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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 3 mars 2017 64 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleJustice

Opération Juppé : Les grandes manœuvres #cdanslair 03.03.2017

Au micro : Yves TréardSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 13 %Attaque 57 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 17 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:10OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cette fois c'est fini pour François Fillon ?

  • 2:20OuverteRéponse partielle

    Pourquoi le week-end sera décisif ?

  • 3:07OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cette manifestation va remettre en selle François Fillon ?

  • 3:50OuverteRéponse partielle

    On est au bout de cette tragédie, de ce drame ?

  • 5:31OuverteRéponse partielle

    Est-ce que l'aspect psychologique est important ?

  • 8:00RelanceRéponse partielle

    On ne peut pas dire aujourd'hui qu'il a décroché ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28PrésentateurFait
    « Ce matin, l'organisateur de la primaire, Thierry Solaire, porte-parole du candidat, a jeté l'éponge à son tour et démissionné de la campagne. »
  • 0:42PrésentateurFait
    « Son entourage indiquait officiellement via l'AFP qu'il ne se défilerait pas en cas de retraite Fillon. »
  • 2:36PrésentateurFait
    « Il y a une pétition de maire pour des parrainages en faveur d'Alain Juppé qui partent directement au Conseil constitutionnel. »
  • 2:57PrésentateurFait
    « La clôture des parrainages c'est dans 15 jours maintenant. »
  • 6:09IntervenantChiffre
    « François Fillon, au lendemain de la primaire, il est à 28-30%. Fin janvier, il est à 24-25%. Et aujourd'hui, il commence à passer sous la barre des 20%. »
  • 6:25IntervenantChiffre
    « Pour 70%, par exemple, ils disent qu'ils ne peuvent pas changer d'avis. »
  • 7:28PrésentateurFait
    « On voit bien que le problème pour François Fillon, ce n'est pas seulement de résister, c'est comment il peut redevenir le second potentiel. »
  • 14:15IntervenantFait
    « François Fillon aujourd'hui, malheureusement, n'est plus en capacité de pouvoir porter cette candidature. »
  • 15:31IntervenantFait
    « Organisateur de la primaire, j'ai décidé de mettre fin à mes fonctions de porte-parole de François Fillon. »
  • 17:24PrésentateurChiffre
    « Un sondage en effet qui donne Alain Juppé favori du premier tour et meilleur rempart d'ailleurs contre Marine Le Pen. »
  • 23:05IntervenantFait
    « Il avait dit, si je suis mis en examen, je me retirerais. »
  • 40:49IntervenantFait
    « Il a parlé d'assassinat politique. »
  • 45:23PrésentateurFait
    « Cette affaire Fillon empoisonne la campagne depuis plus d'un mois maintenant. »
  • 45:30PrésentateurFait
    « Nous sommes le 3 mars et le débat de fond n'a toujours pas commencé. »
  • 45:51PrésentateurFait
    « La campagne présidentielle figée, piégée dans cette tempête médiatico-judiciaire sans précédent. »
  • 46:03PrésentateurFait
    « C'est l'élection la plus importante de notre pays et nous voici tous suspendus au sort judiciaire de quelqu'un. »
  • 46:08PrésentateurFait
    « La réalité c'est que c'est le feuilleton des affaires qui concernent François Fillon qui aujourd'hui rend médiocre cette campagne présidentielle. »
  • 46:16PrésentateurFait
    « Après des primaires réussies, la bataille des programmes n'a toujours pas commencé à moins de deux mois du premier tour. »
  • 46:22PrésentateurFait
    « Les candidats dévoilent péniblement leurs programmes mais restent inaudibles face aux résonances de l'affaire Fillon. »
  • 47:09IntervenantFait
    « J'en peux plus des affaires de François Fillon. Ça suffit maintenant. »
  • 47:21IntervenantFait
    « Il vole cette élection, le débat de cette élection présidentielle ? »
  • 47:24IntervenantFait
    « C'est lui qui a décidé d'hystériser le débat public. »
  • 47:36IntervenantChiffre
    « C'est le scrutin pour lequel les Français se déplacent encore en masse avec 80% de participation. »
  • 49:00PrésentateurFait
    « Chez les Républicains, certains proposent de suspendre les enquêtes judiciaires en pleine campagne présidentielle pour ne pas parasiter les débats. »
  • 50:03IntervenantFait
    « On l'a vu par les audiences télé, on l'a vu par la participation aux primaires. »
  • 50:32PrésentateurFait
    « On se dit mais comment ça va se passer si l'un ou l'autre l'emporte au point de vue législatif, ils n'ont pas de majorité. »
  • 52:51PrésentateurFait
    « Je vois mal Alain Juppé dire, on va supprimer 500 000 postes de fonctionnaires. »

Temps de parole

  • Présentateur83 %
  • Intervenant12 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Un naufrage, voilà à quoi ressemble la campagne de François Fillon ce soir à 50 jours du premier tour. Le candidat de la droite est toujours candidat, il est toujours à la barre, mais le bateau coule. Les défections se comptent par dizaines. Ce matin, l'organisateur de la primaire, Thierry Solaire, porte-parole du candidat, a jeté l'éponge à son tour et démissionné de la campagne. En fait, depuis deux jours, les grandes manœuvres ont commencé, l'opération SOS-JUP est bel et bien lancée. D'ailleurs, ce matin, son entourage indiquait officiellement via l'AFP qu'il ne se défilerait pas en cas de retraite Fillon.

En langage politico-diplomatique, cela signifie que le maire de Bordeaux est prêt à franchir le pas, reste à organiser ce recours. Alain Juppé, conforté également par un sondage qui le donne en tête des intentions de vote au premier tour, si, bien sûr, il devait remplacer François Fillon. C'est rien de moins que l'issue de cette présidentielle qui se joue en ce moment. Juppé va-t-il sauver la droite ? Quel rôle joue Nicolas Sarkozy dans l'ombre ? Comment les Républicains vont-ils réussir à débrancher leurs candidats ? Ce soir, dans C'est dans l'air, nous vous racontons les coulisses de ces dernières heures et nous vous donnons toutes les clés pour décrypter cette campagne complètement folle.

Avec nos invités, Yves Tréhard, vous êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro et éditorialiste à Europe 1. Éric Potorino, vous êtes journaliste et écrivain, directeur et fondateur de l'hebdomadaire Le 1. Bernard Salanès, vous êtes politologue et sondeur, président du cabinet d'études et de conseils Elab. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique aux échos. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci beaucoup de participer à cette émission. Nous attendons bien sûr, plus que jamais, vos questions, bien sûr par SMS et Internet. C'est complètement fou ce qui se passe.

On cherche les mots là maintenant et on a du mal d'ailleurs à en trouver parce que la situation est tellement inédite depuis le début de cette campagne. Alors je vous pose la question franchement, est-ce que cette fois c'est fini pour François Fillon ? Est-ce que la campagne du candidat des Républicains est sur le point de se terminer ? Écoutez, le week-end sera décisif. Pourquoi il sera décisif ? Parce qu'on voit qu'il y a énormément de soutien et pas des moindres. Vous avez cité Thierry Solaire, mais il y a Nathalie Kosciusko-Morizet dont on a appris tout à l'heure que normalement elle quittait aussi le navire. Beaucoup de soutien qui sont partis.

Il y a effectivement un appel d'élus locaux, beaucoup. Il y a une pétition de maire pour des parrainages en faveur d'Alain Juppé qui partent directement au Conseil constitutionnel. Pour essayer, parce que la clôture des parrainages c'est dans 15 jours maintenant, donc il faut aller vite. C'est le 17 mars, deux jours après que justement François Fillon sera entendu par les juges d'instruction. Et troisième chose, vous avez cette manifestation qui est organisée dimanche au Trocadéro. Est-ce que cette manifestation, elle va remettre en selle d'une certaine façon François Fillon, parce qu'il ne faut quand même pas aller plus vite que la musique ? Il y a l'homme, il y a sa psychologie.

Il a une légitimité. Cette légitimité lui a été donnée par une primaire qui l'a largement remportée sur tous ses concurrents. Donc on va voir. Je dirais qu'on est actuellement, la droite vit une tragédie depuis la révélation de l'affaire Fillon. On est, vous savez, dans les tragédies classiques, c'est le troisième acte. Là, c'est le troisième acte qui est le plus important. Donc on va voir si ça bascule d'un côté ou de l'autre. Quoi qu'il arrive, on est au bout de cette tragédie, de ce drame. Alors, c'est vrai que la tragédie ne sera pas finie, parce qu'après, si tant est qu'il y a un remplaçant, il y a un remplaçant, il faut qu'il s'installe, et le remplaçant, il faut qu'il gagne après.

C'est loin d'être donné. Certains disent, Eric Fautorino, que c'est imminent, une question d'heure, de jour, en effet. On peut se livrer à beaucoup de spéculations, et le temps, effectivement, on ne sait pas s'il est pour qui il est, contre qui il est. Ce qu'on voit quand même, c'est qu'il y a deux mois, la droite ne pouvait pas perdre cette élection, et aujourd'hui, on voit qu'elle ne peut pas la gagner. En tout cas, elle ne peut pas la gagner avec celui qui se dit encore candidat. Pour qu'il y ait un autre candidat, il faut qu'un arrête, et le dise, jette l'éponge, mais aussi transmette, d'une certaine manière, légitimement.

Et moi, je pense, Yves a très rare à prononcer le nom de la psychologie de François Fillon. Moi, je pense que dans ce troisième acte qui va se jouer, il y a une dimension psychologique très importante. Parce que ça dit beaucoup, vous savez, un homme, il se révèle dans l'épreuve. Est-ce qu'il est digne dans l'épreuve ? Est-ce qu'il est combatif dans l'épreuve ? Il est combatif, oui, mais à un moment donné, c'est moins digne quand on prend, vous savez, comme en sport, on prend le ballon pour soi, on joue perso, et puis finalement, on fait perdre son équipe.

