LR ne vote jamais les textes du RN sur l'immigration ! - Laure Lavalette (LCI)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Pourquoi être aussi réservé sur cette mesure forte contre l'Algérie ?
- 1:44OuverteRéponse directe
Comment selon vous la France pourrait réagir à l'expulsion retournée d'un activiste algérien ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Est-ce que ça voudrait dire, selon vous, aller jusqu'à rompre les relations diplomatiques ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Que faire avec ces activistes ?
- 4:38OuverteRéponse directe
L'opinion a évolué sur les prisons de haute sécurité. Est-ce qu'un cap est franchi ?
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Lavalette, en termes de sécurité, de fermeté, est-ce qu'un cap est franchi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« les Algériens ne veulent pas reprendre leurs ressortissants délinquants. »
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« En 2022, ça représentait 2 milliards d'euros. C'est colossal. »
- 4:10InvitéChiffre
« « Nous allons exécuter 100% des OQTF » »
- 4:13InvitéChiffre
« et que nous ne sommes qu'à 7% d'exécution des obligations de quitter le territoire français »
- 5:16InvitéFait
« personne n'a voté pour ce texte de loi »
- 6:11InvitéChiffre
« ça coûte 690 euros par jour aux Français. »
- 8:48InvitéChiffre
« Et nous en sommes à combien qui ont commencé à avoir le bout de leur nez ? 5 000, je crois. »
- 10:07InvitéChiffre
« il y a un détenu sur deux au moins qu'il y a un téléphone portable. »
- 17:31InvitéChiffre
« L'indice de fertilité était à 1,7 enfants par femme. Alors que le désir d'enfant est à 2,5. »
Temps de parole
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Gérald Damanin ne le découvre pas, il a quand même été ministre de l'Intérieur. Pourquoi a-t-il autant attendu pour faire respecter la France sur la scène internationale et face à l'Algérie, où nous le savons depuis longtemps, il y a des petites humiliations et on a ce gros problème quand même, effectivement au niveau des obligations de quitter le territoire français, on le sait, les Algériens ne veulent pas reprendre leurs ressortissants délinquants.
Pourquoi être aussi réservé ? On a quand même cette fois une mesure qui est assez forte, c'est-à-dire frapper les dignitaires, cette nomenclature algérienne du pétrole et de l'armée, à ce qui fait le plus mal, c'est-à-dire les voyages qu'ils font à Paris, notamment pour se faire soigner.
Soigner, ou alors les enfants aussi scolarisés. Non mais la mesure est bonne, Darius Rochbin, mais je me demande pourquoi, voilà, elle n'est pas intervenue plus tôt. Vous savez, il y a un an et demi, à peu près, il y a eu les accords de 68 qui étaient remis en cause. Nous avons été le Rassemblement National et quelques LR les seuls à voter pour la caducité de ces accords. Donc je m'étonne quand vous avez Gabriel Attal qui dit maintenant il faut revenir sur ces accords, mais pourquoi n'a-t-il pas voté contre, enfin, pour la suppression de ces accords, quand il en a eu l'opportunité ? Donc je m'étonne.
On peut aussi se poser la question, pourquoi est-ce qu'on ne fait pas, pourquoi est-ce qu'on ne bloque pas les transferts d'argent sur la diaspora algérienne ? En 2022, ça représentait 2 milliards d'euros. C'est colossal. Voilà un levier. L'aide au développement, 140 millions par an à l'Algérie, ben voilà. Des leviers qui malheureusement n'ont pas été levés par ce gouvernement Macron depuis 7 ans.
Alors là on va extrêmement loin puisqu'on rappelle ce qui s'est passé, c'est-à-dire que l'activiste algérien qui a été renvoyé, qui a été envoyé, expulsé vers l'Algérie, a été retourné à l'envoyeur en France. Donc là on est dans un degré de provocation considérable. Comment selon vous la France pourrait réagir exactement à cela ?
