'il convient d'élargir et éventuellement par une modification des statuts le rôle du FMI. Et c'est assez fascinant de voir que dans le monde frappé de tant de déséquilibres il n'y a pas un organisme international en charge de la surveillance des déséquilibres. Pas un seul. Pas un seul.
Par ailleurs, vous avez certainement observé que l'organe dirigeant du FMI c'est 24 membres. La composition du G20 c'est 20 membres plus 5 invités. 25. Il n'y aurait pas un petit quelque chose à faire entre une instance à 24 et une instance à 25 qui sont par ailleurs à 90% les mêmes ? Et est-ce que le FMI ne serait pas davantage dans son rôle en s'intéressant au mouvement de capitaux au déséquilibre monétaire aux crises bancaires plutôt que simplement en se mobilisant pour savoir si tel ou tel pays extrêmement pauvre n'augmente pas trop ses fonctionnaires ? Est-ce que c'est pas ça le rôle du FMI ? Et si le FMI ne le fait pas qui le fera ? Personne.
Quant aux capacités de l'actuel directeur du FMI moi j'avais moi-même tranché le problème en proposant sa candidature au nom de la France.
Pour l'agence Reuters concernant vos plans de réformer le système monétaire global quel est le soutien que vous avez eu des présidents de la Chine des Etats-Unis et est-ce que vous avez modifié vos objectifs suite à vos réunions avec ces chefs d'Etat ?
Oui bien sûr d'abord je suis très reconnaissant au président au Jintao d'avoir accepté que le premier séminaire de réflexion sur l'avenir d'un nouveau système monétaire international se passe en Chine. Ce n'est pas anecdotique et ce n'a pas été si facile à obtenir.
Et c'est un point extrêmement important loin de moi d'ailleurs l'idée de dire à la Chine ce qu'elle doit faire la Chine est une grande nation je me garderai de lui faire des recommandations sur sa politique monétaire j'observe cependant que les pressions inflationnistes qui apparaissent dans ce pays comme la nécessité heureuse d'augmenter la demande domestique en Chine conduit le gouvernement chinois à souhaiter une appréciation du yuan selon un rythme qui lui appartient mais c'est extrêmement intéressant ce qui s'y passe.
s'agissant du dollar et du président américain j'apprécie beaucoup je vais vous le dire la possibilité qui m'est donnée de parler avec le président Obama qui est un homme ouvert avec qui le dialogue est facile qui représente une grande nation et qui a des habitudes et des intérêts à défendre et je vois bien que vu des américains tout ce qui pourrait paraître comme remettre en cause le dollar peut être vécu douloureusement pour autant le dollar est et restera la devise prépondérante 62% des réserves de change mondiales selon le FMI c'est le dollar c'est 4% je crois pour le DTS qui peut penser 62% d'un côté 4% pour le DTS qui peut penser qu'on peut remplacer une par l'autre et 85% des transactions mondiales sont libellées en dollars donc il suffit il s'agit de rassurer nos amis américains le dollar restera une monnaie absolument prépondérante mais la question qui est posée et je le dis à la presse anglo-saxonne avec beaucoup de prudence et beaucoup d'amitié monnaie prépondérante ne veut pas dire monnaie unique économie prépondérante ne veut pas dire économie unique on a quand même le droit de réfléchir aux choses on peut quand même avancer des idées j'ai été de ceux quand la crise a commencé vous savez où qui ont refusé de mettre en cause les Etats-Unis d'Amérique parce que ça ne servait à rien mais enfin on peut quand même se poser la question de l'évolution du système monétaire à Bretton Woods il y avait une économie et une monnaie c'est une réalité d'ailleurs tout ceci présenté comme un affrontement entre nos amis chinois et nos amis américains c'est un affrontement avec beaucoup d'intérêt commun puisque les deux tiers des réserves de la Chine sont libellés en quelle monnaie ?
en dollars croyez-vous que ce soit l'intérêt vraiment de nos amis chinois que le dollar s'effondre ? je ne suis pas sûr donc au-delà des positions de principe au-delà des affrontements qui parfois donnent le sentiment qu'il y a beaucoup de malentendus il y a des intérêts communs et en tout cas si on ne parle pas en G20 de ces questions où en parlerons-nous ? je veux d'ailleurs dire qu'en 1975 lorsque le président Giscard d'Estaing a eu l'idée de créer le G7 c'était vous en souvenez certainement après une crise monétaire et c'était d'abord pour parler de monnaie la question qui est posée aujourd'hui est-ce que le G7 devenu G8 est légitime à parler de monnaie ?
je conteste un peu cette idée parce qu'il n'y a pas la Chine et qui viendrait me dire que la Chine et le Han ne sont pas des que la Chine n'est pas devenue une puissance monétaire on le savait d'ailleurs depuis le président Clinton et son fameux voyage en Chine où parle-t-on de monnaie ? quelle est l'instance pour parler de monnaie et réfléchir là-dessus ?