Et là, je pense que depuis longtemps, depuis déjà plusieurs semaines, si François Fillon avait réfléchi et était lucide, il aurait dit, visiblement, les chances de mon camp sont trop hypothéquées par ma présence. Donc je pense que le problème de Fillon, c'est Fillon. Et le problème de la droite, c'est Fillon. Et à partir de là, je pense qu'on peut relire beaucoup de choses de la personnalité du candidat. Et là, effectivement, il apparaissait comme le vainqueur inévitable. Et maintenant, il est celui qui va faire perdre son camp. Et je pense qu'il l'a déjà fait perdre, d'une certaine manière. Bernard Sadanes, bon, c'est une crise profonde, grave, une sorte d'état d'urgence pour la droite.

Mais est-ce que vous diriez, comme Eric Fautorino, que l'aspect psychologique est important ? Au fond, il faut ménager François Fillon pour trouver une issue à cette crise. Il faut qu'il soit consentant. Oui, c'est très important parce que même si le bateau François Fillon est touché, gravement touché, en tout cas, dans l'opinion de droite, il n'est pas coulé. On ne peut pas dire ça. Il y a encore une bonne partie d'un socle électoral qui était celui de la primaire, socle qui s'est rétréci. C'est incontestable. François Fillon, au lendemain de la primaire, il est à 28-30%. Fin janvier, il est à 24-25%. Et aujourd'hui, il commence à passer sous la barre des 20%.

Donc on ne peut pas dire que le socle a tenu. Ce n'est pas vrai. Il s'est rétréci. Mais ceux qui restent, eux, sont très déterminés dans leur choix. Pour 70%, par exemple, ils disent qu'ils ne peuvent pas changer d'avis. Et donc cet électorat-là, il n'a pas envie qu'on lui vole pas seulement la victoire, mais que le vote populaire, qui a été celui de la primaire, soit remis en cause. Et je pousserai un peu la métaphore de... Enfin le flashback d'Éric Fodorino. C'est vrai que si on se repasse trois mois en arrière, le peuple de droite se dit, cette fois-ci, on a un bon candidat, honnête, sérieux. On a un bon programme. On est unis. On peut résister à Marine Le Pen. Et en plus, on va gagner.

Et aujourd'hui, on a un candidat qui est très contesté sur tous ses points. Il est contesté sur sa personnalité, sur son programme. Mais surtout, et c'est là le point le plus grave, c'est que la droite est aujourd'hui divisée. Et ça, c'est l'élément de la semaine. Le socle, tiens, vous avez raison d'insister là-dessus. Mais ça ne suffit pas. Alors, pour être qualifié, ça ne suffit pas parce que, en dessous de 20%, c'est notre dernier sondage, confirmé par d'autres sondages aujourd'hui et hier, on voit bien que le problème pour François Fillon, ce n'est pas seulement de résister, c'est comment il peut redevenir le second potentiel. Et là, il a décroché d'Emmanuel Macron.

On n'est même plus dans la marge d'erreur. On est, pour certains, encore dans la marge d'erreur. Mais la question, c'est comment il recolle au peloton. Vous savez, c'est comme dans ces grandes étapes où les deux premiers s'échappent et puis on voit le troisième qui essaye de rester pas trop loin des deux premiers. À un moment, est-ce qu'il recolle au deux ou est-ce qu'il décroche complètement ? C'est ce qui va se jouer dans les jours et dans les heures prochaines. Mais on ne peut pas dire aujourd'hui, je répète, parce que c'est important, on ne peut pas dire aujourd'hui qu'il a décroché. Oui, bien sûr, mais il y a une dimension politique énorme. Il a décroché politiquement.

8:09
Intervenant

Ça, c'est sûr. C'est la grande différence. Il y a eu un mois déjà des remous, la naissance du plan B. Et là, il y a deux grandes différences. C'est que la base du parti, les élus de base, les maires, les députés font défection. Et l'autre nouveauté des deux derniers jours, c'est que les jupéistes sont rentrés en action. Et c'est la conjonction de ces deux phénomènes politiques qui rendent la situation extrêmement difficile pour François Fillon.

Mais pour poursuivre ce que disait Bernard, comme ce socle, effectivement, comme les électeurs ne veulent pas se faire voler leur victoire, il y a beaucoup ce mot qui revient dans les conversations, Alain Juppé veut absolument, s'il doit reprendre le flambeau, que ce soit François Fillon qui le lui transmette. Parce que sinon, c'est l'éclatement du parti. Et en tout cas, c'est le départ d'une bonne partie des électeurs de François Fillon chez Marine Le Pen directement. C'est ce qui se joue en ce moment. C'est l'équation. Et c'est pour ça que j'ai l'impression qu'il y a une sorte de petit sursis qui va être donné sur le week-end pour laisser à François Fillon son week-end.

Demain, il doit présenter son programme. Dimanche, il y a la manifestation.

9:22
Présentateur

Pardon de vous couper, mais c'est lunaire. C'est lunaire, mais parce que la psychologie joue beaucoup. Il va présenter en effet son projet demain devant la société civile. Le rendez-vous est pris, c'est à Aubervilliers. Il y a cette manifestation dimanche. Et on a le sentiment que lundi, il ne sera sans doute plus candidat. Il y a une personne qui joue un rôle fondamental dans la coulisse, c'est Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy, qui est arrivé troisième de la primaire, dont on avait cru comprendre que l'électorat de droite l'avait d'une certaine façon renvoyé à ses études. Et Nicolas Sarkozy joue un rôle déterminant.

Et Nicolas Sarkozy, d'après les informations dont on peut disposer, est très réticent justement à ce passage de témoin de François Fillon à Alain Juppé. Pour une raison, c'est que Nicolas Sarkozy ne croit absolument pas, et c'était le discours qui était tenu d'ailleurs pendant la primaire, à ce qu'Alain Juppé puisse résister à Marine Le Pen. Je pense que choisir à droite Alain Juppé, c'est faire le jeu de Marine Le Pen. Et je dirais qu'en plus, aujourd'hui, c'est aussi faire le jeu d'Emmanuel Macron, d'une certaine façon. Ça peut paraître contradictoire.

10:32
Intervenant

En même temps, Nicolas Sarkozy ne veut pas apparaître non plus comme celui qui bloque toute solution et qui conduit à l'éclatement du parti. Nicolas Sarkozy, c'est celui qui a réuni la famille. Donc le jeu est un petit peu plus compliqué que ça. Et moi, je fais même le pari qu'au final, ce sera peut-être lui qui apportera la solution et qui demandera à François Fillon de passer le flambeau à Alain Juppé. Parce qu'il veut être central dans la famille. Il est le garant de l'unité de cette famille.

11:00
Présentateur

Je disais tout à l'heure, j'utilisais le terme « diplomatico-politique ». C'est Yalta qui est en train de se... C'est le Yalta de la droite, là ? On balkanise la droite. Enfin, je ne parle pas de balkanis. Mais ce qui est important, c'est que c'est un jeu perdant-perdant. C'est-à-dire que je pense qu'effectivement, ce qui se joue en ce moment, c'est est-ce que Marine Le Pen va être ou non présidente de la République. Parce que je crois qu'effectivement, pour une partie de l'électorat qui est déçue par Fillon, par tout ce qui se passe, ils vont aller chez Marine Le Pen, plus que chez Macron, de mon point de vue.

Mais si Juppé devient le candidat de la droite, il faut se souvenir que Juppé ne représente pas la droite. S'il l'avait représentée, il aurait gagné la primaire. Il représente une droite modérée avec le centre, un centre. Donc, ça veut dire que tout ça, moi je le dis et je ne cesse de le répéter depuis des semaines, je pense que Marine Le Pen va être très forte et que tout ce qui se passe là... Et je pense que la responsabilité de Fillon est énorme de ce point de vue-là. Si Marine Le Pen est élue, ce sera François Fillon par son obstination qui aura fait cette élection.

Je voudrais revenir sur ce point de, j'allais dire, la moitié, plus de la moitié de l'électorat de François Fillon aujourd'hui. Celui qui reste, celui qui a été voté à la primaire et qui lui, à la fois, on l'a dit, ne veut pas qu'on lui vole sa victoire, mais surtout ne veut pas donner l'impression que la droite cède. Je prends les mots qu'on voit sur les réseaux sociaux, dans les communications, etc. Et donc, la droite cèderait devant les juges, devant les médias, devant les sondages, mettons-nous tous dans la même catégorie, ce qui est évidemment une caricature. Sous-entendu, d'ailleurs, si vous cédez maintenant, comment vous pourriez-vous tenir au pouvoir face à la rue ?

Et donc, il y a aussi, y compris dans des gens qui ne sont pas forcément des militants, pas forcément des élus, une frange de cet électorat qui dit au leader, vous ne pouvez pas céder, en tout cas pas reculer, en race campagne. Et cet électorat-là, s'il n'est pas, j'allais dire, fixé par une transition qui se fait le plus diplomatiquement, pour reprendre vos mots, et bien à ce moment-là, le risque est très fort qu'il aille vers Marine Le Pen, notamment, bien sûr, si c'est l'hypothèse Alain Juppé qui est mise en avant, parce qu'on le sait, le profil d'Alain Juppé libère plus d'espace pour Marine Le Pen dans l'électorat de la droite de la droite.

– Retour tout de suite sur les dernières 24 heures de cette campagne infernale pour François Fillon. On s'agit de beaucoup en coulisses, et l'hémorragie se poursuit dans les rangs des Républicains. Est-ce le début de la fin pour le candidat ? Sans doute, car les consultations se multiplient pour sortir de la crise. Romain Becker, Marie-Charlotte Duluc et Dominique Lemarchand. – C'est peut-être le début des grandes manœuvres chez les Républicains. Fidèles parmi les fidèles de François Fillon, Gérard Larcher et Bernard Acquoyer ont été reçus par Nicolas Sarkozy ce midi.