Ben exactement, c'est ce que je vous ai dit. Zéro visa, fin de l'accord de 68, fin de l'accord de 2013. Pourquoi pas aussi aller voir les actions que les Algériens ont en France, qu'on a été capable de le faire pour les Russes. Pourquoi ne le faisons-nous pas pour les Algériens ? Bloquer ces transferts d'argent qui peuvent passer par des Western Union. Voilà, il est temps je pense de taper du poing sur la table, de se faire respecter. Mais vous savez, Darío Srochbin, on paye un peu quand même le récit national de culpabilité. Voilà, on paye une espèce de pensée dominante comme quoi nous devrions encore nous flageller devant l'Algérie. C'est terminé, stop.
Même Gérald Darmanin, il est allé plusieurs fois en Algérie et on voit bien que ça n'a eu aucun résultat. Et là, vous avez raison, c'est quand même la provocation ultime.
Est-ce que ça voudrait dire, selon vous, aller jusqu'à rompre les relations diplomatiques ?
En tout cas, changer la façon de faire. Il faut... Vous savez, je pense que la France respecte l'Algérie, respecte l'Algérie comme un État souverain, indépendant, avec lequel nous devions avoir des relations normales. Là, ça n'est pas le cas. Vous parliez de Boalem Samson. Moi, ça me paraît fou que depuis 60 jours, je crois maintenant, il est emprisonné et que la France ne tape pas plus du poing sur la table. Il faut effectivement revoir le logiciel.
Que faire avec ces activistes ? Alors, il y a trois activistes. Pour l'instant, il y a Doualem, il y a Zazou Youssef, qui prévoyait, qui appelait à des attentats sur le sol français, en particulier pour le premier de l'an. Il y a un troisième cas d'un homme, alors c'est lui, c'est Doualem, qui appelait à torturer un opposant au régime du président Tebboune. Comment agir contre ces réseaux-là ?
Vous avez raison. Je pense que les Français attendent, veulent de la fermeté. Et pour ça, ça va passer aussi par une reprise en main migratoire pénale aussi. On veut de la fermeté. Il n'est pas possible. Dans une démocratie ordinaire, au bout d'une demi-heure, ces gens-là auraient été arrêtés, ils auraient été incarcérés. Ce n'est pas possible. Voilà qu'on se laisse mener par le bout du nez comme ça. Et encore, je vous remercie de dire qu'ils sont délinquants. Certains de vos confrères les appellent encore des influenceurs.
Mais influenceurs, c'est un trop gentil mot pour parler de ces délinquants multirécidivistes qui, la plupart, sont sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français. Mais en fait, on a perdu toute crédibilité. Vous savez, quand Gérald Darmanin vous disait « Nous allons exécuter 100% des OQTF » et que nous ne sommes qu'à 7% d'exécution des obligations de quitter le territoire français, c'est-à-dire que c'est open bar en France. Donc, je veux dire, ils auraient tort de s'en priver. Ils viennent là. Il y a beaucoup d'Algériens qui aiment la France, qui respectent.
Ce n'est pas open bar, parce qu'avouons-le, là, le gouvernement est très actif. Oui, d'accord. Trois d'un coup, avec des gardes à vue, quelque chose. Oui, oui, il est temps. Il est temps.
Je veux dire, c'est le moins que l'on puisse demander d'un État français qui vous protège.
Est-ce que là, pour vous, il faut envisager des rétentions administratives ou des détentions administratives ? Sur notre plateau, souvent, il y a Didier François qui a été torturé par un islamiste qui dit que c'est une situation de type guerrier, ça n'est pas tout à fait le droit commun.
Oui, alors, je n'ai pas exactement d'avis sur cette question-là. Je pense qu'en tout cas, il faut que tous les moyens soient faits, effectivement, pour que ces gens-là soient mis hors d'État de nuire. Mais je vais vous dire, moi, je suis... En fait, ça participe d'un tout. Vous savez, on parlera peut-être de notre niche tout à l'heure sur les retraites. Mais le deuxième texte de notre niche, qui était porté par Edwige Diaz, était de lever les freins à l'expulsion des délinquants et des criminels qui avaient été condamnés sur notre sol. Je veux dire, personne n'a voté pour ce texte de loi.
