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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 9 novembre 2025 66 min

Macron : un dernier Premier ministre… avant dissolution ? - C dans l’air - 10.10.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est ça avoir American Express ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. C'est censé être le jour J, mais pour l'instant, c'est surtout un jour sans fin. Toujours pas de Premier ministre à Matignon.

E.Macron a pourtant repris la main aujourd'hui. Il a convoqué tous les partis à l'Elysée, sauf le RN et LFI.

Pendant ce temps, M.Le Pen était sous l'oeil des caméras en campagne. Elle a dénoncé une réunion de marchands de tapis.

La France semble s'enfoncer encore plus aujourd'hui dans la crise politique mais aussi économique. Plusieurs noms circulaient, comme celui de J.-L.Borloo, P.Moscovici ou S.Lecornu, pressenti pour se succéder à lui-même à Matignon.

E.Macron prévient: si ça ne marche pas, il dissout. Il n'a pas de plan B.

Pour en parler, B.Jeudy, bonsoir. Vous êtes directeur délégué et éditorialiste à "La Tribune Dimanche".

Vous avez titré "Entendez-vous!" dimanche dernier. Ca tient encore pour aujourd'hui.

C.Cornudet, éditorialiste aux "Echos". Votre dernier édito est à lire sur le site de votre journal.

P.de Saint Remy, bonsoir. Vous êtes directrice adjointe de la rédaction de Politico.

G.Sliman, vous êtes président et cofondateur de l'institut de sondage Odoxa. La réunion a donc duré 2 heures 30 à l'Elysée et voici ce qu'en disent les responsables politiques quand ils en sortent. - O.Faure: Il n'y a aucune réponse claire du chef de l'Etat.

Il a simplement évoqué le fait que l'on pourrait reculer la mise en oeuvre de la réforme des retraites, ce qui n'est pas notre demande. Nous avons demandé sa suspension, à la fois pour l'âge légal et pour le nombre de trimestres cotisés. Pour l'instant, aucune réponse. - A.Casse: Et voici F.Roussel. - F.Roussel: Je regrette que dans les réponses du président, nous n'ayons pas vu d'éclaircie, je dirais, pour être diplomate.

Pas d'éclaircie, et même, il a réaffirmé que l'Assemblée nationale était majoritairement composée d'un socle commun composé de 210 députés, incluant Les Républicains, et que tous ceux-là étaient prêts à gouverner ensemble. - A.Casse: On sent quand même une grande déception...

Je ne sais pas si ça annonce ou pas une censure. O.Faure ne répond d'ailleurs pas à ce sujet quand on l'interroge. - B.Jeudy: O.Faure, on le sent un peu déçu.

Ce n'est pas tout à fait ce qu'il attendait sur les retraites, même s'il y a sans doute un petit bougé. Il y a un décalage de l'application de la réforme, pour faire simple, 62 ans et 8 mois, repoussant un peu plus tard l'application. Tout ça nécessite sans doute des explications.

Ce n'est pas une réelle suspension. Sans doute que le PS, qui met la pression depuis plusieurs semaines sur ce sujet, n'a pas encore totalement ce qu'il attend. M.Tondelier, elle, évoque la dissolution comme seule solution.

Et le Parti communiste, lui, ne voit aucune éclaircie. Ce qui s'éloigne peut-être, c'est le pacte de non-censure. On voit bien qu'E.Macron, après S.Lecornu, essaie de rejouer la pièce qui avait permis de passer un budget en 2025, avec F.Bayrou, c'est-à-dire de faire baisser le nombre de députés qui veulent voter la censure de façon à pouvoir doter la France d'un budget en 2026.

Bon, ça paraît quand même pas très bien engagé. Et surtout, on ne sait pas ce soir qui va être le futur Premier ministre. Ca, c'est une question qui pose à mon avis un problème de l'autre côté de l'échiquier présent cet après-midi, c'est-à-dire à droite.

Eux, déjà, ils ne sont pas contents des avancées sur la retraite. En plus, ils ne veulent pas d'un Premier ministre macroniste. B.Retailleau l'a bien exprimé.

Pour l'instant, E.Macron cache son jeu, mais on voit qu'il a furieusement envie de renommer S.Lecornu. - A.Casse: Peut-être un S.Lecornu II, mais avant de voir s'il va se succéder à lui-même, est-ce qu'on peut dire que cette réunion a servi à quelque chose? - P.de Saint Remy: Effectivement, je m'interroge.

Est-ce que ça a servi à quelque chose? Est-ce que ça n'a pas d'ailleurs aggravé la situation? Dès ce matin, avant même de voir la réaction des responsables de gauche à l'issue de la réunion, je me suis demandé quel était l'intérêt pour E.Macron de recevoir ces responsables en personne, puisqu'il ne pouvait que tendre la situation, sauf à faire des concessions majeures, en direction de la gauche.

L'impression que j'ai du côté de LR, c'est que B.Retailleau a déjà fait ses cartons. Ils ont déjà intégré que ce ne serait pas un Premier ministre ni macroniste ni de gauche, comme ils le réclamaient. - A.Casse: Il paraît que ses cartons sont vraiment faits. - P.de Saint Remy: Oui, je parlais littéralement.

Il a fait le deuil de sa présence au gouvernement. Peut-être que je me trompe, mais j'ai l'impression que l'objet des discussions, pour E.Macron, c'était sur l'éventualité de la nomination de S.Lecornu, même s'il n'a pas été tout à fait explicite.

Il n'y a pas eu d'autres propositions sur la table. Or, S.Lecornu est celui qui avait été missionné pour mener à bien les 1res négociations, notamment avec la gauche.

Il n'a pas fait de concessions supplémentaires, raison pour laquelle la gauche sort mécontente et un peu plus tendue, avec le sentiment du côté des socialistes d'avoir été pris pour des imbéciles. Dans tous les cas, ce n'est pas encore terminé. On est repartis pour plusieurs jours de négociations.

E.Macron l'a dit explicitement: il va nommer un Premier ministre dans les prochaines heures, vraisemblablement S.Lecornu, et c'est lui qui sera chargé de discuter des autres demandes de la gauche, notamment en matière de justice fiscale. - A.Casse: C'est quand même difficile de suivre.

On a vécu une folle semaine. On a l'impression qu'elle a duré 6 mois. Mercredi, S.Lecornu, invité au 20h, disait qu'il y avait encore un chemin possible pour éviter la censure et la dissolution.

On nous dit que ça va être le jour de vérité, qu'il va y avoir un Premier ministre. Il y a cette grande réunion qui a lieu à l'Elysée. P.de Saint Remy nous dit que ça se tend davantage, que S.Lecornu pourrait être renommé, mais que ça pourrait être intermédiaire...

On a l'impression que la crise se tend encore un peu plus aujourd'hui. - C.Cornudet: La surprise, après l'intervention de S.Lecornu, a été de voir que les macronistes pur jus comme G.Attal, A.Pannier-Runacher, E.Philippe, étaient très hostiles à une renomination de S.Lecornu.

J'ai l'impression qu'il a fait cette réunion de la dernière chance, décidée à 2h du matin... - A.Casse: Ce n'est pas anodin? - C.Cornudet: Ca veut dire que c'est un peu la panique.