Le président du Sénat et le patron du parti auraient-ils évoqué avec l'ancien chef de l'État la possibilité d'une candidature alternative ? En tout cas, Alain Juppé, sans s'afficher, a fait savoir par ses proches qu'il se tenait prêt si François Fillon devait renoncer. Le maire de Bordeaux a même commencé à récolter les parrainages d'élus nécessaires pour se présenter, et ses proches lui préparent le terrain.

14:15
Intervenant

– Je pense que François Fillon aujourd'hui, malheureusement, n'est plus en capacité de pouvoir porter cette candidature. Nous avons besoin aujourd'hui d'un nouveau souffle. La question, simplement, c'est qu'aujourd'hui, la clé, c'est lui qui la détient, et lui seul. Et c'est à lui, et lui seul, de demander à Alain Juppé de pouvoir prendre la place qu'il a effectivement gagnée légitimement aux primaires.

14:31
Présentateur

– C'est terrible, là, ça. Je ne peux pas se promener tranquille. – Ça va ? Depuis plus d'un mois et le début de l'affaire Fillon, Alain Juppé l'avait pourtant martelé. Pas question pour lui d'apparaître comme un recours. – D'abord, aujourd'hui, François Fillon est candidat, et donc pour moi, la question ne se pose pas. J'ai dit hier que, pour ce qui me concerne, en toute hypothèse, je ne serai pas le plombé.

14:55
Intervenant

– Juppé, président !

14:57
Présentateur

– Depuis, Alain Juppé aurait donc changé d'avis. Peut-être encouragé par un sondage diffusé aujourd'hui, le maire de Bordeaux permettrait à la droite de franchir légèrement en tête le premier tour de la présidentielle, alors que le décrochage de François Fillon se confirme. Dans l'équipe de campagne de celui qui est toujours le candidat de la droite, les grands départs se poursuivent. Après son directeur adjoint et son trésorier, François Fillon a perdu son porte-parole, Thierry Solaire. – Organisateur de la primaire, j'ai décidé de mettre fin à mes fonctions de porte-parole de François Fillon.

Au total, 89 élus ont déjà pris ouvertement leur distance avec François Fillon, dont plusieurs figures comme Bruno Le Maire ou Nadine Morano.

15:53
Intervenant

– Je lui ai dit que si j'étais à sa place, j'arrêterais. Au nom de ce sacrifice personnel, je pense que la victoire serait à ce prix. Mais ça ne peut se faire que si François Fillon décide lui-même de le faire. Quel est celui qui rassemblerait le plus ? François Baroin a été ministre, il est sénateur, il est président de l'Association des maires de France, il a été parlementaire, vice-président de l'Assemblée nationale. Il a cette capacité de rassemblement.

16:20
Présentateur

– Résultat, il reste essentiellement des journalistes pour attendre François Fillon devant son QG de campagne, où le candidat est arrivé dans la matinée pour préparer un week-end capital. Un meeting demain à Aubervilliers, suivi d'un rassemblement de soutien dimanche à Paris. – Du Trocadéro, où j'invite tous les Français, les Françaises, qui ne veulent pas se faire confisquer cette élection à venir dimanche, ce candidat, vous verrez qu'ils seront là aussi des dizaines de ans, ce sera un moment important. – Alors que l'affaire Fillon le menace plus que jamais, le candidat et ses derniers soutiens font mine de rester sereins.

La preuve, plusieurs réunions publiques sont déjà programmées d'ici au 9 mars. – Alors ce sondage en effet a agité tout le landerneau dans l'après-midi, un sondage en effet qui donne Alain Juppé favori du premier tour et meilleur rempart d'ailleurs contre Marine Le Pen, sondage Odoxa, Yves Tréhard, ça peut être un argument pour accélérer le processus ? – Je ne crois pas que ce soit un argument, je me souviens très bien des sondages qui avaient été publiés avant la primaire de la droite, où on disait que celui qui battrait le plus facilement Marine Le Pen, je ne crois pas me tromper, c'était Alain Juppé.

Il y avait un écart considérable, moralité, la primaire a lieu, on voit qu'Alain Juppé fait un très piètre score par rapport à François Fillon, et donc tout ça peut changer, je pense que ce n'est pas comme ça que la crise va se dénouer. – C'est intéressant d'imaginer en effet le score que pourrait faire le remplaçant. – Il y a deux choses si vous voulez. – C'est un premier indice. – Oui, je ne pense pas que les élus qui aujourd'hui s'écartent, si vous voulez, de François Fillon, tiennent compte de ce sondage. Ils se disent, parce qu'ils jouent aussi leur peau à eux, pour les législatives, pour des élections à venir, et pour l'unité de la droite à venir.

Parce qu'imaginez que François Fillon soit écarté, qu'Alain Juppé ne gagne pas la présidentielle, alors là on en fera des émissions assez dans l'air, parce que la droite sera en charpie. En charpie parce que tous les quinquats et cadrats qui arrivent derrière ne peuvent pas s'entendre. C'est impossible, ou alors il va falloir qu'ils trouvent un mystic gris particulier. Donc le moment est absolument décisif. – Je crois que ce qu'ils voient eux, c'est que, et il est très important, Bernard a raison, de répéter que dans les sondages aujourd'hui, Fillon a baissé, mais il ne s'est pas effondré.

Donc ça c'est un élément important, qui je crois est fondamental pour ceux qui le soutiennent encore parmi les élus. M. Retailleau et d'autres. – Et ça c'est capital, parce qu'on n'est pas loin de la marge d'erreur, il y a encore 50 jours de campagne électorale, tout peut arriver à Marine Le Pen, à Emmanuel Macron, et puis dans l'opinion, la manifestation de dimanche peut souder la droite si ça se passe bien. – On va revenir sur la manifestation, je voudrais juste vous montrer cette question SMS. Le créneau favorable pour changer de candidat n'est-il pas dépassé depuis longtemps ? C'était au début de l'affaire ou jamais ?

– Peut-être, mais maintenant la droite, de toute façon le butoir du calendrier fait qu'elle n'a plus que quelques jours pour le faire, elle ne peut même pas attendre le 15, parce que ce qui est le plus gênant pour la droite, c'est qu'elle est aujourd'hui absente de la campagne électorale. C'est que la polarisation du débat commence à se faire entre un second tour, qui pour l'instant est annoncé, et on le redira à chaque fois, il peut encore évidemment nettement changer, un second tour Le Pen-Macron, qui est la photographie aujourd'hui des sondages, et que dans ce duel annoncé, cette polarisation, tout le débat peut se faire sans le candidat de la droite.

Donc pour la droite, il faut faire vite, il y a évidemment urgence, mais il ne faut pas qu'elle perde en chemin une partie de son électorat, et deuxièmement, il ne faut pas qu'elle se fracture, parce que la primaire, c'était quoi pour la droite ? C'était la promesse de l'unité. La droite, elle a été divisée dans maintes élections, notamment présidentielles, on se souvient, de Balladur-Chirac par exemple. Et la primaire, c'était de dire aux électeurs, écoutez, on va s'écharper, gentiment ou pas, pendant deux mois, trois mois, six mois, mais le soir du second tour, on sera tous sur la photo et on sera tous derrière le candidat. Ce qui s'est passé, cette fois-ci encore.

Et là, ce qui se passe depuis ces derniers jours, c'est pour ça que c'est plus grave pour François Fillon, évidemment, qu'il y a 15 jours où il y avait eu, à part Georges Fenech, très peu de défections, là, évidemment, il y a ce début de division et surtout cette peur de perdre. La peur de perdre a gagné l'esprit de la droite.

21:18
Intervenant

C'est le petit moment de bascule pour moi, c'est le fait que François Fillon lui-même dise « probablement je vais être mis en examen, mais j'irai jusqu'au bout ». C'est ça qui a été un déclic chez beaucoup d'élus. La fameuse conférence de presse de mercredi matin. Voilà, il avait dit le contraire, il avait dit « si je suis mis en examen, j'arrêterai ». Et voilà, il est pris en flagrant délit. En plus, ce ne sont pas les mêmes juges, ce ne sont pas les juges du parquet national financier sur lesquels il avait jeté un discrédit. Là, c'est des juges d'instruction. Donc, ça a fait quand même basculer beaucoup de personnes. C'est pour ça que ça se passe.

21:49
Présentateur

On a évoqué le rôle de Nicolas Sarkozy. Alors, il a reçu ce matin Gérard Larcher, le président du Sénat, et Bernard Acquoyer, le patron des Républicains du parti. Ce sont deux proches de François Fillon. Qu'est-ce qui se passe, là, en ce moment, en coulisses ? On dit aussi qu'il a téléphoné à François Fillon. C'est vraiment lui qui est à la manœuvre ?

22:09
Intervenant

C'est le chef de famille. Non, je ne pense pas qu'il soit à la manœuvre, mais tout tourne un peu autour de lui. C'est plus haut gradé. Oui, c'est plus haut gradé. Lui, on sait bien qu'il ne va pas y aller. Et donc, c'est une figure morale importante. Comme sont d'ailleurs Gérard Larcher et Bernard Acquoyer. Ce sont des amis de François Fillon. Donc, s'ils prennent la décision de publiquement dire qu'il faut qu'il arrête, parce que manifestement, c'est ça qui est en train de se jouer, et c'est ça qu'ils ont été dire à Nicolas Sarkozy, ça pèsera, ça fait partie des autorités dans le parti qui pourront faire basculer la candidature.

22:42
Présentateur

Il y a un autre candidat, éventuellement, pour remplacer Fillon ? Plus, justement, le temps court et se rétrécit, effectivement, il n'y a plus que Juppé, parce que, d'une certaine manière, les hypothèses Barouin, il y en avait eu quelques hypothèses comme ça, maintenant, elles deviennent quand même de plus en plus hypothétiques. Mais ce qui est important, je pense, à ce stade, c'est que Fillon a menti ou s'est dédié. Vous souvenez-vous, il avait dit, si je suis mis en examen, je me retirerais. L'affaire Pénélope Guet, quand même, c'est quelque chose d'énorme. On attendait des réponses claires, on ne les a pas eues.