Donc, j'ai du mal à penser, après, qu'ils veulent être fermes, alors que quand on leur a mis sur un plateau une proposition de loi qui pouvait lever ses freins et permettre de les expulser plus facilement, ils ne l'ont pas fait. Voyez-vous, j'ai du mal à penser à la sincérité des hommes politiques qui sont au gouvernement à l'heure actuelle.
Ça veut dire quoi ? Je ne vais pas être tout à fait répandu. Est-ce qu'il y a des moyens, selon vous, maintenant, où il faut aller, de nouveaux moyens pour la rétention administrative ?
Non, mais c'est certain. Vous savez, je pense que Marine Le Pen propose un référendum sur l'immigration et elle proposait aussi une loi pour lutter contre toutes les idéologies islamistes. Et ça en fait partie, évidemment. Il faut fermer les mosquées radicales. Il faut lutter contre ce qu'on n'appelle pas des influenceurs, mais des gens qui essayent de propager une haine du français. Donc, on ne peut pas tolérer ça sur notre sol. Pourquoi pas ? Mais encore une fois, les centres de rétention administrative débordent partout. Je rappelle quand même que ça coûte 690 euros par jour aux Français.
Donc, je pense que déjà, la meilleure façon d'arriver à gérer ce qui se passe à l'intérieur de la France, c'est que ces gens-là n'arrivent plus à rentrer sur notre sol. Alors, peut-être que vous allez dire que c'est prendre par un autre bout de la norgnette, mais je pense qu'il est fondamental. C'est aussi en luttant contre cette immigration massive, dérégulée. Les Français doivent pouvoir choisir qui rentre sur leur sol.
J'aimerais vous entendre sur l'autre annonce faite par Gérald Darmanin sur LCIC. C'est cette prison de haute sécurité. Le lieu n'est pas encore révélé, mais il fait le choix pour l'instant entre deux prisons existantes déjà, qu'il va vider et remplir des narcotrafiquants sans pour l'instant. Écoutez d'abord sa déclaration.
Je pense qu'il faut taper très fort. Et donc j'ai décidé quelque chose de tout à fait original, que personne n'a fait depuis plus de 50 ans dans notre pays. C'est une prison de haute sécurité. Aujourd'hui, on isole certains trafiquants parmi d'autres détenus. Et on voit bien que ça ne marche pas, ce système. Donc nous allons prendre d'abord une prison française. On va la vider des personnes qui y sont. Et on y mettra, puisqu'on l'aura totalement isolée, totalement sécurisée, avec des agents pénitentiaires particulièrement formés. Est-ce qu'on sait déjà quelle prison vous l'avez choisie ? J'ai deux prisons dans la tête, si j'ose dire. J'ai commencé à en visiter 100 journalistes d'ailleurs.
Et ce que je peux vous dire, c'est que pour cet été, et je n'ai pas besoin de loi pour ça, j'ai besoin de la volonté, on va en avoir un petit peu d'argent et j'en aurai. On va mettre les 100 plus gros narcotrafiquants, les mettre dans une prison et montrer que quand on est en prison et qu'on est un grand narcotrafiquant, on ne peut pas téléphoner et on ne peut pas avoir une vie agréable.
Alors Lavalette, en termes de sécurité, de fermeté, est-ce qu'un cap est franchi ?
Franchement, je ne pense pas. Je pense que c'est une bonne idée. Évidemment, il est temps de le faire. Il parle de prison de haute sécurité. Moi, j'ose espérer que la plupart de nos prisons soient quand même de haute sécurité. Et il se trouve que sur ma circonscription, à Lavalette, j'ai un centre pénitentiaire que j'ai visité il y a peu. Je peux vous dire qu'il y a déjà du boulot à faire. Il manque 25 agents. 25 agents, est-ce que vous imaginez ? Donc ça veut dire que les agents qui sont là, déjà travaillent dans des conditions qui eux-mêmes ne les mettent pas en sécurité.