Manifestement, il voulait nommer hier S.Lecornu. Quand il a vu que ce n'était même plus le PS ou LR, mais ses propres amis qui rechignaient à ce point, il s'est dit qu'il allait les réunir avec la menace de la dissolution.

Ce qu'on peut retenir de cette réunion, c'est qu'on ressort avec "il n'y aura pas de dissolution". Il fait le pari qu'il a réussi, avec cette menace, à un peu resserrer les rangs. On ne voit pas encore complètement le chemin, mais ça ne va pas voler en éclats aujourd'hui.

Vu la fragilité du dispositif, c'est déjà une information. - A.Casse: Mais chacun durcit son discours... - C.Cornudet: Il y a aussi des postures.

Concernant la gauche, il y a 2 motions de censure. La motion de censure d'entrée de jeu, après le discours de politique générale. Ce que veulent obtenir S.Lecornu et E.Macron, c'est que le PS bascule.

Le RN votera la censure et LFI aussi. Ce sont les socialistes qui sont déterminants. A ce moment-là, pour entrer dans la discussion budgétaire la semaine prochaine, il faut que le PS s'abstienne et ne vote pas cette motion de censure.

Rien ne dit que derrière, il ne votera pas des censures sur le budget ou ne se battra pas sur les retraites jusqu'au bout. Je pense que les sorties de perron, ça dépend de quelle censure on parle. Ce n'est pas impossible...

J'ai l'impression que le nom de S.Lecornu est moins irritant pour le PS que pour les macronistes eux-mêmes. D'où cette réunion, où il fallait recoller les morceaux de ce côté.

Maintenant, une négociation commence sur la retraite. Manifestement, ils ont choisi l'option que vendait la CFDT, qui est moins lourde que celle que voulait le PS. - A.Casse: Ce mail envoyé vers 2h du matin pour convoquer les responsables de parti aujourd'hui à l'Elysée...

Est-ce vraiment une bonne chose qu'E.Macron reprenne la main? Vous faites un grand sourire...

Il est plus impopulaire que jamais. Est-ce que c'est dans son intérêt de se montrer autant? - G.Sliman: Bah non.

Il faut quand même imaginer qu'on a multiplié les sondages ces dernières semaines. Il faut imaginer le désarroi de nos concitoyens. Le niveau de rejet, on a un président, même si ça dépend des mesures et des questions posées dans les différents instituts...

Chez nous, à Odoxa, on a juste demandé si c'était un bon président ou pas. Il est à 22 %, son plus bas niveau historique. On teste aussi une cote de rejet des personnalités politiques.

A part J.-L.Mélenchon, champion toutes catégories en termes de rejet, E.Macron reste la personnalité politique qui suscite le plus de rejet.

C'est pire que quand F.Hollande était président. Vous avez un président qui suscite le maximum de rejet, qui s'était mis en retrait pendant un moment.

Il a choisi un Premier ministre très peu connu des Français, mais dont les Français disaient à longueur d'enquête: "Nous ne voulons pas de S.Lecornu car nous avons identifié que c'était un proche d'E.Macron.

Nous voudrions qu'E.Macron intègre qu'il ne peut plus choisir qui il veut pour gouverner la France parce qu'il a perdu les législatives. Il n'a plus les mains libres pour faire ce qu'il voudrait." Et là, on renommerait S.Lecornu?

Au moment où on se parle, ce n'est pas fait, mais il faut imaginer le niveau de colère que ça va susciter. Surtout que ce pauvre S.Lecornu, quand on le testait, les gens étaient un peu schizophrènes avec lui... "Quand je l'entends, je le trouve pas mal...

Dans le contexte, ce qu'il dit, ce qu'il fait, je n'ai pas de rejet pour lui..." - A.Casse: Son principal défaut est d'être proche d'E.Macron? - G.Sliman: Oui, car ils ne veulent pas de la politique qui était menée.

On a parlé de rupture, mais on a du mal à la voir si c'est S.Lecornu qui succède à S.Lecornu.

Pour rebondir sur ce que vous avez dit les uns et les autres, c'était déjà compliqué pour S.Lecornu quand il avait LR avec lui, des socialistes dont il pouvait espérer des concessions et la majorité Renaissance de son côté. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.

Je ne vois pas comment la censure n'est pas absolument inévitable. - A.Casse: On a en plateau les journalistes les mieux informés de France.

Je sais bien que les téléphones portables ont été déposés à l'entrée de cette réunion, mais qu'est-ce qui se dit aujourd'hui? Est-ce qu'un nom a été testé? Est-ce qu'E.Macron a tenté de donner le nom de S.Lecornu? - P.de Saint Remy: Pour être honnête, je ne sais pas si son nom a été prononcé, mais ils ont tous compris qu'on parlait de lui.

Il n'y a pas d'autres noms qui ont été annoncés. Je rejoins ce qu'a dit G.Sliman.

Non seulement E.Macron choisit de se mettre au centre du jeu aujourd'hui, alors que rien ne l'y obligeait institutionnellement...

Avec ce mail envoyé à 2h du matin...

Ce n'était pas obligatoire d'ouvrir la cour de l'Elysée aux journalistes, pour avoir des réactions à chaud. Il se met au centre du jeu alors que justement, les Français voient que S.Lecornu est un proche d'E.Macron, voire le plus proche, et qu'il va prendre ses ordres à l'Elysée.

C'est ce que lui reproche par exemple B.Retailleau. Il y a aussi le fait...

E.Macron se met totalement Au centre du jeu, mais ce que lui reprochent les responsables du bloc central, qui eux-mêmes semblent assez opposés...

E.Philippe ne le dit pas ouvertement. Il a ce lien d'amitié avec S.Lecornu.

Mais s'ils disent qu'ils sont opposés à cette renomination, c'est qu'ils ont conscience qu'E.Macron est dans une sorte de déni de démocratie. Il n'a jamais concédé 1 cm de son pouvoir.

Il n'a jamais prononcé le mot "cohabitation" que certains aimeraient entendre. Il a en plus le mauvais goût de se mettre en scène et de tendre encore plus les relations. - A.Casse: Les macronistes comme A.Pannier-Runacher disent ce matin que ce que les Français attendent, c'est une rupture.

G.Attal dit qu'il ne faut pas donner le sentiment de s'acharner à vouloir garder la main sur tout. Est-ce qu'E.Macron a sauvé sa peau aujourd'hui? - O.Faure: Nous avons assisté à un essai de rabibochage entre les uns et les autres, mais aucune des questions de fond que posent les Français, que ce soit sur leur pouvoir d'achat... - A.Casse: Vous avez entendu O.Faure.

On va maintenant regarder notre reportage qui revient sur l'hypothèse de la dissolution. - Dans la cour de l'Elysée cet après-midi, les participants d'une rencontre de la dernière chance pour trouver un nouveau Premier ministre. Des chefs de parti convoqués par le président, avec une invitation reçue au milieu de la nuit.

Des représentants de la gauche sont arrivés côte à côte pour une image d'unité, voulant se montrer prêts à gouverner. Ils sont ressortis 3 heures plus tard, en colère. - M.Tondelier: Nous sortons de cette réunion sidérés.