alors ce qui est sûr c'est que la présidence française doit faire converger les intérêts et réconcilier les antagonismes sur des sujets qui touchent à la souveraineté nationale et à l'identité de pays le dollar vu des Etats-Unis et le Han vu de Chine ce ne sont pas des sujets superficiels donc il faut tenir compte de ça et malgré tout je suis persuadé qu'à partir du moment on commence à en parler à mettre le sujet sur la table on est obligé de sortir avec un certain nombre de solutions même si ça va durer longtemps
Jean-Jérôme Bertelus ITV Canal Plus vous avez évoqué la question des financements innovants en indiquant que c'était une question cruciale pour vous que les freins étaient cela dit très importants est-ce que vous pourriez prendre notamment sur une taxe sur les activités financières une initiative au niveau français voire au niveau européen est-ce que la France pourrait montrer l'exemple monsieur le Président
c'est un problème de crédibilité on ne peut pas dire que c'est une question cruciale et ne pas prendre d'initiative et vous avez parfaitement raison de dire que si tel devait être le cas la crédibilité de la question cruciale tomberait et donc nous envisageons j'en ai parlé souvent avec le Premier ministre pour les témoins nous envisageons de prendre des initiatives s'agissant des financements innovants et de la taxe sur les transactions financières alors quelles sont les difficultés et quels sont les problèmes d'abord si nous voulons être crédibles on ne peut pas prendre une initiative absolument seule naturellement nous ne serions plus crédibles nous serions davantage crédibles s'il y avait quelques pays avec nous pour prendre cette initiative je ne désespère pas parce que certains pays comme l'Allemagne comme le Japon ont été assez allants sur la taxe sur les transactions financières un deuxième sujet qui est un sujet technique et pardon sans doute de rentrer un peu trop dans le détail mais nous sommes pour que les transactions financières passent essentiellement par les marchés régulés si on fait une taxe sur les transactions financières sur les seuls marchés régulés on risque de promouvoir les transactions financières de gré à gré c'est-à-dire en dehors de tout contrôle c'est pas le but on ne peut pas défaire d'un côté ce qu'on fait de l'autre en revanche je ne trouve pas pertinent l'argument contre le financement innovant sur la taxe sur les transactions financières qui consiste à dire qu'on ne peut pas faire la séparation entre une transaction spéculative et une transaction qui ne l'est pas je pense que cet argument est faux pour une raison simple c'est que la caractéristique de la transaction spéculative c'est qu'elle est constituée d'aller et de retour alors que la transaction économique elle se fait une fois pour toutes la transaction spéculative j'achète je revends je réachète et je revends si on taxe le mouvement de transaction le spéculateur fait plus de transactions que l'acheteur partant la taxe sur chaque transaction pénalisera plus le spéculateur que l'acheteur voilà dans quel esprit nous avançons dans ce dossier donc pour nous le meilleur des financements innovants c'est la taxe sur les transactions financières mais le pire serait qu'il n'y ait aucun financement innovant donc si par miracle on arrivait à mettre d'accord sur la taxe sur les conteneurs ou sur les paquets de cigarettes ou sur les communications de je ne sais quoi pourquoi pas discutons-en nous ne sommes pas fermés même nous sommes prêts à un panier de financements innovants le seul point sur lequel la France ne peut pas transiger c'est que le monde a pris à Copenhague un engagement de 100 milliards de dollars pour les pays les plus pauvres pour éviter le drame et il n'y a que par les financements innovants que nous y arriverons et tant qu'on ne m'a pas démontré que la taxe sur les transactions financières est impossible nous nous battrons pour cette taxe et effectivement l'idée qu'on montre l'exemple pourquoi pas c'est bien d'ailleurs ce que nous avons fait sur les bonus avec l'Allemagne et avec la Grande-Bretagne et déjà à l'époque tous se mobilisaient en disant attention vous allez détruire les banques en Europe et finalement qu'est-ce qui s'est passé et c'est tout mon espoir il y a une opinion publique internationale et l'opinion publique internationale ça compte et si les uns montrent l'exemple les autres peuvent être un jour obligés de le suivre
Bonjour Monsieur le Président Christian Schubert Franfauter Allgemeine par rapport à les matières premières si je suis bien informé la Commission européenne est en train de publier une étude qui dit en fait que la spéculation ne contribue pas à l'augmentation des matières premières qu'est-ce que vous en pensez et question aussi sur le sujet qui sont vos alliés dans cette lutte est-ce qu'Allemagne est à côté de vous là ?
Merci L'étude montrant que la spéculation ne conduit pas à l'augmentation du prix des matières premières au niveau mondial je recommanderais une date pour la publier le 1er avril je pense qu'à ce moment là elle sera parfaitement en situation et je suis sûr que chacun l'appréciera si je trouve une ou deux personnes pour penser ça je lirai avec beaucoup d'intérêt leur argumentation ce sera très très intéressant si je me suis trompé je serai le premier à le reconnaître avec beaucoup d'humilité enfin on essaie d'être sérieux les chiffres que j'ai donnés me semble-t-il referment un dossier qui est parfaitement qui est parfaitement clair quels sont nos alliés en la matière je crois tout le monde mais en même temps la difficulté consiste à rassurer les pays producteurs de matières premières pour leur faire comprendre qu'on ne veut pas les empêcher d'augmenter leurs réserves et leurs excédents mais que eux-mêmes ont le plus grand intérêt à un mouvement régulé je m'explique un mouvement frénétique de hausse suivra un mouvement frénétique à la baisse et plus on sera monté haut plus on baissera fort dans les pires des conditions j'étais de ceux d'ailleurs qui pensaient au moment où le baril de Brent était à 140 dollars que ce n'était pas l'intérêt des grands producteurs d'avoir un prix du pétrole trop haut parce qu'à ce moment là ça permettait aux pays non producteurs d'énergie fossile d'investir dans d'autres systèmes de recherche qui à terme concurrenceraient les énergies fossiles tout le monde a intérêt à un mouvement qui n'empêche pas la hausse et la baisse naturellement mais un mouvement régulé en la matière j'ajoute que c'est un point moral le jour où vous avez les émeutes de la faim quel pays autour de la table du G20 pourra dire que ça ne le concerne pas quel pays je n'en vois pas un seul en tout cas
le président de la république Thierry Guerrier-Europe 1 est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus sur ce socle fondamental des droits sociaux et quelle nature pourrait-il prendre est-ce qu'il pourrait être contraignant est-ce que c'est crédible dans la mesure où on a du mal à faire l'intégration sociale en Europe déjà