J'ai croisé une agent pénitentiaire qui ne pouvait pas avoir accès à son arme parce que son gilet pare-balles était trop long. Elle demandait à Coréacry des gilets pare-balles à leur taille. Ils ne les ont pas. Ils voulaient des véhicules non floqués. Ils ne les ont pas. Donc moi, je veux bien et je trouve ça très bien. Mais Gérald Darmanin est quand même le spécialiste du brassage d'air. Il parle, il parle.
C'est pour cet été, on ne peut pas dire que c'est le brassage d'air. C'est pour cet été. D'accord, mais encore une fois... La prison existe déjà, donc ce n'est pas théorique.
Et c'est très bien ce qui va dans le bon sens. Bien sûr que nous le soutiendrons. Mais ce que je veux dire, c'est que le programme, c'est plus large. Souvenez-vous, il y avait 15 000 places de prison. C'était une des promesses de campagne du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Et nous en sommes à combien qui ont commencé à avoir le bout de leur nez ? 5 000, je crois. Donc vous voyez bien que ça pose une vraie question aussi pour la justice, puisque les magistrats s'interdisent évidemment de condamner, puisqu'on ne sait pas où mettre les délinquants. Donc ça veut dire que ces délinquants, ils sont encore dans la rue et ils embêtent nos enfants.
Donc vous voyez bien que créer des places de prison, ça permettra aussi aux juges de pouvoir prononcer des peines, que ces peines soient exécutées, ce qui est évidemment fondamental.
L'opinion a quand même évolué. C'est prison de haute sécurité. Il fut un temps, c'est Robert Ballinter qui avait d'ailleurs, comment dire, annulé ce qui était prévu en la matière. Une partie de la gauche considérait que c'était inhumain. Aujourd'hui, beaucoup disent qu'on ne peut pas faire ça parce que ce sont des Guantanamo en réalité. Donc l'opinion évolue.
Non mais l'opinion évolue. L'opinion, ils voient ce qui se passe aussi. Je vais vous dire encore une fois, ce problème de filet au-dessus des prisons ordinaires. En fait, maintenant, un des gros écueils des prisons, ce sont les projections. Mais ce sont des quantités astronomiques de stupéfiants, de drogues, de couteaux à céramique, de téléphones portables qui sont quotidiennement d'Aïus Rochbin. J'ai encore vu des agents pénitentiaires aujourd'hui au téléphone. C'est quotidien. Donc en fait, moi je veux bien qu'on ait des grands effets d'annonce et des grands effets de manche. Je pense qu'il faut se mettre au travail dès maintenant, mais pas que sur ces prisons de haute sécurité.
Il faut aussi redonner à notre personnel pénitentiaire, il faut les réarmer moralement, évidemment et physiquement. Quand vous pensez qu'il y a un détenu sur deux, au moins qu'il y a un téléphone portable. Quand vous voyez qu'à Lafarlede, il y a un TikTok prison de Lafarlede. C'est le Club Med. Ça n'est pas possible. Ils font de l'équithérapie. Il faut quand même que la prison soit la privation de liberté, dans des conditions dignes, bien évidemment, mais il faut quand même que ça ne soit pas récréatif.
Lors, Lavette, on vous sentait quand même hésitante avant d'approuver des mesures qui, logiquement, sont de votre boutique. Est-ce que vous craignez d'être, en quelque sorte, de buter cette fois-ci, pour la première fois, peut-être depuis très longtemps ? C'est-à-dire que Bruno Retailleau et Gérald Darmanin risquent de ralentir votre progression. Parce qu'au fond, ils sont aussi fermes que vous.
Je regrette si j'ai donné l'impression d'être hésitante, parce que vraiment, je ne le suis pas du tout. Tout ce qui va dans le bon sens, tout ce qui peut être fait avant que nous arrivions au pouvoir, bien évidemment que nous le soutiendrons.
Faut-il que vous y arriviez ?
Évidemment. En tout cas, on met toute notre énergie, tout notre travail pour ça.
Mais précisément, cette droite, disons, cette droite classique de grande fermeté.
Mais non, de grande fermeté, mais c'est les actes, Darius Rochemin, qui comptent.