Donc, finalement, pour les Français, je pense, au-delà même des électeurs de la droite, ils se disent, mais cet homme ne mérite pas d'être président, puisqu'il nous ment, parce que sa parole, c'est jamais... Donc, je pense qu'en effet, depuis longtemps, il aurait fallu que la droite soit en mesure de le faire sortir pour en mettre un autre. Et aujourd'hui, effectivement, il a amené son camp à des solutions comme est en train de dire Cécile, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait un parrain qui décide, avec un comité de sachem, comment on va faire.

Je crois qu'il y a un élément qui est très important, parce que la personnalité de Fillon, elle est ce qu'elle est, mais je crois que pour beaucoup d'électeurs de droite, l'enjeu, là, il n'est pas Fillon. Oui, c'est là-bas. Parce que, bon, Fillon, il a son caractère, il n'est pas d'un charisme débordant, même s'il a beaucoup gagné, il a gagné largement cette primaire. Je pense que pour beaucoup d'électeurs de droite, c'est de se dire, c'était l'occasion de l'alternance, après un quinquennat qu'ils jugent, évidemment, ils sont de droite ratés, et on va dans le mur. Il faut sauver impérativement la droite, que la droite se tire de ce mauvais pas, se sauve de ce mauvais pas.

Et il est là, l'enjeu, plus que la personnalité de Fillon, qui n'a pas cette espèce de sensualité, de charme, que pouvait exercer Sarkozy ou Chirac avant lui, évidemment. Et c'est tout le problème, d'ailleurs, de Fillon. Parce que le Fillon, aujourd'hui, est un homme solitaire. Comment ça va se passer ? Expliquez-nous. La stratégie, c'est quoi ? On voit tous ces gens qui partent. C'est quoi ? C'est assécher François Fillon, l'isoler ? Oui, c'est le rendre encore plus solitaire. Et là, on parlait tout à l'heure de Bernard Acquoyer et Gérard Larcher. Et eux ont déjà, ils ne le disent pas publiquement, mais je crois qu'ils ont déjà.

24:59
Intervenant

Ils lui ont dit à lui.

25:00
Présentateur

Ils lui ont dit quoi ?

25:02
Intervenant

Ils lui ont dit, tu ne peux pas tenir.

25:03
Présentateur

Il faut que tu passes la main. Et François Fillon veut prendre la stratégie d'un contre-pied qui est, il l'a dit hier, les élus, on fera sans eux. Qui est, c'est l'objet de la manifestation de dimanche, le peuple contre les élus, en quelque sorte. Le peuple contre les cadres. Même si je suis lâché, évidemment, il y aura d'autres lâchages d'ici dimanche. Et ça peut marcher ou pas ? En tout cas, encore une fois, ça montrera qu'il y a cette partie de l'électorat de droite qui ne veut pas céder, qui considère que la primaire, c'est la sienne, qu'elle a désigné François Fillon et qu'il ne faut pas revenir en arrière sur, Yves le disait, la capacité à incarner l'alternance.

Et ça, c'est aussi ce qui se joue, évidemment, pour les sept dernières semaines de campagne. C'est si le candidat.

25:49
Intervenant

En tout cas, la nouveauté, effectivement, ce que disait Eric, c'est que s'il y a un plan baissé, que Juppé au sein des Républicains, les autres hypothèses paraissent avoir beaucoup reculé. Mais il y a une autre hypothèse, en tout cas quelqu'un qui y travaille un petit peu, c'est Jean-Louis Borloo. Jean-Louis Borloo est très actif en ce moment pour essayer de faire décrocher François Fillon, qu'il n'a jamais beaucoup aimé, pour pousser Alain Juppé en se disant, si Alain Juppé, ça ne marche pas, l'UDI, si François Fillon continue à tenir, l'UDI, son ancien parti, présentera quelqu'un et ce sera moi.

26:22
Présentateur

Donc, il y a peut-être un nouveau plan B. Attendez, on sait, rappel des faits, on sait que l'UDI a annoncé qu'elle suspendait jusqu'à lundi sa participation à la campagne et son soutien à François Fillon. Et donc, il pourrait...

26:38
Intervenant

Je pense que la priorité, c'est de mettre Alain Juppé, parce qu'il peut réunir la droite et le centre. Mais si François Fillon...

26:44
Présentateur

À vous entendre, pardon, depuis tout à l'heure, depuis le début de cette émission, on a quand même le sentiment que c'est Nicolas Sarkozy qui a la clé et qu'il faut qu'il donne... C'est François Fillon qui a la clé. Mais pourquoi pas François Fillon ? C'est François Fillon qui a la clé. Ah, c'est François Fillon qui a la clé. Parce qu'il a la légitimité. C'est lui qui a été élu, c'est lui qui a été vainqueur de la primaire. Je crois que si lui ne décide pas de quitter la scène, eh bien, les autres auront beaucoup de mal. Et encore une fois, je pense sincèrement que l'électorat de droite est partagé. Il est partagé entre ceux qui disent qu'on ne doit pas nous voler cette élection.

Et ils sont derrière François Fillon. Et donc là, c'est le parti serré. Est-ce qu'il peut négocier quelque chose, Yves Tréhard ? Il ne peut rien négocier du tout, François Fillon. Il ne peut pas dire, il faudra protéger mes proches, il faudra... Je crois que la dramatique, elle est derrière la raison. Il faut que ça se joue dans le... C'est très simple. Les électeurs de droite raisonnables, ils disent pas aujourd'hui. Ils disent stop. Stop aux bagarres internes. Et à ce moment-là, Fillon, vous laissez aller jusqu'au bout. Ou stop, Fillon, vous le débranchez. Et vous trouvez une solution de recours de secours.

Et si cette manifestation a lieu, parce que dimanche, c'est encore loin, votre clé d'héros dimanche... Dans le climat actuel, c'est une éternité. Il peut encore se passer beaucoup de choses, mais il faudra voir quelle droite va le soutenir. Qui seront ces gens qui iront le soutenir ? Est-ce que c'est sens commun, l'émanation de la manif pour tous, c'est-à-dire vraiment être très réactionnaire, très conservateur en tout cas.

Est-ce que c'est cette image-là de la droite qu'on va voir soutenant Fillon, ce qui n'est pas nécessairement une très bonne image, ou est-ce que c'est au contraire une droite plus large, et qui, elle, effectivement, pourra se dire, ah oui, mais finalement, il a encore une base. Et ce qu'a dit, rappeler Bernard est très juste, quand il a dit, les élus, on s'en passera, bon, c'est quand même assez, je trouve, violent, parce que ça veut dire que finalement, il veut, c'est presque, c'est son jouet, c'est son jouet, il ne veut pas le lâcher.

Et je pense à cette dimension personnelle, autrement, il y serait arrivé les uns et les autres, Sarkozy, Larcher, il serait arrivé à le faire lâcher, mais il ne lâche pas. Donc on verra dimanche qui continue derrière lui. Il y a une dimension, je reviens toujours sur la primaire, parce que je pense que c'est quand même le fait politique générateur pour François Fillon. François Fillon a réussi avec ce score très important, deux tiers des voix, 40% au premier tour, deux tiers des voix au second tour, à rassembler autour de lui quasiment toutes les droites. C'était un vote assez homogène.

Même finalement, le centre droit s'est partagé entre Juppé et lui, mais n'a pas été, contrairement à ce qu'on avait au début, très majoritairement pour Juppé. Il a eu la droite plus classique, il a eu les souverainistes et il a eu le centre droit. Et donc, dimanche, on regardera aussi si dans ce rétrécissement, il y a juste un rétrécissement numérique, ou il y a un rétrécissement sociologique. François Fillon a été désigné dans le cadre de la primaire de la droite et du centre. Est-ce qu'il n'est plus que le candidat de la droite, et seulement d'une partie de la droite ? Ce sera aussi évidemment ce qu'on verra dimanche.

Paradoxalement, dans cette tempête, on l'a dit, François Fillon ne donne aucun signe d'essoufflement et encore moins de renoncement. Le candidat était à Nîmes hier soir. 3 500 personnes ont assisté à ce meeting. Il affirme qu'il s'en remet aux électeurs. Reportage de Yacine Millie, Marie Joly et Mickaël Svitsberg. Un concert de casserole, c'est presque devenu une habitude. Pour son meeting hier soir à Nîmes, François Fillon a eu droit à un comité d'accueil bruyant et hostile.

30:08
Intervenant

Quelques-uns, ils tapent sur les casseroles. Ils s'imaginent que c'est ça la République.

30:17
Présentateur

C'est bravo. La mobilisation, elle est sans faille. Ils peuvent crier à plein de fonds. Ça ne changera rien pour nous, ni pour notre programme.

30:26
Intervenant

Vous restez convaincus par votre programme. Jusqu'au bout.

30:30
Présentateur

Un contexte tendu. Décidément, François Fillon a du mal à se frayer un chemin dans cette campagne. Et quand il monte à la tribune, c'est pour marteler encore et toujours le même message. Il ira jusqu'au bout, coûte que coûte, dans son nouveau costume, celui du gladiateur.

30:52
Intervenant

Mes amis, vous avez devant vous un combattant. Que celles et ceux qui ont du cran se lèvent. Merci, merci de tout cœur pour votre présence à mes côtés. Sept jours sur sept. 24 heures sur 24. La machine à broyer, la machine à scoop, la machine à rumeur s'est mise en marche. Mais je vous le dis, je n'ai pas l'intention de céder.

31:25
Présentateur

Et pour le faire tenir, le candidat de la droite et du centre peut compter sur ses irréductibles. Hier, ils étaient environ 3000 à toujours croire en lui.