Sidérés parce que, si, comme d'habitude, un tour de table a pu être fait pour que chacun pose ses préoccupations, nous estimons que nous ressortons avec aucune réponse sur rien, si ce n'est que le prochain Premier ministre qui devrait être nommé dans les heures qui viennent, nous dit E.Macron, ne sera pas dans notre camp politique. On a l'impression que plus il est seul, plus il se rigidifie sur sa position initiale.

Si je vous dis que je suis très inquiète, c'est que j'estime que tout ça va très mal se terminer. - F.Roussel: Nous sommes venus dire au président qu'il faut un changement de politique.

Ca passe par un changement de Premier ministre et par des nouveaux ministres, qu'on n'a pas encore vus. Ca fait 8 ans qu'on voit les mêmes, qui tournent dans les ministères, avec la même politique. - Dans sa requête, la gauche bénéficiait pourtant du soutien inattendu de lieutenants macronistes qui se relayaient ce matin encore sur les plateaux de télévision pour mettre un coup de pression sur le président de la République. - Ce que les Français attendent, c'est une rupture.

Il faut que ce Premier ministre soit en rupture avec les gouvernements précédents. - G.Attal: Il faut partager le pouvoir, ne pas donner le sentiment de vouloir garder la main sur tout. - Pourtant, en coulisses, l'hypothèse d'une reconduction à Matignon de S.Lecornu est bien sur la table.

Un choix motivé par la course contre la montre pour présenter un budget dans les clous pour lundi. Avec un tel délai, difficile de modifier le texte, selon le président de la Cour des comptes, qui alerte ce matin dans "Le Parisien". ...

Une urgence budgétaire telle que même le nom du gouverneur de la Banque de France a circulé pour le poste. Réponse de l'intéressé... - F.Villeroy de Galhau: A chacun sa mission pour servir son pays.

La mienne est à la Banque de France. - F.Villeroy de Galhau, agacé par l'instabilité politique et son coût astronomique. - F.Villeroy de Galhau: Il est temps de faire des compromis.

J'en ai assez de ce grand gâchis. La France est traditionnellement la locomotive de l'Europe. Aujourd'hui, c'est le wagon de queue. - Ecartée des réunions à l'Elysée aujourd'hui, LFI convoque une conférence de presse et envoie un message clair à ses anciens alliés. - J.-L.Mélenchon: Nous appelons les partis et les députés signataires du programme du NFP à se ressaisir et à renoncer aux exclusives contre les Insoumis.

Pas de nouveaux bricolages politiciens! Une élection présidentielle anticipée est le seul moyen de respecter la dignité de notre peuple et de notre pays. - M.Le Pen, elle non plus, n'a pas reçu son carton d'invitation pour l'Elysée.

Alors elle continue de faire campagne sur le terrain, en appelant encore et toujours à une dissolution. - M.Le Pen: Qu'est-ce que c'est que ça, des partis politiques qui cherchent à échapper à l'élection?

Ils ont peur de l'élection, ils sont prêts à toutes les compromissions, à tous les abandons pour surtout ne pas être obligés de subir la sanction des électeurs. - E.Macron s'était Donné 48 heures pour annoncer le nom de son nouveau Premier ministre.

Bientôt la fin du temps imparti. - A.Casse: B.Jeudy, comment vous lisez ce coup de pression des macronistes?

Quand G.Attal s'adresse à E.Macron en disant qu'il faut partager le pouvoir, on a l'impression qu'il lui parle comme s'il était le forcené de l'Elysée, qui refusait d'entendre... - B.Jeudy: C'est une situation rarissime que le chef du principal parti macroniste s'oppose comme ça, de manière aussi virulente au président de la République.

On l'avait connu un peu avec N.Sarkozy et J.Chirac.

Ce n'est pas une première. Mais dans la situation où est E.Macron, c'est-à-dire sans majorité absolue, même pas de majorité relative, sans Premier ministre, sans budget...

Dans une situation aussi compliquée, avec la révolte de ses propres troupes, ça devient inouï. Cette semaine, c'est G.Attal qui ne comprend plus les décisions du président et qui, dans une 2e salve, lui demande... - A.Casse: On va l'écouter.

C'est mieux de les entendre. Mais après, vous pourrez parler, promis. Il y a eu plusieurs coups de poignard. - E.Philippe: Aujourd'hui, l'Etat n'est plus tenu.

En France, sous la Ve République, le garant des institutions, c'est le président de la République. - G.Attal: Il faut partager le pouvoir et ne pas donner le sentiment de s'acharner à vouloir garder la main sur tout. - A.Casse: Je vous laisse continuer... - B.Jeudy: C'est des coups de poignard terribles et qui serrent un peu plus le noeud coulant autour d'E.Macron, qui doit se débattre, qui veut éviter à tout prix la démission et la dissolution.

Comment la dissolution ne pourrait pas être sur la table, alors que c'est l'usage dans une situation de blocage politique? Autant, la dissolution de 2024 était une dissolution sans raison, que personne n'a comprise, ni les Français ni ses propres partisans...

D'ailleurs, le 31 décembre, il a fait un mea culpa en disant qu'on n'avait pas gagné en sérénité. On ne peut pas dire que ça se soit amélioré depuis. La dissolution serait la solution la plus évidente dans cette situation.

Mais E.Macron ne le veut pas et il lutte contre cette dissolution. Il faut dire que beaucoup de chefs de parti n'en veulent pas non plus.

La plupart savent bien qu'ils vont revenir avec moins de troupes qu'ils n'en ont aujourd'hui, à commencer par G.Attal. Il sait qu'une dissolution serait définitive et décimerait totalement ce groupe, qui a déjà perdu plus de la moitié de ses troupes la dernière fois. - A.Casse: M.Le Pen était aujourd'hui en boucle sur les chaînes d'info, en campagne, avec les pompiers au Mans.

Elle dit que ce qui se passe dans cette réunion où elle n'est pas invitée, c'est un contournement démocratique. - B.Jeudy: Elle enchaîne les punchlines, elle se fait plaisir.

Elle a improvisé ce déplacement chez les sapeurs-pompiers. Tout sourit à M.Le Pen, sauf qu'elle ne peut pas se présenter à une éventuelle présidentielle et qu'elle défend l'idée de la dissolution.

Ca aussi, c'est un problème pour elle. La logique pour elle serait plutôt une présidentielle. Là, elle réclame une dissolution en espérant pouvoir se présenter ensuite.

Sur cette idée de dissolution, il faut bien voir qu'il y a aussi le monde économique qui veut l'éviter, qui veut que les politiques et les parlementaires s'entendent pour trouver un budget. Après, la campagne présidentielle aura le temps de se faire. Beaucoup estiment aussi que précipiter la présidentielle n'est pas forcément la bonne solution.

Une présidentielle en 40 jours ne permettrait pas de régler tous les problèmes. On voit que ça divise aussi le monde politique. Les Français, eux, ont fait leur choix.

Il faut régler cette situation d'instabilité et c'est aux politiques de le faire. - A.Casse: On écoute M.Le Pen. - M.Le Pen: Je m'interroge sur la fonction présidentielle.

