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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 12 février 2026 4 min

Nominations, décorations, les derniers plaisirs de Macron (l'édito d'Alexis Brezet)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Lesdopolitique sur europein avec le Figaro. Bonjour Alexis Brés. Bonjour Dimitri.

Bonjour à tous. Alexis depuis qu'Emmanuel Macron a nommé Amélie de Montchalin la Cour des comptes. Les protestations se multiplient à gauche comme à droite.

Est-ce qu'elle vous semble justifiée ? Ce qui est en cause Dimitri ça n'est pas la compétence d'Améine Monchala. Ça n'est pas non plus sa qualité de responsable politique de Pierre Jocs à Pierre Moscovici en passant par Philippe Séin.

Ça a toujours été le comme ça. Alors oui, c'est vrai, elle est proche du président Macron mais là encore c'est pas nouveau. Seul Nicolas Sarkozi avait fait le choix de nommer un opposant en la personne de Didier Migot.

Non, ce qui est choquant, c'est qu'elle passe directement sans délai de la case ministre des comptes à la case cours décomte. Ça veut dire qu'elle va être appelée à juger de l'exécution et de la sincérité de son propre budget. Il y a là un conflit d'intérêt évident dont on voit mal comment elle pourrait tirer son Hermine.

Le premier président de la Cour des comptes ne va tout de même pas se déporter de la rédaction du rapport de la Cour des comptes. Ajoutez à cela, Camilie de Monchalin est désormais irrévocable jusqu'à la limite d'âge fixée à 68 ans. Comme elle en a 40, ça lui fait un joli CDD de 28 ans.

Évidemment, il n'en fallait pas plus pour nourrir le procès en verrouillage et en copinage qui depuis la nomination de l'ami Richard Ferrand la présidence du Conseil constitutionnel est instruit contre le chef de l'État. Mais parce que vous pensez qu'Emmanuel Macron use ou abuse davantage que ses prédécesseurs du privilège de nomination ? Probablement pas.

Vous savez, Dimitré, les institutions de la 5e République sont à ce point monarchique que dans un ouvrage qui vient de paraître intitulé Sa Majesté Nom, tout est dit, un livre qu'on doit au journaliste Michaell Morau, on découvre que pas plus à l'Élysée qu'à Matignon, on ne sait exactement sur combien de postes s'exerce le pouvoir de nomination du président. 5000 au Bamau 10000 peut-être de la SNCF au château de Versailles de l'Opéra comique aux agences de régional de santé en passant par le préfet délégué pour l'ours des Pyrénées. Le chef de l'État depuis toujours nomme tout à tout et partout.

Ce qui est vrai et qu'on apprend aussi dans ce livre, c'est qu'Emmanuel Macron adore ça. Les nominations comme les décorations, d'ailleurs, c'est son kiff. C'est aussi son dernier pouvoir en ces temps difficiles où il ne lui en reste pas beaucoup.

Il aime tellement nommer qu'à la différence de ses prédécesseurs qui se prononçaient le plus souvent sur dossier, il reçoit lui personnellement les impétrant à un poste de recteur, de procureur ou de directeur de musée dans le salon doré de l'Élysée pour leur faire passer leur entretien d'embauche. Et sans qu'on sache très bien d'ailleurs si c'est le fruit d'une indécision congénitale ou du plaisir pervers de faire danser les candidat, probablement un peu des deux, il fait durer le plaisir, il instruit l'affaire interminablement et c'est ainsi que la poste, la caisse de dépôt, la villa Médicis ou telle ou telle ambassade ont attendu pendant des mois voire des années leur titulaire définitif. Évidemment maintenant comme on approche de la fin du règne, c'est l'embouteillage.

Et cette frénésie de nomination et ben elle ne passe pas inaperçu. Mais vous croyez, comme le disent certains Alexi qu'en nommant des proches à des postes clés, Emmanuel Macron se ménage des appuis pour un éventuel retour en 2032. Sérieusement, Dimitri, vous pensez que le macronisme aura laissé un souvenir tel qu'une armée de fidèles va préparer tapis dans l'ombre la revanche du grand homme ?

Vous savez s'il est bien un devoir auquel les responsables politiques ne manquent jamais, c'est le fameux devoir d'ingratitude invoqué par Robert Badinter après avoir été nommé président du Conseil constitutionnel par François Mitteran. Et si Emmanuel Macron nourrissait encore quelques illusions, il serait bien inspiré de relire ses vers Malherbe à l'usage des monarques dont le temps est accompli. Je cite "Comme ils n'ont plus de sceptre, ils n'ont plus de flatteur et tombent avec eux d'une chute commune tous ceux que leur fortune faisait leur serviteur." Oh, c'est joli.

Merci beaucoup les politiques sur europe 1. Merci Alexis Brazet. à la une du Figaro ce matin.