31:37
Intervenant

Je veux avoir confiance parce que quand je l'entends encore maintenant, je trouve que tout ce qu'il peut dire, son programme, son projet, ses idées, c'est simplement ce qu'il faut pour la France aujourd'hui. Et ce qu'il faudrait vraiment entendre, c'est comme il a dit tout à l'heure, il faut le juger sur son parcours politique. Il n'a pas commis de grande faute. Parce que tout ce qu'il a touché, tous les députés le touchent. Il en fait ce qu'il veut de cet argent. Donc une fois que l'émotion sera passée, je pense que l'opinion publique va se mettre derrière lui. Parce que c'est le seul alternatif, on ne peut pas faire encore 5 ans de socialisme. Ce n'est pas possible.

32:12
Présentateur

Peu importe les affaires, peu importe également l'hémorragie dans l'équipe de campagne. Et chez les soutiens républicains. Pour ceux qui sont encore là, la victoire est possible. Et pas question d'envisager une solution de rechange.

32:25
Intervenant

C'est un homme debout, c'est un homme qui résiste. Aujourd'hui, son destin ne lui appartient plus. C'est notre candidat. Il a été confirmé pendant tout le mois de février. S'il y avait un plan B, ça se saurait. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Et François Fillon est là et il restera là.

32:39
Présentateur

Moi, je ne regarde pas ce qui se passe dans les états-majors ou ce qui se passe à Paris. Je regarde ce qui se passe sur le terrain. Vous voyez, aujourd'hui, François Fillon a fait une campagne de terrain. Il a été au contact des viticulteurs. Il a été au contact des rapatriés, des harkis. Il a pu échanger avec eux. Il a pu les écouter. Il a pu leur faire ses propositions. Et là, vous avez 3500 personnes qui étaient à ses côtés. La base, elle est là. Les électeurs sont avec nous. Celui qui se définit désormais comme un combattant n'a pas l'intention de baisser la garde. Dès demain, il sera en meeting près de Paris pour tenter de faire entendre son programme.

Dimanche, ce sera l'heure du grand rassemblement de soutien au Trocadéro, l'occasion pour les supporters de François Fillon de tenter une démonstration de force. Question SMS. Que peut-il se passer si François Fillon s'obstine jusqu'au bout à rester candidat ?

33:29
Intervenant

On ne peut pas l'empêcher d'être candidat. Il est à la tête du parti statutairement. Il est lui candidat. Il a été élu. C'est lui qui a l'argent. Les parrainages ? Il a les parrainages.

33:42
Présentateur

1155 aujourd'hui selon un nouveau décolle à les avoir.

33:44
Intervenant

Il finira complètement seul. Parce que là, ceux qui continuent à le soutenir, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, s'ils ne changent pas à un moment, eux aussi partiront. Mais voilà, il sera seul, mais il peut être candidat.

34:01
Présentateur

Mais il y a deux solutions, Pierre, aujourd'hui. Il y a deux solutions, c'est ce que je disais tout à l'heure. Soit ils font la paix, paix armée entre eux, et puis il y va, il décide d'y aller. Et la raison voudrait qu'à ce moment-là, ils arrêtent justement de partir et de le lâcher. Parce que à ce moment-là, parce que lui, il n'abandonnera pas comme ça. Donc, c'est la solution. Ou alors, l'autre solution, c'est qu'ils arrivent à le débrancher, à le faire se retirer. Et à ce moment-là, peut-être que quelqu'un peut se manifester pour le remplacer, comme Alain Juppé. Mais voilà, c'est les deux seules solutions. Il faut dire que rien n'est prévu statutairement.

Celui qui a écrit, ou ceux qui ont écrit le règlement des primaires, doivent un peu s'en mordre les doigts. C'est vrai qu'il n'y a rien de prévu pour une hypothèse de retrait d'un candidat. Ce qui laisse à la fois un vide juridique, mais évidemment, surtout un vide politique. Est-ce qu'il faut qu'il y ait une investiture pour un candidat tel Alain Juppé ? Est-ce que certains peuvent demander un vote ? Après tout, est-ce qu'un cadre A, un quinquat peut demander un vote d'un Conseil national ?

35:02
Intervenant

La question n'est pas le plan B aujourd'hui que François Fillon, est-ce qu'il va ou pas ? Les EUP ont réussi ça dans la période de donner le sentiment qu'il n'y avait qu'une seule alternative.

35:11
Présentateur

Il y a un élément capital, c'est quand même l'argent. Il faut de l'argent pour faire une campagne. Cet argent, qui l'a aujourd'hui ? C'est François Fillon qui a cet argent. Il faut qu'il rende l'argent au moment de passer le témoin. Ça paraît très vulgaire, mais effectivement, il faut qu'il rende l'argent. Et pour rendre l'argent, il n'y a qu'une solution, c'est qu'il se démette. Sinon, il n'y a pas de solution. Ils ne vont pas nommer un autre candidat avec une droite qui partirait avec deux candidats à la présidence. Je voudrais revenir sur l'aspect psychologique. Éric Fautorino a beaucoup insisté là-dessus. Ça me paraît très important aujourd'hui.

C'est quand même quelqu'un qui a vécu un grand huit émotionnel. Élu triomphalement à la primaire alors que personne ne croyait en lui. Il est quasi président. L'affaire tombe. On sait aussi qu'il a eu beaucoup de mal, et peut-être d'ailleurs ne l'a-t-il toujours pas fait, à comprendre et à reconnaître qu'il y avait un problème. Aujourd'hui, ce n'est pas simple pour cet homme. Je pense que ce n'est pas simple. Quelquefois, une victoire est compliquée. Je veux dire par là que la victoire à la primaire, pour lui, a été compliquée. Parce que d'une certaine manière, même s'il disait qu'il y croyait beaucoup, il l'a eu et il était assez seul.

Et d'ailleurs, quand j'avais posé la question à un des proches de Sarkozy, je lui avais dit, il est avec qui Fillon ? Il m'a dit, il est surtout avec lui-même. Et je pense que depuis le début, c'est quelqu'un qui ne sait pas aller vers les autres, qui n'a pas su aller vers les autres. Et quand vous ne savez pas cultiver l'affection, vous cultivez la défection. C'est-à-dire qu'à un moment donné, la défection est d'autant plus forte que vous n'avez pas su créer cette empathie avec vous. Et je pense que Fillon, et pourquoi aujourd'hui cherche-t-il comme ça, je crois, c'est qu'il veut outrepasser la justice, outrepasser le complot des médias. Il dit, mon juge, c'est le peuple.

Donc il n'y a pas de justice, il n'y a pas de médias, vous, je vous en, etc. Parce qu'au fond, il ne veut être jugé que par les électeurs. Il y avait un titre de libération cette semaine, le forcené de la Sarthe. Ça donne aussi cette image-là. Il y a une dimension quand même un peu psychotique, sincèrement. Je pense que c'est quand même, on a l'impression qu'il veut faire sauter tout ça. Après, ça a l'air lui. Que tout le monde saute avec lui. C'est ça, moi, qui me choque, à titre personnel. C'est que c'est un collectif, la droite, effectivement, qui attendait cette victoire. Et lui, tout seul, eh bien, il tient... Ça, c'est une dimension intéressante.

C'est qu'en effet, si jusqu'ici, il n'arrive pas, il ne veut pas renoncer, est-ce que ce n'est pas parce que, tout simplement, il veut, en effet, que tout le monde coule avec lui ? Non, non, non. Est-ce que c'est une dimension...

37:45
Intervenant

On a beaucoup parlé de son socle électoral, mais il y a aussi le calendrier judiciaire. Et c'est vrai qu'un des aspects totalement inédits de cette campagne, c'est que des juges mettent en difficulté un candidat d'une élection juste avant. Ça ne s'est jamais vu comme ça. Donc, d'où ça alimente l'idée du complot sur lequel... Et donc, je pense qu'il a le sentiment que... Enfin, il y a une vraie bonne foi, je pense, dans ce sentiment de c'est excessif contre lui.

38:18
Présentateur

Juste, qui reste autour de lui ? Parce qu'on parle beaucoup des défections. Mais Cécile Cornuda, il y a qui autour de lui aujourd'hui ?

38:23
Intervenant

Autour de lui, il y a François Baroin, qui lui a dit « Je te soutiendrai jusqu'au bout ». Il y a Laurent Wauquiez. Il y a... Donc, à mon avis, ces deux-là, ce sont les plus... Et Bruno Retailleau, parce que lui, c'est le filloniste. Voilà. Donc... Jérôme Chartier, monsieur. Ceux-là, ce sont ceux qui resteront sans doute jusqu'au bout. Après, il en reste, comme Valérie Pécresse, NKM, donc, qui hésiterait à partir, mais qui ne l'aurait pas encore tout à fait fait.

38:49
Présentateur

Quand je dis, pardon, mais pas des gens qui téléphonent une fois tous les deux jours. Des gens qui sont réellement avec lui dans le bureau.

38:59
Intervenant

Jean-Pierre Raffarin est encore là. Il y a encore, de toutes les familles des Républicains, il y a encore des gens autour de lui. Parce qu'en fait, il prépare pour la plupart cette transition dont on parlait, ce passage de flambeau. S'ils se rendent compte, lundi, qu'il ne passera jamais le flambeau, là, c'est une autre histoire. Je pense qu'il en restera beaucoup.

39:16
Présentateur

Mais je crois qu'il y a une chose, quand même, qu'il faut remettre en situation, parce que c'est très important dans la psychologie de François Fillon. Il était prévu qu'il perde la primaire. Il gagne la primaire. Il prend sa revanche sur tous ceux qui le déconsidéraient. Juppé, Sarkozy, qui le prenaient pour un second rôle, pour un collaborateur, etc. Il gagne. Et patapoum, il y a cette histoire, cette affaire judiciaire. Il est en droit de se demander, je suis désolé, de savoir qui a lancé ce coup-là. C'est normal qu'il se pose la question. Ils se disent, mais attendez, on veut me dézinguer. Il a raison de se poser cette question. Et je pense qu'il se la posera encore longtemps.