Est-ce qu'il est vraiment du rôle du président de la République d'organiser ainsi une réunion de marchands de tapis, parce que c'est ça, dans l'unique objectif d'essayer d'éviter des élections qui sont pourtant la voie prévue par la Constitution lorsqu'il existe un blocage tel que celui que nous connaissons? - A.Casse: Est-ce qu'E.Macron lui a fait un cadeau en ne la recevant pas aujourd'hui à l'Elysée? - C.Cornudet: En tout cas, elle a bien exploité cette faille.

Le vrai clivage aujourd'hui, on a l'impression que c'est ceux qui veulent la dissolution contre ceux qui en ont peur. A l'Elysée, c'est tous ceux qui ont peur de la dissolution. Elle a bien vu ça.

Elle, elle dit qu'elle veut ce que veut le peuple, donc la dissolution. Ce clivage est quand même très embêtant. Aujourd'hui, c'est le seul ciment entre toutes les personnes qui étaient à l'Elysée, avoir peur d'une dissolution.

Ca explique beaucoup des attitudes qu'il y a eu cette semaine. Si G.Attal fait ça, c'est parce qu'il pense à la présidentielle.

Il dit qu'E.Macron est totalement impopulaire qu'il doit marquer une rupture. C'est aussi parce qu'il a peur que les choix du président précipitent une dissolution dont il reviendrait très affaibli. - A.Casse: L'entourage proche d'E.Macron dit aujourd'hui au "Parisien" que si ça ne marche pas, il va dissoudre, qu'il n'a pas de plan B.

C'est une façon de faire pression sur le socle commun? - P.de Saint Remy: Je ne trouve pas ça malin du tout.

Je voulais rebondir sur ce que disait Cécile. Tous ceux qui étaient à la réunion d'aujourd'hui sont ceux qui redoutent une dissolution. Les sondages indiquent que ce serait une catastrophe, notamment pour Horizons et Renaissance. - C.Cornudet: Et derrière, il y a du financement... - P.de Saint Remy: Mais je ne suis pas sûre que ce serait aussi vrai concernant le PS.

Ceux qui redoutent une dissolution sont ceux qui appellent justement à une présidentielle anticipée. Ceux qui redoutent le plus une dissolution, car personne n'en a vraiment envie...

Les Insoumis ne parlent pas de dissolution. Ils ne parlent que de faire tomber E.Macron.

Les sondages montrent qu'aujourd'hui, ça ne se passerait pas forcément aussi bien pour eux que la dernière fois. L'avenir dira si la gauche va reformer le NFP. Mais je pense que le calcul que fait E.Macron, depuis des semaines...

Je sais que certains le conseillent, notamment des personnalités issues de la gauche...

A la fin des fins, le PS a peur d'une dissolution. Donc on pense les forcer à faire un accord de non-censure. C'est ce qu'il a essayé de faire aujourd'hui, en les brutalisant.

Je pense que ce calcul est mauvais. Le PS ne souhaite pas la dissolution, mais il n'en a pas aussi peur que le croit E.Macron.

E.Macron ne comprend pas la gauche. Au PS, aujourd'hui, ils ne veulent pas la dissolution, mais ils en ont beaucoup moins peur que ce que croit E.Macron. - A.Casse: "Nous n'avons pas peur de la dissolution", dit O.Faure ce soir. - G.Sliman: Je suis tout à fait d'accord.

Il y a une incompréhension complète, qu'on a sentie un peu dans l'interview de S.Lecornu lors de ses explications à L.Salamé, qui est très forte chez E.Macron.

A force de regarder le tout petit monde politique et d'échanger avec les uns et les autres, et d'entendre que ce n'est pas l'intérêt égoïste de chacun des groupes des députés de se dire qu'ils peuvent perdre leur circonscription...

C'est un scénario tout à fait possible, même pour un RN. C'est à peu près certain pour toutes les autres formations politiques. Ils n'y auraient pas intérêt.

Mais je regarde ce que nous disent les gens, y compris les électeurs des partis en question. Ils ne sont pas tous complètement sourds à ce que leur disent leurs électeurs. Au-delà du pari que pourrait faire le PS sur ses chances en cas de dissolution de ne pas trop perdre de députés, il y a les autres élections, la présidentielle, le fait de se griller dans l'opinion publique...

Chacun des partis sur le perron de l'Elysée peut ne pas souhaiter une dissolution mais s'y trouve contraint par sa propre base. C'est peut-être ce qu'E.Macron et S.Lecornu n'ont pas bien compris.

Il sera impossible pour les socialistes de ne pas le censurer, sauf si quelque chose d'incroyable est proposé. Sauf s'il se passe quelque chose de fou, les socialistes seront obligés de censurer le gouvernement, peu importe le nom du Premier ministre. La nomination d'un Premier ministre, c'est quelque chose dont les gens ne veulent plus entendre parler. que ce serait la bonne solution après le départ de S.Lecornu. 80 % oscillent entre la dissolution et la démission du président.

Quand on teste les 2 séparément, on a 60 % des Français favorables à la dissolution. C'était une proportion inverse il y a quelques mois. Et ils sont 70 % à dire qu'ils veulent la démission du président de la République.

C'est parce qu'E.Philippe et G.Attal ont compris tout ça, et peut-être parce qu'ils ont conscience qu'on est dans un monde qui devient fou, qu'ils appellent le président à un retour à la raison. - A.Casse: Un proche de l'Etat vous a fait cette semaine la métaphore de la pyrolyse. "On voit qui a le cuir dur et qui se liquéfie"... - C.Cornudet: B.Retailleau a tout envoyé balader dimanche dernier.

C'est ce qui a provoqué la démission le lendemain de S.Lecornu. Selon E.Macron, G.Attal et E.Philippe...

Cette semaine, le président ne décolère pas face à ce qu'ont fait ses 2 ex-Premiers ministres. Il pense que ça ne s'est jamais fait à ce point. Mais il y a eu plein de précédents.

C'est presque un passage obligé de tuer le père en politique pour lui succéder. Mais là, la façon dont ils l'ont fait, et dans ce moment-là...

Il juge qu'ils ont dépassé les bornes. Cette rancoeur et cette colère du président contre ses 2 anciens Premiers ministres guident beaucoup de ce qu'il fait actuellement. C'est parce qu'il sait que ça les embête qu'il a envie de continuer à nommer S.Lecornu.

C'est aussi parce qu'il sait qu'ils en ont peur qu'il brandit la menace d'une dissolution. On peut le lire comme ça. - A.Casse: Là, vous touchez la dimension plus humaine, psychologique, de ce qui se joue. - B.Jeudy: La trahison en politique vient toujours à un moment.

N.Sarkozy avait donné ce conseil à l'un des présidentiables: "Pour tous ceux qui ont été élus à l'Elysée, ils ont trahi à un moment ou à un autre, depuis G.Pompidou jusqu'à E.Macron." C'est un conseil qui vaut pour G.Attal mais aussi pour E.Philippe.

Il leur a dit à tous les 2. C'est vrai qu'ils le font...

Ils le font peut-être à l'un des pires moments pour le président de la République et publiquement. N.Sarkozy a fait beaucoup de déclarations en off contre J.Chirac...

E.Macron est allé dans le bureau avant, il l'avait trahi...