Bruno Retailleau dit que l'immigration n'est pas une chance. Il dit que je veux le délit de séjour irrégulier. Il prend un certain nombre de décisions concernant les gardes à vue liées au délit de séjour régulier, etc. Tout ça, est-ce que ça n'est pas vous faire une concurrence qui va vous coûter très cher ?
Pas du tout. Déjà, parce que je pense que si ça va dans le bon sens, et on juge un arbre assez fruit, Darius Sourjouin, et pour l'instant, il y a beaucoup d'effets d'annonce, mais il ne se passe rien. Encore une fois, je reprends. C'est très marquant, cette histoire de texte qui n'a pas été soutenue pour lever les freins aux UQTF. Vous savez, le ministre d'Aragon passe à la tribune, dit les étrangers condamnés dehors. Il a un discours qui est presque, j'allais dire, presque excessif, que nous ne serions pas permis. Tout ça pour, à la fin, nous dire, non, mais en fait, on ne va pas la voter, votre loi, parce que ce n'est pas exactement ça. En fait, il ne faut pas de la fermeté de façade.
Nous voulons des actes. Et encore une fois, pour l'instant, je suis désolée de vous dire que ni M. Retailleau, ni Darmanin ne m'ont convaincu sur la fermeté et devoir mettre leurs actes en raccord avec leur fermeté verbale.
Madame la députée, demain, la déclaration de politique générale du Premier ministre, ce mardi 14 janvier, avec beaucoup d'attentes sur les positions à gauche, mais aussi sur les vôtres, puisque vous avez fait tomber le gouvernement Barnier. Donc, il y a un précédent.
C'est vrai. C'est vrai. Nous avions prévenu. On n'a pas fait tomber le gouvernement pour faire tomber le gouvernement. On a fait tomber le gouvernement parce que nous voulions éviter aux Français d'avoir à subir un budget de 40 milliards de taxes et d'impôts supplémentaires. Est-ce que cette fois, vous êtes, en gros,
mieux disposé, François Bayrou, vous a toujours, disons, ménagé ? Il a donné sa signature pour Mme Le Pen quand il y avait la question ou non, disons, du libre débat. Son commentaire lors du décès de Jean-Marie Le Pen a été jugé par beaucoup, disons, très respectueux.
Un peu comme l'entierté de la classe politique, d'ailleurs, qui a été plutôt, je trouve, très sereine face au décès de Jean-Marie Le Pen.
Il y a eu des nuances. Il y a eu des nuances et François Bayrou a été très respectueux. Voilà. Est-ce qu'en gros, vous êtes mieux disposé pour François Bayrou que vous ne l'étiez pour M. Barnier ?
Écoutez, ça a mieux commencé. François Bayrou nous a parlé, a reçu Marine Le Pen, le ministre du Budget a reçu Sébastien Chenu et Jean-Philippe Tanguy, ce que n'avait pas fait Michel Barnier. En plus, Michel Barnier mentait, ce qu'il disait qu'il l'avait fait alors qu'il ne l'avait pas du tout fait. Effectivement, François Bayrou a l'air moins psychorigide que ne l'est Michel Barnier. Mais encore une fois, voilà, on attend demain son discours de politique générale, même si c'est vrai que j'ai du mal à imaginer que François Bayrou soit la figure tutélaire politique qui rompe avec le macronisme. Vous voyez, ça ne me vient pas complètement comme une évidence.
Alors, sur la question des retraites, puisqu'on comprend bien que ça va être un enjeu capital dans cette journée de mardi, qu'est-ce que vous espérez exactement de lui ?
Encore une fois, j'en attends pas grand-chose. Je vous parlais de notre niche. Vous savez, on avait déjà posé ce retour en arrière que nous voulions pour revenir avant la réforme d'Elisabeth Borne et avant la réforme Marisol Touraine qui n'a pas été votée par l'entièreté, enfin même par personne, dans l'échiquier politique. Voilà, je pense que c'est de la tambouille politicienne pour essayer d'avoir un accord de non-censure avec la gauche. Je m'interroge un peu. Est-ce que c'est pour faire durer M. Bayrou un peu plus longtemps ? Moi, je pense que les Français devront malheureusement attendre 2027 et la victoire de Marine Le Pen pour voir enfin cette réforme des retraites abrogée.