écoutez c'est assez facile et je n'ai pas à le définir l'organisation internationale du travail a adopté huit normes fondamentales huit de mémoire on ne fait pas travailler les enfants de mémoire on ne fait pas travailler les prisonniers de mémoire il y a une égalité entre l'homme et la femme huit qui ne définissent pas voyez-vous un modèle social unique qui n'a pas de sens et qui n'est pas crédible aujourd'hui mais ce socle ces normes fondamentales est-ce qu'au moins on peut attendre que tous les pays membres du G20 ratifient ces normes alors qu'ils sont eux-mêmes membres de l'OIT c'est tout je pose qu'une seule question pourquoi sommes-nous membres des mêmes organisations votons au sein de ces organisations pour l'adoption de normes et une fois rentrés chez nous ne transcrivons pas dans notre appareil national les normes que nous avons votées au niveau international je veux dire poser la question c'est y répondre et grâce à la France d'ailleurs l'OIT est maintenant membre du G20 invité permanent du G20 alors à terme le système auquel je rêve et qui ne sera pas adopté durant cette présidence c'est un système très simple où nous ayons le FMI en charge de la stabilité financière monétaire et de la lutte contre les déséquilibres une organisation mondiale de l'environnement en charge de l'application des règles environnementales une organisation agricole qui ne soit pas divisée en multiples organisations une organisation mondiale du commerce et un ordre mondial qui se mettra en place par le biais de la question préjudicielle qui organisera les rapports entre ces entités internationales au fond quel est le problème d'aujourd'hui le marché mondial existe avant la réglementation mondiale le marché s'est mis en place avant que la réglementation ne se mette en place il faut donc rattraper ce retard pour définir des règles internationales qui laissent la liberté à chacun mais qui permettent que les pays puissent lutter dans la compétition internationale à égalité de droits et de devoirs et c'est ainsi qu'on évitera le protectionnisme le jour l'année où les négociations commerciales entament leur dixième anniversaire d'échec puisque ça fait dix ans qu'on négocie sans d'ailleurs avoir avancé d'un pas gardez pas les micros donnez les il n'y a pas de problème donnez à qui vous voulez mais monsieur le président à votre gauche monsieur le président bonjour
aux Infev France 24 je voudrais revenir sur le dossier de la Chine et des Etats-Unis est-ce que la rencontre entre Jintao et Obama ne montre pas dans le fond que le G20 est à bout de souffle c'est un G2 et que dans le fond le G20 est juste un forum où chacun pose les problèmes mais repart avec ses problèmes juste une enceinte question
voilà une question optimiste et bien on se retrouvera à la fin de l'année pour vous dire si vous avez raison si c'est moi qui ai raison enfin si on devait se remettre un G2 pour diriger le monde on adopterait pas beaucoup de décisions j'ajoute que la France est très attachée au multilatéralisme et que j'ai suffisamment discuté et avec monsieur Obama et avec monsieur Eugene Tao pour savoir ce qu'ils pensent et ils savent parfaitement que le G2 ça ne peut pas exister nous sommes dans un monde multilatéral où chacun a le droit à la parole et je vais même aller plus loin j'ai l'intention dans tous les séminaires d'ouvrir la discussion à des pays non membres du G20 vous voyez j'aggrave encore mon cas alors dans ce cas là vous pouvez dans la foulée supprimer les Nations Unies et considérer qu'il n'y a même pas besoin de les réunir je crains que vous n'ayez pas un très grand succès à l'arrivée voilà monsieur le Président ce qui ne veut pas dire que les Etats-Unis et la Chine n'ont pas un rôle absolument majeur à jouer mais majeur ne veut pas dire unique
comme chacun a le droit à la parole je vois G20 G8 nouveau monde nouvelles idées sur le constat du nouveau monde vous nous avez dit beaucoup de choses sur les nouvelles idées vous nous avez dit aussi beaucoup de choses mais selon vous quelle est l'idée principale l'idée force l'idée la plus importante et pourquoi vous ne nous avez rien dit du désarmement chacun sait que les dépenses militaires sont considérables pas seulement en France et que si guerre économique il y a et guerre monétaire il y a peut-être un moyen de trouver de l'argent en réduisant les dépenses militaires
mais alors après avoir répondu sur le G20 qui ne servait à rien voilà que je dois répondre sur le G20 qui devrait servir à tout voilà et merci de vous être entendu pour me poser ces deux questions parfaitement complémentaires le G20 c'est 85% du PIB mondial le G20 n'a aucune légitimité à discuter de la question du désarmement aucune pardon ça ne veut pas dire que le désarmement n'est pas une question ça ne veut pas dire que les budgets militaires ne sont pas une question on peut en parler longuement mais certainement pas dans le cadre du G20 si on veut tuer le G20 on lui fait prendre position sur des sujets qui sont des sujets de Nations Unies ou de conférences internationales alors ça c'est un risque pour le G20 parce qu'il n'a pas la légitimité et ça serait un risque très grave et il faut absolument résister à la tentation d'un espèce de directoire mondial qui n'a pas lieu d'être autant le G20 est légitime à parler économie finance monnaie développement autant il est illégitime à parler de questions politiques de cette nature et je dirais même allant plus loin que sur la gouvernance mondiale la France a un peu retenu la voile de son navire parce que même sur la gouvernance mondiale je ne parle pas de la banque mondiale je ne parle pas du FMI la légitimité du G20 comme forum de discussion pour tous les pays qui n'y sont pas c'est un problème considérable voilà donc on doit absolument tenir l'équilibre et deuxième chose pour moi le plus important c'est qu'on va décider ensemble et qu'il faut faire converger tout le monde il ne peut pas y avoir une majorité et une minorité il ne peut pas y avoir des sanctions mais de la conviction on est dans un monde multilatéral et l'intérêt de tous c'est qu'on avance ensemble personne n'a les moyens de bloquer la solution des problèmes sans lui-même se trouver exposé voilà mesdames et messieurs si vous le voulez bien parce que j'ai peur de lasser votre attention à moins qu'une dernière question sur G20 Olivier Mazerolle BFM TV les français manifestent régulièrement leur pessimisme devant l'avenir et notamment face à la mondialisation dont beaucoup pensent qu'elle détruit les emplois et crée du chômage à l'issue de votre présidence quels sont les points concrets que vous espérez pouvoir leur annoncer qui pourraient les rassurer sur ces questions bien sûr c'est une question que je me pose mais je suis incapable de vous répondre nous sommes nous n'avons pas terminé le premier