Parce que, ce qui est incroyable, il est présumé innocent aujourd'hui. Dans la tête de beaucoup de Français, il est présumé coupable. C'est terrible dans la conscience collective. Il est présumé innocent. Il sait que son procès ne peut pas avoir lieu avant la présidentielle. C'est quand même assez particulier. Cette histoire, elle est connue. C'est l'histoire de l'emploi fictif présumé de sa femme. Non, elle n'était pas connue. Elle n'était pas connue.

40:22
Intervenant

Non, non, non, elle n'était pas du tout connue.

40:24
Présentateur

Il y avait quand même des... Pas par le grand public, en tout cas. Pas par le grand public, c'est sûr. Elle sort maintenant. Il y a quand même, chez François Fillon... Mais attendez... Vous voulez dire que ça joue dans sa psychologie actuelle de ne pas lâcher ? Mais évidemment, vous vous rendez compte ? Parce qu'il s'estime victime. Ce n'est pas une élection municipale, c'est l'élection présidentielle. Attendez, vous considérez qu'il s'estime victime ? Vous pensez qu'il s'estime victime ? Évidemment qu'il s'estime victime.

40:49
Intervenant

Il a parlé d'assassinat politique.

40:51
Présentateur

Je crois qu'il n'a pas bien compris que les chiffres qui étaient cités sur les salaires... C'est des salaires qui étaient versés sur des chiffres qui peuvent heurter des gens modestes... Ou pas modestes d'ailleurs. Enfin bon, les pratiques qui ne sont pas des pratiques qu'on voudrait connaître en politique. Mais surtout, il s'estime victime d'un complot. Et ça, on peut le comprendre. Alors, est-ce que justement l'opinion adhère à cette idée du complot ? On a posé nous la question cette semaine. On a trois quarts des Français qui nous disent qu'il faut laisser la justice faire son travail. Les responsables politiques sont des citoyens comme les autres.

On en a un quart, pas négligeable, mais c'est nettement minoritaire, qui dit la justice s'acharne sur eux. On parlait de François Fillon et de Marine Le Pen dans la question en raison de leur candidature à l'élection présidentielle. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir qu'à droite, on est extrêmement partagé. On soutient, notamment, même chez les sympathisants LR, comme d'ailleurs chez les sympathisants du Front National, on soutient mollement cette idée. 56 contre 43, ce n'est pas une majorité très forte.

Ça veut dire que dans l'opinion même de droite, ou au FN par rapport aux affaires de Marine Le Pen, il y a l'idée que la justice doit faire son travail, qu'on est tous égaux devant la justice. Pour François Fillon, concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est un argument qui ne peut pas fédérer toute la droite et tout son électorat autour de lui. Et on le voit bien.

Moi, je crois que dans ce qui s'est passé cette semaine, ce qui accélère les désertions, au-delà même de la mise en examen, c'est la stratégie d'agressivité vis-à-vis de la justice, qui effraie à ce moment-là un certain nombre d'élus, et l'annonce du meeting où beaucoup de leaders politiques de la droite se disent « Mais où va-t-il nous conduire ? » Plus que même l'annonce du calendrier judiciaire. La fameuse manifestation de dimanche, Trocadéro, organisée, on le sait maintenant, notamment par Sens commun, quel est l'objectif ? C'est retourner la situation et tenter à nouveau un passage en force ? Ou, au pire, se dire que c'est un baroud d'honneur ?

42:52
Intervenant

Il dit qu'il n'a pas grand-chose à perdre. Mais effectivement, puisqu'il appelle au peuple contre les élus, contre son parti, contre tout le monde, sa seule chance, c'est de montrer que le peuple est là. À Nîmes, il avait du monde hier.

43:03
Présentateur

Mais à partir de... Comment est-ce qu'on va pouvoir mesurer cela ? Ce n'est pas une élection.

43:08
Intervenant

Il y aura une bataille de lecture d'événements.

43:12
Présentateur

Imaginons qu'il y ait en effet beaucoup de monde. Combien y avait-il de personnes pour le meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro ? 80 000. Ce qui était déjà considérable.

43:23
Intervenant

Mais ils l'avaient préparé en des semaines et des semaines. Là, ils vont pouvoir dire s'ils ont 30 000, par exemple.

43:29
Présentateur

30 000. 30 000. Ce serait énorme.

43:31
Intervenant

C'est déjà beaucoup. Bien sûr. Et ils diront, vous voyez, en trois jours, on est capable de...

43:35
Présentateur

Mais qu'est-ce que ça prouvera ? Ça prouve qu'il y a une dérive populiste, alors peut-être malgré lui, parce qu'il est comme ça poussé dans un corner. C'est que cette dérive populiste, de mon point de vue, de François Fillon, ressemble d'ailleurs d'une certaine manière à ce qu'on peut entendre dans la voix de Marine Le Pen. C'est, j'en appelle tous les corps intermédiaires, je les récuse, parce que peut-être, en effet, comme dit Yves Tréa, il y a un complot contre moi, mais ça resterait quand même à prouver. Et donc, j'en appelle à vous. Mais là encore, quels sont les gens qui se déplaceront entre Cadéro ? Et ça, en dehors du nombre, il y a aussi la qualité des personnes.

C'est qui le représentera ? Et si là, derrière lui, la droite la plus réactionnaire, entre guillemets, ce n'est pas nécessairement un bon point que de la voir le soutenir, parce que ça radicalisera encore ce qu'est le...

44:20
Intervenant

On ne peut pas marquer sur la tête des gens qui sont... Non, mais on peut les interviewer, les gens de sens commun, par exemple, on peut savoir.

44:26
Présentateur

Il voudra, dimanche, il voudra adresser un message qui est « Si je ne suis plus candidat, personne ne vous représentera. » Personne ne représentera les idées de droite que vous exprimez, que j'ai portées pendant la campagne électorale. Et donc, on peut s'attendre à un discours sur le fond. Je ne suis même pas sûr qu'il revienne sur les affaires de la justice, il va évidemment en parler, mais surtout un discours assez fort, sur un plan programmatique, pour dire à la droite, « Regardez, je suis bien le candidat de ces idéaux-là. » Je pense qu'il faut qu'il porte un discours qui ne soit pas un discours agressif, parce que ça ne lui a pas porté bonheur jusqu'à présent.

Il faut qu'il y ait un discours, il faut qu'il y ait du monde, avec un discours assez programmatique et qui n'y ait pas de violence. Parce qu'il y a un côté...

45:05
Intervenant

Il n'a pas parlé des juges, ça ne sera pas une manifestation anti-midi.

45:08
Présentateur

Imaginons que ce soit un grand succès. Tous ceux qui sont partis depuis trois jours, ils vont revenir ? Non, mais c'est... Non, mais là où je pense que ce n'est pas possible, c'est qu'il ne peut pas avoir un discours programmatique qui soit entendu, puisqu'on le voit bien que ce soit pour Fillon. Personne n'entend les discours programmatiques en ce moment. Cette affaire Fillon empoisonne la campagne depuis plus d'un mois maintenant. Les propositions des autres candidats sont inaudibles. Nous sommes le 3 mars et le débat de fond n'a toujours pas commencé. Romain Bessnenou, Thomas Jarion. Depuis l'éclatement de l'affaire Fillon, le débat démocratique est éclipsé.

La campagne présidentielle figée, piégée dans cette tempête médiatico-judiciaire sans précédent. Et les premiers à s'en plaindre sont les candidats eux-mêmes, les adversaires de François Fillon.

45:57
Intervenant

Les Françaises et les Français auront un nouveau président qui aura à présider. Donc moi je souhaite qu'on parle du fond.

46:03
Présentateur

C'est l'élection la plus importante de notre pays et nous voici tous suspendus au sort judiciaire de quelqu'un. La réalité c'est que c'est le feuilleton des affaires qui concernent François Fillon qui aujourd'hui rend médiocre cette campagne présidentielle. Après des primaires réussies, la bataille des programmes n'a toujours pas commencé à moins de deux mois du premier tour. Les candidats dévoilent péniblement leurs programmes mais restent inaudibles face aux résonances de l'affaire Fillon. Mercredi, Emmanuel Macron en visite au salon de l'agriculture n'a pas eu d'autre choix que de réagir au nouveau rebondissement avant de réclamer un vrai débat de fond.

C'est le quotidien de nos concitoyens et l'avenir de notre pays. C'est cela ce qui m'importe, nous sommes à un moment très important de la vie de la France. Parce qu'elle est face à des choix profonds, dans un moment de grande incertitude. Et donc il importe de pouvoir parler du fond d'aujourd'hui et de demain. Benoît Hamon, lui, est exaspéré de voir la campagne présidentielle ainsi bouleversée depuis des semaines et regrette l'absence de confrontation, projet contre projet. J'en peux plus des affaires de François Fillon. Ça suffit maintenant. Ça suffit, on ne parle plus que de cela. Je vais en Bretagne parler des aires médicaux, des services publics locaux qui disparaissent.

On me parle de François Fillon. Il vole cette élection, le débat de cette élection présidentielle ? C'est lui qui a décidé d'hystériser le débat public. Dans l'équipe du candidat socialiste, on redoute surtout que l'affaire Fillon fasse gonfler le nombre d'abstentionnistes lors de l'élection présidentielle. C'est le scrutin pour lequel les Français se déplacent encore en masse avec 80% de participation.

47:41
Intervenant

Ça fait le lit des abstentionnistes qui disent qu'on n'y croit plus, plus rien à faire, plus rien à croire. Et puis ça fait le lit des solutions simplistes, extrémistes. Et Marine Le Pen, forcément, va surfer sur cette ambiance détestable, ce qui est paradoxal au regard des propres affaires qui touchent le Front National et sa famille politique. Donc nous, on aspire à une rencontre projet contre projet. On attend le rendez-vous présidentiel et là, à 50 jours du scrutin, on passe son temps à ne pas savoir qui va être le candidat de tel ou tel camp. C'est pas possible.