L'hypothèse d'une discussion, d'une discussion de remettre sur le chantier la discussion pendant des mois et des mois, est-ce qu'elle vous satisfait pendant une année ? Est-ce qu'on peut...
Déjà, je serais très étonnée que ce soit la seule réforme qui soit passée en ces temps, si vous voulez, qu'Emmanuel Macron veuille bien revenir dessus. Donc je serais quand même très étonnée. Après, la discussion, encore une fois, vous savez, on l'a beaucoup combattue. On pense que ça a été une réforme unique, injuste socialement, rallongée la durée de cotisation, alors qu'il y a déjà un seigneur sur deux qui arrive à l'âge de la retraite en étant sans emploi. Donc ce que vous pensez gagner d'un côté en cotisation, en fait, vous le perdez de l'autre côté avec une indemnisation, qu'elle soit au chômage ou en assurance maladie.
Je vous rappelle qu'on a parlé retraite pendant un petit moment sans avoir à aucun moment parlé ni de productivité ni de natalité, qui sont pourtant les deux jambes de notre système des retraites. Donc je pense que ça part pas très bien. Encore une fois, je pense qu'il va falloir attendre 2027.
Est-ce que vous êtes démagogue ? Regardez la comparaison avec les pays qui nous entourent. On l'a produite tout à l'heure, notamment en termes d'heures travaillées. Et là, évidemment, c'est extrêmement parlant. On voit que les Hongrois, les Américains, les Italiens, les Anglais, les Allemands, les Espagnols, les Luxembourgeois et beaucoup d'autres travaillent en heures travaillées. Ça, c'est un constat objectif. Plus que les Français. Je ne veux pas dire que les Français sont paresseux, mais les heures travaillées... Pourquoi la France pourrait-elle faire exception ?
Vous avez raison, c'est un choix, en fait. C'est un choix politique, mais aussi un peu philosophique. Nous, on pense que quand vous avez travaillé toute votre vie, vous pouvez profiter de la retraite en bonne santé. Et la question se posait surtout sur les carrières très longues. Quand vous avez commencé à travailler entre 17 et 20 ans, on pense que vous pouvez partir avec 45 unités. Mais ça, c'est vrai dans tous ces pays.
Ce ne sont pas des esclavagistes. On ne peut pas dire... Les États-Unis, vous avez raison, les États-Unis, c'est une conception du travail beaucoup plus dure. Mais on ne peut pas dire que les Allemands soient des esclavagistes. Ce n'est pas l'enfer social en Allemagne.
D'accord, certes. Enfin, on voit ce qui se passe à côté, mais ce n'est pas forcément ce dont nous avons envie ici. Il y avait moyen de faire tout à fait différemment, encore une fois. Vous savez, on a perdu un nombre d'emplois industriels absolument terrible. Et ces emplois industriels, ils faisaient de la productivité. Ça, ça compte. En fait, quand Emmanuel Macron vous dit qu'on a fait beaucoup d'emplois, ils ont créé des emplois ubérisés avec une productivité qui est complètement bloquée, qui n'est vraiment pas très bonne. Votre livreur de pizzas Uber, il aura beau pédaler très très vite, sa productivité ne pourra pas augmenter comme une usine, par exemple, pourrait le faire.
Donc, la question de la productivité a été complètement mise de côté parce que c'est un échec du gouvernement Macron. De même que la natalité. Vous savez que notre système de retraite, il était sorti des 30 Glorieuses, où nous avions effectivement une natalité florissante. Ça pose des vraies questions.
C'est pas la faute d'Emmanuel Macron si les gens font moins d'enfants. Vous pouvez lui attribuer beaucoup de mots.
Je suis d'accord.
Mais ça ne veut pas dire que c'est présent à la République qui va dans les chambres à coucher pour dire...