mois de notre présidence et vous me dites déjà quels sont les points concrets pour le sommet de Cannes qui aura lieu au mois de novembre vous voyez la difficulté on essayera de faire au mieux d'obtenir le plus je crois qu'il est honnête de dire que déjà la présidence française a eu une satisfaction avec le fait que tous les sujets qu'elle a mis sur la table sont reconnus comme des sujets incontournables nous aurons des résultats nous nous battrons pour que ces résultats soient le plus important possible mais je vous donne rendez-vous à Cannes au mois de novembre prochain il est impossible aujourd'hui de dire ce qu'il en sera je n'ignore pas les difficultés nous aurions pu choisir une autre stratégie qui consistait grosso modo à dire le G20 va continuer à appliquer ce qui a été décidé à Washington et à Londres point c'était moins risqué mais pour le monde c'était une catastrophe parce que si le G20 ne parle pas des grandes questions qu'est-ce qui se passe donc nous allons à cette présidence avec beaucoup d'humilité et en même temps d'ambition ces questions-là elles sont posées elles resteront posées et ce que j'espère c'est que cheminant nous pourrons avoir sur les martyres premières sur la monnaie sur les financements innovants sur les infrastructures sur l'application des décisions précédentes des résultats concrets mais je vous fais confiance je n'aurai pas à dresser le bilan je ne doute pas que dans cette salle nombreux sont ceux qui dresseront le bilan avec gourmandise et objectivité mesdames et messieurs s'il y a une constante dans la politique de la France c'est sa volonté de parler à tous les peuples du monde et de nouer avec eux des liens fraternels la France appelle au respect de la liberté des peuples à se gouverner eux-mêmes et au respect du droit international je dirais du droit universel garant de la paix de la justice et des droits de l'homme parce que le second est la condition de la première quatre questions permettent d'illustrer cette double volonté de la France le terrorisme la France est la cible du terrorisme et des terroristes le terrorisme méprise la vie humaine le terrorisme assassine des innocents le terrorisme tue ceux qui ont pris des risques pour soulager la misère pour soigner pour éduquer pour contribuer au développement des régions économiques les plus pauvres le terrorisme plonge les familles dans l'angoisse dans la douleur cette souffrance tous les français la ressentent la partage avec les familles des victimes comme tous les français sont révoltés contre cette terrible injustice je veux le dire au nom de la France au nom de tous les français à chaque fois qu'un français est assassiné par des terroristes la détermination de la France à lutter contre le terrorisme s'en trouve encore renforcée la peur la lâcheté la démission le renoncement ont toujours conduit dans l'histoire du monde à des catastrophes face à la barbarie face à la contestation si violente des valeurs si profondes qui sont les nôtres il n'y a qu'une seule réponse possible la fermeté et le courage la côte d'Ivoire c'est à la souffrance d'un peuple auquel nous unissent des liens très forts que la France se trouve confrontée en Côte d'Ivoire et pour la France les choses sont claires la France la Côte d'Ivoire a un seul gouvernement légal et légitime un seul celui que le peuple ivoirien s'est choisi qui est reconnu par les Nations Unies et par toutes les organisations africaines et dont je suis heureux de saluer le représentant ici présent l'ambassadeur Ali Golibali le Liban c'est à une autre histoire commune et à une amitié multiciculaire que nous renvoie les menaces qui pèsent une fois encore sur la paix dans cette région du monde la France veut préserver la miraculeuse diversité du Liban la France mobilise toute son énergie et tous ses moyens pour que le peuple libanais ne soit pas demain déchiré par une nouvelle crise le Liban est un espoir et la France n'a d'autres ambitions ni d'autres politiques que de faire vivre cet espoir les libanais ont le droit à l'indépendance de leur pays et c'est un objectif auquel nous consacrerons beaucoup de moyens beaucoup de force et beaucoup d'engagement c'est aux libanais de choisir leur gouvernement et la France soutiendra les institutions légitimes du Liban en Tunisie c'est un peuple frère qui a décidé de reprendre en main son destin quand on est si proche quand les destinées individuelles et collectives sont tellement imbriquées on n'a pas toujours le recul nécessaire pour comprendre les sentiments de l'autre bien mesurer ses frustrations et sans doute ses angoisses derrière l'émancipation des femmes l'effort d'éducation et de formation le dynamisme économique l'émergence d'une classe moyenne il y avait une désespérance une souffrance un sentiment d'étouffé dont il nous faut le reconnaître nous n'avions pas pris la juste mesure il y avait le désespoir d'une jeunesse souvent diplômée qui ne trouvait pas de travail et qui se sentait dépossédée de son avenir il y avait une colère qui venait d'un sentiment d'injustice il y avait une révolte morale que nourrissait une insupportable corruption et puis il y avait une irrésistible aspiration à la liberté trop longtemps étouffée qui brusquement s'est libérée cette libération ne pouvait venir que du peuple tunisien lui-même que le peuple tunisien soit assuré que le peuple français est solidaire de lui dans sa marche vers la démocratie et vers la liberté c'est avec amitié et avec respect que la France se tient à ses côtés dans cette période cruciale une ère nouvelle s'ouvre pour les relations entre la Tunisie et la France des relations de confiance fondées sur des valeurs partagées de démocratie et de liberté et c'est dans cet esprit que j'ai demandé à François Fillon et au gouvernement de préparer un certain nombre de mesures qui seront proposées aux autorités tunisiennes pour leur apporter le soutien de la France dans les circonstances exceptionnelles qu'elles ont à affronter et dans l'urgence à laquelle elles ont à faire face en particulier sur le plan économique je souhaite que dès lors qu'elles répondent aux souhaits du gouvernement tunisien ces mesures puissent être mises en oeuvre au plus vite et pour certaines dès le prochain Conseil des ministres par ailleurs la France s'attache à la recherche systématique des richesses pillées qui doivent être rendues au peuple tunisien la France va aussi intervenir auprès de ses partenaires européens pour que la Tunisie obtienne la procédure d'octroi du statut avancé afin que toutes les objections de principe qui sont maintenant levées puissent aboutir dans les plus brefs délais ce sera la plus belle marque de confiance que l'Europe pourra témoigner à la toute jeune démocratie tunisienne enfin je veux dire au peuple tunisien qu'une partie de son avenir se joue dans l'union pour la Méditerranée que la Tunisie doit y prendre toute sa place il faut que la Méditerranée cesse d'être un lieu de conflit de violence de tragédie pour devenir un lieu de partage de coopération un grand espace de co-développement de création de culture de paix c'est une entreprise difficile mais plus que jamais d'actualité nous appelons tous les gouvernements et tous les peuples d'Europe et de la Méditerranée à donner un nouvel élan à l'union pour la Méditerranée il y va incontestablement de l'avenir de tous
