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ChroniqueC à vous (sur YouTube)· 30 novembre 2022 4 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & internationalTransports

Emmanuel Macron face au protectionnisme américain - L’édito de Patrick Cohen - C à vous - 30/11/2022

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12PrésentateurChiffre
    « 370 milliards de dollars pour verdir et doper l'économie américaine. »
  • 0:48PrésentateurFait
    « C'est un dispositif ultra-protectionniste. »
  • 0:51PrésentateurFait
    « Les éoliennes et les panneaux solaires ne seront subventionnés que s'ils utilisent de l'acier américain. »
  • 1:05PrésentateurFait
    « les 7500 dollars de crédit d'impôt accordé l'an prochain à tout acheteur de voitures électriques ne vaudront que pour les véhicules assemblés sur le sol américain »
  • 2:14PrésentateurChiffre
    « Washington, c'est 800 millions, 800 millions de dollars »
  • 3:33PrésentateurFait
    « lutter avec les mêmes armes que la Chine et les États-Unis, ne plus laisser l'Europe ouverte dans un marché mondial qui ne l'est plus »
  • 3:49PrésentateurFait
    « quand vous avez les 6 000 euros de primes de bonus en France, ça vaut aussi pour les voitures électriques chinoises. »

Temps de parole

  • Présentateur96 %
  • Emmanuel Macron5 %

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0:00
Emmanuel Macron

Face à Joe Biden, Emmanuel Macron va tenter de défendre les industriels européens, pénalisés par la grande loi américaine sur le climat. De quoi parle-t-on ?

0:08
Présentateur

Du vaste plan de subvention que Biden a arraché cet été au Sénat, 370 milliards de dollars pour verdir et doper l'économie américaine. Loi baptisée, vous l'avez entendu, Inflation Reduction Act, IRA, mais qui n'a pas grand-chose à voir avec l'inflation. C'est le plus gros investissement jamais décidé dans la lutte contre le changement climatique avec des aides massives pour les véhicules électriques, les éoliennes et les panneaux solaires. Quel est le problème alors ? C'est un dispositif ultra-protectionniste. Les éoliennes et les panneaux solaires ne seront subventionnés que s'ils utilisent de l'acier américain.

Et les 7500 dollars de crédit d'impôt accordé l'an prochain à tout acheteur de voitures électriques ne vaudront que pour les véhicules assemblés sur le sol américain, avec des batteries américaines, sortant d'une usine installée aux Etats-Unis, ou bien au Mexique et au Canada, les deux seules exemptions finalement votées.

1:15
Emmanuel Macron

Et les constructeurs étrangers implantés aux Etats-Unis ?

1:17
Présentateur

Ils ont d'abord poussé un grand ouf parce que dans la première version du plan Biden voté par la Chambre, il y avait un bonus supplémentaire de 4500 dollars pour les voitures produites par des ouvriers syndiqués, ce qui aurait pratiquement éliminé la concurrence étrangère, vu que les fabricants allemands, japonais, coréens ont leurs usines dans les Etats du Sud, Tennessee, Alabama, Virginie, etc., où les syndicats ne sont pas implantés, ils n'existent pas, tout comme Tesla d'ailleurs, la firme d'Elon Musk en Californie. Alors maintenant, que font ces constructeurs ?

Eh bien, ils accourent, attirés par les énormes subventions de l'IERA, Volkswagen, Siemens, Hyundai ont annoncé de nouveaux investissements ou de nouvelles usines. Le fabricant suédois de batteries, Norsevolt, qui avait un projet d'usine en Allemagne, vient de le mettre en veilleuse pour se tourner vers les Etats-Unis. Explication de son patron, Berlin nous offrait 155 millions de dollars pour nous installer, aide plafonnée par les règles européennes.

Washington, c'est 800 millions, 800 millions de dollars, avec un avantage supplémentaire de taille, un prix de l'énergie beaucoup plus bas, puisque le gaz produit aux Etats-Unis, qui en est devenu le premier producteur mondial, ce gaz nous est vendu cinq fois plus cher que le prix américain. Et voilà comment l'Amérique est en train de devenir l'eldorado de l'industrie verte et de la voiture électrique, et un terrain d'atterrissage idéal pour ce qu'on appelle les délocalisations énergétiques, c'est-à-dire des usines qui risquent de traverser l'Atlantique. Que peut faire l'Europe ?

Alors d'abord protester, fulminer, ce qu'elle fait très bien, et depuis des mois, souligner que les Américains s'affranchissent des règles du commerce mondial, menacer de saisir l'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce, ce qu'ont déjà évoqué Bruno Le Maire et Thierry Breton, mais c'est une procédure qui peut prendre des années, les usines auront foutu le camp depuis longtemps.

Ensuite, dialoguer, discuter, ce que va faire Emmanuel Macron, réclamer du gaz un peu moins cher, tenter d'arracher les mêmes exemptions que le Mexique ou le Canada, une sorte d'exception européenne, mais ça paraît très improbable, parce que le vote de cette loi, qui a été une grande victoire politique, on s'en souvient pour Joe Biden et les démocrates, a été arraché à une voix de majorité, celle du sénateur modéré Joe Manchin, qui a beaucoup défendu cette clause de la préférence américaine pour les voitures électriques.

Ou alors, dernière option, lutter avec les mêmes armes que la Chine et les États-Unis, ne plus laisser l'Europe ouverte dans un marché mondial qui ne l'est plus, imposer des taxes ou des restrictions, limiter les primes à l'achat aux voitures électriques produites en Europe, ce qui ne se fait pas aujourd'hui, quand vous avez les 6 000 euros de primes de bonus en France, ça vaut aussi pour les voitures électriques chinoises. Mais à cela, plusieurs de nos voisins sont contre, la Suède, les Pays-Bas notamment, et l'Allemagne. Gros exportateurs qui craignent des rétorsions, l'Allemagne hésite encore.

En tout cas, en matière de protectionnisme, zéro différence, ou pratiquement entre Biden et Trump, c'est toujours « America first ».

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