Non, on est bien d'accord. Mais ça peut être la faute d'Emmanuel Macron de ne pas mettre les ménages en situation d'avoir le nombre d'enfants dont ils ont envie. Il y a un chiffre qui est très intéressant, Darius Rochebin.
Vous savez que la France se débrouille mieux que beaucoup de ses voisins.
On est quand même très très très mauvais. Mais regardez, les femmes ont... L'indice de fertilité était à 1,7 enfants par femme. Alors que le désir d'enfant est à 2,5. Pourquoi est-ce que les femmes ont envie de ces enfants-là mais ne les font pas aussi parce que économiquement c'est difficile ? Et que vous allez vous demander comment... Déjà, il y a un Français sur trois qui déjà n'a plus que 100 euros à partir du 10 du mois. Vous imaginez bien que ce ne sont pas des conditions pour accueillir des enfants. Nous, au Rassemblement National, on a des idées. Le deuxième enfant pourrait être une part fiscale pleine, par exemple.
On veut faire en sorte que les couples de moins de 30 ans ne payent pas d'impôts ni sur les sociétés, ni sur le travail. C'est tout ça qui vous permet aussi de relancer la natalité. Mais en fait, c'est très simple. Nous faisons le choix de la natalité. Nos adversaires politiques font le choix de l'immigration. Parce qu'on a besoin quand même de main-d'oeuvre. Donc voilà, nous on préfère faire des bébés français que d'aller chercher les bébés ailleurs.
Est-ce que ce n'est pas un renoncement de puissance ? Vous dites souvent, vous, le Rassemblement National, que vous considérez comme davantage des héritiers de De Gaulle que la droite actuelle. Vous dites souvent.
Je suis d'accord. Je pense que c'est l'inverse. C'est eux qui ont baissé les bras d'Aïeus Rugemin. C'est eux qui ont baissé les bras de le défi de l'industrialisation, de la natalité, la productivité.
La puissance d'une nation, c'est son travail aussi. Et vous savez combien, ce que vous avez dit tout à l'heure sur le modèle social, c'est vrai, la vie est plus douce en France qu'aux Etats-Unis. Pour les pauvres notamment, pour ceux qui souffrent, pour ceux qui ont des accidents. Les malades, les soignés. Tout ça est vrai. Mais en termes de calcul de puissance, vous voyez bien qu'évidemment, les calculs de puissance d'un Trump, d'un Musk, de la plupart des Américains, qui est de dire, on veut être une très grande puissance militaire, même impériale, c'est plus proche de De Gaulle que ce que vous nous dites sur le bien-être.
Mais non, mais là où on a baissé les bras, c'est que la France était un paradis énergétique. Là où on a baissé les bras, c'est quand on a laissé tomber le nucléaire, qui faisait que les entreprises venaient parce qu'on avait une électricité qui n'était pas chère. Tout ça, ça participe à faire de la France une grande nation qui justement... C'est bien reparti, là. On ne peut pas dire que la France recule en termes clairs. D'accord, c'est bien reparti. On a quand même léçu pendant au moins 5 ans, je vous rappelle, nos parcs absolument à l'abandon. On a perdu un temps fou. Ça coûte beaucoup d'argent. Et puis les Français ont vu leurs notes d'électricité absolument augmenter.
On n'a même pas été capables d'aller négocier à l'Europe le prix de l'électricité, ce que nos voisins portugais ou espagnols ont pu faire. Donc non, ceux qui ont baissé les bras, c'est le clan du chaos, et c'est Emmanuel Macron. Je pense que vous avez raison, on a une vision de la France qui est très différente dans sa grandeur, mais on ne pense pas qu'il faille être obligé de travailler jusqu'à 67 ans pour pouvoir rendre la France grande.
Qui va se comparer ? Allons très loin. Les Japonais. Vous citez, vous, souvent, au RN, le modèle japonais, c'est-à-dire qu'ils comptent peu sur l'immigration. Ils le disent clairement.
Peu sur leurs enfants aussi, d'ailleurs. Peu sur leurs enfants.