48:14
Présentateur

Dans le camp Mélenchon, l'affaire Fillon renforce l'idée d'un changement de République et d'un meilleur contrôle des élus. Alexis Corbière, le porte-parole du candidat, aurait souhaité que François Fillon se retire pour que la campagne présidentielle reprenne enfin son cours normal. Je le dis souvent, lisez, en m'adressant aux électeurs, lisez tous les programmes sans exception. Le nôtre est celui des autres. Mais à l'heure actuelle, on voit bien, les journaux sont occupés essentiellement à rentrer dans les détails de cette affaire notamment, à les commenter. Il y a un suspense qui est entretenu et c'est une perte de temps.

C'est une perte de temps alors que c'est l'avenir de notre pays qui se joue. C'est pourquoi je l'ai dit, tout ça pourrit le débat démocratique. Ça participe à sa décomposition, ça accélère quelque chose de dangereux. C'est une vraie difficulté et je crois qu'il serait bon d'en sortir. Chez les Républicains, certains proposent de suspendre les enquêtes judiciaires en pleine campagne présidentielle pour ne pas parasiter les débats. Une trêve judiciaire qui porterait atteinte à l'égalité des citoyens devant la loi, d'après de nombreux magistrats. Honnêtement, ils ont raison les candidats, quels qu'ils soient d'ailleurs. Il faut que ça se termine pour qu'on passe à autre chose, Yves Tréard.

Ah oui, c'est sûr, mais ce qu'on dit, c'est dans les heures qui viennent, soit où ils arrivent à lui faire comprendre qu'il faut qu'il se retire de leur point de vue, ou alors il faut qu'il reste, mais qu'à ce moment-là, la famille de la droite ne se divise pas, qu'elle fasse bonne figure pour aller au scrutin. Le débat de fond, il va avoir lieu, finalement. Là-dessus, je ne suis pas complètement d'accord. Il s'est mis entre parenthèses, mais il a eu lieu dans les deux campagnes des primaires. Et il a été très intéressant, il a intéressé les Français.

On l'a vu par les audiences télé, on l'a vu par la participation aux primaires, on l'a vu d'ailleurs parce que l'intérêt pour la campagne montait de manière assez régulière. En revanche, là-dessus je vous rejoins, c'est vrai que depuis les révélations du Canada enchaîné, et le fait qu'il n'y a plus de campagne, là, à ce moment-là, on voit bien que c'est une campagne sans campagne. C'est-à-dire qu'on est en campagne, mais il n'y a pas de campagne.

50:14
Intervenant

François Fillon n'est pas le seul responsable. Il y a aussi du côté du Parti Socialiste, le fait que Benoît Hamon ait passé tellement de temps à négocier avec Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot pour des histoires de poste, etc. Là aussi, ça a mis un peu la campagne de fond, entre parenthèses.

50:28
Présentateur

Et j'ajouterais qu'on a le sentiment cette fois que la présidentielle ne va pas être le point cardinal. C'est-à-dire que comme on voit que les deux candidats qui sont aujourd'hui le plus en lice, c'est Marine Le Pen et Emmanuel Macron, on se dit mais comment ça va se passer si l'un ou l'autre l'emporte au point de vue législatif, ils n'ont pas de majorité. Est-ce que ça va commencer par une cohabitation, des coalitions ? Donc on voit bien qu'il y a un terrain assez incertain, alors que jusque-là, sous la Ve République, le fait majoritaire faisait que quand un homme ou une femme, enfin c'était toujours un homme qui gagnait, eh bien il y avait une majorité qui se dégageait naturellement.

Question SMS, Macron a-t-il intérêt à ce que Fillon aille jusqu'au bout ? Ah oui, parce qu'effectivement... En tout cas, si on croit les sondages. Dès lors que Juppé, Bayrou était tenté, vous vous souvenez, par Juppé quand même au départ. Et bien sûr que les 4 ou 5 points qu'il a pris, ben voilà, il fait la course beaucoup plus grande. La question c'est si c'était Juppé, est-ce que l'électorat du centre refait le chemin à l'envers ? Et est-ce que l'électorat du centre, qui est aujourd'hui en grande partie partie chez Macron, revient vers Alain Juppé ?

Bernard Salanès, ou le spécialiste de l'opinion, des sondages, si Alain Juppé est le nouveau candidat, est-ce que ça rebat totalement les cartes de cette présidentielle ? Écoutez, j'allais dire sur un plan... Balle-Neuve, comme on dit au tennis ? Oui, oui, quand même, oui, bien sûr. C'est une nouvelle campagne qui commencera, forcément. Le candidat soutenu par un des principaux partis qui est changé, substitué d'ailleurs pour Alain Juppé, tout l'enjeu c'est de ne pas apparaître comme le remplaçant, mais comme le sauveur. C'est très différent. Est-ce que le rapport de force sera des candidats en présence ? On ne peut pas l'exclure aujourd'hui.

Dans notre dernier sondage, il y a encore 36% d'électeurs qui, même avec une offre qui apparaissait stabilisée, puisque la dernière fois qu'on s'est vus ici, on a dit, ça y est, cette fois-ci, c'était après Jadot et Bayrou, on s'est dit, ça y est, on a tous les candidats. Là, on se dit, finalement, ça peut encore bouger. Donc oui, incontestablement, ça peut remettre une nouvelle offre sur la table. Surtout qu'Alain Juppé ne va pas partir. Si Alain Juppé, imaginons l'hypothèse, Alain Juppé remplace, il n'a pas une tête de plan B, Alain Juppé.

C'est-à-dire qu'Alain Juppé, il fera sa campagne telle qu'il l'entend, et ce qui sera assez, d'ailleurs, déstabilisant et qui ne grandira pas encore une fois la politique. On imagine mal Alain Juppé partir au combat avec le programme de François Pillon.

52:42
Intervenant

Moi, je pense qu'il fera des gestes vis-à-vis du programme.

52:44
Présentateur

Alors, il sera obligé, mais ce sera une nouvelle campagne, quand même. Il démarrera pour la droite, avec des idées différentes. Je vois mal Alain Juppé dire, on va supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, dans la mesure où, pendant la primaire, il n'a pas arrêté de dire que c'était un faisable.

52:59
Intervenant

Oui, mais vous savez comme moi que François Pillon continuait à dire qu'il allait le faire, mais qu'en coulisses, on nous disait que ce ne serait pas sur 5 ans, mais sur 10 ans.

53:05
Présentateur

Dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux, François Pillon prend la parole ce soir. Il appelle à la mobilisation dimanche, et il dit qu'il appelle ses partisans à résister avec une force calme. Voilà. C'est pas la force tranquille, mais... C'est un oxymore ou pas ? Pas tout à fait. Oui, c'est un oxymore. On peut le dire.

Mais une force calme, je pense que pour François Pillon, là encore, il veut enjamber, il veut être directement avec son électorat, qu'il veut effectivement nombreux et mobilisés, mais en même temps, d'une certaine manière, il parle encore dans le vide, parce qu'on n'attend plus grand-chose de François Pillon dans sa parole, puisque à chaque fois qu'il a pris dans des moments importants au cours du dernier mois, il s'est lui-même dédié, lui-même démenti, etc. Donc la problématique, c'est est-ce qu'on peut encore entendre ce que dit François Pillon ?

53:55
Intervenant

Ses électeurs ? Ses électeurs de la primaire ?

53:59
Présentateur

Ce qui est extraordinaire chez François Pillon, c'est que, en fait, François Pillon a bâti son succès à la primaire comme étant un peu l'anti-Sarkozy. Sarkozy, c'est l'homme qui est agressif, c'est l'homme qui nie les corps intermédiaires, c'est, vous voyez, et François Pillon, et même si on reprend ses propos à l'époque, sur la mise en examen, sur un président, la probité, une espèce de calme, de sérénité, eh bien, François Pillon, aujourd'hui, se comporte exactement comme Nicolas Sarkozy. C'est ça qui est étonnant, alors qu'on sait qu'il ne l'a quand même pas en grande admiration. Donc un contre-emploi, donc pas convaincant.

C'est d'ailleurs, en termes d'image, c'est toujours très compliqué d'avoir ce qu'on appelle une rupture de cohérence. François Pillon, quand il gagne la primaire, justement, il gagne sur cette cohérence que les Français découvrent, parce que finalement, ils ne le connaissent pas bien, et là, il y a une première rupture de cohérence avec les révélations du canard enchaîné, et il y a une deuxième rupture de cohérence, je pense, cette semaine, avec cette stratégie vis-à-vis de la justice, où on se dit, finalement, c'est la même stratégie, je rejoins Yves, que celle qu'aurait pu mener Nicolas Sarkozy.

55:03
Intervenant

D'autant que pour faire, pardon, revivre le débat de fond, il a surtout fait des propositions sur le régalien, comme faisait Nicolas Sarkozy, alors que lui, il est plutôt économie.

55:11
Présentateur

Voici maintenant vos questions SMS et Internet. Si Fillon se retirait, mais qu'il bénéficiait d'un non-lieu ou d'une relax après les élections, que se passerait-il ? On ne pourrait pas refaire l'élection présidentielle. Non ! Donc il se passerait un grand débat, et certainement une grande rancœur de la part de François Fillon. Tout ne va-t-il pas dépendre de l'ampleur de la manifestation de dimanche ?

55:39
Intervenant

Si. Si, forcément, parce que s'il y a 50 000 personnes, 100 000 personnes, François Fillon dira, vous voyez, j'ai bien le peuple avec moi, donc je suis candidat.

55:50
Présentateur

Deux candidats du centre, Juppé et Macron, est-ce que ce n'est pas la voie royale pour Le Pen ? Ce ne sont pas les mêmes électorats, mais en tout cas, il est sûr qu'aujourd'hui, Marine Le Pen est, dans tous les cas de figure, et depuis la primaire de la droite, qualifiée pour le second tour, et elle est nettement en tête. Est-ce qu'un des deux candidats que vous venez de citer, Alain Juppé, si c'était lui, encore une fois, ce n'est qu'une hypothèse aujourd'hui, ou Emmanuel Macron, peuvent en fin de campagne devancer Marine Le Pen ?