je voudrais poser
une question à propos de la Tunisie justement puisque vous venez d'en parler quelques jours avant la chute du président Ben Ali madame Alieu Marie ministre des Affaires étrangères a proposé l'aide de la police française à la police tunisienne on entend bien que ça n'était pas pour se livrer à des brutalités ou à tirer dans la foule mais enfin il s'agissait quand même d'aider le régime Ben Ali à rester en place certains s'étonnent que madame Alieu Marie
soit toujours en place et donc je voudrais votre sentiment sur la question et j'ai une deuxième question subséquente c'est cette attitude de soutien très claire au régime Ben Ali sera-t-il reproduit
à l'égard des autres régimes de la région dont certains sont également des régimes très despotiques
ce sont des affaires extrêmement difficiles et je vais vous répondre le plus clairement possible d'abord s'agissant de pays qui ont été des colonies françaises protectorat pour les uns mes côtes d'ivoire c'était la France Algérie c'était la France quelles que soient vos convictions aux uns et aux autres vous comprendrez que le président de la république française en charge des intérêts de la France doit tenir compte du poids de l'histoire dans le jugement qu'il porte sur les évolutions de chacun de ces pays je vous demande d'y réfléchir en toute objectivité on ne peut pas parler d'un pays avec la même liberté quand il y a 50, 60, 70 ans moins parfois ce pays ressentait la colonisation française comme une souffrance comme on peut parler d'un pays où les blessures de l'histoire soit n'ont pas existé soit ont été totalement refermées est-ce que je me fais comprendre c'est très important la puissance coloniale fut-elle quelques décennies en arrière et toujours illégitime à prononcer un jugement sur une affaire intérieure de l'ancienne colonie et vous le savez et tout le monde le sait donc je revendique une certaine réserve lorsqu'il s'agit de commenter les événements de pays qui ont été la France et qui ne le sont plus parce que je ne veux pas que la France soit assimilée à un pays qui a gardé des réflexes coloniaux et il y a me semble-t-il une très grande contradiction à afficher le principe de la souveraineté de chacun le respect des pays à s'administrer par eux-mêmes et l'obsession de faire intervenir la France à tout moment de la vie de ces pays je revendique cette réserve ou ce recul spécialement pour l'Algérie mais pas que pour l'Algérie j'observe d'ailleurs que ceux-là même qui me reprochaient dans la conformité à ce qu'ont fait mes prédécesseurs mais après tout c'est moi le président donc c'est normal qu'on me fasse le reproche à moi de ne pas m'être assez inséré dans les événements tunisiens sont les mêmes qui m'ont reproché la précipitation sur la côte d'Ivoire alors même que les Nations Unies avaient surveillé les élections garantie les élections et annoncé qu'il n'y avait qu'un seul président le président Alassane Mouattara donc je revendique cette réserve si la France n'avait pas eu la même histoire avec le Maghreb sans doute mon attitude et mon propos seraient-ils plus libres mais peut-être ai-je tort mais en tout cas je revendique en tout cas cette dimension-là très rapidement le pays qui a le sentiment qu'une influence étrangère se manifeste trop lourdement rassemble toutes ses forces contre l'étranger et vous le savez très bien vous connaissez très bien ces formules deuxième remarque que je voudrais faire qui n'enlève rien à ce que j'ai dit dans mon propos liminaire la France abritait la quasi-totalité de l'opposition démocratique tunisienne comment peut-on dire que la France n'a pas aidé la Tunisie alors que la France a ouvert largement à toute l'opposition démocratique tunisienne son pays ça me l'a été assez reproché par les autorités tunisiennes qui n'ont cessé à chaque fois qu'un ministre ou que moi-même nous nous rendions en Tunisie de reprocher les complots ourdis par la France parce que toute l'opposition tunisienne démocratique était en France si elle était en France c'est donc bien qu'on les a acceptés et même protégés et même protégés et je ne parle pas des islamistes qui pour des raisons que vous connaissez se trouvent à Londres ce que je n'aurais pas accepté pour certains d'entre eux donc l'opposition est ici ça a donné l'objet de grandes polémiques le troisième élément nous nous surveillons avec préoccupation les évolutions dans un certain nombre de pays en nous gardant bien de donner le sentiment de nous en mêler et de vouloir promouvoir un type de gouvernement confortable pour la France et qui n'aurait pas été saisie par les autres je dis attention quatrièmement tout ce que les autorités légitimes de Tunisie nous demanderont nous le ferons mais je rappelle que le général de Gaulle avec le président Bourguiba avait des rapports que le président Pompidou le président Gerdesstin le président Mitterrand ils avaient raison avaient des relations avec le régime qui était en place en Tunisie à moins qu'on coupe toute forme de relation avec eux et qu'on discute dans le monde qu'avec ceux à qui on n'a aucun reproche à faire faisons attention d'ailleurs qu'eux-mêmes n'aient pas des reproches à nous faire et ça dessine les contours d'une France qui donnerait des leçons image qui nous a fait beaucoup de mal parfois dans le passé et que vous-même vous avez été très rapide à stigmatiser sans doute à juste raison par le passé enfin s'agissant des déclarations de Mme Agliomari enfin vous-même vous avez répondu à la question en assurant avec beaucoup d'éloquence la défense de Mme Agliomari je ne saurais faire mieux puisque vous avez dit naturellement Mme Agliomari n'avait pas la volonté en quoi que ce soit d'assurer quelques sentiments défavorables aux manifestants mais simplement d'éviter qu'il y ait plus de drame la forme a pu porter à polémique j'essaie de me tenir éloigné des polémiques les intentions elles étaient elles étaient tout à fait transparentes vous les avez vous-même soulignées et j'essaie sur des questions de cette importance de ne pas me laisser distraire par la polémique de rester sur les affaires de fond sans doute nous avons sous-estimé nous la France cette aspiration de nos amis tunisiens à la liberté ce n'est pas de soi mais en même temps restons sur une prudente réserve très amicale à l'endroit du peuple tunisien et quand je propose que la France soit l'ambassadeur de la Tunisie pour qu'elle obtienne ce statut avancé avec l'Europe je crois que c'est une réponse à la hauteur des enjeux M.