Là, ils ont mis ça en scène au pire des moments. La politique est une affaire d'hommes. E.Macron est furibard après ses 2 anciens Premiers ministres.

Pour B.Retailleau, c'est compliqué aussi. Les torts sont un peu partagés.

S.Lecornu lui cache qu'ils vont nommer B.Le Maire...

On ne sait pas si la décision est déjà prise à ce moment-là, mais manifestement, B.Le Maire avait été appelé le vendredi. - A.Casse: B.Le Maire jouait aussi un peu avec lui.

Ca explique peut-être un peu la colère. - B.Jeudy: Il a très mal pris ça.

En même temps, il s'est aussi vexé qu'il y ait B.Le Maire alors qu'il avait accepté de gouverner avec M.Valls et Rebsamen...

Les gens qui nous écoutent se disent que ces gens se vexent, alors que... - P.de Saint Remy: En fait, il y avait d'autres raisons. - B.Jeudy: Evidemment.

Mais tout ça mélangé dans la même semaine, évidemment que la situation d'E.Macron devient impossible, irrespirable. On en revient à la question de base qui est que le rejet est tel que s'il veut terminer son mandat, il n'échappera peut-être pas à une dissolution.

Ca lui permettra peut-être une cohabitation, qui lui permettra de finir son mandat. Sinon, ça peut devenir très compliqué. - A.Casse: Donc notre titre d'émission est plutôt bien, c'est un dernier nouveau Premier ministre avant la dissolution? - B.Jeudy: On y est. - A.Casse: L'image qui me revient en tête, c'est E.Macron qui marchait seul ce lundi...

On voit à quel point il est isolé. Je fais le lien avec ce mail envoyé à 2h du matin...

On l'imagine en pyjama en train d'envoyer ce mail décisif... - B.Jeudy: Il se couche tard!

Mais celle qui a révélé un peu l'affaire, c'est M.Tondelier. Elle a répondu à 5h du matin. - A.Casse: Personne ne dort... - B.Jeudy: Elle a donné l'information sur la boucle des Ecologistes à 5h. - A.Casse: E.Macron est fatigué nerveusement? - P.de Saint Remy: Je ne saurais pas répondre.

Il y a eu cette semaine plusieurs événements officiels auxquels il a participé, notamment, quelques heures après la démission de S.Lecornu, une cérémonie autour d'E.Badinter à l'Elysée, puis une remise de décoration mercredi soir à plusieurs économistes et plusieurs personnalités intellectuelles.

Dans les 2 cas, les gens qui ont participé à ces cérémonies ont certifié que le président ne laissait absolument rien paraître mais paraissait presque, peut-être pas guilleret, mais très détendu. Ca m'a amusée car ça m'a rappelé plusieurs scènes. La veille de prendre la décision de dissoudre, le 9 juin dernier, il paraissait un peu euphorique.

Au lendemain des résultats du 2d tour, qui étaient certes moins catastrophiques que ce qu'on imaginait mais pas géniaux, pareil, il était apparu très détendu, s'interrogeant sur qui il pourrait nommer Premier ministre, manquant totalement de gravitas. Depuis qu'il est élu, E.Macron a toujours tenu à afficher une sorte de solennité.

Je trouve étonnant qu'il assume cette déconnexion avec la réalité qui lui est tant reprochée. Même chose, selon moi, sur ces images où on le voit déambuler le long de la Seine, dans une posture un peu mitterrandienne. Au téléphone, on se demandait à qui il pouvait demander des conseils sur le choix de son Premier ministre.

Je ne suis pas sûre que le choix de se mettre en scène ainsi est très opportun. - C.Cornudet: Pour compléter sur hier soir...

Il envoie ce mail à 2h du matin. On sait moins qu'il a dîné avec S.Lecornu.

Pendant ce dîner, il ne lui a rien dit. Ils n'ont parlé ni de sa reconduction, ni du gouvernement. - A.Casse: Ils ont parlé de quoi, alors? - C.Cornudet: Je ne sais pas, mais je sais de quoi ils n'ont pas parlé.

Il a besoin de mettre de l'incertitude, y compris dans celui qu'il s'apprête à renommer. Les gens qui ont vu S.Lecornu ce matin disaient qu'il était tendu. - A.Casse: Même lui est tendu? - C.Cornudet: Après, il connaît le président.

C'était peut-être un peu trop écrit, hier, l'idée qu'il serait reconduit. Il a fait peut-être un peu trop de bons scores chez L.Salamé, de meilleurs scores que ne fait aujourd'hui E.Macron. - A.Casse: Il l'aurait mal pris? - C.Cornudet: C'est une supposition, je ne sais pas si c'est vrai.

En tout cas, dans cette période où il a mis tout le monde sous tension, il a aussi mis sous tension son probable futur Premier ministre. - A.Casse: On voit qu'on va vers une reconduction de S.Lecornu à Matignon.

On va s'arrêter sur ce scénario dans un instant. Le noeud du problème, c'est aussi la réforme des retraites. Quand E.Borne s'est dite favorable à une suspension de la réforme, elle a fait exploser la Macronie.

Dans quel état d'esprit sont les députés macronistes? Ont-ils le blues? Se préparent-ils à une nouvelle élection? - Sur la table des discussions entre le Premier ministre démissionnaire et la gauche, il y a l'hypothèse de la suspension de la réforme des retraites. - C'est dans ce contexte que l'ex-Premier ministre ouvre la porte sur la réforme des retraites... - E.Borne a tenté de sortir du chapeau une éventuelle suspension de sa très décriée réforme des retraites... - Ou comment semer la zizanie en Macronie.

Mercredi, dans "Le Parisien", E.Borne fait une déclaration inattendue. ...

Pourtant, jusque-là, la réforme des retraites était un totem. Alors, sur leur groupe de discussion privé, les députés du parti présidentiel s'indignent... ...

En interne, c'est la crise. Même des macronistes de la 1re heure, comme A.Genetet, se désolidarisent publiquement de la proposition d'E.Borne. - A.Genetet: Venant de la part de celle qui, elle-même, a défendu cette réforme, c'est un peu surprenant.

Sur le fond, sur le principe, si ce débat devait revenir à l'Assemblée, je reste fidèle à mes convictions premières. Je reste convaincue qu'il faut pouvoir financer notre modèle social. Je veux pouvoir le préserver.

De ce fait, je ne serai pas en faveur d'une suspension de cette réforme. - E.Borne est-elle en train de renoncer à sa réforme?

Un texte pourtant passé au forceps, après plusieurs mois de manifestations partout en France. Des débats agités, voire impossibles à l'Assemblée nationale... - Y.Braun-Pivet: On n'est pas dans un amphi ou dans une manif, on est dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale!

La parole est à madame la Première ministre... - Et un 49-3 en mars 2023, pour faire passer le texte.

Huées. - E.Borne: Je suis prête à engager ma responsabilité...

Aussi, sur le fondement de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement. -2 ans et demi plus tard, le ton a changé. E.Borne, plus flexible, tente de convaincre son propre camp. - E.Borne: Si c'est la seule voie pour pouvoir sortir de la crise actuelle, qui va coûter des milliards au pays, cette instabilité qui plonge tout le monde dans l'incertitude...