Ils ont un problème de natalité, très bien. Mais alors, les gens travaillent beaucoup plus. Je ne sais pas si vous avez ce reportage où on voit tous ces Japonais qui ont 65, 70 ans, plus, qui travaillent. Certains n'ont pas envie, évidemment.
Je pense que Toulon, c'est très, très loin. Je ne me sens pas du tout japonaise. Beaucoup plus latine d'Arise Rochemin. Et c'est vrai que, voilà, moi, je pense qu'on peut aussi, quand on a travaillé toute sa vie, profiter de sa retraite. Mais vous savez...
Ça veut dire quoi, latine ? Est-ce que vous ne vous trahissez pas, dans la valette latine, comme si c'était la douceur de vivre, effectivement ? C'est vrai.
C'est plus doux. Une certaine exubérance. La vie est plus douce. Une certaine exubérance. C'est une certaine... On profite de la vie, ce qui ne veut pas dire qu'on ne travaille pas, bien loin de là.
Mais est-ce que ça ne s'appelle pas le déclin de la puissance ?
Pas du tout. Regardez à Toulon, on a le premier port militaire d'Europe, on a des industries absolument... On a le fleuron de l'industrie navale, avec Naval Group, avec la CNI, mais vous plaisantez, même sous le soleil, on arrive à produire, évidemment.
Demain, et dans les jours qui viennent, est-ce que pour vous, ce gouvernement doit durer ? On voit bien que c'est la grande question. Est-ce que ce gouvernement Bayrou, d'une certaine manière, c'est la dernière chance avant d'autres complications ? Votre avis, disons, citoyenne, est-ce qu'il serait sain que ce gouvernement dure, en tout cas, jusqu'à la prochaine possibilité de dissolution ?
On a bien sûr envie d'avoir de la stabilité. Les Français ont envie de stabilité. Donc ça, c'est indéniable. Mais pour ça, c'est simple. On ne peut pas faire comme si les 11 millions d'électeurs que je représente sur votre plateau ce soir n'existaient pas. Il faut que François Bayrou nous écoute. Si François Bayrou pense qu'il est là Premier ministre pour faire du Bayrou, je pense qu'effectivement, il se trompe. Vous savez, nous, nous ne voulons pas plus de taxes pour les TPE-PME qui sont le poumon de l'économie de la France.
Nous ne voulons pas que les Français payent plus cher leurs médicaments alors qu'en même temps, on augmente le budget de l'aide médicale d'État qui, je le rappelle, soigne les clandestins, les gens qui viennent illégalement sur notre sol. Nous ne voulons pas que la facture d'électricité des Français augmente. Ce sont des choses très simples. Il faut qu'il y ait des économies structurelles. qu'il est à table. Imaginez-vous à table. Vous servez vos enfants ?
Je vous soumets un exemple très précis. David Lysnard, à votre place, il y a quelques jours, dit, moi, à Cannes, je réduis de 10%, il disait 10-12. 10-12% le nombre de postes de fonctionnaires. Est-ce que c'est possible à l'échelle de l'État ?
On peut y réfléchir à ne pas...
On ne remplace pas. C'est possible pour vous de réduire de 10% le nombre de fonctionnaires en France ?
Je ne sais pas exactement comment, mais ce qui est certain, c'est que... Oui, c'est 10%. On peut ne pas remplacer les gens qui partent à la retraite. Il y a des économies structurelles à faire. Je vous disais, l'État, on a l'impression que c'est le bon père de famille qui est à table, qui sert ses enfants en disant je vous en mets un petit peu moins parce que c'est la crise, mais par contre, moi, mon assiette est bien pleine. C'est inimaginable de demander, Darius Rochbin, aux Français qui déjà n'arrivent pas à finir leur fin de mois, qui n'arrivent pas à vivre de leur travail.
J'avais une copine qui viticultrice, juste avant, qui m'a mis un message, elle m'a dit parle des paysans, on n'oublie pas les paysans. Enfin, on ne peut pas demander plus d'efforts aux gens et ne pas faire d'efforts de couper dans les dépenses structurelles 1200 agences de l'État pour 80 millions par an. C'est colossal.
Laure Lavalette