le Président je ne dis pas que c'est simple pour autant tout ceci et j'en vois beaucoup qui savaient exactement ce qui allait se passer mais qui auraient gagné à nous le dire avant ça nous aurait permis d'éviter sans doute des approximations M. le Président mais je vous l'avais bien dit d'après les événements il correspond en général à un silence sidéral avant les événements c'est classique
M. le Président Hervé Favre la Voix du Nord il y a 8 jours vous étiez à l'Incel donc pour l'enterrement des deux jeunes français tués lors du RET pour leur libération est-ce que après le résultat dramatique de ce RET
il vous est arrivé de douter de la décision que vous avez prise est-ce qu'il faut au contraire voir dans cette décision un changement dans la stratégie française par rapport aux prises d'otages ils peuvent reprendre cette même décision dans des circonstances similaires d'abord nos deux jeunes compatriotes n'ont pas été tués ils ont été lâchement assassinés et les mots ont un sens vous me demandez si j'ai douté vous savez devant les deux cercueils je me posais des questions bien sûr et qui ne s'en poserait pas ces deux jeunes l'un allait se marier quelques jours après avec une Nigérienne l'autre venait pour la première fois sur le territoire du Niger il y était depuis exactement une heure et on les tue mais qu'est-ce qu'ils avaient fait ils étaient français ils étaient européens 25 ans ça a sans doute été pour moi avec le retour des cercueils de Zbign un de nos soldats tués l'un des moments les plus émouvants et forcément on se pose des questions est-ce qu'on a pris la bonne décision est-ce que c'est ce qu'il fallait faire et à partir du moment où ces deux jeunes sont morts je ne peux pas m'en satisfaire et en même temps après mûres réflexions après en avoir parlé avec le premier ministre avec le ministre de la défense je crois que c'était la seule décision à prendre je ne vous le dis pas de gaieté de coeur pourquoi parce qu'imaginez la même conférence de presse les mêmes journalistes et le même président vous sauriez que les autorités du Niger nous avaient demandé de les aider à arrêter un convoi bourré de terroristes avec deux de nos jeunes compatriotes dedans et que je les refusais comme auriez-vous dit quelle question me poseriez-vous aujourd'hui n'y aurait-il pas ici quelqu'un qui pourrait penser que la France a choisi la complicité lâche passive avec les terroristes le ministre d'état comme le premier ministre d'ailleurs se sont expliqués très en détail sur les circonstances de l'intervention ce ne sont pas nos soldats qui ont tiré les premiers quand les hélicoptères sont arrivés le feu a été nourri de la part des terroristes à ce moment-là l'intervention a commencé pour faire clair la France discute chaque fois que l'on peut discuter parce qu'il y a une volonté commune de discuter et c'est ainsi que nous avons ramené à la maison notre compatriote Kamat qui avait été pris en otage au Mali ne croyez pas que j'ai oublié monsieur Germano et le fait qu'il fût septuagénaire ne m'enlève pas un poids sur la conscience non plus il n'y avait pas de volonté de discuter de la part des terroristes donc la position de la France c'est face au terrorisme il n'y a que la fermeté ou alors c'est votre sécurité à vous tous qui sont gravement engagés commençons à être faibles et on sera jamais assez faibles commençons à mettre un genou à terre et on s'inclinera jamais assez commençons à composer avec ces gens et on composera jamais assez commençons à nous excuser et aucune humiliation ne sera suffisante c'est ce que je pense ça ne veut pas dire que je suis heureux de ce qui s'est passé ça ne veut pas dire que je ne me pose pas des questions monsieur je m'en pose mais sur le fond chaque fois que les démocraties se sont aplaties elles l'ont payé très cher et de beaucoup plus de morts le refus de voir la vérité en face on le paye très cher la faiblesse comme argument politique et comme positionnement elle ne vous est jamais pardonné et je redis comme l'a dit madame Aléomarie d'ailleurs à nos compatriotes n'allez pas dans cette région du monde sauf si vous en avez une obligation incontournable
monsieur le président Michael Darmon-Itélé vous venez de développer
une nouvelle idée celle de la réserve française comment peut-elle se concilier avec la notion d'influence de la France que vous avez mise en place et prônée au début de votre mandat et notamment vous avez évoqué aussi l'union pour la Méditerranée on voit qu'à travers les récents dossiers et bien on constate un peu aussi son impuissance politique qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus merci l'impuissance politique de qui ?