Dès lors que ce débat aura lieu dans la présidentielle et que tous ceux qui envisagent d'être candidats disent qu'il y aura une autre réforme des retraites, je pense que ça vaut la peine de poser cette question. - E.Borne, seule contre tous.

Le reste du bloc central refuse aussi d'abandonner ce texte. E.Philippe a rappelé sa ligne à ses troupes. ...

Le camp présidentiel pourra-t-il tenir Face à de telles divisions? - A.Casse: Question. - C.Cornudet: On parle beaucoup de crise politique et institutionnelle.

On va peut-être entrer dans une vraie crise financière et économique. On ne sait pas comment les marchés...

C'est inédit. C'est un reniement de la parole de la France auprès de tous ceux qui nous prêtent de l'argent. On avait dit qu'on avait été courageux et qu'on avait fait une réforme, mais revenir dessus, en termes d'image, c'est dramatique.

On ne sait pas quelle image ça va avoir sur nos taux d'intérêt sur les marchés. C'est un vrai risque. C'était la condition sine qua non donnée par le PS pour avoir sa non-censure.

Là, acculé, il est prêt à le lâcher. Manifestement, il a été demandé à E.Borne, qui a incarné cette réforme, et pour faire mieux passer la pilule auprès des macronistes, et on voit que ce n'est pas complètement le cas, d'elle-même faire cette intervention et de dire qu'il faut suspendre la réforme. - A.Casse: Ca lui a été demandé. - C.Cornudet: Elle l'a fait sur demande. - A.Casse: De S.Lecornu? - C.Cornudet: Oui.

Il était arrivé à la conclusion que c'était la seule façon de pouvoir trouver un chemin avec le PS. La meilleure personne qui peut essayer de faire comprendre ça à ses troupes, c'est celle qui l'a faite et qui a souffert. Elle a tout pris.

Elle est devenue "madame 49-3". Son image a été durablement abîmée par ça. Faire ce geste au nom de la survie du gouvernement... - A.Casse: Que s'est-il dit au sujet de la réforme des retraites à l'Elysée? - P.de Saint Remy: De ce qu'on comprend, tout ça est très à chaud.

Le président de la République n'a pas prononcé lui-même le mot de "suspension". Néanmoins, il a quand même eu l'air d'accréditer l'idée d'abord énoncée par S.Lecornu que le débat sur cette réforme pouvait et devait être rouvert, en proposant que la mesure d'âge à 63 ans, la mesure la plus symbolique pour le grand public, son application soit repoussée à après la présidentielle.

Sauf que le PS, notamment, Les Ecologistes aussi, demandent à ce qu'on touche aussi à la mesure qui touche aux trimestres, la mesure qui touche le plus de monde. Ils demandent à ce qu'elle soit repoussée. - A.Casse: Ils ont obtenu des choses aujourd'hui. - B.Jeudy: C'est un énorme tabou pour E.Macron, quoi qu'on en pense.

Même si une partie des hommes et des femmes politiques ont considéré qu'il n'y a pas le compte, c'est énorme. En une semaine, S.Lecornu, par petites touches, a quand même poussé le président à lâcher quelques bribes.

Le 49-3, c'est contesté. La gauche dit qu'il y a d'autres procédures parlementaires qui permettent au gouvernement d'agir. Mais ça fait des années qu'ils nous bassinent avec le 49-3. 2e totem, le président de la République, sans dire "suspension", admet une forme de décalage de l'application de la réforme des retraites.

Ca a quand même un coût. - P.de Saint Remy: Il confie à S.Lecornu, ou au futur Premier ministre, de discuter plus encore avec les forces de gauche. - B.Jeudy: C'est quand même plus qu'un bougé.

Les conséquences seront sans doute énormes. Les agences regardent. Une nous a rétrogradés en 2e division il y a 15 jours.

Les 2 autres attendent. La France emprunte à des taux plus élevés que l'Italie. Le coût est fixé à 3 milliards pour Bercy l'an prochain.

Le pays cherche déjà et a du mal à trouver 43 milliards d'économies à faire. - A.Casse: L'argument est de dire que la crise économique coûterait plus cher que de suspendre la réforme. - B.Jeudy: 1,5 point de croissance, ça a coûté 15 milliards, cette année politique et cette instabilité née de la dissolution.

On a une idée de ce que ça entraînera pour la suite si on dissout. Les 3 milliards, ce n'est pas le vrai coût. Le coût est bien plus important.

Il va être important en termes d'image pour la France et surtout des marchés. Ils vont regarder la France en se disant qu'elle ne respecte pas ce qu'elle vote. - P.de Saint Remy: Et le coût politique de renoncer à une réforme qui a été adoptée, même si c'était par 49-3. - B.Jeudy: Il peut perdre la droite en cours de route.

Les députés LR sont quand même divisés. La question des retraites, les sondages de G.Sliman le montrent, globalement, c'est populaire, cette mesure.

Les Français sont contre cette réforme, au moins 7 sur 10. Mais le coût est énorme. - A.Casse: Vous dites que le coût serait énorme, mais est-ce qu'on sortirait pour autant de la crise?

On a du mal à comprendre à quoi a servi cette réunion, mais on voit déjà qu'il y a une avancée concernant la réforme des retraites, des bougés, comme dit B.Jeudy. On a le quoi, le qui, apparemment, S.Lecornu... - P.de Saint Remy: Ce que j'ai compris, c'est qu'à la réunion, E.Macron a évoqué cette demi-mesure, un énorme bougé de son point de vue, mais insuffisant du côté des socialistes, qui sont vraiment au coeur du jeu...

Mais il n'en a pas dit plus, notamment en matière de justice fiscale. Les socialistes ne veulent pas d'accord tant qu'il n'y a pas un geste en matière de justice fiscale. Sur ces sujets, il a laissé entendre que son Premier ministre nommé ce soir poursuivrait les discussions. - A.Casse: Ce serait suffisant pour sortir de la crise? - G.Sliman: Certainement pas.

C'est trop tard. Ce sont des bougés importants pour E.Macron, mais il y a un problème de timing.

On se rapproche de l'élection présidentielle de 2027, s'il n'y a pas d'élection présidentielle anticipée d'ici là. C'est beaucoup trop tard. Il s'est cramé, si j'ose dire, E.Macron.

Sa parole, sa popularité a été complètement démonétisée. Bien sûr que c'est très important pour les Français, la question des retraites. On n'est plus tout à fait à 70 %.

On fait un gros baromètre sur les retraites tous les ans. On suit les projections des gens sur la retraite. On a un échantillon de 4000 personnes.

Lors de la dernière mesure, on était à 63 % de Français qui continuaient de rejeter une mesure qui, pourtant, s'appliquait déjà. Nos concitoyens sont très opposés à cette mesure. Les retraités ne sont plus concernés par cette réforme.

C'est la seule catégorie de la population qui est favorable à la réforme des retraites, quelle que soit leur proximité partisane ou leur profession d'origine. Cette réforme des retraites, et c'est pour ça que je parle de problème de timing, est probablement ce qui explique la catastrophe pour E.Macron du résultat des européennes, qui explique elle-même cette sanction électorale, sa décision de dissoudre, avec à chaque fois une mauvaise orientation du point de vue de l'opinion.

