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ChroniqueC à vous (sur YouTube)· 5 octobre 2023 3 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉducation & rechercheImmigration & asile

Référendum : Macron dans les pas de Mitterrand - L’Édito de Patrick Cohen - C à vous - 05/10/2023

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:17Invité politiquePromesse
    « Je pense donc que le moment est venu d'engager la révision constitutionnelle qui permettra au président de la République, lorsqu'il le jugera utile et conforme à l'intérêt du pays, de consulter les Français sur les grandes questions qui concernent ces biens précieux, inaliénables que sont les libertés publiques. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « Et c'est le peuple qui tranchera. »

Temps de parole

  • Invité63 %
  • Emmanuel Macron15 %
  • Invité 211 %
  • Présentateur11 %

6,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Emmanuel Macron voudrait donc davantage consulter les Français. Dans un discours devant le Conseil constitutionnel, il a proposé d'élargir le champ des questions qui pourraient être soumises au vote, à commencer par les sujets de société, comme l'immigration initiative, qui vous a rappelé un précédent historique.

0:15
Invité

Oui, un précédent que notre invité connaît très bien, puisqu'il a changé son destin politique. 1984, le gouvernement Morois est englué dans la querelle des deux écoles, avec une loi Savary qui en réalité devait imposer à l'enseignement privé certaines obligations de service public. Rien de plus, mais ce qu'on appelle alors le camp laïc, à qui on avait promis un grand service public unifié, se sent floué, tandis que le camp de l'école libre et les autorités catholiques refusent toute concession au nom de la liberté d'enseignement et font descendre plusieurs centaines de milliers de personnes dans la rue.

À ce moment-là, trois ans après son arrivée à l'Elysée, François Mitterrand touche le fond de l'impopularité.

0:54
Présentateur

C'est ce qui le conduit à imaginer un référendum pour sortir de la crise.

0:57
Invité

Oui, alors au départ, c'est la droite RPR qui l'avait suggéré. Charles Pasquois, pour être précis, impossible. La Constitution ne le permet pas. François Mitterrand vient donc à la télévision pour annoncer une modification par référendum censée permettre d'autres référendums. Effet de surprise total, l'opposition prise à contre-pied. François Mitterrand le 12 juillet 1984.

1:17
Emmanuel Macron

Je pense donc que le moment est venu d'engager la révision constitutionnelle qui permettra au président de la République, lorsqu'il le jugera utile et conforme à l'intérêt du pays, de consulter les Français sur les grandes questions qui concernent ces biens précieux, inaliénables que sont les libertés publiques. Et c'est le peuple qui tranchera.

1:46
Invité

C'est le peuple qui tranchera, intervention qui a effectivement permis de mettre fin à la crise de l'école libre mais qui a conduit au changement de gouvernement. C'est bien le retrait de la loi Savary qui a entraîné la démission de Pierre Moroy et à votre nomination à Matignon, M. Fabius, 5 jours après cette intervention.

2:02
Présentateur

Et le référendum ?

2:03
Invité

Ah non, il n'y a pas eu ni référendum ni référendum sur le référendum. Comme François Mitterrand le pressentait par avance, la droite sénatoriale emmenée par le même Charles Pasquois a bloqué le projet de révision pour ne pas offrir au président le bénéfice d'un référendum gagnant. Et voici la leçon que vous en tirez, M. Fabius, lors de votre première émission politique comme Premier ministre, l'heure de vérité face à Alain Duhamel. Ça pose un problème de fond. C'est que je me demande si on ne pourra jamais utiliser à nouveau le référendum.

Et les partis de droite ont dit, bon, on est plutôt pour cette affaire du référendum, mais on ne peut pas l'accepter parce que le président de la République pourrait le gagner. Si on va dans ce sens-là, ça veut dire qu'il n'y aura plus de référendum ? Il n'y aura plus de référendum. L'avenir ne vous a pas vraiment... C'était pas si bête ? Non, c'était pas si bête. L'avenir ne vous a pas vraiment donné tort. En 40 ans, il y a eu très peu de référendum. Un seul rejet, 2005 évidemment, annulé ensuite par voie parlementaire. Et encore des oppositions qui ne veulent pas faire de cadeau à un pouvoir toujours tenté de se relégitimer par les urnes.