Pour l'instant, il faut le dire, à part un sondage, dans les autres sondages, ce n'est pas le cas, parce que Marine Le Pen agrège le vote protestataire de manière très forte, et qu'elle a un électorat qui, elle, ne vacille pas à aucun moment par rapport aux élections précédentes. Est-ce la peur de Macron, qui pousse les barons républicains à rappeler Juppé ?

56:42
Intervenant

C'est la peur de Le Pen, je pense, beaucoup, et c'est parce qu'il y a Macron que, sans doute, Alain Juppé, s'il est désigné, se mettra vraiment dans une posture de droite pour faire la différence.

56:54
Présentateur

N'assiste-t-on pas à la faillite du système des primaires, Eric Votorino ? Fillon remplacé par Juppé, si ça se confirme, Valls qui lâche Hamon, et les Verts sans candidats. Oui, ça mériterait une émission en soi. C'est effectivement, je doute que dans 5 ans, on reparle encore des primaires. Mais il faut quand même se souvenir que si les primaires ont eu lieu, c'est parce qu'on a considéré, à droite comme à gauche, qu'il n'y avait pas eu de candidats naturels qui s'imposaient. Et remarquez encore une fois, c'est qu'aujourd'hui, les deux candidats en tête, ils n'ont pas vraiment des partis, ils ont plus des comités de soutien. En Marche, c'est un comité de soutien à Macron.

L'EFN, c'est en fait un comité de soutien à Marine Le Pen. Donc si vous voulez, on est en train de changer de dogme politique ou de règle politique. Je ne sais pas si ça survivra, mais en tout cas, les primaires ont un grand coup dans l'aile. Moi, je suis très anti-primaire, mais on est obligé de reconnaître... Anti-primaire, primaire. Oui, anti-primaire. Alors, je ne sais pas si je suis primaire moi-même, mais... En tous les cas, je trouve que les primaires sont un très mauvais système. Mais, force est de constater que ce n'est pas les primaires qui sont en cause à droite, là. Pas du tout. C'est l'affaire en question qui est sortie.

Parce que, gagnant de la primaire, François Fillon, on peut dire qu'après, il avait quand même de quoi faire une campagne assez tranquille. Évidemment, il y aura un retour sur expérience de primaire. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, les deux candidats qui sont qualifiés ne sont pas passés par la case primaire. En même temps, je pense qu'il sera très difficile d'aller dire à des électeurs « On vous a donné la possibilité de voter, cette fois-ci, on vous la reprend et on va se réunir dans un bureau à 100, au 101, rue de l'université, à l'Assemblée nationale. » Je pense que ce sera un peu compliqué quand même. Alors, la question, là, concernant le maire de Pau, François Bayrou, regardez.

Si Alain Juppé se présente, François Bayrou va-t-il lâcher Emmanuel Macron pour rejoindre Alain Juppé ?

58:37
Intervenant

Je pense que c'est très difficile. Alors, s'il a attendu si tard François Bayrou pour rejoindre Emmanuel Macron, c'est parce qu'il y avait eu le premier épisode du plan B. Je pense que dans cette période où la parole, l'engagement est si importante, il ne peut pas revenir en arrière. Et puis, attendez, je pense qu'Alain Juppé, vu ce que lui a coûté le soutien de François Bayrou, n'en sera pas forcément fâché.

58:58
Présentateur

J'ai un bémol quand même, c'est que je pense que le soutien de Bayrou à Macron n'est pas d'une sincérité absolue. Ah ! C'est un calcul politique. Oui, je pense que la veille encore de son ralliement à Macron, je sais qu'il a dit des choses qui n'étaient pas très engageantes pour un futur allié. Cette affaire Fillon ne laissera-t-elle pas des traces lors des législatives de juin, Bernard Salanès ? De toute façon, le camp du perdant, le camp de celui qui sera éliminé au second tour, si c'est la droite, c'est la gauche, ce camp-là, de toute façon, sera fracturé immédiatement à 20h01, parce qu'il faudra appeler à voter.

Et on ne peut pas dire que la droite, même s'il y aura sans doute un réflexe de Front républicain, sera unanime. Mais c'est vrai que le camp qui sera éliminé du second tour payera très cher parce que l'électorat de droite, si c'était le cas, lui dirait « Mais attendez, on était sûr de gagner, là aujourd'hui on n'est même pas au second tour et vous voudriez qu'on aille voter pour vous aux législatives ? » Et ça, c'est la grande crainte des députés. Et c'est la grande crainte aussi qui a conduit à des mouvements de troupes cette semaine.

– Je pense que ce qui est très important, ce qui est assez étonnant d'ailleurs, mais tout est surprenant dans cette élection, c'est que les grandes élections, l'élection importante finalement sera peut-être pas la présidentielle, mais l'élection législative. – Bien sûr. – Parce que je vois mal aucun des candidats, et que ce soit Fillon ou Juppé qui représentent la droite, avoir une majorité absolue, ça c'est absolument exclu de mon point de vue, ça sera une majorité relative, mais une majorité relative avec quel poids ? Il y aura nécessairement… – Il n'est pas d'accord ? – Ah si, si, je pense que le sondage est d'accord.

– Ce sera très compliqué avec un système de coalition, et elles seront déterminantes. – Je pense que les Français ont plein de défauts, mais qui sont assez cohérents avec eux-mêmes, et qui considèrent que le président de la République a tous les pouvoirs. On le sait, on a parlé de la désaffection tout à l'heure, toujours ce paradoxe, on est 80% à dire que les politiques ne s'occupent pas de nous, mais en même temps, on vote à 80% à l'action présidentielle. Et donc, si les Français sont cohérents, ils donneront une majorité au président, quel qu'il soit.

C'est vrai, en revanche, que dans l'hypothèse, notamment d'Emmanuel Macron, qui n'a pas de candidat de parti, ces candidats seront opposés à des gens qui sont très investis localement, et que là, il peut y avoir une absence de majorité absolue. – En cas de retour de Juppé, sur quel programme s'appuierait-il ? Le sien, celui de Fillon, ou sur un programme mixte pour contenter tout le monde ?

1:01:19
Intervenant

– Alors, d'abord, moi, je pense qu'il n'y avait pas tant de différence que ça entre les deux programmes. Il y avait beaucoup une différence d'image. Sur les questions sociétales, oui. – Les fonctionnaires ? – Les fonctionnaires, oui, mais c'est une question de curseur. Ils étaient tous les deux pour diminuer le nombre de fonctionnaires, et beaucoup plus que ce que propose, de toute façon, Emmanuel Macron. Donc, et comme François Fillon était en train, lui-même, d'édulcorer certaines parties, parce que beaucoup de gens lui disaient que c'est infaisable, je pense qu'il y a un juste milieu probable. – Et sur l'habillage.

1:01:45
Présentateur

– Oui. – Juppé est-il prêt à une entente cordiale avec Barouin ? – Alors, attendez, s'il y a des sous-divisions dans la division, là, ils vont parler vulgairement, ils vont au casse-pipe. – Si Alain Juppé se présente, quelle pourra être la position de François Bayrou ? Donc ça, on l'a évoqué, a priori, bon. – Oui, je ne pense pas qu'il fera une marche arrière, mais en tout cas, je ne pense pas qu'il ait si bien arrivé que ça à Macron, en tout cas, c'est ce que j'ai dit. – Nicolas Sarkozy est quasi retraité de la politique, comment se fait-il qu'il ait toujours autant de poids au sein du Parti républicain ?

– Il a quand même gagné, il a été président de la République, et je pense quand même que dans nos institutions, qui ont coupé la tête au roi, le président, c'est quand même quelqu'un, un ancien président, ça reste quelqu'un. Il a su gagner, il a même failli gagner une deuxième fois, parce que finalement, sa campagne de 2012 était quand même une campagne assez efficace, même s'il a perdu au final. – Et il a réuni le Parti, quand même, dans les deux dernières années,

1:02:39
Intervenant

alors qu'il était très facturé.

1:02:40
Présentateur

– Il a une autorité naturelle, justement, c'est ce qui manque aujourd'hui à tous les candidats, même au-delà de la droite. – Et il a ce lien aussi particulier avec les militants, et il peut, il faut se souvenir quand même que, quand à 20h30, au soir du premier tour de la primaire, il appelle à voter François Fillon, même si François Fillon est nettement devant, et qu'il a déjà virtuellement gagné, ça a un poids, on voit bien que la dynamique du second tour sera très forte pour François Fillon, il peut jouer le même rôle pour faire une transition de Fillon vers Jouy. – Ne devient-on pas la risée de l'Europe et du monde ? – C'est déjà le cas, vous prenez la presse allemande, c'est terrible.

– C'est terrible parce que, alors là, ça va être compliqué pour François Fillon si jamais il gagne la présidentielle et qu'il arrive à se maintenir, le crédit de François Fillon, notamment en Allemagne, est au proche de zéro. – L'Allemagne, pays d'endique, enfin, on voit bien qu'effectivement, il y a une incompréhension, en fait, sur le principe de responsabilité.

1:03:32
Intervenant

– Emmanuel Macron en profite, il va rencontrer Merkel, ce qu'il n'avait pas réussi à faire il y a trois semaines.

1:03:36
Présentateur

– La dernière question, si François Fillon se retire, est-ce que ce sera la fin de sa carrière politique ? – Il y a des chances. – Vous êtes tous d'accord là-dessus ? Merci beaucoup à tous les quatre, merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Dans un instant, Anne-Sophie Lapix pour C'est à vous ce soir. La rediff est à 22h45 et on se retrouve demain en direct pour le C'est dans l'air du samedi. Très bonne soirée sur France 5.