Aujourd'hui, c'est trop tard pour espérer que la censure n'attende pas S.Lecornu ou quel que soit le Premier ministre nommé. Les socialistes, quelle que soit la position d'O.Faure...

On ne m'ôtera pas l'idée que de nombreux députés socialistes voteront la censure quoi qu'il arrive, même si on leur dit de ne pas le faire. Mais pour LR, c'est une mesure essentielle. Pour Renaissance aussi.

Sacrifier ce qui était le dernier totem ou le dernier scalp du courage politique d'E.Macron pour quelque chose qui n'aboutira pas, c'est dommage politiquement. - A.Casse: On va écouter les Français.

On leur donne la parole tous les soirs. Ce soir, on entend les clients d'un restaurant routier dans les Yvelines où le pouvoir d'achat est la priorité et où le patron voit le RN de lui-même monter. - La facture de cette crise politique... - 6h du matin dans ce relais routier, premier café de la journée pour ces conducteurs de poids lourds, servis par un patron dépité. - Tout le monde se pose des questions.

On ne sait pas de quoi demain sera fait. - On aimerait sortir de cette crise le plus rapidement possible. Il ne faut pas rester dans une situation comme ça.

Il n'y a pas 50 solutions. Il faudra bien dissoudre à un moment. Ils ne s'entendent pas.

Aucun parti ne s'entend. Il faut prendre une décision, à un moment. Ils se tirent tous dans les pattes.

Ca ne marche pas. - Plus encore que l'instabilité politique, c'est la situation économique du pays et sa dette abyssale qui inquiètent ces travailleurs. - Tant qu'ils taxeront, rien ne tournera.

Ils n'ont pas compris que moins ils taxaient, plus l'économie tournerait. - Je plains celui qui va prendre la place. Quoi qu'il arrive, il va falloir boucher le trou.

Qui va boucher? Toi, moi, ceux qui travaillent. - Ceux qui bossent. - Je ne me plains pas.

Je gagne un bon salaire. Ma conjointe travaille aussi. Mais on n'a plus les moyens de partir en vacances.

C'est toujours la classe ouvrière qui trinque. Les personnes comme monsieur, qui travaillent le matin, comme moi, qui se lèvent à n'importe quelle heure pour faire tourner la boutique, on se lève et on sait que ça va être une journée dure, taxée. - Steak haché, joue de porc... - Dans la cuisine du relais routier, les charges et l'inflation ont aussi des conséquences bien concrètes. - On a dû réduire la viande rouge à cause des coûts.

Ca a énormément augmenté. On fait de la viande rouge 1 jour sur 2. avant, c'était faux-filet, bavette.

Aujourd'hui, c'est intouchable. - Au point de devoir augmenter le menu de 1 euro. Pas suffisant toutefois pour pouvoir embaucher. - Financièrement, on ne peut pas recruter.

Du coup, on a pris une apprentie. Ca revient moins cher. Mes parents sont retraités.

De temps en temps, ils viennent le midi pour nous aider un peu alors qu'ils ne sont pas en âge de travailler. - A l'heure du déjeuner, des clients de moins en moins nombreux à la marmite, et des fins de mois toujours plus difficiles. - Des cartes bleues qui passent pas, des gens embêtés...

C'est plus qu'avant. Ca se voit, maintenant. Les gens qui prenaient un grand café avant, maintenant, ils prennent un petit café.

Un café, c'est 3 euros, quand même. Ils économisent 1,50 euro par jour s'ils n'en prennent qu'un. Tout est calculé. - La petite table juste derrière.

Je vous apporte du pain. Et pour vous? Rouge aussi?

Je vous apporte ça. - A table, là aussi, la politique est au coeur des conversations. - On aimerait peut-être que nos politiques, qui ont chacun leurs qualités, le problème n'est pas là, mais se préoccupent plus du pays plutôt qu'éventuellement, des petites guerres d'ego, de petites choses comme ça. - Ce qu'on entend de la politique, ce n'est que du négatif.

Entre ceux qui finissent en prison, ceux qui ont usé et abusé du système...

Il n'y a aucun côté positif. - Une défiance que constate chaque jour le patron. - Tout le monde, au moins 80 % des gens qui parlent ici parlent RN.

On n'entend que ça. Est-ce que ça va aller jusqu'aux urnes? Est-ce que ça va être le RN?

Je ne sais pas. En tout cas, on n'entend que ça dans la bouche des clients. - En cas de dissolution, les derniers sondages prédisent une large victoire du RN. - A.Casse: Beaucoup de choses marquantes dans ce reportage.

D'abord, le patron qui dit: "On a moins de clients et de plus en plus de cartes bleues refusées. On est à 1,50 euro près." - B.Jeudy: Le pouvoir d'achat, ça correspond à ce que mesurent les instituts de sondage.

Le pouvoir d'achat est au coeur des préoccupations des Français, loin devant les questions de sécurité, d'immigration. C'est vraiment le pouvoir d'achat. C'était déjà le cas en 2022.

Il y avait eu la guerre en Ukraine. C'était aussi ce qui arrivait en tête l'an dernier. Ca motive le vote et pousse les Français à un vote de désespoir... - A.Casse: Il dit que 80 % sont pour le RN. - B.Jeudy: Dans les sondages, il est entre 33 et 36 % d'intentions de vote aux législatives.

Votre reportage, dans la France qui travaille, c'est ça, aujourd'hui. Le RN est devant tous les autres mouvements politiques dans la France qui travaille. Il a beaucoup progressé dans les autres catégories, les retraités, les jeunes...

Ca correspond aussi à l'échec d'E.Macron, qui devait être un président avec ce mantra du "en même temps", aller prendre ce qui était le mieux à gauche et à droite et à mettre par terre tous les vieux politiciens. Finalement, il échoue.

Sa politique n'est pas suffisamment efficace. Il y a eu des crises...

On peut avancer beaucoup d'hypothèses, mais on ne va pas refaire le bilan. Une fois que la gauche est dans l'état où elle est aujourd'hui et la droite dans l'état où elle est aujourd'hui, il reste des ruines, et des ruines émergent des extrêmes, le RN d'un côté et les Insoumis, quelque part, à leur façon. J.-L.Mélenchon tire sa carte sur l'échiquier gauche. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous a marqués dans ces paroles de Français? - G.Sliman: Ce que disait Bruno.

C'est une illustration parfaite de ce qu'on enregistre dans les enquêtes d'opinion depuis très longtemps maintenant. La préoccupation du pouvoir d'achat est majeure. C'est le cas depuis longtemps.

C'est depuis l'élection d'E.Macron, depuis qu'il a réussi sur le chômage, priorité absolue des Français...

C'est un succès qu'on peut lui prêter. La priorité absolue est devenue le pouvoir d'achat. C'était le calendrier et c'est encore plus le cas cette année. - A.Casse: Ils parlent de politique à table. - G.Sliman: Mais ils sont dégoûtés par la politique.