de l'union pour la Méditerranée merci moi je crois au contraire que plus nous serons être réservés sur un certain nombre de questions sur lesquelles par ailleurs on ne nous demande pas spontanément notre avis plus nous serons influents plus nous voudrons faire de l'ingérence et moins nous serons influents alors j'accepte bien volontiers qu'il y a la contradiction entre des principes universels que la France défend et un principe de respect de la souveraineté d'autres que la France défend aussi il faut trouver le bon équilibre je vous l'ai dit s'agissant de la Tunisie il y a sans doute une sous-estimation de la France mais enfin de là à se livrer dans un vaste mouvement qui viserait à expliquer aux Algériens aux Marocains aux Jordaniens aux Syriens aux Égyptiens ce qu'ils doivent penser ce qu'ils doivent dire et ce qu'ils doivent faire en tant que président de la République j'appelle à une grosse prudence ces pays sont indépendants et sont souverains quant à l'union pour la militaire et j'y crois beaucoup mais vous savez parfaitement pourquoi il y a blocage et la France prendra des initiatives pour relancer les choses et là aussi quand on voit l'importance que j'attache à la paix au Moyen-Orient la nécessité qu'il y aurait à ce que Israël et les Syriens discutent de la paix comment convaincre les Syriens sans discuter avec eux comment aider les Égyptiens sans discuter avec eux comment ouvrir l'Orient aux réalités du monde moderne tout en n'acceptant de discuter que s'ils se livrent à une démocratie parlementaire comme la nôtre comment comment faire si la question était simple ça se serait je pense qu'il y a un équilibre à trouver c'est cet équilibre qu'essaye de trouver la diplomatie française qui reste entendu de tout le monde dans cette partie du monde et il faut bien qu'il y ait des gens pour discuter Monsieur le Président Christian Mallard France 3 l'intégrisme islamique gagne du terrain un peu partout on le voit au Moyen-Orient mais au Proche-Orient au Maghreb aussi ne craignez-vous pas que les islamistes qui sont déjà souvent le réceptacle du désarroi de la détresse de populations qui luttent pour leur liberté bafouée pour de meilleures conditions de vie tout simplement ne soient récupérés en Tunisie il faut faire confiance à cette jeune démocratie tunisienne mais enfin si vous faites écho à des événements du passé dans d'autres pays c'est un sujet de préoccupation mais lorsque mes voeux aux autorités religieuses j'ai plaidé pour les chrétiens d'Orient je sais que dans un certain nombre de pays la presse et notamment la presse arabe a considéré cette intervention comme une intolérable ingérence dans leurs affaires intérieures qui a créé polémique et pourtant si c'était à refaire je le referais le risque de l'intégrisme islamiste existe mais il ne peut pas justifier des comportements de corruption ou de refus d'une ouverture démocratique dont on peut même penser que ces comportements renforcent la montée de l'extrémisme donc il faut trouver un équilibre encore une fois qui n'est pas si simple
Michel, vous n'avez rien du quotidien à chaque là c'est une question qui concerne le Liban vous avez manifesté dans vos propos liminaires votre intérêt à ce pays à la stabilité du Liban vous avez lancé l'idée il y a quelques jours de la création d'un groupe de contacts qui apparemment n'a pas vu le jour jusqu'à aujourd'hui on sait tous que le président du conseil monsieur Hariri a été contraint à démissionner qu'est-ce que vous pouvez faire aujourd'hui pour aider le Liban alors que les consultations pour la désignation d'un nouveau chef de gouvernement ont commencé tout à l'heure
merci aujourd'hui est une journée cruciale puisque c'est aujourd'hui que le président Sleeman et le président Nabi Béry vont procéder au comptage des voix au Parlement la France s'est rapprochée de la Syrie parce que la France considère qu'il est indispensable de mettre la Syrie dans les discussions pour sortir d'un certain nombre de crises la Syrie est voisine du Liban chacun le sait mais la France se sert de cette amitié pour dire à la Syrie que le Liban est indépendant et doit le rester et que le tribunal pénal international doit aller jusqu'au bout de son travail alors après qu'est-ce qui sortira des consultations et quel sera le premier ministre libanais c'était pas la France de le définir même si nous avons reçu tous les acteurs de la vie politique libanaise le groupe de contact je n'y ai pas renoncé je l'ai proposé à la suite d'un entretien que j'ai eu à New York avec le roi d'Arabie Saoudite qui m'indiquait qu'il renonçait lui-même à servir d'intermédiaire entre la Syrie et le Liban nous ne sommes pas les seuls dans ce groupe de contact il y a l'Arabie Saoudite le Qatar la Syrie l'Egypte les Etats-Unis et bien sûr les présidents libanais je dis les présidents libanais puisque il y avait les trois présidents à l'époque qui sont le président de la république le président du parlement le président du gouvernement la France de par son histoire doit être aux côtés du Liban puis la France a des soldats au Liban sous mandat des Nations Unies et la France veut dire que la crise sert les extrémistes car ça permet de détourner l'intention de dossiers comme l'armement nucléaire de l'Iran et combien de temps va-t-on considérer comme normal que les Israéliens et les Palestiniens ne négocient pas et ne parlent plus combien de temps tout le monde connaît les données de la paix tout le monde tout vient de ce blocage là et donc il va bien falloir que l'Europe prenne des initiatives pour sortir de ce blocage qui est intolérable et pardon de le dire mais le Liban est la victime collatérale de ce blocage et nous refusons toute instrumentation du Liban au service d'intérêts qui sont des intérêts extérieurs chacun le sait donc il est venu le temps de relancer les négociations et la France notamment proposera l'organisation d'une conférence des donateurs pour le futur État palestinien à une condition c'est que cette conférence des donateurs est une dimension politique l'Europe ne peut plus continuer à payer et être tenue à l'écart des discussions politiques si encore les discussions politiques avançaient sans l'Europe vous pourrez dire c'est comme ça mais en plus ça n'avance pas alors et voilà ce qui se passe au Liban on avait réussi à ramener un peu de concorde et de paix depuis deux ans et demi et le blocage des discussions tout le monde sait qu'il y aura un État palestinien et tout le monde envoie les contours et tout le monde sait que la sécurité d'Israël sera vraiment garantie le jour où il y aura un État palestinien moderne, viable et démocratique pourquoi ne pas avancer tout le monde le sait tout le monde le sait ça fait bien longtemps d'ailleurs que je pensais que commencer à discuter des colonisations était une erreur pour une raison simple c'est que il y a des colonisations qui posent problème parce qu'elles seront un territoire qui ne sera plus israélien et d'autres qui ne posent pas de problème puisqu'elles seront dans la partie du territoire qui restera Israël tout le monde le connait d'ailleurs tout le monde a les cartes en tête et depuis le temps qu'on en discute sans avancer on a eu le temps de réfléchir voilà le résultat c'est qu'avec une crise entre les Israéliens et les Palestiniens qui n'avancent pas on a de nouveau une crise au Liban et ça va continuer voilà peut-être une dernière question
monsieur le président James Keaton d'Associated Press on a eu un reportage hier parlant des otages qui seraient enfin pris à Arlite et qui seraient peut-être plus au Mali et si vous avez des informations là-dessus et par ailleurs on a eu aussi de nouveaux propos d'Ossam Ben Laden ce week-end par rapport aux otages détenus par l'IQI d'Al-Qaïda comment estimez-vous son état de nuire à Ossam Ben Laden et quel sérieux prenez-vous ces propos de lui ?