Mais lorsqu'il y a un enjeu, ils vont voter ou ils écoutent l'émission, regardent l'émission. Ils ont le sentiment que la situation politique, notre baromètre économique le montre, a un impact sur leur vie. Ils ont le sentiment que la situation politique que nous vivons aujourd'hui va dégrader leur situation économique. - A.Casse: C'est déjà le cas. - G.Sliman: Oui. 85 % des Français se disent plus pessimistes sur l'avenir économique de leur pays.

L'autre élément qu'inspire le reportage, c'est le RN. Ce que nous disent tous les Français, qu'ils soient de gauche, de droite, du centre, bien qu'un peu moins, c'est que, globalement, il n'y a que 2 solutions: une dissolution ou une démission du président de la République. Les propos que tient M.Le Pen, alors que la plupart des gens ne l'apprécient pas, ils sont exactement en phase avec ce qu'attendent une très large majorité de Français.

Elle est largement en tête au premier tour. Il faudrait tester des seconds tours quand même pour pouvoir assurer qu'en cas d'élection présidentielle, elle l'emporterait. On l'avait fait au printemps dernier.

Elle était déjà en tête au premier tour et elle perdait au second. Je serais curieux de voir ce que ça donne. Il faudrait nous le commander. - A.Casse: On passe aux questions SMS.

Question. - C.Cornudet: C'est ce qu'il est en train de faire, manifestement.

Il a pris la décision dimanche dernier, avec le pataquès du départ de B.Retailleau, le PS totalement crispé. Il a dit à des socialistes: "Il faut que je bouge sur les retraites." S.Lecornu le lui disait déjà depuis quelques jours. - A.Casse: Question. - G.Sliman: 30 % des gens ne le souhaitent pas. - P.de Saint Remy: Si je prends nos voisins européens, ce qu'ils redoutent le plus, c'est l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir.

Il y a déjà V.Orban pour la Hongrie, R.Fico...

L'idée que la 2e puissance européenne puisse être dirigée par M.Le Pen ou J.Bardella inquiète énormément les voisins européens, bien plus qu'autre chose.

Ca ne répond pas vraiment à la question de la démission, mais ce qui est craint, c'est avant toute chose la dissolution et de nouvelles élections qui amèneraient M.Le Pen au pouvoir. - A.Casse: Question. - B.Jeudy: On ne parvient pas à purger cette question des retraites depuis que F.Mitterrand est revenu à la retraite à 60 ans.

C'est un sujet qui est devenu électrique en France. Toutes les réformes se sont faites dans la douleur. Mais jamais il n'y a eu de recul.

Chaque réforme, petit à petit, Premier ministre après Premier ministre, président après président, jusqu'à la dernière réforme extrêmement compliquée, sans doute mal faite et mal menée, mais qui a fini par passer dans les conditions que l'on sait...

Aujourd'hui, la situation sur le plan des retraites, elle est énorme. Il y avait 5 millions de retraités en 1981. C'est 15 millions en 2025.

La France est le pays qui a l'âge de départ à la retraite le plus bas. Certains pays réfléchissent au départ à 70 ans. Les hommes politiques qui racontent n'importe quoi sur le sujet, c'est pour essayer de gagner des suffrages et flatter les Français.

C'est une vraie question, mais on est prisonniers de cette histoire des 60 ans et on n'arrive pas à purger ça. On ne le fera pas d'ici 2027. Il faut lui répondre aussi clairement que ça. - A.Casse: Question. - C.Cornudet: Il faut qu'il soit renommé.

Tout est possible. Le président de la République choisit qui il veut comme Premier ministre. Après, il faut voir combien de temps il dure. - A.Casse: Question. - C.Cornudet: Je pense que oui.

Le lendemain matin, ils ont demandé à R.Lescure, ministre de l'Economie démissionnaire, d'aller sur une chaîne pour dire "attention, ça coûterait très cher". Ca a été quelque chose en 2 points.

Ils ouvrent et ils bordent. - B.Jeudy: Manifestement, G.Attal a eu une discussion, quand il était chez nos confrères de TF1, avec M.Tondelier.

La question des retraites a été évoquée. - A.Casse: Question. - G.Sliman: Je ne suis pas dans les interprétations psychologiques.

Ce qui est sûr, c'est que beaucoup de nos concitoyens, et des personnalités majeures de la classe politique, en viennent à se dire que ça relève presque de la psychologie ou de la psychiatrie sur certaines orientations, certaines décisions parce que personne ne comprend. Si 2 de vos Premiers ministres majeurs, G.Attal ou E.Philippe, disent "je ne le comprends plus et il faudrait qu'il parte", au-delà de leurs intérêts personnels, c'est qu'il y a quand même un sujet. - P.de Saint Remy: B.Macron avait soutenu la décision de dissoudre.

Elle est en phase politiquement avec son mari. - A.Casse: On ne sait pas ce qu'elle lui dit aujourd'hui. - P.de Saint Remy: Je ne sais pas. - A.Casse: On ne sait pas quel est l'état de leur relation, si elle est consultée ou pas.

Vous savez tout, d'habitude. Je suis étonnée. Question. - G.Sliman: Probablement. - B.Jeudy: Elle a choisi la voie de la dissolution parce que c'est celle où elle pourra introduire un recours pour essayer de pouvoir se présenter. - A.Casse: C'est le seul petit chemin pour elle. - B.Jeudy: Elle l'exploitera pour pouvoir se présenter.

Ensuite, elle imagine que ces législatives seront très favorables à son parti. Sur la base des sondages, ça paraît être le cas. Est-ce qu'il y aura une majorité absolue ou relative à 240, 250...

Il s'est passé quelque chose cette semaine dans le RN. Pour la première fois, il y a eu une main tendue vers les LR. - A.Casse: C'est dit par J.Bardella. - B.Jeudy: Et J.-P.Tanguy.

Ils disent qu'ils pourraient travailler à l'union des droites. - A.Casse: Mais LR ne dit pas oui. - B.Jeudy: Dimanche, il y a une élection législative partielle dans le Tarn-et-Garonne, où une députée a été invalidée.

Au 2e tour, un candidat UDR, parti d'E.Ciotti allié au RN, s'est retrouvé face à une candidate socialiste. B.Retailleau a dit "pas une voix pour la socialiste". - P.de Saint Remy: G.Larrivé, autre responsable LR, a appelé à voter pour le candidat UDR. - A.Casse: S'il y avait une dissolution et des législatives, le RN peut espérer la majorité absolue? - G.Sliman: C'est compliqué, parce que le score où se situe le RN est à peine un peu supérieur à celui dont il était crédité juste avant les dernières législatives.

Mais les autres font de moins bons scores. Le front républicain s'effrite. Au 2d tour, ils peuvent espérer faire mieux que la dernière fois, mais on ne sait pas si ce serait une majorité relative pour gouverner, une majorité absolue ou un doublement du nombre de leurs députés. - A.Casse: Merci d'avoir été nos invités.

Tout de suite, "C à vous". Bonsoir, M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: Bonsoir.

La France au bord d'une crise de régime. E.Macron a réuni les chefs de parti politique, sans le RN ni LFI.

On va connaître le nom du futur Premier ministre dans "C à vous". On reviendra sur la panthéonisation de R.Badinter hier.

On découvrira son dernier entretien accordé à l'INA. On est prêts. - A.Casse: Le Premier ministre va tomber avant 20h.