je n'ai pas l'intention de discuter ou de répondre à ce monsieur ni de près ni de loin s'agissant des otages nous pensons qu'ils sont en vie nous en sommes certains notre préoccupation est grande et il n'y a pas de jour sans que nous nous en occupions s'agissant des otages en Afghanistan ils sont en vie et moi j'en dirais mieux ça sera je comprends parfaitement qu'ici une famille là un proche là un comité de soutien ils perdent son sang-froid c'est parfaitement naturel et disent des choses je ne leur en veux pas du tout mais nous nous n'avons pas le droit à ça on parlera de tout ça lorsqu'ils sont rentrés à la maison et c'est ça l'objectif tout le reste ce sont des commentaires qui sont balayés par les faits voilà et moi je ne peux pas parler parce que quand il y a la vie de gens qui sont en jeu il faut de la discussion une dernière question
Nathalie Nougueret de Le Monde Monsieur le Président vous avez essayé d'expliquer votre politique pendant ces événements en Tunisie par un souci de réserve pour ne pas prêter le flanc à des accusations de réflexe post-colonial or vous êtes resté silencieux lorsque au moins 78 personnes ont été tuées par la police tunisienne dans des événements lors de la répression peut-on concevoir qu'une déclaration de la France à propos de ces morts aurait été considérée comme un réflexe post-colonial comment expliquez-vous votre silence merci
ce n'est pas exact la France a publié de l'Elysée deux communiqués le Premier ministre comme le ministre des Affaires étrangères ont pris la parole pour dénoncer ces faits mais encore une fois je ne veux pas polémiquer avec vous là-dessus chacun jugera vous avez le droit de penser ce que vous voulez et en Côte d'Ivoire il y a eu encore plus de morts qu'il convenait de dénoncer aussi je vous ai dit ce que je pensais de la situation en Tunisie mais dire que nous sommes restés silencieux devant les morts je ne pense pas que ça soit exact voyez-vous je pense que c'est un peu exagéré même mais enfin bon c'est la liberté de la presse et je ne la conteste pas de la même façon que vous ne contesterez pas que nous avons accueilli tous les opposants tunisiens mais je ne vais pas recommencer ma réponse sur la Tunisie et ce que j'ai dit par ailleurs sur le sentiment de sous-estimation qui était difficile de ressentir mais que sans doute la France a ressenti depuis bien longtemps à l'endroit du peuple tunisien qui est un peuple frère qui est un peuple ami aux côtés de qui nous nous nous nous trouvons voilà une dernière question peut-être monsieur Mounance je ne voudrais pas que vous disiez vous n'êtes pas frustré de question vraiment à chaque fois c'est vous c'est vos collègues à chaque fois c'est vous franchement honnêtement on ne peut pas dire que vous soyez frustré de question non hommage soit rendu à votre dynamisme
monsieur le président Frédéric
allez les deux les deux
petite question
soyez galant voilà
l'agence de presse allemande si jamais la question se pose est-ce que la France sera prête à accueillir le président algérien Bouteflika en France
en visite officielle vous voyez l'exploitation qui pourrait immédiatement être faite de ma réponse dans un grand pays comme l'Algérie et vous voyez vous même c'est tout à fait normal que vous vous posez ces questions ou ces sentiments moi j'ai une différence c'est que je suis en charge de responsabilité c'est une grande différence monsieur Aziza
monsieur le président
Frédéric Aziza LCP Radio J vous disiez tout à l'heure je vous cite que la lâcheté la démission le renoncement toujours conduit à la catastrophe dans l'histoire du monde est-ce que s'agissant du dossier nucléaire iranien il y a un risque de catastrophe et éventuellement comment l'éviter par la négociation ou peut-être par l'action militaire je pense que les sanctions en la matière commencent à produire leurs effets et qu'il faut renforcer les sanctions et que la France et sa politique est toujours extraordinairement réservée sur le principe d'une intervention militaire je le dis dans ce cas là mais je le dis aussi dans le dossier de la Côte d'Ivoire il y a des sanctions il y a la politique il y a la diplomatie et c'est comme ça qu'on fait avancer les choses et dans le monde d'aujourd'hui personne ne peut rester contre la communauté internationale on parle beaucoup des défauts de la mondialisation on a raison mais il y a quelque chose qui a progressé avec la mondialisation c'est les juridictions internationales c'est le fait que tout dictateur sait qu'un jour il sera poursuivi et qu'il devra rendre des comptes et c'est le fait qu'il n'y a pas d'endroit dans le monde où on puisse se dire qu'on peut vivre caché c'est un progrès de la mondialisation et c'est à ce titre que je crois à l'impact des sanctions de la diplomatie et de l'engagement politique bonne année à tous merci
merci